Gidéon Lévy :  « L’effroyable vérité sur les actions d’Israël dans la bande de Gaza »


Gideon Levy – Ha’aretz – 5 février 2015

D’avoir obtenu la démission de la tête de la Commission d’enquête des Nations-Unies ne changera rien quant au résultat de son enquête sur les crimes de guerre possibles commis dans Gaza – à moins que son remplaçant ne soit ou un raciste, ou un menteur.

Quel énorme succès diplomatique : Israël a réussi à obtenir que le professeur de droit canadien, William Shabas, démissionne de son poste de chef de la commission d’enquête des Nations-Unies sur les crimes de guerre éventuels à Gaza.

Grâce à une surveillance obstinée, les divisions Renseignements et Propagande d’Israël ont révélé que Schabas avait reçu une fois 1300 dollars d’honoraires de l’OLP. Conclusion : il a vendu son âme au diable. Le juge en croque. CQFD.

Il faut un sacré culot et une sacrée arrogance pour fouiller à nouveau dans le passé de ceux qui critiquent Israël pour tenter d’assassiner leur réputation, comme dans le cas de Richard Goldstone, simplement parce qu’ils ont osé critiquer l’État. Pour ce qui concerne Israël, le sort de quiconque critique le pays est scellé. C’est un antisémite, un anti-israélien, c’est quelqu’un d’avide ou d’animé par des motifs cachés.

Aux yeux d’Israël, il n’est pas possible que des personnes consciencieuses puissent être réellement et sincèrement choquées par ses actes, même si elles n’ont pas touché 1300 $ de l’OLP. Quand il est question d’Israël, aucun homme de loi épris de justice, ni quiconque de simplement convenable ne peut être horrifié par ce qu’il a fait dans la bande de Gaza l’été dernier. S’ils ont été choqués, c’est que ce sont des antisémites, ou parce qu’ils ont touché de l’argent de l’OLP. Il n’y a pas d’autre possibilité.

Mais la vérité est tout le contraire. Ce sont ceux qui n’ont pas été choqués qui méritent d’être condamnés, qui ont leur réputation assassinée, et leur passé minutieusement examiné. Soit ils vivent dans la cécité, le déni et la répression, soit leurs normes morales sont fondamentalement dénaturées et viciées.

Il était impossible de ne pas être horrifié par ce que les Forces de défense d’Israël ont fait dans Gaza l’été dernier – sauf si vous êtes un propagandiste, un menteur ou un raciste. En tout cas, il est impossible de soutenir Israël au vu de ce qu’il a fait aux Palestiniens. Impossible aussi d’être expert en droit international et d’être solidaire de ce qu’Israël est en train de faire. Le péché de Schabas est qu’il ne l’est pas. Il doit en être fier.

Seule, une commission d’enquête de la Ligue anti-diffamation, du gouvernement micronésien ou du parti Habayit Hayehudi (Foyer juif) n’aurait pas fustigé le saccage par les FDI de la bande de Gaza, saccage qui a été plus brutal et plus sauvage que tous les saccages précédents. Un rapport de B’Tselem publié la semaine dernière (« Drapeau noir : les conséquences juridiques et morales de l’agression contre les immeubles d’habitation dans la bande de Gaza, été 2014 ») raconte ce qui a été si rapidement oublié : les crimes de guerre.

B’Tselem a enquêté sur 70 cas de bombardements d’immeubles d’habitation, dans lesquels 606 personnes ont été tuées dans leur domicile ou tout près, plus de 70 % de ces morts sont des enfants, des femmes et des personnes âgées. Cela donne le vertige. L’armée la plus morale dans son spectacle pourtant le plus immoral, avec ses missiles qui visaient les terrasses des immeubles, et tous ses « avertissements ».

Le sang des victimes implore à grands cris. Mais pas en Israël. Ici, la propagande et les médias ont fait leur job. Dans la campagne électorale, il n’est fait aucune mention du plus important évènement du mandat du gouvernement sortant. Même l’opposition n’ose pas en parler. Le camp sioniste sait qu’il aurait fait la même chose (« dans la guerre contre le terrorisme, il n’y a plus de coalition, plus d’opposition », a déclaré Isaac Herzog la semaine dernière).

Même du sort de ces 20 000 personnes qui se trouvent toujours sans abri, six mois environ après les bombardements, dans l’hiver de Gaza, nul ne s’en préoccupe ici. Ce sont des Palestiniens. En outre, ils ont tiré des roquettes Qassam et ils se sont cachés dans des immeubles habités et le seul qui est à blâmer, c’est le Hamas. Quant aux immeubles qui ont été bombardés, c’était des avant-postes du Hamas et des salles de commandement, et tous ceux qui ont été tués étaient des terroristes, ou des enfants de terroristes.

Très prochainement, le rapport d’enquête, sans Schabas, sera publié. Il ne sera pas « équilibré », comme la propagande israélienne l’exige, parce que la situation est loin de l’être. Les 5 citoyens et les 67 soldats israéliens qui ont été tués y seront probablement mentionnés, comme les milliers de roquettes tirées sur les Israéliens. Mais même avec la nouvelle commission, avec un chef « équilibré », le rapport mentionnera qu’au cours de l’été 2014, Israël a commis des atrocités au-delà de toute proportion dans la bande de Gaza. Il n’y a aucune autre façon de décrire cela.

Source: Haaretz : http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.640830

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2015/02/08/leffroyable-verite-sur-les-actions-disrael-dans-la-bande-de-gaza/

Christophe Oberlin: La population de Gaza est à bout. Tout peut arriver [Entretien 24.11.2014]


[youtube http://youtu.be/f4CElEVvpJE?]

Entretien réalisé par Silvia Cattori et Gérard Lazare le 25 nov. 2014. www,arretsurinfo.ch
Professeur de médecine à l’Université Paris VII, chirurgien à l’hôpital Bichat, Christophe Oberlin est l’un des meilleurs connaisseurs de la bande de Gaza où il se rend régulièrement depuis 2001. En juillet-août 2014, durant l’agression israélienne contre la population de Gaza il a accusé François Hollande pour son soutien à Israël. Ayant également mis en cause l’Autorité palestinienne pour avoir saboté la plainte déposée auprès de la CPI, Christophe Oberlin a été vivement critiqué par les dirigeants de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS). Il raconte tout cela dans l’ouvrage « Le chemin de la Cour – Les dirigeants israéliens devant la Cour Pénale Internationale ». (Editions Eric Bonnier -14.17 EUR)
Lire également:
– Lettre ouverte à François Hollande et autres racistes qui nous dirigent http://arretsurinfo.ch/video-lettre-o…
– Dernier crime à Gaza : le crime de haute trahison http://arretsurinfo.ch/dernier-crime-…
– « Ce qui se passe à Gaza est en partie à cause de la déclaration de Hollande » http://arretsurinfo.ch/video-ce-qui-s…
– Feu vert de la Cour Pénale Internationale et de Mahmoud Abbas pour continuer les crimes de guerre à Gaza http://arretsurinfo.ch/feu-vert-de-la…

Rassemblement face à l’Ambassade d’Israël


_.L’Association Belgo-Palestinienne vous convie

 

au  304èmerassemblement

pacifique  et   silencieux

Vendredi 14 décembre 2012

de 12h30 à 13h30 

 

 

FACE A L’AMBASSADE D’ISRAEL

40, avenue de l’Observatoire à Uccle

 

Soyons  nombreux

sans trompette ni calicots autres que les officiels et ceux reprenant le nom des associations partenaires à ce rassemblement

 

Soyons très nombreux

pour stigmatiser la non-application par Israël des résolutions des Nations Unies (dont la ES 10/15

condamnant la construction du mur) et de la IVème Convention de Genève

et demander la fin du blocus de Gaza

 

Prochains rassemblements en 2013  (deuxième vendredi du mois): en cours de demande d’autorisation

11 janvier, 8 février, 8 mars, 12 avril, 10 mai, 14 juin, 12 juillet, 9 août, 13 septembre, 11 octobre, 8 novembre,

                                                          

Tentative d’arrestation d’un chef militaire israélien à Bruxelles


David CRONIN

Ce matin, j’ai tenté d’arrêter un stratège militaire israélien coupable de développer des armes destinées à tuer des Palestiniens.



Yitzhak Ben-Israel, ancien chercheur dans l’armée d’Israël et au Ministère de la défense se tenait devant la salle de réunion d’un hôtel de luxe bruxellois quand je suis arrivé. Je suis passé devant lui et me suis dirigé vers le bureau pour m’enregistrer afin d’assister à une conférence intitulée « Technologie et terrorisme » que ce personnage devait animer.

« Bonjour, dis-je à la femme derrière le bureau, mon nom est Cronin. »

– Cronin ?, dit un homme en costume sombre qui venait de s’approcher, vous êtes David ? (Je n’avais pas donné mon prénom).

– C’est juste, répondis-je. »

La femme et lui jetèrent un coup d’œil rapide sur la liste et m’affirmèrent que mon nom n’y figurait pas. Quand j’ai expliqué que j’avais envoyé un e-mail exprimant le souhait d’être présent à la conférence, ils m’ont répondu qu’il s’agissait d’un événement privé.

« Mais cela est financé par l’Union européenne. Et cela a été annoncé publiquement sur Internet, » insistai-je.

La conversation continua inutilement pendant un moment jusqu’à ce que l’homme me dise :

« Vous voulez la police ? La police est là. » (Je n’avais nullement demandé la police). Je me suis retourné et deux hommes venaient d’arriver.

« Faites-vous partie de la sécurité de l’hôtel ? », demandai-je.

– Non, nous sommes les services de renseignement belges, me répondit l’un des deux fonctionnaires.

– Cet homme, juste là, c’est Ben-Israel, lançai-je en le montrant du doigt, je suis venu pour lancer une arrestation citoyenne à l’encontre de cet homme. M. Ben-Israel, vous êtes accusé de crimes contre l’humanité. Je vous demande de vous rendre par vous-même aux deux officiers de police ici présents. »

Un des officiers me demanda de m’identifier. « Mon nom est David Cronin, je suis journaliste indépendant, dis-je, je crois sincèrement que M. Ben-Israel a développé des armes dont le but est de tuer des Palestiniens. »

J’ai essayé d’entrer dans les détails, mais les deux policiers était déjà en train de me faire descendre les escaliers. Dans le hall de l’hôtel, ils m’ont demandé mes papiers et ont noté mes coordonnées. Je leur ai demandé qu’ils enregistrent une déclaration de ma part où j’aurais pu expliquer pourquoi Ben-Israel devait être arrêté. Bien qu’ils aient accepté d’écouter mes arguments, ils ont refusé de prendre une déclaration formel et à la place ils voulaient me faire visiter le poste de police.

QUI EST BEN-ISRAEL ?

Général en retraite, Ben-Israel, est impliqué dans le développement des armes les plus horribles de l’arsenal israélien. Il y a des preuves flagrantes qu’il a fourni son expertise à une équipe israélienne qui a adapté les armes étasunienne DIME (Dense Inert Metal Explosive) pour une utilisation sur Gaza. En 2006, Ben-Israel a indiqué qu’il était au courant des test de DIME, une arme qui arrache les membres et cause de sévères brulures. Il fit l’éloge de cet arme dans une interview à la télévision italienne, déclarant : « une des idées est de permettre de frapper les cibles sans entraîner de dommages sur d’autres personnes. »

Des témoignages, rassemblés dans les hôpitaux de Gaza que Israël a attaqué fin 2008-début 2009, affirment la présence de métaux inhabituels dans les corps des victimes de bombardements. Ceci indique que le DIME a pu être utilisé durant cette assaut qui a duré trois semaines, l’opération plomb durci.

Ben-Israel a reçu trois récompenses en Israël pour avoir aidé à inventer des armes. En 1972, il a été honoré pour son rôle dans la réalisation du système de bombe de l’avion F-4E fourni à Israël par l’entreprise d’armement McDonnell Douglas. Quatre ans plus tard, il gagna un prix similaire pour sa contribution à l’élaboration d’une nouvelle technologie pour l’armée israélienne : le système C4 conçue pour permettre au commandement militaire de diriger plusieurs opération en même temps. Et en 2002, il remporta le Prix de la défense d’Israël pour un « projet introduisant un nouveau concept de conflit armé ».

LA JOUISSANCE D’ASSASSINER

Membre de la Knesset (parlement israélien) entre 2007 et 2009, il a été un fervent supporteur de l’Opération plomb durci. Dans un article d’opinion, paru en 2009 sur le site Ynet, il s’est réjoui de la manière dont Israël s’était passé des règles du combat armé qu’il avait l’habitude de jouer (selon lui) : « Avant, c’était comme si le côté faible (Hamas, Hezbollah) pouvait attaquer les citoyens de manière ininterrompue, pendant qu’Israël hésitait à utiliser sa puissance militaire substantiel (avion de chasse, tank et missiles guidés) par peur de blesser des civils. Mais l’opération récente a montré que même les mosquées utilisées par les groupes terroristes ne sont plus un obstacle pour Israël. »

Il est écœurant de voir que quelqu’un qui se réjouit de l’assassinat massif de civils puisse être un invité à une conférence sponsorisée par l’Union européenne.

Comme je l’ai écrit il y a quelques jours, un autre crime commis par Ben-Israël est qu’il siège au conseil d’administration de l’Université Ariel située dans une colonie en Cisjordanie. Les représentants européens savent que ces établissements violent la 4ème convention de Genève de 1949 qui interdit à une puissance occupante de transférer ses populations civiles dans des territoires qu’elle occupe.

Ben-Israel parut quelque peu perplexe quand je me suis confronté à lui aujourd’hui. Il n’a certainement jamais rencontré telle tentative auparavant qui le déclarait responsable de ses crimes. Hé bien, il faudrait qu’il s’habitue à ce genre d’action ! Lui ou d’autres membres de la politique d’Israël et de son élite militaire doivent s’attendre à faire face à la justice. Partout où qu’ils aillent.

David CRONIN

Traduit de l’anglais par Cédric Rutter

Source : Electronic Intifada

URL de cet article 15357

Israël et la légitime défense en droit international


L’Association Belgo-Palestinienne Wallonie-Bruxelles organise un cycle de rencontres destiné à ses membres et sympathisants. Le but principal est d’approfondir des thématiques qui touchent à la question palestinienne au travers d’exposés suivis d’échanges et d’une réflexion commune.

Ces rencontres ont lieu une fois par mois.

Lundi 16 mai 2011 à 19h30

Israël et la légitime défense en droit international

Avec

Olivier CORTEN

Professeur à l’Université libre de Bruxelles, Centre de droit international et de sociologie appliquée au droit international.

Auteur de Le droit contre la guerre (Paris, Pedone, 2008),

The Law against War (Oxford, Hart Pub. 2010).

L’un des enjeux de l’avènement d’un État palestinien est la possibilité, pour la Palestine comme pour Israël, d’invoquer l’article 51 de la Charte reconnaissant un droit de légitime défense dans les relations entre États. L’exposé fera le point sur les conséquences de ce changement éventuel de statut en droit international de la guerre.

Lieu : Centre Culturel Arabe

2, rue de l’Alliance (Métro Madou) – 1210 Bruxelles

PAF : 2 € (membres)/ 3€ (non-membres).

Le nombre de places étant limité il est conseillé de vous inscrire avant le 13 mai 2011 : abp.eccp@skynet.be

A vos agendas pour la prochaine rencontre :

Le jeudi 09 juin 2011 – Denis SIEFFERT (Journaliste à Politis)

« L’usage des mots dans le conflit israélo-palestinien »

Avec le soutien de la Communauté Française

Association belgo-palestinienne – Wallonie/Bruxelles asbl
quai du commerce, 9 – 1000 Bruxelles
tél: +32 (0)2 223 07 56 – fax: +32 (0)2 250 12 63
mail : abp.eccp@skynet.be

www.association-belgo-palestinienne.be

Le Tribunal Russell sur la Palestine


Bilan des sessions de Barcelone et Londres,

prochaines sessions

vendredi 21 janvier 2011 à 19h30

Maison des Associations (salle Carson) 15 rue des Savoises – 1205 Genève


avec:
Pierre Galand (Belgique) Membre fondateur du Comité d’organisation international du Tribunal Russell sur la Palestine (TRP): Bilan et les perspectives après les deux premières sessions du TRP
Geneviève Coudrais (France) Experte intervenante à la session de Londres: Commercialisation des produits des colonies – le cas de Soda Stream
Adri Nieuwhof (Pays-Bas) Experte intervenante à la session de Londres: Responsabilités des entreprises dans les territoires palestiniens occupés, les cas de la multinationale Veolia et de l’entreprise suisse HBI Haerter

Org. : Comité national suisse d’appui au Tribunal Russell sur la Palestine

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