Un sioniste donne des consignes de vote pour le second tour


Meyer Habib a envoyé un mail destiné aux électeurs français en Israël..Pas aux français qui résident dans les autres pays de la 8ème circonscription. Le voici donc.. J’ai coupé les attaques et accusations totalement infondées contre Florence Drory, la candidate de la République en marche..remarquez le passage où il se revendique communautariste « profondément attaché à la France, sioniste, partisan de l’intégrité d’Eretz Israël et fidèle aux valeurs de la Torah ».
Charles Enderlin

Meyer Habib écrit:

Chers compatriotes, chers amis,

Le 4 juin dernier, vous n’avez été que 7% en Israël à vous déplacer pour le premier tour de l’élection législative.

Conséquence : même si nous avons obtenu 74% des voix en Israël, la candidate de gauche étiquetée « La République en Marche » me devance de 1% et, sans une mobilisation massive au second tour, nous allons perdre.

Cette abstention massive est d’autant plus difficile à comprendre que ma concurrente excite le reste de la circonscription en me présentant uniquement comme un candidat communautariste au service d’Israël, soutenu par Netanyahu et les rabbins.

N’en déplaise à certains, j’assume totalement ma proximité avec le Premier ministre israélien, qui est un atout majeur pour vous, et le monde de la Torah ainsi que mon dévouement total aux Français d’Israël!

Avec Benyamin Netanyahu, nous avons beaucoup fait pour renforcer la coopération anti-terroriste entre la France et Israël et faciliter l’intégration des Olim, notamment par la reconnaissance des diplômes des dentistes et des pharmaciens. Il m’a promis des avancées très prochainement pour de nouvelles professions, et rapidement pour les permis de conduire. Il a tenu à vous le dire personnellement.

Réveillez-vous, nous n’avons pas le droit de perdre cette élection! Les conséquences seraient trop graves.

Pour la première fois, avec moi, vous avez un député qui vous ressemble : profondément attaché à la France, sioniste, partisan de l’intégrité d’Eretz Israël et fidèle aux valeurs de la Torah.

Depuis quatre ans, j’ai défendu sans relâche Israël, qui partage nos valeurs, et le peuple juif.

Nos ennemis, les vrais, ne s’y sont pas trompés. Ma vie est menacée et je vis sous protection rapprochée mais c’est le combat de ma vie.

Mon collègue, et frère de cœur Claude Goasguen, lui aussi confronté à l’adversité LREM, a d’ailleurs tenu à témoigner son soutien.

A mon tour, je lui apporte tout mon soutien et demande aux électeurs de la 14ème circonscription de Paris de voter massivement pour lui dimanche prochain. Pas une voix doit lui manquer. Il est trop important qu’il soit réélu : c’est un des boucliers d’Israël à l’Assemblée nationale.

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BOURGOGNE : Dans une école d’Auxerre c’est «pastille rouge» pour les élèves qui ne mangent pas du porc…


Une distinction, qu’une élue de la ville juge «discriminatoire». Jeudi soir, elle a interpellé le maire socialiste d’Auxerre.

Voilà une affaire risque de faire grand bruit. Elle a été révélée ce jeudi soir, par Malika Ounès, conseillère municipale d’opposition à la Mairie d’Auxerre, dirigée par le socialiste Guy Ferez.
«C’est complètement incroyable. A l’école des Pieds Dalloues à Auxerre, les enfants de la cantine qui ne mangent pas de porc portent un collier avec une grosse pastille rouge. Et les enfants qui ne mangent pas de viande du tout, ont eux droit au même collier, mais avec une grosse pastille jaune. C’est révoltant. Cela renvoie à des heures sombres», lâche Malika Ounès.
Elle est d’autant plus révoltée que jeudi soir, le Maire d’Auxerre, Guy Ferez, qui figure en deuxième position sur la liste socialiste de l’Yonne pour les élections régionales, n’a fait que peu de cas du sujet… «Quand je l’ai publiquement interpellé sur cette forme de ségrégation, Monsieur Ferez s’est limité à me répondre qu’il n’était pas au courant», raconte Malika Ounès qui, outre son mandat de conseillère municipale à Auxerre, est également vice-présidente du conseil départemental de l’Yonne.
L’élue a montré au conseil municipal le fameux collier avec la pastille rouge. «C’est une mère de famille qui m’a interpellé et fait part de son indignation. Des pratiques comme celle-ci ne sont pas acceptables. On n’a pas le droit d’imposer cela, en catimini, à des enfants».
Farah, la maman, contactée par creusot-infos, explique comment elle a découvert que sa fille portait un collier avec une pastille rouge… «Mardi ma fille, qui a 9 ans et qui est en CM1, m’a dit qu’il lui fallait un bonnet de bain pour la piscine. C’est dans le magasin, pendant l’essayage que j’ai découvert qu’elle portait ce qui ressemblait à un collier. Elle m’a alors expliqué qu’à la cantine on donnait un collier avec une grosse pastille rouge aux élèves ne mangeant pas de porc, et un collier avec une pastille jaune aux élèves ne mangeant pas de viande du tout. Je pense que ma fille l’avait gardé autour du cou sans le faire exprès. Je lui ai demandé de le retirer et j’ai décidé de contacter Madame Ounès que je connais. Il faut que cela cesse».
C’est pour cela que Malika Ounès a donc interpellé, jeudi soir, le Maire d’Auxerre. «Mais je ne suis pas certaine qu’il a bien compris la gravité des choses», lâche l’élue.

Alain BOLLERY
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Malika Ounès a exhibé, jeudi soir,
le fameux collier avec la pastille rouge

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Quand la France ouvrait les bras à 120 000 réfugiés sauvés en mer


Jean-Paul Sartre et Raymond Aron, avec André Glucksmann debout, entente sacrée pour les boat people (MICHEL CLEMENT / AFP).

Jean-Paul Sartre et Raymond Aron, avec André Glucksmann debout, entente sacrée pour les boat people (MICHEL CLEMENT/AFP).

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

En 1979, politiques et intellectuels français mettaient leurs désaccords de côté et accueillaient plus de 120 000 réfugiés vietnamiens et cambodgiens. Une union impensable sur la crise en Méditerranée.

Imaginez l’image : les plus grands intellectuels du pays, de droite comme de gauche, unis pour lancer un appel à sauver les migrants menacés de naufrage en Méditerranée, et à les accueillir à bras ouverts en France !

Impensable aujourd’hui, et pourtant, ça s’est produit. Oui, notre pays a été exemplaire il y a plus de 35 ans, et n’a jamais eu à le regretter.

C’était en 1979, et la crise des boat people d’Indochine dominait le « 20 heures » de nos télés, avec des images de familles entières dans des embarcations de fortune en mer de Chine, menacées par les pirates, les requins, les intempéries… Des Vietnamiens et des Cambodgiens fuyant le communisme et les persécutions ethniques, rackettés pour pouvoir partir, sans savoir où aller.

« Des hommes en danger de mort »

Et le miracle se produisit. Jean-Paul Sartre et Raymond Aron, deux intellectuels que tout opposait jusque-là, entourés de toute l’intelligentsia de l’époque, réunis autour d’une même cause. Oubliant un moment leurs divergences politiques à une époque où, pourtant, elles dessinaient des camps autrement plus antagoniques qu’aujourd’hui.

Ecoutez cette interview de Jean-Paul Sartre au « 20 heures » : il explique qu’il se met au service « d’hommes en danger de mort », abandonnant ses « opinions politiques ». Une autre France…

voir ici : http://rue89.nouvelobs.com/2015/04/24/quand-france-ouvrait-les-bras-a-120-000-refugies-sauves-mer-258841

 

Quelques mois plus tôt, cette coalition hétéroclite s’était mise en place pour affréter un bateau, avec Médecins sans frontières, pour sillonner la mer de Chine et porter secours et assistance aux boat people en détresse.

Ce bateau, L’île de lumière, a vu le jour et a effectué sa mission humanitaire en mer de Chine.

Mais dans le contexte particulier de cette fin des années 70, l’élan humanitaire français ne s’arrêta pas là.

Conformément à des décisions internationales, la France prit sa part, et même plus, pour accueillir certains de ces réfugiés qui étaient regroupés, après avoir été sauvés en mer, dans des camps installés dans les pays de la région – Hong Kong, Malaisie, etc.

Boat people en mer de Chine, sauvés par le bateau humanitaire français Ile de lumière (FRANCOIS GRANGIE/AFP)

128 531 réfugiés admis en France

Si vous n’avez pas la mémoire de ce moment-là, vous ne devinerez jamais combien de ces réfugiés d’Indochine la France a accueilli et a aidé à s’installer et s’intégrer sur son sol. Pas quelques centaines, pas quelques milliers, non : 128 531 Vietnamiens, Cambodgiens et Laotiens entrés légalement en France.

Dans un texte publié en 2006, Karine Meslin, maître de conférence au Centre nantais de sociologie, relève le paradoxe :

« En France, l’immigration de travail vient tout juste d’être suspendue et la crise économique que traverse le pays semble peu propice à l’accueil de nouveaux étrangers. Pourtant, après des mois ou des années d’attente, 128 531 ressortissants de l’ancienne Indochine, dont 47 356 Cambodgiens, entrent légalement sur le territoire français. Dès leur arrivée, ils bénéficient d’un accueil d’exception accompagné de discours empathiques, que formulent les dirigeants politiques notamment. »

Et elle s’interroge :

« Comment comprendre cette situation pour le moins paradoxale ? Comment expliquer que des réfugiés aient pu bénéficier d’un tel accueil alors qu’il est admis qu’“en période d’incertitude tout particulièrement, l’étranger est ressenti comme une menace pour le groupe enraciné” [selon la formule de l’historien de l’immigration Gérard Noiriel, ndlr] ? »

Mobilisation exceptionnelle

La chercheuse rappelle le dispositif exceptionnel que la France de Valéry Giscard d’Estaing avait mis en place pour les accueillir :

« En France, de nouveaux traitements de faveur et de nouvelles dérogations se font jour. L’arrivée des réfugiés de l’ancienne Indochine est d’abord l’occasion d’institutionnaliser une collaboration étroite entre les associations, chargées de l’accueil des réfugiés, et l’Etat, responsable de leur sécurité.

Ainsi, après un court séjour obligatoire dans un des quatre foyers de transit parisiens où ils sont accueillis, les réfugiés peuvent décider de se “débrouiller” par eux-mêmes ou rester sous la tutelle des associations mobilisées pour leur cause.

Dans ce cas, ils sont hébergés dans des centres provisoires d’hébergement (CPH) pour une durée minimum de trois mois au terme desquels, à l’échelle municipale, des comités d’accueil se chargent d’accompagner leurs démarches quotidiennes.

Dans un même temps, de nombreuses mesures facilitent leur mise au travail. Sur le terrain juridique, les conditions d’obtention de leur carte de travail provisoire et renouvelable n’obéissent pas à la procédure habituelle.

Alors que les demandeurs d’asile en sont privés jusqu’à ce que le titre de réfugié politique leur soit délivré, la politique des quotas offre aux réfugiés en question un droit de travail immédiat. De plus, tandis que les migrants – réfugiés ou non – sont, à cette époque, dans l’obligation d’être titulaires d’un contrat de travail d’une durée d’un an pour obtenir une carte de travail (non provisoire), un contrat de trois mois, même à temps partiel, suffit aux réfugiés du Sud-Est de l’Asie.

Des cellules ANPE leur sont également réservées et des mesures incitatives, notamment financières, sont prises à l’égard des employeurs pour favoriser leur embauche.

Tous ces dispositifs objectifs s’accompagnent par ailleurs de discours compassionnels et bienveillants, nettement distincts de ceux, plus stigmatisants, qui traitent des autres étrangers à l’heure où l’immigration de travail vient d’être suspendue. »

Anticommunisme et mauvaise conscience

Une bonne partie de la communauté asiatique de France, notamment dans le XIIIe arrondissement de Paris, est issue de cette vague d’immigration des boat people fuyant les anciennes colonies françaises d’Indochine.

Certes, le contexte joue énormément. Tant celui de la guerre froide qui fait que des réfugiés fuyant le communisme reçoivent une oreille plus favorable dans les pays occidentaux, que celui spécifique de l’Indochine après la découverte des atrocités commises par les Khmers rouges, dont le monde a tardé à prendre réellement conscience.

L’anticommunisme de la droite et la mauvaise conscience d’une gauche qui avait soutenu les mouvements de libération devenus à leur tour oppresseurs ont permis ce rare consensus au service d’une grande cause humanitaire.

Comme l’écrit Karine Meslin :

« La mobilisation autour des réfugiés cambodgiens, laotiens et vietnamiens est exceptionnelle à plus d’un titre. Non seulement les modalités d’accueil des réfugiés du Sud-Est asiatique ne sont “pas réellement basée(s) sur l’interprétation classique de la Convention de Genève, mais sur la volonté de l’Etat”. Mais de plus, la nébuleuse d’acteurs impliqués dans cet accueil ne fait pas partie des défenseurs traditionnels des étrangers. Ce premier constat ne doit néanmoins pas dissimuler le second.

L’exemple des réfugiés du Sud-Est asiatique permet aussi de montrer qu’une nouvelle fois, le sort des étrangers est étroitement lié aux intérêts nationaux et ce, quels que soient le statut juridique de ces étrangers ou les raisons de leur venue.

Par ailleurs, l’accueil, basé sur la mobilisation gouvernementale, dont ont bénéficié les réfugiés du Sud-Est de l’Asie a eu de nombreuses incidences. Outre qu’il a facilité leurs premiers pas en France, il a participé à modeler le regard porté sur eux et à légitimer leur arrivée en France.

La qualité de cet accueil semble avoir été perçue comme ajustée à la qualité intrinsèque des étrangers auxquels il était destiné. Ce constat rappelle, in fine, l’importance des politiques d’accueil et des discours qui accompagnent l’arrivée des nouveaux migrants. »

C’est ce contexte et ces motivations qui manquent singulièrement aujourd’hui dans la crise de la Méditerranée.

Et pourtant, certains des éléments sont communs. Les hommes et les femmes qui fuient la Syrie en guerre – un ancien territoire géré par la France, on l’oublie trop souvent –, ou l’Erythrée en dictature, ou encore la misère de l’Afrique subsaharienne où les responsabilités historiques françaises sont nombreuses, comme le rappelait ici même jeudi l’ancienne ministre malienne Aminata Traoré, ne suscitent pas la même empathie (c’est un euphémisme, à voir certains commentaires sur Rue89 jeudi).

Où sont les Sartre et Aron d’aujourd’hui ?

Quand on entend le Conseil européen évoquer l’accueil de 5 000 Syriens à répartir parmi le demi-milliard d’Européens, on croit rêver en pensant aux 123 000 Asiatiques reçus en France trois décennies plus tôt. Ou au million de Syriens, et sans doute plus, réfugiés dans le petit Liban, ou le quasi million de Libyens qui se trouvent en Tunisie…

Il est vrai qu’il n’y a pas, aujourd’hui, de personnages de la stature de Jean-Paul Sartre et Raymond Aron pour symboliser cette union sacrée pour une cause jugée noble. Et que lorsqu’on regarde en permanence derrière son épaule si le Front national n’y est pas, on a tendance à intégrer une partie de sa logique.

Ce qui vaut pour la France vaut pour ses voisins : la palme d’or revenant de ce point de vue à David Cameron, qui a annoncé (à quelques jours d’élections difficiles) qu’il enverrait un bateau de la Royal Navy en Méditerranée, mais que tout migrant sauvé par la marine britannique serait déposé sur les côtes du pays le plus proche, vraisemblablement l’Italie. Elégant.

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Nous avons tous tué Charlie


 

Je ne suis pas Charlie. Je ne suis ni Charb, ni Wolinski, ni les dix autres. Pourtant, 24 heures après l’attentat, j’étais aux deux rassemblements organisés à Perpignan en leur mémoire. Hier devant le Conseil général (mais que diable avait-il à voir avec le crime ?). Ce matin dans la petite rue où s’abrite le club de la presse local, trop exigüe pour accueillir la foule nombreuse venue à renforts de photocopies « Je suis Charlie ». Eux comme moi pourrons dire « j’étais là ». Et là me reviennent les paroles de la chanson de Zazie :

« J’étais là en octobre 80, après la bombe de Copernic,
Oui j’étais à la manif’, avec tous mes copains.
J’étais là, c’est vrai qu’on n’y comprenait rien
Mais on trouvait ça bien, ça bien.
Oui j’étais là pour aider pour le sida, les sans-papiers,
J’ai chanté, j’ai chanté.
Sûr que j’étais là pour faire la fête,
Et j’ai levé mon verre à ceux qui n’ont plus rien,
Encore un verre, on n’y peut rien.
J’étais là, devant ma télé à 20h, j’ai vu le monde s’agiter, s’agiter.
J’étais là, je savais tout de la Somalie, du Bangladesh et du Rwanda,
J’étais là.
J’ai bien vu le sort que le nord réserve au sud, bien compris le mépris,
J’étais là pour compter les morts.
J’étais là, et je n’ai rien fait,
Et je n’ai rien fait.
J’étais là pourtant, j’étais là,
Et je n’ai rien fait, je n’ai rien fait. »

Voilà, j’étais là. Et puis les manifestants de tous bords ont entonné la Marseillaise. Répondre au sang par l’appel au sang : « Aux armes citoyens… Qu’un sang impur abreuve nos sillons ». Alors j’ai eu envie de pleurer et je suis parti. Parce que cet attentat n’est pas un crime contre la France, mais un crime contre la Liberté. Parce que Charlie n’aimait pas les accents guerriers de la Marseillaise dont il s’est au moins autant moqué que des dérives religieuses en général, et pas uniquement de l’islamisme. Parce que depuis hier, je vois sur les réseaux sociaux et j’entends à la radio des tas de gens se réclamer de Charlie et exiger le retour de la peine de mort, stigmatiser l’Islam à tel point que ses représentants se sentent obligés de s’excuser. Tous ces gens qui pour la plupart n’ont jamais lu ni un Hara-Kiri, ni un Charlie Hebdo. Tous ces gens qui, finalement, ne connaissaient au mieux que Cabu quand il dessinait au Club Dorothée… Parmi eux, combien se sont insurgés lorsque les locaux de Charlie Hebdo ont été incendiés en 2011 ? Combien ne s’informent que devant BFM TV ou TF1 ? Combien font partie des 25% qui ont voté FN aux dernières élections européennes ?

Depuis des années, les médias font la part belle à des Zemmour et des Le Pen. Ah le danger de l’Islamisation de notre douce France… On les écoute, persuadés que finalement « ils disent pas que des conneries », on achète leurs livres, on vote pour eux… Après tout, les autres sont « tous pourris », incompétents, carriéristes… Comme si les résistants, les idéalistes, les humanistes et les libertaires étaient des races à jamais disparues.
Comme pour l’affaire Mehra, la Police a fait un travail incroyable. A peine l’attentat commis, on connaissait le nom des coupables. Il parait même que l’un d’eux avait « oublié » sa carte d’identité dans la voiture des bourreaux… Qu’est-ce que c’est con un terroriste ! Bientôt (peut-être même pendant que j’écris ces lignes), on les trouvera. Il y aura une fusillade et ils y resteront. Chacun pourra alors retourner devant sa télé en se disant que Justice est faite et s’inquiètera des nouvelles aventures de Nabila ou de Valérie Trierweiler…
Personne ne se posera la question du « pourquoi ». Oui, pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Personne ne se posera la question parce qu’on nous a déjà donné la réponse : l’islamisme.
Et si nous étions les véritables coupables ? Dans « L’Insoutenable légèreté de l’être », Kundera (qui a vécu l’invasion des chars soviétiques dans son pays, la Tchécoslovaquie) écrivait « le pire crime est l’ignorance ». Nous sommes tous coupables parce que nous ignorons la réalité, nous ignorons l’Histoire ou, pire, nous préférons l’ignorer.

Je suis devenu journaliste en 1994. J’avais 25 ans et je rêvais un jour d’écrire l’équivalent du « J’accuse » de Zola. Je croyais en la liberté de la presse, ce fameux « quatrième pouvoir ». J’ai vite déchanté, comprenant que dans les grands médias, les journalistes ne sont que des salariés au service des véritables patrons de leur journal, de leur radio, de leur chaine de télévision : grands industriels, marchands d’armes, financiers, politiciens bien assis… Et que ces salariés perdent leur boulot s’ils ne sont pas aux ordres. Non, la presse en général n’est plus libre depuis longtemps, à part quelques bastions de résistance dont la visibilité est réduite au maximum. Charlie est l’un de ces rares bastions. Charb et les autres étaient de ceux qui refusaient qu’on leur dicte les mots à écrire, les sujets à traiter et à défendre, bref qu’on les oblige à passer la brosse à reluire.
J’aurais pu monter au créneau, dénoncer ce système infâme qui ne conduit qu’à la désinformation, à la lobotomisation des esprits, les dictant malgré eux à acheter tel ou tel produit, qu’il s’agisse d’un I-phone ou d’une idée malsaine. Je l’ai juste fait dans mon coin, j’ai lutté pour ma propre liberté d’expression, parfois pour celle d’un collègue, et puis j’ai jeté l’éponge, comme un boxeur au bord du KO, et j’ai quitté la profession alors que j’aurais dû repartir sur le ring et défendre cette fameuse liberté d’expression que l’on nous sert désormais à toutes les sauces. Au nom de la liberté d’expression, on peut appeler à la haine mais on a de plus en plus de mal à la dénoncer. Quelle honte.

« Nous sommes Charlie… Qu’un sang impur abreuve nos sillons »… Non, désolé, je ne m’en remets pas. C’est en confondant tout et n’importe quoi que nous sommes tous responsables de l’attentat d’hier. Parce que nous avons laissé le FN se dédiaboliser alors qu’il défend les mêmes idées et applique les mêmes stratégies que les partis fascistes des années 1930. Parce que nous confondons le conflit israélo-palestinien avec une guerre de religion alors qu’il s’agit d’une guerre coloniale. Parce que depuis le 11 septembre 2001, nous ne regardons plus les arabes de la même manière. Parce que nous avons substitué le mot « solidarité » par le mot « assistanat ». Parce que nous sommes incapables de regarder plus loin que notre petit confort. Parce qu’on a peur pour nos retraites vu que nos impôts seraient dilapidés dans les aides sociales distribuées à des faignasses bronzées. Parce que quand Sarkozy, Balkany et tant d’autres détournent des millions d’euros, on les réélit quand même. Parce que quand Depardieu s’exile en Russie en affirmant que Poutine est un grand démocrate, on dit qu’il a bien raison de ne plus payer ses impôts en France. Parce que ceux qui veulent la tête des « bougnoules » oublient que leurs ancêtres furent traités de « ritals », « d’espingouins », de « polaks », de « portos », etc.

Oui, les véritables terroristes, c’est bien nous. Nous nous sommes laissés entrainer dans un individualisme forcené qui nous conduit à chercher des boucs-émissaires partout. SDF, Roms, musulmans… Ce matin, sur Facebook, un homme (que je ne connais pas) arborait le fameux « Je suis Charlie » tout en écrivant « Si les terroristes sont capturés, la mère « Teub ira » les fera libérer et on leur paiera le billet d’avion pour repartir au djihad avec le RSA et la carte vitale ». Non, ce n’était pas une blague…

Bref, j’étais là hier et ce matin. Et tout ce que j’arrive à faire, c’est prendre ma plume. Une plume désenchantée. Quel paradoxe pourtant ! Je devrais me réjouir qu’à Perpignan (seule ville française à commémorer chaque année les morts de l’OAS qui, rappelons-le, étaient des terroristes…), un monde fou soit venu manifester son indignation. Si nous avions été une poignée, comme lors de la mort de Clément Méric, j’aurais hurlé ma colère. Mais la question que je me pose, c’est pourquoi étaient-ils là ? Et la réponse me terrifie.

J’ai peur que ce drame soit à nouveau détourné pour cracher sur l’Islam, ou plutôt sur les arabes en général puisque personne ne fait plus la différence, comme si tous les blancs étaient des cathos intégristes… Charlie Hebdo se moquait avec férocité de l’Islamisme, parfois même de l’Islam, comme il se moquait de toutes les religions, en bon anarchiste anticlérical qu’était (et sera toujours) ce journal.
J’ai peur que la violence succède à la violence, du moins pendant quelques jours (une actu chassant l’autre, les gens oublieront vite). Que des innocents soit agressés ou tués parce qu’ils sortent d’une mosquée ou qu’ils boivent un thé à la menthe au lieu d’un Ricard. Peur que ceux qui profitent de ces crimes soient ceux qui se réjouissent à la fois des morts de Charlie Hebdo et de la stigmatisation de l’Islam, je veux parler de l’extrême-droite et de ses proches. Nul doute que du côté de Saint-Cloud ou de Millas, hier on a sabré le champagne…

Alors que faire ? Lire, réfléchir, s’informer, ouvrir les yeux, réapprendre à se servir de son sens critique, échanger, essayer de comprendre l’autre au lieu de le juger. Ce n’est pas de l’angélisme, juste le seul moyen d’assurer le véritable fonctionnement d’une démocratie et, par conséquent, de sauvegarder nos libertés

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Eric Zemmour, basta, yakfi, assez


Tribune permanente pour l’extrême-droite sur les chaînes de télévision : le MRAP va saisir le CSA

Dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 octobre, sur France 2, dans le cadre de l’émission « on n’est pas couché », le journaliste d’extrême-droite Eric Zemmour, s’est livré à de nouveaux débordements racistes, anti-musulmans, négationnistes et homophobes à l’occasion d’une campagne de promotion de son dernier livre organisée par la chaîne publique.

Théorisant sur l’impossibilité du « mélange » entre « français et arabes », il prophétisait la guerre civile. Il comparait l’immigration avec l’invasion allemande durant la dernière guerre mondiale et s’inscrivait dans les théories du « grand remplacement » de Renaud Camus.

IL se faisait ensuite l’avocat du régime de Vichy qui aurait, selon ses termes, sauvé « 100 % » des juifs de France.

De fait Zemmour se voit attribuer le rôle de bouffon d’extrême-droite raciste et négationniste auquel les animateurs et la programmation opposent des intervenants modérés, censés défendre les thèses adverses. Ce jeu de ping-pong entre le bouffon raciste et ses contradicteurs, n’a pas pour vocation d’informer le public, mais de faire monter l’audimat de la chaîne  pour ces émissions « d’information-divertissement-spectacle. »

Au mépris des lois en vigueur, le racisme n’est alors plus un délit, mais une opinion qui s’oppose à l’opinion adverse.

Les contradicteurs républicains, malgré leur bonne foi, jouent le rôle de faire-valoir du chroniqueur d’extrême-droite.

Les tribulations racistes, homophobes et sexistes d’Eric Zemmour – du Figaro à France 2 en passant par RTL et i-télé, –  apparaissent alors comme une tribune permanente offerte à l’extrême-droite radicale, sous couvert de liberté d’expression. 

Ces débordements de Zemmour ne sont plus tolérables, car trop c’est trop !

Le MRAP va en saisir le CSA, car il n’est pas acceptable que le racisme, l’homophobie ou le sexisme bénéficient d’une telle vitrine dans les médias télévisés.

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