En Tunisie, une harissa traditionnelle donne des ailes à des agricultrices  


Najoua Dhiflaoui montre ses produits de harissa traditionnelle -piments séchés, épices et huile d'olive- dans sa petite ccopérative à Menzel Mhiri dans le centre de la Tunisie, le 13 juillet 2017
Najoua Dhiflaoui montre ses produits de harissa traditionnelle -piments séchés, épices et huile d’olive- dans sa petite ccopérative à Menzel Mhiri dans le centre de la Tunisie, le 13 juillet 2017
afp.com – FETHI BELAID

Quand Najoua Dhiflaoui prépare la harissa traditionnelle, ce n’est plus seulement pour le plaisir de sa famille: avec plus de 150 autres agricultrices tunisiennes, elle exporte désormais son savoir-faire ancestral pour atteindre une autonomie financière.

En 2013, un groupe d’agricultrices de Menzel Mhiri, près de Kairouan, dans le centre rural et défavorisé de la Tunisie, lance une petite coopérative nommée Tahadi, qui signifie « défi » en arabe.

Najoua et les autres ont fait du « porte-à-porte pour convaincre des agricultrices d’unir leur savoir-faire et vendre ensemble leurs produits », explique la dynamique quadragénaire.

Grâce à un projet de soutien aux produits du terroir, ces femmes ont reçu des formations techniques, sanitaires et commerciales et préparent une harissa traditionnelle, un condiment tunisien dont la recette se perpétue « de mère en fille ».

La harissa est cuisinée à partir de piments séchés au soleil, d’épices fraîchement préparées et d’huile d’olive qui la conserve et en atténue le piquant. On la trouve quasiment dans toutes les assiettes de restaurateurs en Tunisie et elle est exportée par ailleurs dans une vingtaine de pays au total.

– Petite gazelle –

Depuis 2015, les agricultrices commercialisent leur harissa sous la marque Errim, un mot désignant en arabe une petite gazelle, symbole de beauté féminine.

« C’est une manière de représenter la femme tunisienne, laborieuse, authentique et fière », sourit Najoua Dhiflaoui, dont le front perle de sueur sous l’effet de la chaleur.

Tahadi, qui compte 164 employées, est une des premières sociétés tunisiennes à faire travailler exclusivement des femmes rurales, selon un système de roulement: elles sont adhérentes et viennent à tour de rôle selon un emploi du temps flexible.

Dans un sobre laboratoire blanc où sont alignées quelques machines agroalimentaires de base, broyeur, malaxeur ou remplisseuse, elles enfilent blouse et gants pour laver et réduire en une pâte rouge les ingrédients récoltés localement.

Le rôle des femmes est essentiel dans l’économie tunisienne, reconnaît Farouk Ben Salah, expert chez Pampat, le projet d’accès aux marchés des produits du terroir lancé par l’ONU, la Suisse et le gouvernement tunisien.

« L’essentiel est de leur créer des occasions de travail dès que possible », ajoute-t-il.

Les productrices de harissa sont payées « un peu plus que le salaire agricole, environ une quinzaine de dinars » (cinq euros) par journée de travail, selon M. Ben Salah. D’autres effectuent à domicile des tâches qui génèrent de petits revenus, en nettoyant, vidant puis séchant sur le toit de leur maison les piments nécessaires.

Najoua Dhiflaoui est enthousiaste: « Ce travail permet aux femmes une certaine autonomie financière ». Elles sont « confiantes » et peuvent ainsi « aller de l’avant », assure-t-elle.

Depuis que la coopérative existe, les agricultrices « s’encouragent mutuellement pour imposer leur existence. Il n’y a pas que l’institutrice, le médecin, elles aussi peuvent travailler et sentir qu’elles ont une place dans la société. »

– Plus de ‘liberté’ –

En Tunisie, les femmes des zones rurales sont particulièrement touchées par les discriminations de genre et la précarité. Si au niveau national le taux de chômage des femmes est de 22,5%, il dépasse les 35% pour les gouvernorats ruraux, selon un rapport de l’Institut national de la statistique (INS) en 2015.

Najoua Dhiflaoui ajoute que beaucoup de femmes employées chez Tahadi travaillaient auparavant dans les champs dans des « conditions pénibles » ou « attendaient que leurs maris ramènent de l’argent ». Cet emploi leur procure plus de « liberté » et « d’épanouissement ».

« Il y a une grande différence entre une femme qui a un salaire mensuel et une femme qui attend l’argent de son mari », approuve Chelbia Dhiflaoui, sa cousine qui travaille aussi chez Tahadi. « Elle se sent responsable, elle a une ambition à atteindre, elle travaille pour améliorer ses conditions de vie ».

Selon Farouk Ben Salah, le projet Pampat pourrait aider Tahadi à diversifier sa production, afin de fournir davantage d’emplois à des femmes rurales.

Et la harissa Errim commence déjà à se faire un nom: on la trouve en Tunisie dans les épiceries fines mais aussi en Suisse ou en Allemagne. Des commandes ont en outre été expédiées vers la France et l’Italie, et des discussions ont été engagées pour exporter vers le Canada.

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Chorégraphie de la chanson du LEF Rise Up, Stand Up! pour One Billion Rising Bruxelles


Bonjour.
Nous vous invitons à nous rejoindre au coeur de Bruxelles, le coeur de l’Europe à danser avec nous et avec le monde entier pour montrer ton soutien à la cause d’un milliard de femmes .
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Dr. Nawal El Saadawi


Arab Women’s Solidarity Association-Belgium asbl

جمعية تضامن المر أة العر بية ـ بلجيكا

a le plaisir de vous proposer une

Rencontre-débat avec l’écrivaine et militante pour les droits des femmes

Dr. Nawal El Saadawi

« Droits des femmes et révolutions du monde arabe »

le 26 septembre 2011 à 18h30

au Centre Amazone

10, rue du Méridien 1210 Bruxelles (local A017)

PAF : 5 € (boissons et petits sandwichs inclus)

 Traduction de l’intervention (anglais-français) : Faten Makarem

 

 

Réservation obligatoire pour le 21/09 au plus tard au 02.229.38.10 ou sur awsabe@gmail.com

AWSA-Belgium est une antenne d’AWSA International, fondée en 1982 en Egypte par le Dr. Nawal El Saadawi. S’inscrivant en droite ligne dans les objectifs tels que définis par AWSA International, l’association milite pour la promotion des droits des femmes originaires du monde arabe tant dans les pays d’origine que d’accueil. Suivant le principe de la laïcité, AWSA-Be organise et soutient des initiatives qui visent la participation des femmes dans tous les domaines de la vie publique ou privée ainsi que leur libération de toute domination politique, sociale, économique et religieuse.

Afin d’atteindre ses objectifs, AWSA-Be propose des activités socioculturelles variées: conférences, débats, rencontres littéraires, soirées de solidarité, chorale de chant arabe, expositions, visites de café en faveur d’une mixité sociale et de genre, cours d’arabe, soirées de promotion d’artistes femmes, ateliers sur différentes thématiques comme les droits des femmes, la laïcité, le féminisme, les identités, etc.. Elle participe aussi à de nombreux évènements culturels, festivals et autres manifestations pour soutenir la paix, l’égalité et la justice dans le monde.

Plus d’infos: www.awsa.be

 

Avec le soutien de la COCOF

 

Arab Women’s Solidarity Association – Belgium ASBL
www.awsa.be

0881.718.815
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Bureau : Local A 133, Amazone asbl, 10 rue du Méridien, 1210 Bruxelles.
Tél : 02/ 229 38 10

Siège social : avenue de l’Eternité, 6, 1070, Bruxelles.

Les musulmanes poursuivent leur djihad contre la violence


mardi 9 mars 2010 – par Mehnaz M. Afridi

Le 8 mars, la Journée internationale de la femme permettra de mettre en lumière le travail des femmes contre l’inégalité. La violence et l’inégalité sont le lot commun des femmes dans le monde entier, y compris celles qui vivent dans les sociétés musulmanes. Comme leurs sœurs non-musulmanes, elles s’activent tous les jours pour faire progresser leur condition sociale.

À l’occasion de mes nombreux voyages en terre musulmane, au Pakistan, par exemple, je peux constater personnellement le travail remarquable que font les femmes dans le domaine des droits de l’homme et pour la croissance économique. Elles sont chef d’entreprise, elles dirigent des refuges et des affaires, démentant ainsi l’image de la musulmane marginalisée, illettrée et enclavée que véhiculent volontiers les médias occidentaux.

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