La liberté de manifestation est un droit fondamental


Source : Le Soir du mardi, 18 août 2009, page 7

ENTRETIEN
Manuel Lambert est juriste à la Ligue des droits de l’homme. Il évoque l’arrestation administrative de ce militant du Mouvement citoyen Palestine.

Question : Seize militants portant le même t-shirt et invitant les passants à boycotter des produits d’Israël, est-ce un délit ?

Manuel Lambert : Absolument pas. La liberté de manifestation comme la liberté d’expression sont des droits fondamentaux. Ils sont inscrits dans les traités internationaux,comme la Convention européenne des droits de l’homme, ainsi que dans la Constitution belge. Les citoyens ont le droit de distribuer des tracts, quel que soit le contenu de ceux-ci. Si elle est pacifique,une manifestation spontanée ne peut pas être interdite.

Les seules exceptions nécessitant une autorisation préalable des autorités locales ou justifiant la dispersion par les forces de police, c’est le cas où ladite manifestation trouble l’ordre public ou si celle-ci
constitue une entrave à la circulation. Mais la règle générale, ça reste la liberté de se rassembler et de
s’exprimer.

■ Propos recueillis par
H.Do.

Procès-verbal d’une arrestation arbitraire et raciste


voir aussi cet article par Daniel Vanhove

Nordine Saïdi, Mouvement Citoyen Palestine

Ce dimanche 16 août 2009, j’ai rejoint des amis et mon épouse au marché d’Anderlecht face aux deux lions, une des entrées latérales des Abattoirs, dans le cadre d’une sensibilisation au public appelant les consommateurs à boycotter les dattes en provenance d’Israël.

Lors de mon arrivée, trois agents de police les informaient d’une interdiction de distribution de tracts (ce qu’ils ne faisaient pas) et du port du t-shirt vert portant l’inscription « Boycott Israël » au verso et, au recto, « Palestine Vivra ». La plupart de mes amis le portaient, pas moi.

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J’ai demandé aux agents pour quelles raisons notre présence n’était pas autorisée, lorsque je me fus entendre dire « De quoi tu te mêles ? », et l’ordre de donner ma carte d’identité.

Monsieur Condijts sortant un papier m’a dit que c’était une interdiction du bourgmestre pour aujourd’hui et les deux dimanches suivants.

J’ai demandé de pouvoir lire ce papier, afin que ce soit clair pour nous. A ce moment, j’ai pris l’identité des agents qui sont Monsieur Condijts, Monsieur Vangerven et un troisième qui a refusé de donner son identité en enlevant le scratch de son blouson. Monsieur Condijts étant le principal, je lui ai demandé de ne pas me tutoyer, mais de m’appeler Monsieur Saidi et à ce moment, il m’a demandé de tendre les mains pour me passer les menottes.

Monsieur Condijts me saisit violemment avec une clef de bras et me dirigea vers la voiture, tout en me menaçant : « Je te parle comme je veux », « Je t’emmerde ». Je lui dis qu’il n’y avait aucune raison de sa part d’agir ainsi. Il me mit violemment dans la voiture, alors que j’y entrais calmement.

Lorsque nous sommes arrivés au commissariat de la rue Démosthène, Monsieur Condijts me demanda d’avancer et à l’entrée de la porte, il me poussa sur le côté en me disant que c’était moi qui devais le suivre.

Nous sommes entrés dans un bureau, dans lequel se trouvait déjà Madame S. de Raes. Je me suis fait fouiller et on m’assit sur une chaise, face à Monsieur Condijts qui tapait à l’ordinateur.

Monsieur Condijts commença alors à se moquer de moi face à ses collèges. Durant tout le temps où j’étais dans le bureau, aucune question ne m’a été posée, ni sur mon identité, ni sur autre chose.

Les seules paroles que j’ai entendues, tout en faisant mine de les ignorer, provenaient de Monsieur Condijts. Voici ses propos : « comme les autres j’allais faire des braquages », « j’allais me mettre une ceinture d’explosifs », « bougnoule », « terroriste ». Ensuite, en me regardant, Monsieur Condijts m’a dit : « Si ça ne te plait pas ici, rentre dans ton pays foutre la merde ! ». A ce moment, j’ai réagi en lui disant que mon pays, c’est la Belgique et que j’habite Anderlecht. J’ai alors demandé aux deux autres hommes et à la femme : « Trouvez-vous normal que dans un commissariat de police, des propos racistes soient tenus et que nul ne réagisse ? » .

Monsieur Condijts répondit alors qu’ « ici, on n’engage que des sourds », et de montrer leur oreillette, ainsi que, et c’est le plus choquant pour moi, « chez nous, les femmes ont simplement le droit de fermer leur gueule », et encore que j’avais « appris mon texte par cœur en me branlant le soir », car « vous, les Arabes, avez une bite à la place du cerveau ». Quand mon gsm a sonné, Monsieur Condijts l’a pris en faisant mine de répondre et je lui ai demandé de l’éteindre, ce qu’il fit.

A un moment, je me suis retrouvé seul avec Madame S. de Raes dans le bureau et je l’ai interpellée en lui demandant si elle n’était pas gênée d’entendre des propos pareils, qui la rabaissaient au rang d’un être inférieur. J’ai senti qu’elle était mal à l’aise quand elle m’a répondu nerveusement de me taire.

A son retour, Monsieur Condijts m’a intimé de le suivre ; je lui ai demandé de voir le procès-verbal ainsi qu’un descriptif des objets qu’ils m’avaient confisqués, ce qu’il m’a refusé. A la sortie du bureau, nous nous sommes retrouvés dans un hall en présence de plusieurs collègues. Monsieur Condijts a interpellé l’un d’entre eux, en lui disant que je le regardais comme un singe, puis a ajouté : « Voilà, c’est toi qu’il regarde maintenant ».

J’ai interpellé à voix haute un agent de couleur noire, lui disant que son collègue était raciste et lui ai demandé s’il faisait les mêmes blagues avec lui, vu son origine africaine. Il me répondit qu’il était d’origine brésilienne mais que la condition pour être dans la police était d’être belge. J’ai répondu que j’étais heureux de sa réponse car son collègue n’avait manifestement pas envie de comprendre ou pas compris que j’étais Belge à part entière moi aussi.

Je suis alors descendu dans les sous-sols où on me demanda d’enlever ma veste, mes chaussures et de prendre une couverture. Lorsque je suis rentré dans la cellule, Monsieur Condijts a ajouté : « Pour la prière, c’est là », en m’indiquant de la main la direction des toilettes. C’est la dernière fois que j’ai vu et entendu Monsieur Condijts ce jour-là.

Un peu plus tard, deux agents (un homme et une femme) m’ont demandé de les suivre. Ils m’ont emmené dans une toilette, m’ont demandé de me laver les mains et de m’essuyer, ce que je fis. Ils m’ont ensuite fait rentrer dans un bureau et m’ont demandé de me mettre derrière la tablette.

L’agent appela un nom ; je ne répondis pas tout de suite mais lorsque je compris qu’il s’adressait à moi, je lui répondis que je pensais qu’il était au téléphone. Je lui dis : « Je m’appelle Saidi Nordine ». Il téléphona, me dit qu’il s’était trompé et me raccompagna dans la cellule.

Je n’ai aucun reproche à émettre à l’encontre de ces deux agents, qui m’ont dit bonjour, m’ont demandé poliment de les suivre et n’ont affiché aucun préjugé à mon égard, ni à l’égard du monsieur dont ils devaient s’occuper, que j’ai vu quelques minutes après.

Vers 18h00, deux agents sont venus me dire que je pouvais partir. Ils m’ont demandé de récupérer ma veste et mes chaussures. A l’étage, ils m’ont rendu mes objets personnels (argent, papier, gsm,…) avant de me raccompagner à la porte où m’attendaient mes amis.

Nordine Saïdi

Mouvement Citoyen Palestine
Posté par MCPalestine à 14:28 –

source

“Boycott Israël” face au boycott des communes bruxelloises


Les responsables politiques dans les communes bruxelloises d’Anderlecht, de Saint-Gilles et de Schaerbeek refusent de délivrer des autorisations à la Coordination Boycott Israël ou COBI (une association de fait regroupant essentiellement des militants de plusieurs associations flamandes ainsi que ceux d’Intal, Egalité, LCR et du Mouvement Citoyen Palestine) pour la distribution d’un tract sur les […]

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Qu’est ce qu’on disait ?


anniebannie : Je venais de poster mon billet précédent, quand je tombe sur le récit de son arrestation aujourd’hui par Nordine Saïd. J’avais aussi posté aujourd’hui le billet sur les amendes pour insultes. Eh bien, les flics d’Anderlecht en auraient une ardoise à acquitter ! Sauf que ce serait sans doute Nordine qui paierait pour avoir dit qu’ils sont racistes !

http://www.dailymotion.com/lang/fr/video/xa6mqr_liberte-dexpression-en-danger_news

Mettez un masque


anniebannie : La très modeste video sur le boycott des dattes tournée il y a une semaine fait un tabac chez les sbires ci-dessous; 3229 visites et sur Youtube 1018. Je ne suis pas maso et je ne suis pas allée lire les commentaires, mais certains sont trop puants me dit-on.

http://www.juif.org/video/4462,boycott-des-dattes-israeliennes-en-france.php

Comment ! Ils ont osé protester en incitant au boycott de nos dattes ! Mais c’est la mort qu’ils méritent ! Cette mort que nous distribuons avec tant de libéralité et en toute impunité depuis que nous sévissons ici. A l’aide bourgemestres ! Coffrez-moi ces criminels !
Quelle liberté d’expression ? De quoi on cause ?


On se calme, les Taous sont arrivées et les autres ont disparu.

Manifestation à Bruxelles contre l’extradition d’Ali Aarrass


Une cinquantaine de personnes ont manifesté à Bruxelles pour demander la libération d'Ali Aarrass
Une cinquantaine de personnes ont manifesté à Bruxelles pour demander la libération d'Ali Aarrass

Une cinquante de personnes ont manifesté ce samedi (15/08/09) devant le bâtiment de la Bourse à Bruxelles contre l’extradition du Belgo-Marocain Ali Aarrass, actuellement en détention préventive à la prison de Botafuegos à Algésiras (Espagne), vers le Maroc. Les manifestants – mobilisés pour la plupart par le parti bruxellois Egalité ainsi que par la Ligue communistre révolutionnaire (LCR) – ont scandé des slogans en français (”Ali Aarrass est un citoyen ! Justice égale pour tous les citoyens !“, “Extradition = extrapunition“, “Ali Aarrass est innocent! Ali Aarrass n’est pas un terroriste!“) et agité des drapeaux (belge, marocain, espagnol) de 16h00 à 18h00.

Détenu par la justice espagnole depuis le 01/04/08, Ali Aarrass fait l’objet d’une demande d’extradition de la part des autorités marocaines qui l’accusent d’avoir un quelconque lien avec les attentats terroristes du 16/05/2003 à Casablanca, d’appartenance – depuis 1982 – au Mouvement des moudjahidines au Maghreb et de détention d’armes prohibées faisant partie d’un lot devant servir à commettre des attentats au Royaume du Maroc.

“On l’accuse de tout cela sans nous montrer aucune preuve : pas un seul document, pas une seule arme ! En 1982 ? Mon frère Ali travaillait dans une usine de désossement de la viande de porc à Beersel, près de Malines. Les attentats de Casablanca ?

Mon frère vivait en mai 2003 du CPAS de Schaerbeek, il n’avait ni les moyens, ni l’envie de participer à des attentats au Maroc. Tout cela, c’est du charabia, on maintient mon frère arbitrairement dans le but de pouvoir le torturer au Maroc“, explique Farida Aarrass, soeur du détenu.

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