La bande de Gaza se prépare à accueillir la plus grande flotte qui soit jamais venue rompre le blocus israélien imposé à Gaza depuis près de quatre ans.
Pêcheurs dans le port de Gaza - Photo : Ma’anImages
Il s’agit de la Flotte de la liberté, venant de Turquie et qui rassemble une dizaine de grands navires chargés de vivres, de médicaments et d’autres nécessités pour la population de Gaza.
En liaison avec ces préparatifs, le gouvernement palestinien a décidé d’agrandir le port de Gaza pour accueillir les navires, s’ils parviennent à atteindre le territoire assiégé sans restrictions ou interdictions israéliennes.
Ce seront les premiers grands navires à jeter ancre dans ce port depuis sa reconstruction.
Travaux dans le port de Gaza
Le ministère des Travaux publics, en collaboration avec celui les Transports et l’antenne locale de l’organisation d’aide turque HHI, s’est chargé de remettre en état le port de Gaza après l’agression israélienne qui l’avait détruit, dont l’espace réservé aux pêcheurs, le seul du territoire et qui ne représente aucune menace pour Israël…
Le ministre des Travaux publics, Yusuf al-Mansi, a déclaré dans un entretien avec notre correspondant que les travaux réalisés par son ministère consistent à faire en sorte que la remise en état du port soit terminée dans un temps donné, en particulier parce que s’approche le rendez-vous avec la Flotte de la liberté qui viendra de Turquie le mois prochain.
Il a en fait été convenu que la flotte arriverait à Gaza le 24 mai prochain. Elle comprendra trois grands cargos et huit autres navires chargés de l’aide pour le peuple assiégé de Gaza.
Le dernier acte de piraterie d’Israël en haute mer – la saisie d’un bateau d’aide à destination de Gaza et le kidnapping de son équipage – met en évidence la complicité du gouvernement britannique, qui toujours mène un combat d’arrière-garde pour le compte d’Israël, écrit Stuart Littlewood.
»]
Le mardi 30 Juin [2009], la marine israélienne, dans un acte flagrant de piraterie en haute mer, a agressé le navire Spirit of Humanity et enlevé six ressortissants britanniques qui avaient pris part à un voyage d’assistance. Le petit navire désarmé amenait une cargaison de médicaments, de jouets pour les enfants et de matériaux de reconstruction, le tout destiné à la population sinistrée de Gaza.
L’offensive israélienne meurtrière de 22 jours en décembre 2008 et janvier 2009 a laissé plus de 50 000 habitations, 800 propriétés industrielles, 200 écoles, 39 mosquées et deux églises endommagées ou détruites. Le Comité International de la Croix-Rouge affirme que les 1,5 million de Palestiniens qui vivent à Gaza sont « pris au piège du désespoir », incapables de reconstruire leur vie parce qu’Israël, après avoir détruit avec jubilation la société civile et les infrastructures, bloque tout effort pour acheminer les matériaux nécessaires à la reconstruction.
[Istanbul, Turquie] Aujourd’hui le mouvement Free Gaza et la Fondation turque de secours (IHH) ont annoncé une opération conjointe : 10 bateaux seront envoyés au printemps de 2010 vers la bande assiégée de Gaza. Des organisations de Grèce, Irlande et Suède ont également promis d’envoyer des bateaux qui se joindront à la flottille du mouvement Free Gaza et de la Turquie.
M. Bulent Yildirim, président de IHH, a déclaré « nous partons au printemps à Gaza et notre dernier port sera la liberté ; liberté pour 1,5 millions de Palestiniens auxquels on refuse le droit de reconstruire leur société. Nous n’arrêterons nos voyages que lorsqu’Israël aura levé son siège ».
Deux cargos feront partie de la flottille, l’un donné par la Fondation malaisienne Perdana et le second, un don de IHH. Les deux seront chargés de matériaux de construction, de générateurs et de matériel éducatif dont l’entrée à Gaza est interdite par Israël depuis son attaque brutale contre la population civile il y a un an. À bord des nombreux bateaux de passagers escortant les cargos, se trouveront des parlementaires du monde entier ainsi que de journalistes et des militants des droits humains connus.
Selon la présidente du mouvement Free Gaza, Huwaida Arraf, « le blocus illégal de Gaza et l’intransigeance continue d’Israël sont un pied de nez au droit international. Si nos gouvernements ne prennent pas position pour mettre fin à la persécution par Israël de la population palestinienne, la société civile mondiale le fera.
Le mouvement Free Gaza, groupe de défense des droits humains, a envoyé deux bateaux à Gaza en août 2008. Ce fut la première fois en 41 ans que des bateaux internationaux arrivèrent à Gaza. Depuis, il y eu sept autres voyages avec des parlementaires, des militants des droits humains et d’autres dignitaires partis pour être témoins des conséquences entraînées par les politiques israéliennes draconiennes contre les civils de Gaza. Les trois derniers voyages ont été illégalement arrêtés par la marine israélienne : en décembre 2008, elle a éperonné le DIGNITY dans les eaux internationales ; elle a arrêté le SPIRIT OF HUMANITY dans sa course en menaçant de tuer tous les passagers, et l’a détourné le 1er juillet 2009 en enlevant les passagers et en les jetant en prison pendant une semaine.
Depuis 1992, la Fondation turque de secours (IHH) a fourni une assistance humanitaire aux civils victimes de guerre ou de désastres naturels dans le monde entier. L’un des principaux objectifs de l’IHH est de prendre les mesures nécessaires pour prévenir toute violation des libertés et des droits civils fondamentaux. L’IHH fournit une aide pour que les sociétés puissent reprendre leur vie quotidienne et retrouver leur indépendance, tout en renforçant le leadership et les institutions des communautés qui sont devenues tributaires de l’assistance.
Il y a un an, 44 d’entre nous ont vu se profiler au loin la côte de Gaza, après 30 heures de traversée en Méditerranée. Nous jubilions. Nous étions arrivés à Gaza. Nous étions effectivement arrivés à Gaza. Nous étions vraiment, vraiment arrivés à Gaza.
Nous étions ARRIVES A GAZA.
Au loin, on aurait dit que des stalagmites avaient poussé dans le paysage. Partout : dans le sable, sur les quais et les rochers, il y avait des gens. Des milliers de Palestiniens nous accueillaient, à coups de sifflets, de cris, faisaient des high five entre eux. D’abord, seul un petit bateau est venu nous saluer. Ensuite, autour de nos deux petits bateaux de pêche fourmillèrent toutes sortes d’embarcations ; des gamins ont sauté à l’eau pour attraper les ballons que nous avions gonflés, les fourraient dans leurs chemises et les attachaient à leur petit bateau. Sur les ballons, l’inscription FREE PALESTINE était entourée d’une colombe et d’une branche d’olivier. Les couleurs étaient celles du drapeau palestinien… blanc, rouge, vert et noir. Une fois que nous avons vu le rivage, nous avons commencé à gonfler les ballons, et les avons fait tomber sur le pont des bateaux, petit tas de couleurs bondissantes prêtes à être libérées.
Sur le flanc de nos bateaux, des bannières en anglais et en arabe disaient… WE ARE COMING (nous arrivons) et END THE OCCUPATION (arrêtez l’occupation).
Nous sommes entrés dans le port avec 17 drapeaux nationaux flottant aux cordages et tout en haut le drapeau palestinien. Des pêcheurs ont grimpé dans nos bateaux pour essayer de nous serrer la main et de nous serrer contre eux. À un moment donné, nous avons craint que nos bateaux ne chavirent et nous jettent tous à l’eau, mais comme ledisaient nos partenaires grecs, ces bateaux sont solides même s’ils ne sont pas jolis.
Notre mal de mer disparut. Notre crainte d’être arrêtés par la marine israélienne s’était évanouie. Pour la plupart, nous n’avions pas dormi et cela nous étaient maintenant égal. Certaines des femmes ont essayé de se peigner les cheveux et de se mettre du rouge à lèvres ; elles se sont ensuite rendu compte que personne ne se souciait de leur aspect hâve et crasseux.
Nous étions arrivés.
Les Palestiniens de Gaza étaient au comble de la joie de nous voir. Cela faisait trois semaines qu’ils nous attendaient. Cela faisait 41 ans qu’ils attendaient une visite d’internationaux. Et ils avaient attendu 60 ans pour que des Palestiniens retournent à Gaza sans passer par les postes de contrôle, les services d’immigration et subir des humiliations de la part des autorités israéliennes et égyptiennes.
On a beaucoup parlé depuis un an de notre opiniâtreté et de notre volonté d’arriver à cette petite enclave que le blocus draconien d’Israël a coupée du reste du monde. Nous ne pensions à rien de tout ça ce jour-là. Pour nous tous, Palestiniens et internationaux, le 23 août 2008 restera un jour inoubliable. Quand nous nous sentons découragés nous revenons à ce souvenir.
Quand nos bateaux ont été éperonnés par la marine israélienne nous avons pensé à cette journée. Quand les Israéliens ont détourné notre bateau, kidnappé nos passagers et les ont jetés en prison, nous étions plus décidés que jamais à continuer nos missions.
Nous retournerons. Nous reviendrons. Nous n’oublierons jamais.
En anglais et en grec. Très bon film si on oublie qu’à la base, il y avait quatre femmes dont il n’est absolument pas question. Les Grecs sont arrivés deux ans après, en 2008. Cela mis à part (si on peut dire), bon film. La suite demain.
Il y a un an, le premier bateau de solidarité accostait à Gaza. Greta Berlin ne compte pas en rester là.
Un sacré caractère. Coriace et tenace. Avec une poignée d’amis, Greta Berlin, une Californienne sexagénaire, a lancé l’idée en 2006 d’envoyer des bateaux à Gaza. Pour briser le siège israélien, pour montrer la solidarité de citoyens du monde entier envers la population palestinienne de ce minuscule territoire.
Mais la mise en pratique du projet s’avéra bien malaisée. Il fallut d’abord trouver l’argent. À partir de rien. Appels, meetings, interviews et, bien sûr, internet (1) ont fini par générer un petit pactole. Des donations individuelles. Vingt mille dollars pour la plus généreuse, un dollar et demi, d’un habitant de Birmanie, pour la plus modeste.
Certains moments furent difficiles : un ami libano-américain très dynamique, Riad Hamad, s’était fort investi dans le projet mais finit par se suicider pour mettre fin au harcèlement policier dont sa fille médecin à San Francisco était l’objet en raison des activités de son père. « Nous étions en avril 2008, et avec cette enquête policière et sa mort, nous avons tout perdu, confie-t-elle. Nous avons dû tout reprendre à zéro. »
Où est Obama ? Où sont nos dirigeants qui montent si rapidement au créneau quand il s’agit de dénoncer l’Iran ou la burqa, mais qui se fichent royalement de toutes les violations des droits de l’homme et du droit humanitaire par Israël ? Empêcher une population étranglée d’accueillir un bateau qui contient des jouets pour enfants, du matériel médical et du ciment pour reconstruire les maisons démolies par les bombardements israéliens, quelle belle leçon de démocratie !
L’armée israélienne a attaqué le bateau « The Spirit of Humanity » à 23 miles des côtes de Gaza, cet après-midi, kidnappant les 21 passagers de 11 pays différents à bord, les conduisant de force en israël, et confisquant les médicaments, les jouets et les oliviers transportés par le bateau.
Tout cela avec la bénédiction de nos gouvernants, qui n’ont pas bronché et qui redérouleront le tapis rouge aux criminels de guerre, à la première occasion.
Et pendant ce temps la population de Gaza meurt à petit feu, sans abri, parce qu’Israel, refuse de laisser entrer du ciment pour reconstruire les maisons que son armée a détruites pendant les massacres de l’hiver dernier, vit avec des écoles démolies, et avec des hôpitaux en rupture de stocks de médicaments essentiels.
Tout le monde sait pertinemment que la « sécurité » d’israël n’est pas en jeu. Le bateau a été dûment fouillé à Larnaca, tous ses passagers— parmi lesquels un prix Nobel de la Paix— sont connus des autorités israéliennes, et à aucun moment le bateau des défenseurs des droits de l’homme ne s’est approché des eaux israéliennes.
Alors ?
Alors, Israël fait monter la tension, accumule la haine et espère que celle-ci se traduira par des violences lui permettant d’affecter une fois de plus d’être la victime.