Objectif atteint pour le poème de Günter Grass


L’écrivain Allemand Günter Grass vient de publier sous forme de poème un texte qui veut alerter l’opinion de son pays sur la menace que fait peser l’arsenal nucléaire sioniste sur la paix mondiale.

Bien sûr, les partisans du régime sioniste n’ont pas tardé à pourfendre aussi bien le texte que l’homme en rappelant que le prix Nobel de littérature avait un sombre passé nazi.

Effectivement, comme beaucoup d’Allemands de sa génération, le Pape Benoît XVI par exemple, il a servi dans l’armée nazie, la Waffen-SS plus précisément.

Il convient cependant de rappeler que Günter Grass avait 17 ans en 1944…

Les autorités sionistes viennent de le déclarer persona non grata dans l’Etat voyou où on s’est empressé de le taxer d’antisémite.

M. Grass, nous dit-on aurait été unanimement cloué au pilori dans son propre pays.

Certes, il a été cloué au pilori par cette classe politique qui prétend lier indissolublement le destin de l’Allemagne à l’entité sioniste pour prix des crimes commis dans la première moitié du 20ème siècle.

Au point de prétendre dissuader le gouvernement sioniste de lancer une agression en lui offrant à prix réduit un 6ème sous-marin Dolphin capable d’emporter des missiles balistiques (plus intelligent, plus bête disait mon père).

Pourtant Günter Grass n’a fait qu’interpeller l’opinion de son pays sur la menace que fait peser l’entité sioniste sur la paix mondiale. Une menace qui est d’ailleurs claironnée par les responsables sionistes eux-mêmes qui n’ont de cesse d’annoncer leur volonté de bombarder l’Iran, si possible avec l’accord des Etats Unis, ou mieux leur participation.

Et les commentateurs Occidentaux ne se préoccupent que de la riposte éventuelle de l’Iran contre le régime sioniste, sans se préoccuper des victimes et des destructions infligées à l’Iran, sans parler de la catastrophe écologique entraînée par le bombardement d’installations atomiques.

Reste que contrairement à ce qui a été dit, Gunter Grass n’a pas été cloué au pilori dans son pays puisque nous pouvons lire que

Plusieurs manifestations pour la paix se rangent derrière Gunter Grass

ou

Nombreux soutiens à Günter Grass

Günter Grass voulait simplement lancer un débat sur la menace sur la paix que pose le gouvernement sioniste et son objectif a semble-t-il été atteint si on en juge par les soutiens qu’il a recueillis ou encore par cet édito paru dans le Spiegel, sous la plume de Jakob Augstein.

On notera bien que l’auteur de l’édito ne se départit pas d’une attitude prosioniste et hostile à l’Iran puisqu’il met dos à dos les deux pays dans le chantage à la guerre dans le contexte d’une course à l’armement atomique. Ce faisant il s’expose d’ailleurs à une charge pour antisémitisme car comment oser mettre dos à dos l’Etat juif et l’Iran ?

Or, c’est bel et bien le régime sioniste qui menace l’Iran d’une agression, et non l’inverse. C’est le régime sioniste qui dispose déjà de l’arme atomique et des vecteurs pour l’utiliser. Enfin, c’est l’Iran et non le régime sioniste qui fait l’objet de sanctions unilatérales destinées à asphyxier son économie.

Mais quand on en vient à l’Iran et au régime sioniste, comme dans l’inconscient freudien la contradiction n’existe pas.

Par exemple, Jakob Augstein écrit que

Israël, un pays qui a été entouré d’ennemis depuis des dizaines d’années, beaucoup d’entre eux considérant qu’Israël n’a pas le droit d’exister – quelles que soient ses options politiques.

Pourtant, si on examine les pays qui sont à proximité de l’Etat sioniste, nous en voyons deux (l’Egypte et la Jordanie) qui sont liés par traité avec lui ; Chypre qui fait partie de l’Union Européenne et est de ce fait tout sauf ennemie de l’Etat sioniste, et la Turquie qui a longtemps été le seul pays musulman à reconnaître l’Etat juif. Restent deux pays en état de conflictualité armée avec Tel Aviv : le Liban et la Syrie, aucun des deux ne représentant une menace réelle. On peut ajouter l’Arabie Saoudite qui est plutôt une alliée objective du gouvernement sioniste.

Alors où Jakon Augstein trouve-t-il ce « beaucoup » ? Mystère !

Un point de vue sur Günter Grass

Pourquoi nous avons besoin d’un débat ouvert sur Israël

Un commentaire de Jakob Augstein, Der Spiegel (Allemagne) 6 avril 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Israël est-elle une menace pour la paix mondiale? L’écrivain Allemand Günter Grass a été taxé d’antisémite cette semaine pour l’avoir affirmé dans un nouveau poème. Mais si ces vers n’auront peut-être pas de prix littéraire, Grass a donné le coup d’envoi d’un débat important –  et attendu depuis longtemps. Et il a raison.

Ce n’est pas un grand poème. Ce n’est pas non plus une brillante analyse politique. Mais les quelques lignes que Grass a publiées sous le titre « Ce qui doit être dit » seront vues un jour comme ses mots qui auront eu la plus forte influence. Ils marquent une rupture. C’est cette simple phrase que nous ne pourrons pas ignorer à l’avenir : «La puissance nucléaire d’Israël met en danger une paix mondiale déjà fragile.»

C’est cette phrase qui a déclenché un tollé. Parce qu’elle est vraie. Parce que c’est un Allemand, un prix Nobel qui l’a dite. Parce que c’est Günter Grass qui l’a dite. Et c’est là que réside la rupture du tabou. Et c’est pour cela qu’il faudrait remercier Grass. Il a pris sur lui de dire ces mots pour nous tous. Un dialogue très tardif a commencé.

C’est une discussion sur Israël et sur l’éventualité de préparatifs d’Israël pour une guerre contre l’Iran, un pays dont le président Mahmoud Ahmadinejad a menacé Israël dont il parle comme d’un «cancer» qui doit être «rayé de la carte.» Israël, un pays qui a été entouré d’ennemis depuis des dizaines d’années, beaucoup d’entre eux considérant qu’Israël n’a pas le droit d’exister – quelles que soient ses options politiques.

C’est une guerre qui pourrait précipiter le monde dans l’abîme. Quand un Allemand parle de ce genre de choses, l’Allemagne doit participer à la discussion avec sa responsabilité historique.

Ce genre de débat suit un modèle préétabli. Grass savait qu’il serait taxé d’antisémite – un risque pris par n’importe quel Allemand qui critique Israël. De fait, Mathias Döpfner – le responsable de la maison d’adition Axel Springer, la société mère de Bild, le plus grand journal quotidien du pays – a accusé Grass « d’antisémitisme politiquement correct » dans un éditorial paru jeudi. Döpfner, un homme qui se targue d’être le gardien des relations israélo-allemandes, suggérait aussi que Grass devrait être envoyé dans un centre de réhabilitation historique tout en lançant quelques piques sur la participation longtemps tenue secrète de Grass à la Waffen-SS. Oui, Grass dait faire face également à ce genre d’accusation.

Grass est un réaliste

Mais Grass n’est ni un antisémite, ni un zombie de l’histoire allemande. Grass est un réaliste. Il dénonce le fait que les installations nucléaires israéliennes « ne soient pas accessibles à des inspections.» Il objecte à la politique allemande en matière d’exportations d’armes avec la livraison à Israël d’un autre sous-marin capable de lancer des missiles nucléaires. » Et il rejette d’un ton las « l’hypocrisie de l’Occident,» qui – il ne le dit pas explicitement – a été le principe directeur de nos politiques au Moyen Orient, de l’Algérie à l’Afghanistan.

Grass écrit aussi des absurdités. Il poursuit en expliquant pourquoi il s’est tu si longtemps et pourquoi il ne gardera plus le silence maintenant – « âgé et avec mes dernières gouttes d’encre » – et qu’il veut libérer les autres du sentiment de devoir rester silencieux. Cette partie n’est pas très bien formulée. Il avertit aussi du risque d’annihilation du peuple iranien, ce qui n’est certainement pas prévu dans l’agenda politique israélien. Le teste aurai pu être mieux protégé contre la critique. Mais il atteint néanmoins son objectif.

Après tout, quelqu’un nous a enfin tirés de derrière l’ombre des paroles prononcées par la chancelière Angela Merkel lors d’une visite à Jérusalem en 2008. A l’époque, elle avait dit que la sécurité d’Israël relevait de la raison d’Etat pour l’Allemagne. Pour éviter tout malentendu, avait-elle ajouté, « C’est une réalité, et non des paroles qui resteraient vaines si venaient des temps difficiles.»

Helmut Schmidt, chancelier Allemand de 1974 à 1982, avait dit qu’avoir un sentiment de responsabilité pour la sécurité d’Israël est « compréhensible émotionnellement » mais est une conception  téméraire qui pourrait avoir des conséquences graves.». Si une guerre éclatait entre Israël et l’Iran, poursuivait-il, « alors, selon cette conception, les soldats Allemands devraient combattre également.» Depuis cette époque, Israël a considéré l’Allemagne comme étant le seul pays, avec les Etats Unis, sur lequel elle peut compter.

Le monde retient son souffle

Actuellement, avec le soutien des Etats Unis dont les présidents doivent s’assurer du soutien des organisations du lobby juif en période électorale ainsi qu’avec celui d’une Allemagne où la repentance historique a pris une dimension militaire, le gouvernement Netanyahou tient en haleine le monde entier. « L’Israël de Netanyahou a dicté l’ordre du jour au reste du monde comme aucun petit Etat n’a jamais pu le faire auparavant, » écrit le journal israélien Haaretz. Des cours du pétrole au terrorisme, le monde a de nombreuses raisons de craindre une guerre entre Israël et l’Iran.

Personne ne prétend que l’Iran dispose déjà d’une bombe atomique. Personne ne sait si l’Iran travaille vraiment à une telle bombe. Au contraire, les responsables des services secrets américains pensent que l’Iran a stoppé son programme de développement d’armes atomiques en 2003.

Ces éléments n’intéressent cependant pas les Israéliens. Pour eux, la question n’est plus d’empêcher les Iraniens d’obtenir la bombe atomique. Il s’agit maintenant d’empêcher – et plus d’être en mesure d’empêcher – les Iraniens d’être en capacité de produire une telle bombe. Ils ne veulent pas s’embarrasser du problème qu’ont eu les USA avec l’Irak. Les Américains continuaient à penser qu’ils devaient donner la preuve que leur adversaire disposait d’armes de destruction massive. Mais ces preuves n’avaient pas pu être trouvées en Irak – pas plus que de telles armes. Alors, les Américains avaient simplement fabriqué les preuves dont ils avaient besoin.

Israël a lancé un ultimatum au monde. Elle ne veut pas fournir de preuves que l’Iran possède une bombe. Elle ne veut pas non plus apporter de preuves que l’Iran serait en train de construire une bombe. La position d’Israël est simple : elle ne veut pas que l’Iran atteigne la «zone d’immunité.»

En conséquence, Israël menace de lancer une attaque avant que les Iraniens soient en mesure d’enterrer leurs installations atomiques si profondément sous la roche que même les bombes anti-bunkers les plus puissantes ne pourraient plus les atteindre.

Il est temps de faire pression sur Israël

Israël et l’Iran jouent une partie de poker que tous les deux peuvent gagner tant qu’il n’y a pas de guerre. La presse tabloïd qualifie Ahmadinejad de «cinglé de Téhéran.» Mais il n’est pas fou. Il veut rester au pouvoir et a réprimé l’opposition dans son pays dans ce but. Le sang avait coulé il y a trois ans quand il avait écrasé des manifestations contre son pouvoir, mettant en prison de nombreux opposants dans la foulée.

Ahmadinejad laisse intentionnellement le monde dans le flou sur ses intentions pour le nucléaire. Il profite de son ambigüité stratégique tout comme les Israéliens profitent de leurs menaces de guerre. Les deux pays s’aident l’un l’autre à étendre leur influence bien au-delà de ce que leurs dimensions méritent réellement.

De façon perverse, ils se retrouvent en état de dépendance mutuelle. Et les choses auraient pu rester leur problème propre s’ils n’avaient pas pris le monde entier en otage. Comme l’écrit Grass, le temps est venu d’exiger « un contrôle permanent et sans entraves du potentiel nucléaire d’Israël et des installations nucléaires de l’Iran par une entité internationale qui aurait l’approbation des gouvernements des deux pays » .

En ce moment, l’Iran éprouve la pression des sanctions. Mais le temps est venu d’exercer certaines pressions sur Israël aussi. Remarquez que celui qui dit ce genre de chose n’est pas en train d’essayer « de relativiser la culpabilité des Allemands en transformant les Juifs en fautifs» comme l’affirme Mathias Döpfner. Nous ne parlons pas ici d’histoire de l’Allemagne. Nous parlons du monde. Et nous parlons du temps présent.

Günter Grass : « Ce qui doit être dit »


Le Monde.fr | 05.04.2012 à 18h08 • Mis à jour le 05.04.2012 à 18h30

Par Günter Grass Traduit de l’allemand par Olivier Mannoni

Pourquoi me taire, pourquoi taire trop longtemps
Ce qui est manifeste, ce à quoi l’on s’est exercé
dans des jeux de stratégie au terme desquels
nous autres survivants sommes tout au plus
des notes de bas de pages

C’est le droit affirmé à la première frappe
susceptible d’effacer un peuple iranien
soumis au joug d’une grande gueule
qui le guide vers la liesse organisée,
sous prétexte qu’on le soupçonne, dans sa zone de pouvoir,
de construire une bombe atomique.

Mais pourquoi est-ce que je m’interdis
De désigner par son nom cet autre pays
Dans lequel depuis des années, même si c’est en secret,
On dispose d’un potentiel nucléaire en expansion
Mais sans contrôle, parce qu’inaccessible
À toute vérification ?

Le silence général sur cet état de fait
silence auquel s’est soumis mon propre silence,
pèse sur moi comme un mensonge
une contrainte qui s’exerce sous peine de sanction
en cas de transgression ;
le verdict d’« antisémitisme » est courant.

Mais à présent, parce que de mon pays,
régulièrement rattrapé par des crimes
qui lui sont propres, sans pareils,
et pour lesquels on lui demande des comptes,
de ce pays-là, une fois de plus, selon la pure règle des affaires,
quoiqu’en le présentant habilement comme une réparation,
de ce pays, disais-je, Israël
attend la livraison d’un autre sous-marin
dont la spécialité est de pouvoir orienter des têtes explosives
capables de tout réduire à néant
en direction d’un lieu où l’on n’a pu prouver l’existence
ne fût-ce que d’une seule bombe atomique,
mais où la seule crainte veut avoir force de preuve,
je dis ce qui doit être dit.

Mais pourquoi me suis-je tu jusqu’ici ?
parce que je pensais que mon origine,
entachée d’une tare à tout jamais ineffaçable,
m’interdit de suspecter de ce fait, comme d’une vérité avérée,
le pays d’Israël, auquel je suis lié
et veux rester lié.

Pourquoi ai-je attendu ce jour pour le dire,
vieilli, et de ma dernière encre :
La puissance atomique d’Israël menace
une paix du monde déjà fragile ?
parce qu’il faut dire,
ce qui, dit demain, pourrait déjà l’être trop tard :
et aussi parce que nous – Allemands,
qui en avons bien assez comme cela sur la conscience –
pourrions fournir l’arme d’un crime prévisible,
raison pour laquelle aucun
des subterfuges habituels n’effacerait notre complicité.

Et admettons-le : je ne me tais plus,
parce que je suis las de l’hypocrisie de l’Occident ; il faut en outre espérer
que beaucoup puissent se libérer du silence,
et inviter aussi celui qui fait peser cette menace flagrante
à renoncer à la violence
qu’ils réclament pareillement
un contrôle permanent et sans entraves
du potentiel nucléaire israélien
et des installations nucléaires iraniennes
exercé par une instance internationale
et accepté par les gouvernements des deux pays.

C’est la seule manière dont nous puissions les aider
tous, Israéliens, Palestiniens,
plus encore, tous ceux qui, dans cette
région occupée par le délire
vivent côte à côte en ennemis
Et puis aussi, au bout du compte, nous aider nous-mêmes.

Günter Grass Traduit de l’allemand par Olivier Mannon

source

Un poème de Günter Grass fait l’effet d’une bombe


05 avril 2012

Il y a quelque chose de rassurant à se dire qu’un poème peut encore faire scandale. Ce qui l’est moins, c’est sa teneur. L’écrivain allemand Günter Grass devait bien s’en douter en confiant au Süddeutschen Zeitung le soin de publier « Was gesagt werden muss » (Ce qui doit être dit). On peut le lire ici en allemand , et ici en français dans une traduction de Michel Klepp ; les lecteurs germanophones et/ou germanistes de la République des livres (on en connaît, et des plus fidèles) sont amicalement invités à proposer leur propre traduction ci-dessous (ne les y inviterait-on pas qu’ils le feraient quand même tant la traduction spontanée est une activité passionnelle chez certains).

De quoi s’agit-il ? Du conflit israélo-arabe, en principe. Günter Grass soutient que le plus grand danger pour la sécurité de la région, et partant, pour la paix dans le monde, ce n’est pas l’Iran, ses projets nucléaires et ses promesses de destruction massive d’Israël lancés par « un fort en gueule » (le président Ahmadinejad) mais bien Israël et ses propres capacités nucléaires. Le poème de Günter Grass, qui doit également trouver un prolongement aujourd’hui dans plusieurs journaux européens, est motivé selon lui par la décision du gouvernement allemand de vendre de nouveaux sous-marins nucléaires « Dauphin » à Israël. Il n’y manifeste pas moins sa solidarité de principe avec Israël et y défend la coexistence entre Israéliens et Palestiniens.

Eu égard à sa notoriété, due aux nombreuses langues dans lesquelles son œuvre est traduite et à sa qualité de lauréat du prix Nobel de littérature, la position de Grass a aussitôt suscité de vives réactions en Allemagne (mais aucune des poètes qui auraient pu se scandaliser de sa médiocrité formelle). L’une des plus intéressantes est celle de Henryrk M. Broder : dans un article publié par Die Welt, il présente Grass comme « le prototype de l’Allemand d’éducation antisémite qui veut du bien aux Juifs ; il est tout autant hanté par la honte et la culpabilité, que par une volonté de réconciliation avec l’Histoire ». Quant au chrétien-démocrate Ruprecht Polenz, à la tête de commission des affaires étrangères au Bundestag, il a préféré constater que Grass manifestait le plus souvent mieux ses dons dans la littérature que dans l’analyse politique :« Le pays qui nous inquiète, c’est l’Iran et un tel poème est fait pour nous en détourner l’attention ».

La dernière fois que Günter Grass avait fait scandale, c’était en 2006 à l’occasion de la parution de ses Mémoires : le militant de gauche y révélait son passé de Waffen SS à 17 ans à la fin de la seconde guerre mondiale. Cette fois, il a choisi le registre de la poésie engagée dont elle sait qu’elle peut donner le pire ( lorsqu’elle se met au service d’un parti ou d’un chef) et le meilleur (lorsqu’elle veut défendre librement une cause.

Günter Grass est un  électron libre, mais il n’est pas sûr que la poésie favorise l’analyse d’une situation politique dans sa complexité. Celle-ci lui aurait au moins permis de comparer ce qui est comparable, de relever que l’Iran est à ce jour le seul membre de l’ONU qui ait pris la parole à sa tribune pour exiger l’anéantissement d’un autre membre de l’organisation, qu’il annonce régulièrement sa volonté de se doter d’une armement nucléaire pour y parvenir, ce qui le distingue radicalement d’Israël, de la France et d’un certain nombre d’autres puissances qui en sont dotées de longue date. Présenter le président Ahmadinejad comme un « fort en gueule » revient de toute façon à rendre anodine sa dangerosité. Tout le reste découle de cette logique. Au fond, le véritable problème de son poème ne concerne ni la bombe ni l’Iran mais bien la culpabilité allemande, le tabou de l’antisémitisme en Allemagne, la difficulté pour les Allemands de s’exprimer sur tout ce qui touche aux Juifs en général, et aux Israéliens en particulier, et l’autocensure que les intellectuels s’imposent, consciemment ou pas, sur la question. « Je dis ce qui doit être dit » écrit le poète non sans emphase ; il fait alors penser à ces naïfs qui prétendent énoncer la vérité parce qu’ils disent ce qu’ils pensent.

(Photo D.R.)

Sommes nous à deux doigts d’une guerre totale contre l’Iran ?


Rédigé par le Nov 3rd, 2011 and filed under Tribune Libre. Vous pouvez suivre les réponses à cet article grâce au RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback à cet article

Vraisemblablement, oui !

Depuis quelques jours, les responsables politiques israéliens tentent par des moyens détournés de faire comprendre au peuple qu’une attaque est imminente.

Hier, un missile Yericho sans doute de dernière génération a été tiré depuis la base de Palmachim. Tout le monde sait que les missiles Yericho peuvent contenir des charges nucléaires, et à ce titre, c’est un avertissement direct aux Mollahs d’Iran.

D’ailleurs, une autre information a été bizarrement révélée hier par l’armée, chose extrêmement rare ; l’entraînement en Sardaigne de l’armée de l’air de simulations de “longs” vols (même distance qu’avec l’Iran), de frappes au sol et de combats aériens.

En outre, aujourd’hui, se déroule un exercice non prévu (ndlr : organisé à très petite échéance) d’attaques de missiles bactério-chimiques de grande envergure. Ces semaines-ci, il s’est sans doute passé quelque chose de très grave pour voir cette précipitation. Est-ce la révélation du complot d’attentats aux USA par des agents Iraniens, ou est-ce le fait que l’Iran serait à quelques semaines d’obtenir de quoi faire sa bombe ?

A l’évidence, si dans les jours qui viennent, on nous demande d’aller récupérer nos masques à gaz alors, on saura que c’est pour maintenant.

Alors pourquoi des ministres s’opposent-ils à une telle intervention ?

Tout d’abord il faut être clair, nos capacités militaires sont colossales ! En effet, si l’ordre est donné d’attaquer alors toutes les capacités de projections militaires de l’Iran seront détruites ainsi qu’au moins 60% de ces infrastructures militaires. L’Iran n’a aujourd’hui aucun moyen efficace de se protéger contre une attaque Israélienne. Israël dispose d’une avance technologique décisive face à son ennemi qui, lui, n’a quasiment plus d’aviation militaire ni de DCA efficace. Sa seule protection moderne provient de ses batteries anti aérienne assurant la défense des centrales, les Tor-M1. Heureusement pour nous, ces batteries ne sont pas d’un grand danger pour nos pilotes. Leur capacité leur permet, dans le meilleur des cas, de tirer sur une cible volante jusqu’à 20 Km, même si dans la réalité seules les cibles à 12 km peuvent-être atteintes. J’ajoute que la capacité du radar du Tor-M1 n’est efficace qu’à 25 km. Nos pilotes se sont longuement entraînés en Grèce, qui dispose de Tor-m1 et de S-300, mais chut, c’est un secret de polichinelle…

Pour être plus complet sur le Tor-m1, il suffit de savoir que nos avions peuvent déjà engager des cibles mouvantes à plusieurs centaines de kilometres en amont, et là, on parle d’avions de chasses, pas d’un engin obèse de 34 tonnes n’allant pas plus vite que 60 km/h. Et quand bien même nous ne réussissions pas à détruire ou à brouiller les radars, il faudrait moins de 22 secondes à un pilote pour sortir du rayon d’action du missile tiré.

Donc, clairement, quand l’ordre sera transmis, l’aviation détruira «sans problème » les centrales nucléaires, les défenses anti-aériennes, la marine (sans doute), l’aviation et d’autres éléments ne nécessitant pas d’être ici cités.

Mais la discorde entre les ministres n’est pas à ce sujet. Non ! Les discutions portent sur les très hautes capacités de répliques dont disposent les Iraniens. Il s’agirait de 100.000 missiles directement pointés sur nous, détenus en grande majorité par les Syriens, le Hesbolah et le Hamas.

De plus, l’Iran dispose d’un millier de missiles Shahab-3 et Sajjil-1/2, qui peuvent contenir plusieurs centaines de Kg d’explosifs ou de produits chimiques et bactériologiques. Même si notre défense anti-missile peut détruire 30% voir 40% de ces missiles, on ne sait pas combien de temps on va devoir se les prendre sur la tête. L’Iran pourrait très bien faire durer ses tirs pendant plusieurs mois, ce qui rendrait la vie impossible en Israël.
Si l’on peut plus ou moins prédire les réactions du Hamas et du Hesbollah, il en est tout autre pour celles de la Syrie qui serait tentée, afin de garder le pouvoir, d’entrer en guerre contre nous, et les réactions en chaînes seraient très dangereuses, surtout que ce n’est plus Moubarak qui tient l’Égypte….

Quoi qu’il en soit, Tsahal fera le travail offensif et D.ieu se chargera du défensif comme il le fait depuis plus de 5000 ans à notre égard. Nous allons avoir des heures extrêmement compliqués et décisives pour notre avenir en tant que peuple. Ne nous méprenons pas sur les intentions réelles de nos ennemis de vouloir nous anéantir, et ce, même si ça doit causer leur propre perte. Il faudra donc être fort et prier le Maitre du Monde de veiller sur nous, car nous en aurons besoin !

Ramatkal – JSSNews

En route vers un scénario de Troisième Guerre mondiale? Le rôle d’Israël dans le déclenchement d’une guerre contre l’Iran


Mondialisation.ca

La Troisième Guerre mondiale se prépare : Objectif Iran
par Michel Chossudovsky

1ère partie : La guerre planétaire

L’humanité est à un carrefour dangereux : la guerre contre l’Iran est à un « stade de préparation avancé » et des systèmes d’armes de haute technologie, incluant des ogives nucléaires, sont complètement déployés.

Cette aventure militaire est sur la planche à dessin du Pentagone depuis le milieu des années 1990. D’abord l’Irak, ensuite l’Iran, peut-on lire dans un document déclassifié de l’US Central Command.

L’escalade fait partie du programme militaire. Alors que l’Iran représente la prochaine cible, avec la Syrie et le Liban, ce déploiement militaire stratégique menace également la Corée du Nord, la Chine et la Russie.

Depuis 2005, les États-Unis et leurs alliés, incluant leurs partenaires de l’OTAN et Israël, ont été impliqués dans le vaste déploiement et le stockage de systèmes d’armes perfectionnés. Les systèmes de défense antiaérienne des États-Unis, des pays membres de l’OTAN et d’Israël sont totalement intégrés.

suite

L’appel des victimes d’essais nucléaires français en Algérie


Sur la chaîne al Jazeera, l’émission Bila Houdoud en parle

LEMONDE.FR | 04.03.10 | 13h52 • Mis à jour le 05.03.10 | 17h51

Nous, anciens du camp Saint-Laurent près d’In Amguel, centre de culture du Hoggar, Algérie, attestons pour en avoir été les témoins comme scientifiques du contingent, que le 1er mai 1962, à la suite d’un essai nucléaire, code Beryl, sous la montagne du Tan Affela à In Ekker, la troupe, les civils et les populations locales présentes sur le terrain ont été lourdement irradiés et contaminés par les retombées de poussières radioactives. Mesurée dans notre laboratoire, la durée de passage du nuage radioactif, au plus fort de la contamination, a été de vingt minutes, période au cours de laquelle nos instruments de mesure ont été saturés par l’intensité du rayonnement des particules retenues sur nos filtres à air.
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De plus, pendant les semaines, les mois suivant le tir Beryl non confiné, les militaires, y compris ceux qui n’étaient pas considérés comme étant en zone contrôlée, les populations locales, ont été l’objet de contaminations chroniques provenant des poussières chargées de produits radioactifs transportées par les fréquents vents de sable. Les relevés des mesures que nous effectuions régulièrement sur les filtres de contrôle atmosphérique pourraient en témoigner, dans la mesure où l’autorité militaire accepterait de permettre la levée du secret. Il est impensable que ces données techniques n’aient point été archivées. En cela, nous récusons les propos du ministre de la défense, Hervé Morin, publiés dans Le Parisien daté du 16 février 2010, selon lesquels « les doses reçues lors de ces essais étaient faibles », car totalement déconnectés de notre expérience vécue.

Hommes de 70 ans et plus, notre témoignage sera vraisemblablement l’un des derniers venant de soldats ayant vécu le désastre d’In Ekker en servant la France. Le 1er mai 1962 et dans les jours qui ont suivi, des centaines, voire peut-être plusieurs milliers d’individus, dont des femmes et des enfants algériens, ont reçu des doses radioactives très handicapantes, voire mortelles pour certains d’entre eux.

La chape de plomb du secret-défense qui a couvert cet accident nucléaire doit être levée car il s’agit d’une affaire d’Etat qui a touché Algériens et Français, victimes innocentes d’une raison d’Etat qui, près de cinquante ans après l’événement, n’a plus aucune justification.

C’est au plus haut représentant de l’Etat, le président de la République, mais aussi aux deux représentations nationales algérienne et française, que nous faisons appel afin que soit établie, des deux côtés de la Méditerranée, la liste des personnes, civils et anciens militaires, qui ont été soumises aux retombées de l’explosion du 1er mai 1962.

La nation a le devoir de dresser, enfin, le bilan sanitaire des victimes en ouvrant au public ses archives civiles et militaires. Nous pensons que l’ancien président de la République, Jacques Chirac, ne peut rester insensible à un tel appel, par solidarité avec le contingent en Algérie auquel, en son temps, il a appartenu.

Louis Bulidon, classe 60 2B, affecté STA (Ceram), 620 GAS – 621 GAS
Raymond Sené, classe 60 2B, 458e GAMA, affecté STA Y (Ceram), 620 GAS – 621 GAS.

source

Ce jeudi 22 avril à 21 heures 30 à l’Arenberg


le CINÉMA d’ATTAC

rompt la loi du secret sur l’une des plus grandes menaces

guettant l’humanité

« DÉCHETS :

LE CAUCHEMAR DU NUCLÉAIRE »

d’Eric GUÉRET et Laure NOUALHAT

une contre-enquête scientifique et politique palpitante qui aborde le sujet tabou du nucléaire
par son chapitre le plus sombre

Dès 20 heures 30,

LE GRAND DÉBAT:

«Lobby or not lobby… ?

Pourquoi la Belgique reste sous la coupe de l’industrie atomique» avec, notamment,

Benoît CALVI

responsable francophone de l’association Vredesactie,

Christian STEFFENS

ingénieur-consultant, des militants de Greenpeace

et de l’association Friends of the Earth / Belgique