Grand cortège carnavalesque pour le BDS le 9 février


 Le 9 février prochain,

à l’appel des organisations agricoles palestiniennes

et du Comité national palestinien du BDS

(Boycott, désinvestissement, sanctions),

nous nous mobiliserons pour le boycott
des produits agricoles israéliens.

Grand cortège carnavalesque pour le boycott

Dont VOUS serez les acteurs !

 

9 février de 14 à 16h au centre de Bruxelles

Rendez-vous à Esplanade de l’Europe

devant la Gare Centrale

Nous nous constituerons en cortège carnavalesque et déambulerons au centre de Bruxelles avec fanfare et autres réjouissances pour interpeller l’opinion publique.

Préparez votre plus beau déguisement sur le thème

« Démasquez les oranges de l’occupation »

 

Masques noirs et déguisement orange (fruit ou couleur) ou simplement dans ce que vous voulez.

 

Avec ou sans keffieh !Vos idées et créativités sont les bienvenues !

 

Nous serons accompagnés par un groupe de samba (drums) et de Dabkeh (danse palestinienne).
L’idée est de ne pas passer inaperçu !

 

Nous vous attendons nombreux !

 

Info :  Association belgo-palestinienne – 02 223 07 56abp.eccp@skynet.be

Lettre à Ikea concernant le commerce de franchisés d’IKEA avec les 500,000 colons juifs installés illégalement dans les Territoires palestiniens occupés


Lettre adressée au conseil d’administration d’Inter Ikea systems B.V. Olof Palmestraat, 1NL-2616 LN Delft, Pays Bas, Europe. http://Www.support@ikeaservice.ca http://www.contact.franchisor@inter-ikea.com

5 janvier 2013

Mesdames,Messieurs,

Vous me voyez très préoccupé par la manière peu respectueuse dont votre ’’mystérieux ’’ conseil d’administration a répliqué à la lettre de la journaliste, madame Adri Nieuwhof du 28 décembre 2012.

L’aspect le plus troublant, de cette réponse laconique, concerne,sans nul doute,votre aveu de non responsabilité concernant vos filiales franchisés ayant des opérations commerciales ailleurs qu’en Europe et en Amérique. Ainsi, l’implantation de deux franchises IKEA œuvrant en sol israélien( ville de Netanya et celle de Rishon Lezion) commercent allègrement et sans scrupule,avec les 500,000 colons juifs installés illégalement dans les Territoires palestiniens occupés de la Cisjordanie en violation flagrante avec le droit international et plus particulièrement les Conventions de Genève concernant l’appropriation, par la force militaire, d’un territoire envahi en toute illégalité depuis 1967.

Inter Ikea systems B.V., compagnie à franchises possédant un chiffre d’affaire de près de 30 milliards de dollars en 2012, 338 magasins à grandes surfaces et 154,000 travailleurs-euses répartis dans le monde, n’est pas sans savoir que l’image qu’elle projette a un impact majeur sur les consommateurs partout sur la planète en regard des politiques discriminatoires enfreignant les résolutions onusiennes d’un conflit vieux de 64 ans. En effet, l’image de marque IKEA en Israël est témoin des violations systématiques des droits humains subit par le peuple palestinien, de la politique d’Apartheid pratiquée par le gouvernement israélien au jour le jour se traduisant par des points de contrôles militaires, plus de 500, répartis sur les Territoires Occupés empêchant les villages palestiniens de communiquer et restreignant arbitrairement le déplacement des civils. À ce drame s’ajoute les crimes contre la personne, la destruction d’habitations et des productions d’oliveraies, la restriction de l’eau potable, etc. Nous sommes face à la confusion pour le moins inquiétante lorsque vous évoquez les valeurs éthiques d’IKEA notamment concernant les enfants. Je cite votre politique portant sur ce qui m’apparaît de la pure hypocrisie marketing :

<< Chez IKEA, les enfants sont ceux qui comptent le plus au monde. IKEA croit que tous les enfants ont le droit de vivre leur enfance dans un milieu sain et sécuritaire et d’accéder à une éducation de qualité, peu importe l’endroit où ils vivent dans le monde. C’est pourquoi la Fondation IKEA appuie plusieurs projets visant à offrir aux enfants un meilleur départ dans la vie. 100 millions d’enfants bénéficieront des projets en cours. >>

Je tiens à vous rappeler le dernier rapport des Nations Unies intitulé Situation des droits de l’homme dans les territoires Palestiniens occupés depuis 1967. Ce rapport rendu public en 2011 est disponible pour votre compréhension (en pièce attachée ci-joint) Il dresse un portrait peu enviable de l’oppresseur sur la situation inquiétante des enfants de la Cisjordanie, la Bande de Gaza ainsi que de Jérusalem-Est. Si réellement, telle que vous semblez manifester une sensibilité à l’égard des enfants, vous devriez sévir fermement à l’endroit de vos franchisés israéliens et notamment au niveau politique de l’État d’Israël. Toujours à propos des enfants, la détresse est palpable partout dans l’espace territoriale communément appelé, la Bande de Gaza, véritable prison à ciel ouvert, où s’entassent plus de 1,6 millions de Gazaouies, je vous réfère au document des Nations Unies intitulé : Gaza in 2020, a liveable place ?

Autre élément de votre culture lié à une forme de valeur morale ou éthique. Vous évoquez, dans votre littérature,disponible sur votre site, le modèle égalitaire de la société suédoise. Je vous cite à nouveau :

<< La société suédoise IKEA a été fondée alors que la Suède s’apprêtait à devenir un modèle de société égalitaire où tous, riches et pauvres, étaient protégés. Cette philosophie s’inscrit bien dans la vision d’IKEA. Afin d’améliorer le quotidien du plus grand nombre, IKEA demande à ses clients d’être ses partenaires. Par exemple, en assurant lui-même l’assemblage de ses meubles, le client peut bénéficier de prix plus avantageux. Notre assortiment de produits est sécuritaire pour les enfants et répond aux besoins de toute la famille. Ensemble, nous pouvons donc créer un quotidien meilleur pour tout le monde. >>

L’image marketing d’IKEA semble, par cette approche, accepter à souhaits l’idée de deux poids, deux mesures . Ainsi, fermer les yeux sur la pitoyable situation discriminatoire dans laquelle l’État d’Israël pourfend le droits international bafouant plus de 400 résolutions des Nations Unies depuis maintenant 64 ans en toute impunité. Comment, dans ce contexte,où vraisemblablement, vous optez pour fermer les yeux sur une situation répugnante,votre image de marque ne pas s’accoler à celle de cette nation raciste qu’est devenue Israël aujourd’hui.

En espérant que votre conseil d’administration trouvera des éléments de réflexions, à l’aide des textes disponibles, afin de redresser l’image peu envieuse d’IKEA en Israël et ainsi vous permettre de faire pression sur vos franchisés délinquants ainsi que sur le gouvernement israélien, premier instigateur de ces violations internationales des Conventions de Genève et des résolutions onusiennes votées par forte majorité lors des Assemblées générales annuelles de cette prestigieuse organisme internationale. Par de tels gestes,l’image de marque d’Inter ika systems B.V. sera, à coup sûr, rehaussée pour son courage et sa conviction envers le bien être des enfants.


M. Jean Léger, membre de la Coalition pour la Justice et la Paix en Palestine, Québec.

source

Le gouvernement sud-africain entérine la campagne BDS


 

vendredi 21 décembre 2012



L’ANC, principal parti au gouvernement en Afrique du Sud, vient non seulement d’adopter une résolution en faveur de la campagne de Boycott, Sanctions et Désinvestissement (BDS), telle que réclamée par la société civile palestinienne, mais a mis en place un comité chargé de veiller à son application.

La résolution 35 qui vient d’être adoptée par la conférence nationale de l’ANC est historique. Elle « appelle tous les Sud-Africains à soutenir les programmes et campagnes de la société civile palestinienne destinés à faire pression sur Israël pour qu’il s’engage à trouver avec les Palestiniens une solution juste ».

Cette décision n’était pas évidente étant donnée les énormes pressions exercées par le lobby israélien sur place.

Mais il semble que le traitement humiliant et brutal infligé par Israël aux Africains ait contribué à faire voter cette décision à une large majorité, lors de la conférence nationale de l’ANC.

Celle-ci a en effet dénoncé « les attaques xénophobes et la déportation des Africains par l’Etat d’Israël » et réclamé que « ce problème soit abordé par l’Union Africaine ».

Source : http://electronicintifada.net/blogs…

Et voir également article dans Haaretz : www.haaretz.com/news/diploma…

CAPJPO-EuroPalestine

Le boycott d’Israël : une opinion délictueuse ?


LESOIR

vendredi 13 juillet 2012, 12:08

Collectif

Lors de sa séance du 21 mai 2012, le conseil d’administration de l’ULB a reconnu le “ comité BDS-ULB “ en tant que cercle étudiant. Cette reconnaissance avait été précédée d’une consultation du service juridique de l’ULB et d’un débat sérieux et argumenté au sein du CA. Cette décision a immédiatement provoqué un concert de protestations, en général furieuses, d’institutions ou de personnalités liées à Israël, incriminant l’appui apporté à l’antisémitisme qu’elle exprimerait, et ce au nom de ce que le co-président du “ parlement juif européen “, Joël Rubinfeld, appelle “ le caractère génocidaire de l’idéologie qui inspire la campagne BDS “ (La Libre Belgique, 10/05/2012).

Quel est en réalité le caractère de la décision prise par le CA de l’ULB ? Le fait d’autoriser un cercle BDS se limite à appliquer les règles communes en vigueur de liberté d’association et d’expression au sein de l’ULB à la question du boycott d’Israël, conçu comme forme d’action en solidarité avec les Palestiniens. L’ULB ne reprend pas à son compte ce boycott mais considère qu’il s’agit d’une orientation politique qui a le droit d’exister et de se faire entendre dans le débat en son sein. L’ULB a toujours autorisé un large spectre de cercles politiques et apparentés, allant de l’extrême gauche à l’extrême droite. Seuls des groupes à caractère raciste, notamment antisémite, ne peuvent bénéficier d’une telle liberté. En dehors d’eux, aucune censure n’est admissible dans une institution reposant sur le libre examen. Cette règle s’applique évidemment à la liberté de promouvoir la solidarité avec les Palestiniens tout comme à celle de soutenir l’État d’Israël.

Avant d’échanger des arguments pour ou contre le boycott d’Israël, il s’agit de savoir si cette question est ou non l’objet d’un débat. Ceux qui veulent interdire toute action ou toute propagande en faveur d’un boycott d’Israël refusent en fait tout débat. Ils se contentent d’une pétition de principe, en répétant inlassablement que boycotter Israël, c’est de l’incitation à la discrimination sur base de la nationalité israélienne, discours où l’on voit poindre en filigrane, quand elle n’est pas littéralement avancée, l’accusation d’antisémitisme. Ils exigent que l’ULB en tire des conclusions (répressives) avant même qu’une discussion n’ait eu lieu. Attitude en totale contradiction avec le principe fondateur du libre examen.

Nous considérons au contraire que la question d’un boycott d’Israël peut et doit être l’objet d’une discussion politique. Si on accepte d’en discuter, le débat peut et doit se mener sur deux plans :

1. Sur le plan des principes, peut-il être légitime d’appeler au boycott d’un Etat dont certaines violations du droit international sont des crimes de guerre (e.a., l’implantation de colonies israéliennes de peuplement dans les territoires palestiniens occupés) et de manifester ainsi sa solidarité avec les victimes de ces agissements ? Il y a eu d’innombrables précédents, en sens très divers, d’un tel mode d’action : boycott de l’Italie lors de l’agression contre l’Abyssinie, boycott de l’Afrique du sud pour cause d’apartheid, boycott partiel de l’Espagne franquiste pour cause de non-respect des libertés politiques et syndicales, boycott de Cuba pour refus d’indemniser les ressortissants US expropriés par Castro. Il n’a jamais été prouvé qu’appeler au boycott d’un Etat en rétorsion pour ses agissements est assimilable à un appel au génocide ou à la haine

2. Sur le plan de l’opportunité, un boycott d’Israël se justifie-t-il aujourd’hui ? Si oui, avec quelle ampleur, sous quelles formes, d’après quelle finalité précise, etc. ? Il s’agit alors d’un débat politique nécessaire, urgent, où inévitablement des positions contrastées se feront jour. Il est pleinement logique que certains avancent qu’un tel boycott est contre-productif, qu’il nuit aussi aux Palestiniens, qu’il éloigne la perspective de la paix, etc. Mais on est alors dans un échange d’arguments politiques et non dans du terrorisme intellectuel.

En Belgique et en France, une partie des autorités institutionnelles de la communauté juive s’est engagée dans une dénonciation sans nuance de l’ULB sur ce sujet. En assimilant sans autre forme de procès, comme s’il s’agissait d’une vérité d’évidence, boycott d’Israël et incitation à la discrimination, voire antisémitisme, ils dévoient leurs légitimes préoccupation et combat contre toute renaissance de l’antisémitisme et ils nuisent à la communauté juive en la faisant apparaître comme une sorte de lobby pro-Israël inconditionnel, alors même que la politique du gouvernement de cet Etat se manifeste comme plus injustifiable que jamais (relance de la colonisation, vague de persécution contre les réfugiés ou immigrés originaires d’Afrique).

Nous sommes persuadés de la justesse de la décision prise par le CA de l’ULB d’autoriser l’existence d’un cercle BDS. Une nouvelle décision en sens opposé contreviendrait non seulement aux critères libre-exaministes ordinaires en ce domaine, mais contribuerait à entretenir les fantasmes antisémites qui n’ont déjà que trop tendance à s’alimenter des retombées du conflit au Proche Orient.

Signataires membres et anciens membres de la communauté universitaire : Marco ABRAMOWICZ, Mateo ALALUF, Ivan BEGHIN, Kenneth BERTRAMS, Jacques BUDE, Olivier CORTEN, Éric DAVID, Barbara DELCOURT, Michel DISPERSYN, Isi FISZMAN, Victor GINSBURGH, Corine GOBIN, Louise GOTOVITCH, Jean-Claude GRÉGOIRE, Jacqueline GRIPPA, Henri HURWITZ, Lolita IVEN ABRAMOWICZ, David JAMAR, Jean-Jacques JESPERS, Pieter LAGROU, Thérèse LIEBMANN, Renaud MAES, Philippe MARY, Nicole MAYER, Anne MORELLI, Jacques MORIAU, Suzanne MOUSSET, Claude NEMRY, Robert PLASMAN, Éric REMACLE, Brigitte ROEFS, Sylvie ROLIN, André SCHOROCHOFF, Michel STASZEWSKI, Marcelle STROOBANTS, Jean-Pierre THYS, Esther VAMOS, Dan VAN RAEMDONCK, Pierre VIART, Jean VOGEL, Laurent VOGE

Réaction-Droit de réponse-Communiqué du Comité BDS-ULB (2)


Par ailleurs, un vrai dialogue ne peut se construire qu’à condition que les interlocuteurs soient sur pied d’égalité, ce qui est impossible entre un peuple occupé et une puissance occupante. La sociologue palestinienne Lisa Taraki affirme dans un récent article : « le dialogue ne promeut pas le changement mais renforce le statu quo et est, en fait, principalement dans l’intérêt du côté israélien du dialogue, étant donné qu’il fait sentir aux israéliens qu’ils font quelque chose alors qu’en fait ils ne font rien. La logique de BDS est la logique de pression »6.

Quant à ceux qui estiment que le BDS viole les libertés académiques, nous estimons que ces libertés peuvent être momentanément restreintes si les restrictions ont pour objectif de faire respecter un ensemble plus large de droits fondamentaux, ce qui est précisément l’objet de l’appel BDS. De plus, il est aberrant de parler de liberté académique tout en cautionnant un système qui empêche les chercheurs palestiniens de se déplacer librement et d’avoir accès aux mêmes institutions que les Israéliens. Il faut à cet égard encourager l’augmentation de contacts directs avec les institutions académiques palestiniennes.

Pour terminer, n’oublions pas qu’Israël, sous la bannière de la démocratie, applique une politique d’apartheid contre les Palestiniens7. Au coeur de la définition de l’apartheid, il y a la domination institutionnalisée et légalisée d’un groupe racial sur un autre. Le gouvernement israélien a légalisé un tel système institutionnalisé de discrimination raciale à l’égard des Palestiniens, en mettant en place des lois et pratiques qui ont pour but de les exclure, de les dominer et de les opprimer en raison de leur origine.

La loi du Retour (1950) en est un exemple frappant: les Juifs du monde entier peuvent acquérir automatiquement la citoyenneté israélienne en s’établissant en Israël ou dans les Territoires palestiniens occupé. Le droit au retour est par contre refusé aux Palestiniens expulsés en 1948 et qui sont depuis devenus des réfugiés.

Dans les Territoires occupés, les colonies, le mur de séparation, les checkpoints et les routes exclusivement réservées aux colons dominent le paysage et séparent les populations sur base ethnique. La loi civile s’applique aux Palestiniens, la loi militaire aux colons.

Au sein même de la société israélienne, la dissidence est sévèrement réprimée. Des nouvelles lois en ce sens ont été votées récemment, comme la “Boycott Law” qui criminalise les organisations qui supportent ouvertement l’appel BDS. Des ONG comme l’organisation israélienne pour les droits humains « B’tselem » sont attaquées par une loi qui impose un impôt de 45% sur les fonds de l’étranger (principalement de l’UE), réduisant radicalement le budget de ce genre d’organisations8.

Il est absurde que l’ULB, au vu des valeurs qu’elle défend et auxquelles
nous adhérons, entretienne des liens académiques avec des universités israéliennes qui sont complices d’un régime d’oppression et de discrimination ethnique. Le droit s’applique à tous. C’est là tout l’objet de l’appel BDS auquel nous répondons.

6 http://www.aljazeera.com/indepth/opinion/2011/08/201188976675245.html

7 http://www.russelltribunalonpalestine.com/en/sessions/south-africa/south-africa-session-full-findings-french

8 http://www.haaretz.com/news/national/likud-yisrael-beiteinu-draft-new-bill-to-limit-foreign-funding-to-israeli-ngos-1.398787

Réaction-Droit de réponse-Communiqué du Comité BDS-ULB (1)


Face aux multiples réactions qui ont suivi la reconnaissance du cercle BDS-ULB par le conseil d’administration de l’université, nous souhaitons apporter quelques clarifications.

L’appel pour le Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) a été lancé par la société civile palestinienne en 2005, à la lumière des violations répétées du droit international et des résolutions des Nations unies par Israël, et fut rapidement signé par plus de 170 organisations et syndicats palestiniens1.

Le boycott est un outil de pression politique et une forme de résistance non-violente. Le but est de le maintenir jusqu’à ce qu’Israël reconnaisse le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et se plie à trois obligations qui lui incombent en droit international, à savoir : mettre fin à l’occupation et à la colonisation de toutes les terres arabes2 et démanteler le mur de séparation ; reconnaître le droit fondamental des citoyens arabo-palestiniens d’Israël à une égalité absolue ; respecter et protéger les droits des réfugiés palestiniens tels que définis par la résolution 194 de l’ONU.

Le cercle BDS-ULB a pour but de relayer ce message et ouvrir le débat au sein de l’université. Les valeurs qu’il défend sont le respect de la justice et de l’égalité fondamentale entre les peuples. Il rejette à cet égard toute forme de racisme, en ce compris l’antisémitisme et l’islamophobie, ou de stigmatisation, quelle que soit la communauté.

Le boycott académique auquel appelle le BDS ne vise pas les individus du fait de leur nationalité. Il vise par contre les institutions impliquées dans l’occupation des territoires palestiniens et l’assujettissement du peuple palestinien. Le boycott académique ne renvoie pas à la rupture de tous les liens avec le peuple israélien, mais à l’exercice d’une pression sur une succession de gouvernements qui se sont tous refusés à mettre fin à l’occupation et qui ont mis en oeuvre une politique d’apartheid envers le peuple palestinien.

Le boycott vise à mettre fin à la normalisation des relations avec l’Etat d’Israël dans le monde académique, car nous estimons qu’elles occultent les violations du droit international commises par cet Etat. Il ne vise donc rien d’autre que de forcer Israël à se conformer aux droit et normes internationaux.
Le boycott académique a un effet assez direct sur les responsables de l’oppression, puisque les institutions académiques israéliennes qui ont des liens avec l’ULB contribuent à en maintenir et en légitimer les structures. Les universités israéliennes ne sont pas neutres et apolitiques.

Un exemple remarquable est l’Université Technion, qui fournit au gouvernement israélien les fondements technologiques de l’occupation militaire et avec laquelle l’ULB coopère dans le cadre des programmes de recherche européens. Technion a été directement impliquée dans le développement du bulldozer “D9”, utilisé par l’armée israélienne pour démolir les maisons palestiniennes. Elle a créé un centre de recherche conjoint avec Elbit Systems, la plus importante société privée d’armement israélienne, qui est impliquée dans la construction du Mur, dont le tracé a été déclaré illégal et dont la Cour internationale de Justice a demandé le démantèlement il y a de cela 6 ans déjà3. Elbit a également fourni des drones à l’armée israélienne qui ont été utilisés contre des civils durant l’opération « Plomb Durci »4. De nombreux membres du corps académique de Technion ont fait partie de l’élite de l’armée et/ou ont travaillé pour les compagnies d’armement israéliennes5.Les universités comme Technion contribuent directement à des crimes condamnés par les plus hautes instances internationales en fournissant la connaissance, les ressources, la recherche et la technologie qui servent à les perpétrer.

1 http://www.bdsmovement.net/call#.T8SGwGAUPW0

2 Territoires occupés tels que définis par la résolution 242 de l’ONU du 22 novembre 1967

3 http://webee.technion.ac.il/news/Elbit-establishes-Vision-Systems-Research-Center

4 http://www.hrw.org/fr/news/2009/06/30/isra-l-le-mauvais-usage-de-drones-caus-la-mort-de-civils-gaza

5 http://www.admin.technion.ac.il/President/Eng/President’s%20Report%202011_FINAL.pdf

Ilan Pappe : le boycott d’Israël est la bonne méthode


J’ai été militant politique pendant presque toute ma vie d’adulte. Durant toutes ces années, j’ai cru profondément que la réalité insupportable et inacceptable d’Israël et de la Palestine ne pourrait être changée que de l’intérieur. C’est pourquoi je me suis sans cesse consacré à persuader la société juive – à laquelle j’appartiens et dans laquelle je suis né – que sa politique fondamentale était erronée et désastreuse.

Comme pour tant d’autres, les options pour moi étaient claires : Je pouvais m’engager dans la politique par le haut ou m’y opposer par le bas. J’ai d’abord adhéré au parti travailliste dans les années 80, puis au Front démocratique pour la Paix et l’Égalité (Hadash). Ce fut le moment où j’ai refusé de devenir membre de la Knesset.

En même temps, je me suis concentré sur la collaboration avec d’autres au sein des ONG d’éducation et de paix, et même sur la présidence de deux de ces institutions : l’Institut sioniste de gauche des études de la paix à Givat Haviva et l’Institut non-sioniste Emil Touma d’Études Palestiniennes. Dans ces deux groupes, les collègues âgés comme les plus jeunes ont cherché à ouvrir un dialogue constructif avec nos compatriotes, dans l’espoir d’influencer la politique du moment en vue d’une réconciliation à venir. C’était principalement une campagne d’information sur les crimes et les atrocités commis par Israël depuis 1948 et un appel à un avenir qui reposerait sur les droits humains et civiques.

Pour un militant, se rendre compte que le changement de l’intérieur est inaccessible, non seulement résulte d’un processus intellectuel ou politique, mais surtout c’est admettre la défaite. C’était précisément cette peur de la défaite qui m’a très longtemps empêché d’adopter une position plus résolue.

Après presque trente ans de militantisme et de recherche historique, je me suis convaincu que l’équilibre des forces en Palestine et en Israël, faisait obstacle à toute possibilité de transformation au sein de la société israélienne juive dans un avenir prévisible. Bien que plutôt sur le tard, j’en suis venu à me rendre compte que le problème n’était ni une politique particulière ni un gouvernement particulier, mais un enracinement très profond dans l’infrastructure idéologique qui influence les décisions israéliennes sur la Palestine et les Palestiniens depuis 1948. J’ai déjà décrit cette idéologie comme un hybride entre le colonialisme et le romantisme romantique. [1]

Aujourd’hui, Israël est un redoutable état colon-colonialiste qui refuse de changer et de compromettre et qui ne demande qu’à écraser par tous les moyens nécessaires, la résistance – quelle qu’elle soit – à son contrôle et à son autorité en Palestine historique. À commencer par le nettoyage ethnique de 80 pour cent de la Palestine en 1948, et l’occupation par Israël des derniers 20 pour cent du pays en 1967, les Palestiniens d’Israël sont enfermés dans des méga-prisons, des bantoustans et des cantons assiégés, et mis à part au moyen de politiques discriminatoires.

Pendant ce temps, des millions de réfugiés palestiniens partout dans le monde n’ont aucune possibilité de retourner chez eux, et les années n’ont fait qu’affaiblir, si ce n’est annihiler, toute contestation contre cette infrastructure idéologique. À ce moment précis où j‘écris ces lignes, l’état-colon israélien continue sans cesse sa colonisation et le déracinement de la population autochtone de la Palestine.

L’occupation de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza, l’oppression des Palestiniens à l’intérieur d’Israël, et la négation du droit au retour des réfugiés continueront tant que ces politiques (occupation, oppression et déni) seront présentées comme un accord de paix global destiné à être approuvé par des interlocuteurs palestiniens et arabes obéissants.

Message que les pays étrangers envoient à Israël : la paix n’exige pas une transformation issue de l’intérieur. En conséquence, on peut conclure sans risque de se tromper que le processus de paix a dissuadé le colonisateur et l’occupant de transformer sa mentalité et son idéologie. Tant que la communauté internationale attendra que les opprimés transforment leurs positions, alors qu’elle approuve celles tenus par l’oppresseur depuis 1967, cette occupation restera la plus brutale que le monde ait jamais vue depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les annales du colonialisme et de la décolonisation nous apprennent que la fin de la présence et de l’occupation militaires était une condition sine qua non pour qu’au moins commencent les sérieuses négociations entre colonisateurs et colonisés.

La fin inconditionnelle de la présence militaire dans la vie de plus de trois millions de Palestiniens devrait être la condition préalable pour n’importe quelle sorte de négociation, ce qui ne peut se développer qu’à partir du moment où les relations entre les deux partis ne sont pas oppressives, mais au contraire, sur pied d’égalité.

Dans la plupart des cas, l’occupant ne s’est pas décidé à partir. On l’a forcé à s’en aller, généralement à la suite d’un long combat sanglant. On a tenté cela sans grand succès dans le conflit israélo-palestinien. Dans quelques cas, le succès s’est réalisé au moyen d’une pression extérieure sur la puissance ou l’état hors-la-loi à l’ultime stade de décolonisation. Cette dernière stratégie est plus séduisante. En tout cas, le paradigme israélien de « paix » ne changera pas, à moins qu’une pression s’exerce de l’extérieur ou qu’il y ait une contrainte sur le terrain.

Avant même de commencer à définir plus précisément ce que suppose la pression extérieure, il ne faut pas confondre les moyens (la pression) avec le but (trouver une formule pour vivre ensemble). En d’autres termes, il est important de souligner que la pression a pour objectif de déclencher de sérieuses négociations, de ne pas prendre leur place. Par conséquent, tandis que je pense toujours que le changement de l’intérieur est essentiel pour une solution durable au problème des réfugiés, à la situation difficile de la minorité palestinienne en Israël et à l’avenir de Jérusalem-Est, on doit prendre d’abord d’autres mesures pour y arriver.

Quelle sorte de pression est-il nécessaire d’exercer ? L’Afrique du Sud a fourni l’exemple historique le plus éclairant et édifiant à ceux qui dirigent ce débat, tandis que, sur le terrain, les militants et les ONG sous occupation ont cherché des moyens non-violents pour à la fois résister à l’occupation et développer les formes de résistance qui se distancient des attentats suicides et de la kyrielle de roquettes Qassam tirées depuis Gaza. Ces deux impulsions ont provoqué la campagne BDS contre Israël. Ce n’est pas une campagne coordonnée menée par quelque cabale secrète. Elle a commencé sous la forme d’un appel venu de la société civile sous occupation, sanctionné par d’autres groupes palestiniens et transformé en actions individuelles et collectives partout dans le monde.

Les formes et les objectifs de ces actions varient, du boycott des produits israéliens à la rupture des liens avec les institutions académiques d’Israël.

Certaines sont des manifestations individuelles de protestation ; d’autres sont des campagnes organisées. Ce qu’elles ont en commun, c’est leur message d’indignation devant les atrocités sur le terrain en Palestine – mais l’élasticité de la campagne l’a transformée en un vaste processus capable de produire un état d’esprit et un climat nouveaux parmi le public, sans point central clairement déterminé.

Pour les quelques Israéliens qui ont soutenu la campagne dès le début, ça a été un moment définitif qui exposait nos positions sur les origines, la nature et la politique de notre état. Mais avec du recul, cela semble avoir apporté un soutien moral qui a contribué au succès de la campagne.

Soutenir le mouvement BDS reste un acte radical pour un militant de la paix israélien. Celui-ci s’exclut immédiatement du consensus et des idées répandues en Israël. Les Palestiniens paient plus chèrement leur combat, et ceux parmi nous qui choisissent ce chemin ne doivent s’attendre ni à une récompense ni même à des éloges.

Au contraire, cette action exige qu’on se confronte directement avec l’état, sa propre société et très souvent les amis et la famille. En réalité, c’est franchir la dernière ligne rouge – dire adieu à la tribu. Mais il n’y a vraiment aucune autre alternative. Toute autre option – de l’indifférence, à travers la critique modérée et jusqu’à l’adhésion totale à la politique israélienne – est une décision volontaire d’être le complice des crimes contre l’humanité. L’esprit fermé du public en Israël, l’emprise continuelle des colons sur la société israélienne, le racisme inné dans la population juive, la déshumanisation des Palestiniens, l’armée et l’industrie directement intéressées au maintien des territoires occupés – tout ceci veut dire qu’on doit s’attendre à une très longue période d’occupation brutale et oppressive. Ainsi, la responsabilité des Juifs israéliens est bien plus grande que celle de quelqu’un d’autre qui participe à la promotion de la paix en Israël et en Palestine. Les Juifs israéliens en viennent à se rendre compte de ce fait, et c’est pourquoi le nombre de ceux qui sont d’accord pour faire pression sur Israël de l’extérieur, grandit de jour en jour. C’est encore un très petit groupe, mais il forme vraiment la base du futur camp de la paix israélien.

On peut tirer beaucoup de leçons du processus d’Oslo. Là-bas, les Israéliens ont utilisé le langage de la paix comme moyen de maintenir l’occupation (avec l’aide des dirigeants palestiniens qui sont devenus la proie des tactiques de déception israéliennes), ce qui veut dire que les « colombes » aussi bien que les « faucons » ont mis leur veto à la fin de l’occupation, lesquels n’avaient aucun intérêt à y mettre fin. C’est pourquoi le monde dans son ensemble doit exercer une pression concentrée et efficace sur Israël. Une telle pression s’est montrée fructueuse dans le passé, particulièrement dans le cas de l’Afrique du Sud ; et la pression est également nécessaire pour empêcher les pires hypothèses de devenir des réalités.

Après le massacre de Gaza en janvier 2009, il était difficile de voir comment les choses pouvaient empirer, pourtant elles le peuvent : sans aucune fin à l’expansion des colonies, avec les assauts ininterrompus contre Gaza, le répertoire israélien du mal n’est pas encore épuisé. Le problème est que les gouvernements européens, et les États-Unis en particulier, ne sont pas près de sanctionner la campagne BDS. Mais on se souvient des tribulations de la campagne de boycott contre l’Afrique du Sud, qui avait son origine dans les sociétés civiles, non dans les allées du pouvoir.

À bien des égards, la nouvelle la plus encourageante arrive d’un endroit plutôt inattendu : les campus des États-Unis. L’enthousiasme et l’engagement de centaines d’étudiants de ce pays ont aidé, dans les dix dernières années, à introduire l’idée de désinvestissement dans la société américaine – société que les militants de la campagne internationale pour la Palestine considéraient comme une cause perdue. Ils font face à des ennemis redoutables : l’ « AIPAC » cynique et efficace et aussi les fanatiques chrétiens sionistes. Mais ils offrent une nouvelle façon de s’engager auprès d’Israël, non seulement pour les Palestiniens, mais aussi pour les Juifs partout dans le monde.

En Europe, une admirable coalition de Musulmans, de Juifs et de Chrétiens fait avancer ce programme, face aux accusations d’antisémitisme. La présence de quelques Israéliens parmi eux aide à repousser ces allégations méchantes et totalement fausses. Je ne considère pas le soutien moral et actif d’Israéliens comme moi, comme l’élément le plus important de cette campagne. Mais les relations avec les dissidents progressistes et radicaux israéliens sont essentielles pour la campagne. Ils constituent en Israël un pont avec un public plus large qui devra, en fin de compte, être incorporé. Traité en paria, Israël abandonnera, avec un peu de chance, sa politique de crimes de guerre et d’abus des droits de l’homme. Nous espérons donner les pleins pouvoirs à ceux qui se trouvent à l’extérieur, engagés dans la campagne, et nous avons nous-mêmes les pleins pouvoirs de par leurs actions.

Il semble que nous devons tous avoir des objectifs clairs et rester vigilants contre les généralisations simplistes sur le boycott qui est « contre Israël du fait que celui-ci est juif, ou contre les Juifs du fait qu’ils sont en Israël ». C’est tout simplement faux. Il faut compter avec les millions de Juifs d’Israël. C’est un organisme vivant qui fera toujours partie d’une future solution. Cependant, notre devoir sacré est en premier de mettre fin à l’occupation oppressive et d’empêcher une autre Nakba ; et le meilleur moyen d’y arriver est une campagne soutenue de boycott et un désinvestissement. »

Ilan Pappé : the boycott will work, an Israeli perspective

http://www.odsg.org/co/index.php?op…

(Traduit par Chantal C. pour CAPJPO-EuroPalestine)

CAPJPO-EuroPalestine

Pourquoi je boycotte Israël


Quand j’étais enfant, j’adorais les pommes vertes, vraiment vertes, les Granny Smith. J’aimais leur couleur et leur croquant. Et pourtant, je n’en mangeais pas. Maman boycottait les produits venant d’Afrique du Sud. Elle m’expliquait l’apartheid et ajoutait qu’il fallait affirmer notre solidarité en n’achetant rien de ce qui venait d’un pays dont le système était raciste et bafouait les droits humains. Donc, je ne mangeais pas de Granny Smith et je le proclamais fièrement à l’école. Aujourd’hui, je boycotte les produits venant d’Israël. Une tradition, direz-vous. Dans un sens, oui. Je me sens citoyenne du monde et je crois toujours que, comme individu, je peux aussi faire quelque chose. Mais pourquoi Israël, me rétorquerez-vous. Je pourrais répondre simplement pourquoi pas. Mais ce serait un peu court sans doute. Alors, je boycotte Israël pour sa politique envers les Palestiniens. Parce qu’Israël occupe le territoire palestinien, parce qu’Israël ne respecte pas les résolutions de l’Onu, parce qu’Israël viole le droit international, parce qu’Israël bafoue les droits de l’homme, parce qu’Israël pratique une politique d’apartheid, parce qu’Israël poursuit le vol de terres par la colonisation et le mur, parce qu’Israël met Gaza sous blocus, parce qu’Israël réprime dans la violence les manifestations non-violentes, parce qu’Israël emprisonne sans jugement, parce qu’Israël pratique des exécutions extra-légales, parce qu’Israël bombarde des civils, parce qu’Israël utilise des armes prohibées comme celle au phosphore, parce qu’Israël détruit en masse des maisons, parce qu’Israël arrache des arbres, etc. bref, parce qu’Israël ne remplit même pas ses obligations en tant que puissance occupante. Donc je boycotte Israël. Et si je boycotte Israël, c’est aussi que je reconnais Israël. En boycottant, je ne remets pas son existence en question. Au contraire, j’espère aussi qu’Israël mettra fin à l’occupation et que ce pays pourra enfin s’occuper d’autre chose que d’opprimer un autre peuple. Comme disait un ami arménien, « celui qui tient quelqu’un par la gorge n’a plus qu’une main ». Si mon Etat, l’Europe et le reste du monde faisait respecter par Israël ses engagements et le droit international, si cette communauté internationale faisait son travail, je ne devrais pas boycotter. Alors, je boycotte parce que c’est une des rares choses que je puisse faire comme individu. Mon boycott est légitime et s’inscrit dans la ligne de l’humanisme et de la responsabilité citoyenne.

Marianne BLUME

Membre de l’Association Belgo-Palestinienne, ex-coopérante APEFE en Palestine

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