L’Ecole normale supérieure annule un débat avec Stéphane Hessel sur le Proche-Orient


Stéphane Hessel, en janvier, à Paris.

Stéphane Hessel, en janvier, à Paris.AP/Francois Mori

Un débat sur le Proche-Orient, prévu mardi 18 janvier à l’Ecole normale supérieure (ENS), a été annulé par la direction de l’école. Au menu : une conférence de Stéphane Hessel sur la répression de la campagne de boycott des produits israéliens (« Boycott, désinvestissement, sanctions », aussi appelée BDS). L’auteur d’Indignez-vous ! devait faire tribune commune avec Leïla Shahid, représentante de la Palestine à Bruxelles, les pacifistes israéliens Michel Warschawski et Nurit Peled ou encore la députée socialiste Elisabeth Guigou. Le secrétaire général adjoint du Syndicat de la magistrature, Benoist Hurel, devait également participer à la conférence.

L’annonce de ce débat a provoqué le malaise du Conseil représentatif des associations juives de France (CRIF) et de plusieurs associations juives. « Il s’agissait de défendre le collectif BDS et ses membres, autrement dit les partisans du boycott anti-israélien, ce qui est illégal », a assuré Richard Prasquier, le président du CRIF, à l’AFP. Sur le site Internet du CRIF, M. Prasquier avait dénoncé « un crime contre l’esprit », commis par « quelques élèves de l’école convertis au terrorisme intellectuel ». M. Prasquier s’est félicité de l’annulation de la conférence et a salué le rôle joué par Valérie Pécresse « ainsi que le rectorat de l’Université de Paris que nous avons contactés en urgence [et qui] ont réagi sans ambiguïté ».

La direction de l’ENS assure, dans un communiqué, que « la réservation [de la salle] n’avait pas été faite en mentionnant la nature exacte de la réunion [réunion publique]« . Une version contestée par les organisateurs du débat. Selon une source interne à l’ENS, la direction connaissait les noms de certains des invités, dont Stéphane Hessel et Leila Shahid, et s’était félicitée d’accueillir un tel débat, avant que la polémique n’éclate. Avant d’opérer un revirement, la semaine dernière, sous la pression du rectorat et du ministère.

Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, qui a déjà porté plainte contre M. Hessel, avait également demandé l’interdiction de ce colloque. L’ancien résistant est connu pour ses prises de position pro-palestiniennes. Toute une partie de l’ouvrage Indignez-vous ! est d’ailleurs consacrée à Gaza et à la Cisjordanie et à un appel à l’« insurrection pacifique ». (Lire sur le blog Guerre ou Paix, des extraits des propos de Hessel sur la question palestinienne). « Dans cette conférence, il ne s’agissait pas de soutenir le boycott mais de débattre de la liberté d’expression, en particulier autour de la question israélo-palestinienne », s’est défendu l’un des organisateurs, Florian Alix, en soulignant que les invités n’étaient « pas nécessairement partisans du boycott ».

RASSEMBLEMENT DE PROTESTATION

La campagne pour le boycott des produits israéliens, lancée par la société civile palestinienne, entend faire pression sur Israël à la manière des initiatives qui ont combattu l’apartheid en Afrique du Sud. Le gouvernement estime que cette campagne est « illégale ». En octobre, une sénatrice écologiste et un militant du NPA, poursuivis pour avoir appelé au boycott d’Israël, ont été relaxés par la justice. Deux militants ont été récemment condamnés à des amendes de 1 000 euros, à Bordeaux puis à Créteil.

Mais d’autres procès pourraient avoir lieu en 2011. Environ 80 personnes sont poursuivies en France pour avoir appelé à boycotter des produits israéliens. Les partisans du boycott font circuler un appel de « soutien à Stéphane Hessel et autres victimes de la répression », qui a recueilli les signatures d’Oliver Besancenot, Noël Mamère, Pierre Joxe, Eva Joly ou le député UMP Etienne Pinte.

Les organisateurs de cette conférence dénoncent un acte de censure et appellent à un rassemblement, mardi en fin de journée, près du Panthéon, « pour défendre la liberté d’expression ». Stéphane Hessel et plusieurs des intervenants devraient s’exprimer lors de ce rassemblement. Plusieurs étudiants de l’ENS ont également écrit à la direction de l’école pour demander des explications sur cette annulation.

Le groupe PCF-Parti de gauche au conseil de Paris et un groupe d’étudiants normaliens « indignés d’une ENS indigne«  ont également protesté. Plusieurs intellectuels se sont émus de cette annulation. Dans une tribune sur Rue89, l’historienne Esther Benbassa, « opposée à cette campagne de boycott telle qu’elle est menée », estime que « le CRIF bafoue la liberté d’expression ». Dans un texte commun, Alain Badiou, Jacques Rancière, Etienne Balibar et plusieurs chercheurs dénoncent un acte de censure.

Pour en savoir plus :

— Sur Le Monde.fr, une série de tribunes pour et contre le boycott des produits israéliens.

LEMONDE.FR | 17.01.11 | 19h54  •  Mis à jour le 17.01.11 | 20h07

En Suisse aussi : lancement de la campagne nationale du « boycott des produits israéliens »


Le samedi 5 février

14h-17h

à Berne (à proximité de la gare de long de la Heiliggeistkirche)

La campagne BDS Suisse a décidé de focaliser ses efforts sur les deux grands distributeurs suisses Migros et Coop. Par toutes sortes de pressions, il leur est demandé de cesser de vendre des produits israéliens. Ceci jusqu’à ce qu’Israël respecte le droit international et reconnaisse les droits légitimes des palestiniens. Ces deux chaînes sont ainsi prises au mot, puis que l’une et l’autre prétendent être animées par un souci éthique dans le choix des produits venus. Lors de la distribution de tracts de boycott devant les supermarchés, beaucoup de consommateurs et consommatrices affirment boycotter les produits depuis des années. Lors de cette campagne nationale, nous espérons fédérer cette contestation individuelle et la rendre plus visible. Mais surtout nous voulons insister sur le fait que la politique menée par l’Etat d’Israël est une politique d’apartheid. En cela les gouvernements et les compagnies qui travaillent avec Israël deviennent eux-mêmes complices de cette politique.

Le 5 février 2011 les militants BDS de différentes villes de la Suisse viendront à Berne pour lancer la campagne. Différentes actions sont prévues au centre ville et une conférence de presse aura lieu en fin d’après-midi.

BDS Genève compte bien être présent et nous aimerions être nombreux ! Pour cela nous allons organiser des moyens de transports etc. Si vous voulez participer à cette après-midi, vous pouvez nous contacter à l’adresse suivante: bdsgeneve@gmail.com

Par ailleurs nous voulons créer un groupe d’action pour animer la campagne à Genève. Dans un premier temps nous allons lancer «  une boîte aux idées » pour récolter des suggestions, idées etc., pour différentes animations. Ensuite il s’agira de mettre sur pied ces animations pour que les gens puissent participer facilement.

Grâce au travail du BDS Suisse, nous avons toute un matériel à disposition : poster, autocollants, flyers, textes avec arguments vis-à vis de Migros et Coop. Sur le site www. bds-info.ch, vous pouvez consulter le matériel y compris « not Shop » qui fournira des informations plus spécifiques sur les produits.

Si vous aimeriez faire partie du groupe d’actions, si vous avez des idées d’animation, si vous êtes d’accord de participer de temps en temps à ces animations, inscrivez-vous !

BDS GE

bdsgeneve@gmail.com.

Victoire du mouvement BDS : John Lewis cesse de vendre les produits Ahava en Grande-Bretagne


Campagne Solidarité Palestine

La décision de John Lewis représente une nouvelle victoire du mouvement BDS (Boycotts, Désinvestissements et Sanctions) en pleine expansion. Les consommateurs refusent d’acheter les produits de sociétés qui tirent profit de l’occupation illégale israélienne.

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Les produits Ahava, manufacturés sur la terre palestinienne, deviennent trop brûlants pour être gardés. L’une des plus importantes enseignes britanniques de distribution, John Lewis, (28 grands magasins, 174 supermarchés, des filiales de vente en ligne) refuse aujourd’hui de vendre cette marque toxique. Le distributeur canadien The Bay (HBC – 92 magasins) confirme lui aussi qu’il a cessé de commercialiser les produits Ahava (1).

La décision de John Lewis représente une nouvelle victoire du mouvement BDS (Boycotts, Désinvestissements et Sanctions) en pleine expansion. Les consommateurs refusent d’acheter les produits de sociétés qui tirent profit de l’occupation illégale israélienne.

Le directeur général de John Lewis, Andy Street, écrit dans une lettre datée du 7 janvier à la Campagne Solidarité Palestine (CSP) : « En tant que distributeur socialement responsable, John Lewis prend très au sérieux le traitement des salariés et leurs conditions de travail. Nous attendons de tous nos fournisseurs qu’ils respectent non seulement la législation, mais aussi les droits, les intérêts et le bien-être de leurs employés, de leurs communautés et leur environnement. » Et de terminer en disant : « S’agissant de votre demande spécifique concernant les produits Ahava de la Mer Morte, je peux vous confirmer que John Lewis a cessé de vendre ces produits précis ».

Sarah Colborne, directrice des campagnes et opérations CSP, déclare :

« CSP se félicite de la décision de John Lewis d’arrêter la vente des produits Ahava. La poursuite des agressions d’Israël contre la population palestinienne – qu’elle vive sous le blocus brutal de la bande de Gaza, sous l’occupation illégale de la Cisjordanie dont Jérusalem-Est, ou qu’elle subisse les agressions permanentes à l’intérieur d’Israël – a conduit à un bouleversement sismique dans l’opinion publique à l’égard du mouvement pour la paix et la justice afin que les Palestiniens obtiennent un soutien massif internationalement.

« Les laboratoires Ahava de la Mer Morte, entreprise israélienne de cosmétiques, ont monté leur usine de production, avec un centre d’informations pour les visiteurs, dans la colonie israélienne illégale de Mitzpe Shalem, en Cisjordanie. La société est possédée à 44 % par la colonie Mitzpe Shalem et une autre colonie, Kalia, de sorte que les profits dégagés par Ahava subventionnent des colonies illégales.

« L’usine de production Ahava se trouve dans une colonie israélienne illégale, sur une terre palestinienne qui a été volée. Ses produits de beauté ne peuvent dissimuler le rôle qu’Ahava joue dans la sale occupation d’Israël. Ahava et les autres sociétés qui profitent de l’occupation israélienne illégale reçoivent un message clair des consommateurs qui refusent d’acheter leurs produits. Alors que les gouvernements, dont le nôtre, sont incapables de mettre fin aux violations par Israël du droit international et des droits humains, nous pouvons, nous tous, agir en refusant d’acheter les produits israéliens et rejoindre le mouvement de BDS. La Campagne Solidarité Palestine continuera de s’assurer que les sociétés qui profitent de l’occupation israélienne paient le prix de leur complicité des crimes d’Israël ».

En 2005, la société civile palestinienne a lancé un appel international aux boycotts, désinvestissements et sanctions contre Israël (2). CSP a lancé sa campagne nationale de boycotts en 2002, et elle soutient les manifestations qui ont lieu toutes les deux semaines devant le magasin Ahava à Covent Garden, Londres.

(1) – The Bay a confirmé avoir cessé la vente des produits Ahava ; son directeur général, Bonnie Brooks, déclare le 13 janvier dernier, « La Compagnie de la Baie d’Hudson (HBC) a abandonné les ventes des produits de beauté Ahava d’abord parce les résultats des ventes déclinaient depuis plusieurs années. » Et de reconnaître que « Bien que cette décision ait été prise par HBC uniquement pour des raisons commerciales, elle coïncide dans le temps avec une campagne agressive de différents groupes recommandant un boycott des produits Ahava ».

(2) Appel sur le site BDS France
http://www.bdsfrance.org/index.php?option=com_content&view=article&id=86%3Aappel-palestinien-bds&catid=1%3Apresentation&Itemid=1
Notamment sur cette entreprise coloniale :

- Ahava traduite en justice suite à la campagne de boycott menée contre elle – Adri Nieuwhof – The Electronic Intifada

- Les laboratoires de la Mer Morte : l’affaire Ahava – Nancy Kricorian

BRUXELLES : DEUX RENDEZ-VOUS CE MERCREDI 15 DÉCEMBRE


Conférence exceptionnelle du Comité BDS de l’Université Libre de Bruxelles ce mercredi soir, et RV le même jour à 12 H 30 au Parlement pour débattre de l’affaire Ali Aarrass. 

- Le comité BDS – ULB vous invite à sa conférence « Boycotter Israël, le droit de dire NON » 

Mercredi 15 décembre à 19h

Sur le campus de l’Université Libre de Bruxelles, au Solbosch :

Au croisement des avenues Paul Héger et Franklin Roosevelt, local H.2215 En présence de

- Joaquim Da Fonseca (Intal),
- Jan Dreezen (Cobi),
- Ronnie Barkan (Anarchists against the wall),
- Ziad Abualrob (PACBI),
- Nadia Farkh (ABP),
- Henri Wajnblum (UPJB),
- Jacques Bude (ULB).

La conférence se donne pour objectif de débattre de la campagne BDS internationale, ses objectifs et ses moyens ainsi que sa mise en place en Belgique.

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L’affaire Ali Aarrass au parlement

Après la décision du conseil des ministres espagnol d’extrader Ali Aarrass, les révélations de Wikileaks sur le procès Belliraj, l’interdiction de l’extradition d’Ali Aarrass par le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme à Genève, l’interpellation du ministre Vanackere dans la Commission des Affaires Etrangères, de nombreuses actions meneés à Melilla, Bruxelles, Londres.., avec sa grève de la faim dans une prison à Madrid … où en est l’affaire Ali Aarrass ?

Rencontre avec

- Maitres Dounia Alamat & Christophe Marchand, ses avocats en Belgique,
- Zoë Genot, députée fédérale Ecolo,
- Aberrahman Benyahya, président de la CIM (Comisión Islámica de Melilla)
- Amnesty International
- Farida Aarrass, sa soeur

Mercredi le 15 décembre, de 12 H 30 à 14 H

Maison des Parlementaires

21 rue de Louvain à 1000 Bruxelles

Salle 1149

Des sandwichs et des boissons sont prévus. Vu le nombre de places limitées, merci de nous confirmer votre présence / Contact : Luk Vervaet 0478653378, Farida Aarrass : 0486703215 www.freeali.eu

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