Marche contre la séparation
Photos de Osama Mattar
Full album sur fb : http://www.facebook.com/album.php?aid=345481&id=712037159
«GAZA-STROPHE, PALESTINE»
EXCEPTIONNELLEMENT
Jeudi 27 janvier à 21 heures 30,
au cinéma l’Arenberg,
26 Galerie de la Reine – 1000 Bruxelles
Attac-Bruxelles et l’Association Belgo-Palestinienne
vous invitent à l’avant-première de
«GAZA-STROPHE,
PALESTINE»
de Samir ABDALLAH et Khéridine MABROUK
Version cinéma (100 min) du film « Gaza-Strophe, le jour d’après »
Un film incroyable sur la guerre menée,
22 jours durant, contre la population palestinienne…
Une formidable enquête établissant la responsabilité incontestable d’Israël pour crimes commis contre l’Humanité.
Un reportage-choc qui vient d’obtenir, coup sur coup,
le Prix international du documentaire méditérranéen
et le Grand Prix «France TV»
«««
Dès 20 heures 30 précises,
LE GRAND DÉBAT:
« LA VÉRITÉ EN FACE…? »
avec, notamment,
Samir ABDALLAH
le réalisateur du film
Fatima EL MOURABITI
qui a participé à la flottille Free Gaza
dont l’arraisonnement, le 31 mai,
a causé la mort de 9 personnes,
et Henri WAJNBLUM
de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique
___________
«EXTERMINEZ TOUTES LES BRUTES…»
Samedi 27 décembre 2008. La dernière attaque en date est lancée contre des Palestiniens sans défenses. Elle a été minutieusement préparée, depuis plus de six mois selon la presse israélienne. Le plan comprend deux aspects, l’un militaire et l’autre de propagande. Il est basé sur les leçons de l’invasion israélienne du Liban en 2006, mal programmée et peu «expliquée» au public.
On peut donc être certains que ce qui a été fait, cette fois, l’a été intentionnellement. Ainsi en est-il sûrement du moment de l’agression : un peu avant midi, quand les enfants sortent de l’école et que la foule s’affaire dans les rues de Gaza densément peuplée. Quelques minutes suffiront pour tuer plus de 225 personnes et en blesser 700. Début de bon augure au massacre en masse de civils sans défense, pris au piège dans une petite cage, sans moyen d’en échapper.
Dans sa rétrospective «L’inventaire des gains de la guerre à Gaza», le correspondant du New York Times Ethan Bronner a classé cet acte comme une réussite remarquablement significative. Israël a anticipé l’avantage de paraître «devenir fou» en causant une terreur totalement disproportionnée, doctrine qui remonte aux années 1950. «Les Palestiniens à Gaza ont reçu le message dès le premier jour, écrit Bronner, quand les avions de guerre d’Israël ont frappé d’un coup de multiples cibles au beau milieu d’un samedi matin. Environ 200 habitants furent tués instantanément, terrifiant le Hamas et bien sûr tout Gaza». La tactique du «devenir fou» semble avoir porté ses fruits, conclut Bronner : «Les Gazaouis ressentent tellement de douleur qu’ils ne soutiendront plus le Hamas», gouvernement qu’ils ont pourtant librement élu.
BAS DE PAGE. Dans les annales criminelles du couple Israël-Etats-Unis, cette cruauté et ce cynisme ne méritent pas même une note de bas de page. C’est trop courant. Pour citer un parallèle significatif: en juin 1982 l’invasion israélienne du Liban, avalisée par les Etats-Unis, commença par le bombardement des camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Shatila, qui devinrent ensuite les symboles des terribles massacres supervisés par les Forces de «Défense» israéliennes. Le bombardement toucha l’hôpital local et tua plus de 200 personnes, selon le témoignage d’un universitaire américain. Cette boucherie fut l’acte d’ouverture d’une hécatombe qui extermina quelque 20.000 civils et détruisit la plus grande partie du Sud Liban ainsi que Beyrouth, avec le soutien militaire et diplomatique des Etats-Unis.
Tout cela est normal et commenté assez ouvertement par de hauts dignitaires israéliens. Il y a trente ans, le chef d’état-major Mordechai Gur observait que depuis 1948 «nous avons combattu une population habitant des villages et des villes». Ou, résumé par le plus notoire des analystes militaires israéliens Zeev Schiff, «l’armée israélienne a toujours, délibérément et consciemment visé les populations civiles…; l’armée n’a jamais distingué les cibles civiles [des militaires…mais] intentionnellement attaqué des objectifs civils». Les raisons furent expliquées par l’éminent homme politique Abba Eban : «Il y avait un but rationnel, atteint en définitive, de toucher les populations civiles afin qu’elles exercent une pression pour l’arrêt des hostilités». Le résultat, comme l’avait bien compris Eban, devait permettre à Israël de mettre en œuvre sans obstacles son plan d’expansion illégale et de répression brutale. En fait, Eban commentait l’analyse développée par le premier Ministre Begin concernant les attaques promues par le gouvernement travailliste contre des cibles non militaires; Begin, selon les mots d’Eban, donnait une image d’Israël «infligeant sans raison la mort et l’angoisse à des populations civiles, comme le firent des régimes que ni Menahem Begin ni moi n’oserions appeler par leur nom». Il faut dire qu’Eban ne contestait pas les faits qu’analysait Begin, mais le critiquait de les exposer publiquement.
Ces «détails», bien que mineurs, nous apprennent néanmoins quelque chose sur nous-mêmes et nos clients. Comme d’autres détails. Par exemple, quand la dernière agression américano-israélienne sur la bande de Gaza a commencé, un petit bateau, la Dignité, faisait route de Chypre vers Gaza. A bord, les médecins et les militants des droits de l’Homme avaient l’intention de briser le blocus criminel imposé par Israël et d’apporter de l’aide médicale à la population emprisonnée. Le navire a été intercepté dans les eaux internationales par la marine israélienne qui l’avait déjà sévèrement percuté, le coulant presque, mais il a réussi à se traîner jusqu’au Liban. Israël a publié ses mensonges ordinaires, réfutés par les journalistes et les passagers à bord, y compris le correspondant de CNN Karl Penhaul voire l’ancien représentant des États-Unis et candidat présidentiel du Parti Vert, Cynthia McKinney. Un crime grave néanmoins passé, sans attirer beaucoup l’attention.
Pourtant, ce manque d’attention a du sens. Pendant des décennies, Israël a détourné des bateaux dans les eaux internationales entre Chypre et le Liban, tuant ou enlevant leurs passagers, les transférant parfois dans des prisons en Israël, y compris des prisons secrètes ou chambres de torture, les détenant en otages pendant de nombreuses années. Étant donné que ces pratiques sont courantes, pourquoi traiter ces nouveaux crimes autrement qu’avec un bâillement?
Les nouveaux crimes que les Etats-Unis et Israël ont commis dans la bande de Gaza ne rentrent pas facilement dans une catégorie standard, sauf dans une catégorie des plus familières. Littéralement, ces crimes relèvent de la définition officielle relevée par le gouvernement nord-américain de ce qu’il faut entendre par «terrorisme», mais cette désignation ne rend pas compte de leur énormité.
AUTORITES RABBINIQUES. D’autant que les délires des dirigeants politiques et militaires israéliens sont éminemment bénins si on les compare aux prêches mystiques et sidérés émis par les autorités rabbiniques. Ce ne sont pas des personnalités marginales. Au contraire, elles sont très influentes dans l’armée ainsi que chez les colons, et ont un immense impact émotionnel. Les soldats, combattant dans le nord de Gaza, ont ainsi été gratifiés d’une visite «charismatique» de deux grands rabbins, qui leur ont expliqué qu’il n’existe pas d’ «innocents» à Gaza, que tout le monde y est donc une cible légitime, en citant un célèbre passage des Psaumes priant le Seigneur de saisir les enfants des oppresseurs d’Israël et de les jeter contre les rochers. Les rabbins ne marchaient pas en terre inconnue. Un an plus tôt, comme le rapporte le Jérusalem Post, l’ancien chef rabbin Séfarade a écrit au Premier ministre Olmert, l’informant que tous les civils dans la bande de Gaza sont collectivement coupables des tirs roquettes, ainsi il n’y a «absolument aucune interdiction morale au massacre aveugle de civils pendant une éventuelle offensive militaire massive sur la bande de Gaza visant à arrêter les tirs de fusées». Son fils, grand rabbin de Safed, a surenchéri : «S’ils ne s’arrêtent pas après que nous en ayons tué cent, alors nous devons en tuer mille, et s’ils ne s’arrêtent pas après mille, alors nous devons en tuer dix mille. S’ils ne s’arrêtent pas, nous devons en tuer cent mille, même un million. Ce qu’il faudra pour les faire cesser». Il s’ensuit que tout Palestinien, ou quiconque se trouve sur le chemin de l’impitoyable armée du Saint État, est soit un terroriste soit une victime accidentelle de ses justes crimes.
Qui plus est, le moment de l’invasion de Gaza aura vraisemblablement été influencé par les prochaines élections israéliennes. Dès les premiers jours du carnage, le commentateur israélien Ran HaCohen a calculé qu’Ehud Barak (lequel reculait fortement dans les sondages) a gagné un siège au Parlement pour 40 morts Arabes.
FATAH-HAMAS. Quelle a été la vraie raison de l’attaque israélienne? Nous n’avons pas d’éléments de preuve sur les plans d’Israël, mais nous savons que le raid est intervenu peu avant des entretiens prévus entre le Fatah et le Hamas au Caire, visant à «aplanir leurs divergences et à créer un gouvernement unifié», signalait le correspondant britannique Rory McCarthy. Ce devait être la première rencontre Fatah-Hamas depuis la guerre civile de juin 2007 qui a donné le contrôle de la bande de Gaza au Hamas, et cela aurait été une étape importante pour la diplomatie. Israël a une longue histoire de provocations en vue de dissuader la menace diplomatique, certaines ayant déjà été mentionnées. Ceci en est sûrement une autre.
Une des voix les plus sages en Israël, celle d’Uri Avnery, dit qu’après la victoire militaire israélienne, «une cicatrice restera dans la conscience du monde, l’image d’un monstre taché de sang, Israël, prêt à chaque instant à commettre des crimes de guerre et à refuser toute contrainte morale. Cela aura de graves conséquences pour notre futur, notre position dans le monde et nos chances de parvenir à la paix et au calme. En fin de compte, cette guerre est aussi un crime contre nous-mêmes, un crime contre l’État d’Israël». Il y a de bonnes raisons de croire qu’il a raison. Israël est délibérément en train de devenir le pays le plus haï au monde. Israël est aussi en train de perdre la confiance de l’Occident, y compris celle des jeunes Juifs américains qui sont peu susceptibles de tolérer encore longtemps ses crimes choquants. Il y a quelques décennies, j’ai écrit que ceux qui se déclarent «partisans d’Israël» sont en réalité des partisans de sa dégénérescence morale et de sa destruction probable. Malheureusement, ce jugement semble de plus en plus crédible.
Pendant ce temps, nous observons tranquillement un événement rare dans l’Histoire, ce que le défunt sociologue israélien Baruch Kimmerling appelait «politicide», le meurtre d’une nation…, à notre porte.
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Noam CHOMSKY,
20 janvier 2009
Michèle Alliot-Marie appelle Israël à « mettre fin » au blocus de Gaza

vendredi 21 janvier 2011, par La Rédaction
La ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie a exhorté vendredi Israël à « mettre fin » au blocus de la bande de Gaza lors de sa première visite dans ce territoire palestinien, chahutée par des manifestants pro-Hamas. Michèle Alliot-Marie a été conspuée par quelques dizaines de protestataires lui reprochant des propos qui lui ont été attribués par erreur au sujet du soldat israélien Gilad Shalit, capturé en juin 2006. Sa visite de l’hôpital Al-Quds à Gaza a été perturbée par les manifestants, maintenus à l’extérieur par le service d’ordre, qui ont provoqué une cohue au milieu de laquelle la ministre est restée imperturbable. Une chaussure a été lancée en sa direction, mais elle l’a esquivée, selon des témoins.
Auparavant, les mêmes protestataires avaient jeté des chaussures et des oeufs vers son véhicule lors de son arrivée au poste de sécurité du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007. « Il y a Gilad Shalit, mais aussi 7.000 prisonniers palestiniens » dans les prisons israéliennes, pouvait-on lire sur l’une des banderoles des manifestants. Par haut-parleur, un manifestant a imputé à Mme Alliot-Marie des propos tenus jeudi en sa présence par le père de Gilad Shalit, Noam Shalit, qualifiant de « crime de guerre » la détention au secret de son fils, qui a également la nationalité française.
Dans un communiqué publié jeudi soir sur la foi des propos de Noam Shalit attribués à tort à la ministre française par plusieurs médias, dont la radio israélienne, le Hamas a dénoncé « la déclaration partiale de la ministre française des Affaires étrangères décrivant l’enlèvement de Shalit comme un crime de guerre ». « Dans les manifestants, il y avait des mères dont je peux comprendre la tristesse, mais d’autres avaient souvent d’autres visées. Il faut rester serein. Il y avait une trentaine, une cinquantaine de manifestants, ce n’était pas très grave », a déclaré la ministre après le premier incident.
Dans un discours au Centre culturel français de Gaza, elle a appelé Israël à lever complètement le blocus du territoire peuplé d’1,5 million d’habitants, dont 85% dépendent de l’aide internationale. « Le blocus de Gaza engendre la pauvreté et nourrit la violence. Au nom des valeurs de liberté et de dignité que nous avons en partage, la France appelle Israël à y mettre fin », a-t-elle déclaré. « Des mesures d’allègement ont été prises (par Israël). Elles sont positives mais il faut aller plus loin. Ce sont les importations de biens de construction et de matières premières, les exportations et le libre mouvement des personnes qui doivent désormais être possibles », a plaidé la chef de la diplomatie.
Jusqu’à présent, les autorisations d’exportations vers l’Europe – limitées – portent principalement sur des fleurs, des légumes ou des fruits. Michèle Alliot-Marie s’est entretenue avec les dirigeants de l’Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNWRA), mais aucune rencontre n’a eu lieu avec des autorités du Hamas, qui reste un paria de la communauté internationale. Il s’agissait de la première visite à Gaza d’un chef de la diplomate française depuis celle de Philippe Douste-Blazy en septembre 2005. Après Gaza, Michèle Alliot-Marie doit poursuivre sa première tournée au Proche-Orient comme ministre des Affaires étrangères par l’Égypte et la Jordanie, deux régimes inquiets d’éventuelles répercussions de la révolution tunisienne.
(Vendredi, 21 janvier 2011 – Avec les agences de presse)
Manifestation hostile à l’entrée du convoi de Michèle Alliot-Marie à Gaza
vendredi 21 janvier 2011
Site Salah Hamouri/Yahoo-Reuters
GAZA (Territoires palestiniens) – Des manifestants palestiniens ont jeté vendredi des chaussures et lancé des huées au passage du convoi de la ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie entrant à Gaza.
Ils protestaient contre des propos attribués à tort par le service arabe de la radio israélienne à la ministre, mais tenus en sa présence jeudi par le père du soldat israélo-français enlevé Gilad Shalit, Noam Shalit. Ce dernier avait affirmé que « détenir un otage sans le laisser rencontrer des représentants de la Croix-Rouge, c’est un crime de guerre« .
De source au sein de la délégation, on a confirmé que le convoi avait été brièvement ralenti, sans faire état de jets de projectiles.
Une trentaine de manifestants palestiniens brandissant des banderoles bloquaient le poste de sécurité du mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza.
« Il y a Gilad Shalit mais aussi 7000 prisonniers palestiniens« , pouvait-on lire sur l’une d’elles. Sur une vaste pancarte une photo de Mme Alliot-Marie était barrée d’un trait rouge avec l’inscription « get out of Gaza (« Sors de Gaza« ).
Deux enfants, en pleurs et terrorisés, ont été allongés devant les roues des 4×4 des Nations unies transportant la délégation avant d’être récupérés par leur famille quelques minutes plus tard.
Par haut-parleur, un manifestant a imputé à Mme Alliot-Marie les propos de Noam Shalit, soulignant que Gilad Shalit était au moment de son enlèvement en juin 2006 un militaire israélien sous l’uniforme et pas un civil français.
Lors de sa rencontre avec Noam Shalit, Mme Alliot-Marie s’était engagée à intervenir auprès de l’Union européenne et « de faire passer le message pour que le prisonnier reçoive des visites de la Croix-Rouge« .
site : Salah Hamouri
des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, à son arrivée dans la bande de Gaza.
La ministre française des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, a été vivement prise à partie par une foule de Palestiniens en colère, vendredi, lors d’une visite dans la bande de Gaza.
Selon des témoins, plusieurs dizaines de Palestiniens ont bloqué le véhicule dans lequel elle circulait et tapé du poing sur le capot en criant « Hors de Gaza !« , à son arrivée dans le territoire sous contrôle du Hamas.
Des oeufs et des chaussures se sont abattus sur le pare-brise de la voiture, alors que la ministre y reprenait place après avoir visité un hôpital. Les forces de sécurité du Hamas ont dû intervenir pour permettre au véhicule de repartir.
Les manifestants étaient des proches de Palestiniens détenus en Israël indignés par les propos attribués à Michèle Alliot-Marie lors d’une rencontre avec les parents du militaire franco-israélien Gilad Shalit, détenu depuis l’été 2006 par des activistes, ont précisé des Gazaouis.
Selon la presse locale, la ministre française a parlé de « crime de guerre » pour qualifier la détention du soldat Shalit, mais n’a pas évoqué le sort des prisonniers palestiniens. Le Hamas réclame la libération de centaines d’entre eux en échange de celle de Shalit.
« Nous rejetons cette déclaration et nous exhortons la France à revoir sa position qui ne sert pas le rôle qu’elle joue dans la région« , a déclaré Sami Abou Zouhri, porte-parole du Hamas.
L’Allemagne travaille depuis des mois à la libération de Shalit.
Il s’agit du premier voyage de Michèle Alliot-Marie dans la région depuis sa nomination à la tête de la diplomatie française, lors du remaniement ministériel intervenu à la mi-novembre.
Nidal al Moughrabi, Jean-Philippe Lefief et Pierre Sérisier pour le service français, édité par Gilles Trequesser
Visite chahutée de MAM à Gaza : les images
Des manifestants palestiniens ont jeté vendredi des chaussures et hué la ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie lors de son entrée à Gaza. Ils protestaient contre des propos attribués à tort par le service arabe de la radio israélienne à la ministre, mais tenus en sa présence jeudi par le père du soldat israélo-français enlevé Gilad Shalit, Noam Shalit. Ce dernier avait affirmé que « détenir un otage sans le laisser rencontrer des représentants de
la Croix-Rouge, c’est un crime de guerre« .
Une trentaine de manifestants palestiniens brandissant des banderoles ont bloqué le poste de sécurité du mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza. « Il y a Gilad Shalit mais aussi 7.000 prisonniers palestiniens », pouvait-on lire sur l’une d’elles. Sur une vaste pancarte une photo de Mme Alliot-Marie était barrée d’un trait rouge avec l’inscription « get out of Gaza (Sors de Gaza) ».
Manifestations hostiles à l’entrée du convoi de Michèle Alliot-Marie à Gaza

vendredi 21 janvier 2011, par La Rédaction
Des manifestants palestiniens ont tenté de bloquer le passage de la ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie vendredi dans la Bande de Gaza, sautant sur son véhicule et s’allongeant sur la route.
Des dizaines de manifestants ont entouré le convoi de Mme Alliot-Marie et essayé de bloquer son passage au poste d’Erez en provenance d’Israël. Il s’agissait de proches de Palestiniens détenus dans des prisons israéliennes qui entendaient exprimer leur colère après des propos tenus la veille par la ministre française en signe de soutien au soldat franco-israélien Gilad Schalit, enlevé par des militants du Hamas et détenu dans la Bande de Gaza depuis 2006.
En Israël, Michèle Alliot-Marie a rencontré les parents de Gilad Schalit et appelé le Hamas à autoriser la Croix-Rouge à rendre visite au soldat, selon des médias israéliens.
La police du Hamas a dispersé les manifestants, permettant au convoi de la ministre de passer. Mais les manifestations d’hostilité se sont poursuivies. D’autres protestataires se sont rassemblés devant un bureau des Nations unies à Gaza, première étape de la ministre dans le territoire palestinien, puis l’ont suivie jusqu’à un hôpital situé à proximité, jetant des oeufs sur son convoi.
Des manifestants brandissant des banderoles bloquaient le poste de sécurité du mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza. « Il y a Gilad Shalit mais aussi 7.000 prisonniers palestiniens », pouvait-on lire sur l’une d’elles. Sur une vaste pancarte une photo de Mme Alliot-Marie était barrée d’un trait rouge avec l’inscription « get out of Gaza (Sors de Gaza) ».
Un porte-parole du Hamas, Abou Zuhri, a jugé que les commentaires de Michèle Alliot-Marie reflétaient un « parti pris total en faveur d’Israël » et ne tenaient aucun compte des milliers de Palestiniens détenus en Israël. « Ce sont les vrais prisonniers de guerre », a-t-il dit.
(Vendredi, 21 janvier 2011 – Avec les agences de presse)
«GAZA-STROPHE, LE JOUR D’APRÈS»
EXCEPTIONNELLEMENT
le jeudi 27 janvier à 21 heures 30,
au cinéma l’Arenberg,
Attac-Bruxelles et
l’Association Belgo-Palestinienne
vous invitent
à l’avant-première de
«GAZA-STROPHE,
LE JOUR D’APRÈS»
de Samir ABDHALLA et Khéridine MABROUK
Un film incroyable sur la guerre menée,
22 jours durant, contre la population palestinienne…
Une formidable enquête établissant
la responsabilité incontestable d’Israël
pour crimes commis contre l’Humanité.
Un reportage-choc qui vient d’obtenir, coup sur coup,
le Prix international du documentaire méditérranéen
et le Grand Prix «France TV»
et
Dès 20 heures 30 précises,
LE GRAND DÉBAT:
« LA VÉRITÉ EN FACE…? »
avec, notamment,
Samir ABDALLAH
le réalisateur du film
Fatima EL MOURABITI
qui a participé à la flottille Free Gaza
dont l’arraisonnement, le 31 mai,
a causé la mort de 9 personnes,
et Henri WAJNBLUM
de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique
Palestine automne 2010
Jacques Fournier
Je suis allé deux fois en Palestine en cet automne 2010. D’abord pour un colloque sur la législation organisé par l’institut de droit de Bir Zeit. Ensuite pour une mission de coopération à Jérusalem et à Ramallah suivie d’un passage à Tel Aviv et d’une visite à Gaza. On trouvera ci-dessous quelques notations consécutives à ces déplacements. Beaucoup d’entre elles ne sont pas nouvelles. Mais il n’est pas inutile de les répéter tant certaines informations passent mal sur ce sujet.
Sur l’administration palestinienne
Le Premier ministre Salam Fayad s’est engagé avec ténacité sur la voie de la construction de l’État palestinien. Il est très présent sur le terrain. Il s’est fixé une échéance, août 2011. Tout ce que l’on pourra faire des côtés européen et français pour appuyer cette démarche va dans le bon sens.
Beaucoup de progrès restent à réaliser. Il nous en a semblé conscient. L’administration palestinienne n’a pas encore l’expérience et les traditions de celles des pays qui l’entourent. Il reste beaucoup à faire pour mieux former ses cadres, améliorer son organisation, conforter l’état de droit. Je suis pour ma part heureux de pouvoir si peu que ce soit y contribuer.
Ceci dit il faudra bien aussi, si l’État palestinien veut demain être présent sur la scène internationale, qu’il dispose d’une palette institutionnelle complète. A l’heure actuelle, et à la suite de la scission qui est intervenue entre la Cisjordanie et Gaza, le pouvoir législatif ne fonctionne plus. Les textes à valeur législative ne peuvent être pris que par le Président, en cas d’urgence, sur la base de l’article 43 de la loi fondamentale et dans des conditions qui, inévitablement, prêtent à controverse. Il faudra sortir de cette situation. Cela pose le problème de la « réconciliation nationale » sur lequel je reviendrai plus loin.
Sur la situation à Gaza
Je suis allé le 4 décembre à Tel Aviv et à Jaffa pour y rencontrer des amis israéliens et palestiniens, puis le 5 et 6 décembre à Gaza où je suis intervenu devant des étudiants en langue française de l’université Al Aqsa.
Le contraste entre Tel Aviv et Gaza est saisissant. Voici deux villes situées comme je les aime, le long d’une immense plage de sable qui borde la Méditerranée. D’un côté la prospérité des grands immeubles, hôtels et sièges sociaux et l’insouciance de la foule des promeneurs tout au long du front de mer. De l’autre la désolation d’une plage déserte et insalubre en avant d’une ville dévastée que les coupures de courant plongent dans l’obscurité à partir de la tombée du jour.
Le blocus israélien a été allégé mais il demeure inflexible vis-à-vis de tout ce qui pourrait si peu que ce soit contribuer à une quelconque production. Pas de matériaux de construction : le futur bâtiment du Centre culturel français est toujours en attente des autorisations nécessaires pour pouvoir recevoir du ciment. Heureusement il y a les tunnels. Hypocrisie supplémentaire dans une contrée qui en est pleine. Ils se déploient au vu et au su de tout le monde, tout près de la frontière avec l’Égypte que l’on peut apercevoir à quelques centaines de mètres de là. C’est le poumon qui permet, mais à quel prix, de maintenir un minimum de vie économique.
A propos du Hamas
Politiquement le Hamas gouverne. Il est bien là. Les intervenants étrangers ne peuvent pas ne pas le voir. Mais, encore une hypocrisie, ils se comportent comme s’il n’existait pas, quitte à être bien obligés, de temps en temps, de composer avec lui.
On me dit que le Hamas est traversé, et cela n’a rien de surprenant, par des tendances différentes, avec deux lignes possibles de clivage, qui ne coïncident pas nécessairement, sur le terrain de la vie sociale et sur celui des rapports avec l’occupant israélien. Sur les rapports avec Israël, Ismail Haniyé, Premier ministre à Gaza, a eu récemment des déclarations relativement conciliantes, évoquant la possibilité d’une ratification par referendum d’un éventuel accord. Il semble que la direction du mouvement à Damas ait, avec Khaled Mechal, des positions plus dures.
Sur l’organisation de la vie sociale, les prescriptions d’inspiration religieuse se font, semble-t-il, plus pressantes, sinon dans les textes du moins dans les faits, notamment en ce qui concerne les rapports entre les sexes : non mixité dans les établissements d’enseignement, interdiction faite aux femmes de fumer le narguilé en public, bannissement des mannequins trop découverts dans les vitrines de mode, port du voile. A Gaza, le voile classique (hijab) est la règle. Mais le niqab (voile intégral) n’est pas rare, contrairement à ce qui se passe en Cisjordanie où son port est exceptionnel. La concurrence de la mouvance salafiste, présente dans le sud de la zone, ne serait pas étrangère à ce durcissement.
J’ai rencontré le plus haut responsable de l’UNWRA (United Nations relief and work Agency for palestinian refugee in the Near East) qui a en charge, pour l’éducation, la santé, les besoins sociaux les plus criants, la grande majorité de la population de Gaza. J’ai fait une visite au PCHR (Palestinian Center for human rights), l’organisation de défense des droits de l’homme, qui a toujours pignon sur rue dans l’artère principale de la ville et qui dénonce, là comme ailleurs, les abus, d’où qu’ils viennent, que ses enquêteurs relèvent en ce domaine.
L’un comme l’autre ont formulé la même recommandation : il faut parler. Il faut, c’est ce que fait le PCHR, s’adresser chaque fois que de besoin aux autorités. L’expérience montre que les protestations peuvent être écoutées et que telle ONG, à l’activité de laquelle les autorités locales avaient un moment fait obstacle, sera finalement autorisée à les poursuivre. Il faut aussi, comme le souligne l’UNWRA, prendre en compte, qu’on le veuille ou non, le point de vue que représente le vote Hamas, tel qu’il s’est manifesté lors des élections de 2006. Il n’aura pas forcément le même poids en cas de consultation nouvelle, mais, n’en doutons pas, il sera présent et il mérite d’être écouté.
Le Hamas est aujourd’hui rangé dans la catégorie des organisations terroristes. C’est, de mon point de vue, une aberration. Le Hamas n’est pas terroriste, pas plus que le Hezbollah au Liban, qui n’est pas sur la liste. Le maintien de cette qualification est particulièrement commode pour Israël, qui peut, à partir de cette diabolisation, continuer à faire de Gaza une prison à ciel ouvert. Elle rend extrêmement difficile toute réconciliation à l’intérieur du camp palestinien et elle compromet gravement l’aboutissement du processus de paix. Les organisations favorables à la cause palestinienne ont toujours une certaine retenue lorsque l’on évoque ce problème. Elles craignent sans doute qu’une prise de position en faveur d’une discussion avec le Hamas puisse être vue comme une approbation de ses thèses sur les droits de la femme dans la société. Mais pourquoi ce qui n’interdit pas de parler au régime saoudien, beaucoup plus rigide sur ce thème, devrait-il s’opposer à un dialogue avec l’une des composantes du peuple palestinien ?
Réintégrer le Hamas dans le jeu politique et diplomatique, c’est ce que fait déjà, comme me l’a fait remarquer le directeur de l’UNWRA, l’un des membres du Quartet, la Russie. C’est ce que commencent à faire d’autres, sans le faire savoir, encore une hypocrisie. Ce devrait être à mon sens un objectif affiché de tous ceux qui se battent pour le retour de la paix dans la région.
A l’université de Gaza mon auditoire était mixte. Mon thème était la démocratie française. Nous avons parlé de l’état de droit, du pluralisme et de l’alternance en politique. Nous avons évoqué très librement les élections qui venaient d’avoir lieu en Haïti, en Côte d’Ivoire où, beaucoup plus près, en Égypte. Trois semaines plus tôt, à Bir Zeit, j’avais choisi de faire, devant des étudiants en droit, le commentaire de la loi française toute récente sur l’interdiction de la dissimulation du visage dans l’espace public et de l’arrêt du Conseil Constitutionnel qui venait de la valider. Ce pourraient être des sujets qui fâchent. Il est pourtant possible d’en discuter sereinement et dans le respect des opinions réciproques.
Capitulation américaine
« Capitulation en rase campagne » : ce sont les mots qui me viennent à l’esprit pour caractériser la dernière position américaine sur la reprise des négociations entre Israël et l’Autorité palestinienne. Ma déception est grande, à la hauteur des espoirs que j’avais pu placer dans la présidence Obama.
Quel peut être l’avenir de pourparlers de paix quand l’un des belligérants s’autorise à déplacer à son gré la ligne d’armistice ?
C’est pourtant ce qu’impose Israël et ce qu’accepte l’administration Obama.
Premier temps : le discours du Caire, en juin 2009. J’en reproduis les termes « les Israéliens doivent reconnaître que, tout comme le droit d’Israël à exister ne peut pas être nié, celui de la Palestine ne peut pas l’être non plus. Les États-Unis n’acceptent pas la légitimité de la continuation de la colonisation. Ces constructions violent les accords précédents et sapent les efforts consentis pour parvenir à la paix. Il est temps que ces colonies cessent. »
Second temps : le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou annonce fin novembre 2009 un gel de dix mois de la colonisation en Cisjordanie. Ce gel ne s’applique pas à Jérusalem-Est. Il est à l’évidence insuffisant pour créer un climat propice à la reprise des négociations. Mais c’est tout de même un geste, une décision « douloureuse », dira alors Netanyaou.
Troisième temps : les États-Unis pressent pour une reprise des négociations d’abord indirectes, par l’entremise de leur émissaire dans la région George Mitchell, puis directes, qui devraient démarrer en septembre 2010. C’est précisément le moment où expire le moratoire de dix mois. Il va de soi que, si l’on veut que les pourparlers aient quelque chance d’aboutir, le moratoire devra être prolongé. Lié par son extrême droite Netanayou s’y refuse. Obama, dans son discours du 23 septembre à l’ONU se réfère toujours à la même ligne mais il a mis de l’eau dans son vin : « nous continuerons à souligner que les États-Unis n’acceptent pas la légitimité des implantations israéliennes qui se poursuivent ».
Épilogue : en dépit de toutes les pressions, Israël persiste dans son refus. L’administration américaine est allée jusqu’à lui promettre des armes et de l’argent, pour une prolongation du gel de trois mois seulement et toujours partielle. L’inanité d’une telle transaction éclate aux yeux. Elle ne se fera pas. Les États-Unis capitulent, purement et simplement. Dépêche AFP du 8 décembre 2010 : « Les États-Unis ont abandonné l’idée d’obtenir un gel de la colonisation israélienne en Cisjordanie afin de relancer les négociations au Proche-Orient et vont désormais essayer de parvenir à la paix en se concentrant sur les “problèmes centraux” du conflit ».
L’habit ne fait pas le moine. Le beau discours ne fait pas le grand homme d’Etat. Il est rare qu’une personnalité, aussi forte soit elle, puisse changer le cours des choses. J’ai bien peur que ce ne soit pas le cas pour Barak Obama.
Des sanctions contre Israël ?
L’espoir peut-il venir d’Europe ? On voudrait y croire même si l’on sait que le rôle principal dans cette affaire continuera longtemps encore d’être joué par les État-Unis. En tout cas il faut saluer l’initiative que viennent de prendre 26 anciens dirigeants des pays de l’Union européenne dans une lettre qu’ils ont adressée au président de l’Union.
Plusieurs Français parmi eux, de tous bords politiques : Hubert Védrine, Hervé de Charrette, Roland Dumas, Lionel Jospin, Jean François-Poncet et aussi quelques poids lourds de la politique européenne : Felipe Gonzales, Romano Prodi, Helmut Schmidt, Javier Solana, entre autres. Pour les signataires de ce document l’Europe ne doit plus se borner à adopter des déclarations de principe, comme elle l’avait fait l’an dernier dans une résolution adoptée le 8 décembre 2009, qui réaffirmait, y compris pour Jérusalem-Est, les frontières d’avant 1967, condamnait l’implantation des colonies, demandait la levée du blocus de Gaza.
Elle doit maintenant passer à l’action, prendre des initiatives, adopter des mesures concrètes, fixer des délais au delà desquels elle se reconnaitra le droit de saisir les instances internationales .
Les signataires lui suggèrent ainsi d’envoyer une délégation de haut niveau à Jérusalem-Est pour attirer l’attention sur l’érosion de la présence palestinienne en ce lieu et revenir avec des propositions visant à arrêter et renverser la détérioration de la situation sur le terrain.
Ils l’incitent à piloter la recherche d’une solution permettant l’ouverture des frontières de Gaza à un commerce normal, y compris entre Gaza et la Cisjordanie, en attendant la formation d’un gouvernement palestinien d’unité.
Ils lui demandent fermement de mettre fin à l’importation de produits en provenance des colonies et illégalement présentés comme venant d’Israël. Elle doit, a fortiori, estiment-ils, exclure tout régime préférentiel susceptible de s’appliquer à de tels produits.
En bref, il s’agit de passer de l’incantation à l’action. Le mot de sanction n’est pas prononcé mais l’idée est bien présente. Je pense que c’est un pas qu’il faudra se décider à franchir. Il ne saurait y avoir d’immunité en faveur d’un État qui, de façon récurrente, se met délibérément en infraction avec les règles du droit international.
L’appel de ces dirigeants respectés du vieux continent n’aura pas de suite immédiate. Mais il marque une étape dans la voie d’une prise de conscience du rôle que pourrait et devrait jouer l’Europe dans la solution du conflit. Il mérite, à ce titre, d’être largement diffusé et soutenu.
Du même auteur :
La Shoah, Israël et les Palestiniens – BabelMed
Jérusalem-Est : volonté d’annexion – BabelMed
17 décembre 2010 – Blog Jacques Fournier
http://jacquesfournier.blog.lemonde.fr/2010/12/17/palestine-automne-2010/
et sur : http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9933
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Plus l’article de Ziad Medoukh sur le même sujet :
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IL Y A DEUX ANS, LE PILONNAGE DE GAZA
IL Y A DEUX ANS, LE PILONNAGE DE GAZA
Plus jamais ça
Silvia Cattori
Jeudi 30 décembre 2010
Il y a deux ans, le 27 décembre 2008, nous parvenaient les premières images insoutenables de corps déchiquetés par le pilonnage de bombes lâchées sur Gaza, sur un peuple qu’Israël avait préalablement emprisonné, ne lui laissant aucune échappatoire.
Submergée par l’émotion, la présentatrice ne parvenait pas à retenir ses larmes à la vue de ces images
Cela n’était qu’un début. L’armée israélienne allait continuer de larguer des bombes sur Gaza, ôtant la vie à près de 1500 Palestiniens, hommes, femmes et enfants.
Ce carnage annoncé était approuvé par 95 % des Israéliens, inscrits de fait dans le projet sioniste de destruction de la Palestine. Un projet mis en œuvre en 1948 avec l’épuration ethnique des trois quarts des Palestiniens et qui se poursuit sans répit, tantôt à grand feu, tantôt à petit feu.
Aujourd’hui, les tambours de guerre israéliens résonnent à nouveau. L’avertissement de l’historien Ilan Pappé devrait faire réagir nos autorités et mobiliser chacun pour stopper d’avance Israël :
« Il est temps pour tous ceux qui ont protesté d’une voix puissante et efficace après le massacre de Gaza il y a deux ans, qu’ils le fassent maintenant et tentent de prévenir la prochaine guerre. (…) Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est que l’énergie – honorable mais totalement futile – investie par le camp de la paix israélien et ses soutiens en Occident dans des concepts de « coexistence » et des projets de « dialogue », soit réinvestie avant qu’il ne soit trop tard dans une tentative d’empêcher un autre chapitre génocidaire dans l’histoire de la guerre d’Israël contre les Palestiniens. » [1]
[1] Voir : « Tambours de guerre en Israël », par Ilan Pappé, 30 décembre 2010.
et de difficiles images provenant de al Jazeera
Lettre ouverte de Gaza : deux ans après le massacre, une exigence de justice.
28/12/2010
Nous, les Palestiniens de la Bande de Gaza assiégée, en ce jour du 27 décembre 2010, deux ans après l’attaque génocidaire d’Israël contre nos familles, nos maisons, nos routes, nos usines et nos écoles, disons assez d’inaction, assez de discussions, assez d’attente – il est maintenant temps de tenir Israël pour responsable de ces crimes incessants contre nous. Le 27 décembre 2008, Israël a lancé un bombardement aveugle de la Bande de Gaza.
L’attaque a duré 22 jours, elle a tué 1.417 Palestiniens dont 352 enfants, selon les principaux organismes pour les droits de l’homme. Pendant 528 interminables heures, les forces de l’occupation israélienne ont lâché leurs F15 fournis par les Etats-Unis, leurs F16, leurs chars Merkava, du phosphore blanc interdit au plan international, bombardé et envahi le petite enclave côtière qui abrite 1,5 million de Palestiniens, dont 800 000 sont des enfants et plus de 80% sont des réfugiés enregistrés par les Nations Unies. Environ 5300 personnes souffriront de séquelles physiques toute leur vie.
Cette dévastation a dépassé en sauvagerie tous les massacres précédents subis à Gaza, comme les 21 enfants tués à Jabalia en mars 2008 et les 19 civils tués dans leurs maisons lors du massacre de Beit Hanoun en 2006. Le carnage a même dépassé les attaques de novembre 1956 au cours desquelles les troupes israéliennes ont raflé et tué 275 Palestiniens à Khan Younis, et 111 de plus à Rafah, au sud de la Bande.
Depuis le massacre de Gaza en 2009, les citoyens du monde ont pris la responsabilité de faire pression sur Israël pour qu’il se conforme au droit international par une stratégie éprouvée de boycott, désinvestissement et sanctions. Comme lors du mouvement mondial de BDS qui a été tellement efficace pour mettre fin au régime d’apartheid sud-africain, nous exhortons les gens de conscience à se joindre à l’appel BDS lancé par plus de 170 organisations palestiniennes en 2005. Comme en Afrique du Sud, le déséquilibre des forces et de la représentation dans cette lutte peut être contrebalancé par un puissant mouvement international, avec BDS en tête, obligeant les hommes politiques israéliens à rendre des comptes, ce que les dirigeants de la communauté internationale ont maintes fois refusé de faire. De même, les opérations civiles créatives comme les navires de Free Gaza, qui ont brisé le siège cinq fois, la Marche de la Liberté à Gaza, la Flottille de la Liberté pour Gaza, et les nombreux convois terrestres ne doivent jamais cesser d’essayer de briser le siège et de souligner l’inhumanité qui consiste à maintenir 1,5 million de Gazaouis dans une prison à ciel ouvert.
Deux années se sont maintenant écoulées depuis le plus grave des actes génocidaires d’Israël, qui n’aurait dû laisser aucun doute sur l’ampleur et la brutalité des desseins israéliens contre les Palestiniens. L’attaque navale meurtrière contre les activistes internationaux à bord de la Flottille de la Liberté à Gaza en Méditerranée a fait ressortir devant le monde entier le peu de cas que fait Israël de la vie palestinienne, depuis si longtemps.
Le monde sait maintenant, bien que deux ans soient passés, que pour les Palestiniens, rien n’a changé. Le Rapport Goldstone est venu et s’en est allé : en dépit de sa longue liste d’infractions au droit international, de « crimes de guerre » israéliens et de « possibles crimes contre l’humanité », bien que l’Union Européenne, les Nations Unies, la Croix Rouge et toutes les principales organisations pour les droits de l’homme aient appelé à mettre fin à ce siège illégal et médiéval, il continue sans relâche. Le 11 novembre 2010, John Ging, chef de l’UNRWA, a dit, « Il n’y a eu aucun changement significatif pour la population sur le terrain ici en termes, pour eux, de statut, de dépendance à l’aide, d »absence de toute reprise ou reconstruction, aucune économie… L’assouplissement, tel qu’il a été décrit, n’a rien été d’autre qu’un assouplissement politique de la pression sur Israël et sur l’Egypte. »
Le 2 décembre, 22 organisations internationales, dont Amnesty, Oxfam, Safe the Children, Christian Aid et Medical Aid for Palestinians ont produit le rapport « Dashed Hopes, Continuation of the Gaza Blockade » appelant à une action internationale pour obliger Israël à lever le blocus sans condition, disant que les Palestiniens de Gaza sous siège israélien continuaient de vivre dans les mêmes conditions épouvantables. Une semaine après, Human Rights Watch publiait un rapport global « Separate and Unequal » qui dénonce la politique israélienne comme étant de l’apartheid, reprenant les sentiments similaires d’activistes anti-apartheid sud-africains.
Nous, Palestiniens de Gaza, voulons avoir la liberté de rencontrer nos amis palestiniens ou nos familles de Tulkarem, Jérusalem ou Nazareth ; nous voulons avoir le droit de voyager et de circuler en toute liberté. Nous voulons vivre sans craindre une nouvelle campagne de bombardement qui fasse des centaines de morts parmi nos enfants et beaucoup d’autres blessés ou souffrant de cancers à cause de la contamination du phosphore blanc et des armes chimiques d’Israël. Nous voulons vivre sans être humiliés aux checkpoints israéliens, sans l’indignité de ne pas pouvoir subvenir aux besoins de nos familles à cause du chômage dû au contrôle économique et au siège illégale. Nous demandons la fin du racisme qui sous-tend toute cette oppression.
Nous posons la question : quand les pays du monde agiront-ils en accord avec le principe premier d’égalité de traitement des peuples, quelles que soient leur origine, leur ethnicité ou leur couleur : est-ce si saugrenu qu’un enfant palestinien mérite les mêmes droits que n’importe quel autre être humain ? Regarderez-vous derrière vous pour dire que vous vous êtes tenus du bon côté de l’histoire, ou aurez-vous soutenu l’oppresseur ?
Nous appelons donc la communauté internationale à prendre ses responsabilités pour protéger le peuple palestinien contre l’odieuse agression d’Israël, en mettant immédiatement fin au siège avec une totale compensation pour la destruction de la vie et des infrastructures qui nous a été infligée par cette politique évidente de châtiment collectif. Rien ne justifie la politique délibérée de sauvagerie, dont la rupture de l’approvisionnement en eau et en électricité pour 1,5 million de personnes. La conspiration internationale de silence envers la guerre génocidaire qui a lieu contre plus de 1,5 million de civils à Gaza indique la complicité dans ces crimes de guerre.
Nous appelons également tous les groupes de solidarité avec la Palestine et toutes les organisations de la société civile internationale à exiger :
– la fin du siège imposé au peuple palestinien en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza à cause de l’exercice de leur choix démocratique,
– la protection des vies et biens civils, comme stipulé dans le droit humanitaire international et les droits de l’homme internationaux comme la quatrième Convention de Genève,
– la libération immédiate de tous les prisonniers politiques,
– que les réfugiés palestiniens dans la Bande de Gaza reçoivent immédiatement un soutien financier et matériel pour faire face aux immenses difficultés qu’ils éprouvent,
– la fin de l’occupation, de l’apartheid et autres crimes de guerre,
– les réparations immédiates et compensation pour toutes les destructions perpétrés par les forces israéliennes d’occupation dans la Bande de Gaza.
Participez à la campagne BDS, rejoignez les nombreux syndicats internationaux, universités, supermarchés, artistes et écrivains qui refusent d’entretenir Israël Apartheid. Exprimez-vous pour la Palestine, pour Gaza, et surtout, AGISSEZ. Maintenant.
Depuis Gaza assiégée, Palestine
27 décembre 2010
Liste des signataires
General Union for Public Services Workers
General Union for Health Services Workers
University Teachers’ Association
Palestinian Congregation for Lawyers
General Union for Petrochemical and Gas Workers
General Union for Agricultural Workers
Union of Women’s Work Committees
Union of Synergies—Women Unit
The One Democratic State Group
Arab Cultural Forum
Palestinian Students’ Campaign for the Academic Boycott of Israel
Association of Al-Quds Bank for Culture and Info
Palestine Sailing Federation
Palestinian Association for Fishing and Maritime
Palestinian Network of Non-Governmental Organizations
Palestinian Women Committees
Progressive Students’ Union
Medical Relief Society
The General Society for Rehabilitation
General Union of Palestinian Women
Afaq Jadeeda Cultural Centre for Women and Children
Deir Al-Balah Cultural Centre for Women and Children
Maghazi Cultural Centre for Children
Al-Sahel Centre for Women and Youth
Ghassan Kanfani Kindergartens
Rachel Corrie Centre, Rafah
Rafah Olympia City Sisters
Al Awda Centre, Rafah
Al Awda Hospital, Jabaliya Camp
Ajyal Association, Gaza
General Union of Palestinian Syndicates
Al Karmel Centre, Nuseirat
Local Initiative, Beit Hanoun
Union of Health Work Committees
Red Crescent Society Gaza Strip
Beit Lahiya Cultural Centre
Al Awda Centre, Rafah
Source : The Palestinian Telegraph
http://www.paltelegraph.com/palestine/palestinian-refugees/7826-an-open-letter-from-gaza-two-years-after-the-massacre-a-demand-for-justice.html
sans le nom de la personne qui a traduit la lettre
http://www.almanar.com.lb/newssite/NewsDetails.aspx?id=167766&language=fr



