Egypte Palestine : Le mur de la honte


Tariq Ramadan

On savait que les Palestiniens étaient depuis longtemps les victimes directes des politiques arabes chaotiques, veules et hypocrites. On savait que l’Etat d’Israël n’avait au fond pas de grands efforts à faire pour imposer sa vision, ses méthodes et ses objectifs : avec les Etats-Unis, le silence complice de l’Europe, et la complicité passive des Etats arabes, la cause était entendue. D’aucuns ont même parlé, avec quelque raison, de la « politique pro-sioniste » des Etats arabes. Nous savions les lâchetés et les trahisons : rien de nouveau à l’horizon.

On avait pu croire que le pire fut atteint avec l’offensive meurtrière et criminelle des forces israéliennes sur Gaza il y a un an. C’était sans compter sur la capacité créatrice du « pire encore » qu’allait nous offrir l’Etat égyptien et la délégation des « autorités religieuses » d’al-Azhar. Au nom de « la sécurité nationale », contre « le terrorisme », et, enfin, pour lutter contre « la corruption », la « contrebande » et « le trafic de drogue » des « indisciplinés » de Gaza, le gouvernement égyptien a décidé de construire un mur souterrain de plus de vingt mètres de profondeur afin d’empêcher que les « Gazaouis » continuent leurs actes « illégaux » de construction des « tunnels de la contrebande ». Le gouvernement égyptien n’a bien sûr aucune intention de cloîtrer les habitants dans leur enfer ; il s’agit, à l’évidence, d’une question de sécurité nationale ! Cela est tellement vrai que le comité des savants d’al-Azhar a cautionné ladite décision en affirmant qu’il était « islamiquement légitime » (« conforme à la sharî’a ») de protéger ses frontières (ceux ci répondaient à une fatwa de l’Union mondiale des savants musulmans qui disait exactement le contraire, à savoir que cette décision était « islamiquement inacceptable »).

Quelle honte ! Comment ose-t-on jouer avec la justice, instrumentaliser ainsi le pouvoir et la religion. Le peuple palestinien, et au premier rang duquel les habitants de Gaza, vivent un déni de dignité et de droit, ils n’ont plus accès à la nourriture, à l’eau et aux soins, et voilà que le gouvernement égyptien se fait l’allié de la pire politique israélienne : isoler, étrangler, affamer, étouffer les civils palestiniens après les avoir décimés par centaines. Il est question de faire plier la résistance et d’acculer les leaders. Le gouvernement égyptien a bloqué les différents convois qui cherchaient à secourir le peuple palestinien avec l’espoir de lever le blocus sur Gaza. La mobilisation qui a permis à des centaines de femmes et d’hommes du monde entier de se réunir à Rafa a essuyé refus sur refus de la part du pouvoir du Caire, le tout agrémenté de quelques humiliations ciblées.

Quelle honte vraiment ! Le gouvernement israélien peut sourire. Au même moment, on nous annonce un lancement nouveau et « prometteur » du « processus de paix » !! Toutes les parties y trouveraient leur compte, nous dit-on, et les Etats-Unis, soutenus par l’Arabie Saoudite et … l’Egypte, ont grandement participé à l’élaboration de ce « programme complet ». Beau « processus de paix » au nom duquel il aura fallu soumettre des civils à des mois de boycott avant d’inviter leurs leaders à des tables de négociations « très libres » et « très respectueuses ». Le gouvernement israélien peut sourire, à l’évidence : il gagne encore du temps et ne perd sur aucun dossier. Sa politique de peuplement sera temporairement gelée…sauf les constructions déjà engagées. Belle négociation en vérité !

Il faut le dire et le répéter : le « mur-égyptien-de-sécurité-nationale » est une honte. Les autorités religieuses qui l’ont, de surcroît, légitimé ont agi comme ces fameux « ulamâ » (savants musulmans) ou « conseils islamiques » soumis qui aux pouvoirs, qui aux dictatures, qui aux forces coloniales ou qui encore aux quelconques Républiques peu cohérentes et manipulatrices des religieux. Que peut-il rester de leur crédibilité avec l’émission d’une telle « fatwa politique » qui ajoute à la dictature du pouvoir la caution islamique de la lâcheté des savants (ulamâ) ? Le silence eut été préférable.

Il faut dénoncer l’inacceptable et demeurer aux côtés de celles et de ceux qui résistent dans la dignité. S’il est une chose que les gouvernements israéliens successifs savent, et avec laquelle nous sommes d’accord, c’est que le peuple palestinien ne cédera pas. Et pour ceux qui auraient quelques doutes, ajoutons à cette certitude, une seconde vérité du temps : l’Histoire est du côté des Palestiniens et ce sont eux qui représentent pour aujourd’hui et pour demain l’espoir des valeurs humaines les plus nobles. Résister à l’oppresseur, défendre ses droits légitimes et sa terre, et ne jamais céder à l’arrogance et aux mensonges des puissants. Quant aux pouvoirs israéliens, égyptiens ou autres, ou encore les fatâwâ (plur. de fatwa) des ulamâ appointés, ils passeront, ils passeront très certainement et seront heureusement oubliés. Heureusement. Le devoir de mémoire se meut en invitation à l’oubli quand il s’agit des noms et des agissements des dictateurs, des traitres et des lâches.

Egalité dans la marche : compte rendu de notre périple Egyptien.


Le Caire, le 07 janvier 2010

Nous (membres d’EGALITE) sommes arrivées le 24 décembre au Caire pour participer à la « Gaza Freedom March », une coalition internationale initiée aux Etats-Unis et visant à réunir des milliers de volontaires pour dire NON AU BLOCUS DE GAZA.

Alors que cette marche devait commencer le 27 décembre 2009, c’est-à-dire un an jour pour jour après le début des bombardements israéliens, les autorités égyptiennes nous ont fait comprendre assez rapidement que cette marche n’aurait pas lieu ! Motif ? … notre SECURITE!

Les autorités égyptiennes nous ont signalé que tout rassemblement ou manifestation serait totalement interdit, notre seul droit était de faire du tourisme. Inutile de vous dire que nous étions continuellement surveillés !

Avec les différentes organisations internationales participant à la marche, nous avons décidé de nous faire entendre ! Plusieurs manifestations ont eu lieu au Caire : devant le syndicats des journalistes, devant le musée du Caire, devant l’ambassade de France, l’ambassade d’Israël, sur la place Tahrir près du musée de Caire, devant les bureaux de la délégation de la commission européenne, devant la mosquée d’Al Azhar.

Première tentative vers Al Ariche :

Le 28 décembre 2009.

Vers 14H00, nous avons pris le bus avec une soixantaine de personnes de différentes organisations : ABP, AFPS, et le groupe des Luxembourgeois.

Nous avons été arrêtés au barrage d’Ismailia, où nous avons coopéré avec les douaniers, en leur donnant nos noms et numéros de passeport.

Après deux heures de vérification et de contrôle, nous nous sommes entendus dire que nous n’étions pas autorisés à poursuivre notre chemin vers Al Ariche.

Grosse déception, colères et incompréhensions envers les autorités Égyptiennes.

En apprenant que l’ABP ne ferait plus aucune tentative pour aller à Gaza, nous avons alors décidé d’essayer par nous-mêmes d’autre tentatives.

Seconde tentative vers Al Ariche :

Le 30 décembre 2009.

Vers 18h00, nous avons loué un minibus et nous sommes répartis en petits groupes d’une douzaine d’« arabo-musulmans », afin de faire route vers Al Ariche, déterminés à passer Ismailia.

Arrivés au barrage d’Ismailia, nous avons été à nouveau arrêtés et contrôlés, cette fois-ci, nos passeports ont été confisqués pendant plus de 3h.

Après bien des négociations avec les douaniers et les autorités supérieures, nous avons organisé un setting à côté des douaniers durant deux heures.

Remarquant que nous étions bien décidés à résister jusqu’au bout, les douaniers s’en sont pris à notre chauffeur en le menaçant de lui retirer son permis, si nous ne remontions pas dans le minibus en direction du Caire.

Afin de ne lui causer aucun problème, nous avons décidé, malgré notre déception et notre rage de rebrousser chemin vers le Caire.

Troisième tentative vers Al Ariche :

Dimanche 3 janvier 2010.

Notre groupe s’est réduit vu le retour de quelques-uns en Belgique. Nous ne sommes plus que huit personnes à vouloir tenter une nouvelle fois d’entrer à Gaza. Nous avons alors décidé de prendre le car national avec les Egyptiens afin de nous fondre dans la masse.

Dans le car nous avons rencontré deux Italiens qui avaient entrepris la même démarche.

Arrivés à notre fameux barrage-«check point » d’Ismailia, un douanier nous a demandé nos passeports et après vérification, nous a priés de descendre du bus avec nos bagages.

Après plus d’une heure de négociation, nous avons dû faire demi-tour.

Quatrième tentative :

Lundi 4 janvier 2010.

Nous avons pris un car national avec les égyptiens en direction de Port Saïd et dépassé enfin le check point d’Ismaïlia avec succès.

Quelle fut notre joie ! Grande satisfaction…avec manifestations de bonheur de certains et applaudissements. Nous nous retrouvions donc en route vers Port Saïd.

Arrivés à Port Saïd, nous avons pris un taxi en direction de Qantara, pour traverser la rive qui sépare Qantara Est de l’Ouest. Vers 22h, alors que nous nous dirigions vers l’embarquement des passagers, nous nous sommes faits arrêtés et contrôlés par des officiers.

Un des officiers a alors contacté son supérieur, celui-ci, muni de son keffieh et d’une arme, nous a fait une entrée hollywoodienne avec son véhicule, accompagné de ses gardes. A ce moment-là, s’en sont suivi, l’interrogatoire, la prise des passeports et une longue attente.

Finalement, il nous a signalé que pour notre sécurité, aucun touriste ne pouvait se rendre à El Arish, alors que les frontières étaient ouvertes depuis le 3 janvier jusqu’au 10 pour les Arabes, Égyptiens, Palestiniens et ONG. C’est le summum de notre révolte !

Toujours munis de la même motivation, nous ne baissons pas les bras et prenons un taxi en direction de El Arish via le pont. Après une vingtaine de kilomètres, nous sommes arrêtés au check point d’ El Qantara. Là, nous avons changé notre tactique et avons déclaré aux douaniers que nous avions laissé malencontreusement nos passeports à l’hôtel.

Mais M. qui faisait semblant d’être endormi, a commencé un rire « nerveux ». Le douanier nous a alors demandé de nous mettre sur le coté, et à cet instant les 6 personnes présentes ont été prises d’un fou rire contagieux. Les douaniers nous ont alors interrogé à tour de rôle sur nos intentions, notre direction, nos identités…

Vers minuit, changement de service des officiers, et de nouveau un interrogatoire de nature un peu plus diplomatique cette fois-ci (changement de ton, plus amical), afin d’obtenir nos passeports. L’officier s’intéressa particulièrement sur nos origines palestinienne et/ou arabe de chacun d’entre nous. Après lui avoir confirmé, il insista sur l’obtention de notre passeport.

Après quelques hésitations nous avons décidé de les lui donner, dans l’espoir d’un probable passage. Une délégation turque, déjà présente à notre arrivée, a pu passer, sans trop de difficultés.

Durant l’attente de plusieurs heures, nous avons pu assister au défilé mais également aux fouilles des camions chargées de vivres et de matériels à destination de Gaza.

Nous avons appris par la suite que notre chauffeur de taxi a été arrêté immédiatement pour une infraction commise ultérieurement. Par conséquent, tout est mis en œuvre pour nous trouver un autre chauffeur de taxi. D’un ton agressif, les douaniers nous informent que nous devons rebrousser chemin et que le passage nous est formellement refusé.

Il est trois heures du matin lorsque nous avons finalement récupéré nos passeports. Nous avons alors repris la direction de Qantara, afin de chercher un hôtel.

Ce fut aussi la fin de notre rêve de rentrer à Gaza cette fois-ci….avec une grande amertume envers les autorités égyptiennes, qui ont tout fait pour nous empêcher de visiter nos frères et sœurs de Gaza.

Toutes nos péripéties ne sont en rien comparables avec ce que subissent les Gazaouis, qui vivent quotidiennement ce blocus inhumain, qui affame 1,5 million de personnes depuis maintenant plus de trois ans.

Nous déplorons le manque d’intérêt de nos médias locaux, pour dévoiler le caractère sensible que revête le citoyen belge à vouloir dénoncer, les injustices vécues par les habitants de Gaza.

Nous déplorons l’incapacité de notre ambassade belge à agir pour l’obtention d’une autorisation de passage à Gaza en prétextant d’être un petit pays.

Face au silence complice des chefs d’États par rapport à ce blocus criminel, nous appelons chacun et chacune à continuer ses actions. Contribuons chacun et chacune à l’édifice d’une mobilisation mondiale à la cause palestinienne.

Au moment ou nous écrivons ces lignes, nous apprenons que le convoi Viva Palestina est entré mercredi soir dans la bande de Gaza après un long périple et des incidents avec la police égyptienne. Ce convoi d’au moins 140 camions et voitures chargés de nourriture et de matériel médical en provenance d’Europe, de pays arabes et de Turquie, et dirigé par le député britannique George Galloway est enfin arrivé à passer. Cela nous met du baume au cœur et nous nous en réjouissons.

Cela nous prouve qu’une mobilisation massive et mondiale peut faire ce que les instances internationales et nos gouvernements sont incapables de faire.

La responsabilité de l’Europe et de la Belgique, dans le siège de Gaza, est importante. Notre silence et notre inaction relèvent de la complicité. C’est pourquoi notre détermination à rompre le siège de Gaza reste grande et la campagne pour atteindre ce but ne fait que commencer.

A ce titre, nous vous invitons à faire pression sur notre ministre des Affaires étrangères, afin de reprendre une action concertée immédiate pour obtenir la levée du blocus de Gaza avant la fin de la présidence espagnole en 2010.

Nous n’acceptons pas que puisse perdurer sous nos yeux ce déni de justice que continuent de subir les Palestiniens. Nous vous invitons à signer et faire signer cette pétition :

http://www.lapetition.be/en-ligne/agir-pour-lever-le-blocus-de-gaza-5937.html

Salutations égalitaires,

Fatima Zohra, Farah, Zohra, Alyah

Gaza attaquée


Gaza, January 8, 2010 (Pal Telegraph)- A massive explosion took place few moments ago western Gaza City, in Tal Al Hawa neighborhood. Eyewitness reported that Israeli F16s launched an aerial attack midnight. The attack was followed by a series of air raids.

Palestine Telegraph reported that a number of air raids took place northern Gaza Strip while no new reported about the attacks yet. The attacks also targeted the southern and middle areas of Gaza Strip.

Medical sources reported no casualties till this moment while ambulances hurried to the targeted area.
A number of F16 can be heard at the moment and a case of panic and fear spread amongst the civilians who were in a sleep.

The attacks came amid a very densely populated area where around 150 thousands Palestinians live.
Israeli army launched a number of attacks last week killing a number of Palestinians.

Via Ayman Quaider and Sameh Habeeb

La France et les USA s’associent activement au bouclage de Gaza


G.Houbballah – Al-Manar nous apprend, via le site « Info-Palestine », que « selon des sources bien informées égyptiennes, le chef des services de renseignements militaires français, Benoît Bougier a visité le site de construction du mur d’acier de Gaza, sur la zone frontalière entre l’Égypte et la bande de Gaza.

Il s’agit d’un « mur » souterrain dont l’Egypte a entrepris la construction afin de réduire le phénomène des tunnels entre l’Egypte et la Bande de Gaza, par lesquels passe l’essentiel de l’approvisionnement en marchandises de toute sorte (carburant, matériaux de [re-]construction aussi bien que produits alimentaires) qui permet à la population gazaouite de survivre. Israël, en effet, n’autorise l’importation que de 53 produits dits « de première nécessité », comme par hasard provenant tous d’entreprises israéliennes (qui souvent expédient vers Gaza des marchandises dont la date de péremption est proche, voire dépassée).

Le prétexte utilisé est évidemment que les tunnels servent aussi au « trafic d’armes » (de son côté, Israël n’a pas besoin de recourir à ce genre de « trafic », puisque non seulement les Etats-Unis lui fournissent « légalement » plus d’armes qu’aucun pays de cette taille n’en aura jamais besoin, mais en plus c’est l’Oncle Sam qui paie… !).

Au cours de sa visite, le patron des services de renseignements militaires français a rencontré des officiers français qui participent avec des militaires égyptiens à la supervision de la construction de la paroi de fer longeant l’axe de Salaheddine afin de fermer les tunnels.

Selon les mêmes sources, le chef des services secrets français a rencontré avant son arrivée dans la zone frontalière les responsables dans la direction américaine, créé spécifiquement suivre et superviser le processus de fermeture des tunnels basée à l’ambassade américaine au Caire.

Les sources ont ajouté que le général français est venu s’assurer par lui-même ce qu’il a appelé « la plus grande opération militaire jamais vue dans l’histoire visant à lutter contre le monde de la « contrebande souterraine » » selon ses termes.

Le chef des services de renseignements militaires français s’est aussi réuni avec la direction exécutive du projet basée dans la ville égyptienne d’El Arish, avant d’atteindre la frontière pour voir par lui-même les grues égyptiennes géantes creuser et incruster des plaques géantes d’acier de 50 cm d’épaisseur à de 18 mètres de profondeur dans lesquelles les officiers, français et américains ont installés des capteurs hyper-sensibles ayant pour mission de signaler toute tentative d’infiltration souterraine.

De l’avis des équipes américaines et françaises, cette opération de fermeture de la frontière entre Gaza et l’Égypte, représente un projet expérimental, s’il réussit, il sera appliquée dans d’autres guerres contre les soi-disant « groupes terroristes » dans différentes parties du monde.

Et grâce à tout ce joli monde, la Bande de Gaza mérite chaque jour un peu plus d’être appelée « la plus grande prison à ciel ouvert du monde », dont les prisonniers sont coupables d’avoir « mal voté », en 2006, lors des élections les plus indiscutablement démocratiques qu’on ait pu voir dans le monde arabe…

source

Déclaration du Caire


pour en finir avec l’Apartheid israélien

dimanche 3 janvier 2010 – 08h:10

Free Gaza March

Les Marcheurs pour la Liberté de Gaza ont approuvé aujourd’hui une déclaration visant à accélérer la campagne mondiale de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre l’apartheid israélien.

Environ 1400 militants internationaux ont participé au rassemblement en Egypte.

Environ 1400 militants venus de 43 pays ont convergé au Caire pour se rendre à Gaza pour se joindre à des Palestiniens en marche pour briser le siège illégal d’Israël. Ils ont été empêchés d’entrer à Gaza par les autorités égyptiennes.

En conséquence, les Marcheurs sont restés au Caire. Ils ont organisé une série d’actions non-violentes visant à pousser la communauté internationale à mettre fin au siège, ce qui est une étape dans la lutte plus large pour garantir la justice aux Palestiniens dans toute la Palestine historique.

Cette déclaration avance les objectifs qui suivent.

Non à l’Apartheid israélien

Déclaration du Caire

Nous, délégués internationaux réunis au Caire pour la Marche 2009 pour Liberté de Gaza, dans une réponse collective à une initiative de la délégation sud-africaine, statuons que :

Compte tenu :

– de la punition collective imposée par Israël sur les Palestiniens par l’occupation illégale et le siège de Gaza ;
– de l’occupation illégale de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, et la poursuite de la construction illégale du mur de l’Apartheid et des colonies ;
– du nouveau mur en construction par l’Egypte et les Etats-Unis, qui va resserrer encore le siège de Gaza ;
– du mépris pour la démocratie palestinienne montré par Israël, les Etats-Unis, le Canada, l’UE et d’autres après les élections palestiniennes de 2006 ;
– des crimes de guerre commis par Israël pendant l’invasion de Gaza il ya un an ;
– de la persistance d’une discrimination et de la répression auxquelse sont confrontés les Palestiniens en Israël ;
– de la poursuite de l’exil des millions de réfugiés palestiniens ;
– de tous les actes d’oppression qui sont basés en définitive sur l’idéologie sioniste qui sous-tend Israël ;
– en sachant que nos propres gouvernements ont donné à Israël un soutien direct économique, financier, militaire et diplomatique et lui ont permis d’agir avec impunité ;
– et en référence à la Déclaration des Nations Unies relative aux droits des populations autochtones (2007)

Nous réaffirmons notre engagement pour :

– l’autodétermination palestinienne
– la fin de l’occupation
– l’égalité des droits pour tous dans la Palestine historique
– l’intégralité du droit au retour des réfugiés palestiniens

Nous réaffirmons donc notre soutien à l’appel palestinien unitaire de Juillet 2005 pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS) pour contraindre Israël à se conformer au droit international.

À cette fin, nous demandons et souhaitons aider à amorcer un mouvement global et de masse, démocratique et anti-apartheid à agir en pleine concertation avec la société civile palestinienne pour mettre en œuvre l’appel palestinien au BDS.

Conscients des nombreuses similitudes entre l’apartheid Israël et l’ancien régime d’apartheid en Afrique du Sud, nous proposons :

1) Une tournée internationale de conférences au cours des 6 premiers mois de l’année 2010 par les syndicalistes palestiniens et sud-africains et militants de la société civile, pour qu’ils soient rejoints par des syndicalistes et des militants engagés dans ce programme au sein du pays visité, afin d’expliquer directement la campagne BDS directement aux syndicalistes et au grand public au niveau international ;

2) La participation à la semaine contre l’Apartheid israélien en Mars 2010 ;

3) Une approche unitaire systématique pour le boycott des produits israéliens, associant les consommateurs, les travailleurs et leurs syndicats dans le commerce de détail, l’entrepôt et les transports ;

4) Développer le boycott académique, culturel et sportif ;

5) Lancer des campagnes visant à encourager le retrait des syndicats et des autres fonds de pension de sociétés directement impliquées dans l’occupation et/ou l’industrie militaire israélienne ;

6) Lancer des actions en justice visant le recrutement à l’extérieur de soldats pour servir dans l’armée israélienne ; poursuivre les criminels de guerre du gouvernement israélien ; se coordonner avec le « Citizen’s Arrest Bureaux », afin de traduire devant la justice les criminels de guerre israéliens ; à soutenir le rapport de Goldstone et l’application de ses recommandations ;

7) Faire campagne contre le statut d’organisation de bienfaisance attribué au Fonds National Juif (JNF).

Nous lançons un appel aux organisations et aux individus engagés dans cette déclaration à la signer et à travailler avec nous pour la traduire dans la réalité.

Vous pouvez nous écrire à : cairodec@gmail.com

Premiers signataires :

(* l’affiliation est donnée uniquement pour information)

1. Hedy Epstein, Holocaust Survivor/ Women in Black*, USA

2. Nomthandazo Sikiti, Nehawu, Congress of South African Trade Unions (COSATU), Affiliate International Officer*, South Africa

3. Zico Tamela, Satawu, Congress of South African Trade Unions (COSATU) Affiliate International Officer*, South Africa

4. Hlokoza Motau, Numsa, Congress of South African Trade Unions (COSATU) Affiliate International Officer*, South Africa

5. George Mahlangu, Congress of South African Trade Unions (COSATU) Campaigns Coordinator*, South Africa

6. Crystal Dicks, Congress of South African Trade Unions (COSATU) Education Secretary*, South Africa

7. Savera Kalideen, SA Palestinian Solidarity Committee*, South Africa

8. Suzanne Hotz, SA Palestinian Solidarity Group*, South Africa

9. Shehnaaz Wadee, SA Palestinian Solidarity Alliance*, South Africa

10. Haroon Wadee, SA Palestinian Solidarity Alliance*, South Africa

11. Sayeed Dhansey, South Africa

12. Faiza Desai, SA Palestinian Solidarity Alliance*, South Africa

13. Ali Abunimah, Electronic Intifada*, USA

14. Hilary Minch, Ireland Palestine Solidarity Committee*, Ireland

15. Anthony Loewenstein, Australia

16. Sam Perlo-Freeman, United Kingdom

17. Julie Moentk, Pax Christi*, USA

18. Ulf Fogelström, Sweden

19. Ann Polivka, Chico Peace and Justice Center*, USA

20. Mark Johnson, Fellowship of Reconciliation*, USA

21. Elfi Padovan, Munich Peace Committee*/Die Linke*, Germany

22. Elizabeth Barger, Peace Roots Alliance*/Plenty I*, USA

23. Sarah Roche-Mahdi, CodePink*, USA

24. Svetlana Gesheva-Anar, Bulgaria

25. Cristina Ruiz Cortina, Al Quds-Malaga*, Spain

26. Rachel Wyon, Boston Gaza Freedom March*, USA

27. Mary Hughes-Thompson, Women in Black*, USA

28. David Letwin, International Jewish Anti-Zionist Network (IJAN)*, USA

29. Jean Athey, Peace Action Montgomery*, USA

30. Gael Murphy, Gaza Freedom March*/CodePink*, USA

31. Thomas McAfee, Journalist/PC*, USA

32. Jean Louis Faure, International Jewish Anti-Zionist Network (IJAN)*, France

33. Timothy A King, Christians for Peace and Justice in the Middle East*, USA

34. Gail Chalbi, Palestine/Israel Justice Project of the Minnesota United Methodist Church*, USA

35. Ouahib Chalbi, Palestine/Israel Justice Project of the Minnesota United Methodist Church*, USA

36. Greg Dropkin, Liverpool Friends of Palestine*, England

37. Felice Gelman, Wespac Peace and Justice New York*/Gaza Freedom March*, USA

38. Ron Witton, Australian Academic Union*, Australia

39. Hayley Wallace, Palestine Solidarity Committee*, USA

40. Norma Turner, Manchester Palestine Solidarity Campaign*, England

41. Paula Abrams-Hourani, Women in Black (Vienna)*/ Jewish Voice for Just Peace in the Middle East*, Austria

42. Mateo Bernal, Industrial Workers of the World*, USA

43. Mary Mattieu, Collectif Urgence Palestine*, Switzerland

44. Agneta Zuppinger, Collectif Urgence Palestine*, Switzerland

45. Ashley Annis, People for Peace*, Canada

46. Peige Desgarlois, People for Peace*, Canada

47. Hannah Carter, Canadian Friends of Sabeel*, Canada

48. Laura Ashfield, Canadian Friends of Sabeel*, Canada

49. Iman Ghazal, People for Peace*, Canada

50. Filsam Farah, People for Peace*, Canada

51. Awa Allin, People for Peace*, Canada

52. Cleopatra McGovern, USA

53. Miranda Collet, Spain

54. Alison Phillips, Scotland

55. Nicholas Abramson, Middle East Crisis Response Network*/Jews Say No*, USA

56. Tarak Kauff, Middle East Crisis Response Network*/Veterans for Peace*, USA

57. Jesse Meisler-Abramson, USA

58. Hope Mariposa, USA

59. Ivesa Lübben. Bremer Netzwerk fur Gerechten Frieden in Nahost*, Germany

60. Sheila Finan, Mid-Hudson Council MERC*, USA

61. Joanne Lingle, Christians for Peace and Justice in the Middle East (CPJME)*, USA

62. Barbara Lubin, Middle East Children’s Alliance*, USA

63. Josie Shields-Stromsness, Middle East Children’s Alliance*, USA

64. Anna Keuchen, Germany

65. Judith Mahoney Pasternak, WRL* and Indypendent*, USA

66. Ellen Davidson, New York City Indymedia*, WRL*, Indypendent*, USA

67. Ina Kelleher, USA

68. Lee Gargagliano, International Jewish Anti-Zionist Network (Chicago)*, USA

69. Brad Taylor, OUT-FM*, USA

70. Helga Mankovitz, SPHR (Queen’s University)*, Canada

71. Mick Napier, Scottish Palestine Solidarity Campaign*, Scotland

72. Agnes Kueng, Paso Basel*, Switzerland

73. Anne Paxton, Voices of Palestine*, USA

74. Leila El Abtah, The Netherlands

75. Richard Van der Wouden, The Netherlands

76. Rafiq A. Firis, P.K.R.*/Isra*, The Netherlands

77. Sandra Tamari, USA

78. Alice Azzouzi, Way to Jerusalem*, USA

79. J’Ann Schoonmaker Allen, USA

80. Ruth F. Hooke, Episcopalian Peace Fellowship*, USA

81. Jean E. Lee, Holy Land Awareness Action Task Group of United Church of Canada*, Canada

82. Delphine de Boutray, Association Thèâtre Cine*, France

83. Sylvia Schwarz, USA

84. Alexandra Safi, Germany

85. Abdullah Anar, Green Party – Turkey*, Turkey

86. Ted Auerbach, USA

87. Martha Hennessy, Catholic Worker*, USA

88. Louis Ultale, Interfaile Pace e Bene*, USA

89. Leila Zand, Fellowship of Reconciliation*, USA

90. Emma Grigore, CodePink*, USA

91. Sammer Abdelela, New York Community of Muslim Progressives*, USA

92. Sharat G. Lin, San Jose Peace and Justice Center*, USA

93. Katherine E. Sheetz, Free Gaza*, USA

94. Steve Greaves, Free Gaza*, USA

95. Trevor Baumgartner, Free Gaza*, USA

96. Hanan Tabbara, USA

97. Marina Barakatt, CodePink*, USA

98. Keren Bariyov, USA

99. Ursula Sagmeister, Women in Black – Vienna*, Austria

100. Ann Cunningham, Australia

101. Bill Perry, Delaware Valley Veterans for Peace*, USA

102. Terry Perry, Delaware Valley Veterans for Peace*, USA

103. Athena Viscusi, USA

104. Marco Viscusi, USA

105. Paki Wieland, Northampton Committee*, USA

106. Manijeh Saba, New York / New Jersey, USA

107. Ellen Graves, USA

108. Zoë Lawlor, Ireland – Palestine Solidarity Campaign*, Ireland

109. Miguel García Grassot, Al Quds – Málaga*, Spain

110. Ana Mamora Romero, ASPA-Asociacion Andaluza Solidaridad y Paz*, Spain

111. Ehab Lotayef, CJPP Canada*, Canada

112. David Heap, London Anti-War*, Canada

113. Adie Mormech, Free Gaza* / Action Palestine*, England

114. Aimee Shalan, UK

115. Liliane Cordova, International Jewish Anti-Zionist Network (IJAN)*, Spain

116. Priscilla Lynch, USA

117. Jenna Bitar, USA

118. Deborah Mardon, USA

119. Becky Thompson, USA

120. Diane Hereford, USA

121. David Heap, People for Peace London*, Canada

122. Donah Abdulla, Solidarity for Palestinian Human Rights*, Canada

123. Wendy Goldsmith, People for Peace London*, Canada

124. Abdu Mihirig, Solidarity for Palestinian Human Rights-UBC*, Canada

125. Saldibastami, Solidarity for Palestinian Human Rights-UBC*, Canada

126. Abdenahmane Bouaffad, CMF*, France

127. Feroze Mithiborwala, Awami Bharat*, India

128. John Dear, Pax Christi*, USA

129. Ziyaad Lunat, Portugal

130. Michael Letwin, New York City Labor Against the War (NYCLAW)

Labor For Palestine

« NOTRE PARTICIPATION À LA GAZA FREEDOM MARCH »


un point de vue qui n’est pas partagé par tous les participants

Geneviève, Cécile et moi avons participé à la Gaza Freedom March dans le cadre de la délégation française organisée par le CAPJPO/Euro-Palestine (300 personnes).
Ce qui suit est écrit sous ma responsabilité mais ne trahit pas, je pense, la position des deux autres.

Comme tout le monde le sait sans doute, nous n’avons pu quitter le Caire.
Dans ces conditions, nous avons réalisé collectivement ce qui nous est apparu le meilleur que nous puissions faire : tenir pendant une semaine une « zone libre » en plein Caire, consacrée à la propagande pour le peuple Palestinien contre le blocus de Gaza.

De facto, la délégation française s’est trouvée jouer ainsi un rôle d’avant-garde par rapport à la Coordination internationale avec laquelle les désaccords tactiques et stratégiques sont apparus significatifs: tenir prioritairement le pas politique gagné (« la bande de Giza ») ou fuir en avant dans un activisme sans principe ; nous adresser en égalité de statut au peuple égyptien et cairote, soldats compris, ou nous comporter en Occidentaux abusant sans vergogne d’un privilège d’impunité (pour un certain nombre de marcheurs, la « démocratie » qu’ils brandissaient avec arrogance face aux Égyptiens n’était que le nouveau nom du bon vieux « colonialisme »…).

Grâce aux efforts de tous, l’unité des marcheurs venus de France a pu être préservée, ce qui nous semble, au bout du compte, avoir constitué une bonne chose dans les conditions du moment (cette unité était la condition sine qua non pour tenir le lieu politique inventé sur le pouce).
Il est clair que si l’initiative d’une telle marche devait être reprise en décembre 2010, nous déciderions éventuellement d’y intervenir tout autrement.

Au total, nous n’avons guère appris sur les Palestiniens et très peu sur les Égyptiens, mais beaucoup sur ce que veut dire « communauté internationale des activistes ». C’est en soi un résultat.

Par ailleurs, nous avons eu l’impression que l’invention et la tenue de ce lieu politique en plein Caire a constitué un micro-événement (effervescence rappelant par certains traits les occupations de mai 68) dont on ignore encore les éventuelles répercussions à l’intérieur de l’Égypte. Il est en tous les cas patent que la question du mur égyptien est désormais posée là-bas sur la place publique, et que le peuple égyptien n’est pas du côté « Occidental »…
Ce pays, par bien des côtés, apparaît comme socialement et politiquement très fragile (1,5 millions de policiers, finalement entretenus par les EU qui versent 1,5 Mds de $/an à Moubarak) et constitue en même temps l’élément-clef du dispositif « occidental » dans la région (ne pas oublier qu’il est à cheval entre l’Afrique et l’Asie…). Faut-il en conclure qu’il constitue un maillon faible du camp « Occidental »? L’avenir nous le dira.

En complément, voici la tribune libre envoyée à L’Humanité pour parution éventuelle dans son édition spéciale de lundi matin.

Les marcheurs venus de France inventent en plein Caire une « bande de Giza »
Trois cent personnes venues de France ont participé à la Marche internationale pour Gaza. Le gouvernement égyptien, ayant décidé de l’interdire, a dissuadé les compagnies d’autobus d’honorer leurs contrats de location. Ainsi la délégation française, rassemblée dimanche 27 au soir devant l’Ambassade de France, s’est-elle retrouvée dans l’impossibilité de quitter le Caire. Après avoir improvisé une occupation de la chaussée, les marcheurs ont obtenu le droit d’occuper le trottoir longeant l’Ambassade, d’abord pour une nuit, puis, finalement, pour toute la semaine.
Pendant cinq nuits et cinq jours de suite, s’est ainsi mise en place une « zone libre » en plein Caire (quartier Giza), soustraite à l’autorité directe tant de l’Égypte que de la France, un rectangle ceinturé sur trois de ses côtés par un double rang de militaires et policiers égyptiens, sur son quatrième côté par les murs et grilles de l’Ambassade, une étroite bande de 5×100 mètres, faisant face au Zoo et bordée par une des principales artères du Caire (2×3 voies automobiles), au total une « bande de Giza », métonymie (toutes proportions gardées) de la bande de Gaza sur laquelle il s’agissait, précisément, d’attirer l’attention générale.
L’invention et la tenue persévérante de ce lieu ont permis aux marcheurs venus de France de relever l’honneur d’une France émancipatrice, bafouée par cette France corruptrice de Sarkozy qui collabore honteusement à la construction par l’Égypte d’un mur souterrain au sud de la bande de Gaza.
Le lieu, inventé et tenu au vu et au su de toute la ville, a opéré comme meeting permanent et public, comme tribune s’adressant à la population égyptienne au moyen de banderoles, drapeaux incessamment agités et slogans indéfiniment répétés : environ un million de Cairotes a longé en voiture cette « free zone » durant la semaine et a pu ainsi prendre connaissance de nos mots d’ordre.
De nombreuses manifestations de solidarité nous sont venues de passants égyptiens, à commencer par des chauffeurs de taxi qui ont lancé la directive de klaxonner (deux longues, deux brèves, une longue : « Ta-Hyâ Pa-les-tine ! » [1]) lorsqu’ils longeaient notre campement, sans compter les signes de soutien que nous adressaient discrètement les très jeunes soldats du contingent mobilisés pour nous encercler. Au demeurant, notre soirée du 31 a donné lieu à une scène de fraternisation avec la troupe égyptienne : notre camp a obtenu, après manifestation, que les gradés égyptiens remettent à disposition de leurs soldats, maintenus debout dix heures durant sous le soleil à ne rien faire d’autre que nous regarder, les bancs installés la veille.

Après avoir obtenu le droit de sortir et revenir (individuellement) de notre no man’s land, nos journées ont été occupées à des manifestations incessantes de long en large de notre maigre bande – sortes de marche dans la Marche -, par d’innombrables discussions et échanges, en particulier avec les marcheurs d’autres pays venus nous rendre visite. Ce lieu, en effet, a très vite servi de point de ralliement aux 1400 marcheurs (venus de plus de 40 pays différents) confrontés à la même impossibilité de quitter le Caire en cars et se retrouvant éparpillés pendant la semaine en différents hôtels. D’où d’incessantes visites, prises de parole, réunions de coordination, etc.

Si notre objectif principal était de conserver ce lieu, hasardeusement conquis, en sorte de tirer parti maximal de l’effet de tribune que nous offraient ainsi involontairement les autorités égyptiennes, cet endroit a également servi de base arrière pour de nombreuses interventions extérieures – marche symbolique dans Le Caire au jour et heure (le 31 à 10h) où la Gaza Freedom March devait démarrer vers Eretz, intervention de marcheurs musulmans dans une grande mosquée du Caire, dépose d’un drapeau palestinien sur une pyramide, manifestation devant l’ambassade d’Israël…

Au total, quelque chose s’est passé autour de cette Giza strip, qui concerne tant la mobilisation internationale pour lever le blocus de Gaza qu’une mobilisation égyptienne, semble-t-il croissante, pour se lever contre la construction d’un nouveau mur égyptien. De quelles répercussions politiques à long terme ce micro-séisme (à échelle égyptienne) est-il éventuellement porteur ? Par delà notre détermination à continuer (pour notre part de musicien en organisant en Europe des « Galas pour Gaza » [2]), l’avenir seul dégagera plus clairement ce qui s’est mis en marche.

François Nicolas, compositeur, « musicien avec Gaza » [3]

[1] « Vive la Palestine ! »
[2] http://www.egalite68.fr/musiciens
[3] Voir L’Humanité du 19-19-09

source

Conférence de presse de l’ABP


Ce petit mot pour vous rappeler que nous organisons une petite conférence de presse demain pour livrer nos premiers témoignages de retour du Caire.
Pour ceux qui sont de retour en Belgique: vous êtes les bienvenus & on croise les doigts pour ceux, encore au Caire, qui tentent une dernière fois d’entrer à Gaza.
La conférence de presse se tiendra au CNCD (9 quai du Commerce) demain mardi 5/01 à 11h.
Cordialement,
Nadia

Solidarité avec Gaza : le jeu curieux de l’Egypte


Les autorités égyptiennes semblent alterner le chaud et le froid dans leurs rapports avec les militants internationaux qui tentent de rallier la bande de Gaza par le Sinaï pour apporter un témoignage de solidarité aux Palestiniens assiégés. Deux grandes initiatives se développent simultanément : d’une part, une « marche pour la liberté » dont les 1.400 participants venus de 43 pays restent pour le moment coincés pour la plupart au Caire, et d’autre part, le convoi « Viva Palestina », qui comporte 250 véhicules (dont une bonne moitié d’ambulances).

Les nouvelles concernant ce convoi inclinent ses organisateurs à l’optimisme : venus de Londres jusqu’à Akaba, le port jordanien sur la mer Rouge, en passant par l’Italie, la Grèce, la Turquie et la Syrie, les militants s’étaient retrouvés bloqués à Akaba jeudi dernier en raison du refus du Caire, invoquant « des raisons de sécurité » de les laisser embarquer pour le port égyptien de Nuweiba (d’où ils auraient pu gagner Rafah par la route).

« Grâce à la médiation des Turcs, qui ont d’ailleurs une grosse délégation parmi nous, on a trouvé une solution, nous dit par téléphone Kenza Asnasni, l’une des onze Belges du convoi. Mais nous avons dû rebrousser chemin après avoir attendu cinq jours en vain à Akaba. Nous retournons en Syrie, où deux bateaux affrétés par les Turcs, je crois, nous attendent. De là, nous naviguerons jusqu’au port égyptien d’El Arish, non loin de Rafah. L’accord conclu nous autorise à nous rendre à Gaza avec nos véhicules chargés d’aide, médicaments, matériel scolaire, vêtements, couvertures, etc. Nous espérons y arriver pour le 31 décembre. En tout cas, nous n’avons qu’à nous louer de l’hospitalité des Jordaniens, et aussi des Syriens. »

D’autres Belges vivent, eux, une expérience plus amère. Ils font partie des quelque 1.400 militants internationaux qui veulent aussi se rendre à Rafah, pour une « marche de la liberté » projetée de très longue date avec l’assentiment officieux des autorités égyptiennes qui avaient demandé – et obtenu – toutes les coordonnées de chaque voyageur. Ces mêmes autorités leur ont finalement fait valoir de semblables arguments sécuritaires pour les empêcher de gagner Rafah.

« Une partie d’entre nous avait réussi à louer cinq bus lundi, mais nous avons été interpellés à une heure de route du Caire par la police et forcés de battre retraite, nous raconte par téléphone le Français Julien Rivoire. D’autres ont eu de semblables mésaventures, seuls quelques-uns, une quarantaine, avaient réussi à gagner auparavant El Arish, près de Rafah, où ils sont également coincés. »

Les quelque trois cents Français présents au Caire ont passé la nuit de lundi à mardi sur le trottoir de leur ambassade. « Je dirais que nous avons reçu un soutien, mais minimal, de l’ambassade, continue Rivoire. Les Egyptiens avancent des arguments à propos de notre sécurité, mais nous savons qu’ils font face à de grosses pressions israéliennes et américaines. D’ailleurs, Américains et Européens soutiennent la construction du mur souterrain récemment entreprise par les Egyptiens pour en finir avec les tunnels à Rafah ».

Notre interlocuteur ne nie pas que la politique intérieure égyptienne joue un rôle dans cette histoire, en ce sens que la confrérie des Frères musulmans, puissante, juste tolérée mais quand même harcelée en Egypte, est proche du Hamas, qui domine à Gaza. « Oui, nous savons que le régime égyptien ne tient pas à ce que les islamistes, à Gaza, puissent clamer qu’ils ont obtenu un succès, fût-ce l’arrivée de militants venus montrer leur solidarité, un an après l’agression israélienne, avec une population palestinienne victimes d’un siège illégal. »

Depuis lundi, quelques-uns des marcheurs pour la liberté bloqués au Caire observent une grève de la faim en guise de protestation. Parmi eux, une Américaine de Saint-Louis, Hedi Epstein, 85 ans, rescapée de la Shoah.

BAUDOUIN LOOS


SEVEN protestors were injured as Egyptian plain clothes police turned violent at a Cairo street demonstration organised by peace activists. Nearly a thousand Gaza Freedom Marchers, representing 42 different nationalities, brought the Egyptian capital to a standstill at one point when they sat down on a main road in Tahrir Square. The surprise demonstration took Cairo police by surprise after they blockaded a hotel nearby where nearly 30 of the GFM were staying. Around 700 maintained their sit-in for 20 minutes until police reinforcements arrived to remove the defiant peace activists who were chanting: « We want to march to Gaza. » Mick Napier, the chair of the Scottish Palestine Solidarity Campaign said: « The police used excessive force and at one stage several female protestors were punched and kicked. A couple had their hijabs ripped away from their head. « Many of us were taken aback by the naked aggression of the police as this was a non-violent protest. Around 1400 of us arrived in Cairo a few days ago to go to Gaza but a travel ban was imposed and we’ve been stuck in the capital. »

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