Conférence-débat avec Esther Benbassa,


directrice de recherche au CNRS (Paris), directrice d’études à la section des sciences religieuses
de l’École pratique des hautes études, où elle est titulaire de la chaire d’histoire du judaïsme moderne

à propos de son dernier livre, « Être Juif après Gaza »

« … Si beaucoup ne sont Juifs que par l’identification à Israël, alors celui-ci se doit d’être éthique, pour qu’être Juif ait encore un sens. Sinon à quoi bon l’être ? L’être pour porter le poids de la honte de ce que fait Israël aux Palestiniens, de sa violence, de sa démesure ? »

PAF: 6 EURO, 4 EURO pour les membres, bas revenus: 2 EURO


Amour et respect naissent de la connaissance tout comme haine et violence de l’ignorance.

La « Jewish shit list »


Elle a été récemment mise à jour. C’est en fait la liste de tous les juifs de conscience qui se font insulter par la droite pour oser critiquer Israël ou soutenir la lutte des Palestiniens.

Je ne vous conseille pas la lecture des autres pages de ce site nauséabond, mais il est réconfortant de voir comment ceux qui ont accédé à la liste ont osé braver leurs coreligionnaires au nom de leurs principes.

Il ne faut pas avoir fait grand chose pour y figurer; je me demande de quoi

Abdela, Lesley
Abel, Elizabeth
Abel, Heather
Abel, Laura Ruth New York, NY
Abeles, Ben Branford, CT
Abeles, Steve Knoxville, TN
Abelove, Henry

se sont rendus coupables; peut-être avoir exercé leur liberté d’expression et signé une pétition ?
Certains ont mérité un tiers de page; regardez Norman Finkelstein, ou Ilan Pappé.

Voici l’adresse

Marek Edelman: de l’antinazisme à l’antisionisme, l’exemplarité d’une vie


Marek Edelman, un des commandants de l’insurrection du ghetto de Varsovie contre les occupants nazis, vient de décéder à l’âge de 90 ans.
Comme il est normal, vos journaux en rendent compte. C’est le cas du journal Le Monde où on peut lire ce qui suit:

Bien que la majorité des survivants juifs ait émigré en Israël, lui a décidé de rester en Pologne. « Il fallait bien que quelqu’un reste ici pour s’occuper de tous ceux qui y ont péri », répondait-il.

LA SUITE CHEZ MOUNADIL

Le Hamas ne soutient pas le « Parti Antisioniste »


Publié le 2-06-2009

Etonnés par les déclarations publiques faites par les candidats de la liste Dieudonné, Soral, Gouasmi, dite « antisioniste », qui affirment avoir le soutien du Hamas, à l’occasion des élections européennes, nous avons pris la peine de poser la question à des responsables du Hamas, dans la bande de Gaza.

La réponse du bureau de Ismaël Hanyeh a été simple et rapide : « Nous ne connaissons pas ces gens-là. Nous n’avons même pas connaissance de l’existence de cette liste. Nous militons certes contre le sionisme, dont l’objectif est de nous chasser de nos terres, mais nous n’avons jamais accordé notre soutien à cette liste. Nous en profitons d’ailleurs pour réaffirmer que nous ne luttons pas contre les juifs, mais contre l’occupant israélien et contre tous ceux qui emploient la terreur pour nous transformer en réfugiés ».

Conclusion : c’est mal de raconter n’importe quoi aux gens et de les prendre pour des imbéciles.

CAPJPO-EuroPalestine

Des Boycotteurs très présents


lundi 4 mai 2009 – par Michèle Sibony

Officiellement absent de la Conférence de Genève sur les droits de l’homme, Israël a en réalité exercé sur cette manifestation un contrôle de tous les instants.

Nous avons décidé à quelques militants associatifs, de l’ AIC, ATMF, CCIPPP,CMF, FTCR, et UJFP (1) de nous rendre à la conférence de réexamen de Durban à Genève, unis par un sentiment mêlé d’inquiétude et de nécessité. Notre message commun était clair : le refus de l’exception. La Conférence de réexamen de Durban contre le racisme et pour le respect des droits de l’homme dans le monde ne pouvait faire l’impasse de ces violations, du racisme colonial, et ces discriminations légales contre les citoyens palestiniens d’Israël. Le dire ensemble nous semblait important. Mais perdus dans ce cadre immense, et en l’absence de la plupart des ONG et associations françaises du mouvement social qu’allions nous pouvoir y faire d’autre que constater et surtout, en témoignant, tenter de lutter contre la lourde artillerie médiatique qui conditionnait depuis des mois les esprits sur cet événement ?

Nous avons vite compris où nous étions : Dès le 19 avril, une Conférence alternative était organisée à Genève avec des invités de choix, dont Caroline Fourest, venue défendre les thèses du choc des civilisations, et désigner l’ennemi musulman. Puis une manifestation contre l’antisémitisme visant directement la Conférence suivie d’une veillée d’arme le 20 et d’un meeting le 22 devant le Palais des Nations avec Nathan Charanski, l’ex dissident soviétique passé à l’extrême droite israélienne, ministre des relations avec la Diaspora et Alan Dershovitz célèbre avocat américain aujourd’hui néo conservateur.

Mais c’est avec l’ouverture de la Conférence des États que nous avons mesuré l’ampleur de l’opération. Dès le matin des groupes sionistes manifestent devant les entrées du Palais des Nations, scotch noir sur la bouche, avec pancartes et tracts dénonçant une conférence conduite selon eux par les États racistes ne respectant pas les droits humains. Ils appellent à quitter la Conférence en soutien aux États luttant vraiment contre le racisme et pour ces droits, États-unis, Canada, Israël et quelques pays européens.

Israël bien qu’ officiellement absent de la Conférence y a assuré sa présence et son contrôle avec un lobby de près de 1500 personnes entourées et protégées par une forte présence de barbouzes israéliennes, et l’arrogance de colons en territoire conquis : l’Union des Étudiants Israéliens, l’ Union des Étudiants juifs de France, des groupes d’étudiants américains, anglais, et aussi des chrétiens sionistes.

L’accréditation a été retirée le 3e jour de la conférence à Coexist et l’UEJF en raison de leur comportement « délinquant » pour dénoncer le racisme de la conférence dans toutes les commissions susceptibles d’aborder le colonialisme israélien, les violations des droits humains en Palestine ou les discriminations et le racisme vis à vis des Palestiniens citoyens d’Israël. La méthode est binaire et mono thématique : chaque fois qu’il sera question de la Palestine, le lobby présent opposera une batterie de questions : Quid du Darfour, du Congo, du Sri Lanka, des Droits des femmes et des homosexuels en Iran etc… ? et quid de l’ Antisémitisme ?

Plus grave encore, le fruit d’un lobbying coordonné par UN Watch – ONG au service de la cause – auprès des groupes africains entre autres, les persuadant que ce sont les Palestiniens et leur problème qui veulent monopoliser l’attention et sont indifférents aux autres discriminations.

Pour comprendre ce qui se passe il faut obstinément déconstruire la massive propagande à l’œuvre, qui présente l’ensemble de l’opération comme l’attaque d’un Sud antisémite, essentiellement arabo-musulman, opposé à la liberté d’expression, et pour l’essentiel contre la démocratie qui est évidemment représentée par tous les pays absents. Or en réalité c’est l’inverse qui s’est passé. depuis le lendemain de Durban 1 jusqu’à Genève, la conférence contre le racisme a été soumise aux lignes rouges des démocraties du Nord : ne pas condamner Israël et ne pas évoquer la Palestine, quitte à imposer même pour y parvenir qu’aucun pays n’y soit nommément désigné.

Depuis Durban huit années ont passé, huit années d’ultra libéralisme néo conservateur qui ont imposé l’ unilatéralisme comme mode de négociation, la guerre préventive et la recolonisation comme modalité de pacification, laminé les droits civiques, le droit international, et les institutions de l’ONU, réuni dans l’OTAN la nouvelle direction mondiale, provoqué une crise économique mondiale majeure.

Genève est le sinistre reflet de cette période, et de la violence sans merci de la rencontre Nord Sud contemporaine. C’est la confiscation de cet espace d’expression des peuples du tiers monde, ceux qui souffrent jusque dans nos contrées, du racisme et des violations des droits humains. Dans le Forum de la société civile, ceux là ont demandé que des sanctions de ces violations visent aussi les pays d’accueil des millions de réfugiés. Mais au total l’imposture médiatique de Genève aura consisté à faire croire à un boycott d’Israël et d’un certain nombre d’Etats, alors que ceux-ci ont été omniprésents, qu’ils ont imposé un diktat préalable sur texte de la déclaration finale, vidant comme une coquille le cadre de travail, et exercé un contrôle permanent à l’intérieur comme à l’extérieur de la conférence.

Michèle Sibony UJFP -30 avril 2009 Politis

(1)Alternative Information Centre -jérusalem/Bethléem,

Association des Travailleurs Maghrébins de France,

Campagne Civile pour la Protection du Peuple Palestinien,

Collectif des Musulmans de France,

Fédération des Tunisiens Citoyens des deux Rives,

Union Juive Française pour la Paix

SOURCE

Gilad Atzmon:La guerre contre la terreur intérieure


La guerre contre la terreur intérieure : Fin de l’Histoire juive

lundi 23 mars 2009 – 06h:23

Gilad Atzmon

La question que je vais aborder aujourd’hui est probablement la chose importante que j’aie jamais eu à dire au sujet de la brutalité israélienne et de l’identité juive contemporaine. Je suppose que j’aurais pu organiser mes idées en un ouvrage exhaustif ou sous la forme d’une analyse universitaire. Mais finalement, je vais faire tout-à-fait le contraire : je vais être aussi succinct et simple que possible…

 Horloge israélienne

Horloge israélienne

Au cours des semaines écoulées, nous avons été les témoins d’une campagne génocidaire israélienne à l’encontre de la population civile palestinienne, dans la bande de Gaza. Nous avions déjà été les témoins d’une des armées les plus puissantes au monde écrasant des femmes, des vieillards et des enfants. Nous avons vu, cette fois-ci, un ouragan d’armes non-conventionnelles éclatant au-dessus d’écoles, d’hôpitaux et de camps de réfugiés.

Nous avions déjà vu et entendu parler de crimes de guerre. Mais, cette fois-ci, la transgression israélienne a été catégoriquement différente : elle a bénéficié du soutien de la quasi-totalité de la population juive d’Israël.

SUITE

Des soldats israéliens dénoncent le comportement de l’armée à Gaza


Michel Bôle-Richard

AP/Bernat Armangue

AP/Bernat Armangue

Deux mois après la fin de l’opération « Plomb durci » dans la bande de Gaza, qui a coûté la vie à plus de 1 300 Palestiniens, dont une majorité de civils, des soldats israéliens racontent comment certains d’entre eux ont été tués. C’est la première fois que ces témoignages sont publiés, notamment dans le quotidien Haaretz et le journal Maariv. Ils ont d’abord été diffusés dans une lettre d’information d’une académie militaire.

JÉRUSALEM

Des témoignages font état de morts de civils palestiniens et de destructions injustiofiées – ici, un soladat israélien à la frontière avec la bande de Gaza.

Un soldat raconte par exemple comment une mère de famille et ses deux enfants ont été tués par un sniper parce que cette femme n’avait pas compris qu’il fallait sortir de la maison en se dirigeant vers la droite plutôt que vers la gauche.

Un autre décrit comment une vieille dame est morte au milieu de la rue sous les projectiles de soldats embusqués dans une maison à 100 mètres, alors qu’elle ne présentait aucun danger. « La vie des Palestiniens est quelque chose de beaucoup, beaucoup moins important que la vie de nos soldats », raconte l’un d’eux ajoutant : « ce qui permet de justifier » ces morts.

Afin d’éviter au maximum les pertes parmi les soldats, les consignes de tirs données par les officiers étaient extrêmement souples. « Lorsque nous entrions dans une maison, nous étions supposés démolir la porte puis tirer à l’intérieur, et ainsi de suite dans tous les étages. Chaque fois que nous rencontrions une personne, nous lui tirions dessus. Pour moi, c’est un meurtre », explique le responsable d’un escadron. « Nous devions tuer tout le monde, car ce sont tous des terroristes », affirment certains soldats de l’unité d’élite Givati. Ces derniers racontent aussi que lorsqu’ils pénétraient dans une maison, ils passaient tout par la fenêtre : « réfrigérateur, vaisselle, mobilier. Les ordres étaient de faire le vide. » Un chef de section parle « des inscriptions « Mort aux Arabes », des photos de famille sur lesquelles on crache tout simplement parce qu’on en a le pouvoir. Tout cela dénote à quel point le sens de l’éthique de Tsahal s’est dégradé ».

« GUERRE SAINTE »

Danny Zamir, directeur de cette académie, a été surpris par « la dureté des témoignages sur des tirs injustifiés contre des civils, des destructions de biens qui dénotent une atmosphère dans laquelle on se croit permis d’utiliser la force sans restriction ». L’influence des rabbins au sein de l’armée est soulignée. « Vous devez combattre pour vous débarrasser des gentils (non juifs) qui vous empêchent d’occuper la Terre sainte » : c’est la recommandation dont se souvient un militaire, qui ajoute : « Beaucoup de soldats avaient le sentiment qu’il s’agissait d’une guerre sainte. »

Informé, Gaby Ashkenazi, le chef d’état-major, a estimé que, « pour le moment, les enquêtes n’ont pas démontré que de telles violations ont eu lieu ». Le ministre de la défense, Ehoud Barak, reste convaincu que « l’armée israélienne est la plus morale du monde ». « Bien sûr, il peut y avoir des exceptions et tout ce qui a pu être dit va être vérifié », a-t-il déclaré.

Une enquête officielle a été ordonnée. Les soldats se sont dits étonnés de la surprise créée par leurs témoignages. Pour eux, ce qui s’est passé dans la bande de Gaza est habituel. Pour le moment, les enquêtes promises sur le déroulement de certaines opérations de Tsahal au cours cette guerre n’ont toujours pas donné de résultats.

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