Flashmob contre la représentation de Porgy and Bess par l’opéra du Cap en Israël


Les protestataires sont des Israéliens

Traduction rouf rouf :

Palestine,
et la vie n’est pas facile
Apartheid, et le mur est si haut
Oh, le monde regarde
et les USA financent
il est temps pour nous
de gueuler et de crier:
Opéra du Cap dis non
il ne doit pas en être ainsi
l’apartheid pourrait finir
si vous comprenez
et ne continuez pas le spectacle
Boycott Apartheid, Boycott Apartheid
il est temps de dire à Israël NON !

 

Palestine,
and the living ain’t easy
Apartheid, and the Wall is so high
Oh, the World stands by
and the US in funding
So it’s time for us people
to shout out and cry
Cape town Opera say NO
It ain’t necessarily so
Apartheid could end

If you comprehend
and not just go on with the show
Boycott Apartheid, Boycott Apartheid
It’s time to tell Israel NO
Boycott Apartheid, Boycott Apartheid
It’s time to tell Israel NO!

Arte suspend son soutien au cinéma israélien


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anniebannie:il y avait comme un déséquilibre; ils ont fini par s’en apercevoir. ‘Heureusement’  pour eux Sarko se porte à leur secours. Le lavage de cerveau peut continuer.

mardi 9 novembre 2010, par Jean-Marie Allafort 

La chaîne franco-allemande Arte vient d’annoncer qu’elle cessait, pour une période d’au moins deux ans, d’investir dans la production de films israéliens. La raison de cette suspension est liée à un déséquilibre dans la politique de soutien financier de la chaîne. Actuellement, plus d’une vingtaine de films israéliens sont programmés et attendent d’être diffusés. Sur 50 films étrangers, 25 sont des productions israéliennes. Il en ressort donc un déséquilibre que la chaîne ne veut pas perpétuer. Selon la direction de Arte, il n’y a aucun empêchement à ce qu’au terme de deux ans d’interruption, les investissements financiers pour soutenir la production de films israéliens puissent reprendre.

Cette décision est un coup dur pour le secteur cinématographique israélien puisque la chaîne Arte était le groupe étranger le plus important qui le soutenait financièrement avec plusieurs millions de shekels chaque année. Arte avait participé à la production de films israéliens récompensés par de nombreux prix, comme Valse avec Bachir, Les méduses ou encore Liban. Actuellement, le cinéma israélien est plus soutenu par des sociétés et des fonds étrangers que par des groupes israéliens et le ministère de la Culture.

Equilibrant cette mauvaise nouvelle, un accord de coopération culturelle entre Israël et la France a été conclu vendredi dernier dont l’un des objectifs est d’encourager la production cinématographique israélienne. Lors des Rencontres Internationales de la Culture, de l’Economie et des Médias du Forum d’Avignon, la ministre israélienne de la Culture et des Sports Limor Livnat et le ministre français de la Culture et de la Communication Frédéric Mitterrand ont signé un accord de coopération culturelle visant, entre autres, à intensifier la création cinématographique franco-israélienne. Les films répondant aux critères fixés dans le cadre de cet accord pourront jouir du soutien du CNC (Centre National du Cinéma et de l’image animée).

 

source

PLATE-FORME EUROPEENNE POUR LE BOYCOTT UNIVERSITAIRE ET CULTUREL D’ISRAËL


Publié le 8-11-2010

Des organisations européennes, réunies par l’Association des universitaires
pour le respect du droit international en Palestine (Aurdip) et le British
Committee for Universities of Palestine (Bricup), lancent une plate-forme
européenne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël.
Communiqué

Cette déclaration annonce la mise en place d’une plate-forme européenne
commune pour le boycott académique et culturel d’Israël. Les organisations
nationales, régionales et locales et les mouvements adhérant à cette
plate-forme :

• acceptent et promeuvent le boycott des institutions académiques et
culturelles israéliennes et le désinvestissement des compagnies qui
contribuent aux graves violations par Israël du droit international et des
droits de l’homme ;
• soutiennent l’appel de la société civile palestinienne aux boycott,
désinvestissement et sanctions (BDS) et acceptent les directives de mise en
application publiées par la campagne palestinienne pour le boycott
académique et culturel d’Israël (PACBI) et le comité national palestinien
pour le boycott (BNC) ;
• s’accordent à développer et renforcer le boycott jusqu’à ce que le peuple
palestinien obtienne une résolution des injustices actuelles conformément au
droit international et aux droits de l’homme internationalement reconnus.

L’Europe, à la fois par les Etats qui la composent et par ses principales
institutions d’intégration, joue un rôle-clé dans le maintien de l’
occupation israélienne des territoires palestiniens. Son soutien a été
maintenu en dépit des violations répétées et abondamment documentées des
droits de l’homme des Palestiniens, qu’ils soient citoyens d’Israël, sous
occupation israélienne ou réfugiés. Ce faisant, les institutions européennes
ignorent et nient les principes de respect des droits de l’homme et des
libertés fondamentales qui sous-tendent leurs textes fondateurs. Il revient
donc à la société civile européenne de faire en sorte qu’elles se conforment
à ces principes.

Le boycott, le désinvestissement et les sanctions sont une stratégie morale
et non violente visant à obtenir des changements là où, durant des
décennies, le programme consistant à « établir des ponts » avec l’oppresseur a
manifestement échoué. Le boycott académique et culturel est particulièrement
pertinent, étant donnée la complicité des institutions académiques et
culturelles israéliennes dans les restrictions flagrantes des libertés
académiques et culturelles palestiniennes, par leur soutien direct et
indirect à la politique gouvernementale. L’importante contribution de BDS –
y compris du boycott académique et culturel – à l’arrêt de la politique d’
apartheid en Afrique du Sud démontre la potentielle efficacité de cette
approche.

Nous enjoignons tous les universitaires, professionnels et praticiens de la
culture européens à reconsidérer à la lumière de leur conscience les liens
qu’ils ont ou envisagent d’avoir avec les institutions israéliennes dans
leurs domaines respectifs. Nous exhortons ceux qui souhaitent établir la
justice au Proche-Orient et promouvoir le respect du droit international
dans le monde à constituer des structures locales, régionales et nationales
pour la promotion de ce boycott. Nous les assisterons et les conseillerons
dans la mise en place de telles organisations, de manière à réaliser une
coordination des activités de boycott académique et culturel à l’échelle du
continent.

Organisations participantes :
AKULBI : Akademisk og Kulturell Boikott av staten Israel (Norvège)
AURDIP : Association des Universitaires pour le Respect du Droit
International en Palestine (France)
BAB : Berlin Academic Boycott (Allemagne)
BRICUP : British Committee for Universities for Palestine (Angleterre)
CUNCAP : Comissió Universitària Catalana per Palestina (Espagne)
ICACBI : Italian Campaign for the academic & cultural boycott of Israel
(Italie)
PACBI : Palestinian campaign for the academic and cultural boycott of Israel
(Palestine)
PSABI : Action Group at KTH for Boycott of Israel (Suède)
Des délégations belge et néerlandaise participent également au lancement d’
EPACBI.
CAPJPO-EuroPalestine

Quelques équations malveillantes


par Ryad Benaidji, Etudiant

04.11.10

La tribune « Le boycott d’Israël est une arme indigne », publiée dans Le Monde ce mardi 02 novembre m’a laissé mal à l’aise.

Ce texte signé de noms connus, bénéficiant d’une visibilité médiatique importante – intellectuels comme MM. Bruckner ou Henri Lévy, comédiens comme MM. Boujenah, Attal ou Arditi, hommes politiques comme MM. Hollande ou Valls. D’autres viennent du monde associatif. Tous s’accordent à condamner les appels, certes pas nouveaux, mais répétés, de boycott des produits israéliens, aussi bien sur le plan économique que culturel.

La question du boycott n’est pas ici le sujet. Elle peut être discutée, on peut la soutenir ou pas, là n’est pas ici le principal. C’est plutôt l’argumentaire de cette contribution qui m’a interloqué.

À première vue, tout semble bien propre, bien « démocratique ». Les signataires se disent « attachés à la paix au Moyen-Orient » ; ils affirment « la possibilité de critiquer le gouvernement israélien » ; et enfin, ils se positionnent : « nous sommes contre le boycott, car pour la paix ». Jusque-là, rien à dire. On ne saurait contester un tel appel à la mesure, à la bonne conscience de chacun. Et ils pourraient emporter l’adhésion.

Cependant, ces fins limiers de la rhétorique versent dans la facilité, voire la maladresse intellectuelle lorsqu’ils se permettent d’insinuer que les boycotteurs souhaitent forcément la destruction pure et simple de l’état israélien : « Au vu de leur charte, tout ce qui est israélien serait coupable, ce qui donne l’impression que c’est le mot même d’Israël que l’on souhaite, en fait, rayer des esprits et des cartes ».

Voilà, une affirmation gratuite, et qui pourtant est lourde de conséquences.

Bien que n’étant pas de ces boycotteurs, je regrette ce procédé devenu banal dans les médias, qui n’en est pas moins toujours aussi malhonnête, qui consiste à discréditer systématiquement l’interlocuteur critique d’Israël en employant de malveillantes équations, dont l’article cité, au détour d’une phrase, l’air de rien, se fait à nouveau l’écho.

1. Le critique d’Israël est contre l’idée même de l’État d’Israël, il est forcement « anti-israélien ».

2. L’anti-israélien n’est pas un détracteur politique, il souhaite la destruction complète d’Israël.

3. L’anti-israélien est supposé antisémite.

Ces sophismes sont le fond du malaise français en regard du conflit israélo-palestinien. Ces équations interdisent le débat, elles excommunient avec une efficacité clinique. Elles diffusent aussi dans l’opinion l’impression que les élites sont partiales, voire parti prenantes. Elles creusent le fossé entre l’opinion et ses élites intellectuelles, nourrissent la suspicion à l’égard des médias. Ceux qui devraient donner à penser semblent interdire de s’interroger.

Ici, il faut faire attention. Après s’être ému des tropismes énoncés plus tôt, il ne faut pas sombrer dans le poncif déplacé. Non, la question n’est pas d’accuser les juifs français d’être séides aveugles d’Israël. Tous les juifs de France ne sont pas sionistes, tous les musulmans de notre pays ne sont pas fondamentalistes. D’ailleurs, la tribune publiée comporte des signataires juifs et non-juifs.

Par ailleurs, le site du Monde.fr conserve une chronique de l’écrivain Salah Guemriche intitulée « Boycotter Israël ou l’écouter ? », parue le 14 mars 2008. Elle rappelle fort à propos que des intellectuels ou hommes politiques israéliens soutiennent ce boycott, notamment MM. Shabtai, Ziffer ou Burg. Le débat est donc bien plus compliqué que sous-entendu par nos intellectuels.

Plutôt qu’une manie juive, cette tendance anxiogène est plutôt une pathologie française. La crainte que les médias ont de critiquer ou laisser critiquer Israël tient à une vigilance accrue vis-à-vis de la question de l’antisémitisme, à un malaise national découlant de la culpabilité de la France lors de la Déportation des juifs. En soi, cette vigilance est louable, nécessaire.

Mais j’ose l’affirmer, on peut considérer que les politiques israéliennes obéissent à des cadres idéologiques surannés, colonialistes. On peut considérer que les réflexes militaires israéliens sont choquants. Et cela, sans vouloir rejeter les Israéliens à la mer, comme certains semblent le craindre ! Et même en posant en évidence que la paix se fera avec Israël, pour Israël!… Pour sa sécurité, l’avenir de ses enfants, autant que ceux des Palestiniens!…

On peut être pro-israélien est pour la paix. Soit. On peut aussi être pro-palestinien et pour la paix. Voilà l’évidence qu’il faut rappeler.

Nos chers intellectuels nous autorisent parait-il à exposer ce genre de thèses… Encore serait-il plus aimable de le faire sans systématiquement accuser le contradicteur d’être un tortionnaire inavoué, un nazillon ordinaire, un antisémite mono-maniaque…

Une réponse à la Pétition : Le boycott d’Israël est une arme indigne


Historique
Bonjour

Permettez-moi d’être assez scandalisé par cette pétition qui est pour le
moins perverse dans son contenu.

1.- Il n’y est fait aucune mention du fait que cet appel au boycott a été
demandée par 170 organisations palestiniennes représentatives (religieux,
laïques, syndicats…)!
Elle n’est donc en rien une initiative venue de l’extérieur et les militants
de BDS dans le monde ne font qu’appliquer la demande des initiateurs
palestiniens.
Libre à chacun de critiquer la pertinence de cette action… Pas de la
condamner
Au nom de quelle légitimité, une petite intelligentsia parisienne, se
permet-elle de décider de la dignité d’une action de résistance d’un peuple?

2.- Le texte passe également sous silence que cette campagne vise,
essentiellement, à faire cesser l’impunité d’Israël en le forçant à
respecter les règles internationales.

Concernant les produits importés en Europe, l’appellation “Made in Israël“
est frauduleuse pour des produits fabriqués par des entreprises implantées
dans les colonies de Cisjordanie.
En effet, “l’Accord d’Association UE-Israël“ (en vigueur depuis 2000 et
ratifiée par tous les pays de l’Union) et diverses autres directives en
interdit l’entrée dans l’Union européenne (Voir à ce sujet l’arrêt “Brita“
de la Cour de Justice Européenne du 25/2/2010).
De plus, la Convention de Genève de 1949 spécifie clairement le statut de
territoire “occupé“ de la Palestine et s’oppose à toute collaboration avec
le gouvernement israélien dans ses projets de colonisation.
Il en découle qu’il est donc illégal, pour une entreprise ou un investisseur
occidental quelconque de collaborer, même indirectement, à des projets
israéliens en Cisjordanie et frauduleux d’étiqueter “made in Israël“ des
produits issus des colonies.
L’action tentant de faire appliquer le Droit est donc parfaitement
justifiée… Et ce sont ceux qui s’opposent à cet action qui enfreignent la
loi!
Il me paraît d’ailleurs scandaleux que des gouvernements, tel celui de la
France, essayent, au mépris des lois de l’Union européenne, de criminaliser
les militants de ce boycott.

D’autres “oublis” ou contre-vérités parsèment ce texte alambiqué, telle
cette affirmation qu’Israël serait le seul pays au monde à subir un embargo
ou un boycott.
Proclamer une volonté de paix ne coûte rien… Réclamer le respect du Droit
comme premier pas pour y arriver, demande une probité d’homme libre dont je
ne trouve pas trace dans cette pétition.

Si je ne suis pas étonné de la présence de certaines signatures de partisans
fidèles du régime israélien actuel… Mais espère qu’il y en a plusieurs
autres qui ne savaient pas.

Bien à vous

Rudi Barnet

Boycott d’Israël : qu’est-ce qui est vraiment « indigne » et « illégal » ?


3 novembre 2010

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Réponse à Pascal Bruckner, Bertrand Delanoë, Alain Finkielkraut, Bernard-Henri Lévy, Yvan Attal, Pierre Arditi, Michel Boujenah, Patrick Bruel et Cie…

 

 
«  Le boycott d’Israël est une arme indigne », écrivez-vous ce lundi 1er novembre dans Le Monde. Vous affirmez avec une certitude étonnante que « la Justice française ne tardera pas à confirmer » l’illégalité du boycott. Selon vous, tous ceux qui veulent ainsi aider les Palestiniens à obtenir leurs droits seraient des hors-la-loi. Votre argument ? On ne saurait appliquer ce « type de traitement à la démocratie israélienne ».

Mais comment pouvez-vous appeler « démocratie » un Etat qui s’est construit par la violence, en chassant les Palestiniens de leurs maisons et de leurs terres en 1948 ? Un Etat qui, à toutes les époques, n’a cessé de planifier le nettoyage ethnique :
 
« Nous devons expulser les Arabes et prendre leur place » (David Ben Gourion, 1937).
 
« Les Palestiniens seront écrasés comme des sauterelles, leurs têtes éclatées contre les rochers et les murs » (Yitzhak Shamir, 1988).
 
«  Entre nous soit dit, il doit être clair qu’il n’y a pas de place pour deux peuples dans ce pays. Il n’y a pas d’autre possibilité que de transférer les Arabes d’ici vers les pays voisins – tous. Pas un seul village, pas une seule tribu ne doit rester. » (Joseph Weitz, 1940).
 
« Les Palestiniens n’ont jamais existé. » (Golda Meir, 1969) « Chacun doit bouger, courir et s’emparer d’autant de collines qu’il est possible pour agrandir les colonies, parce que tout ce que l’on prendra maintenant restera à nous… Tout ce que nous ne prendrons pas leur restera. » (Ariel Sharon, 1998)*.
 
Comment pouvez-vous appeler « démocratie » un Etat qui, aujourd’hui encore, refuse le retour des gens qu’il a chassés et continue à voler systématiquement les terres pour s’agrandir tout en prétendant négocier ?

Soyons clair : un Etat colonial, basé sur le vol de la terre et l’expulsion d’un peuple, ne sera jamais une démocratie. Même s’il possède un parlement, même si les voleurs discutent démocratiquement entre eux sur la meilleure façon de voler, ça reste un Etat de voleurs qui règnent par la force.
 
Le boycott est-il illégal ?
 
Absolument pas, puisqu’il vise à assurer le respect du droit. Voici ce qui est réellement illégal…

Avoir chassé les Palestiniens de leur pays en 1948 et refuser leur retour est illégal, affirme l’ONU. Conquérir de nouveaux territoires par la force est illégal. Empêcher les Palestiniens de vivre sur leurs terres, de travailler, d’étudier ou de circuler librement est illégal. Détruire leurs maisons et leurs oliviers est illégal. Emprisonner des enfants de douze ans est illégal. Construire un mur de séparation, voler l’eau et les terres des territoires occupés est illégal. Utiliser des armes au phosphore et au laser est illégal. Bombarder des maisons, des écoles, des hôpitaux, des ambulances, des missions de l’ONU est illégal. Torturer est illégal. Assassiner les dirigeants palestiniens est illégal. Massacrer des défenseurs de la paix dans les eaux internationales est illégal.

Face à ces illégalités, que fait la ministre française de la Justice ? Appelle-t-elle à sanctionner l’Etat qui les commet ? Empêche-t-elle l’importation en France des produits issus de ce vol des terres ? Non, elle attaque ceux qui dénoncent cette illégalité ! Et vous soutenez cette ministre qui bafoue le droit international. Ahurissant !

Vous écrivez : « Nous sommes résolument contre le boycott parce que nous sommes pour la paix. ». Mais le boycott existe déjà ! Depuis soixante ans, les Palestiniens sont boycottés par Israël, et vous ne faites rien contre ça. Puisque les dirigeants israéliens n’agissent qu’en fonction du rapport de forces, le boycott est une arme parfaitement digne pour leur imposer la paix. Comme il le fut contre l’apartheid en Afrique du Sud.

Vous écrivez : « La critique n’a rien à voir avec le rejet, le déni, et, finalement, la délégitimation. » Mais depuis soixante ans, Israël rejette, nie et délégitimise les Palestiniens et ça ne vous indigne pas ?

Vous écrivez : « Céder à l’appel du boycott, (c’est) signifier que la négociation n’est plus dans le champ du possible. » Pas du tout. La solution existe, elle est toute simple, comme vient de le rappeler le musicien juif Gilad Atzmon : « Les Israéliens peuvent mettre fin au conflit en un clin d’oeil : demain matin à son lever, Nétanyahou rend aux Palestiniens les terres qui leur appartiennent ».
 
C’est trop demander ? Dès 1968, les grandes organisations palestiniennes ont elles-mêmes fait de grandes concessions en proposant de former un seul « Etat démocratique, progressiste, non confessionnel dans lequel juifs, chrétiens et musulmans vivront ensemble en paix et en jouissant des mêmes droits. » C’est Israël qui a refusé et refuse toujours, c’est Israël qui s’accroche à son obsession d’un Etat ethniquement pur, réservé aux juifs, et vous ne lancez pas de grands appels contre cela ?

C’est encore trop demander ? Les Palestiniens ont même accepté de se contenter de 22% de leurs terres initiales, et ça encore Israël le refuse, continuant à voler les terres, petit-à-petit, et vous ne faites rien contre cela.
 
En définitive, ce qui est « indigne », ce n’est pas le boycott.
 
C’est votre attitude. Car tout ce que je viens d’écrire, vous le savez et, en le cachant à l’opinion, vous la désinformez. Dans quel intérêt ?

Je crains que la chose véritablement indigne dans votre texte, ce soient vos motivations. Dans mon livre Israël, parlons-en !, j’ai indiqué que les trois plus puissants groupes médiatiques français – Lagardère, Dassault, Bouygues – sont tous trois aux mains de familles richissimes qui font de gros profits avec Israël et lui fournissent ses armes ou ses instruments de colonisation. Alors, si un artiste ou un intellectuel français ose s’opposer à ces groupes et dire la vérité, adieu carrière, adieu fortune ! Comme disait Bertolt Brecht : « Déplaire aux possédants, c’est renoncer à posséder soi-même. »

Ceux qui vous lisent, ceux qui vous écoutent, auront toujours intérêt à se poser la question fondamentale : « Quels sont les intérêts derrière ce discours ? »


* Sources des citations : Michel Collon, Israël, parlons-en !, Couleur Livres, Investig’Action, Bruxelles, 2009, pages 297-299.

Image : Latuff
 

Boycott d’Israël, un appel indigne


Les blogs du Diplo

Alain Gresh


Alain Gresh

Mardi 2 novembre 2010

Dans le quotidien Le Monde daté du 2 novembre, une trentaine de personnalités signent un appel intitulé « Le boycott d’Israël est une arme indigne ».

Il commence ainsi :

« Une entreprise commence à faire parler d’elle en France, consistant à promouvoir un embargo d’Israël tant dans l’ordre économique que dans celui des échanges universitaires ou culturels. Ses initiateurs, regroupés dans un collectif intitulé Boycott, désinvestissement, sanctions, ne s’embarrassent pas de détails. Au vu de leur charte, tout ce qui est israélien serait coupable, ce qui donne l’impression que c’est le mot même d’Israël que l’on souhaite, en fait, rayer des esprits et des cartes. »

« L’illégalité de la démarche ne fait pas de doute et la justice française ne tardera pas à la confirmer. »

Les signataires font référence à des condamnations prononcées par des tribunaux français sur injonction politique (« Quand la France laisse entrer les produits des colonies et poursuit ceux qui s’y opposent »), contre des militants appelant au boycott. Mais, ce qu’ils oublient de dire c’est que, même d’un point de vue purement juridique, il est parfaitement légal d’appeler au désinvestissement et aux sanctions contre un Etat. Le seul point de litige est celui que soulignait Willy Jackson dans un article du Monde diplomatique (septembre 2009), « Israël est-il menacé par une campagne de désinvestissement ? » :

« S’il fait appel à la liberté de chacun de consommer ou de ne pas consommer, le boycott peut contrevenir à certaines dispositions légales lorsqu’il se transforme en incitation à une action collective. En France, par exemple, l’article 225 alinéa 2 du code pénal modifié par la loi n° 2004-204 du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité dispose que toute discrimination qui consiste « à entraver l’exercice normal d’une activité économique quelconque » est punie de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Ainsi, autant chacun peut librement choisir ce qu’il achète et l’afficher publiquement comme attitude individuelle, autant le fait d’appeler au boycott pourrait tomber sous le coup de cet article. »

Mais même sur ce point, deux remarques s’imposent :

- d’abord qu’une grande partie des produits israéliens qui entrent en France comportent une composante qui implique une activité économique dans les colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Et que c’est en en permettant l’accès libre de ces produits que le gouvernement français viole le droit international. La Cour de justice de l’Union européenne a adopté le 25 février 2010 une résolution stipulant que les produits originaires de Cisjordanie ne peuvent bénéficier du régime douanier préférentiel de l’accord CE-Israël. Quelles mesures les signataires de cet appel préconisent-ils pour arrêter ce scandale ?

- la question que pose le boycott est celle de l’impunité. Comment ne pas comprendre l’indignation devant une occupation qui se poursuit depuis plus de 40 ans sans aucune mesure prise par la communauté internationale contre cette violation du droit international ? Et s’il n’y avait pas eu la flottille de Gaza, le blocus de ce territoire se serait-il (légèrement) assoupli ? Si la société civile n’était pas intervenue, Gaza vivrait encore sous le même blocus (pourtant condamné du bout des lèvres par les Etats-Unis, l’Union européenne, et sans doute la majorité des signataires de ce texte). Les porteurs de valise, qui aidaient le Front de libération nationale algérien violaient la loi, comme la violaient ces Américains qui refusaient de partir au Vietnam.

Les signataires [1] poursuivent :

« Mais la justice sera bien en peine de sanctionner ce qui est essentiel dans cette affaire. C’est pourquoi, nous, associations, citoyens de tous bords, acteurs de la vie de notre pays, tous également attachés à la paix au Moyen-Orient et, donc, à l’avènement d’un Etat palestinien viable et démocratique aux côtés d’Israël, nous sommes convaincus que les boycotteurs se trompent de combat en prenant le parti de la censure plutôt que celui de la paix, celui de la séparation plutôt que celui de la possible et nécessaire coexistence – celui, en un mot, de la haine et non de la parole et de la vie partagées. »

Qui est aujourd’hui, en parole au moins, contre la création d’un Etat palestinien ? Même le président George W. Bush et Benyamin Netanyhou s’y sont ralliés en paroles. Et alors ? Le refus de considérer que l’on a d’un côté un occupant et de l’autre un peuple occupé, d’un côté un Etat puissant de l’autre une Autorité impuissante, fausse tout possibilité de solution.

Il est significatif que ce texte sur la nécessaire coexistence soit publié alors même que le gouvernement israélien cherche à faire adopter un texte pour empêcher les Palestiniens citoyens d’Israël de pouvoir habiter dans des quartiers juifs (lire le texte de Zvi Bar’el, « South Africa is already here », Haaretz, 31 octobre 2010)

« La possibilité de critiquer, même de manière vive, le gouvernement israélien concernant sa politique vis-à-vis des Palestiniens n’est pas ici en cause. Peu de gouvernements sont autant sévèrement jugés, y compris par certains d’entre nous. Mais la critique n’a rien à voir avec le rejet, le déni, et, finalement, la délégitimation. Et rien ne saurait autoriser que l’on applique à la démocratie israélienne un type de traitement qui n’est réservé aujourd’hui à aucune autre nation au monde, fût-elle une abominable dictature. »

Critiquer Israël ? Finkelkraut, Encel et Lévy critiques du gouvernement israélien ? On croit rêver. En pleine guerre de Gaza, ils justifiaient les crimes commis par l’armée israélienne et, encore plus révoltant, Bernard-Henri Lévy pénétrait dans Gaza assis sur la tourelle d’un char israélien. Quant aux signataires membres du Parti socialiste, faut-il rappeler que leur parti est lié au Parti travailliste, qui a mené les guerres au Liban et à Gaza et qui, aujourd’hui, aux côtés d’Avigdor Lieberman, participent au gouvernement de Benyamin Netanyahou ? et que leur parti est resté passif durant l’invasion de Gaza ?

Certains des signataires critiquent peut-être le gouvernement israélien, mais comment cette critique se traduit-elle en actes ? Ne sont-ils pas coupables de non assistance à un peuple en danger ?

Quant à l’argument selon lequel on applique à la démocratie israélienne un traitement qui n’est réservé à aucun autre pays appelle deux remarques :

- le fait qu’Israël soit démocratique (pour ses citoyens juifs seulement), ne l’empêche pas de commettre des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. La France martyrisant l’Algérie durant la guerre d’indépendance était aussi un pays démocratique. Faut-il s’étonner que les Palestiniens ne fassent pas la différence entre une bombe démocratique et une bombe dictatoriale ?

- D’autre part, il est vrai que le traitement du gouvernement israélien est sans équivalent : aucun Etat n’a violé impunément autant de résolutions du conseil de sécurité des Nations unies depuis plus de 40 ans, résolutions votées aussi bien par les Etats-Unis que l’Union européenne.

« D’autant que, de plus, la globalité du rejet et sa bêtise font que l’on emporte dans le même mouvement les forces qui, en Israël, œuvrent jour après jour au rapprochement avec les Palestiniens en sorte que les partisans du boycott sont, aussi, des saboteurs et des naufrageurs d’espérance. »

Oui, il y a des forces en Israël qui luttent avec courage, mais ce ne sont pas celles auxquelles les signataires font allusion : faut-il rappeler que non seulement le Parti travailliste mais aussi le mouvement La Paix maintenant ont justifié les guerres du Liban et celles de Gaza ?

Et le texte se poursuit :

« La paix ne se fera pas sans les Palestiniens. Mais elle ne se fera pas non plus sans les Israéliens. Et moins encore sans les intellectuels et les hommes et femmes de culture qui, quels que soient leur pays d’origine ou leur parti pris politique, travaillent à rapprocher les peuples. Céder à l’appel du boycott, rendre impossibles les échanges, infliger aux chercheurs israéliens, par exemple, ou aux écrivains on ne sait quelle punition collective, c’est abandonner toute perspective de solution politique au conflit et signifier que la négociation n’est plus dans le champ du possible. »

L’argument est repris sans cesse pour affirmer qu’on ne peut pas boycotter la culture. Rappelons d’abord que la coopération culturelle et scientifique entre Israël et l’Union européenne concerne avant tout des laboratoires et des universités qui participent directement au complexe militaire israélien. Quant à l’argument sur le boycott des livres ou du cinéma, je renvoie à la polémique autour des cinémas Utopia (« Yann Moix et Le Figaro condamnés »).

Conclusion des signataires :

« Nous n’acceptons pas cet aveu d’échec. Nous pensons que notre rôle est de proposer un chemin de dialogue. C’est pourquoi, nous, signataires, sommes résolument contre le boycott d’Israël et pour la paix – et, précisément, contre le boycott parce que nous sommes pour la paix. »

Mais de quel dialogue, de quelle paix parle-t-on ? Qui pourrait être contre la paix ? Les questions qui se posent sont pourtant simples et devraient interpeller les signataires : la paix est-elle possible avec l’occupation et la colonisation ? Comment obtenir la fin de la colonisation qu’ont poursuivie depuis 1967 tous les gouvernements israéliens sans exception ? Comment mettre fin à l’occupation ? Le mouvement de boycott-désinvestissement-sanction (BDS) représente la réponse de la société civile à l’impuissance de la communauté internationale et pose une simple question : Israël se retirera-t-il des territoires occupés s’il n’y a aucune pression, aucune sanction ? La réponse, pour tout observateur de bonne foi, est non. En ne faisant rien, les signataires sont les complices non seulement de la politique d’occupation mais aussi de la poursuite de l’impasse avec tous les risques qu’elle fait peser sur l’avenir de la région.

Notes

[1] La liste des signataires :

Yvan Attal, comédien ; Pierre Arditi, comédien ; Georges Bensoussan, historien ; Michel Boujenah, comédien ; Patrick Bruel, comédien et chanteur ; Pascal Bruckner, essayiste ; David Chemla, secrétaire général de JCALL, ; Bertrand Delanoë, maire de Paris ; Frédéric Encel, géopolitologue ; Alain Finkielkraut, philosophe ; Patrick Klugman, avocat ; François Hollande, député (PS) de Corrèze ; Georges Kiejman, avocat ; Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris ; Bernard-Henri Lévy, philosophe ; Mohamed Sifaoui, essayiste ; Yann Moix, écrivain ; Bernard Murat, directeur de théâtre ; Jean-Marie Le Guen, député ; Pierre Lescure, directeur de théâtre ; Serge Moati, journaliste ; Daniel Racheline, vice-président de JCALL ; Arielle Schwab, présidente de l’UEJF ; Dominique Sopo, président de SOS-Racisme ; Gérard Unger, président de JCALL ; Manuel Valls, député-maire d’Evry ; Michel Zaoui, avocat.

On comparera cette liste à celle des personnalités qui se sont prononcées contre l’inculpation de Stéphane Hessel, Alima Boumediene-Thiery et tous ceux qui ont été mis en cause dans la campagne de boycott]. On notera, parmi elles, Michel Rocard, Laure Adler, Raymond Aubrac, Etienne Balibar, Jean Baubérot, Miguel-Angel Estrella, Eva Joly, Jean Lacouture, Noël Mamère, François Maspero, etc.

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