Opinion |  C’est le courant dominant d’Israël qui nous a conduits à La Haye, et non ses franges lunatiques


Israeli President Isaac Herzog signs a munition near the Gaza Strip border.           Credit: Haim Tzach / GPO

Gideon Levy

Isaac Herzog, Yoav Gallant, Israel Katz : le président, le ministre de la défense et le ministre des affaires étrangères d’Israël. La présidente de la Cour internationale de justice de La Haye, Joan Donoghue, a choisi de les citer tous les trois comme preuves de soupçons d’incitation au génocide en Israël.

La juge n’a pas cité les franges de l’extrême droite, ni Itamar Ben-Gvir, ni Eyal Golan, ni les généraux à la retraite Giora Eiland (laisser les épidémies se propager à Gaza), ni Yair Golan, l’homme de paix et diagnosticien des processus (laisser Gaza mourir de faim).

La troisième des mesures provisoires émises par le tribunal vendredi, signée par l’ancien président de la Cour suprême israélienne Aharon Barak, juge ad hoc d’Israël dans cette affaire, ordonne à Israël de prendre toutes les mesures en son pouvoir pour empêcher et punir l’incitation directe et publique au génocide des Palestiniens de la bande de Gaza.

  • Même le président israélien ne sait pas quel est le plan d’Israël pour Gaza
  • L’aile droite d’Israël a effacé la Ligne verte et amplifié le discours du Hamas.
  • Un obus d’artillerie signé par le président israélien aurait pu toucher un enfant à Gaza.


Il semblerait qu’Israël doive maintenant enquêter, et éventuellement punir, son président et ses deux ministres les plus importants, et ils auraient dû être convoqués par la police dès dimanche matin. Israël ne le fera pas, bien sûr, mais il est impossible d’ignorer les soupçons soulevés par le tribunal concernant le cœur même d’Israël.


L’arrêt de la CIJ est un chef-d’œuvre de prudence et de modération. Il n’y a qu’en Israël, qui se trompe lui-même et nie jusqu’à la distraction, que l’on peut « pousser un soupir de soulagement » et même « faire la fête » dans son sillage. Un État qui fait l’objet d’un procès pour génocide devant le tribunal des Nations unies devrait avoir honte et ne rien célébrer.

Un État dont le président et les principaux ministres sont soupçonnés d’avoir incité au génocide devrait porter un sac, et non s’émerveiller de sa propre grande réussite imaginaire. Chaque Israélien aurait dû se tortiller sur son siège vendredi du simple fait du procès, et ressentir un profond sentiment de honte et d’humiliation en entendant les explications de la décision.

Un char israélien prend position à l’entrée ouest du camp de réfugiés de Khan Yunis, alors que les Palestiniens fuient avec quelques effets personnels vers des zones plus sûres plus au sud de la bande de Gaza, jeudi. Crédit AFP

l est un peu plus difficile d’accuser ce tribunal d’antisémitisme maintenant, après qu’il n’a pas ordonné à Israël d’arrêter la guerre. Cela n’a pas gêné la correspondante politique de Channel 13 News.

Moriah Asraf Wolberg, qui portait un collier avec un pendentif en forme d’Israël incluant la Cisjordanie, n’a pas cédé aux antisémites de La Haye ; elle a continué à réciter le mantra selon lequel le tribunal est hypocrite, le monde est hypocrite et Israël mène la guerre la plus juste et la plus morale au monde. Quiconque veut croire cela, même après l’ordre du tribunal de La Haye, est le bienvenu ; on peut croire à n’importe quelle fiction.


Une maison détruite par une frappe israélienne meurtrière en janvier 9. L’inscription est la suivante : « Enfants restés sous les décombres : « Enfants restés sous les décombres, Oman, Abdullah et Massa »  Crédit : Mohammed Salem / Reuters


Cependant, nous devons avant tout prêter attention à la sagesse de la Cour, qui s’est concentrée sur le courant principal d’Israël, et non sur ses franges. Herzog, ancien président du parti travailliste et homme d’État le plus fédérateur d’Israël, Gallant, dont le licenciement a été physiquement empêché par les protestations du centre-gauche, et Katz, qui, bien qu’il ait appelé samedi à poursuivre le chef de l’agence pour les réfugiés UNRWA ( !), est considéré comme relativement modéré.

Ils sont les principaux suspects dans l’incitation au génocide. L’incitation au génocide du peuple palestinien a peut-être été inventée par Meir Kahane, mais elle est déjà presque dans le domaine public.

Dans l’Israël de l’après-7 octobre, la réaction appropriée à la punition de Gaza est la suivante : « C’est toute une nation qui est responsable », selon les mots du président qui signe les obus ; « J’ai relâché toutes les contraintes. Nous combattons des animaux humains », a déclaré le ministre de la défense – lorsqu’il était à la tête du commandement sud de Tsahal, il aimait appeler à couper « la tête du serpent » – ou encore : « Ils ne recevront pas une goutte d’eau ni une seule pile », a menacé le 13 octobre le premier diplomate israélien, le ministre des affaires étrangères Katz, alors qu’il était ministre de l’énergie.

Les juges de La Haye ont parfaitement diagnostiqué ce que nous refusons d’admettre ici : le problème d’Israël, c’est son courant dominant, pas ses franges lunatiques. C’est le courant dominant qui nous a amenés à La Haye, c’est le courant dominant qui a incité au génocide, après qu’Israël se soit convaincu avec une facilité incroyable qu’après le 7 octobre, tout est permis. Heureusement, à La Haye, on semble penser différemment, très différemment.

Source (version originale)

Traduction Annie Goossens via Deepl

Gidéon Lévy :  « L’effroyable vérité sur les actions d’Israël dans la bande de Gaza »


Gideon Levy – Ha’aretz – 5 février 2015

D’avoir obtenu la démission de la tête de la Commission d’enquête des Nations-Unies ne changera rien quant au résultat de son enquête sur les crimes de guerre possibles commis dans Gaza – à moins que son remplaçant ne soit ou un raciste, ou un menteur.

Quel énorme succès diplomatique : Israël a réussi à obtenir que le professeur de droit canadien, William Shabas, démissionne de son poste de chef de la commission d’enquête des Nations-Unies sur les crimes de guerre éventuels à Gaza.

Grâce à une surveillance obstinée, les divisions Renseignements et Propagande d’Israël ont révélé que Schabas avait reçu une fois 1300 dollars d’honoraires de l’OLP. Conclusion : il a vendu son âme au diable. Le juge en croque. CQFD.

Il faut un sacré culot et une sacrée arrogance pour fouiller à nouveau dans le passé de ceux qui critiquent Israël pour tenter d’assassiner leur réputation, comme dans le cas de Richard Goldstone, simplement parce qu’ils ont osé critiquer l’État. Pour ce qui concerne Israël, le sort de quiconque critique le pays est scellé. C’est un antisémite, un anti-israélien, c’est quelqu’un d’avide ou d’animé par des motifs cachés.

Aux yeux d’Israël, il n’est pas possible que des personnes consciencieuses puissent être réellement et sincèrement choquées par ses actes, même si elles n’ont pas touché 1300 $ de l’OLP. Quand il est question d’Israël, aucun homme de loi épris de justice, ni quiconque de simplement convenable ne peut être horrifié par ce qu’il a fait dans la bande de Gaza l’été dernier. S’ils ont été choqués, c’est que ce sont des antisémites, ou parce qu’ils ont touché de l’argent de l’OLP. Il n’y a pas d’autre possibilité.

Mais la vérité est tout le contraire. Ce sont ceux qui n’ont pas été choqués qui méritent d’être condamnés, qui ont leur réputation assassinée, et leur passé minutieusement examiné. Soit ils vivent dans la cécité, le déni et la répression, soit leurs normes morales sont fondamentalement dénaturées et viciées.

Il était impossible de ne pas être horrifié par ce que les Forces de défense d’Israël ont fait dans Gaza l’été dernier – sauf si vous êtes un propagandiste, un menteur ou un raciste. En tout cas, il est impossible de soutenir Israël au vu de ce qu’il a fait aux Palestiniens. Impossible aussi d’être expert en droit international et d’être solidaire de ce qu’Israël est en train de faire. Le péché de Schabas est qu’il ne l’est pas. Il doit en être fier.

Seule, une commission d’enquête de la Ligue anti-diffamation, du gouvernement micronésien ou du parti Habayit Hayehudi (Foyer juif) n’aurait pas fustigé le saccage par les FDI de la bande de Gaza, saccage qui a été plus brutal et plus sauvage que tous les saccages précédents. Un rapport de B’Tselem publié la semaine dernière (« Drapeau noir : les conséquences juridiques et morales de l’agression contre les immeubles d’habitation dans la bande de Gaza, été 2014 ») raconte ce qui a été si rapidement oublié : les crimes de guerre.

B’Tselem a enquêté sur 70 cas de bombardements d’immeubles d’habitation, dans lesquels 606 personnes ont été tuées dans leur domicile ou tout près, plus de 70 % de ces morts sont des enfants, des femmes et des personnes âgées. Cela donne le vertige. L’armée la plus morale dans son spectacle pourtant le plus immoral, avec ses missiles qui visaient les terrasses des immeubles, et tous ses « avertissements ».

Le sang des victimes implore à grands cris. Mais pas en Israël. Ici, la propagande et les médias ont fait leur job. Dans la campagne électorale, il n’est fait aucune mention du plus important évènement du mandat du gouvernement sortant. Même l’opposition n’ose pas en parler. Le camp sioniste sait qu’il aurait fait la même chose (« dans la guerre contre le terrorisme, il n’y a plus de coalition, plus d’opposition », a déclaré Isaac Herzog la semaine dernière).

Même du sort de ces 20 000 personnes qui se trouvent toujours sans abri, six mois environ après les bombardements, dans l’hiver de Gaza, nul ne s’en préoccupe ici. Ce sont des Palestiniens. En outre, ils ont tiré des roquettes Qassam et ils se sont cachés dans des immeubles habités et le seul qui est à blâmer, c’est le Hamas. Quant aux immeubles qui ont été bombardés, c’était des avant-postes du Hamas et des salles de commandement, et tous ceux qui ont été tués étaient des terroristes, ou des enfants de terroristes.

Très prochainement, le rapport d’enquête, sans Schabas, sera publié. Il ne sera pas « équilibré », comme la propagande israélienne l’exige, parce que la situation est loin de l’être. Les 5 citoyens et les 67 soldats israéliens qui ont été tués y seront probablement mentionnés, comme les milliers de roquettes tirées sur les Israéliens. Mais même avec la nouvelle commission, avec un chef « équilibré », le rapport mentionnera qu’au cours de l’été 2014, Israël a commis des atrocités au-delà de toute proportion dans la bande de Gaza. Il n’y a aucune autre façon de décrire cela.

Source: Haaretz : http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.640830

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2015/02/08/leffroyable-verite-sur-les-actions-disrael-dans-la-bande-de-gaza/

Christophe Oberlin: La population de Gaza est à bout. Tout peut arriver [Entretien 24.11.2014]


[youtube http://youtu.be/f4CElEVvpJE?]

Entretien réalisé par Silvia Cattori et Gérard Lazare le 25 nov. 2014. www,arretsurinfo.ch
Professeur de médecine à l’Université Paris VII, chirurgien à l’hôpital Bichat, Christophe Oberlin est l’un des meilleurs connaisseurs de la bande de Gaza où il se rend régulièrement depuis 2001. En juillet-août 2014, durant l’agression israélienne contre la population de Gaza il a accusé François Hollande pour son soutien à Israël. Ayant également mis en cause l’Autorité palestinienne pour avoir saboté la plainte déposée auprès de la CPI, Christophe Oberlin a été vivement critiqué par les dirigeants de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS). Il raconte tout cela dans l’ouvrage « Le chemin de la Cour – Les dirigeants israéliens devant la Cour Pénale Internationale ». (Editions Eric Bonnier -14.17 EUR)
Lire également:
– Lettre ouverte à François Hollande et autres racistes qui nous dirigent http://arretsurinfo.ch/video-lettre-o…
– Dernier crime à Gaza : le crime de haute trahison http://arretsurinfo.ch/dernier-crime-…
– « Ce qui se passe à Gaza est en partie à cause de la déclaration de Hollande » http://arretsurinfo.ch/video-ce-qui-s…
– Feu vert de la Cour Pénale Internationale et de Mahmoud Abbas pour continuer les crimes de guerre à Gaza http://arretsurinfo.ch/feu-vert-de-la…

Rassemblement face à l’Ambassade d’Israël


_.L’Association Belgo-Palestinienne vous convie

 

au  304èmerassemblement

pacifique  et   silencieux

Vendredi 14 décembre 2012

de 12h30 à 13h30 

 

 

FACE A L’AMBASSADE D’ISRAEL

40, avenue de l’Observatoire à Uccle

 

Soyons  nombreux

sans trompette ni calicots autres que les officiels et ceux reprenant le nom des associations partenaires à ce rassemblement

 

Soyons très nombreux

pour stigmatiser la non-application par Israël des résolutions des Nations Unies (dont la ES 10/15

condamnant la construction du mur) et de la IVème Convention de Genève

et demander la fin du blocus de Gaza

 

Prochains rassemblements en 2013  (deuxième vendredi du mois): en cours de demande d’autorisation

11 janvier, 8 février, 8 mars, 12 avril, 10 mai, 14 juin, 12 juillet, 9 août, 13 septembre, 11 octobre, 8 novembre,

                                                          

Tentative d’arrestation d’un chef militaire israélien à Bruxelles


David CRONIN

Ce matin, j’ai tenté d’arrêter un stratège militaire israélien coupable de développer des armes destinées à tuer des Palestiniens.



Yitzhak Ben-Israel, ancien chercheur dans l’armée d’Israël et au Ministère de la défense se tenait devant la salle de réunion d’un hôtel de luxe bruxellois quand je suis arrivé. Je suis passé devant lui et me suis dirigé vers le bureau pour m’enregistrer afin d’assister à une conférence intitulée « Technologie et terrorisme » que ce personnage devait animer.

« Bonjour, dis-je à la femme derrière le bureau, mon nom est Cronin. »

– Cronin ?, dit un homme en costume sombre qui venait de s’approcher, vous êtes David ? (Je n’avais pas donné mon prénom).

– C’est juste, répondis-je. »

La femme et lui jetèrent un coup d’œil rapide sur la liste et m’affirmèrent que mon nom n’y figurait pas. Quand j’ai expliqué que j’avais envoyé un e-mail exprimant le souhait d’être présent à la conférence, ils m’ont répondu qu’il s’agissait d’un événement privé.

« Mais cela est financé par l’Union européenne. Et cela a été annoncé publiquement sur Internet, » insistai-je.

La conversation continua inutilement pendant un moment jusqu’à ce que l’homme me dise :

« Vous voulez la police ? La police est là. » (Je n’avais nullement demandé la police). Je me suis retourné et deux hommes venaient d’arriver.

« Faites-vous partie de la sécurité de l’hôtel ? », demandai-je.

– Non, nous sommes les services de renseignement belges, me répondit l’un des deux fonctionnaires.

– Cet homme, juste là, c’est Ben-Israel, lançai-je en le montrant du doigt, je suis venu pour lancer une arrestation citoyenne à l’encontre de cet homme. M. Ben-Israel, vous êtes accusé de crimes contre l’humanité. Je vous demande de vous rendre par vous-même aux deux officiers de police ici présents. »

Un des officiers me demanda de m’identifier. « Mon nom est David Cronin, je suis journaliste indépendant, dis-je, je crois sincèrement que M. Ben-Israel a développé des armes dont le but est de tuer des Palestiniens. »

J’ai essayé d’entrer dans les détails, mais les deux policiers était déjà en train de me faire descendre les escaliers. Dans le hall de l’hôtel, ils m’ont demandé mes papiers et ont noté mes coordonnées. Je leur ai demandé qu’ils enregistrent une déclaration de ma part où j’aurais pu expliquer pourquoi Ben-Israel devait être arrêté. Bien qu’ils aient accepté d’écouter mes arguments, ils ont refusé de prendre une déclaration formel et à la place ils voulaient me faire visiter le poste de police.

QUI EST BEN-ISRAEL ?

Général en retraite, Ben-Israel, est impliqué dans le développement des armes les plus horribles de l’arsenal israélien. Il y a des preuves flagrantes qu’il a fourni son expertise à une équipe israélienne qui a adapté les armes étasunienne DIME (Dense Inert Metal Explosive) pour une utilisation sur Gaza. En 2006, Ben-Israel a indiqué qu’il était au courant des test de DIME, une arme qui arrache les membres et cause de sévères brulures. Il fit l’éloge de cet arme dans une interview à la télévision italienne, déclarant : « une des idées est de permettre de frapper les cibles sans entraîner de dommages sur d’autres personnes. »

Des témoignages, rassemblés dans les hôpitaux de Gaza que Israël a attaqué fin 2008-début 2009, affirment la présence de métaux inhabituels dans les corps des victimes de bombardements. Ceci indique que le DIME a pu être utilisé durant cette assaut qui a duré trois semaines, l’opération plomb durci.

Ben-Israel a reçu trois récompenses en Israël pour avoir aidé à inventer des armes. En 1972, il a été honoré pour son rôle dans la réalisation du système de bombe de l’avion F-4E fourni à Israël par l’entreprise d’armement McDonnell Douglas. Quatre ans plus tard, il gagna un prix similaire pour sa contribution à l’élaboration d’une nouvelle technologie pour l’armée israélienne : le système C4 conçue pour permettre au commandement militaire de diriger plusieurs opération en même temps. Et en 2002, il remporta le Prix de la défense d’Israël pour un « projet introduisant un nouveau concept de conflit armé ».

LA JOUISSANCE D’ASSASSINER

Membre de la Knesset (parlement israélien) entre 2007 et 2009, il a été un fervent supporteur de l’Opération plomb durci. Dans un article d’opinion, paru en 2009 sur le site Ynet, il s’est réjoui de la manière dont Israël s’était passé des règles du combat armé qu’il avait l’habitude de jouer (selon lui) : « Avant, c’était comme si le côté faible (Hamas, Hezbollah) pouvait attaquer les citoyens de manière ininterrompue, pendant qu’Israël hésitait à utiliser sa puissance militaire substantiel (avion de chasse, tank et missiles guidés) par peur de blesser des civils. Mais l’opération récente a montré que même les mosquées utilisées par les groupes terroristes ne sont plus un obstacle pour Israël. »

Il est écœurant de voir que quelqu’un qui se réjouit de l’assassinat massif de civils puisse être un invité à une conférence sponsorisée par l’Union européenne.

Comme je l’ai écrit il y a quelques jours, un autre crime commis par Ben-Israël est qu’il siège au conseil d’administration de l’Université Ariel située dans une colonie en Cisjordanie. Les représentants européens savent que ces établissements violent la 4ème convention de Genève de 1949 qui interdit à une puissance occupante de transférer ses populations civiles dans des territoires qu’elle occupe.

Ben-Israel parut quelque peu perplexe quand je me suis confronté à lui aujourd’hui. Il n’a certainement jamais rencontré telle tentative auparavant qui le déclarait responsable de ses crimes. Hé bien, il faudrait qu’il s’habitue à ce genre d’action ! Lui ou d’autres membres de la politique d’Israël et de son élite militaire doivent s’attendre à faire face à la justice. Partout où qu’ils aillent.

David CRONIN

Traduit de l’anglais par Cédric Rutter

Source : Electronic Intifada

URL de cet article 15357

Israël et la légitime défense en droit international


L’Association Belgo-Palestinienne Wallonie-Bruxelles organise un cycle de rencontres destiné à ses membres et sympathisants. Le but principal est d’approfondir des thématiques qui touchent à la question palestinienne au travers d’exposés suivis d’échanges et d’une réflexion commune.

Ces rencontres ont lieu une fois par mois.

Lundi 16 mai 2011 à 19h30

Israël et la légitime défense en droit international

Avec

Olivier CORTEN

Professeur à l’Université libre de Bruxelles, Centre de droit international et de sociologie appliquée au droit international.

Auteur de Le droit contre la guerre (Paris, Pedone, 2008),

The Law against War (Oxford, Hart Pub. 2010).

L’un des enjeux de l’avènement d’un État palestinien est la possibilité, pour la Palestine comme pour Israël, d’invoquer l’article 51 de la Charte reconnaissant un droit de légitime défense dans les relations entre États. L’exposé fera le point sur les conséquences de ce changement éventuel de statut en droit international de la guerre.

Lieu : Centre Culturel Arabe

2, rue de l’Alliance (Métro Madou) – 1210 Bruxelles

PAF : 2 € (membres)/ 3€ (non-membres).

Le nombre de places étant limité il est conseillé de vous inscrire avant le 13 mai 2011 : abp.eccp@skynet.be

A vos agendas pour la prochaine rencontre :

Le jeudi 09 juin 2011 – Denis SIEFFERT (Journaliste à Politis)

« L’usage des mots dans le conflit israélo-palestinien »

Avec le soutien de la Communauté Française

Association belgo-palestinienne – Wallonie/Bruxelles asbl
quai du commerce, 9 – 1000 Bruxelles
tél: +32 (0)2 223 07 56 – fax: +32 (0)2 250 12 63
mail : abp.eccp@skynet.be

www.association-belgo-palestinienne.be

Le Tribunal Russell sur la Palestine


Bilan des sessions de Barcelone et Londres,

prochaines sessions

vendredi 21 janvier 2011 à 19h30

Maison des Associations (salle Carson) 15 rue des Savoises – 1205 Genève


avec:
Pierre Galand (Belgique) Membre fondateur du Comité d’organisation international du Tribunal Russell sur la Palestine (TRP): Bilan et les perspectives après les deux premières sessions du TRP
Geneviève Coudrais (France) Experte intervenante à la session de Londres: Commercialisation des produits des colonies – le cas de Soda Stream
Adri Nieuwhof (Pays-Bas) Experte intervenante à la session de Londres: Responsabilités des entreprises dans les territoires palestiniens occupés, les cas de la multinationale Veolia et de l’entreprise suisse HBI Haerter

Org. : Comité national suisse d’appui au Tribunal Russell sur la Palestine

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Lettre ouverte de Gaza : deux ans après le massacre, une exigence de justice.


28/12/2010

Nous, les Palestiniens de la Bande de Gaza assiégée, en ce jour du 27 décembre 2010, deux ans après l’attaque génocidaire d’Israël contre nos familles, nos maisons, nos routes, nos usines et nos écoles, disons assez d’inaction, assez de discussions, assez d’attente – il est maintenant temps de tenir Israël pour responsable de ces crimes incessants contre nous. Le 27 décembre 2008, Israël a lancé un bombardement aveugle de la Bande de Gaza.

L’attaque a duré 22 jours, elle a tué 1.417 Palestiniens dont 352 enfants, selon les principaux organismes pour les droits de l’homme. Pendant 528 interminables heures, les forces de l’occupation israélienne ont lâché leurs F15 fournis par les Etats-Unis, leurs F16, leurs chars Merkava, du phosphore blanc interdit au plan international, bombardé et envahi le petite enclave côtière qui abrite 1,5 million de Palestiniens, dont 800 000 sont des enfants et plus de 80% sont des réfugiés enregistrés par les Nations Unies. Environ 5300 personnes souffriront de séquelles physiques toute leur vie.

Cette dévastation a dépassé en sauvagerie tous les massacres précédents subis à Gaza, comme les 21 enfants tués à Jabalia en mars 2008 et les 19 civils tués dans leurs maisons lors du massacre de Beit Hanoun en 2006. Le carnage a même dépassé les attaques de novembre 1956 au cours desquelles les troupes israéliennes ont raflé et tué 275 Palestiniens à Khan Younis, et 111 de plus à Rafah, au sud de la Bande.

Depuis le massacre de Gaza en 2009, les citoyens du monde ont pris la responsabilité de faire pression sur Israël pour qu’il se conforme au droit international par une stratégie éprouvée de boycott, désinvestissement et sanctions. Comme lors du mouvement mondial de BDS qui a été tellement efficace pour mettre fin au régime d’apartheid sud-africain, nous exhortons les gens de conscience à se joindre à l’appel BDS lancé par plus de 170 organisations palestiniennes en 2005. Comme en Afrique du Sud, le déséquilibre des forces et de la représentation dans cette lutte peut être contrebalancé par un puissant mouvement international, avec BDS en tête, obligeant les hommes politiques israéliens à rendre des comptes, ce que les dirigeants de la communauté internationale ont maintes fois refusé de faire. De même, les opérations civiles créatives comme les navires de Free Gaza, qui ont brisé le siège cinq fois, la Marche de la Liberté à Gaza, la Flottille de la Liberté pour Gaza, et les nombreux convois terrestres ne doivent jamais cesser d’essayer de briser le siège et de souligner l’inhumanité qui consiste à maintenir 1,5 million de Gazaouis dans une prison à ciel ouvert.

Deux années se sont maintenant écoulées depuis le plus grave des actes génocidaires d’Israël, qui n’aurait dû laisser aucun doute sur l’ampleur et la brutalité des desseins israéliens contre les Palestiniens. L’attaque navale meurtrière contre les activistes internationaux à bord de la Flottille de la Liberté à Gaza en Méditerranée a fait ressortir devant le monde entier le peu de cas que fait Israël de la vie palestinienne, depuis si longtemps.

Le monde sait maintenant, bien que deux ans soient passés, que pour les Palestiniens, rien n’a changé. Le Rapport Goldstone est venu et s’en est allé : en dépit de sa longue liste d’infractions au droit international, de « crimes de guerre » israéliens et de « possibles crimes contre l’humanité », bien que l’Union Européenne, les Nations Unies, la Croix Rouge et toutes les principales organisations pour les droits de l’homme aient appelé à mettre fin à ce siège illégal et médiéval, il continue sans relâche. Le 11 novembre 2010, John Ging, chef de l’UNRWA, a dit, « Il n’y a eu aucun changement significatif pour la population sur le terrain ici en termes, pour eux, de statut, de dépendance à l’aide, d »absence de toute reprise ou reconstruction, aucune économie… L’assouplissement, tel qu’il a été décrit, n’a rien été d’autre qu’un assouplissement politique de la pression sur Israël et sur l’Egypte. »

Le 2 décembre, 22 organisations internationales, dont Amnesty, Oxfam, Safe the Children, Christian Aid et Medical Aid for Palestinians ont produit le rapport « Dashed Hopes, Continuation of the Gaza Blockade » appelant à une action internationale pour obliger Israël à lever le blocus sans condition, disant que les Palestiniens de Gaza sous siège israélien continuaient de vivre dans les mêmes conditions épouvantables. Une semaine après, Human Rights Watch publiait un rapport global « Separate and Unequal » qui dénonce la politique israélienne comme étant de l’apartheid, reprenant les sentiments similaires d’activistes anti-apartheid sud-africains.

Nous, Palestiniens de Gaza, voulons avoir la liberté de rencontrer nos amis palestiniens ou nos familles de Tulkarem, Jérusalem ou Nazareth ; nous voulons avoir le droit de voyager et de circuler en toute liberté. Nous voulons vivre sans craindre une nouvelle campagne de bombardement qui fasse des centaines de morts parmi nos enfants et beaucoup d’autres blessés ou souffrant de cancers à cause de la contamination du phosphore blanc et des armes chimiques d’Israël. Nous voulons vivre sans être humiliés aux checkpoints israéliens, sans l’indignité de ne pas pouvoir subvenir aux besoins de nos familles à cause du chômage dû au contrôle économique et au siège illégale. Nous demandons la fin du racisme qui sous-tend toute cette oppression.

Nous posons la question : quand les pays du monde agiront-ils en accord avec le principe premier d’égalité de traitement des peuples, quelles que soient leur origine, leur ethnicité ou leur couleur : est-ce si saugrenu qu’un enfant palestinien mérite les mêmes droits que n’importe quel autre être humain ? Regarderez-vous derrière vous pour dire que vous vous êtes tenus du bon côté de l’histoire, ou aurez-vous soutenu l’oppresseur ?

Nous appelons donc la communauté internationale à prendre ses responsabilités pour protéger le peuple palestinien contre l’odieuse agression d’Israël, en mettant immédiatement fin au siège avec une totale compensation pour la destruction de la vie et des infrastructures qui nous a été infligée par cette politique évidente de châtiment collectif. Rien ne justifie la politique délibérée de sauvagerie, dont la rupture de l’approvisionnement en eau et en électricité pour 1,5 million de personnes. La conspiration internationale de silence envers la guerre génocidaire qui a lieu contre plus de 1,5 million de civils à Gaza indique la complicité dans ces crimes de guerre.

Nous appelons également tous les groupes de solidarité avec la Palestine et toutes les organisations de la société civile internationale à exiger :

– la fin du siège imposé au peuple palestinien en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza à cause de l’exercice de leur choix démocratique,
– la protection des vies et biens civils, comme stipulé dans le droit humanitaire international et les droits de l’homme internationaux comme la quatrième Convention de Genève,
– la libération immédiate de tous les prisonniers politiques,
– que les réfugiés palestiniens dans la Bande de Gaza reçoivent immédiatement un soutien financier et matériel pour faire face aux immenses difficultés qu’ils éprouvent,
– la fin de l’occupation, de l’apartheid et autres crimes de guerre,
– les réparations immédiates et compensation pour toutes les destructions perpétrés par les forces israéliennes d’occupation dans la Bande de Gaza.

Participez à la campagne BDS, rejoignez les nombreux syndicats internationaux, universités, supermarchés, artistes et écrivains qui refusent d’entretenir Israël Apartheid. Exprimez-vous pour la Palestine, pour Gaza, et surtout, AGISSEZ. Maintenant.

Depuis Gaza assiégée, Palestine
27 décembre 2010

Liste des signataires

General Union for Public Services Workers
General Union for Health Services Workers
University Teachers’ Association
Palestinian Congregation for Lawyers
General Union for Petrochemical and Gas Workers
General Union for Agricultural Workers
Union of Women’s Work Committees
Union of Synergies—Women Unit
The One Democratic State Group
Arab Cultural Forum
Palestinian Students’ Campaign for the Academic Boycott of Israel
Association of Al-Quds Bank for Culture and Info
Palestine Sailing Federation
Palestinian Association for Fishing and Maritime
Palestinian Network of Non-Governmental Organizations
Palestinian Women Committees
Progressive Students’ Union
Medical Relief Society
The General Society for Rehabilitation
General Union of Palestinian Women
Afaq Jadeeda Cultural Centre for Women and Children
Deir Al-Balah Cultural Centre for Women and Children
Maghazi Cultural Centre for Children
Al-Sahel Centre for Women and Youth
Ghassan Kanfani Kindergartens
Rachel Corrie Centre, Rafah
Rafah Olympia City Sisters
Al Awda Centre, Rafah
Al Awda Hospital, Jabaliya Camp
Ajyal Association, Gaza
General Union of Palestinian Syndicates
Al Karmel Centre, Nuseirat
Local Initiative, Beit Hanoun
Union of Health Work Committees
Red Crescent Society Gaza Strip
Beit Lahiya Cultural Centre
Al Awda Centre, Rafah

Source : The Palestinian Telegraph
http://www.paltelegraph.com/palestine/palestinian-refugees/7826-an-open-letter-from-gaza-two-years-after-the-massacre-a-demand-for-justice.html
sans le nom de la personne qui a traduit la lettre

http://www.almanar.com.lb/newssite/NewsDetails.aspx?id=167766&language=fr

En Belgique, une plainte déposée à l’encontre de 14 dirigeants israéliens


mercredi 23 juin 2010, par La Rédaction

Deux avocats belges, Me Georges-Henri Beauthier et Alexis Deswaef, ont annoncé, mercredi 23 juin, à Bruxelles, le dépôt d’une plainte pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre à l’encontre de 14 dirigeants politiques et militaires israéliens. Elle vise des actes commis à la fin 2008 et au début 2009 à Gaza, lors de l’opération militaire « Plomb durci ».

La plainte cite, entre autres, Ehoud Olmert, Tzipi Livni et Ehoud Barak, respectivement premier ministre, ministre des affaires étrangères et ministre de la défense à l’époque des faits. Le vice-ministre de la défense et ancien général de Tsahal, Matan Vilnaï, est également cité, ainsi que divers hauts responsables de l’armée et des services de renseignement.

Agissant notamment pour le compte d’un médecin belge d’origine palestinienne, Anouar Rashid Saïd El-Okka et ses deux frères, dont les champs de fruits et d’oliviers ont été intentionnellement détruits et brûlés au phosphore, les deux avocats s’appuient sur les dispositions de loi belge en matière de compétence universelle.
Leur plainte vise aussi le bombardement de la mosquée Al-Maqadmah, à proximité du camp de réfugiés de Jabaliya. Seize civils, dont des enfants, avaient été tués lors d’une attaque censée viser des militants du Hamas. Les avocats belges représentent 13 victimes, blessées ou qui ont perdu un proche.

Me Beauthier et Deswaef déposent au parquet fédéral belge un document très fouillé de 70 pages, reprenant, entre autres, les conclusions d’un rapport des Nations unies (la « mission Goldstone ») sur les violences commises à Gaza. Il invite la justice belge à se saisir de leur plainte étant donné que « la Palestine n’étant pas reconnue comme Etat, son appareil judiciaire ne permet pas de telles poursuites ».

Quant aux juridictions israéliennes, « elles ne présentent pas les qualités d’indépendance, d’impartialité et d’équité, telles qu’exigées par le droit international des droits de l’homme », note le texte.

Ce n’est pas la première fois que la justice belge est confrontée à une plainte concernant Israël. En 2001, des Palestiniens et des Libanais avaient tenté de faire juger l’ancien premier ministre Ariel Sharon pour les massacres des camps de Sabra et Chatila, en 1982. L’affaire avait tourné à l’incident diplomatique et la Belgique avait, dans la foulée, décidé de restreindre la portée de sa loi de compétence universelle.

Celle-ci prévoit désormais un critère de « rattachement », à savoir l’implication directe d’un citoyen belge. Ce critère est rempli dans le cas présent, le docteur El-Okka possédant la nationalité belge.

Les biens que ce dernier possédait avec ses deux frères ont été entièrement dévastés, et son puits d’eau rendu inutilisable, alors que les cultures visées constituaient les seules ressources de sa famille, dans la région d’El-Zeytoun au sud-est de Gaza. Selon ses avocats, la région ne comportait aucun combattant palestinien et aucune arme n’y était stockée.

Source (Mercredi, 23 juin 2010 – Avec les agences de presse)

Israël peut-il être jugé par un tribunal belge?


Eric David

Fatima el-Mourabiti et Kenza Isnasni étaient à bord du convoi humanitaire pris d’assaut par un commando israélien le 31 mai 2010. Les deux jeunes femmes belges ont décidé de porter l’affaire devant les tribunaux de leur pays. Eric David, spécialiste du droit international, examine la recevabilité de leur plainte.

Dans la mesure où les faits commis par les forces de défense israéliennes (FDI) s’apparentent à des crimes de guerre, voire à des faits de terrorisme maritime, et dans la mesure où des ressortissants belges en ont été victimes, le juge belge pourrait se reconnaître compétent soit au titre de ce qu’on appelle la compétence personnelle passive (compétence du juge à raison d’un crime commis à l’étranger par un étranger contre un Belge), soit au titre de la compétence universelle (compétence du juge belge pour certains crimes de droit international quels que soient le lieu du crime, la nationalité de l’auteur ou celle de la victime).
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