Dieudonné et les mots interdits


La Libre Belgique : CONTRIBUTION EXTERNE Article publié le jeudi 06 février 2014 à 20h46 – Mis à jour le jeudi 06 février 2014 à 20h46

OPINIONS Peut-on pointer la concomitance entre les sollicitations du Conseil représentatif des Institutions juives de France (CRIF) et l’orchestration de l’opération destinée à faire taire l’humoriste sans être accusé d’antisémitisme ?

dieudonne

Polémique

Les événements politico-judiciaires qui ont eu lieu en France autour des spectacles de l’humoriste Dieudonné M’bala M’bala n’ont rien perdu de leur actualité. Ils méritent d’être revisités afin de saisir les véritables enjeux que cette affaire sous-tend et que son hypermédiatisation est parvenue à occulter.

Ainsi nous constatons que la décision, particulièrement expéditive, du Conseil d’Etat français d’annuler l’arrêt du tribunal administratif de la ville de Nantes autorisant la présentation de l’humoriste risque de donner naissance à une sorte de « jurisprudence Dieudonné » susceptible de devenir source de droit et de s’étendre bien au-delà de l’hexagone français. La manière dont cette décision fut prise est assez édifiante pour ne pas l’examiner et souligner l’importance de sa signification politique. Le diable, dit-on, se cache dans les détails.

Tout d’abord lorsque le tribunal nantais décida de ne pas donner raison au ministre de l’Intérieur qui souhaitait interdire le spectacle sur la présomption de menace à l’ordre public, il ne faisait que confirmer une norme universelle du droit qui veut que l’on ne sanctionne pas un délit avant qu’il ait effectivement eu lieu. Face à ce désaveu, le ministre Valls fait appel au Conseil d’Etat qui obtempère avec une compromettante décision qui configure une espèce de justice par anticipation; c’est-à-dire ne pas attendre que le délit soit perpétré pour le sanctionner. Décision surtout étonnante parce qu’elle a été prise avec une célérité inconnue dans l’histoire judiciaire française.

En effet, il était 15h30 ce 9 janvier lorsque le Conseil d’Etat fixa à 17h la séance destinée à examiner et à prendre décision à propos de la requête du ministre de l’Intérieur. La décision du Conseil fut rendue publique à 18h45 le même jour. Il a donc fallu seulement 105 minutes pour étudier la documentation y afférente, entendre les parties, délibérer et rédiger une décision argumentée de presque quatre pages. Difficile de ne pas soupçonner que les carottes n’étaient pas déjà cuites, même surcuites, avant que la décision soit formalisée. Précipitation d’autant plus inquiétante que le Conseil d’Etat, ayant des difficultés pour invoquer la motivation usuelle, à savoir celle « des risques de trouble à l’ordre public », s’est lancé dans une curieuse improvisation invoquant des références très subjectives comme des « propos » (ceux de l’humoriste) de « nature à mettre en cause la cohésion nationale » ou l’atteinte aux « valeurs de dignité de la personne humaine ».

On crée ainsi, discrètement, des préceptes qui pénaliseront un jour toute contestation que les pouvoirs estimeront de nature à menacer la « cohésion nationale » ou une quelconque interprétation des valeurs de la dignité humaine.

Mais la question semble encore plus délicate lorsque l’on apprend que le 16 décembre 2013 le président Hollande recevait en audience Monsieur Maurice Cukierman, président du Conseil représentatif des Institutions juives de France (CRIF) lequel annonçait, avant de se rendre à l’Elysée, qu’il allait réclamer des mesures contre les campagnes
antisémites et en particulier contre le geste de la quenelle popularisé par Dieudonné. Le président français fait siennes ces demandes et c’est ainsi que son ministre de l’Intérieur lance, ipso facto, la campagne anti-Dieudonné.

Tout semble donc indiquer qu’il y eut une troublante concomitance entre les sollicitations du CRIF et l’orchestration de l’opération destinée à faire taire l’humoriste. Notons au passage que l’universitaire juive française et sénatrice écologiste Esther Benbassa se demandait à propos du CRIF « … s’il n’est pas plutôt le porte-parole d’Israël en France, comme une seconde ambassade de ce pays » 1.

Si à cela s’ajoute le fait que le ministre Valls avouait en des termes assez forts son rapport à ce pays – « je suis lié, disait-il, de manière éternelle à la communauté juive et à Israël » 2 – et la grande tolérance qu’a connu, dans cette affaire, le comportement de l’avocat Arno Klarsfeld, on est en droit de se poser des questions sur la neutralité et la sérénité qui devraient commander ce genre de décisions.

Cet avocat, connu pour son attachement passionné à l’Etat d’Israël (il était
engagé dans son armée en 2002), n’a pas hésité à faire des appels publics à manifester contre la tenue des spectacles de Dieudonné. Très proche du dossier, il ne pouvait pas ignorer qu’en agissant ainsi, cherchant à provoquer les faits qui
justifieraient l’interdiction de l’humoriste, il se rendait coupable d’incitation aux attroupements et donc aux troubles de l’ordre sanctionnés par le Code pénal français (articles 431-3 et 4). Raison largement suffisante pour qu’il soit condamné
pénalement et relevé de ses fonctions. Hypothèse invraisemblable dans le royaume de Monsieur Valls : Monsieur Arno Klarsfeld est membre de ce Conseil d’Etat.

L’auteur du présent texte est conscient que faire état de ces « détails » suffit de nos jours pour être immédiatement accusé d’antisémitisme. Mais, comme l’enseignait le philosophe espagnol Miguel de Unamuno « il y a des circonstances dans lesquelles se taire c’est mentir ». Et pourquoi alors devrait-on être obligé de se taire, au risque de mentir, et se poser la question si, par exemple, la politique palestinienne de la France, particulièrement complaisante envers Tel-Aviv, ne serait pas influencée par le CRIF et ses réseaux ?

Pourquoi deux des plus importants théoriciens des sciences politiques aux Etats-Unis, John Mearsheimer et Stephen Walt (respectivement des universités de Chicago et d’Harvard), peuvent-ils publier un livre devenu best-seller sur « Le lobby pro israélien et la politique étrangère américaine » et que semblable démarche soit inimaginable chez leurs collègues français (ou belges) ? Ou qu’un journaliste d’investigation de la taille de Seymour Hersh, une icône du métier, puisse affirmer, sans avoir un Manuel Valls américain à ses trousses, que « L’argent des juifs contrôle les candidats présidentiels » des Etats-Unis tout en gardant son poste de chroniqueur étoile du « New York Times » ?

Le regretté Guy Spitaels me disait « chez nous, on peut parler vaguement des influences des milieux pro israéliens; mais parler ouvertement de lobby juif, c’est exclu ». Il répondait à une de mes questions autour de son livre « Obama président : la
méprise ». J’insiste : mais pourquoi ?

La réponse revient peut-être encore à Esther Benbassa lorsqu’elle parlait des pouvoirs qui en  » faisant plier les uns et les autres (…) par le biais de l’autocensure, sensible chez bien des journalistes, craignant à juste titre d’être soupçonnés d’antisémitisme dès qu’ils oseront critiquer la politique israélienne ».

Voilà des questions majeures que l’on devrait pouvoir discuter si les pitreries antisémites de Monsieur M’bala M’bala, en servant de diversion, ne facilitaient pas la tâche de ceux qui cherchent justement à ce qu’elles ne soient jamais discutées. Triste situation qui nous ramène à la si juste définition du magistrat Serge Braudo lorsqu’il disait qu’un pays démocratique « est celui où les citoyens ont la
liberté de commettre une infraction. Un pays totalitaire est celui où l’exercice de la liberté est une infraction. »

(1) Libération, 07.02.2010

(2) Déclarations à Radio hébraïque le 11.06.2011

Titre et sous-titre sont de la rédaction

Vladimir Caller

Politologue et journaliste.

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Rencontre entre le Crif et la Cgt


dimanche 2 février 2014, par La Rédaction

Le Président du CRIF, Roger Cukierman, a reçu le 28 janvier 2014, le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon.
Il s’en est suivi un compte-rendu par le CRIF que M.Thierry Lepaon a critiqué en adressant un courrier au CRIF que nous publions.
A cette occasion, M. Jean-Pierre Page ancien responsable du département international de la CGT et membre de la Commission exécutive Confédérale de la CGT nous a adressé sa réaction à cette rencontre que nous publions.

Le secrétaire général de la CGT était accompagné d’Éric Lafont, secrétaire confédéral. Pour sa part, le Président du CRIF était entouré de Francis Kalifat, vice-Président, Jean-Pierre Allali, membre du Bureau exécutif et Président de la commission des Relations avec les ONG, les syndicats et le monde associatif et de son conseiller, Paul Rechter.

***

Courrier de M. Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT au président du CRIF

Monsieur le Président,

Je suis très étonné de découvrir un compte-rendu à la fois partiel et erroné de la rencontre que nous avons eue avec vous-même et des représentants de votre association. Rappelons que cette rencontre faisait suite à une invitation de votre part afin d’évoquer les questions d’actualité et notamment la question de la montée de l’extrême droite et notre inquiétude commune face aux relents d’antisémitisme, d’islamophobie et plus globalement de racisme dans notre pays.
Sur la méthode d’abord, lorsqu’une rencontre de ce type est prévue avec des dirigeants de la CGT et notamment le Secrétaire général, il est d’usage de nous faire part au préalable de l’intention de rendre compte publiquement de l’échange et d’en faire vérifier le contenu par les participants. Ce manque de rigueur de la part d’une organisation comme le CRIF est de nature à entacher une relation de confiance entre nos organisations.
Cette démarche aurait permis de corriger une grave inexactitude dans les propos que vous me prêtez concernant la position de la CGT vis-à-vis de la campagne BDS (Boycott Désinvestissement Sanction). En l’occurrence, je n’ai fait que confirmer que la CGT ne s’inscrivait pas dans la campagne BDS. En revanche, la CGT n’a jamais condamné ni ce mouvement ni ses acteurs dont certains sont d’ailleurs des adhérents de la CGT.
Le titre de l’article « La CGT condamne le BDS » posté sur votre site sous la rubrique « Le CRIF en action » me paraît relever d’une intention qui n’est pas respectueuse à l’égard de la CGT et de ses prises de positions.
Je vous demande donc de le supprimer. Afin qu’il ne subsiste aucune ambiguïté sur ce sujet, je me permets de vous rappeler brièvement la position de la CGT et les actions qu’elle mène, aussi bien en faveur de la paix entre les peuples israéliens et palestiniens que de la liberté d’expression des militants du BDS en France.
Ces actions s’inscrivent dans la solidarité de la CGT à l’égard des travailleurs de tous les pays et en faveur de la paix dans le monde. Elles partent du constat de la situation dramatique de la Palestine qui s’enracine dans l’occupation illégale des territoires conquis par Israël et le renchérissement de sa politique de colonisation. La CGT a toujours œuvré aux côtés de celles et de ceux qui se mobilisent pour la paix, en Israël comme en Palestine. Elle entretient des contacts syndicaux avec les travailleurs de cette région et c’est en lien avec ces organisations syndicales qu’elle recherche les moyens les plus efficaces et participe aux campagnes en faveur d’une paix juste et durable au Proche-Orient.
C’est le sens de la délégation conduite par Bernard THIBAULT en février 2013 en Palestine, à Gaza et en Israël. Forts de cette approche, nous considérons que le boycott global d’Israël ne favorise pas cette stratégie de paix et la coexistence de deux Etats, l’Etat Palestinien et l’Etat d’Israël. Par contre, la CGT s’inscrit totalement dans la campagne d’interdiction des produits fabriqués dans les colonies et dans l’obligation de transparence sur l’origine des produits israéliens destinés à l’exportation afin que l’Etat d’Israël soit contraint de respecter le droit international.
Enfin, je vous rappelle que la CGT, par la voix de Bernard THIBAULT, alors Secrétaire général, est signataire de l’appel initié par Stéphane HESSEL pour la relaxe des militants poursuivis pour leur participation à des actions de boycott. Ce soutien a été renouvelé le 17 décembre dernier, par une délégation de la CGT, de la LDH, de l’AFPS et de parlementaires auprès de la Ministre Christiane TAUBIRA demandant le retrait des circulaires Alliot-Marie et Mercier. Je tiens à vous préciser que je rendrai ce courrier public et vous prie d’agréer, Monsieur le Président, mes salutations distinguées.

Thierry Lepaon
Secrétaire général de la CGT

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Réaction de M. Jean-Pierre Page, ancien responsable du département international de la CGT et membre de la Commission exécutive Confédérale de la CGT

Chers camarades,

J’apprend avec stupéfaction que la direction de la CGT a rencontré officiellement le CRIF. A ma connaissance cela doit être la première fois sauf si B. Thibault le faisait sans en informer syndicats CGT et militants ! Evidemment tout est possible !
On peut consulter le site du CRIF et y lire entre un homage appuyé au criminel Ariel Sharon et un appel à agresser l’Iran, le compte rendu de cette reunion ! “Thierry Lepaon qui partage le point de vue des dirigeants du CRIF pour lesquels il faut tout faire pour éviter que le conflit israélo-arabe ne soit importé en France”, ajoute “ le secrétaire general de la CGT a démenti tout soutien de la CGT au BDS ( Boycott-Désinvestissement-Sanction) et affirmé que si des militants de la CGT ont pu ici ou là, afficher un tel soutien, ils n’avaient aucun mandat pour le faire” ! Eloquent !!!
Le CRIF c’est la pointe avancée la plus réactionnaire du sionisme en France, un lobby qui du fait de son importance est particulièrement sollicité et de façon condescendante par toute la classe politique française sans exception. Celle-ci considère le CRIF comme un passage obligé. Le CRIF est affilié à la très sioniste World Jewish Organisation et est lié à l’AIPAC aux Etats Unis dont l’influence considérable sur la politique de Washinton n’est plus a démontré, comme le soulige le livre remarquable « le lobby pro israélien et la politique étrangère américaine » ouvrage de reference de deux universitaires américains , juifs par ailleurs:John Mearsheimer et Stephen Walt , l’un Professeur à l’Université de Chicago, l’autre Professeur à la très prestigieuse Université d’Harvard ! Le CRIF joue le même rôle que l’AIPAC même si ses moyens ne sont pas les mêmes. Le CRIF et la CGT soulignant leur identité de vue est tout simplement consternant pour celle-ci, de surcroît au moment ou des militants de la CGT risquent d’être condamner par la justice ! Enfin le CRIF s’invitant dans un débat interne de la CGT, ne semble poser aucun probleme à Thierry Le Paon ! Qu’en pensent les organisations et militants de la CGT ?
Cette réunion officielle de Le Paon avec le CRIF marque donc un tournant et une rupture . Par conséquent la manière dont la direction de la CGT se positionne négativement par rapport au mouvement BDS est si il le fallait une nouvelle confirmationi et non pas un accident, c’est une orientation comme je vous l’avais souligné dans des courriers précédents. Une orientation jamais débattue au sein de la CGT.
Le CRIF ce n’est pas la défense des intérêts de la communauté juive de France , c’est avant tout la défense du sionisme et d’Israël qui se déclare comme un état sioniste avec son racisme anti arabe, , son système d’apartheid vis à vis des Palestiniens, sa brutalité et les guerres contre ses voisins. Un pays qui dans la plus totale impunité se refuse et cela contre la quasi totalité de l’opinion internationale de respecter et appliquer les résolutions de l’ONU, la concernant.
Cette rencontre est de mon point de vue très grave, elle est contraire aux orientations de toujours de la CGT et de son indépendance de jugement au plan international, à sa solidarité avec les peuples de cette region du monde. Il faut le dire ! Il faut que les organisations et les militants de la CGT sachent et qu’entre le soutien aux actions BDS de militants de la CGT qui de plus font face à la répression ses dirigeants préfèrent choisir explicitement le soutien au CRIF qui dans ce cas particulier exige l’application de la circulaire Alliot-Marie !
Pour le mouvement BDS persister dans un positionnement défensif et timoré vis à vis de la direction confédérale de la CGT et de son soutien au CRIF serait incompréhensible. Comme signataire de l’Appel du Mouvement BDS je souhaite que l’on tienne compte de cette opinion !

Bien fraternellement,
Jean-Pierre Page
Ancien responsable du département international de la CGT et membre de la Commission exécutive Confédérale de la CGT.

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Thierry Le Paon se moque du monde !
(Par Jean-Pierre Page)

Confronté à une avalanche de protestations d’organisations et de militants de la CGT Thierry Le Paon dans un courrier adressé au Président du CRIF cherche bien maladroitement à se justifier. Après le compte rendu de la rencontre qui en a été fait par le CRIF, il cherche à noyer le poisson !
1 – Si s’agissant de la campagne BDS il est un fait que la CGT ne condamne pas, faut il rappeler qu’elle ne la soutient pas. La CGT est aussi en désaccord avec la directive Alliot Marie, mais que fait elle devant les risques de condamnation et singulièrement de militants de la CGT en application de cette disposition : rien ! Pour une raison simple, elle désapprouve le boycott d’Israël ce que souligne Le Paon dans sa lettre, mais approuve celui vis à vis des colonies. Mais qui incite à la colonisation, la justifie et l’encourage si ce n’est la politique du gouvernement Israélien ! Faut il rappeler à ce sujet les multiples condamnations y compris des USA sur la poursuite de la colonisation comme obstacle principal à la négociation entre Palestiniens et Israël ! De plus comment distinguer les produits des colonies, suggérer un tri comme le fait Thierry Le Paon. C’est se moquer du monde !
2 – Curieusement Le Paon demande la modification du titre de l’article rendant compte de la rencontre avec le CRIF mais pas de l’article qui suit et pour cause, celui-ci est très explicite ! De plus Thierry Le Paon n’exige pas comme c’est la pratique de faire publier sa lettre à Roger Cukierman président du CRF. Changer le titre ça change quoi ? Rien !
3 – Car au fond ce qu’il faut retenir c’est bien que cette rencontre a eu lieu et cela c’est sans précèdent ! Imagine t on une rencontre avec des organisations sur la même ligne ethniciste comme les identitaires les  » issus de l’immigration », les ultranationalistes ukrainiens, tibétains, hutus etc ou dans le registre religieux les salafistes, les chrétiens intégristes, etc.
Evidemment non ! Alors pourquoi avec le CRIF ? Est ce parce que la CGT aurait fait le choix de rejoindre la cohorte des conformistes qui semblent croire qu’il faut être bien avec le CRIF car il serait influent ! ? En rompant avec les principes d’indépendance du syndicalisme c’est avec un esprit de soumission que Le Paon pensait se pavaner après cette rencontre tout en s’asseyant sur les principes fondateurs du syndicalisme internationaliste !
4 – Enfin Thierry Le Paon évoque les relations traditionnelles de la CGT avec les syndicats de la région en faisant référence à une délégation de la CGT conduit par B. Thibault ! En fait ces relations se résument à des rapports avec la Histadrout Israélienne dont on ne saurait dire qu’elle milite pour la paix ce serait même plutôt l’inverse ! Il faut savoir que son précèdent secrétaire général Amir Peretz se retrouva Ministre de la Défense et contribua à l’agression contre le Sud Liban qui se termina face à la résistance libanaise par un échec cuisant ! Le travailliste et ancien syndicaliste Amir Peretz est toujours Ministre mais cette fois il l’est dans le gouvernement Netanyahu. La Histadrout que plusieurs organisations syndicales affiliés à la CSI ex CISL ont exigé qu’elle soit suspendue de ses rangs a cause de son soutien à la politique criminelle du Gouvernement Israélien ! Qu’en pense la CGT ?
5 – La CGT contrairement à ce qui est affirmé dans le courrier de Le Paon entretient également des relations avec le syndicalisme palestinien mais seulement avec un courant de celui-ci et non comme c’était le cas dans le passé avec l’ensemble des composantes du syndicalisme Palestinien. Voila la réalité de l’étendue des relations de la CGT ! Ce qui est intéressant c’est que Le Paon fait lourdement référence à la délégation de B.Thibault en omettant celle de Louis Viannet quelques années plus tot ! Est ce parce qu’ avant de se rendre a Gaza pour y rencontrer Yasser Arafat considéré comme un terroriste, puis dans les territoires occupés et enfin en Israel, la delegation avait rencontré à Beyrouth l’ensemble du Mouvement syndical Libanais dont la FENASOL avec laquelle la CGT entretenait une relation historique, mais également le Hezbollah et sa branche syndicale. Alors pourquoi cette omission ? Est ce parce que le CRIF considère le Hezbollah comme une organisation terroriste ? Poser la question c’est y répondre ! Pourquoi enfin ne pas parler de toutes nos relations anciennes, celles entre autre avec les syndicats Syriens ? On se garde bien de l’évoquer car évidemment cela ferait un peu désordre dans le paysage du syndicalisme policé, institutionnalisé et bien ordonné de la CES et de la CSI.
6 – Ce que furent les relations de la CGT dans cette région, le crédit, le respect et l’autorité dont elle disposait aurait du lui permettre aujourd’hui de véritables initiatives et des actions unitaires en faveur de la paix. Nous en sommes loin et cette rencontre avec le CRIF ne va évidemment pas dans cette direction. Mais finalement était ce là l’intention de la direction de la CGT et de Thierry Le Paon ?
A l’évidence : NON !

Jean-Pierre Page
Ancient responsable du département international de la CGT et de la Commission exécutive confédérale.

source

La tranquille impudence du CRIF


Hicham Hamza

Addition salée pour la cohésion nationale. Mercredi soir, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) organisait son dîner annuel en présence de membres éminents du gouvernement et de la classe politique. Une opportunité pour les convives de goûter les sermons du président Richard Prasquier et de savourer la finesse de ses injonctions.

The-place-to-be : plus attrayant qu’une soirée caritative pour célébrités désœuvrées, le rendez-vous annuel du dîner du Crif est devenu, pour sa 25 ème édition, un moment incontournable de la vie publique. Le 3 février au soir, ils étaient environ 800 invités, triés sur le volet, à vouloir en être et y paraître. Acteurs politiques, décideurs économiques, personnalités religieuses et sociétaires du spectacle se sont rendus à cette cérémonie d’un genre particulier : celle durant laquelle, selon ses organisateurs, la communauté juive délivre son message à la République.

Et peu importe aux convives si de plus en plus de citoyens juifs contestent au Crif, comme nombre de leurs compatriotes musulmans à l’endroit du Cfcm, toute légitimité pour les représenter. Les jeux de rôles sont d’ores et déjà attribués. Y compris dans l’absence du Parti communiste et des Verts, coupables d’avoir participé aux manifestations de soutien à Gaza pendant les bombardements israéliens.

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