Moi aussi, je boycotte


Fin connaisseur en matière de « races » et de racisme, Brice Hortefeux, ministre de l’intérieur vient de déclarer au lobby israélien que les « actions et les appels au boycott des produits israéliens constituent un crime d’incitation à la discrimination raciale ». (sic). Fin connaisseur, disions-nous à l’instant, car Hortefeux a été lui-même récemment condamné pour injure raciale par le tribunal de Paris, après ses propos sur les Arabes : »quand il y en un ça va, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes ».

Voici ce que l’on trouve, à propos de Hortefeux, sous la plume de Serge Golan, sur le site sioniste hamodia :

 » No 135 , Communauté Israël

Cette fois, la prise de position est officielle et sans ambigüité : le boycott des produits israéliens constitue un « crime », dénoncé voilà quelques jours par le ministre français de l’Intérieur, Brice Hortefeux. Une déclaration qui tranche avec le silence prudent observé par les autorités françaises depuis le lancement en janvier 2009 de la campagne de manifestations contre les magasins de grande surface distribuant des produits israéliens et « casher ».

« Vous avez attiré mon attention sur l’importance de sanctionner les agissements du Collectif BDS [Boycott, désinvestissement, sanctions] en raison des agissement de certains de ses membres dans les magasins d’alimentation, rappelle ainsi Brice Hortefeux dans un courrier adressé au Centre Simon Wiesenthal. Tout comme vous, je considère que ces actions et les appels au boycott des produits israéliens constituent un crime d’incitation à la discrimination raciale ».

Basé aux Etats-Unis, le Centre Wiesenthal s’était en effet inquiété de la multiplication des actions de commandos boycotteurs. Filmées et diffusées sur Internet, elles mettent chaque fois en scène des groupes d’une trentaine de militants envahissant un supermarché pour en vider les rayons des tomates, avocats, fleurs et autres produits israéliens ou supposés tels. Des mises au bûcher symboliques des produits israéliens destinées à intimider la clientèle et à dissuader les grandes surfaces de commercer avec « les criminels israéliens ».

Reste que la brèche juridique permettant de « coincer » ces boycotteurs est très étroite. Ceux-ci prennent en effet bien garde de ne commettre aucun dégât, s’abritant derrière le discours antisioniste pour réfuter toute accusation d’antisémitisme.

Très engagé dans la dénonciation de cette campagne, le BNCVA (Bureau de vigilance et de lutte contre l’antisémitisme) réussit cependant parfois à traîner certains des responsables du Collectif BDS devant les tribunaux. Le 13 septembre prochain, cinq militants pro-palestiniens comparaîtront ainsi devant le tribunal correctionnel de Mulhouse (Haut-Rhin) pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence » pour avoir participé en septembre 2009 à une « action coup de poing » contre un magasin Carrefour du département.

Lorsque les faits sont avérés, la justice française n’hésite d’ailleurs pas à sévir : en témoignent les 1 000 euros d’amende infligés en février dernier par un juge bordelais à une boycotteuse qui avait apposé un autocollant « Boycott Apartheid Israël » sur des jus de fruit provenant de l’Etat hébreu dans une grande surface de Mérignac (Gironde). » http://www.hamodia.fr/article.php ?id=1347

CAPJPO-EuroPalestine

Halte aux procès politiques contre les défenseurs du droit !


Communiqué de BDS France

Farida Trichine, Henri Eichholzer, Mohamed Akbar, Aline Parmentier et Jacques Ballouey, cinq militants de la solidarité avec la Palestine et membres du collectif « Boycott 68 » sont convoqués le 13 septembre prochain au tribunal correctionnel de Mulhouse.

Il leur est reproché d’avoir appelé, à l’aide de tracts, au boycott des produits étiquettés « Israël » dans un hypermarché Carrefour le 29 septembre 2009.

L’action non violente et citoyenne de ces militants s’inscrit dans le cadre de la Campagne BDS « Boycott Désinvestissement Sanctions ». Cette campagne, lancée en 2005 et menée à l’échelle internationale s’inspire de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, vise à mettre fin à l’impunité d’Israël et à faire reconnaître les droits du peuple palestinien.

Nous tenons à rappeler que la campagne BDS France a pour fondement la lutte pour le respect du droit et contre tous les racismes et toutes les discrimination. Sa charte stipule : « Notre action est éthique, citoyenne et politique. Elle s’inscrit dans notre combat permanent contre toute forme de racisme. Elle ne vise pas des personnes ou des groupes en raison de leur origine ou de leur religion juive, ni leurs entreprises ou leurs produits. Nous faisons une différence évidente entre un produit israélien que nous boycottons, et un produit casher produit par une entreprise non israélienne que nous ne boycottons pas. Ce boycott ne vise pas la société israélienne ni les individus qui la composent, en tant que tels, il vise la politique coloniale d’occupation israélienne et ses partisans. »

D’autre part il faut constater que depuis des années les produits estampillés « made in Israël » sont pour la plupart délivrés sous de faux certificats ; il est aujourd’hui avéré que de très nombreux produits étiquetés sous cette provenance et commercialisés dans différentes enseignes françaises proviennent en réalité des Territoires Palestiniens Occupés. Toutes les normes du droit international considèrent cette exploitation économique illégale comme un crime de guerre.

De nombreux citoyens et militants de la Campagne BDS France ont déjà alerté les plus hautes autorités de l’état sur cette fraude massive menée à l’échelle nationale et bénéficiant directement à l’État colonial d’Israël.

Or loin de se soucier de cette infraction généralisée au droit douanier européen mais aussi international, notre gouvernement, et son premier ministre François Fillon, préfèrent apporter leur soutien aux partisans les plus acharnés et inconditionnels d’Israël à l’origine de tous les procès contre les militants soutenant la Campagne BDS.

La Campagne BDS France récuse catégoriquement les accusations infamantes des poursuites requises contre ces cinq militants pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence », et dénonce les pressions exercées au plus haut niveau de l’État pour poursuivre et intimider les militants qui participent à cette campagne.

La Campagne BDS France tient à assurer les cinq militants du « Collectif Boycott 68 » de son entier soutien, et continuera à oeuvrer avec détermination pour que le droit puisse enfin être opposable aux agissements illégaux de l’État d’Israël.

Campagne BDS France

Courriel : Ccampagnebdsfrance@yahoo.fr

Site : http://www.bdsfrance.org/

Paris, le 16 aôut 2010 – BDS France

Procès des cinq militants du Collectif Boycott 68 !!


Bonjour,

Je vous adresse ci-joint le communiqué des cinq militants du Collectif Boycott 68 dont je fais partie, convoqués devant le tribunal correctionnel de Mulhouse le 13 septembre à 8H30. Ce procès politique a pour but d’étouffer notre liberté d’expression. Il cherche à pénaliser l’action légitime de boycott des produits importés d’Israël et à faire taire les militants de la cause palestinienne.

Une série d’actions de soutien sont prévues :

§ Une lettre de pétition qui sera remise au président du tribunal correctionnel de Mulhouse. Ci-jointe je vous l’adresse au format PDF. Vous pourrez la signer ou la faire signer dans vos réseaux et nous les remettre ou nous les envoyer (Adresse de retour : F. TRICHINE – 33 bd de l’Europe – 68100 Mulhouse). Aussi cette lettre est disponible au format Word au lien suivant :

http://palestine68.canalblog.com/archives/2010/08/08/18769322.html

§ Un communiqué de soutien d’organisations est en cours d’élaboration.

§ Un comité de soutien est créé. Vous pourrez le joindre en nous envoyant votre adhésion par retour de mail.

Vous trouvez toutes les informations sur cette affaire sur le blog du Collectif Palestine 68 au lien suivant : http://palestine68.canalblog.com

Les informations sur la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) sont disponibles sur le blog http://jplpboycott.canalblog.com notamment à la rubrique Actions en Alsace.

Comptant sur votre soutien aux droits du peuple palestinien et à la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), je vous adresse mes remerciements.

Prière de diffuser ce message dans vos réseaux.

Cordialement,

Mohammad AKBAR

130, av. A. BRIAND

68200 Mulhouse

Tél. : 06 25 05 14 29

La vieille femme indigne


jeudi 10 juin 2010 – 12h:36

K. Selim
Le Quotidien d’Oran

Que n’a-t-elle dit ! Les foudres de l’administration Obama se sont abattues sur la « vieille dame indigne », pour reprendre un titre de Brecht.

Pour la première fois depuis de très longues années, un siège au premier rang de la salle de presse de la Maison-Blanche sera vide. L’absence d’Helen Thomas, 89 ans, doyenne des journalistes accrédités à la présidence américaine, n’est pas due à un départ vers une retraite méritée, mais est une éviction en bonne et due forme pour « blasphème ».

Interviewée par une web-télévision, la journaliste a déclaré : « Souvenez-vous que ces gens-là (les Palestiniens) sont occupés et qu’il s’agit de leur terre. Ils (les juifs d’Israël) devraient rentrer chez eux. En Pologne. En Allemagne… Et en Amérique et n’importe où d’ailleurs ».

Que n’a-t-elle dit ! Les foudres de l’administration Obama se sont abattues sur la « vieille dame indigne », pour reprendre un titre de Brecht. Rahm Emmanuel, officier de réserve de l’armée israélienne qui occupe les fonctions de secrétaire général de la Maison-Blanche, et qui en tant que député avait voté pour la guerre en Irak, n’a pas retenu ses collaborateurs. Les agents du lobby sioniste ont fait du zèle et se sont déchaînés avec leur férocité habituelle. Agonie d’injures : même sa lointaine ascendance libanaise a été évoquée. La courageuse Helen Thomas, doyenne de presse abandonnée par son agent et son employeur, a préféré jeter le gant et se retirer. Pour caricaturale qu’elle soit, cette affaire montre avec précision le degré d’assujettissement de l’administration américaine à la cause anti-palestinienne. Ceux qui se berçaient encore d’illusions sur le renouveau incarné par un président métis d’origine africaine se rendent compte qu’autant qu’à l’époque de G.W. Bush, l’establishment politique de Washington est aligné sur le discours et les thèses des milieux les plus anti-arabes et antimusulmans.

Mais la réaction de la très honorable Helen Thomas, contrainte de présenter des excuses, est loin d’être isolée. Ainsi, les proclamations de soutien à Israël et les insultes proférées à l’encontre des militants humanitaires de la Flottille de la Paix par les « intellectuels » communautaristes français, les notoires Bernard-Henry Lévy et Alain Finkielkraut, se heurtent à l’indignation d’une partie croissante de l’opinion française. Les réactions aux propos de ces deux propagandistes notoires du sionisme montrent que l’ère du monologue suprématiste par l’argent et l’entregent est achevée.

Les propagandistes se heurtent désormais à la libre expression – par les vertus démocratiques d’internet- de très nombreux Français qui s’étonnent de l’espace disproportionné accordé par leurs médias à ces chantres de l’apartheid. Les citoyens occidentaux qui vivent dans des pays qui pratiquent la démocratie à l’intérieur de leurs frontières et le fascisme d’Etat dans leurs relations internationales, découvrent à cette occasion l’étendue de la manipulation dont ils sont l’objet permanent.

Les plateaux des télévisions grossièrement construits autour de philosophes de pacotille, de politologues militants ou d’experts très orientés, ne trompent plus grand monde. Et ce n’est pas la présence, toujours minoritaire, de politiques ou de journalistes lucides qui parvient à effacer aux yeux du plus grand nombre l’impression d’une mise en scène médiatique islamophobe, anti-arabe, antipalestinienne et pro-israélienne.

Le matraquage ininterrompu, relayé par des diversions « identitaires », arrive cependant au bout de ses capacités d’intoxication. La réaction sincère et spontanée d’une journaliste chevronnée traduit l’exaspération de ceux qui sont confrontés à l’indéfendable réalité du sionisme.

Messieurs les racistes et les colonialistes, Helen Thomas vous salue bien !

Du même auteur :

– La ligue du bavardage
– La leçon turque
– L’Etat terroriste et voyou
– Obama ne sauvera pas l’UPM
– L’exaspérant succès diplomatique de Lula et Erdogan

10 juin 2010 – Le Quotidien d’Oran – Editorial
via info-palestine

Carte blanche refusée


A la suite de l’attaque meurtrière israélienne sur la flottille humanitaire Free Gaza, une « carte blanche » (texte ci-dessous) a été rédigée par des professeurs d’Universités et divers acteurs de la société civile. La publication de ce texte a été refusée par les deux quotidiens belges francophones de référence, Le Soir et La Libre Belgique ainsi que par le quotidien français Le Monde. L’argument avancé par les trois journaux est identique : « Manque de place ! ». Il est à noter qu’entre l’envoi de notre texte à La Libre Belgique et la réception de leur réponse négative : il s’est exactement écoulé 18 minutes …

Les auteurs sont aussi consternés par ce triple refus que par la gravité des faits qui ont suscité le texte. Contournant ce rejet d’ouvrir un débat à la hauteur de l’indignation planétaire qu’à provoqué le dernier crime de l’État d’Israël, nous avons entrepris de faire circuler ce texte en dehors des médias traditionnels. Nous vous invitons à le diffuser largement. Sa circulation massive démontrera la futilité des efforts de ceux qui pensent qu’il est encore possible aujourd’hui d’étouffer un débat légitime et nécessaire.

Olivier Mukuna

La Belgique, complice de crimes de guerre ?

En 2009, le Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies adopte une résolution condamnant l’absence de collaboration d’Israël à l’enquête de la commission conduite par le juge Goldstone. Son rapport concluait que des « actes assimilables à des crimes de guerre et peut-être, dans certaines circonstances, à des crimes contre l’humanité » avaient été commis par l’armée israélienne et des militants palestiniens lors de l’offensive militaire israélienne contre Gaza fin décembre 2008. Que fait la Belgique lors du vote de ladite résolution? Elle s’abstient !

1,5 millions de Gazaouis survivent dans une bande de terre équivalente à 1% de la superficie du territoire belge, en situation de catastrophe humanitaire depuis l’embargo illégal imposé par Israël en juin 2007. Un convoi civil maritime tente de forcer ce blocus en apportant une aide humanitaire aux assiégés. Il est assailli dans les eaux internationales par les militaires israéliens qui tuent, blessent ou enlèvent un nombre encore indéterminé de civils dont 5 Belges. Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU vote une résolution relative à la mise en place d’une « mission d’enquête internationale ». Que fait la Belgique? Elle s’abstient !

Le blocus de Gaza est justifié par la prise du pouvoir par le Hamas en juin 2007. Mais pourquoi celui-ci ne pourrait-il pas exercer le pouvoir, alors qu’il a gagné les élections en janvier 2006 dans l’ensemble du territoire plus ou moins administré par les Palestiniens? En quoi le Hamas serait-il moins légitime que le parti d’extrême-droite du ministre israélien des Affaires étrangères ?

Le Hamas est accusé de vouloir détruire Israël, ce qui est supposé justifier toutes les sanctions contre les habitants de Gaza. Mais la revendication fondamentale du Hamas, comme de tout le mouvement national palestinien depuis la création d’Israël en 1948, c’est le droit au retour pour les réfugiés expulsés ou ayant fui à l’époque. Au nom de quoi refuse-t-on à des réfugiés de rentrer chez eux après un conflit? De plus, ce droit est sanctionné à la fois par l’article 13 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme et par la résolution 194 du Conseil de Sécurité de l’ONU. Mieux, comment peut-on considérer qu’un « peuple » a le droit de « revenir » sur une terre habitée par ses supposés ancêtres il y a 2000 ans, mais que les habitants de cette terre en 1948 ou leurs enfants n’ont pas ce droit ?

En pratique, le mouvement national palestinien, y compris le Hamas, accepte de renoncer à ce droit et se borne à demander l’établissement d’un Etat palestinien sur les seuls 22% de la Palestine historique conquis par Israël en 1967. Plus globalement, un plan de paix adopté par le Sommet arabe en 2002 propose la reconnaissance d’Israël par les Etats arabes en échange de son retrait des territoires conquis en 1967. Ceux-là même que la résolution 242 du Conseil de Sécurité de l’ONU exige qu’Israël évacue.

Depuis le « processus de paix » d’Oslo, qui remonte à 1993, cette solution -deux Etats pour deux peuples – est bloquée. Mais par qui ? Comment peut-on penser que c’est le faible, celui qui n’a pas d’Etat, qui empêche le fort de lui en octroyer un ? Quand la résistance palestinienne est non violente, on étend la colonisation. Quand elle devient violente, Israël en prend prétexte pour justifier l’arrêt des négociations.

Guerre du Liban, blocus et assauts contre Gaza, assassinats ciblés de leaders politiques palestiniens, extension constante des colonies et aujourd’hui, attaque en haute mer de civils ressortissants de plus de 40 pays différents. A chaque fois, Israël oppose la même justification : sa raison d’Etat prime sur le droit et les Institutions internationales. Un tel mépris de la Communauté internationale n’est possible que par la complaisance conciliante des gouvernements des Etats-Unis et de l’Union Européenne.

Sans doute les pacifistes du Free Gaza Flotilla n’avaient-ils plus grande confiance dans les organisations internationales pour exprimer leur refus du blocus de Gaza. Ils ont cher payé, certains de leur vie, la lâcheté de leurs représentants politiques, souvent si prompts à condamner verbalement Israël pour mieux occulter leur obstruction à toute action coercitive sanctionnant l’état hébreu. La récente adhésion d’Israël à l’OCDE à l’unanimité de ses membres, dont la Belgique, n’est pas faite pour les contredire.

Faut-il rappeler qu’en 2007 la Belgique fut le cinquième exportateur d’armes européen vers Israël ?

Faut-il rappeler que les aéroports belges demeurent des points de passage obligés pour les importations israéliennes ? Que l’Union Européenne est le premier partenaire commercial d’Israël ?

Faut-il rappeler que le droit international reconnait la légitimité de la résistance armée en cas d’occupation ? Que face à la répression coloniale, les peuples recourent bien souvent à la violence, y compris parfois sous des formes terroristes ?

Faut-il rappeler que l’immense majorité du monde non occidental, ainsi qu’une partie croissante de notre opinion publique, s’indignent de la duplicité de nos représentants politiques et considèrent que celle-ci discrédite nos principes et valeurs démocratiques?

Il convient donc de prendre acte de la complicité passive de nos Autorités et de balayer devant notre porte : comment pouvons-nous en tant que citoyens de Belgique nous désolidariser de l’ethnocide en cours des Palestiniens ?

Notre intérêt bien compris doit nous mener à répondre positivement à l’appel de la société civile palestinienne demandant le boycott d’Israël tant qu’il violera le droit international.

Jamila Bouajaja (Economiste ULB)

Jean Bricmont (Professeur UCL)

Souhail Chichah (Economiste ULB)

Jean-Marie Dermagne (Avocat et ancien Bâtonnier)

Jamal Essamri (Sociologue)

Oscar Flores (CRER – Coordination de solidarité avec les réfugiés)

Bahar Kimyongür (Membre du Front populaire – Turquie)

Olivier Mukuna (Journaliste)

Monique Mbeka Phoba (Réalisatrice)

Anne Morelli (Professeure ULB)

Nouria Ouali (Sociologue ULB)

Pierre Piccinin (Professeur Sciences-Po Ecole Européenne)

Aurore Van Opstal & Abdellah Boudami (Co-auteurs de « Israël, parlons-en ! »)

Etats-Unis : La journaliste Helen Thomas prend sa retraite



Publié le 08. juin, 2010 par Voice of America dans la catégorie Médias

En réponse à une demande de commentaire de David Nesenoff au sujet d’Israël, Madame Thomas répondit qu’Israel devrait se retirer de la Palestine.

Parmi les premières femmes à couvrir la Maison-Blanche, sous l’administration Kennedy, Helen Thomas occupait la seule chaise portant une petite plaque métallique à son nom dans la salle de briefing. Helen Thomas, journaliste américaine chevronnée dont les commentaires, la semaine dernière, à propos d’Israël ont fait grand bruit récemment, a pris sa retraite. Mme Thomas, qui travaillait pour Hearst Newspapers, s’est excusée de ces propos, mais s’est attiré les critiques de la présidence américaine et de l’Association des correspondants de la Maison-Blanche.

Helen Thomas couvrait les activités de la Maison Blanche depuis le début des années soixante. Ses remarques controversées étaient adressées au Rabin David Nesenoff – également journaliste audiovisuel – en marge du premier évènement de la Maison Blanche organisé par le président Barack Obama dans le cadre du mois de l’héritage juif américain.

En réponse à une demande de commentaire de David Nesenoff au sujet d’Israël, Madame Thomas répondit qu’Israel devrait se retirer de la Palestine, qu’elle a qualifiée de pays sous occupation. Elle a également dit, selon ses termes, que les Juifs devraient retourner en Allemagne, en Pologne, aux Etats Unis ou ailleurs. Ces commentaires diffusés sur le site internet de Nesenoff ont rapidement fait le tour du monde.

Lors du briefing quotidien de la Maison-Blanche lundi, la chaise, en bout de table, de la doyenne des correspondants de la Maison Blanche, était inoccupée. « Ces propos sont choquants et répréhensibles. Ils ne pouvaient se passer d’excuses, et elle s’est excusée. Bien entendu, ces remarques ne reflètent pas du tout l’opinion, je puis vous l’assurer, de la plupart des personnes ici, et ne correspondent certainement pas au point de vue de l’administration », a déclaré Robert Gibbs, porte-parole de la Maison Blanche.

suite

La Flottille de la Liberté et les medias


Quel est la valeur d’un mot ? En fait, elle est énorme
Jamal Elshayyal

L’histoire de la Flottille de la liberté est l’une des plus grandes démonstrations de résistance civile internationale collective, à laquelle participent 50 nationalités et plus de 30 parlementaires ; pourtant, elle est ignorée par plusieurs grands réseaux d’information internationaux.

AFP

À un moment où les médias et la désinformation sont indubitablement aussi puissants que les armées, les résultats des batailles pour les coeurs et les esprits façonnent souvent le monde dans lequel nous vivons.

Ce n’est jamais plus vrai que dans le cas de la lutte des Palestiniens pour leur libération. En tant que journaliste, je me rends compte des nuances simples qui sont souvent employées et qui touchent finalement les vies de millions de personnes. Par exemple, une « guerre » peut être décrite comme un « conflit », ou des civils « tués » dans une attaque aérienne pourraient également être désignés comme des civils qui « sont morts » dans une attaque etc.

C’est mentir que de dire que les mots ne sont que des mots.

De Mark Regev à Press TV, alors que les conseillers en communication politique et les moyens de communication décident comment réagir et rendre compte de la Flottille de la liberté dans les prochains jours, il est important de contrôler leurs mots (ou leurs silences) sous toutes les coutures.

Pour commencer, il faut se demander pourquoi une nouvelle aussi importante n’est pas reprise par plusieurs grands réseaux d’information internationaux. Il va sans dire qu’une des plus grandes démonstrations de résistance civile internationale collective, à laquelle participent 50 nationalités et plus de 30 parlementaires, et qui coûte des millions de dollars est une nouvelle digne d’être mentionnée.

Cette flottille affecte directement les vies de 1,5 millions de Gazaouis qui vivent sous siège depuis plus de 3 ans ; en fait elle affecte également les vies de beaucoup d’Israéliens qui s’accrochent à une illusion à deux faces, celle d’une colonisation démocratique. Je suis époustouflé de voir que certaines agences de presse pensent que le lancement européen du Apple’s i-Pad mérite une place plus importante dans les nouvelles.

Quand on en vient aux médias arabes, c’est la même chose. En Égypte par exemple, on ne mentionne guère que si ce n’était pour la collaboration du Caire avec Israël, le siège de Gaza n’aurait jamais réussi, et cette flottille ne serait probablement pas nécessaire.

Au lieu de cela, les journaux et les interviews télévisées, caractérisent les organisateurs de la flottille d’hypocrites parce qu’ils refusent l’offre généreuse du gouvernement égyptien d’accoster à Alarish et d’aller de là à Gaza. Et l’Égypte n’est pas la seule ; même ceux qui dans le monde arabe ont félicité les passagers à bord de la flottille de leur tentative de briser le siège israélien inhumain et illégal de Gaza, ne se demandent pas pourquoi leurs gouvernements ne font pas davantage.

Pourquoi quelques centaines d’individus ont-ils pris l’initiative de soulager un peuple assiégé, dont les pays « frères », malgré toute leur richesse et leur puissance militaire, ne feront rien ?

Dans les prochains jours, lorsque les journalistes et les politiciens se demanderont quels mots employer (ou ne pas employer) n’oublions pas qu’au-delà des mots, il y a 1,5 millions de personnes qui restent assiégées.

Défaites l’écheveau de la désinformation et vous découvrirez qu’un territoire ravagé par 23 jours de bombardements israéliens reste dévasté. Lisez entre les lignes et vous verrez que cette flottille n’est rien de plus qu’une flamme d’espoir pour ceux qui n’ont guère plus que ça. De l’espoir. Juste un mot.
source

Noam Chomsky entrée refusée [en Israël et en Cisjordanie…]


Décision caractéristique d’un régime totalitaire
lundi 17 mai 2010.

Tel est le titre d’un article d’Amira Hass, dans le quotidien critique officiel israélien Haaretz du 16.05.10. Depuis 1997 (lorsqu’il a donné une conférence dans une université israélienne et une autre dans une université palestinienne en Cisjordanie), Noam Chomsky n’avait pas été dans cette région.

“Son hôte palestinien, le législateur Mustafa al-Barghouti a qualifié la décision « d’action fasciste, qui va jusqu’à la suppression de la liberté d’expression”.

L’Association pour les droits civils en Israël a critiqué fortement le ministre de l’Intérieur pour « son usage de la détention et de la déportation afin d’empêcher qu’une personne exprime son opinion », une « caractéristique d’un régime totalitaire. » (Haaretz)

Pour le 17 mai 2010, à l’exception de plusieurs articles dans la presse israélienne, un dans El País de Madrid et La República de Lima, une brève dans The Guardian de Londres, il y a un silence unanime dans la presse nord-américaine (du moins dans les recherches sur google), Le Monde et la presse française, celle d’Argentine.

On doit en tirer plusieurs leçons :

-La tendance informative officielle dans les pays de démocratie capitaliste es presque intouchable (donner un espace à un opposant c’est refléter ses opinions, aussi le silence-censure est préférable). Une personnalité de renom international comme Chomsky n’échappe pas à la règle. Le meilleur régime est la démocratie capitaliste, si on flanque une balle dans la tête d’un chef d’un peuple originaire un 12 octobre [de 2009 ; jour où en 1492 a commencé le génocide en Amérique], c’est un fait divers traité peu à peu ; si une communauté de peuples originaires rejette le bicentenaire au Mexique ou en Argentine, il n’y a pas de place entre le football et la mode, pour évoquer une telle extravagance.

-Quand une personnalité juive émet un avis, les médias officiels différencient et privilégient le sioniste digne de foi (c’est-à-dire serf de la politique israélienne) et écartent le sous juif (critiquer le sionisme israélien en étant juif a déjà été qualifié de démence dans le cas de Chomsky). C’est un retour à la notion d’infra humain (la conception nazie d’untermensch) ou de rouge (pour citer le fascisme catholique espagnol, encore présent dans la Justice et la loi d’amnistie signée par les socialistes et les communistes, et la vision argentine de la dictature militaire, assez ancrée chez pas mal de leaders syndicaux aujourd’hui, pour ne pas citer des patrons et des politiciens actuels).

-Dans une communauté, une ethnie, la solidarité est souvent bafouée par des groupes achetés par le pouvoir et des intérêts internationaux, comme on le voit, par exemple, aussi bien parmi les Palestiniens que les Juifs et les peuples originaires.

-Effectivement, la propagande, les médias des démocraties capitalistes représentent un totalitarisme comme l’a démontré Chomsky dans Les intellectuels et l’État (http://www.fondation-besnard.org/article.php3 ?id_article=723).

-C’est pourquoi un travail de contre-information sérieux et documenté est fondamental, à condition de ne pas être ridicule, mensonger sur certains plans (comme des aspects de Cuba, du Venezuela, de la lutte kurde, etc.), car on ne peut enlever le bluff et accumuler de la chienlit, en mettant de côté la formation critique et analytique des lecteurs.

Frank Mintz, 17.05.10.

source

Le chef d’œuvre des Mille et une nuits au cœur de la tourmente en Egypte


jeudi 6 mai 2010

Cela n’a rien du conte à dormir debout, ce serait même plutôt le récit d’une tourmente ordinaire qui, depuis plus d’une dizaine d’années, met en émoi l’élite égyptienne, laissant éclater d’âpres luttes de pouvoir entre le gouvernement et les conservateurs religieux.

Chef d’œuvre incontesté de la littérature arabe, le conte des Mille et une nuits, qui revêt la caractéristique de ne pas avoir de version à jamais gravée dans le marbre, est devenu, au fil de ses rééditions, l’enjeu éminemment politique de frictions qui grignotent chaque fois un peu plus la liberté d’expression inhérente à toute œuvre créatrice.

Au carrefour de nombreuses traditions, la nouvelle édition de ces fabuleux contes s’est attirée les foudres d’islamistes radicaux, fédérés sous la bannière des « Avocats sans restrictions », lesquels, résolus à ne transiger avec aucune audace littéraire, exigent son interdiction pure et simple.

Face à ces ultras qui ne décolèrent pas contre l’organisme gouvernemental à l’origine de cette édition pré-étiquetée licencieuse, des syndicats d’écrivains médusés et exaspérés passent aujourd’hui à la contre-attaque, déterminés à ne plus s’en laisser conter…

Sans grande surprise, l’objet du délit reste toujours le même : des références au sexe de nature à « encourager au vice et au péché », selon le prisme inflexible de la vertu du mouvement intégriste. Les « Avocats sans restrictions » demandent la confiscation de l’ouvrage et la poursuite de ses éditeurs, au nom de la violation d’ un article du code pénal égyptien punissant de deux ans de prison les « offenses à la décence publique ».

Peut-on tout dire aujourd’hui dans la société égyptienne, quelles sont les limites à la liberté narratrice de l’écrivain ? Telles sont les thématiques prises en otage par des fondamentalistes qui n’hésitent pas à traîner en justice nombre d’écrivains, et qui ne sont pas sans avoir une résonance particulière dans notre société française.

Parmi les auteurs blacklistés, victimes de ces procès en hérésie, des voix s’élèvent avec force pour souhaiter qu’un vrai débat ait lieu sur ces points de droit essentiels et sur les valeurs prônées par la société égyptienne du 21ème siècle.

Samia Mehrez, professeure à l’université américaine du Caire, citée par le site Al-Masry Al-Youm, résume parfaitement une situation hautement dommageable à terme pour la richesse patrimoniale du pays : « Dans ce jeu, la culture n’est qu’un pion », déplore-t-elle.

Source Oumma.com

Les ghettos de Bruxelles


anniebannie: cette carte blanche m’a bcp touchée et me navre à la fois à cause des faits qu’elle évoque et à cause de la manière dont ils sont évoqués. C’est un son de cloche que je n’entends pas pour la première fois. Je vis moi-même dans un quartier qui a beaucoup changé, mais je m’y sens absolument à l’aise, beaucoup mieux que si je devais vivre à Uccle par exemple. J’ai sans doute eu de la chance.

Mardi 6 octobre 2009
Carte blanche

Luckas Vander TaelenDéputé flamand Groen

Je réside à Forest, tout près d’un quartier qui s’étend de la rue de Mérode jusqu’à la gare du Midi et que l’on ne peut décrire autrement que comme un ghetto, même avec le plus grand parti pris pour le multicuralisme.

Ma fille a depuis longtemps renoncé à entrer dans ce quartier. Histoire qu’elle s’y sente bien à l’aise, elle y a été très souvent (et une fois de trop) insultée. Je le traverse quotidiennement à vélo et y vis toujours une nouvelle aventure. Voitures stationnées en double file, conducteurs qui bloquent le carrefour pour parler entre eux, jeunes qui traînent et qui vous dévisagent comme si vous entriez dans leur domaine privé.

N’essayez surtout pas de prendre la parole lorsque vous manquez de peu d’être renversé : la dernière fois que je m’y suis risqué, j’en ai pris plein la figure de la part d’un observateur, lequel ne devait pas avoir 16 ans, qui conclut une tirade des plus blessantes par le message « Nique ta mère ». C’était encore moins grave que la fois précédente, lorsqu’un autre jeune conducteur maghrébin avait été vexé par mon comportement : j’avais osé prendre ma priorité. Son honneur avait été à ce point offensé qu’il ne pouvait, semble-t-il, le rétablir qu’en me crachant au visage…

Donc surtout : se taire. Parce que lorsque vous essayez d’expliquer que 70 km/h est une vitesse trop élevée en zone 30, vous heurtez de front la dignité d’un jeune nouveau Belge qui ne peut pas supporter que quelqu’un lui interdise quelque chose et qui est déjà prêt à en découdre.

Il y a une vingtaine d’années, j’étais convaincu que les jeunes nouveaux Belges seraient rapidement assimilés. Mais maintenant, à Bruxelles, a grandi une génération de « rebels without a cause », qui se sent toujours dépitée et lésée. Qui ne doit répondre de rien, c’est toujours la faute d’autrui : de l’autorité, des Belges racistes. Et à l’intérieur de leur propre famille, les jeunes garçons maghrébins sont intouchables. Lorsque la police a arrêté un jeune à Molenbeek, le père a immédiatement organisé une manifestation parce que son fils « ne volerait pas même une pomme ».

L’année passée, une étude de l’ULB a montré que les efforts déployés par les autorités dans les quartiers à problèmes ont fait en sorte que les jeunes ne voient plus la nécessité de les quitter. Ainsi se crée un esprit de village dans une grande ville.

La fille d’amis marocains a un petit ami belge. Elle ne sort jamais avec lui dans ce quartier, parce qu’elle y est immédiatement apostrophée. Car pratiquement tous les jeunes allochtones ont beau avoir la nationalité belge, ils ne s’identifient aucunement à ce pays. Bien au contraire : « Belge » est une injure…

Vous ne rencontrez pratiquement jamais de jeunes femmes seules dans le quartier. Et encore moins dans les tavernes : elles n’y sont même pas tolérées. Lorsqu’une collaboratrice de la commune y commanda un café, on lui fit très vite comprendre qu’elle ne devait pas compter être servie. Lorsque j’entre à vélo dans le quartier Mérode, je sais que jusqu’au delà de la gare du Midi, je n’apercevrai pas une seule femme à une terrasse de café. Et je ne parle même pas encore de la morale sexuelle hypocrite qui exige que les jeunes femmes allochtones restent vierges jusqu’à la nuit nuptiale, alors que chacun sait que les hôpitaux bruxellois réparent l’hymen par une simple opération…

Jusqu’à la semaine passée, un artiste franco-marocain présentait une exposition remarquable à Bruxelles : une série de tapis de prières avec des chaussures. La galerie d’art fut immédiatement la cible de menaces téléphoniques, la vitrine devant l’œuvre fut souillée et endommagée. L’agitation fut suscitée par une paire de chaussures rouges à talons hauts exposée près d’un tapis de prières. C’est ainsi que l’artiste voulait aborder la question de « la place de la femme dans l’islam ». Mais ce n’est déjà plus possible à Bruxelles : l’exposition fut démontée après quelques jours.

Nous devons peut-être nous demander pourquoi nous avons accepté que des principes comme la liberté de l’artiste et l’égalité des droits des hommes et des femmes ne s’appliquent pas à tous dans ce pays.

Pourquoi n’osons-nous pas nous lever pour ce qui est au fond essentiel : le respect des lois et des valeurs du pays dans lequel nous vivons ? Interdire le port du foulard n’est pas une solution. Mais pourtant, comment faire comprendre avec force que nous osons défendre ce que nous considérons comme important ? Nous devons peut-être y réfléchir.

Le mérite de la gauche fut de réclamer plus d’attention pour la discrimination et l’exclusion sociale. Le problème est malheureusement plus profond : nous avons eu peur d’être accusés d’imposer nos valeurs aux allochtones. Ces valeurs me sont bien trop chères pour les laisser se perdre.

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