Le droit à « l’autodéfense d’Israël » : une énorme victoire de la propagande


22 novembre 2012 –

Un Palestinien porte le cadavre d’un enfant hors des décombres, après qu’un missile israélien ait frappé une maison, tuant au moins sept membres d’une même famille dans la ville de Gaza – 18 novembre 2012   

En soutenant l’offensive israélienne contre Gaza, les dirigeants occidentaux ont donné carte blanche aux Israéliens pour faire ce qu’ils font le mieux : se vautrer dans leur sentiment de victimisation et ignorer la souffrance palestinienne.

L’une des victoires formidables de la propagande israélienne est d’avoir été accepté comme une victime des Palestiniens, à la fois aux yeux du public israélien et dans le regard des dirigeants occidentaux qui s’empressent de parler du droit des Israéliens à se défendre eux-mêmes. La propagande est tellement efficace que seules les roquettes palestiniennes dans le sud d’Israël, et à présent à Tel Aviv, sont comptées dans la série des hostilités. Les roquettes, l’atteinte au saint des saints – une jeep militaire – sont toujours vues comme un point de départ; avec la terrifiante sirène qui semble sortie d’une film sur la Deuxième Guerre Mondiale, elles construisent le méta-récit de la victime, intitulé « se défendre soi-même.

Chaque jour, en fait à chaque instant, ce méta-récit permet à Israël d’ajouter un autre maillon à la chaîne de dépossession d’une nation, chaîne aussi vieille que l’Etat lui-même, tout en réussissant à dissimuler le fait qu’un fil sans discontinuité se déroule depuis le refus en 1948 d’autoriser les réfugiés palestiniens à retourner dans leurs maisons, l’expulsion au début des années ’50 des bédouins du désert du Néguev, l’expulsion actuelle des bédouins de la vallée du Jourdain, les fermes pour Juifs dans le Néguev, la discrimination dans les budgets en Israël et les tirs sur les pêcheurs gazaouis pour les empêcher de gagner décemment leur vie. Des millions de fils comme ceux-là relient 1948 au présent. Ils sont le tissu de la vie pour la nation palestinienne, si divisée soit-elle en poches isolées. Ils sont le tissu de l’existence de citoyens palestiniens d’Israël et de ceux qui vivent dans leur pays d’exil.

Mais ces menaces ne sont pas tout le tissu de la vie. La résistance aux fils que nous, Israéliens tissons inlassablement fait aussi partie du tissu de vie pour les Palestiniens. Le mot résistance a été avili pour finir par signifier la compétition très virile pour voir lequel des missile explosera le plus loin, (compétition entre organisations palestiniennes, et entre elles et l’armée israélienne). Ce qui n’infirme pas le fait que par essence, la résistance à l’injustice inhérente à la domination israélienne est une partie inséparable de la vie pour chacun des Palestiniens.

Les ministères étrangers et internationaux du Développement en Occident et aux Etats-Unis collaborent sciemment avec les représentations mensongères d’Israël comme victime, ne serait-ce que parce que chaque semaine ils reçoivent les rapports de leurs représentants en Cisjordanie et dans la bande de Gaza concernant les maillons supplémentaires qu’Israël a ajoutés à la chaîne, ou parce que l’argent de leurs propres contribuables va compenser quelques-uns des désastres humanitaires, grands et petits, infligés par Israël.

Le 8 novembre, deux jours avant l’attaque du saint des saints – des soldats dans une jeep militaire – ils auraient pu lire que des soldats des Forces de Défense Israéliennes (FDI) ont tué Ahmad Abou Daqqa, 13 ans, qui jouait au foot avec ses amis dans le village d’Abassan, à l’est de Khan Younis. Les soldats se trouvaient à 1,5 km des gamins, dans le secteur de la bande de Gaza, occupés à « exposer » (l’euphémisme pour détruire) des terres agricoles. Alors, pourquoi le décompte de l’agression ne débuterait-il pas par un enfant ? Le 10 novembre, après l’attaque de la jeep, les FDI ont encore tué 4 civils âgés de 16 à 19 ans.

Ils se complaisent dans l’ignorance

Les dirigeants occidentaux auraient dû savoir qu’avant l’exercice des FDI la semaine dernière dans la Vallée du Jourdain, des dizaines de familles bédouines ont dû évacuer leurs maisons. Comme c’est extraordinaire que l’entraînement des FDI ait toujours lieu là où vivent des bédouins, et pas des colons israéliens, et que cela constitue une raison de les expulser. Une autre raison. Une autre expulsion. Les dirigeants de l’Occident devraient aussi avoir su, en se basant sur les rapports sur papier polychrome financés par leurs pays, que depuis le début de 2012 Israël a détruit 569 immeubles et structures palestiniens, dont des puits et 178 résidences. En tout, 1014 personnes ont été affectées par ces démolitions.

Nous n’avons pas entendu des masses d’habitants de Tel Aviv et du sud avertir les intendants de l’Etat sur les ramifications de cette destruction contre la population civile. Les Israéliens se complaisent dans leur ignorance. Ces informations et d’autres du même genre sont accessibles et disponibles pour qui est vraiment intéressé. Mais les Israéliens choisissent de ne pas savoir. Cette ignorance délibérée est la première pierre de fondation dans la construction du sens israélien de la victimisation. Mais l’ignorance c’est l’ignorance. Le fait que les Israéliens ne veulent pas savoir ce qu’ils font en tant que puissance occupante n’annule ni leurs actes ni la résistance palestinienne.

En 1993, les Palestiniens ont donné à Israël un cadeau, une opportunité en or de couper les fils reliant 1948 au présent, d’abandonner les caractéristiques de dépossession coloniale du pays, et en même temps de prévoir un futur différent pour les deux peuples de la région. La génération d’Oslo qui a accepté les Accords d’Oslo (pleins de pièges disposés par de judicieux juristes israéliens) est la génération qui devait connaître une société israélienne à multiples facettes, voire normale parce que l’occupation de 1967 le permettait (dans le but de fournir des travailleurs bon marché), une liberté de mouvement presque totale. Les Palestiniens ont accepté un accord basé sur le minimum de leurs exigences. Un des piliers de ces exigences minimum était de traiter la bande de Gaza et la Cisjordanie comme une entité territoriale unique.

Mais dès que l’application d’Oslo a commencé, Israël a systématiquement fait tout ce qu’il pouvait pour faire de Gaza une entité séparée, déconnectée, dans son obstination à maintenir les fils de 1948 et à les étendre. Depuis l’avènement du Hamas, il a tout fait pour sauvegarder l’impression que le Hamas préfère – que la bande de Gaza est une entité politique séparée où il n’y a pas d’occupation. Si c’est ainsi, pourquoi ne pas voir les choses comme ceci: en tant qu’entité politique séparée, toute incursion dans le territoire de Gaza est une violation de sa souveraineté, et c’est ce qu’Israël fait tout le temps. Le gouvernement de l’état de Gaza n’a -t-il pas le droit de répondre, de dissuader ou au moins le droit viril – jumeau de droit viril des FDI – de terroriser les Israéliens tout comme Israël terrorise les Palestiniens ?

Mais Gaza n’est pas un état. Gaza est sous occupation israélienne, en dépit de toutes les acrobaties verbales tant du Hamas que d’Israël. Les Palestiniens qui y vivent font partie d’un peuple dont l’ADN contient la résistance à l’oppression.

En Cisjordanie, des activistes palestiniens tentent de développer un type de résistance différent de la résistance armée virile. Mais les FDI écrasent toute résistance populaire avec zèle et détermination. Nous n’avons pas entendu les habitants de Tel Aviv et du sud se plaindre de l’équilibre de la dissuasion que les FDI construisent contre la population civile israélienne.

Et c’est ainsi qu’Israël fournit à toujours plus de jeunes Palestiniens, pour qui Israël est une société anormale de militaires et de colons, les raisons de conclure que la seule résistance rationnelle est le sang versé et le contre-terrorisme. Et c’est ainsi que chaque maillon israélien d’oppression et chaque mépris de l’existence de l’oppression nous entraînent davantage sur la pente de la compétition masculine.

* Amira Hass est la fille de deux survivants de l’Holocauste. Fait unique pour une journaliste israélienne chargée de la situation en Palestine, elle a choisi de vivre en Cisjordanie et à Gaza, d’où elle publie ses reportages. Ses comptes-rendus d’événements et d’opinions qui vont à contre-courant des positions officielles à la fois israéliennes et palestiniennes l’exposent régulièrement à des attaques verbales et à l’opposition des deux autorités.

Source : Haaretz

source traduction : Marie Meert : info-palestine.net

 

Israël détruit Gaza, Gaza s’attache à la vie


Ziad Medoukh

Huit jours de destruction massive par l’armée israélienne dans la bande de Gaza : maisons, immeubles, bâtiments, écoles, centres médicaux, centres commerciaux, mosquées, stades, routes, infrastructures civiles, agences de presse, bureaux, usines et marchés publics.

Des centaines de martyrs et des milliers de blessés en majorité des civils sont tombés suite à des bombardements aveugles de l’avion militaire et de la marine israéliennes.

Dès le premier jour de cette offensive contre la bande de Gaza, on voyait que le véritable objectif israélien était de briser la volonté remarquable de cette population civile qui est toujours là, qui n’est partie en dépit de toutes les difficultés sur place.

Israël se venge de cette population civile gazaouite confiante malgré un blocus inhumain imposé par les forces de l’occupation et malgré les conséquences de la dernière guerre israélienne contre Gaza en 2009.

Un responsable militaire israélien a déclaré qu’il allait faire revenir Gaza à l’âge de pierres !

En bombardant les écoles, Israël veut priver nos enfants d’écoles, car il a peur d’une génération palestinienne instruite.

En détruisant les maisons et les immeubles, Israël veut laisser les Palestiniens dans la rue sans abri ni refuge. Il veut que les Palestiniens reviennent aux tentes.

En attaquant les stades et les lieux de loisirs, Israël veut priver nos enfants et nos jeunes de jeux et de sport.

En visant les routes et les ponts, Israël veut piser la bande de Gaza en plusieurs régions, et ainsi empêcher les habitants de circuler librement.

Malgré tous ses moyens militaires et malgré le soutien des Etats-Unis et de l’Europe, Israël n’a réalisé aucun objectif de ses attaques.

Les habitants de Gaza continuent d’aller aux marchés tous les matins en dépit des raids israéliens intensifs.

Quand il y a un bombardement dans leur quartier, les citoyens de Gaza sortent pour venir en aide aux victimes. Malgré les risques et les dangers de mort, ils font preuve d’une solidarité exemplaire, ne se cachent pas dans des abris et devant une telle situation, ne restent pas chez eux

Malgré les massacres, les crimes israéliens, les Palestiniens de Gaza sont toujours attachés à leur terre, le passage de Rafah est ouvert, on voit des gens qui venant de l’extérieur vers Gaza et pas le contraire.

Nos enfants continuent de jouer le ballon, même devant les ruines de leurs maisons détruites.

Notre message aux Israéliens est claire : malgré toutes ces destructions terribles causées par vos bombardements aveugles, nous allons de nouveau reconstruire Gaza et la rendre vivante, attirante, en faire une ville d’avenir pour nos enfants.

Israël détruit Gaza, mais Gaza s’attache à la terre, à la paix, à l’espoir et à la vie.

Pour Gaza, prochaines manifestations


 

Vendredi 23/11 Rassemblement place Poelaert (au lieu de la Bourse annulé pour cause de Marché de Noël) , de 16h30 à 18h.

 

Samedi 24/11 Rassemblement national place Flagey – Bruxelles à partir de 15h30 .

Ces rassemblements sont organisés par une plate-forme d’associations, d’ONG et de syndicats représentant des citoyens d’origines diverses. Les organisateurs se sont unis par la volonté commune de promouvoir des valeurs de justice et de paix et refuseront toute forme de racisme pendant ces rassemblements.

Gaza et Israël : rien que des victimes ?


Baudouin Loos

On saluera d’emblée le cessez-le-feu survenu hier soir au Proche-Orient. Puisse-t-il perdurer. La journée avait pourtant bien mal commencé. L’attentat à la bombe qui a fait de nombreux blessés dans un bus à Tel-Aviv – une méthode inacceptable – confortait une posture que les autorités israéliennes s’efforcent d’adopter au nom d’Israël avec succès au niveau des gouvernements occidentaux : celle de victime du terrorisme palestinien. Israël est la victime.

L’argument que les diplomates israéliens sont chargés de faire valoir tient en une question de logique : quel pays accepterait d’être la cible de roquettes de son voisin ? La Belgique laisserait-elle les Hollandais tirer des roquettes vers ses civils sans réagir ? Les diplomaties des pays occidentaux qui se sont empressées de proclamer le droit à Israël de se défendre ont perdu une nouvelle occasion de réfléchir à la question en profondeur.

Car tout se passerait alors comme si la violence palestinienne résultait d’un jusqu’au-boutisme borné de Palestiniens qui n’accepteront jamais l’existence d’Israël. Et d’ailleurs, rappelle-t-on en Israël, Gaza a été évacuée de ses soldats et colons israéliens en 2005, tandis que les Palestiniens répondent depuis lors avec des roquettes.

Ce discours israélien ne correspond pas à la réalité. La réalité est celle d’une bande de Gaza sous blocus, où 80 % de la population, ce 1,5 million de gens dont trois quarts de réfugiés, dépendent de l’aide alimentaire. Même la pusillanime Union européenne demande depuis des années à Israël de cesser son siège.

Que vaut la vie d’un Palestinien ? Combien sont morts depuis moins d’une semaine ? Toute forme de résistance qui s’en prend aux civils de l’autre camp constitue un crime de guerre, y compris par l’usage de roquettes. Mais les bombes israéliennes, bien plus meurtrières, comment faut-il alors les qualifier ?

L’errance des Palestiniens ressemble à une dépossession sans fin. Ils ont dû partir et tout perdre en 1948, puis en 1967. Mais cela continue. Les colonies israéliennes croissent encore dans les territoires occupés en 2012, année qui a déjà vu 180 maisons palestiniennes abattues.

Les choses ne sont pas si simples, bien sûr. On a parlé de certaines méthodes palestiniennes repoussantes et les exécutions sommaires de « collaborateurs » à Gaza en font partie. Mais les toutes-puissantes autorités israéliennes n’offrent aucun espoir aux Palestiniens, que le droit international soutient pourtant. La communauté internationale devrait s’en souvenir.

Gaza: l’offensive de trop? Par Jean-François Legrain


Par Georges Malbrunot le 21 novembre 2012 22h32 | Réagir

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Alors qu’Israël et le Hamas viennent de conclure une trêve sous les auspices de l’Egypte, Jean-François Legrain, un des meilleurs spécialistes français du Hamas (chercheur au CNRS/IREMAM Institut de Recherches et d’Etudes sur le Monde Arabe et Musulman) nous explique pourquoi en cherchant, une fois de plus, à radicaliser ses adversaires à travers sa dernière offensive militaire dans la bande de Gaza, l’Etat hébreu s’est sans doute trompé, négligeant de voir l’impact des changements intervenus depuis deux ans sur la scène arabe et surtout en oubliant de prendre en compte la normalisation internationale naissante du Hamas.

Aujourd’hui comme hier, tout porte à croire qu’Israël mise sur la radicalisation de ses adversaires pour susciter et conforter le soutien international quasi inconditionnel dont il jouit depuis de nombreuses années. Quand l’alignement des politiques de la communauté internationale sur les siennes manifeste quelques signes d’effritement (aujourd’hui sur le dossier iranien, la normalisation de l’Autorité de Gaza et l’octroi à la Palestine d’un statut d’Etat non membre de l’ONU), le maintien du bas niveau de violence auquel participent activement ses adversaires palestiniens devient un piège d’où il s’extrait par des provocations, afin de ressouder ses alliances au nom de « la lutte contre le terrorisme ». Faute d’avoir pris en compte les changements induits par les printemps arabes, cependant, Israël risque cette fois plus de perdre que de gagner, au moins au niveau régional.

La liste de ce genre de provocations israéliennes est longue. Ainsi, en août 2003, l’armée avait assassiné Ismaïl Abou Chanab, quelques semaines seulement après la mise en place unilatérale de la trêve dont il avait été le maître d’œuvre au nom du Hamas. Son élimination avait alors été justifiée officiellement en termes de représailles pour un attentat mené par le Jihad islamique, qui avait d’ailleurs refusé de s’associer à cette trêve. Jusque-là observée, la trêve sombra.

En juin 2006, la reprise des hostilités par le Hamas et la capture du soldat Shalit, après 15 mois d’accalmie (tahdiyya) elle aussi respectée, avait été décidée à la suite d' »éliminations ciblées » : en mars Abou Yousuf al-Qouqa, l’un des dirigeants des Comités de résistance populaire de Gaza, avait été tué comme, en juin, Jamal Abou Samhadana (à l’origine membre de Fatah, il venait d’être chargé par le cabinet palestinien dirigé par Ismaïl Haniyyeh d’intégrer dans les forces de sécurité officielles de l’Autorité palestinienne des contingents islamistes jusque là plus ou moins incontrôlés).

En novembre 2008, enfin, l’opération israélienne qui s’était traduite par la mort de 6 partisans du Hamas à l’intérieur même de la bande de Gaza avait fourni le catalyseur qui devait mener à l’explosion de la fin décembre avec le non-renouvellement de la trêve en vigueur depuis le mois de juin suivi des « représailles » de l’opération « Plomb durci ». Ainsi, la communauté internationale n’a-t-elle jamais eu l’occasion de reconsidérer son absence de tout engagement à régler le conflit israélo-palestinien.

L’élimination d’Ahmad Jaabari –et sa mise en scène « live » sur youtube – semble bien procéder de cette même logique d’incitation à la radicalisation. En charge de l’aile militaire du Hamas dans la bande de Gaza, c’est lui qui, début 2009, avait négocié la nouvelle trêve, et était chargé de sa préservation. A ce titre, un célèbre analyste israélien le qualifia même de « subcontractor » (sous traitant) d’Israël. C’est également lui qui avait récupéré le soldat Shalit d’auprès du groupe salafiste qui l’avait fait prisonnier pour ensuite en assurer la sécurité et négocier sa libération au mieux des intérêts palestiniens.

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Cette trêve, pour le Hamas, comme à chaque fois constitue une nécessité mais aussi un risque. Mouvement de socialisation religieuse venu tardivement au politique, il n’a jamais fait de la lutte armée l’instrument de la libération nationale. Durant les deux Intifada, il avait ainsi pratiqué la violence dans une logique du talion version islamique.

Depuis son accession aux affaires par la voie des urnes en 2006, et tout particulièrement depuis 2007 et sa prise de contrôle exclusif de la bande de Gaza, il n’a eu de cesse de garantir, tant bien que mal, un bas niveau de violence aux frontières de l’Etat hébreu. Il se montrait, par là, conscient de la réalité du rapport des forces en présence mais également des responsabilités induites par la prise en charge du quotidien d’un million et demi de citoyens soumis à un implacable blocus. Une telle politique, cependant, se voyait périodiquement mise à mal par ses contempteurs salafistes et ses alliés-concurrents du Jihad islamique comme par l’opposant marxiste Front populaire.

L’immense majorité des opérations militaires antérieures à l’élimination de Jaabari avait ainsi été le fait de ces groupes non contrôlés par le Hamas. L’aile militaire de ce dernier, sous la houlette d’Ahmed Jaabari, se voyait dès lors laissé une marge de manœuvre des plus réduite, d’ailleurs insuffisante aux yeux de certains pour laver le mouvement de toute accusation de collaboration avec l’occupant israélien. Son assassinat ne pouvait que réactiver la violence, même si le Hamas, selon toute probabilité, reviendra à sa mesure traditionnelle.

A la différence des tenants de la condamnation rituelle du « terrorisme palestinien », bien des observateurs, israéliens ou autres, attribuent la responsabilité de l’escalade de violence actuelle au Premier ministre israélien. Il s’agirait, selon eux, d’une manœuvre électorale en vue de l’élection de la nouvelle Knesset qui se tiendra en janvier. Cette approche est sans doute juste.

Elle me semble, cependant, partielle sinon partiale en exonérant l’opposition à Benjamin Netanyahu de toute responsabilité. En effet, elle occulte le fait que le refus de voir la revendication nationale palestinienne se matérialiser est partagé par l’immense majorité de la population juive israélienne, et que ce refus a été mis en pratique par les gouvernements israéliens successifs, de droite comme de gauche. Ainsi, au-delà du calendrier électoral, la nécessité de réactiver le front gazaoui relève de la gestion israélienne traditionnelle du dossier palestinien sur la scène internationale : au nom de « la lutte contre le terrorisme » redynamiser un soutien qui venait à faiblir sur un certain nombre de dossiers.

Sur l’Iran, Netanyahu avait échoué à convaincre le président américain de lancer une attaque, seul ou à ses côtés, pour conserver l’exclusivité nucléaire dans la région. Il se voit réimposer Barak Obama, réélu à la Maison blanche, comme interlocuteur. Concernant Gaza, les quelques allégements acceptés depuis 2009 n’avaient pas fondamentalement remis en cause le blocus économique pas plus que ne l’ont fait, jusqu’à ce jour tout au moins, la révolution égyptienne et l’élection d’un Frère musulman à la présidence de la République. La visite le mois dernier à Gaza de l’émir du Qatar présente, en revanche, un danger d’exemplarité : briser le « blocus » politique international du Hamas. La démarche du président Mahmoud Abbas, annoncée pour le 29 novembre, en vue d’obtenir aux Nations-unies un statut d’Etat non-membre, enfin, a toutes chances d’obtenir satisfaction. Même dépourvu de toute incidence sur une souveraineté rendue chaque jour plus improbable par la colonisation, ce nouveau statut pourrait néanmoins être utilisé par les Palestiniens pour obtenir de nouvelles latitudes sur la scène internationale.

Dans ce contexte, le Hamas n’avait aucune raison de rompre avec sa politique de retenue. A. Jaabari était d’ailleurs sur le point de finaliser un accord de trêve à long terme, comme vient de le révéler un médiateur israélien. Depuis longtemps, le mouvement avait clamé sa déconnection de la question nucléaire iranienne et affichait le plus grand dédain pour la démarche à l’ONU. Préoccupé par les conséquences du blocus économique de Gaza, il concentrait ses efforts sur sa levée, via une normalisation politique.

Inscrite dans la continuité de sa politique de ces dernières années, la nouvelle incitation israélienne à la radicalisation palestinienne risque cette fois, de connaître des effets limités voire contre-productifs, printemps arabes obligent. Par leur volonté de présence sur le terrain, Arabes et Turcs ont ainsi accéléré la normalisation internationale naissante du Hamas. Trop habitué à un équilibre régional figé par les ex-dictateurs arabes, Israël aura peut-être fait cette fois preuve de courte vue.

(Crédit photo: AFP)

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Terrorisme israélien – [Photos] Au plus fort des bombardements, Gaza enterre ses enfants assassinés


20 novembre 2012 – Source : The Electronic Intifada– Traduction : Claude Zurbach  
Les personnes en deuil se rassemblent autour des corps de la famille al-Dalu, lors de leur enterrement dans la ville de Gaza, le 19 novembre – Photo : Majdi Fathi/APA images
  
Le sixième jour des attaques israéliennes sur Gaza, 33 Palestiniens ont été assassinés. La campagne militaire de l’occupant a jusqu’ici coûté la vie à 117 personnes, selon l’Agence de Nouvelles Ma’an. Au moins 20 des tués sont de tout jeunes enfants.

Dans la dernière attaque, deux garçons jumeaux âgés de 4 ans, Suhaib et Muhammad, ont été tués instantanément lorsque leur maison dans la ville du nord de la bande de Gaza de Beit Lahiya a été touchée par un raid aérien israélien. Leurs parents Fouad Hijazi et Amna Hijazi sont morts à l’hôpital. Dix-huit personnes ont été blessées dans l’attaque.

Aucun cessez-le feu n’a encore été conclu, alors que Israël a continué à pilonner Gaza la nuit de lundi,. Trois civils israéliens ont été tués par une roquette tirée depuis Gaza et qui a frappé un immeuble d’appartements à Kiryat Malachi la semaine dernière. Ce sont les seuls décès en Israël.

Israël a amassé des forces terrestres le long de sa frontière avec la bande de Gaza et a menacé de l’envahir.

Les forces israéliennes ont pris pour cible à la fois le dimanche et le lundi, les bâtiments abritant les journalistes. L’opérateur du Jihad islamique, Ramiz Harb et Salem Bulus Swelim, âgé de 53 ans, ont été tués dans l’attaque d’aujourd’hui. Huit personnes ont été blessées, hier, quand un missile israélien a frappé un autre bâtiment de la ville de Gaza,. Un caméraman a été amputé d’une jambe. Un porte-parole israélien a admis que l’armée savait que le bâtiment abritait des journalistes.

Ce dimanche, 12 civils palestiniens, dont 10 membres de la famille al-Dalu, ont été massacrés dans un raid aérien israélien qui a totalement rasé une maison de trois étages dans la ville de Gaza. Parmi les victimes figurent quatre enfants. Les quipes de sauvetage ont recherché les restes de deux adolescents de la famille al-Dalu ce lundi.

Pendant ce temps, en Cisjordanie, des centaines de manifestants ont été blessés, plusieurs d’entre eux étant dans un état critique. Israël réprime violemment les manifestations contre les attaques de Gaza. Aujourd’hui, 2Rushdi Tamimi, âgé de 28 ans, est mort dans un hôpital de Ramallah après avoir été blessé par l’armée israélienne il y a deux jours lors d’une manifestation dans le village de Nabi Saleh.


Un policier palestinien embrasse une dernière fois Tamimi Rushdi, âgé de 28 ans, policier comme lui, qui est décédé dans un hôpital de Ramallah, deux jours après que les forces israéliennes aient tiré sur lui lors d’une manifestation de solidarité avec Gaza, dans le village de Cisjordanie de Nabi Saleh, le 19 novembre – Photo : Issam Rimawi/APA


Des Palestiniens transportent les corps de Jumana et Tamer Eseifan, tous les deux sous l’âge de quatre ans, qui ont été tués quand un avion de guerre israélien a tiré un missile sur un terrain agricole près de leur maison dans le quartier Tal al-Zatar de la ville de Jabaliya, le 18 novembre – Photo : Majdi Fathi/APA


Un Palestinien est assis à côté du corps de son tout petit garçon, âgé de moins d’un an, Iyad Abu Khoussa, lors des funérailles du bébé dans le camp de réfugiés de Bureij, au centre la bande de Gaza, le 18 novembre. L’enfant a été tué quand un avion de guerre israélien a tiré un missile sur la maison de sa famille, et deux autres petits enfants ont été blessés, le 18 novembre – Photo : Ashraf Amra/APA


Des Palestiniens cherchent dans les décombres de la maison détruite de la famille al-Dalu, après un raid aérien israélien à Gaza, le 18 novembre – Photo : Yasser Qudih/APA


Des secouristes palestiniens transportent le corps de Nawal Faraj Abdul Aal, âgée de 53 ans, retrouvée sous les décombres de sa maison qui a été détruite quand les avions de guerre israéliens ont tiré un missile sur un poste de police à proximité dans le quartier al-Touffah de la ville de Gaza, le 18 novembre – Photo : Anne Paq/ActiveStill


Les filles et la mère de Nawal Abdul Faraj Aal, âgée de 53 ans, pleurent après que celle-ci ait été asphyxiée sous les décombres de sa maison. La maison a été détruite lorsque les avions de guerre israéliens ont tiré un missile sur un poste de police à proximité dans le quartier al-Touffah de la ville de Gaza, le 18 novembre – Photo : Anne Paq/ActiveStills


Une femme palestinienne regarde sa maison détruite à la suite des frappes aériennes israéliennes sur la ville de Rafah, au sud de la bande de Gaza, le 18 novembre – Photo : Eyad Al Baba/APA


Des Palestiniens traversent les débris des maisons détruites à la suite d’un raid aérien israélien à Gaza, le 19 novembre – Photo : Ashraf Amra/APA


Des Palestiniens se rassemblent autour d’une maison détruite, après un raid aérien israélien à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 19 novembre – Photo : Ibraheem Abu Mustafa/Reuters

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Manif pour Gaza


Vu la situation dramatique dans la Bande de Gaza suite aux bombardements israéliens incessants, nous tenons à manifester ce Dimanche 25 Novembre, au départ de la Gare du Nord.

De nombreuses manifestations se sont tenues dans les grandes villes du monde ces derniers jours. Nous tenons à pouvoir exprimer notre indignation également dans les rues de Bruxelles!

Les bombardements continuent, pire, une invasion terrestre israélienne aura probablement lieu dans les jours qui viennent.

La manifestation aura pour seul mot d’ordre: « Stop aux massacres à Gaza ».

Initiative du Mouvement Citoyen Palestine : www.mcpalestine.be <http://www.mcpalestine.be/>

* Rassemblement à partir de 13h30 gare du Nord : Boulevard Simon Bolivar
*  Départ 14h00
* Arrivée gare du Midi

Mouvement Citoyen Palestine
mcpalestine.be
<http://mcpalestine.be/>

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