Les génies sionistes: mythe et réalité


Par Msili

Note liminaire: c’est le blog d’Angry Arab qui m’a donné l’idée de creuser ce sujet.
On le sait, les Palestiniens luttent pour le recouvrement de leurs droits sur la patrie dont ils ont été privés par le colonialisme sioniste.
Cette lutte prend bien sûr la forme de confrontations militaires, ou plutôt de lutte armée (nous avons en effet une bande de voyous surarmée contre un peuple armé de bric et de broc) mais pas seulement. Car l’affrontement avec le sionisme donne lieu également à un combat où face à la vérité du bon droit du peuple palestinien, le sionisme oppose sa hasbara, pédagogie du mensonge.
Le premier axiome de la hasbara est bien sûr le mensonge du prétendu retour des Juifs dans le terre qui leur a été promise par Dieu. C’est à cet acte de propriété biblique que les démocrates ,parfois laïques, des démocraties occidentales se réfèrent quand ils évoquent le caractère compliqué d’un conflit de nature religieuse.
Le conflit n’est cependant pas religieux mais tout simplement de nature coloniale.
Un autre argument de la hasbara est celui du caractère démocratique de l’Etat sioniste. Ce à quoi on peut rétorquer que les victimes sont indifférentes au fait que les délinquants qui les agressent décident démocratiquement des forfaits à commettre. C’est même un argument qu’ils devraient mettre en sourdine pour quand arrivera le moment de régler les comptes des criminels.
La hasbara possède cependant d’autres arguments qu’elle assène à qui veut bien les entendre. Ces arguments sont en réalité les mêmes que ceux qu’ont employé tous les systèmes colonialistes: nous apportons et nous incarnons le progrès technique et scientifique, bref la civilisation. Sont cités en exemple les prix Nobel originaires de l’entité sioniste, les prouesses de telle grande  entreprise pharmaceutique dont je tairai le nom (connue aussi cependant pour ses multiples escroqueries) etc.
Pour résumer, entre autres miracles, l’entité sioniste est aussi une pépinière de génies.
Le hic, c’est que la réalité des chiffres vient quelque peu battre en brèche ces épanchements auto-satisfaits.

Ainsi, l’observatoire mondial des brevets a effectué un travail statistique qui permet de connaître le nombre de brevets déposés par des résidents d’un pays, rapporté aux dépenses de recherche et développement

A l’intérieur de l’échantillon de 44 pays présentés sur le graphique, on constate que cinq pays sont largement en tête, c’est-à-dire que leurs dépenses sont les plus productives: la Corée du Sud, la Russie, le Japon, la Chine et la Nouvelle Zélande. La France se situe en milieu de classement, entre la Norvège et l’Autriche, tandis que le pays des génies, alias l’entité sioniste ferme la marche.
La table A3 qui clôture la page web de l’observatoire nous donne des indications chiffrées: l’entité sioniste dépose 0,04 brevet par million de dollars dépensé  en recherche et développement (R&D Expenditures) contre 0,40 pour l’Inde,  0,51 pour l’Algérie ou 3,24 pour la Jamaïque. Rapporté au Produit Intérieur Brut (GDP), le taux de dépôt de brevets dans l’entité sioniste reste inférieur à celui de la Jamaïque ou à celui de la Syrie, et fort éloigné de ce qu’il est en France ou au Royaume Uni.
Il est bien cher, le petit génie sioniste! (ça fait rien, ce sont les USA et l’Allemagne qui règlent la facture!)

Table A3: taux de dépôt de brevets par des résidents, 2006

Name

Resident Patent Filings per Million population

Resident Patent Filings per $Billion GDP

Resident Patent Filings per $Million R&D Expenditures

Algeria 1.74 0.78 0.51
Armenia 63.85 14.41 11.24
Australia 138.25 4.81 0.29
Austria 275.61 8.44 0.40
Bahamas 244.54
Bangladesh 0.15 0.13
Belarus 122.27 63.91 12.34
Belgium 46.73 1.56 0.09
Belize 3.36
Bosnie 14.07 2.21
Brazil 20.19 3.30 0.52
Bulgaria 31.56 3.89 0.87
Canada 169.61 5.00 0.30
Chile 17.69 1.77 0.33
China 93.24 23.65 2.44
Croatia 71.43 6.06 0.56
Cyprus 28.74
Czech Republic 62.73 3.11 0.32
Denmark 276.87 8.90 0.38
Estonia 26.84 1.76 0.24
Finland 345.57 11.20 0.35
France 238.03 8.34 0.41
Georgia 53.20 18.16 9.60
Germany 582.59 19.41 0.82
Greece 50.03 1.92 0.35
Guatemala 2.17 1.20
Hong Kong, China 24.53 0.57 0.09
Hungary 71.40 5.61 0.66
Iceland 150.52 5.66 0.22
India 4.07 2.12 0.40
Indonesia 1.26 0.57
Ireland 199.08 5.97 0.56
Israel 36.51 1.66 0.04
Jamaica 7.88 2.23 3.24
Japan 2,720.65 86.53 2.64
Kazakhstan 93.61 16.62 8.77
Kenya 1.08
Latvia 49.85 4.31 1.23
Lithuania 19.14 1.33 0.21
Luxembourg 56.27 0.88 0.06
Madagascar 0.21 0.36 0.17
Mexico 5.51 0.65 0.18
Mongolia 39.85 22.83 8.03
Morocco 5.84 1.53
Netherlands 132.43 4.24 0.25
New Zealand 521.89 25.60 2.19
Norway 247.43 5.95 0.41
Peru 1.37 0.23 0.18
Philippines 2.73 1.06
Poland 56.60 4.27 0.99
Portugal 17.38 1.00 0.13
Republic of Korea 2,591.51 121.56 5.60
Russian Federation 195.86 32.45 3.38
Saudi Arabia 5.03 0.32
Singapore 142.49 3.07 0.17
Slovakia 35.84 2.49 0.59
Slovenia 143.67 7.81 0.60
Spain 71.44 3.08 0.31
Sweden 270.40 8.61 0.25
Switzerland 233.82 6.74 0.24
Syrie 6.36 2.01
Tajikistan 3.91 6.85 10.52
Thailand 14.14 2.07 0.95
Turkey 14.70 6.05 1.02
Ukraine 74.60 21.76 2.33
United Kingdom 289.66 10.13 0.61
USA 741.78 19.60 0.78
Uzbekistan 12.17 85.87
Viet Nam 2.18 1.27

Projection du film « Defamation » – Mercredi 27/10


 

mercredi 20 octobre 2010

Le Comité BDS de l’ULB (BDS = Boycott, Désinvestissement et Sanctions, envers le colonisateur israélien), en collaboration avec différents cercles de l’ULB dont Attac-ULB, organise une projection du film « Defamation » (Diffamation en français), de Yoav Shamir, le mercredi 27/10, à 19h, au H1309.

La projection sera suivie d’un débat en présence de Jean Bricmont (professeur à l’UCL) et de Souhail Chichah (chercheur à l’ULB).

Synopsis du film : Que signifie l’antisémitisme aujourd’hui, deux générations après l’holocauste ? Dans le cadre de ses recherches incessantes sur la vie moderne de la société israélienne, le réalisateur Yoav Shamir voyage à travers le monde, en quête des manifestations les plus modernes de la « haine la plus ancienne », et trouve quelques réponses alarmantes à cette question.

Hasbara plein tube


28 septembre 2010

propagande sioniste sur le web

https://i0.wp.com/jssnews.com/wp-content/uploads/2010/05/FFDI-jssnews.jpg

Le Web au service de l’image d’Israël

15/09/2010
GIL HOFFMAN

Le site Internet destiné à redorer l’image d’Israël dans le monde est enfin opérationnel, en anglais et en russe, depuis dimanche dernier. Il arrive donc avec un peu de retard puisque Youli Eldestein, ministre de la Diplomatie publique et de la Diaspora, l’avait initialement annoncé pour le mois d’avril.

Ce site (http://masbirim.gov.il/eng/) livre la position d’Israël face à l’actualité, des conseils pour les « ambassadeurs novices », les mythes et les éléments plus factuels au sujet d’Israël et du monde arabe, ainsi qu’une liste des réalisations israéliennes les plus importantes en science, en médecine et en agriculture. Une version en hébreu est déjà accessible depuis février dernier.

Mission citoyenne

« Ces derniers temps, Israël a fait l’objet d’attaques incessantes à travers le monde entier, jetant le désaveu sur sa politique et son droit à exister », explique Edelstein. « Le rapport Goldstone et l’incident de la flottille turque illustrent parfaitement à quel point il est vital pour chaque citoyen israélien de prendre part à la diplomatie publique d’Israël », a-t-il ajouté. Le ministre a déploré, par ailleurs, différents problèmes techniques et bureaucratiques. « Tout est très, très lent malheureusement, mais cela fait partie de la bureaucratie israélienne. Lorsqu’il s’agit des affaires officielles du ministère, les projets doivent passer entre de nombreuses mains », expliquait-il en juillet.

L’initiative est née à la suite d’un sondage commandé par le ministère et soulignant que 91 % des personnes interrogées estimaient qu’Israël souffre d’une mauvaise, voire d’une très mauvaise, réputation. L’idée est donc d’utiliser les 3 millions d’Israéliens qui voyagent chaque année pour améliorer cette image. Quatre-vint cinq pour cent des sondés se sont dits prêts à représenter l’Etat hébreu à l’étranger.

http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1282804799205&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull

https://i0.wp.com/appmobil.com/new/wp-content/uploads/2010/06/webMasbirimPage.png

Posté par MCPalestine à 17:18 – ARTICLES

Des vandales pro-israéliens à l’assaut de Wikipédia


Vendredi 20 août 2010

http://www.gilad.co.uk/writings/gilad-atzmon-united-against-knowledge.html

Ceux qui consacrent leur plume à défendre la cause palestinienne sont au courant de l’existence de « Wikipédia Jews », une expression créée voici, de cela, quelques années. Ce terme désigne une bande de crypto-sionistes enragés qui vandalisent constamment les entrées de cette encyclopédie ayant un rapport quelconque avec la Palestine, les militants pro-palestiniens et les atrocités perpétrées par Israël.

D’après l’article du Guardian, deux associations israéliennes cherchant à avoir le dessus dans le débat online ont lancé un cours de « rédaction sioniste ».

Le Yesha Council, qui représente le mouvement des colons juifs, a tenu son premier atelier de travail, cette semaine, à Jérusalem, enseignant à ses participants la manière de « réécrire » et de « réviser » certaines des pages « les plus controversées » du site de référence online.

Le projet Wikipédia est une initiative humaniste et universaliste phénoménale. Par conséquent, nous ne devons pas être autrement surpris de voir que ses pires ennemis sont des opérateurs tribaux, parmi lesquels les sionistes, les crypto-sionistes et les « juifs antisionistes » autoproclamés.

Une éditrice de Wikipédia résidant à Jérusalem a déclaré au Guardian que le fait de rendre public cette nouvelle initiative conspirationniste sioniste n’était peut-être pas vraiment une « bonne idée ». « Le fait de rendre les choses publiques, par le passé, a pu avoir un effet négatif », explique-t-elle. « Nous sommes en guerre, et malheureusement, cette guerre doit être menée dans l’ombre ».

Ce n’est pas sans une certaine surprise que l’on découvre que l’un des chefs de « Wikipedia Jews » est le soi-disant « antisioniste » Roland Rance. Rance, qui vit à Londres, est un juif marxiste qui passe le plus clair de son temps à persiller les articles publiés par Wikipédia de notations judéo-centriques. Ce Rance était aussi un des opposants les plus farouches à l’association Deir Yassin Remembered (DYR)) , qui est sans doute l’initiative de solidarité avec les Palestiniens la plus efficace au Royaume-Uni.

Voici un extrait des tentatives incessantes déployées par Rance afin de tenter de vandaliser l’article consacré à Israel Shamir par Wikipédia, la semaine dernière :


Les faussaires de « Wikipedia Jews » sont connus depuis longtemps. D’après The Guardian, des membres de l’observatoire pro-israélien faucon Camera, qui projetaient secrètement, en 2008, d’intervenir sur Wikipedia, avaient été banni de ce site par ses administrateurs. Il y a une guerre, actuellement, autour de l’article qui m’est consacré, personnellement, par Wiki. A plusieurs reprises, les administrateurs de Wikipédia ont été contactés afin qu’ils éliminent les contaminations des Rance et autre sionistes du même acabit.

La philosophie de Wikipédia tient tout entière dans la connaissance et la mise à disposition de la connaissance. Est-ce une coïncidence, si des juifs politiques, de droite et de gauche, sont unis dans leur volonté de subvertir ce projet ? Je ne le pense pas. Encore une fois, nous sommes en présence de ce qui semble bien être un continuum sioniste : les sionistes sont tous unis contre la connaissance.

Apparemment, les organisateurs de ces cours de formation à la sionisation de Wikipédia sont d’ores et déjà en train de préparer un concours du « meilleur auteur sioniste », dont la récompense serait un voyage en montgolfière au-dessus d’Israël. J’imagine que nous avons déjà une petite idée du lauréat à l’aventure en montgolfière bleu et blanc.

Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier (révisée par JPH)

Source

Source et traduction : Marcel Charbonnier

Turquie : cible d’un tir croisé


par Kharroubi Habib

Parce que la politique étrangère turque n’est plus dans l’alignement inconditionnel sur celles des Etats-Unis et de l’Union européenne, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, son gouvernement et son parti l’AKP sont la cible d’une virulente campagne médiatique diabolisante.

Ceux qui l’orchestrent à coups d’analyses et de commentaires alarmistes visent à convaincre que sous la houlette d’Erdogan et de l’AKP, la Turquie est en train de tourner irrémédiablement le dos à l’Occident et de basculer par solidarité islamiste dans le camp de ses ennemis les plus extrémistes.

Le soutien qu’Ankara manifeste à l’égard de la cause palestinienne est transformé en acte de solidarité avec le Hamas islamiste. Son refus d’intégrer le front anti-iranien dans le dossier du nucléaire est présenté comme procédant de l’affinité qu’Erdogan et l’AKP ressentent avec le régime des mollahs.

Mais la preuve la plus tangible qui, aux yeux des censeurs de la nouvelle politique étrangère turque, accrédite son virage anti-occidental est l’attitude franchement hostile à Israël adoptée par Ankara depuis l’agression par celui-ci de la bande de Ghaza, puis suite à l’arraisonnement tragique de la flottille pour la paix par la marine sioniste ayant fait neuf morts de citoyens turcs.

Usant de l’amalgame, la propagande anti-Erdogan et AKP impute la métamorphose qu’a subie la politique étrangère turque tout à la fois aux convictions islamistes dont ils seraient imprégnés, au populisme dans lequel ils baigneraient, et, pour faire bonne mesure, à leur irrépressible nostalgie de l’Empire ottoman qui fut en son temps le porte-drapeau des mondes arabe et musulman.

Selon cette propagande, la métamorphose, qui serait en train de se traduire en «rejet par Ankara d’Israël et de l’Amérique et par son ralliement au Hamas palestinien et à Téhéran», est indice que la Turquie aurait choisi de devenir «un pays du Moyen-Orient» comme les autres, aveuglé par la passion.

Dans le procès qui est ainsi fait au gouvernement de l’AKP, il n’est pourtant nullement évoqué la responsabilité des Etats occidentaux et d’Israël dans les révisions que celui-ci a opérées dans la politique étrangère turque. N’est-ce pas l’Union européenne par exemple, qui, en humiliant Ankara au sujet de sa candidature à l’adhésion européenne, l’a contraint à opter pour l’alternative d’affirmer sa personnalité islamique et sa proximité avec le monde arabo-musulman ? Israël n’a-t-il pas avivé le sentiment de solidarité islamique du peuple turc en agressant, avec l’atrocité que l’on sait, la population ghazaouie et provoqué sa fierté nationale en attaquant le bateau turc faisant partie de la flottille de la paix ?

Erdogan n’est pas le «fou de Dieu» dont la propagande israélo-occidentale s’échine à camper l’image. C’est un homme d’Etat qui ne veut plus que son pays soit uniquement préposé à la défense des intérêts occidentaux. Rôle qu’il a assumé pendant des décennies, pour n’en retirer que de maigres et circonstanciels dividendes. C’est un tout autre rôle qu’il veut que la Turquie joue dorénavant. Celui d’un pays et d’un Etat qui ont des intérêts internationaux et régionaux dont ils sont seuls juges.

source

Pourquoi cette obsession avec Israël et les Palestiniens ?


mercredi 30 juin 2010 – 06h:15

Robert Fowke – The Guardian

Je ne suis pas le seul à manifester un intérêt excessif à l’égard d’Israël ; mais pourquoi sommes-nous si nombreux à nous acharner sur ce conflit comme sur une énorme ulcération ?


Quand je vois Benyamin Netanyahu et ses collègues nous présenter leur côté de certains événements, ce ne sont pas des honnêtes gens que je vois. Photo : Reuters

Je me considère comme un Anglais moyen, un peu centre- gauche sur le plan politique, mais je fais partie de la moyenne modérée. J’aime une bonne bière et une promenade dans la campagne. J’ai des goûts des plus banals.

Alors pourquoi, moi, qui suis si loin de cette région et qui reflète tellement l’image de mon propre pays, suis-je à ce point interpellé par le conflit israélo-palestinien ? À quoi tient mon intérêt disproportionné alors qu’il y a d’autres conflits dans le monde aussi déplaisants, voire pires ?

Je dévore les articles au sujet d’Israël-Palestine sur Comment is Free ; je consulte Haaretz, le Jerusalem Post, Al-Jazeera et d’autres sources. Quand la situation s’aggrave, j’en deviens accro. Pourquoi est-ce que je ne m’excite pas autant sur le Zimbabwe ? La Corée du Nord ? Le Soudan ? La Tibet ? La Birmanie ?

Je ne suis pas le seul. Les commentaires postés sur Internet par les partisans d’Israël, par les partisans de la Palestine et par des trolls des deux bords montrent qu’il y a des millions d’entre nous dans le monde, des millions et des millions, qui s’acharnent sur ce conflit comme sur la croûte d’une énorme plaie.

Qu’est-ce qui sous-tend un intérêt aussi passionné ? Peut-être suis-je antisémite ? Pour les sionistes, pratiquement tout ce que fait Israël est justifié, et ce doit être la première explication la plus plausible de l’intérêt que je porte au sujet. Si on limite la définition du mot antisémite à celle du Concise Oxford Dictionary et en ignorant toutes les acceptions auxquelles on étend actuellement de façon irresponsable le mot « antisémitisme », j’ai le droit de me poser une simple question : mon intérêt pour Israël provient-il de mon hostilité à l’égard des juifs ?

Serait-ce une horrible antipathie qui remonte à la surface de mes os européens chaque fois que l’on mentionne Israël ? Je suis bien obligé de me poser la question.

Mais si je vais dans les tréfonds de mon coeur, je ne peux honnêtement pas dire que je suis plus hostile à l’égard des juifs qu’à l’égard des Écossais et des Gallois. Et comme normalement, loin de leur être hostile, j’aime plutôt les Écossais, les Gallois et les juifs que je rencontre, l’antisémitisme peut difficilement être la raison de mon intérêt pour le conflit israélo-palestinien. Voilà une chose de réglée avant que je ne commence. Sorry.

Il y a toutefois un autre aspect de ma relation avec les juifs qui affecte de façon significative l’intérêt que je porte à Israël. J’ai beaucoup d’amis juifs. Je suis allé à l’école avec des garçons d’origine juive et par conséquent je ne considère pas les juifs comme des étrangers. Il serait aussi absurde de dire de mes amis juifs qu’ils sont étrangers que si je disais cela de mes amis quakers ; ils sont aussi Anglais que moi. Pour moi, c’est une catégorie religieuse et rien de plus, et avec raison.

Le problème c’est qu’Israël se targue d’être l’État de tous les juifs, y compris – malgré eux – celui de mes amis. Et parce que certains de mes amis sont juifs et que c’est par conséquent leur pays, il devient aussi le mien à un niveau subliminal. Il s’ensuit que j’ai une attitude spéciale à l’égard d’Israël – à savoir que je ne considère pas Israël comme un pays étranger non plus. Bien sûr qu’il est étranger, mais pas au niveau émotionnel comme la Thaïlande ou l’Ouzbékistan et je ne réagis pas à l’égard de ce pays comme je le fais à l’égard de la plupart des autres pays étrangers. Du point de vue émotionnel, c’est presque un comté anglais implanté sur les rivages de la Méditerranée.

Le statut non étranger d’Israël est amplifié du fait de l’appui extraordinaire dont il bénéficie dans les coulisses du pouvoir en Grande-Bretagne. Près de 80 % des membres du Parlement conservateur sont membres de l’association Conservative Friends of Israel. Ce n’est pas le cas des amis conservateurs de la Thaïlande ou de l’Ouzbékistan.

Donc, non seulement c’est en fait un comté anglais, mais bon nombre de mes dirigeants semblent compter parmi ses citoyens dévoués, dans le sens subjectif. Toutes ces disputes bruyantes au sujet de l’eau ou des colonies, toutes ces tueries, cette peur et cette haine, ne sont pas loin pour moi, ils ne sont pas plus loin que Belfast.

J’évalue donc la situation au moyen de normes nationales et non pas étrangères. Je ne compte pas que les Israéliens se comportent comme des généraux birmans. Je m’attends à ce qu’ils se comporteront comme des Anglais, comme mes amis.

Les partisans d’Israël se plaignent fréquemment et à grands cris de ce qu’on leur réserve une attention et des critiques spéciales. Qu’en est-il des méfaits de votre propre pays, ou de la Chine disent-ils ? Et ils ont raison. On réserve effectivement une attention spéciale à Israël. Par rapport à l’attention que nous portons aux Palestiniens, c’est à peine si notre regard s’attarde sur les Tibétains.

Le nombre de nouvelles dans les médias au sujet d’Israël-Palestine a créé un cycle qui se renforce lui-même – chaque nouvel article ou nouvelle tragédie aiguise mon appétit ; je veux en savoir davantage. Tout cela semblerait justifier les plaintes du lobby pro israélien – si ce n’est que celui-ci devrait se demander comment il y contribue lui-même.

Une raison pour laquelle Israël retient tellement l’attention tient au fait que ses partisans vocifèrent tellement, et reviennent à leur cause à chaque occasion. En tant que consommateurs de nouvelles, la rapidité de leur réaction et leur ubiquité manifeste enflamment mon intérêt et mon antipathie. Pourquoi est-ce qu’ils s’obstinent à défendre l’indéfendable ?

Une autre raison pour laquelle je porte un intérêt disproportionné à ce conflit tient au fait que j’ai le sentiment que l’on m’a menti et je vois que certains continuent à essayer de me mentir et je n’aime pas ça. Pourquoi essayer de me convaincre que les militants turcs à bord du Marvi Marmara étaient des terroristes ? Quoi qu’ils aient pu être, ils ne l’étaient manifestement pas. Si le mot « terroriste » doit avoir un sens quelconque, il faut qu’il désigne ceux qui attaquent des civils innocents. Dans l’intérêt de la propagande israélienne, il serait préférable de garder le silence plutôt que de mentir.

Je me souviens des années 60 lorsque je croyais qu’Israël était un petit État courageux, plein de kibboutz travaillant à dompter le désert. À l’époque, j’avais à peine entendu parler des Palestiniens. Ensuite j’ai découvert l’autre narration.

Mon objectif ici n’est pas de parler des torts et des raisons, mais de signaler que si Israël avait été dépeint dès le début comme étant issu de l’expropriation impitoyable des terres d’autrui (je sais, ce n’est pas que ça) la question aurait sans doute cessé de m’intéresser.

Mais comme on m’a dit combien Israël était héroïque et merveilleux et que j’ai découvert par la suite une histoire parallèle à tout le moins différente et plus dérangeante, cela me touche émotionnellement.

Quand je vois Benyamin Netanyahu et ses collègues présenter leur côté d’un événement, je ne vois pas des honnêtes hommes et j’ai la même réaction que devant des cambrioleurs et des escrocs : du dégoût et de la désapprobation. Et pourtant, ils refusent de la fermer.

Je ne suis sûr où tout cela nous mène, nous, ces millions qui nous acharnons sur cette plaie particulière. Le nombre incroyable de ceux qui s’intéressent si passionnément pour la cause est en soi dangereux. Les chiens doivent aboyer avant de mordre. Ce conflit relativement petit a un potentiel destructeur à une échelle colossale.

22 juin 2010 – The Guardian – Cet article peut être consulté ici :
http://www.guardian.co.uk/commentis…

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