Une émission sur la Palestine déclenche une polémique avec la communauté juive


En cause : un numéro du magazine "Un oeil sur la planète" diffusé lundi et intitulé "Un Etat palestinien est-il encore possible ?".

En cause : un numéro du magazine « Un oeil sur la planète » diffusé lundi et intitulé « Un Etat palestinien est-il encore possible ? ».AP/CHRISTOPHE ENA

La diffusion sur France 2 d’une émission sur les territoires palestiniens a déclenché une polémique, obligeant la direction de la chaîne à rencontrer prochainement l’ambassadeur d’Israël et les représentants de la communauté juive en France, a indiqué samedi 8 octobre le groupe public.

« Des rendez-vous ont été pris entre l’ambassadeur d’Israël et le CRIF (le Conseil représentatif des institutions juives de France, ndlr), et le président de FranceTélévisions Rémy Pflimlin, avec Thierry Thuillier« , le directeur de l’information de France Télévisions, a indiqué la chaîne. A l’origine de cette polémique, un numéro du magazine « Un oeil sur la planète » diffusé lundi et intitulé « Un Etat palestinien est-il encore possible ? ».

« INTENSE ÉMOTION ET UNE STUPÉFACTION ÉCOEURÉE »

Cette émission « a entraîné au sein de la communauté juive une intense émotion et une stupéfaction écoeurée », a déclaré le président du CRIF, Richard Prasquier, dans une lettre ouverte à Rémy Pflimlin. Il a jugé que l’équipe qui l’a réalisée « a présenté, d’un conflit complexe, une image caricaturale et unilatérale »« en distordant les causalités, en ridiculisant l’adversaire, sans éviter les insinuations à la limite des théories conspirationistes antisémites ». M. Prasquier a demandé derencontrer Rémy Pflimlin.

L’ambassade d’Israël à Paris n’était pas joignable samedi, jour du Yom Kippour, leGrand Pardon, la fête la plus importante du judaïsme. Un groupe a parallèlement été créé sur Facebook, « Boycott France Télévisions », demandant que la chaîne« revienne sur cette émission et présente des excuses ».

MENACES PHYSIQUES

Le rédacteur en chef de l’émission, Patrick Boitet, s’est expliqué dans une interview au Parisien : « Nous avons fait notre travail de journalistes avec rigueur (…) Pour le Proche-Orient, les opinions s’enflamment facilement. Mais là, c’est exagéré ». Il raconte avoir reçu « 800 mails » cette semaine, « où nous sommes traités de petits nazillons ». Le présentateur de l’émission, Etienne Leenhardt, aurait pas ailleurs été physiquement menacé.

Le journaliste de France télévisions spécialiste du Proche-Orient, Charles Anderlin,s’est fendu d’un article sur son blog intitulé « Bonjour les censeurs ». Il y fustige la polémique, estimant que « cela s’appelle de la censure et c’est une atteinte intolérable au droit d’informer. »

Hessel: interdit à Normale Sup,acclamé au Panthéon


Par Anne BRIGAUDEAU

Stéphane Hessel avec son bonnet phryigien au Panthéon, Paris 5e (19 janvier 2011)

AFP/Boris Horvat

Des centaines de personnes sont venues mardi soir écouter Stéphane Hessel s’indigner place du Panthéon (Paris 5e)

A l’appel de la LDH, du Front de gauche, d’associations pro-palestiniennes, les manifestants protestaient contre l’annulation par la directrice de Normale Sup, Monique Canto-Sperber, d’un débat sur le conflit israélo-palestinien avec l »auteur d' »Indignez-vous » (plus de 700.000 exemplaires vendus).

Résultat : le colloque prévu a eu lieu place du Panthéon, attirant, comme l’a noté ironiquement la déléguée générale de l’Autorité palestinienne auprès de l’Union européenne Leïla Shahid, beaucoup plus de monde que s’il s’était tenu rue d’Ulm.

Hessel : »rendre compte de ce qu’on a vu à Gaza »
Parmi les participants qui se sont succédé à la tribune sous la bannière « Solidarité Palestine: contre la censure et la répression, pour la défense des libertés » : le journaliste du Monde Diplomatique Dominique Vidal, le journaliste et pacifiste israélien Michel Wasrchawski et « le plus jeune » d’entre eux Stéphane Hessel (93 ans), qui a remporté la palme des applaudissements.

Très applaudie aussi, une jeune Israélienne étudiante à l’Ecole normale supérieure (ENS) qui a tenu, comme les autres, à dénoncer le rôle revendiqué du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives) dans l’annulation du débat.

« La liberté de l’information est bafouéee par une action comme celle-là »
Devant une foule acquise, Stéphane Hessel, qui avait enfilé le bonnet phrygien distribué par des militants pro-palestiniens, a dit « sa reconnaissance » à ses « amis venus pour s’indigner de ce qu’on dénie la possibilité de tenir une réunion pacifique, au cours de laquelle on donnerait simplement la voix à des gens qui ont été récemment à Gaza et qui veulent rendre compte de ce qu’ils ont vu là-bas ».

« Ce qui est à mon avis insupportable, c’est qu’au dernier moment, l’accès à une salle où nous devions nous réunir pacifiquement nous soit refusé, sans aucune raison particulière. La liberté de l’information est bafouée par une action comme celle-là », a poursuivi l’ancien résistant , en disant « penser que c’est (la ministre de l’Enseignement supérieur) Valérie Pécresse qui a relayé le désir du Crif de ne pas laisser parler librement sur Gaza ». Avec humour, il a aussi noté qu’il était interdit à Normale Sup où il fut étudiant il y a soixante-dix ans. Et de conclure, en scandant les syllabes, par son désormais célèbre : « In-di-gnez-vous ! »

Comme prévu, le débat a aussi porté sur la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre l’occupation des territoires palestiniens.

Michel Tubiana estime que « le Crif joue avec le feu »
Dans une tribune publiée sur Mediapart, le président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme Michel Tubiana estim que le « Crif joue avec le feu » et dénonce « une communautarisation accrue du débat politique »: « Le CRIF prend le risque de laisser croire qu’il y aurait une sorte de signe d’égalité entre les juifs pris collectivement ou individuellement, et la politique des autorités israéliennes. Cette double prise d’otage, qu’elle vise à interdire tout débat sous prétexte d’antisémitisme ou qu’elle vise à identifier tout juif à l’action gouvernementale israélienne, ne peut que conduire qu’à une communautarisation accrue du débat politique. »

A propos de la campagne BDS, Michel Tubiana précise aussi:  » La LDH pour sa part, comme l’autorité palestinienne, dont la représentante en Europe Leila Chahid devait participer à la réunion finalement interdite, considère comme plus efficace d’appeler au respect de la législation européenne et donc de cibler les produits issus de colonies. »

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J Street


anniebannie : ce sont toujours des sionistes, mais il y a du progrès par rapport à l’AIPAC; je me demande s’ils iront jusqu’à soutenir le boycott. Et la solution des deux Etats qu’ils préconisent est de moins en moins faisable.

Pendant les 25 dernières années, l’AIPAC, lobby pro-israélien aux Etats-Unis, a œuvré à torpiller les efforts des Présidents américains pour la paix au Moyen-Orient.

La domination légendaire de ce groupe de pression belliciste sur la politique extérieure américaine est en train de régresser, à la faveur de la montée en puissance d’un nouveau lobby pro-israélien et pro-paix, « J street ».

jeremmy
Son directeur exécutif Jeremy Ben-Ami, déclare « Nous voulons donner la parole à la majorité de la communauté juive américaine libérale et ouverte et qui est contre la guerre d’Irak et s’oppose à une guerre contre l’Iran ».

J Street a diffusé récemment une vidéo sur You Tube condamnant la campagne « incendiaire et raciste » du nouveau ministre des Affaires étrangères d’Israël, Avigdor Lieberman. Ce qui a provoqué une humeur tellement hostile à Lieberman qu’il ne peut même pas venir à Washington.

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video présentant J Street