Israël: le prix Nobel de la paix Mairead Maguire a été expulsée


JERUSALEM — La militante pacifiste nord-irlandaise Mairead Maguire, prix Nobel de la paix, a été expulsée dans la nuit de lundi à mardi vers Londres, à la suite d’une décision de la Cour suprême israélienne, a-t-on appris auprès du ministère de l’Intérieur.

« Mairead Maguire a été expulsée à 04H00 locales (02H00 GMT) à destination de Londres. L’opération s’est déroulée sans incident », a déclaré à l’AFP la porte-parole du ministère, Sabine Hadad.

Lundi soir, la Cour suprême israélienne, la plus haute instance judiciaire du pays, avait rejeté l’appel présenté par Mairead Maguire contre son expulsion et une interdiction de séjour de dix ans en Israël.

Mme Maguire, 66 ans, avait été appréhendée le 28 septembre à sa descente d’avion à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv où elle arrivait pour une visite d’une semaine consacrée à des entretiens avec des militantes pacifistes internationales en Israël et dans les Territoires palestiniens. Elle avait été aussitôt placée en détention.

Les autorités israéliennes l’avaient déjà expulsée en juin ainsi que tous les passagers d’un bateau humanitaire irlandais qui tentait de briser le blocus maritime de la bande de Gaza.

Vendredi, un tribunal local israélien avait rejeté un premier appel de Mme Maguire contre la décision de la refouler, considérant qu’elle avait été dûment avertie en juin au moment de son expulsion qu’elle ne serait pas autorisée à entrer en Israël dans les dix prochaines années.

Après le bateau « islamiste » pour Gaza : le bateau juif


Après l’arraisonnement brutal de la Flottille pour la Liberté, marquée par un traitement spécial réservé au navire battant pavillon turc, le Mavi Marmara, le MV Rachel Corrie, sous pavillon irlandais a été arraisonné sans violence. C’est que les militants ont été instruits en lettres de sang de la nature du gouvernement qui dirige ceux qui squattent la Palestine. Et que les autorités irlandaises avaient solennellement mis en garde les autorités sionistes contre toute violence exercée contre les passagers du MV Rachel Corrie.
Et puis, les Irlandais non seulement ne sont pas musulmans comme les Turcs mais, à la différence de ces derniers ils appartiennent à l’Union Européenne.

On verra si l’entité sioniste cèdera aux pressions qui s’exercent pour l’amener à lever son blocus. Je n’y crois pas trop, mais sait-on jamais…
En attendant, d’autres bateaux se préparent à voguer vers Gaza dont l’un baptisé « Voix Juive » qui doit partir mi-juillet. Une information que je n’ai pas trouvée dans la langue de Molière. Je ne sais pas si Eric Zemmour, que j’ai vu aujourd’hui sur I-Télé salir la mémoire des victimes du MV Marmara dans la plus pure tradition sioniste, aura des mots du même genre pour ceux qui ont affrété ce bateau.


http://mounadil.blogspot.com/

Le bateau juif pour Gaza partira bientôt

Independent Catholic News (UK),
5 juin 2010
traduit de l’anglais par Djazaïri

Dans un port méditerranéen, un navire de faible tonnage est dans l’attente d’une mission spéciale. Il naviguera vers Gaza dans la seconde moitié de juillet. Afin d’éviter un sabotage, la date exacte et le nom du port de départ seront annoncés peu de temps avant d’appareiller.

« Notre but est d’appeler à la fin du siège de Gaza, de ce châtiment collectif infligé à toute une population. Notre bateau est petit, nos dons ne pourront donc qu’être symboliques: nous emmenons des cartables, remplis de dons d’élèves Allemands, des instruments de musique et des fournitures pour les arts plastiques, » explique Kate Leiterer, un membre de l’organisation. « Pour les services de santé, nous emportons des médicaments essentiels et du petit appareillage médical, et pour les pêcheurs nous emmenons des filets et du matériel de pêche. Nous sommes en liaison avec les services éducatifs, médicaux et de santé mentale de Gaza. »

« En attaquant la Flottille de la Liberté, Israël a une fois de plus démontré au monde son ignoble brutalité. Mais je sais que de très nombreux Israéliens militant courageusement et avec compassion pour une paix juste. Avec des journalistes en direct de grandes chaînes de télévision pour accompagner notre bateau, Israël aura une excellente chance de montrer au monde qu’il existe une autre voie, celle du courage plutôt que de la peur, un chemin d’espérance plutôt que de haine, » déclare Edith Lunz, organisatrice et passagère du « bateau juif. »

La ‘Jüdische Stimme’ (‘Voix Juive » pour une Paix Juste au Proche Orient), avec ses amis de l’EJJP (Juifs Européens pour une Paix Juste au Proche Orient) et de Juifs pour la Justice pour les Palestiniens (GB) adressent un appel aux dirigeants du monde entier : aidez Israël à retrouver le chemin de la raison, d’un sens de l’humanité et d’une vie sans la peur. ‘Jewish Voice’ attend des dirigeants politiques d’Israël et du monde la garantie d’un libre passage du bateau vers Gaza, contribuant ainsi à jeter un pont vers la paix.

«Rachel-Corrie», le cargo irlandais qui défie à son tour Israël


merci jpp

PROCHE-ORIENT | A Dublin, le premier ministre Brian Cowen exige que le navire puisse décharger lundi sa cargaison humanitaire à Gaza. Il met en garde l’Etat hébreu contre toute atteinte à ses ressortissants. Parallèlement, de nouvelles flottilles s’organisent.

© AP | Le bâtiment qui vogue vers Gaza, a été baptisé «Rachel-Corrie», du nom d’une jeune activiste américaine morte il y a sept ans sur les territoires occupés, écrasée par un bulldozer militaire israélien.

Andrés Allemand | 03.06.2010 | 00:02

Rien ne les arrête. Ni le raid israélien qui a ensanglanté lundi le navire turc Mavi Marmara. Ni les nouvelles menaces proférées contre toute tentative de forcer le blocus de Gaza. A bord du cargo irlandais Rachel-Corrie, les passagers ont décidé de poursuivre leur périple à destination de Gaza. Objectif: briser le blocus et décharger 1200 tonnes d’aide humanitaire, dont du matériel médical, des chaises roulantes, des fournitures scolaires et du ciment, dont Israël interdit la livraison.

En guise d’assurance-vie, la quinzaine de volontaires irlandais et malaisiens comptent parmi eux deux personnalités de renom: Maired Corrigan-Maguire, lauréate du Prix Nobel de la paix, et Denis Halliday, ancien secrétaire général adjoint de l’ONU. Mieux, ils sont soutenus par le premier ministre irlandais Brian Cowen, qui a mis en garde hier l’Etat hébreu: «S’il arrive malheur à nos ressortissants, cela entraînera les conséquences les plus graves.» Dublin exige que le cargo soit autorisé à «terminer son voyage sans entrave et à décharger sa cargaison humanitaire à Gaza».

Pas sûr que cela impressionne l’armée israélienne. Les militants propalestiniens sont inquiets. Ce n’est sans doute pas pour rien que le Rachel-Corrie porte le nom d’une jeune activiste étasunienne morte il y a sept ans à Gaza, écrasée par un bulldozer militaire israélien.

Le cargo devait en principe faire partie de la «flottille de la liberté» prise d’assaut lundi par les commandos d’élite. Mais il est plus lent que les six autres bateaux et a été retardé par des «problèmes logistiques».

«L’armée israélienne l’a tout simplement saboté», traduit Mary Hughes, porte-parole du Mouvement Free Gaza, depuis les bureaux de Chypre. «Il a été réparé, mais il n’arrivera probablement pas avant lundi à Gaza. Nous allons faire monter à bord des médias, pour qu’ils puissent filmer en cas d’attaque.»

Sur le Rachel-Corrie, l’activiste Derek Graham prépare ses coéquipiers. C’est la septième fois qu’il fait le voyage et il a déjà été arrêté par les forces israéliennes. «Nous serons en contact radio avec la marine. Je leur dirai qu’en cas d’assaut, tous les passagers seront assis avec les mains sur la tête. Nous n’offrirons aucune résistance», a-t-il assuré à El Pais.

Une nouvelle flottille

Mais même si les Israéliens capturent le cargo irlandais, d’autres navires viendront bientôt les défier à nouveau. «Le téléphone n’arrête pas de sonner! Tout le monde veut affréter un bateau pour tenter de forcer le blocus de Gaza», assure Mary Hughes. «Nous sommes en train de mettre sur pied une autre flottille. Cette histoire ne s’arrêtera pas là.»

«L’armée israélienne peut bien montrer des vidéos, elle ne peut pas nier qu’un assaut a été donné dans les eaux internationales, hors de son territoire», martèle la porte-parole. «Des témoins affirment que des coups de feu ont été tirés avant que les soldats ne posent le pied sur le pont. Des passagers ont vu des blessés. Je peux imaginer que des volontaires, craignant pour leur vie, aient pu attaquer le commando avec ce qu’ils avaient sous la main. J’aimerais croire que je serais restée non-violente. Mais n’inversons pas les rôles: ce n’était pas eux, les agresseurs!»

Les faits du jour

Enquête internationale
Hier à Genève, le Conseil des droits de l’homme a adopté par 32 voix sur 47 une résolution approuvant la mise en place d’une «mission d’enquête internationale». Trois pays se sont prononcés contre, dont les Etats-Unis. L’Union européenne a, quant à elle, voté en ordre dispersé, la France et le Royaume-Uni ayant choisi de s’abstenir.

Militants expulsés

Critiqué de toutes parts, Israël expulsait hier des centaines de militants étrangers propalestiniens après la décision du premier ministre Benjamin Netanyahou de faire partir tous ceux arrêtés lors du raid meurtrier contre la flottille humanitaire pour Gaza.

Blessés transportés

Un premier avion transportant deux militants turcs blessés lundi dans le raid militaire israélien a quitté hier soir Israël, et d’autres avions devaient incessamment faire de même.

Israël défend le blocus

De son côté, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a défendu le maintien du blocus maritime autour de la bande de Gaza afin «d’éviter que Gaza devienne un port iranien menaçant la Méditerranée».

A. J. / AFP

source

Dernières Nouvelles Juridiques du Free Gaza Movement Envoyer Imprimer PDF


Écrit par Greta Berlin | 01 Juin 2010

DERNIÈRES NOUVELLES

1er juin 2010

Adalah (Centre Légal pour les Droits de la Minorité Arabe en Israël) va représenter les Dirigeants Politiques Arabes et l’Activiste du Free Gaza Movement, Membres de La Flottille de la Liberté pour Gaza, lors de l’Audience de Détention Aujourd’hui.

Aujourd’hui, 1er juin 2010 à 13h30, la Cour des Magistrats d’Ashkelon, Israël, va siéger lors d’une audition pour prolonger la détention de Sheikh Raed Salah, Dirigeant du Mouvement Islamique en Israël (nord), de Sheikh Hamad Abu Daabes, Dirigeant du Mouvement Islamique en Israël (sud), de Mr Muhammed Zeidan, Président du Haut Comité de Suivi des Citoyens Arabes d’Israël, et de Melle Lubna Masarwa du Free Gaza Movement et de l’Université d’Al Quds. Ces quatre personnes ont été arrêtés sur le navire Mavi Marmara, faisant parti de la Flottille de la Liberté pour Gaza qui a été attaquée par la marine israélienne hier. Les avocats Hassan Jabareen et Orna Kohn, du centre Adalah, vont les représenter

Mercredi 2 juin à 12h Schuman (Bruxelles)


COMMUNIQUE DE PRESSE

Bruxelles, 1/06/2010

Rassemblement en solidarité avec les victimes de l’attaque israélienne contre la Flottille de la Liberté et pour la levée du Blocus de Gaza

Mercredi 2 juin à 12h Schuman – Union européenne
(Rue de la Loi – entre Schuman et le parc du cinquantenaire)

L’assaut du commando israélien contre les bateaux de la Flottille de la Liberté a entrainé selon les dernières informations 19 morts et au moins 23 blessés. Il visait des embarcations civiles transportant plus de 600 personnes, dont des députés européens. Ces passagers étaient venus tenter de briser pacifiquement un blocus dont les Nations Unies exigent la levée et tentaient d’apporter à la population de Gaza des biens de première nécessité.

Il s’est déroulé dans les eaux internationales à plus de 60 kilomètres des côtes de la bande de Gaza. Il s’agit donc d’un véritable acte de guerre qui correspond à une violation grave du droit international humanitaire, voire à un crime de guerre. Il s’agit également d’une véritable provocation contre tous les pays qui avaient des ressortissants dans cette flottille.

Nous tenons d’abord à rendre hommage aux victimes qui ont perdu la vie et aux personnes blessées alors qu’elles tentaient d’exprimer leur solidarité humanitaire au peuple palestinien emprisonné à Gaza. Nous n’avons toujours aucune nouvelle des ressortissants belges qui étaient dans ces bateaux.

Nous appelons l’Union européenne à :

– tout entreprendre pour mettre fin à la rétention d’information exercée par les autorités israéliennes quant au nombre et à l’identité des victimes ;

– condamner vigoureusement cette attaque et réclamer la constitution d’une commission d’enquête sous l’égide des Nations Unies

– exiger d’Israël la mise en liberté de tous les ressortissants internationaux retenus depuis cette nuit, la restitution des bateaux arraisonnés et l’acheminement des marchandises qu’ils contenaient vers la bande de Gaza ;

– exiger d’Israël, sous peine de sanctions économiques et diplomatiques, la fin immédiate du blocus de Gaza.

Premiers signataires :

Association belgo-palestinienne WB, CNAPD, CNCD-11.11.11, Comité national d’appui belge au Tribunal Russell sur la Palestine, Comité Surveillance OTAN, Comité Verviers-Palestine, Communauté des Palestiniens de Belgique, FGTB, Génération Palestine, Intal, LCR-SAP, MIR-IRG, Mouvement Citoyen Palestine, Mouvement Ouvrier Chrétien (MOC), Union des Progressistes Juifs de Belgique, Viva Palestina friends Belgium, Vrede, …

L’État juif va-t-il imposer éternellement sa loi ?



800 navigants menacés par Israël au large de Gaza

La « Flottille de la liberté » (*) se dirige résolument vers Gaza, chargée de 800 personnes et d’une lourde cargaison : dix mille tonnes de matériel urgent. Elle est attendue à Gaza ; elle est dans son bon droit. Elle agit humainement, pacifiquement. Elle n’en est pas moins menacée par la marine israélienne.
28 mai 2010 | Thèmes : Gaza Mouvements de solidarité Droit international Rôle des médias

Un navire turc de la « Flottille de la liberté »

Le défi lancé par la flottille – avec le soutien massif de gens qui refusent de rester silencieux et inertes pendant qu’Israël enferme un million et demi de Palestiniens dans ce qu’il a transformé en un univers concentrationnaire – est intolérable pour l’État hébreu qui a pu jusqu’ici se comporter au dessus des lois sans être sanctionné.

L’armée israélienne attend la flottille sur pied de guerre. Son État-major a annoncé l’arraisonnement des navires et l’arrestation des passagers qui refusent son diktat : il exerce un chantage et exige que la flottille aille décharger son aide non pas à Gaza comme c’est son droit légitime, mais au port israélien d’Ashdod.

Cette flottille internationale – organisée à l’initiative de nombreuses ONG et financée par de très gros donateurs – incarne la conscience et le courage de gens réunis par un objectif noble qui se montrent capables de contrer la politique criminelle d’Israël, capables de faire mieux que toutes les grandes puissances, que toutes les ONG financées par ces mêmes puissances, que toutes les agences de l’ONU aux ordres de ces puissances.

Et pourtant : rien ou presque n’est dit dans la grande presse occidentale. Rien de rien depuis les jours que ces bateaux convergent vers Gaza et les semaines qu’Israël menace. Il s’agit pour nos médias de dissimuler à leur public, autant qu’il se peut, ce qu’une pareille expédition met en lumière. Notamment le fait qu’un million et demi de civils sont soumis par Israël depuis quatre ans à un blocus inhumain avec la complicité de nos gouvernements prétendument défenseurs des droits de l’homme [1].

Seuls les médias arabes et musulmans – ainsi que les nouveaux médias en général – ont donné à ce convoi humanitaire exceptionnel la couverture qu’il méritait.

Ce convoi maritime est, par son importance et son ampleur, du jamais vu. C’est une entreprise gigantesque. C’est un geste de générosité et d’humanité réalisé grâce à l’effort de milliers de personnes anonymes.

Mais la vie d’un enfant arabe, d’une population musulmane qui a voté en faveur de la résistance contre l’occupant israélien ne vaut rien pour nos journalistes islamophobes, asservis à la propagande israélienne.

On ne touche pas à Israël ! Il est de bon ton dans notre presse dite « libre » de critiquer l’Iran. Car, l’Iran est la principale cible d’Israël depuis que l’Irak est détruit. En Iran, il n’y a pas 10’000 prisonniers politiques. En terre occupée par Israël, oui. En Iran, il n’y a pas un camp de concentration qui enferme un million et demi de personnes. En terre occupée par Israël, oui. En Iran, il n’y a pas de drones et de F15 qui survolent le ciel nuit et jour et peuvent lâcher des bombes à tout instant sur des familles. A Gaza sous occupation coloniale israélienne, oui…

Une Flottille de la Liberté comprenant neuf navires, affrétés par des groupes organisés qui estiment intolérable le blocus terrestre maritime et aérien imposé par Israël, navigue depuis plusieurs jours sans qu’aucune image, aucun compte rendu, n’ait été diffusé à son public par la presse occidentale dite « libre ». Les nouveaux médias, eux, ont fait mieux.

Rien, les médias traditionnels ont ignoré jusqu’à ce jour cette flottille de navires autant qu’ils ont pu. Le très pro-israélien téléjournal de la télévision suisse romande – un service public – s’est bien gardée elle aussi de montrer, jusqu’à ce jour, des images de ce convoi qui met Israël dans l’embarras et ternit son image. Il s’agit pour nos journalistes conformistes de ne pas attirer l’attention des gens sur une réalité peu glorieuse : l’enfermement inhumain par l’occupant israélien d’un million et demi de Palestiniens dans un camp de concentration d’un autre âge.

Les participants à cette flottille et ceux qui la soutiennent sont, eux, aux avant postes d’une humanité que nos autorités, nos démocraties, nos journalistes sans éthique, piétinent sans vergogne.

Les agents de propagande israéliens ont déjà toute une batterie de déclarations prêtes à être distillées au moment de leur intervention musclée en mer pour dire que Gaza ne manque de rien, et que la flottille apporte une caution aux « terroristes » du Hamas – en vérité les autorités élues par un peuple qui est adulte.

Nous ne pouvons que signifier notre colère à nos autorités qui n’ont rien entrepris pour sortir Gaza de cette situation inique et restent silencieuses face aux menaces d’Israël ; et rappeler aux journalistes que leur silence quand des actions incriminent Israël, les rendent complices de sa continuelle barbarie.

Toute personne qui a un peu d’humanité se doit de réagir ; se doit d’envoyer des messages, des appels, aux chefs de rédaction des médias publics ; se doit de protester contre leur silence complice.

Silvia Cattori

Free Gaza : récit de Thomas Sommer-Houdeville


Voici le texte que Thomas Sommer-Houdeville, coordinateur des missions civiles, avait écrit hier soir depuis le cargo grec faisant partie de la flotille de la liberté.

Thomas a participé depuis 3 mois en Grèce à la préparation de la flottille et était venu en France pour élargir la participation, il est intervenu entre autre dans une réunion du collectif national pour présenter l’initiative.

L’occasion ici de rendre un fervent hommage à la petite délégation française composée de 7 personnes (cbsp, cvpr et ccippp).

Le dernier set

29 mai 2010 – de Thomas Sommer-Houdeville*, depuis l’un des bateaux de la flottille de Gaza

Un jour ou l’autre peut-être, quelqu’un écrira l’histoire complète de cette aventure. Il y aura beaucoup de rires, de véritables cris et quelques larmes. Mais ce que je peux dire maintenant, c’est que nous n’avions jamais imaginé que nous ferions flipper Israël comme ça. Enfin, peut-être dans certains de nos plus beaux rêves…. Tout d’abord, ils ont créé une équipe spéciale d’urgence réunissant le ministère israélien des Affaires étrangères, le commando de marine israélien et les autorités pénitentiaires pour contrer la menace existentielle que nous et nos quelques bateaux remplis d’aide humanitaire représentent.

Puis, Ehud Barak lui-même a pris le temps, malgré son agenda chargé, de nous mettre en garde à travers les médias israéliens. Ils nous annoncent maintenant qu’ils nous enverront dans la pire des prisons israéliens, dans le désert près de Beersheva.

Ce sont des annonces pour nous faire peur. Et d’une certaine façon nous avons peur. Nous avons peur de leurs navires de guerre, peur de leurs Apaches et de leur commando tout noir. Qui n’en aurait pas peur ? Nous avons peur qu’ils saisissent notre cargaison et toute l’aide médicale, les matériaux de construction, les maisons préfabriquées, les kits scolaires, et qu’ils les détruisent.

Toute cette solidarité patiemment rassemblée dans de si nombreux pays pendant plus d’un an. Tous ces efforts et cette vague d’amour et d’espoir envoyés par des gens normaux, d’humbles citoyens de Grèce, Suède, Turquie, Irlande, France, Italie, Algérie, Malaisie. Tout ceci pris comme un trophée par un État agissant comme un vulgaire pirate des îles. Qui ne sentirait pas un certain sentiment de responsabilité et de peur de ne pas être capable d’accomplir notre mission et livrer nos marchandises à la population emprisonnée de Gaza ?

Mais nous savons que la peur est aussi de l’autre côté.

Parce que depuis le début de notre coalition, l’État d’Israël fait tout ce qu’il peut pour éviter la confrontation avec nous. Depuis le début ils ont essayé de nous empêcher de partir, de regrouper nos forces et de prendre le large tous ensemble vers Gaza. Ils ont essayé de nous briser.

Leur scénario idéal était de nous diviser, les Irlandais d’un côté, les Grecs et Suédois d’un autre, les Américains d’un autre encore et les Turcs tout seuls. Bien sûr, ils savaient qu’ils ne pourraient pas mettre la pression sur la Turquie, ni agir directement là-bas. Alors ils ont concentré leurs attaques sur les parties irlandaises et grecques de notre coalition.

Le premier set a commencé il y a deux semaines quand ils ont saboté le cargo irlandais, l’obligeant à retarder son départ pour près d’une semaine. Mais, les Irlandais ont réparé aussi vite qu’ils le pouvaient et maintenant ils sont à un ou deux jours derrière nous.

Puis ils ont mis une pression énorme sur le gouvernement grec, affaibli par la crise économique, pour l’obliger à ne pas laisser partir le cargo grec et le bateau de passagers greco-suédois. A cause de ces pressions, nous avons dû retarder notre voyage deux fois et demander aux Turcs, à leurs 500 passagers et aux amis américains qui étaient prêts à partir de nous attendre. C’est ce qu’ils ont fait heureusement !

Jusqu’à la dernière minute avant leur départ de Grèce, nous ne savions pas si les deux bateaux auraient l’autorisation du gouvernement grec, mais finalement le gouvernement grec a décidé de prendre ses responsabilités en agissant comme un Etat souverain et a laissé le cargo et le bateau de passagers quitter le port du Pirée à Athènes.

Le deuxième set a eu lieu hier, dans la partie grecque de Chypre, là où nous avions négocié avec le gouvernement d’embarquer une délégation VIP de parlementaires européens et nationaux de Suède, d’Angleterre, de Grèce et de Chypre. Alors que les deux bateaux de Grèce, le bateau américain venant de Crète et les 4 bateaux turcs étaient déjà au point de rendez-vous attendant que la délégation VIP arrive et embarque à notre bord, nous avons reçu la nouvelle que notre délégation était encerclée par la police chypriote dans le port de Larnaka et interdite de bouger où que ce soit.

Chypre, un pays européen, était en train d’interdire a des parlementaires européens de se déplacer librement sur son sol, en rupture complète de toute législation et réglementations européennes !

Alors que nous commencions à négocier avec le gouvernement chypriote, nous avons clairement compris que ce changement soudain d’attitude envers nous était dicté directement par Israël. De sept heures du matin jusqu’au soir, le gouvernement de Chypre nous mentait, disant que c’était un malentendu que les VIP aient été autorisés à embarquer pour n’importe quelle direction qu’ils souhaitaient, que c’était juste une question bureaucratique à résoudre. Mais rien ne s’est passé et nos parlementaires ont été pris au piège.

Le gouvernement chypriote agissait comme un auxiliaire d’Israël et nous a fait perdre un temps crucial. Ce matin, la délégation VIP a décidé que le seul choix qui restait était d’aller au port de Formogossa dans le Nord de Chypre sous contrôle turc, et de là prendre un bateau rapide pour nous rejoindre au point de rendez-vous.

Bien sûr, parce que notre coalition est formée de Turcs et de Grecs et de Chypriotes, la Chypre du Nord qui est sous occupation turque, est une question politique très importante. Et envoyer notre délégation prendre un bateau dans le port de Formogossa, encore sous embargo des Nations Unies, est une question politique encore plus importante.

Cela aurait pu briser le dos de nos amis grecs et chypriotes de la coalition. Ce fut presque le cas. Mais c’est le contraire qui s’est révélé. Notre coalition tient toujours. C’est le parti chypriote au pouvoir qui est sur le point de se briser, et les 7 parlementaires grecs et chypriotes qui faisaient partie de la délégation et ne pouvaient pas aller au nord de Chypre sont furieux contre le gouvernement chypriote.

Un immense débat a toujours lieu en ce moment en Grèce et à Chypre sur ce qui s’est passé et sur notre flottille pour Gaza. Dans une heure ou deux, 80% de notre délégation VIP embarquera sur nos bateaux et nous partirons pour Gaza comme prévu. Donc nous pouvons dire qu’Israël a perdu les deux sets qu’il a joués.

Dans quelques heures, le dernier set, crucial, commencera quand nous entrerons dans les eaux de Gaza. Bien sûr, matériellement, il serait très facile pour Israël de nous stopper et nous arrêter, mais le coût politique qu’ils auront à payer sera énorme. Vraiment énorme, à tel point que toutes les ruses et les pièges qu’ils ont tenté de mettre sur notre route ont réussi à faire une seule chose : sensibiliser de plus en plus de gens partout dans le monde sur notre flottille et sur la situation de Gaza.

Et de tout ça, nous apprenons quelque chose : la peur n’est pas de notre côté, mais du côté d’Israël. Ils ont peur de nous parce que nous représentons la colère des gens tout autour du monde. Les gens qui sont mécontents de ce que l’État criminel d’Israël fait aux Palestiniens et à chaque amoureux de la paix qui ose prendre le parti des opprimés. Ils ont peur de nous parce qu’ils savent que, dans un proche avenir il y aura encore plus de bateaux à venir à Gaza comme il y a de plus en plus de personnes à décider de boycotter Israël chaque jour.

Thomas Sommer-Houdeville, depuis l’un des bateaux de la flottille de Gaza

* coordinateur de la campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (ccippp)

La Flottille de la Liberté et les medias


Quel est la valeur d’un mot ? En fait, elle est énorme
Jamal Elshayyal

L’histoire de la Flottille de la liberté est l’une des plus grandes démonstrations de résistance civile internationale collective, à laquelle participent 50 nationalités et plus de 30 parlementaires ; pourtant, elle est ignorée par plusieurs grands réseaux d’information internationaux.

AFP

À un moment où les médias et la désinformation sont indubitablement aussi puissants que les armées, les résultats des batailles pour les coeurs et les esprits façonnent souvent le monde dans lequel nous vivons.

Ce n’est jamais plus vrai que dans le cas de la lutte des Palestiniens pour leur libération. En tant que journaliste, je me rends compte des nuances simples qui sont souvent employées et qui touchent finalement les vies de millions de personnes. Par exemple, une « guerre » peut être décrite comme un « conflit », ou des civils « tués » dans une attaque aérienne pourraient également être désignés comme des civils qui « sont morts » dans une attaque etc.

C’est mentir que de dire que les mots ne sont que des mots.

De Mark Regev à Press TV, alors que les conseillers en communication politique et les moyens de communication décident comment réagir et rendre compte de la Flottille de la liberté dans les prochains jours, il est important de contrôler leurs mots (ou leurs silences) sous toutes les coutures.

Pour commencer, il faut se demander pourquoi une nouvelle aussi importante n’est pas reprise par plusieurs grands réseaux d’information internationaux. Il va sans dire qu’une des plus grandes démonstrations de résistance civile internationale collective, à laquelle participent 50 nationalités et plus de 30 parlementaires, et qui coûte des millions de dollars est une nouvelle digne d’être mentionnée.

Cette flottille affecte directement les vies de 1,5 millions de Gazaouis qui vivent sous siège depuis plus de 3 ans ; en fait elle affecte également les vies de beaucoup d’Israéliens qui s’accrochent à une illusion à deux faces, celle d’une colonisation démocratique. Je suis époustouflé de voir que certaines agences de presse pensent que le lancement européen du Apple’s i-Pad mérite une place plus importante dans les nouvelles.

Quand on en vient aux médias arabes, c’est la même chose. En Égypte par exemple, on ne mentionne guère que si ce n’était pour la collaboration du Caire avec Israël, le siège de Gaza n’aurait jamais réussi, et cette flottille ne serait probablement pas nécessaire.

Au lieu de cela, les journaux et les interviews télévisées, caractérisent les organisateurs de la flottille d’hypocrites parce qu’ils refusent l’offre généreuse du gouvernement égyptien d’accoster à Alarish et d’aller de là à Gaza. Et l’Égypte n’est pas la seule ; même ceux qui dans le monde arabe ont félicité les passagers à bord de la flottille de leur tentative de briser le siège israélien inhumain et illégal de Gaza, ne se demandent pas pourquoi leurs gouvernements ne font pas davantage.

Pourquoi quelques centaines d’individus ont-ils pris l’initiative de soulager un peuple assiégé, dont les pays « frères », malgré toute leur richesse et leur puissance militaire, ne feront rien ?

Dans les prochains jours, lorsque les journalistes et les politiciens se demanderont quels mots employer (ou ne pas employer) n’oublions pas qu’au-delà des mots, il y a 1,5 millions de personnes qui restent assiégées.

Défaites l’écheveau de la désinformation et vous découvrirez qu’un territoire ravagé par 23 jours de bombardements israéliens reste dévasté. Lisez entre les lignes et vous verrez que cette flottille n’est rien de plus qu’une flamme d’espoir pour ceux qui n’ont guère plus que ça. De l’espoir. Juste un mot.
source