Les heurts s’étendent aux villes arabes de 48 après la mort d’un Palestinien « brûlé vif »


15-year old Tariq, cousin of recently murdered Muhammad Abu Khdeir (16), was beaten and abducted by Israeli police on Thursday. He was refused medical treatment for his broken nose and other injuries while in custody. Read the full article here: http://www.imemc.org/article/68330

15-ans Tariq, cousin de Muhammad Abu Khdeir (16), a été battu et enlevé par la police israélienne jeudi. Nez cassé et pas de soins. Read the full article here: http://www.imemc.org/article/68330

samedi 5 juillet 2014, par La Rédaction

Les troubles se sont étendus samedi à la communauté arabe de 48 après la mort d’un adolescent palestinien, brûlé vif apparemment en représailles au meurtre de trois jeunes Israéliens (colons réservistes, ndlr) , selon des responsables palestiniens.

Dans le même temps, les tirs de roquettes de la bande de Gaza contre le sud d’Israël n’ont pas discontinué, laissant craindre une escalade du conflit avec le Hamas qui contrôle l’enclave palestinienne. Pour la première fois, les heurts entre manifestants en colère et policiers ont gagné des localités arabes du centre et du nord-est d’Israël, dans une région appelée le « Triangle » arabe, notamment à Taybeh, Tira et Qalansawe, selon des témoins. Les manifestants, qui protestaient contre la mort du Palestinien, lançaient des pierres contre les forces de police, placées en état d’alerte, qui les dispersaient à coups de gaz lacrymogènes, a-t-on ajouté. Vingt-cinq Arabes de 48 ont été arrêtés et un officier de police blessé, a précisé la police. En soirée, des affrontements sporadiques ont touché Nazareth, haut lieu chrétien et principale ville arabe d’Israël, Arara et la région d’Oum al-Fahm, selon la police.

Au nombre de 1,4 million de personnes, la minorité arabe de 48 représente 20% de la population en Israël. En butte à des discriminations, notamment en matière d’emploi, elle descend des 160.000 Palestiniens restés sur leur terre après la création de l’Etat d’Israël en 1948.

La police israélienne fait aussi face à des manifestations de colère quotidiennes à Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, depuis la découverte du corps de l’adolescent palestinien mercredi dans la partie occidentale de la ville.

Mohammad Abou Khdeir, 16 ans, a été kidnappé mardi soir dans le quartier de Chouafat à Jérusalem-Est. Son cadavre -entièrement brûlé selon l’avocat de la famille- a été retrouvé près d’une forêt. Selon des responsables et les médias palestiniens, il a été enlevé et tué par des juifs extrémistes en représailles au rapt et au meurtre de trois étudiants israéliens (colons réservistes, ndlr) dans la région d’Hébron en Cisjordanie occupée, attribués par Israël au Hamas qui dément.

La police israélienne a dit « explorer toutes les hypothèses » sans pouvoir déterminer le motif du meurtre du Palestinien pour le moment. Les rapports préliminaires d’autopsie palestiniens, cités par l’agence palestinienne Maan, ont indiqué la présence de fumée dans les poumons du Palestinien, signifiant qu’il était encore en vie lorsque son corps a été brûlé. Le garçon a également été blessé à la tête, mais ce n’est pas la cause de la mort, a précisé le procureur général Mohammad Al-Ouweiwi. « Les brûlures qui couvraient 90% du corps et leurs complications sont la cause directe de son décès ».

Selon le ministre palestinien chargé de Jérusalem, Adnane al-Husseini, « le meurtre a été marqué par une opération de défiguration d’un enfant ». Les funérailles de l’adolescent palestinien se sont déroulées en présence de milliers de personnes à Chouafat, le quartier de la famille. La police a arrêté son cousin Tareq Abou Khdeir, âgé de 15 ans et citoyen américain. Il a été interpellé à Chouafat jeudi après avoir été battu par la police et comparaîtra devant un tribunal de Jérusalem dimanche, selon ses parents. Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux montre des hommes cagoulés, visiblement des policiers, tabasser violemment une personne menottée, à demi inconsciente. La porte-parole de la police, Louba Samri, n’a pu confirmer s’il s’agissait de Tareq Abou Khdeir, mais a précisé que ce dernier faisait partie d’un groupe de six Palestiniens arrêtés jeudi. Il était, selon elle, armé d’une fronde et a attaqué la police.

Dans la bande de Gaza, une vingtaine de projectiles ont été tirés vers des régions frontalières du sud d’Israël, dont l’une en direction de la capitale du Néguev, Bersheeva, qui a été interceptée par le système antimissile Iron Dome. Israël a répliqué en lançant quatre frappes aériennes sur l’enclave palestinienne, sans faire de victime.

Israël a mis en garde le Hamas contre toute escalade de violence, dépêchant des renforts près de Gaza. Le Hamas a, lui, assuré ne pas vouloir une « guerre à Gaza » mais qu’il répondrait à « toute agression », alors que le médiateur égyptien oeuvre pour une trêve.

(05-07-2014 – Avec les agences de presse) Pour vous inscrire à notre liste de diffusion « Assawra » faites la demande à l’adresse : Assawra1-subscribe@yahoogroupes.fr

Voyage dans une guerre invisible


Le long de la ligne de front palestinienne, des colons théocratiques israéliens harcèlent quotidiennement leurs voisins.
Ils dispersent leur bétail, attaquent les maisons isolées, détruisent les oliviers.
Installés dans des maisons alignées sous le vent des hauts plateaux, ils contrôlent les sommets.
En réponse, les jeunes militants palestiniens se sont armés de caméras et documentent quotidiennement leurs incursions.
La stratégie politico-militaire des colons, destinée à surveiller les territoires palestiniens et à empêcher la création d’un Etat, est loin d’être secrète : elle a été communiquée à Barack Obama en mars 2012

« Les colons ont gagné ! »


Charles Enderlin, chef du bureau de France 2 à Jérusalem, habite en Israël depuis 1968. Auteur prolixe d’essais et de documentaires de qualité, il récidive avec la sortie au Seuil, le 4 avril, de son dernier livre, « Au nom du Temple » (Israël et l’irrésistible ascension du messianisme juif, 1967-2013), qui fera aussi l’objet d’un documentaire sur FR2. Rencontre à Jérusalem.
Pourquoi ce livre ?
On pourrait dire « les colons ont gagné ! ». Le sionisme religieux a gagné. C’est le message de mon livre qui montre comment pendant la période qui débute après la guerre des Six Jours en 1967, la mouvance des colons est devenue une force dominante dans la société israélienne, avec un discours théologique eschatologique (prévoyant la fin du monde, NDLR).
Une idéologie qui avait de la peine à s’imposer jusque-là…
La simple idée du retour en terre d’Israël était bannie chez les religieux. Quand le sionisme politique fut inventé par Herzl à la fin du XIXe siècle, les ultra-orthodoxes y étaient farouchement opposés, les maîtres rabbins y voyaient trois interdits : les juifs ne peuvent se révolter contre les nations du monde, ils ne doivent pas revenir en masse en Eretz Israël (terre d’Israël) car c’est Dieu qui décidera de ce retour, et enfin il ne faut pas que les nations du monde se montrent trop dures envers le peuple juif. Pour sa part, le sionisme libéral façon Herzl – on ne dira pas laïque – envisageait, lui, la cohabitation avec les minorités comme les Arabes, prévoyait un vice-président arabe, etc. Avec le réveil du sionisme religieux, les interdits susmentionnés sont tombés.
Surtout après le choc de 1967…
Oui, en 1967, lors de la guerre, Israël conquiert les lieux de son histoire biblique. Dont Jérusalem et le mont du Temple. C’est le réveil des nationalistes religieux juifs, qui y voient un processus eschatologique et un dessein de Dieu. Les plus déterminés se dirigent tout de suite vers Hébron (où se trouve, selon la tradition hébraïque, le tombeau des Patriarches, dont celui d’Abraham). Ils proviennent de la mouvance messianique, qui croit que le Messie arrive, qu’il faut préparer sa venue. Ce ne sont donc pas les utra-orthodoxes (hommes en noir, les haredim ou « craignant-Dieu », qui pensent que Dieu décidera quand il le choisira de l’envoi du Messie, que les croyants n’ont pas à s’en mêler, NDLR). Cela dit, on commence maintenant à voir des ponts entre ces deux mouvances : des ultra-orthodoxes qui deviennent sionistes et des religieux sionistes qui deviennent ultra-orthodoxes. Ce phénomène est favorisé par la création dans les territoires occupés d’implantations destinées aux ultra-orthodoxes, comme Beitar Illit, près de Bethléem.
Justement, parlons des colons de 2013. Croyez-vous qu’ils pourraient retourner en Israël en cas d’accord de paix avec les Palestiniens ?
Sans parler des 200.000 Israéliens installés dans des colonies urbaines à Jérusalem-Est (partie arabe de la ville sainte), ils sont environ 350.000 en Cisjordanie occupée. Avec un rythme de croissance de 5% l’an, ils seront donc 400.000 dans trois ans. On n’évacuera pas 300 ou 400.000 colons. Même pas 50.000. Il avait fallu 13.000 soldats et policiers en 2005 pour évacuer 8.000 colons de Gaza et cette démarche, alors, faisait consensus en Israël. Pour les colons, le statu quo est idéal. Parmi eux, les laïcs ne refuseraient pas de voir les Palestiniens dotés d’une autonomie dans les domaines économiques, culturels…
Comment l’Etat israélien les considère-t-il ?
Les autorités sont infiltrées à tous niveaux par les colons, ce qui produit des « miracles » comme quand de nouvelles collines de Cisjordanie appartenant à des Palestiniens sont occupées (illégalement même aux yeux de la loi israélienne) pour y installer des avant-postes de colons destinés à devenir de nouvelles colonies et que l’électricité et l’eau y parviennent. Et il faut de cinq à dix ans à la Cour suprême pour se prononcer sur la légalité de ces faits accomplis.
On constate aussi parmi eux l’émergence d’une jeunesse très radicale, qui n’a jamais habité en Israël même, qui s’en prend volontiers aux Palestiniens…
Il existe une nouvelle génération d’enfants de colons, qu’on appelle « la jeunesse des collines », depuis que Ariel Sharon, après le sommet de Wye Plantation en 1998 avait lancé le slogan « Emparez-vous d’un maximum de collines ! ». Ces jeunes sont quelques centaines, peut-être plus. Des « durs ». Des « salafistes juifs » ! Pour eux, la fin justifie les moyens puisqu’ils se croient investis d’une mission théologique. Dans ce cadre, il n’y a pas la place pour un Etat palestinien. Comme d’ailleurs, pour les extrémistes religieux musulmans, il n’y a pas place pour un Etat juif en Palestine.
Les colons religieux sont des révolutionnaires ; ils ont un but.
Les partis non religieux sont-ils complices ?
En tout cas, la responsabilité des dirigeants de la droite israélienne n’est pas mince. Les Begin, Shamir, Sharon ou Netanyahou ont toujours évoqué « le droit historique des juifs en Eretz Israël » (terre d’Israël au sens biblique). Depuis des décennies, la Cisjordanie n’est pas appelée en Israël autrement que par ses noms bibliques de « Judée et Samarie ». De toute façon, qu’ils soient ou non directement représentés au gouvernement, les colons vont continuer à grandir en nombre.
Propos recueillis par BAUDOUIN LOOS

Photo Joël Saget, AFP.

source

Asira al-Qibliya : Les vidéos qui accablent l’armée israélienne d’occupation


mardi 22 mai 2012, par La Rédaction

Accès aux 2 vidéos :
www.Assawra.Info/video1.htm
www.Assawra.Info/video2.htm

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C’est une scène qui fait couler beaucoup d’encre. Une vidéo publiée par l’ONG israélienne des droits de l’homme B’Tselem montre des colons israéliens de Cisjordanie en train de tirer sur des manifestants palestiniens, sans que les forces de sécurité israéliennes présentes n’interviennent pour les en empêcher. D’après B’Tselem, l’incident s’est produit samedi après-midi, lorsqu’un important groupe de colons ultraradicaux de la colonie de Yitzhar s’est approché du village palestinien d’Asira al-Qibliya.

Masqués et armés, certains colons extrémistes deviennent violents. D’après l’ONG, ils se mettent à lancer des pierres en direction de maisons palestiniennes, tout en faisant feu. Parmi eux, B’Tselem remarque un colon masqué, armé d’un fusil « Tavor ». Cette arme, équipant uniquement les soldats d’infanterie, suggère que son porteur serait un soldat en permission. Très vite, les jeunes Palestiniens du village arrivent sur les lieux et jettent des pierres en retour. La scène s’embrase. Alertés par l’incident, les soldats et les officiers de la police israélienne des frontières font leur apparition. Mais ils ne s’interposent pas, malgré leur fonction, qui est d’assurer le contrôle exclusif des territoires palestiniens en zone C. Plusieurs tirs à balles réelles sont entendus, sans que l’on sache exactement d’où ils proviennent, indique l’organisation.

La première vidéo montre un groupe de trois colons accompagnés d’un soldat, ciblés par des jets de pierres. Derrière eux surgit la fumée d’un brasier. D’après B’Tselem, deux des colons sont armés d’un fusil M4, tandis qu’un troisième possède un pistolet. Les trois hommes tiennent les Palestiniens en joue, avant de faire feu. L’un des villageois, Fathi Asayira, âgé de 24 ans, s’effondre. Touché au visage, il est évacué par une groupe de jeunes. Hospitalisé à Napouse, il demeure dans un état stable.

La seconde vidéo, prise d’un autre angle, illustre encore mieux la passivité des soldats israéliens, qui sont au nombre de trois. « La vidéo lève de graves soupçons sur le fait que les soldats présents n’ont pas agi pour empêcher les colons de jeter des pierres et tirer à balles réelles sur les Palestiniens », affirme B’Tselem. « Non seulement, les soldats n’ont pas essayé de renvoyer les colons, mais ils se sont en fait tenus à leurs côtés alors qu’ils tiraient et jetaient des pierres. » Une opinion que partage l’Autorité palestinienne.

« La gravité de la séquence ne tient pas seulement dans les provocations des colons et les tirs à balles réelles à l’égard des résidents non armés, mais aussi dans l’irresponsabilité des soldats israéliens qui se trouvaient là à regarder les événements », a déclaré un communiqué du bureau du Premier ministre, Mahmoud Abbas, qui a réclamé une action de la communauté internationale pour mettre fin aux « attaques et provocations » des colons.

De son côté, l’armée israélienne, qui a annoncé l’ouverture d’une enquête sur l’incident, a expliqué que les forces de sécurité étaient arrivées sur place dans le but de séparer les deux camps qui se lançaient des pierres. « Il y a eu des tirs au cours de l’incident et la question est sous investigation », ajoute l’armée israélienne, selon le Guardian. « Mais au premier abord, la vidéo qui a été publiée ne paraît pas relater l’incident dans sa totalité. » Pour Avraham Binyamin, le porte-parole des colons, une de ses équipes de sécurité est arrivée sous une pluie de pierres alors qu’elle tentait d’éteindre un incendie allumé par les Palestiniens. « Il est clair que l’utilisation d’armes par les forces armées israéliennes ou l’équipe de sécurité a été effectuée dans un contexte de danger de mort », précise le porte-parole.

Les attaques de colons israéliens extrémistes se sont multipliées ces derniers mois, les jeunes ultras mettant en application leur théorie du « prix à payer » aux Palestiniens. À chaque décision gouvernementale israélienne considérée comme défavorable, ils exercent des actes de représailles contre des mosquées ou des champs d’oliviers appartenant à des Palestiniens. D’après le Guardian, le ministère israélien de l’Éducation a fermé en novembre une yeshiva (école religieuse) après que les agents du Shin Beth (services secrets intérieurs) ont eu la preuve que ses étudiants se rendaient coupables d’actes de violence contre les villageois palestiniens.

Toutefois, les condamnations juridiques restent rares. Sur 642 plaintes déposées par des Palestiniens contre des colons depuis 2005, 91 % ont été classées sans suite, faute de preuves ou en raison de l’impossibilité d’identifier les délinquants.

(22 mai 2012 – Par Armin Arefi)