Accusations d’antisémitisme à l’ULB : un manque de rigueur journalistique.


Accusations d’antisémitisme à l’ULB : un manque de rigueur journalistique. | Association belgo-palestinienne

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Ce mercredi 4 février, une action réalisée par le cercle BDS de l’ULB dans le cadre de l’Israeli Apartheid Week a été l’objet d’accusations fausses par des groupes de soutien à la politique coloniale israélienne et entretenue par une presse francophone qui n’a pas jugé opportun d’analyser les faits.

 

Une fois de plus, les actions du mouvement Boycott Désinvestissement et Sanctions ont fait  l’objet d’une récupération écœurante de la part de mouvements de défense de la politique israélienne. Grâce à un montage réalisé par l’Union des Etudiants Juifs de Belgique (UEJB), appuyé par un communiqué Joël Rubinfeld, président de la Ligue belge contre l’antisémitisme et diffusé dans la presse, l’idée que des propos antisémites avaient été tenus s’est largement diffusée dans la presse francophone,.

 

Grâce à une intervention du rectorat de l’ULB, un communiqué de presse commun de l’UEJB et des étudiants du cercle BDS de l’ULB a démenti cette analyse tronquée : aucun propos antisémite n’a été tenu lors de cette action et il s’agissait bien d’un montage qui poussait à la surinterprétation de propos certes dommageables. Malgré ce communiqué, la presse francophone n’a pas pour sa part pas jugé nécessaire de démentir ces accusations qu’elle a diffusées sans aucune mise en perspective critique, comme étant véritables. Simon Moutquin, chargé » de mobilisation à l’Association belgo Palestinienne complète :« Le climat actuel de tensions communautaires, aussi vendeur soit-il pour la presse, ne peut être attisé de cette manière par une désinformation avérée au profit du bien vivre ensemble. Sous couvert d’une lutte contre l’antisémitisme, ces propos relayés dans la presse  ne font qu’attiser de fausses polémiques qui présentent un réel danger pour le dialogue entre communautés. Les valeurs du BDS sont identiques à celles qui animent les mouvements de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et le colonialisme, il ne s’agit ni plus ni moins que celles émanant de la déclaration universelle des droits de l’Homme »

 

La semaine « Israeli Apartheid week » s’inscrit dans la lignée de la campagne BDS qui vise à condamner la politique coloniale pratiquée par Israël. Les revendications de l’appel BDS sont la fin de l’occupation des territoires palestiniens, des droits égaux pour les Arabes israéliens en Israël ainsi que le droit au retour des réfugiés.

 

Suite à ces constats, l’Association Belgo Palestinienne exige que, sur base du communiqué de presse commun UEJB/BDS-ULB, les propos attribués aux étudiants du BDS-ULB de manière erronées soient rectifiés

 

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Communiqué de presse du comité BDS-ULBLe cercle #BDS de l’#ULB tient à démentir formellement toutes les accusations diffamatoires parues dans la presse ces derniers jours, à l’initiative de l’Union des Etudiants Juifs de Belgique (#UEJB) et de Joël Rubinfeld, président de la Ligue Belge Contre l’Antisémitisme (#LBCA), et par ailleurs ancien vice-président du Parti Populaire.
La campagne BDS – Boycott, Désinvestissement, Sanctions – rejette et condamne fermement toute forme de racisme, et en premier lieu l’antisémitisme !
Le mouvement BDS est un appel issu de la société civile palestinienne qui se base sur le droit international et vise trois objectifs : le droit au retour des réfugiés, la fin de la colonisation en Cisjordanie et la fin de la discrimination raciale en Israël. Il s’agit d’un mouvement indépendant de toute organisation politique, y compris palestinienne. Les accusations de soutien envers le Hamas, ou quelque autre organisation n’ont aucun fondement et nous nous en défendons formellement. Nous ne prenons pas de position en faveur d’une solution à un ou deux états, défendant la liberté du peuple palestinien de choisir son propre avenir politique.
BDS prône un boycott des institutions israéliennes, et conformément à ce principe, nos actions n’ont jamais visé des individus, mais cherchent à dénoncer la politique colonialiste d’un Etat, condamné à de nombreuses reprises par l’O.N.U.
C’était également le cas ce 4 mars, lorsque nous avons déployé une banderole figurant le Mur érigé par les autorités israéliennes, en grande partie sur les territoires occupés de Palestine, et jugé illégal par la Cour Internationale de Justice. Cette action visait à dénoncer la politique d’apartheid du régime israélien envers la population palestinienne, tout en appelant l’ULB à mettre fin à tout partenariat académique avec les universités israéliennes directement impliquées dans la recherche au service de l’armée israélienne.
Le BDS et l’UEJB ont indéniablement des différends politiques concernant l’analyse du conflit israélo-palestinien. Nous déplorons l’amalgame qui est ici fait avec l’antisémitisme, accusation grave et diffamatoire dont nous nous sommes toujours défendus et dont nous nous défendrons toujours. Cette accusation réitérée par le #CCOJB et la LBCA a pour seul but de décrédibiliser toute critique politique des actions du gouvernement israélien.
Le montage vidéo posté par l’UEJB et repris par la presse, laisse penser que le cercle BDS aurait délibérément pris à partie des étudiants. Or, les échanges animés très partiellement reproduits dans ce montage, répondaient à des propos défendant ouvertement l’occupation militaire et le régime d’apartheid sur les territoires palestiniens, jusqu’à renier l’existence même des Palestiniens.
Les accusations portées contre le comité BDS-ULB ne sont qu’une énième tentative de la part des défenseurs d’un Etat criminel de décrédibiliser le mouvement BDS. Nous nous réservons le droit de porter plainte en justice contre les personnes et/ou organisations nous ayant diffamés.
Le comité BDS-ULB

 

 

 

Guerre sans merci – Gidéon Lévy


Israël se dirige vers la prochaine éruption de violence avec les Palestiniens comme s’il s’agissait d’une sorte de catastrophe naturelle qui ne peut pas être évitée.

Gaza

Scènes de l’été 2015 ? Une frappe israélienne à Gaza, juillet 2014

La prochaine guerre éclatera cet été. Israël lui donnera un autre nom puéril et elle aura lieu à Gaza. Il y a déjà un plan pour évacuer les communautés israéliennes le long de la frontière de la bande de Gaza.

Israël sait que cette guerre va éclater, et Israël sait aussi pourquoi – et il s’y précipite au grand galop les yeux bandés, comme si c’était un rituel cyclique, une cérémonie périodique ou une catastrophe naturelle qui ne peut être évitée. Ici et là, on perçoit même de l’enthousiasme.

Peu importe l’identité du Premier ministre et du ministre de la Défense – il n’y a aucune différence entre les candidats en ce qui concerne Gaza. Isaac Herzog et Amos Yadlin ne disent bien évidemment rien, et Tzipi Livni se vante du fait que grâce à elle, aucun port n’a été ouvert à Gaza. Le reste des Israéliens ne sont pas non plus intéressés par le sort de Gaza et bientôt, Gaza sera obligée de leur rappeler à nouveau sa situation tragique de la seule manière qui lui est laissée, les roquettes.

La situation de Gaza est désastreuse, épouvantable. Aucune mention n’en est faite dans le discours israélien, et certainement pas dans la campagne électorale la plus minable, la plus creuse qui se soit jamais tenue ici. Il est difficile de le croire, mais les Israéliens ont inventé une réalité parallèle, coupée du monde réel, une réalité cynique, insensible, enfouie dans le déni, alors que tous ces malheurs, la plus grande partie étant de leur propre fait, se déroulent à une courte distance de leurs maisons. Les nourrissons gèlent à mort sous les décombres de leurs maisons, les jeunes risquent leur vie et franchissent la clôture frontalière juste pour obtenir une portion de nourriture dans une cellule israélienne. Quelqu’un a-t-il entendu parler de cela ? Est-ce que quiconque s’en préoccupe ? Quelqu’un comprend-il que cela conduit à la prochaine guerre ?

Salma n’a vécu que 40 jours, comme l’éternité d’un papillon. C’était un bébé de Beit Hanoun, au nord-est de la bande de Gaza, qui est décédé le mois dernier d’hypothermie, après que son corps frêle ait gelé sous le vent et la pluie qui ont pénétré dans la hutte de contreplaqué et de plastique où elle vivait avec sa famille, depuis que leur maison a été bombardée.

« Elle a été gelée comme de la crème glacée », a déclaré sa mère au sujet de la dernière nuit de la vie de son nourrisson. Le porte-parole de l’UNRWA, Chris Gunness, a raconté l’histoire de Salma la semaine dernière dans le journal britannique The Guardian. Mirwat, sa mère, lui a dit que quand elle est née, elle pesait 3,1 kg. Sa sœur Ma’ez, âgée de trois ans, est hospitalisée pour des gelures.

Ibrahim Awarda, 15 ans, qui a perdu son père dans un bombardement israélien en 2002, fut plus chanceux. Il a décidé de traverser la barrière entre Gaza et Israël. « Je savais que je serais arrêté », a-t-il déclaré au journaliste du New York Times à Gaza la semaine dernière. « Je savais que je serais arrêté », a-t-il déclaré au journaliste du New York Times à Gaza la semaine dernière. « Je me suis dit, peut-être que je vais trouver une vie meilleure. Ils m’ont donné de la nourriture décente et m’ont renvoyé à Gaza. »

Ibrahim a été détenu pendant environ un mois dans deux prisons en Israël avant d’être rejeté vers la destruction, la misère, la faim et la mort. Trois cents habitants de Gaza se sont noyés dans la mer en Septembre dernier, dans une tentative désespérée de quitter la prison de Gaza. Quatre-vingt-quatre habitants de Gaza ont été arrêtés par les Forces de défense israéliennes dans les six derniers mois après avoir tenté d’entrer en Israël, la plupart d’entre eux seulement pour fuir l’enfer dans lequel ils vivaient. Neuf autres ont été arrêtés ce mois-ci.

Atiya al-Navhin, 15 ans, a également tenté d’entrer en Israël en Novembre, juste pour échapper à son sort. Des soldats de Tsahal ont ouvert le feu sur lui, il a été traité dans deux hôpitaux israéliens et est retourné à Gaza en Janvier. Maintenant, il est couché dans son domicile, paralysé et incapable de parler.

Quelques 150 000 personnes sans-abris vivent dans la bande de Gaza et environ 10 000 réfugiés sont dans les abris de l’UNRWA. Le budget de l’organisation a été dépensé après que le monde ait totalement ignoré son engagement à contribuer à hauteur de 5,4 milliards de dollars à la reconstruction de Gaza. L’engagement à négocier la levée du blocus sur Gaza – la seule façon d’éviter la prochaine guerre et celle d’après – a également été rompu. Personne n’en parle. Ce n’est pas intéressant. Il y a eu une guerre, des Israéliens et des Palestiniens y ont été tués pour rien, passons donc à la prochaine guerre.

Israël fera de nouveau semblant d’être surpris et offensé – les cruels Arabes l’attaquent à nouveau avec des roquettes, sans raison.

Par Gidéon Lévy – 26 février 2015

Article orginal: http://normanfinkelstein.com/2015/02/26/war-without-mercy/(http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.644219)
Traduction : http://www.sayed7asan.blogspot.fr

Voir également :

Norman Finkelstein sur Gaza, Israël, les Juifs et l’antisémitisme (VOSTFR)

Norman Finkelstein sur Gaza : Israël veut annihiler « l’offensive de paix » palestinienne

Hugo Chavez : « Maudit sois-tu, Etat d’Israël » 

Sayed Hassan Nasrallah : « Qu’est-ce qu’Israël ? Où est l’honneur des Arabes ? »

La complainte de l’enfant Palestinien : « ô monde, j’ai le droit de faire entendre ma voix »

Source: http://sayed7asan.blogspot.ch/2015/02/guerre-sans-merci-israel-se-precipite.html

Vous avez bien lu, 2115


Oxfam: Gaza sera finalement reconstruite en… 2115

A peine 0,25% des matériaux nécessaires ont pu être acheminés

Au rythme actuel, la reconstruction d’habitations, d’établissements scolaires et de structures de santé indispensables risque de prendre plus de cent ans. C’est ce qui ressort des observations de l’organisation internationale de développement Oxfam qui constate que le nombre de convoi de matériaux de construction essentiels ont diminué le mois dernier.

Au cours des trois derniers mois, moins de 0,25% des matériaux de construction nécessaires ont pu entrer dans la bande de Gaza. Six mois après la fin du conflit, la situation ne cesse de s’aggraver. Oxfam appelle instamment à la fin du blocus israélien, en place depuis près de huit ans. Environ 100.000 personnes, dont plus de la moitié sont des enfants, continuent de vivre dans des abris et des logements temporaires où se sont réfugiés chez leur famille élargie, suite à la destruction de leur logement. Des dizaines de milliers d’autres familles vivent quant à elles dans des habitations fortement endommagées.

Après les conflits à répétition et les années de blocus, plus de 800.000 camions chargés de matériaux de construction seraient nécessaires pour construire les habitations, les établissements scolaires, les structures de santé et autres infrastructures dont les Gazaouis ont absolument besoin. Pourtant, en janvier, seulement 579 camions de matériaux sont entrés dans la bande de Gaza – encore moins que les 795 du mois précédent.

Koen De Groof, expert en la matière pour Oxfam-Solidarité, revient tout juste du territoire palestinien occupé :

«Seule la fin du blocus permettrait aux Gazaouis de reconstruire leur vie. Des familles vivent dans des maisons sans toit, ni murs ou fenêtres depuis six mois. Beaucoup n’ont de l’électricité que six heures par jour et sont sans eau courante. Chaque jour qui passe sans que ces gens aient la possibilité de reconstruire met en péril davantage de vies. Il est tout à fait déplorable que la communauté internationale manque une fois de plus à ses devoirs vis-à-vis de la population gazaouie qui a tant besoin d’aide.»

Il n’y a eu aucune avancée concernant les pourparlers de fond sur une solution à long terme de la crise à Gaza, qui étaient censés être organisés après le cessez-le-feu. Oxfam appelle les deux parties à rechercher activement une solution pacifique, comprenant la fin du blocus israélien toujours en place, qui continue d’avoir un impact catastrophique sur la population gazaouie. Des tensions croissantes au sein du gouvernement d’unité palestinien exacerbent en outre la situation à Gaza.

L’an dernier, à cause de ce blocus, les exportations gazaouies de produits agricoles n’ont atteint que 2,7% de leur volume avant l’imposition du blocus. Les pêcheurs se voient toujours imposer une zone de pêche de six milles nautiques (11 km), loin des eaux les plus poissonneuses, et les agriculteurs n’ont pas accès à la majeure partie des terres les plus fertiles. La bande de Gaza reste coupée de la Cisjordanie, et la plupart de ses habitants ne sont toujours pas autorisés à en sortir. La frontière avec l’Égypte a en outre été fermée pour l’essentiel de ces deux derniers mois, empêchant des milliers de personnes de se déplacer.

Face à l’augmentation des besoins, Oxfam et ses partenaires fournissent de l’eau potable, des bons alimentaires et des soins de santé aux communautés de la bande de Gaza.

« Gaza est le symbole de ce qu’un pouvoir militariste et colonial peut faire de pire »


ENTRETIEN RÉALISÉ PAR ROSA MOUSSAOUI
Yonathan Shapira

Yonathan Shapira
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Ancien pilote d’hélicoptère, Yonathan Shapira a été mis au ban de l’armée israélienne en 2003 pour avoir dénoncé ses méthodes. Il soutient aujourd’hui les appelés et les réservistes qui refusent de servir à Gaza.
Tel Aviv, envoyée spéciale 
Quel est le sens du combat des refuzniks israéliens ?
Yonathan Shapira. Ces jeunes gens et ces jeunes filles qui rendent public leur refus de servir sont pour nous source d’espoir. Aucun changement ne viendra de ceux qui sont intégrés au système. Ancien pilote d’hélicoptère, Yonatan Shapira  a quitté l’armée israélienne en 2003 après avoir dénoncé ses méthodes. Il soutient aujourd’hui les appelés et les réservistes qui refusent de servir à Gaza.
Quel est le sens du combat des refuzniks israéliens ?
Yonatan Shapira. A Gaza, Israël sème la mort et la destruction. Ceux qui refusent de prendre part à cette folie en rendant public leur refus de servir sont une lueur d’espoir. Aucun changement ne viendra de ceux qui sont intégrés au système, qui larguent en ce moment même des bombes sur des enfants palestiniens. Les enfants, les adolescents subissent en Israël un lavage de cerveau orchestré par le système éducatif, par les médias. Mais certains échappent à ce formatage. lls sont comme des nénuphars flottant sur les eaux sales d’un marais d’obéissance et d’ignorance.
Ce phénomène prend-il de l’ampleur?
Yonatan Shapira. Des jeunes de plus en plus nombreux évitent le service militaire par différentes techniques. La plupart invoquent des problèmes personnels ou psychologiques. Mais ceux qui déclarent publiquement qu’ils refusent d’aller à l’armée pour des raisons politiques, à cause des crimes de guerre, de l’apartheid, de l’occupation restent encore très  peu nombreux. Il faut dire que ceux qui refusent de servir en dénonçant les massacres sont jetés en prison.
Quelles sont les conséquences pour ces objecteurs de conscience?
Yonatan Shapira. Il sont incarcérés sur décision du commandant du centre de recrutement, sans passer devant un tribunal, pour les priver de toute tribune leur permettant d’exposer publiquement les raisons de leur refus. Ils restent deux semaines à un mois en prison et lorsqu’ils en ressortent, ils sont de nouveau incarcérés. L’un d’entre eux est en prison depuis le mois d’avril, avec ce système d’aller retour. Quant aux conséquences à long terme, dans une société militarisée comme la nôtre, certains objecteurs de conscience peinent à trouver du travail.
Pour vous, quel fut le point de basculement?
Yonatan Shapira. Je n’ai pas autant de mérite que ces jeunes objecteurs de conscience. Je me suis engagé dans l’armée, j’ai servi durant de longues années comme pilote d’hélicoptère. Longtemps témoins des méthodes de cette armée, j’ai finalement ouvert les yeux et pris conscience que je me battais du mauvais côté. Je ne voulais plus être l’un des rouages de ce système de violence, qui sème la mort et la destruction. Je n’ai pas, moi même, appuyé sur les déclencheurs qui larguent les bombes. Mais peu importe. J’étais responsable de servir un tel système.
Comment jugez-vous la  guerre en cours à Gaza?
Yonatan Shapira. Ce massacre d’innocents est un crime contre l’humanité. C’est pour Israël une façon brutale de tenter de détruire l’unité entre le Hamas et le Fatah, en prenant pour cible 1, 8 millions de personnes. Nous ne devrions pas oublier que cette guerre a été précédée d’une opération folle en Cisjordanie. Des Palestiniens ont été tués, près de 500 d’entre eux ont été kidnappés et jetés en prison, en guise de réaction au meurtre des trois adolescents israéliens. Gaza est le symbole de ce qu’un pouvoir militariste et colonial peut faire de pire.
Dans une situation si grave, comment imaginer encore un chemin de paix? 
Yonatan Shapira.  À  mes yeux, entre le Jourdain et la mer, chacun, qu’il soit juif, chrétien ou musulman, athée,  devrait être libre d’aller et venir, de vivre où il veut, de quitter le pays et d’y revenir. Ce qui fait aujourd’hui obstacle à la paix, c’est cette classe d’Israéliens qui se croit supérieure aux gens qui vivent sur cette terre. Ils appellent cela « démocratie » mais en pratique, Israël contrôle la vie de près de 4 millions de personnes dont les droits sont confisqués. Peu importe la forme, l’essentiel  est que tous puissent vivre sur cette terre en citoyens égaux, qu’il y ait ou non des frontières.

Pierre Stambul à l’UPJB pour une conférence-débat sur le conflit israélo-palestinien


L’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB) vous invite à participer à la conférence-débat qu’elle organisera en ses locaux, 61 rue de la Victoire à Saint-Gilles (Bruxelles), le vendredi 27 février à 20h15.

 

Orateur : Pierre Stambul*, co-président de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP)

 

L’interminable conflit israélo-palestinien est-il insoluble ? Pourquoi le type de compromis qui a pu être réalisé en Afrique du Sud ne se produit-il pas au Proche-Orient ? Pourquoi la colonisation est-elle devenue le centre de la politique israélienne avec aujourd’hui plus de 10% de la population juive israélienne vivant au-delà de la « ligne verte** » ? Pourquoi l’extrême droite la plus brutale et la plus raciste est-elle devenue si puissante en Israël ? Pourquoi le « complexe de Massada » (de la « citadelle assiégée ») fonctionne-t-il si bien en Israël et dans les communautés juives organisées ?
Selon Pierre Stambul, on ne peut répondre valablement à ces questions sans s’intéresser au sionisme. Cette idéologie ne peut être considérée comme « une question d’histoire devenue sans intérêt puisque l’État d’Israël existe ». Il considère au contraire que le projet sioniste est plus que jamais à l’œuvre. Peu de temps avant la fin de sa vie active (2006), Ariel Sharon affirmait encore : « la guerre de 1948 n’est pas finie ».
Israël n’a pas de frontières claires et le projet de nier l’existence des Palestiniens, de les « transférer » au-delà du Jourdain ou d’en faire les « Indiens » du Proche-Orient parqués dans leurs réserves est plus que jamais à l’œuvre.
Le sionisme se veut une réponse à l’antisémitisme. Mais, pour Pierre Stambul, il ne combat pas l’antisémitisme mais s’en nourrit.
L’adhésion au projet sioniste a longtemps été minoritaire dans les communautés juives européennes. Comment l’expliquer ? Et pourquoi jouit-il, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, du soutien de la majorité des Juifs européens et américains ? Comment expliquer aussi le soutien quasi sans faille dont bénéficie l’État d’Israël de la part des dirigeants européens et nord-américains malgré son comportement manifestement illégal du point de vue du Droit international ?
Une paix durable, fondée sur l’égalité des droits de tous les habitants d’Israël-Palestine est-elle compatible avec le sionisme ?
Pierre Stambul nous proposera des éléments de réponses à toutes ces questions. Puis son point de vue sera mis en débat.

*Pierre Stambul, enseignant retraité, est co-président de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP), association membre du réseau des Juifs Européens pour une Paix Juste. Il est l’auteur deIsraël/Palestine, du refus d’être complice à l’engagement (Ed. Acratie, 2012) et de Le sionisme en questions, (Ed. Acratie, 2014).

Modérateur : Michel Staszewski

**Ligne verte : ligne de cessez-le-feu inscrite dans les conventions d’armistice de 1949 entre Israël et les Etats arabes voisins et séparant, après la ère guerre israélo-arabe et jusqu’à la guerre de juin 1967, le territoire sous souveraineté israélienne de la Cisjordanie et de Jérusalem-est, annexés par la Jordanie.

PAF : 6 €, 4 € pour les membres de l’UPJB, tarif réduit : 2 €

 

Je vous invite à visiter mon blog : http://michel-staszewski.blogspot.be/

[youtube http://youtu.be/sQKFee0lB9k?]

Gidéon Lévy :  « L’effroyable vérité sur les actions d’Israël dans la bande de Gaza »


Gideon Levy – Ha’aretz – 5 février 2015

D’avoir obtenu la démission de la tête de la Commission d’enquête des Nations-Unies ne changera rien quant au résultat de son enquête sur les crimes de guerre possibles commis dans Gaza – à moins que son remplaçant ne soit ou un raciste, ou un menteur.

Quel énorme succès diplomatique : Israël a réussi à obtenir que le professeur de droit canadien, William Shabas, démissionne de son poste de chef de la commission d’enquête des Nations-Unies sur les crimes de guerre éventuels à Gaza.

Grâce à une surveillance obstinée, les divisions Renseignements et Propagande d’Israël ont révélé que Schabas avait reçu une fois 1300 dollars d’honoraires de l’OLP. Conclusion : il a vendu son âme au diable. Le juge en croque. CQFD.

Il faut un sacré culot et une sacrée arrogance pour fouiller à nouveau dans le passé de ceux qui critiquent Israël pour tenter d’assassiner leur réputation, comme dans le cas de Richard Goldstone, simplement parce qu’ils ont osé critiquer l’État. Pour ce qui concerne Israël, le sort de quiconque critique le pays est scellé. C’est un antisémite, un anti-israélien, c’est quelqu’un d’avide ou d’animé par des motifs cachés.

Aux yeux d’Israël, il n’est pas possible que des personnes consciencieuses puissent être réellement et sincèrement choquées par ses actes, même si elles n’ont pas touché 1300 $ de l’OLP. Quand il est question d’Israël, aucun homme de loi épris de justice, ni quiconque de simplement convenable ne peut être horrifié par ce qu’il a fait dans la bande de Gaza l’été dernier. S’ils ont été choqués, c’est que ce sont des antisémites, ou parce qu’ils ont touché de l’argent de l’OLP. Il n’y a pas d’autre possibilité.

Mais la vérité est tout le contraire. Ce sont ceux qui n’ont pas été choqués qui méritent d’être condamnés, qui ont leur réputation assassinée, et leur passé minutieusement examiné. Soit ils vivent dans la cécité, le déni et la répression, soit leurs normes morales sont fondamentalement dénaturées et viciées.

Il était impossible de ne pas être horrifié par ce que les Forces de défense d’Israël ont fait dans Gaza l’été dernier – sauf si vous êtes un propagandiste, un menteur ou un raciste. En tout cas, il est impossible de soutenir Israël au vu de ce qu’il a fait aux Palestiniens. Impossible aussi d’être expert en droit international et d’être solidaire de ce qu’Israël est en train de faire. Le péché de Schabas est qu’il ne l’est pas. Il doit en être fier.

Seule, une commission d’enquête de la Ligue anti-diffamation, du gouvernement micronésien ou du parti Habayit Hayehudi (Foyer juif) n’aurait pas fustigé le saccage par les FDI de la bande de Gaza, saccage qui a été plus brutal et plus sauvage que tous les saccages précédents. Un rapport de B’Tselem publié la semaine dernière (« Drapeau noir : les conséquences juridiques et morales de l’agression contre les immeubles d’habitation dans la bande de Gaza, été 2014 ») raconte ce qui a été si rapidement oublié : les crimes de guerre.

B’Tselem a enquêté sur 70 cas de bombardements d’immeubles d’habitation, dans lesquels 606 personnes ont été tuées dans leur domicile ou tout près, plus de 70 % de ces morts sont des enfants, des femmes et des personnes âgées. Cela donne le vertige. L’armée la plus morale dans son spectacle pourtant le plus immoral, avec ses missiles qui visaient les terrasses des immeubles, et tous ses « avertissements ».

Le sang des victimes implore à grands cris. Mais pas en Israël. Ici, la propagande et les médias ont fait leur job. Dans la campagne électorale, il n’est fait aucune mention du plus important évènement du mandat du gouvernement sortant. Même l’opposition n’ose pas en parler. Le camp sioniste sait qu’il aurait fait la même chose (« dans la guerre contre le terrorisme, il n’y a plus de coalition, plus d’opposition », a déclaré Isaac Herzog la semaine dernière).

Même du sort de ces 20 000 personnes qui se trouvent toujours sans abri, six mois environ après les bombardements, dans l’hiver de Gaza, nul ne s’en préoccupe ici. Ce sont des Palestiniens. En outre, ils ont tiré des roquettes Qassam et ils se sont cachés dans des immeubles habités et le seul qui est à blâmer, c’est le Hamas. Quant aux immeubles qui ont été bombardés, c’était des avant-postes du Hamas et des salles de commandement, et tous ceux qui ont été tués étaient des terroristes, ou des enfants de terroristes.

Très prochainement, le rapport d’enquête, sans Schabas, sera publié. Il ne sera pas « équilibré », comme la propagande israélienne l’exige, parce que la situation est loin de l’être. Les 5 citoyens et les 67 soldats israéliens qui ont été tués y seront probablement mentionnés, comme les milliers de roquettes tirées sur les Israéliens. Mais même avec la nouvelle commission, avec un chef « équilibré », le rapport mentionnera qu’au cours de l’été 2014, Israël a commis des atrocités au-delà de toute proportion dans la bande de Gaza. Il n’y a aucune autre façon de décrire cela.

Source: Haaretz : http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.640830

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2015/02/08/leffroyable-verite-sur-les-actions-disrael-dans-la-bande-de-gaza/

Humour BiBi


L’accueil des immigrants de France dans un Israel « en sécurité  » .. Vu par Eran Wolkoski le caricaturiste de Haaretz

anniebannie : pas très drôle; qu’iraient-ils faire dans cette galère? Leur place est chez nous. 

bib

#JeSuisGaza : hommage d’un dessinateur israélien aux journalistes palestiniens assassinés


lundi 12 janvier 2015

Merci au dessinateur israélien Noa Olchowski, qui, en ces temps de #JeSuisCharlie médiatisé dans le monde entier, rappelle qu’entre juillet et août, l’armée israélienne a assassiné un grand nombre de journalistes dans la bande de Gaza.

Le dessin, publié par le quotidien Haaretz avec d’autres caricatures illustrant les attentats en France, se lit comme suit : « 10 journalistes tués dans l’attaque contre Charlie Hebdo, 13 journalistes tués dans l’attaque contre Gaza l’été dernier ».

De fait, les Nations-Unies ont publié une liste de 16 journalistes tués à Gaza (15 Palestiniens, 1 Italien) dans le cadre de l’attaque israélienne. Il y a des preuves incontestables, pour plusieurs d’entre eux, qu’ils ont été délibérément visés par les tirs israéliens, alors que les autres ont trouvé la mort, en même temps que des centaines d’autres civils, dans les bombardements terroristes massifs de l’armée « la plus morale du monde ».

Il s’agit de :

Hamed Shehab (30 ans, agence 24 media)

Mohammed Smeri (site web Gaza Now)

Khalid Hamad (25 ans, Continue TV Production)

Abdulrahman Ziad Abu Hayyin (28 ans, Al-Kitab TV)

Baha’ Edeen Gharib (59 ans, Palestine TV)

Ezat Abu Duhair (23 ans, Al-Huriya Media Network)

Ahed Afif Zaqout (49 ans, Palestine TV)

Rami Rayan (25 ans, Palestine Network for Press and Media)

Sameh Al-Aryan (26 ans, Al-Aqsa TV)

Mohammed Majed Daher (27 ans, hebdomadaire Al-Resallah)

Abdullah Nasr Fahjan (21 ans, photo reporter)

Shadi Hamdi Ayad (24 ans, freelance)

Mohammed Nur al-Din Al-Dairi (26 ans, Palestinian Network for Press and Media and Media)

Hamada Khaled Maqqat (24 ans, responsable du site d’informations SAJA)

Il faut ajouter à cette liste les noms de Simone Camilli et Ali Shehda,
deux journalistes, italien et palestinien, de l’agence Associated
Press, qui ont trouvé la mort le 13 août, après le cessez-le-feu, lors de la détonation d’une bombe israélienne n’ayant pas explosé.

VIVE LA LIBERTE D’EXPRESSION ! MENACES DE MORT CONTRE HAARETZ ETOLCHOWSKI

A la suite de ces publications, le quotidien Haaretz et le dessinateur ont fait l’objet d’une campagne de haine, assortie de menaces de mort.

L’initiateur de cette campagne s’appelle Ronen Shoval : c’est l’un des cadres du parti Habayit Hayehoudi (le « Foyer Juif »), dont le chef, Naftali Bennett, s’était précisément invité à la manifestation de dimanche à Paris, ayant prétendument pour objet la défend de la liberté d’expression.

Sur la page Facebook de Shoval, les insultes et menaces se sont donné libre cours :« Avec l’aide de Dieu, les journalistes de Haaretz seront tués comme cela a été le cas en France », écrit un certain Miki Dahan. « On doit faire la même chose que les terroristes en France, mais en direction de Haaretz », enchérit son acolyte Chai Aloni, tandis qu’une Moni Ponte demande « Pourquoi n’y-a-t-il pas d’attaque terroriste contre Haaretz ? »

Sources :
- pour les caricatures publiées dans Haaretz :http://www.haaretz.co.il/news/picoftheday/1.2534649

- pour la liste des journalistes palestiniens assassinés, communiqué de l’ONU :
http://unispal.un.org/UNISPAL.NSF/0/E4E084EB25181C7B85257D4D0058B8D2

- pour les menaces de Shoval et compagniehttp://mondoweiss.net/2015/01/journalists-publication-newspaper#sthash.6Zg35Mo3.dpuf

CAPJPO-EuroPalestine

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