Israël s’inquiète des risques d’un boycott international de certains de ses produits


Vue de la colonie israélienne de Qadumim, dans le nord de la Cisjordanie/Copyright AFP

Vue de la colonie israélienne de Qadumim, dans le nord de la Cisjordanie/Copyright AFP Vue de la colonie israélienne de Qadumim, dans le nord de la Cisjordanie/Copyright AFP

Pascal Lacorie, à Jérusalem

Certains pays, comme le Danemark ou l’Afrique du Sud, ont décidé d’étiqueter les produits israéliens en provenance des colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Si l’impact est marginal, le gouvernement et le patronat craignent que cette démarche débouche sur un boycott plus important.

Israël redoute d’être la cible d’un boycottage international. En quelques jours, l’Afrique du sud et le Danemark ont annoncé leur intention d’imposer des étiquettes spéciales sur les produits provenant des colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-est considérés par la communauté internationale comme des territoires occupés depuis la guerre de juin 1967. L’objectif est clair : établir pour les consommateurs une claire distinction dans les magasins entre les exportations des colonies et celles d’entreprises installées en territoire israélien. La réaction ne s’est pas faite attendre. « Un tel estampillage a des relents de racisme. On commence par cibler les produits des implantations, mais en fait c’est tout ce qui vient d’Israël qui est visé », déplore Ygal Palmor, porte-parole des Affaires Etrangères.

Pression des groupes pro-palestiniens ?

Shalom Simhon, le ministre du Commerce et de l’Industrie, ainsi que l’Association des Industriels, la plus importante organisation patronale, sont également montés au créneau. « La part des implantations dans nos exportations est négligeable, un boycottage sud-africain et danois pourrait toutefois déclencher une réaction en chaîne et toucher d’autres pays », prévient Shalom Simhon. L’inquiétude est d’autant plus vive que Co-Op, la cinquième chaîne de distribution alimentaire britannique, a récemment décidé de boycotter les distributeurs de produits se fournissant dans les colonies israéliennes. Selon les responsables israéliens, ces initiatives ont été prises sous la pression de groupes pro-palestiniens.

Effets marginaux pour l’instant

Sur le plan strictement statistiques, les effets d’un tel boycottage restent pour le moment marginaux. Les ventes aux pays de l’Union Européenne des entreprises installées en Cisjordanie, qui emploient 15.000 ouvriers palestiniens, ou à Jérusalem-est ne portent que sur quelques dizaines de millions de dollars, alors que les exportations totales se sont élevées à 15,2 milliards de dollars l’an dernier. Jusqu’à présent, les produits des colonies sous forme surtout de fruits, de légumes et de cosmétiques provenant de la Mer Morte, entrent sur le marché européen avec la seule mention « Made in Israël ».

Aux termes d’un accord conclu il y a 8 ans, seul le code postal de l’entreprise exportatrice est mentionné sur le paquetage sans préciser à quelle localité ce code correspond. Résultat : le client ne sait pas d’où provient son achat. En revanche, ce discret étiquetage permet aux douanes européennes, qui disposent d’une liste des codes postaux israéliens, de faire le tri afin de savoir si tel ou tel produit a été fabriqué dans une colonie de Cisjordanie où vivent plus de 300.000 Israéliens parmi 1,7 millions de Palestiniens ou dans un quartier israélien de Jérusalem-est.

Exemption des droits de douane

Les produits en provenance du territoire israélien bénéficient de tarifs préférentiels qui les exemptent pratiquement de droits de douane aux termes d’un accord d’association conclu entre l’Etat hébreu et l’Union européenne. Les exportations des colonies sont, en revanche, taxées au maximum. Détail important : les chefs d’entreprises des colonies qui s’estiment ainsi « discriminés » sont indemnisés par un fonds spécial public, qui leur rembourse le surplus de droits de douane qu’ils ont dû acquitter.

Source

Journée d’actions européennes : 60 actions « Boycott d’ Israël » dans 10 pays


Saed Bannoura – 27 novembre 2011 – Imemc News

En une journée d’actions européennes, le samedi 26 novembre, sous la bannière « Retirez l’apartheid du menu ! », les militants pour les droits humains de dix pays ont lancé des actions appelant les consommateurs à boycotter les produits alimentaires issus des colonies israéliennes, et exhortant les supermarchés à arrêter de vendre des produits fabriqués ou récoltés dans les colonies israéliennes.

« Retirez l’apartheid du menu » mouvement BDS – Angleterre

 

Les organisateurs de la campagne affirment que les fruits et les légumes importés des colonies israéliennes encouragent les violations des droits palestiniens et du droit international. Les militants se sont concentrés sur les principaux exportateurs des fruits et légumes israéliens, Mehadrin et Agrexco, entre autres.

Des manifestations ont eu lieu devant les sièges britannique et français du premier exportateur de fruits et légumes israéliens, Mehadrin, qui exporte des produits des colonies israéliennes illégales sur les territoires palestiniens occupés, et dont les militants disent qu’il travaille avec la société Mekerot, propriété de l’État israélien, pour déposséder de leur eau les communautés palestiniennes. Les militants à Rome ont organisé une action « Palestine, accessibilité à l’eau » à l’intérieur de la manifestation nationale.

Jamal Juma’ – coordinateur avec Stop the Wall, campagne palestinienne contre le mur de l’apartheid, qui agit actuellement pour soutenir Al Hadidiye, une communauté bédouine en territoire palestinien occupé en procès contre les ordres de démolition délivrés par les autorités israéliennes –, Jamal a déclaré : « les habitants d’Al Hadidye sont privés d’accès à l’eau et ne peuvent par conséquent élever leur bétail. Dans les colonies voisines illégales de Ro’I et Beqa’ot, les produits agricoles sont cultivés en abondance sur des terres volées pour être exportés en Europe par Mehadrin et d’autres sociétés, des sociétés qui vont tirer des profits de ces démolitions dont est menacé Al Hadidye ».

« Les sociétés comme Mehadrin en tirent des bénéfices et sont souvent directement impliquées dans la colonisation ininterrompue de la terre des Palestiniens et du vol de nos ressources. Commercer avec de telles sociétés constitue une forme majeure de soutien au régime d’apartheid israélien contre le peuple palestinien et il faut y mettre fin », a ajouté Juma’.

Des militants en Belgique, Grande-Bretagne, Allemagne, Suisse, Norvège et Suède ont manifesté devant des grands magasins, appelant les consommateurs à boycotter les produits des sociétés d’exportations agricoles israéliennes, et les supermarchés à cesser de les vendre. Beaucoup ont ciblé les supermarchés Co-Operative, considérés traditionnellement comme ayant des règles hautement plus éthiques que les autres grands magasins.

« Les militants de la campagne populaire BDS et la pression publique qu’ils ont créée ont déjà contraint des supermarchés, dans un certain nombre de pays européens, à mettre en oeuvre des politiques où ils prétendent empêcher la vente de produits des colonies illégales d’Israël » dit Hind Awwad, coordinatrice avec le Comité national palestinien de BDS.

« Mais il est des sociétés d’exportations agricoles d’Israël qui portent une responsabilité de complicité dans les violations israéliennes du droit international, qu’on ne distingue pas au niveau du produit lui-même. Il est prouvé que ces sociétés trompent les consommateurs sur l’origine du produit qu’elles vendent. C’est pourquoi les militants appellent à arrêter définitivement de faire tout commerce avec ces entreprises » a-t-elle poursuivi.

En Belgique, des militants ont lancé des actions lobbyistes au ministère de l’Économie, pour protester contre la vente dans les supermarchés belges de produits récoltés dans les colonies illégales d’Israël, en territoire palestinien occupé.

Ces actions ont eu lieu dans le cadre du mouvement sous direction palestinienne, un mouvement qui se développe rapidement, pour les boycotts, désinvestissements et sanctions (BDS) contre Israël, jusqu’à ce qu’il se conforme au droit international.

BNP Paribas se retire d’Israël après des pressions de la campagne de boycott


dimanche 27 novembre 2011 – 12h:16

Saed Bannoura – Imemc News

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La banque française BNP Paribas a décidé de se retirer de ses opérations en Israël, après que la banque ait été prise pour cible par la campagne internationale de Boycott, Désinvestissements et Sanctions, dont l’objectif est de faire des pressions économiques pour contraindre Israël à respecter ses obligations en matière de droit international.

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Même si la banque a déclaré que son retrait d’Israël ne résultait pas de la campagne de pressions, mais plutôt de ses lourdes pertes durant la crise financière grecque, les officiels et banquiers israéliens ont déclaré qu’ils pensaient que la banque avait cédé aux pressions des organisations européennes de défense des droits de l’homme visant à la faire sortir d’Israël.

BNP Paribas va fermer ses bureaux et licencier 60 employés en Israël et mettre fin à ses financements des projets dans l’État juif.

Le gouverneur de la Banque d’Israël, Stanley Fischer, a déclaré aux journalistes du quotidien israélien Ha’aretz qu’il avait rencontré de hauts dirigeants de BNP Paribas à plusieurs reprises, et qu’ils avaient échangé des mots durs quand ils avaient annoncé leur décision de quitter Israël.

La banque d’Israël est une institution privée qui imprime la monnaie pour le gouvernement israélien et réglemente les taux d’intérêt en Israël. Elle a succédé à la Banque anglo-palestinienne qui a rempli ses fonctions jusqu’en 1948, date à laquelle l’État d’Israël a été créé sur la terre de la Palestine historique.

Les militants de la campagne BDS ont pris pour cibles, les banques, les institutions financières, les entreprises et les universités de par le monde qui investissent en Israël. Le mouvement s’est comparé au mouvement anti-apartheid contre le gouvernement sud-africain dans les années quatre-vingt.

Certains des principaux organisateurs de la campagne BDS contre Israël sont des Sud-Africains, lesquelles comparent la situation des Palestiniens à celles des Sud-Africains noirs sous le système raciste de l’apartheid. Par exemple, l’archevêque Desmond Tutu, le Président Nelson Mandela, et la plus importante organisation syndicale en Afrique du Sud, le COSATU.

Ces dernières années, la campagne BDS a réussi à convaincre des dizaines d’entreprises de sortir d’Israël, dont la Deutsche Bank qui s’est désinvestit d’Elbit, une entreprise israélienne impliquée dans la construction du mur d’annexion israélien, le gouvernement de Norvège s’est désinvestit également d’une entreprise israélienne spécialisée dans la Sécurité, et l’université de Harvard a décidé aussi de se désinvestir des entreprises israéliennes.

L’organisation espère qu’en usant de pressions économiques, elle va arriver à convaincre le gouvernement israélien à mettre fin à son occupation de la terre palestinienne et à ses lois discriminatoires qui ciblent les Palestiniens.

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Paris, le 10 Avril 2006

BNP Paribas accélère son développement en Israël

Le Professeur Stanley Fischer, Gouverneur de la Banque Centrale, a remis aujourd’hui à Jérusalem la licence d’ouverture d’une Succursale BNP Paribas de plein exercice à Jean-Jacques Santini, Responsable de la Banque de Détail dans les Marches Emergents et Outre Mer, et à Charles Reisman, Directeur de Territoire de BNP Paribas en Israël.

Cette licence avait été sollicitée auprès de la Banque Centrale en octobre 2005.

BNP Paribas est présent en Israël depuis 1998 au travers d’un bureau de représentation.

A propos de BNP Paribas

BNP Paribas (www.bnpparibas.com) est un leader européen des services bancaires et financiers, avec une présence significative et en croissance aux Etats-Unis et des positions fortes en Asie. Le groupe possède l’un des plus grands réseaux internationaux, avec une présence dans plus de 85 pays et plus de 110 000 collaborateurs, dont près de 80 000 en Europe. BNP Paribas détient des positions clés dans ses trois domaines d’activité : la Banque de Financement et d’Investissement, le pôle Asset Management & Services et la Banque de Détail.

Source : BNP PARIBAS

26 novembre 2011 – IMEMC – traduction : Info-Palestine

Parce que je suis juif de cette dignité, je résisterai.


21 novembre 2011

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Écho de résistance (1).
le 17 novembre 2011
Me voici « cité à comparaître devant le Tribunal Correctionnel », comme « prévenu ». Un petit papier arrivé par Huissier. « Première audience de fixation ». Tout de suite suinte la menace : gare à l’absence immédiatement punie. Entrée en matière par le « Bureau de l’Exécution des peines » : il faut fournir justificatifs de revenus et moyen de paiement. Je suis convaincu que l’intimidation est l’enjeu de ces multiples citations à comparaître.

Ah oui, mon crime ? Appeler à Boycotter Israël jusqu’à l’application du Droit International, la reconnaissance de la Palestine dans les frontières de 67. BDSiser pour que le gouvernement israélien reconnaisse le peuple palestinien, son droit à un égal respect, à son État indépendant.
C’était le 26 juin 2010. Juste avant un autre procès sur le même thème qui visait Omar Slaouti et Alima Boumédienne. Leur inculpation nous paraissait tellement absurde, tellement dénuée de tout fondement que nous avions décidé de tourner en ridicule cette comparution. Nous avions organisé une pièce de théâtre au milieu des rayons du supermarché Carrefour, les inculpés revêtus d’habits de bagnards. Puis nous avions manifesté dans l’espace commercial appelant au boycott des produits israéliens. Deux policiers devant, deux policiers derrières, sans incident. Dans la dignité. Nous étions une centaine,venus « secrètement ». Le verdict de ce procès avait confirmé le caractère infondé de cette inculpation.

Plusieurs d’entre nous avaient pris la parole pour donner ses motivations. Tout a été filmé, diffusé. Nous assumons nos actes, avec fierté. C’est à partir de ces images que nous avons été 7 convoqués par la Police, puis à ce Tribunal Correctionnel :
  • Alcini Laurent (PCF , Front de gauche),
  • Boumédienne Thiery Alima (EELV, ex-sénatrice),
  • Shahshahani Nicolas (Europalestine),
  • Slaouti Omar (NPA),
  • Amestoy Sylvette (EELV),
  • Desmet Sylvain (EELV)
Nous dénoncions une injustice, une guerre, des crimes, la négation d’un peuple, le Droit
bafoué, et nous voilà accusés ignominieusement de « délit de provocation publique à la
discrimination à l’égard de personnes à raison de leur appartenance à une nation », « faits prévus et punis par l’article 24 alinéa 8 de la loi d 29 juillet 1881 » (ainsi notifié, mais j’imagine plutôt 1981 ? Je ne suis pas juriste)
Des hommes, des femmes, des enfants sont massacrés et il faudrait se taire ! Des populations sont parqués dans des ghettos, et il faudrait se taire ! Des paysans sont privés de leurs terres, de leur eau, et il faudrait se taire ! JAMAIS !
Nos paroles sont des paroles de solidarité et de refus de l’injustice. Ce sont des mots qui dénoncent et s’indignent d’actes politiques commis par un gouvernement extrémiste, fascisant. Nous sommes l’engagement pour les valeurs humaines. Ceux qui nous menacent devant les tribunaux ne sont que d’ignobles individus, méprisant à l’égard d’un peuple, complices d’une politique guerrière ne cherchant qu’à soumettre. Ce sont d’infâmes totalitaires voulant bâillonner ceux qui les dénoncent.
Comment accepter cela ? Comment tolérer de se soumettre ?
Tout dans ce que je suis, dans mon être, se refuse à cette soumission.
Je suis juif. Ma mère, mon père sont juifs. C’est une histoire longue, profonde, faite d’immigration, de persécutions redoutées et fuies, de frontières franchies sans bien connaître les usages et les langues. C’est cette peur mainte fois exprimée de retrouver l’état de paria et de population exutoire pour les périodes de crises. Tant de siècles de cet état ont marqué en profondeur les consciences et ont nourrit le sentiment que jamais, jamais, la sérénité n’est assurée. Jamais.
Mais pour moi, pour ma famille, être juif ce n’est pas seulement cela. Pas uniquement cette crainte devenue aveuglante. Je suis de cette culture juive de la dignité et de la résistance. Du combat partagé pour la justice et la fraternité. Des leçons de l’oppression pour refuser partout, à l’égard de quiconque, ce qui porte atteinte à la dignité humaine. Je suis enfant de Raymond Aubrac, de Marek Edelman, de Joseph Epstein.
Parce que je suis juif de cette dignité, je résisterai.
Serge Grossvak

Procès BDS Mulhouse : un brillant plaidoyer en défense du boycott


jeudi 17 novembre 2011

Les douze militant(e)s de Mulhouse accusés par le gouvernement français d’avoir appelé au boycott des produits israéliens ont brillamment défendu leurs droits ce jeudi, au cours d’un procès qui a duré de 8 H du matin à 18 H au tribunal de Mulhouse.

Défendus de manière limpide par Maîtres André Shamy, Thomas Vetterer et Antoine Comte, mais aussi par eux-mêmes et par leurs témoins, les inculpés ont fait preuve toute la journée d’une sérénité qui tranchait avec la hargne des associations du lobby israélien.

Dans un tribunal qui ne désemplissait pas, tandis qu’une centaine de militants de la ville, de la région alsacienne, de Paris, de Bordeaux et même d’Allemagne manifestaient leur solidarité à l’occasion de ce procès reporté pour la 5ème fois, l’incitation à la haine n’a pas été du côté des défenseurs du peuple palestinien et du droit international.

Les parties civiles (LICRA, BNVCA, Avocats sans Frontières, France-Israël et Chambre de Commerce France-Israël), égales à elles-mêmes, ont eu recours aux mêmes procédés affligeants. Puisque nous n’appelons pas nécessairement au boycott de la Chine, que nous ne militons pas pour le Tibet, c’est donc que nous sommes antisémites ! Si tel imam s’est prononcé en faveur du boycott des produits israéliens c’est que nous sommes tous d’affreux islamistes, etc…

Les inculpés accusés d’avoir distribué des tracts appelant au boycott des produits israéliens devant un magasin Carrefour et d’avoir crié « Israël assassin, Carrefour complice », ont expliqué posément leur démarche, l’importance de l’appel à des sanctions économiques face à une politique criminelle et à l’absence de sanctions de la part des instances internationales et des gouvernements, ainsi que le rôle déterminant du boycott dans l’histoire de l’émancipation des peuples.

Carrefour ayant au demeurant retiré sa plainte, Farida Trichine, l’une des inculpées a fait valoir que l’enseigne ne semblait donc pas se sentir injuriée par cette accusation.

De même leurs témoins, Mgr Jacques Gaillot, Jean-Claude Meyer et le sénateur du Haut-Rhin Jacques Müller, ont souligné l’ampleur des crimes commis par l’Etat d’Israël à l’encontre du peuple palestinien, et se sont étonnés du fait que le gouvernement français ne criminalise que l’appel au boycott d’Israël et d’aucun autre Etat.

Face à un président du tribunal qui interrogeait les prévenus comme si leur culpabilité était acquise (« Vous reconnaissez avoir commis une infraction en pratiquant une discrimination contre des produits israéliens ? ») les avocats se sont interrogés à haute voix sur l’indépendance des juges.

Ils ont démonté « l’inventaire à la Prévert » dressé par les parties civiles pour en revenir au droit qui ne permet pas de recourir à l’alinéa 8 de la loi du 24 juillet 1881 (Droit de la presse qui condamner les actes de racisme et les discriminations contre des personnes ou des groupes de personnes au regard de leur appartenance à une race, une ethnie, une religion, une nation) pour juger d’un appel au boycott des produits d’un Etat dont les citoyens veulent sanctionner la politique.

Le procureur (tous les procureurs ne sont malheureusement pas capables de prendre leurs distances face aux ordres de leur hiérarchie) a requis une amende de 500 euros contre chacun des inculpés, jugeant que ces derniers étaient « coupables mais pas délinquants » (! !).

Une totale incohérence, comme on peut en juger, entre l’accusation très grave d’antisémitisme sous-jacente à la procédure, et le montant de l’amende réclamée.

On saura le 15 décembre prochain si le juge Gatty, qui bénéficie de l’argumentation très circonstanciée de la 17ème chambre correctionnelle du tribunal de Paris, laquelle a considéré comme parfaitement légal l’appel au boycott des produits israéliens, fait partie de ces magistrats plus respectueux de la loi que des ordres qui leur sont transmis par la chancellerie.

Première annonce dans l’Alsace jeudi matin :

http://www.lalsace.fr/actualite/2011/11/17/une-soixantaine-de-manifestants-et-un-proces-contre-des-boycotteurs-enfin-juge?image=12016088-bb4c-4cbb-817d-7b4d20774dd0#galery

CAPJPO-EuroPalestine

Les Palestiniens demandent à la chanteuse Hindi ZAHRA de ne pas se produire à Tel Aviv


dimanche 30 octobre 2011



Ci-dessous la lettre envoyée par PACBI (la coordination palestinienne pour le boycott culturel et universitaire d’Israël) à la chanteuse marocaine Hindi Zahra. Vous pouvez également vous adresser à elle pour lui demander de ne pas se soutenir l’occupation israélienne. Merci.

Lettre ouverte de PACBI

C’est la campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël [1] qui t’écrit aujourd’hui pour te dire le choc que nous avons ressenti en apprenant ta décision de chanter à Tel Aviv le 12 Novembre 2011 alors que tu n’ignores pas l’étranglement auquel les autorités de l’occupation israélienne soumettent les artistes de Palestine, sans parler de ce que subit notre peuple dans son ensemble du fait de l’occupation – et plus particulièrement à Gaza.

Nous sommes étonnés que tu acceptes d’offrir un divertissement à une société qui pratique l’occupation, la discrimination raciale, la purification ethnique systématique, en particulier à Jerusalem-Al Qods et dans le Néguev, et alors que nos réfugiés – la majorité de notre peuple ! – continue à être privée de son droit imprescriptible de retour à leurs foyers dont ils ont été chassés au moment de la création, sur les ruines de notre société, de l’Etat d’Israël.

Nous nous adressons à toi comme artiste, comme être humain, comme Marocaine, comme Amazighe, dans l’espoir que tu renonces à ton concert à Tel Aviv, pour que tu ne retrouves pas embarquée – comme d’autres l’ont été avant toi – dans l’entreprise de couverture des violations de la législation internationale et des droits humains, pour que tu ne deviennes pas complice, en conséquence, du maquillage des crimes de l’Etat occupant.

A une période où la campagne Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) [2] lancée par la quasi-totalité des associations de la société civile palestinienne prend son essor à travers le monde, et plus précisément en l’occurrence dans sa dimension de boycott culturel [3], au moment où des vedettes et des groupes artistiques très connus en Occident s’engagent dans le boycott culturel d’Israël, est-il concevable qu’une artiste marocaine amazighe marquante comme toi viole notre boycott d’Israël ?

Libre à toi de ne pas participer de manière effective au combat pacifique de notre peuple pour la justice et pour sa liberté à déterminer son sort. Néanmoins nous nous considérons en droit de te demander qu’au minimum tu ne viennes pas entraver notre lutte en brisant notre démarche de boycott culturel d’Israël. Comme l’a dit le chanteur britannique bien connu Roger Waters (fondateur des Pink Floyd) : « quand nos gouvernements refusent de bouger, c’est aux gens d’agir par tous les moyens pacifiques possibles. Pour moi, cela signifie tenir une posture solidaire, non seulement avec le peuple palestinien mais avec les milliers d’Israéliens qui refusent les politiques de leur gouvernement, et de m’engager dans la campagne de Boycott d’Israël, de Désinvestissement et de Sanctions. »[4]

Nos revendications principales sont dans le droit fil du droit international et de la Déclaration Universelle des Droits Humains, qui refusent la ségrégation des êtres humains selon leurs religions, la couleur de leur peau ou leur genre. Nous condamnons toute forme de racisme, sans considération de l’identité de l’oppresseur ou de celle de l’opprimé.

Tu pourrais nous répondre que « l’art est au-dessus de la politique » ou que tu ne viens pas pour soutenir la politique d’Israël mais seulement pour chanter pour ton public « pour la paix et l’amour ». Nous t’invitons à méditer sur cette parole de l’archevêque sud-africain, Desmond Tutu, qui a joué un rôle essentiel au siècle dernier dans la lutte contre le régime d’apartheid dans son pays, comme tu le sais, et qui soutient aujourd’hui notre campagne de boycott d’Israël : « Si tu es neutre dans une situation d’oppression, c’est que tu as choisi le camp des oppresseurs ». La neutralité n’existe donc pas lorsque tu chantes dans un Etat qui pratique l’oppression coloniale et raciale contre un peuple qui attend de toi une position de solidarité avec lui, toi l’artiste, toi, l’être humain. N’as-tu rien su du boycott de l’Afrique du Sud par la grande majorité des chanteurs et des chanteuses au moment de l’apartheid ? Pourquoi l’art aurait été, dans ce cas là, au dessus de la politique ?

Et si tu nous objectais que toi aussi, en tant qu’Amazighe, tu subis l’oppression arabe, nous te répondrions que nous sommes contre toutes les formes d’oppression, et nous voyons dans les révoltes populaires qui déferlent aujourd’hui dans notre région arabe non pas un printemps arabe – compris de manière ethnocentriste ou nationaliste – mais un printemps contre toute injustice, toute ségrégation raciale, contre toute répression, et pour la liberté, la dignité et l’égalité entre tous dans nos régions, sans distinction de couleur, de genre, d’ethnie ou de religion.

Sais-tu que les forces d’occupation israéliennes refusent aux artistes de Gaza de pouvoir quitter le territoire pour participer aux événements artistiques ? qu’elles limitent le droit de déplacement des chanteuses et des chanteurs de Cisjordanie ? Qu’elles interdisent même l’entrée des instruments de musique à Gaza ?! [5]

Cette politique systématique et continue contre les Palestiniens dans leur ensemble a fini par réduire considérablement la participation des artistes palestiniens dans les festivals internationaux. Ceci sans parler des artistes emprisonnés dans les geôles israéliennes parce qu’ils se sont engagés dans la résistance culturelle, en défendant notre patrimoine culturel et en participant à forger notre identité contemporaine.

Comme tu le sais, le peuple palestinien est toujours sous le coup de la perte de 430 de ses enfants, parmi les 1443 Palestiniens qui ont été massacrés par les forces d’occupation israéliennes au cours de la boucherie de l’hiver 2009 à Gaza. Dans la même période, il n’y a pas eu moins de 5300 blessés, qui ont dans leur majorité dû subir des amputations des membres. Et parmi eux des artistes, femmes et hommes.

Comme l’a dit le grand artiste Elvis Costello lorsqu’il s’est engagé dans la campagne de boycott culturel, et qu’il a annulé sa prestation à Tel Aviv, dans un contexte d’oppression, la simple organisation d’un concert dans un pays oppresseur est « un acte politique qui a des effets beaucoup plus profonds que ceux qu’aurait un artiste sur scène, car cela constitue une totale ignorance des souffrances d’innocents »

Malgré tout cela, tu chanterais à Tel Aviv ?

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