Le serment – La Série diffusée sur Arte (bis)


Vous pouvez voir la série gratuitement sur Arte ici : http://www.arte.tv/guide/fr/042264-001/le-serment-1-4
La chaîne ARTE l’a diffusé le 31  décembre, malgré les protestations du CRIF (Arte rediffuse la série “The Promise” boycottée par le CRIF. Lire article ICI)
 Vous pouvez voir le programme en louant les quatre épisodes ici pour 9,99Euros ou 2,49Euros par épisode ou encore l’acheter chez amazon.
Le serment - La Série

Réalisateur : Peter Kosminsky
Acteurs : Perdita Weeks, Itay Tiran, Ben Miles, Christian Cooke, Claire Foy
Producteurs : BREAKOUT FILMS, DAYBREAK PICTURES

Erin, jeune Londonienne de 18 ans, s’apprête à partir passer l’été avec sa meilleure amie, Eliza Meyer, en Israël. Eliza doit y effectuer son service militaire.

À travers un double regard – celui d’une jeune Londonienne qui se rend pour la première fois en Israël et celui de son grand-père, soldat britannique dans la Palestine des années 1940 –, Peter Kosminsky (Warriors, Les années Tony Blair) retrace l’histoire du conflit israélo-palestinien de 1946 à nos jours. Captivant.

Palestine: « Le Pétrole de la Discorde » – ARTE Reportage / 29-11-2014


[youtube http://youtu.be/V47yK_5xCU0?]

En Israël, l’industrie pétrolière est l’une des plus secrètes du pays. Les caméras de télévision sont interdites sur les sites d’extraction. Peut-être parce que les cuves de pétrole brut et les tours de forage ne sont qu’à une centaine de mètres des territoires palestiniens ? Selon les géologues palestiniens 85 % des gisements exploités par Israël se trouveraient en dehors de ses frontières.

Les Palestiniens voient d’un mauvais œil les forages israéliens. L’or noir, synonyme d’essor économique, se trouve sur leurs terres. Leur gouvernement tente de faire reconnaître l’illégalité des forages israéliens qui jouxtent la frontière : la valeur de ce gisement de pétrole est estimée à 255 milliards de dollars.
L’exploitation des ressources palestiniennes constitue aujourd’hui un élément à part entière de l’économie mondiale. Après l’eau, la terre et les minéraux, les Palestiniens redoutent d’être mis devant le fait accompli sans percevoir des revenus dont ils estiment pouvoir bénéficier en toute légitimité.

Michèle Sibony: «Il faut demander des sanctions contre Israël»


Michèle-SibonyUn visage a crevé les écrans des télés françaises pendant l’offensive israélienne contre Gaza cet été: celui de Michèle Sibony, pugnace porte-parole de l’Union juive pour la paix (UJFP), qui n’a cessé de dénoncer la situation. Invitée à Bruxelles par l’ONG belge Tayush, la semaine dernière, Michèle Sibony a répondu à nos questions.

Quelques mots sur votre parcours personnel. Vous avez habité en Israël, c’est cela?

Oui, j’y ai étudié les Lettres et le cinéma dans les années 1972-1977, à l’Université de Haïfa. Ce n’était pas dans l’idée de faire mon alya (immigration juive en Israël), plutôt dans celle de quitter ma famille, rassurée par le fait que j’allais dans ce pays. Mes parents pensaient peut-être que j’allais m’y marier, eh bien c’est raté! (rires). J’ai donc appris l’hébreu sur place et j’ai rencontré des gens qui m’ont aidée à déconstruire mes idées reçues. J’ai eu la chance de côtoyer ceux qu’on appelle aujourd’hui les nouveaux sociologues ou les nouveaux historiens. C’est là que j’ai rencontré des Israéliens juifs puis palestiniens qui m’ont aidée à voir la réalité que j’avais sous les yeux. On m’a parfois traitée de «pute palestinienne» juste parce que je faisais partie des premiers qui ont osé prononcer le mot «palestinien». J’ai eu des copains qui m’ont emmenée dans les zones «arabes» comme on disait, palestiniennes, j’ai y vu les discriminations.

Un des mes malaises en Israël provenait du fait que j’avais l’impression que la porte d’Auschwitz venait de se refermer derrière moi! Ce que je n’avais jamais ressenti en France. Je me disais: mais pourquoi dois-je vivre avec cette angoisse? Juive d’origine marocaine, ma famille n’a pas été déportée mais malgré cela je ressentais cette pression.

Je suis ensuite rentrée en France pour des raisons familiales – j’y ai pris ma retraite de professeur de lycée professionnel il y a deux ans – et aussi parce que le passage à la vie active en Israël n’était pas à l’époque mon choix. Je sentais que cela eût supposé de devenir israélienne, ce qui m’aurait demandé beaucoup d’efforts. Ce n’était pas encore très politique mais je suis rentrée en France avec la conviction qu’il fallait que je milite. J’ai failli rentrer au parti communiste mais y ai renoncé car il y a eu (l’invasion par l’URSS de) l’Afghanistan. J’ai milité à partir de 1980 dans un groupe qui s’appelait Perspectives judéo-arabes dans lequel il y avait des militants français, marocains, israéliens, palestiniens (de l’OLP à Tunis). J’en suis sortie, je n’étais pas prête non plus à travailler avec des Palestiniens, mon chemin fut long et lent! Après, j’ai été plus en contact avec les militants israéliens, pendant par exemple la première intifada (1987-1992), un groupe qui s’appelait «L’occupation, ça suffit». Je n’ai commencé à militer en m’inscrivant à l’UJFP (l’Union juive française pour la paix) qu’à partir de 2000. C’était énorme: c’était le début de la seconde intifada et les institutions juives françaises officielles supportaient Israël. L’UJFP est un groupe politique. Composé de Juifs français qui s’inscrivent dans un combat anticolonial et qui ne supportent pas l’assignation à une posture politique en France qui est le soutien inconditionnel à Israël quoi qu’il dise et quoi qu’il fasse. Vous êtes juifs donc vous soutenez Israël quoi qu’il fasse: ce rôle-là n’est pas acceptable pour nous. Beaucoup de militants de l’UJFP n’avaient d’ailleurs jamais milité comme juifs auparavant. Ils étaient dans le syndicalisme, comme moi, ou dans des partis politiques français. Six cent mille juifs en France ne peuvent pas être pris en otages par le conseil soi-disant représentatif des organisations juives de France (le Crif, NDR) qui doit avoir un corps électoral à tout casser de six mille personnes et qui est composé d’une petite centaine d’associations. Cela dit, je ne suis pas plus propalestinienne que je ne suis anti-israélienne, contrairement à ce que disent certains journalistes qui m’agacent prodigieusement.

Cela fait donc 14 ans que vous êtes à l’UJFP…

Oui, j’ai toujours fait partie des bureaux nationaux de l’UJFP. J’ai parfois été vice-présidente, coprésidente, et je suis actuellement un des porte-parole de l’association.

L’historien Georges Bensoussan, dans le magazine juif belge Regards, dit en substance que les Maghrébins de France sont en quelque sorte jaloux de la réussite sociale des Juifs français…

De tels propos auraient pu être tenus par un antisémite! Il y a 600.000 Juifs en France. Doit-on penser qu’il y a 600.000 exemples de réussites sociales en France? Penser qu’il n’y a pas des Juifs pauvres, des Juifs des quartiers populaires, des cités? A Sarcelles, les Juifs font-ils partie de l’élite sociale? Par contre, il y a sûrement un ressentiment contre les Juifs, c’est vrai. Cela vient du fait qu’au niveau international Israël est un Etat auquel il est interdit de toucher. Dont l’impunité est garantie et cautionnée, notamment par le gouvernement français. Dans la société française, surtout depuis 2000, il y a cette espèce d’affirmation que l’islam remplace le communisme comme ennemi. La communauté juive est manipulée aussi à un niveau local en France comme pouvant être menacée par ce qu’ils appellent «une importation du conflit», termes aussi utilisés par les représentants de l’Etat, dans le sens que ceux qui sont censés l’importer ce sont les Arabes des quartiers populaires, les jeunes beurs. Le Crif, quand il organise par exemple des manifestations de soutien à (Ariel) Sharon (Premier ministre israélien durant l’essentiel de la seconde intifada et auteur d’une répression sans états d’âme, NDR), lui n’importe pas le conflit! La communauté juive a droit au titre de communauté, elle, mais dès qu’il s’agit des Arabes, on crie «Attention au communautarisme»! Tout se passe comme si on considérait que la communauté juive avait droit à un statut protégé par rapport aux Arabes – qui eux ont le droit de se taire sur la question palestinienne car dès qu’ils ouvrent la bouche ils sont d’évidence antisémites. Cette situation-là est en effet créatrice de ressentiment à l’égard des Juifs.

On ne peut nier que dans les diasporas juives occidentales la grande majorité des Juifs sont porteurs d’un sentiment d’empathie envers Israël…

Oui, il y a souvent une sympathie des Juifs pour Israël qui est vécu comme proche, situation nourrie par ce qui a longtemps circulé, «une terre sans peuple pour un peuple sans terre», «ils font fleurir le désert», toute cette imagerie qui influençait d’ailleurs les gens et pas seulement les Juifs dans les années 1960, époque où personne ne savait rien de ce qui s’était passé en Israël-Palestine. Après, la sympathie des Juifs est instrumentalisée et au bout de compte on arrive à une situation qui n’est pas celle de ma jeunesse. Moi j’étais aux Eclaireurs israélites de France qui était à l’époque un groupe non sioniste de manière claire. On n’y parlait pas d’Israël. Aujourd’hui, cette organisation est en première ligne de tous les combats pour soutenir Israël quoi qu’il fasse. Le Crif a été représenté à une certaine époque par des gens comme Théo Klein, pas des extrémistes de droite comme l’est maintenant le Crif dans une grande partie de sa composition. En outre, le gouvernement français semble comme encourager les Juifs français à émigrer en Israël, c’est tout juste s’ils ne nous disent pas «votre pays Israël».

Prenez l’horrible affaire Merah (auteur du meurtre de sang-froid de plusieurs Juifs français, dont des enfants, en 2012, NDR): un an après, on voit le président de la république se pointer sur les lieux du drame à Toulouse avec… Binyamin Netanyahou, Premier ministre israélien! Il y a une espèce de rapprochement fantasmé de la France et d’Israël. Et quoi, la république ne considère plus qu’il relève de sa responsabilité de garantir la sécurité de tous ses citoyens y compris les Juifs? On va bientôt nous expliquer que notre place est en Israël si on est en danger! Moi je crois que les gens qui sont surtout agressés dans la rue, notamment les femmes voilées, ce sont les musulmans; on a un racisme d’Etat islamophobe déclaré, avec des lois, des décisions de justice. S’il y a un racisme d’Etat, vous pensez bien que le citoyen de base se sent à l’aise.

Vos interventions cet été sur les chaînes françaises pour condamner l’offensive israélienne à Gaza n’ont pas manqué d’impressionner – ou de choquer – et de faire le buzz sur les réseaux sociaux, en France et dans le monde…

Je dois dire que ce buzz est assez tragique! Parce que j’ai dit des choses tellement simples! J’ai juste dit qu’il s’agissait d’un endroit colonisé, entièrement encerclé et bombardé sans moyens de se défendre. Dire cela et que cela puisse faire scandale me paraît hallucinant. Cela veut dire que la presse ne fait pas son travail si elle n’est pas capable de rappeler qu’il y a occupation et colonisation, qu’elle se confine à «la lutte contre le terrorisme». «Israël a le droit de se défendre contre le terrorisme du Hamas», point barre: c’est la propagande israélienne et c’est ce qu’ont repris le président, le gouvernement et 85% des médias français cet été.

Et cela va de mal en pis sur le terrain…

C’est catastrophique. On a maintenant une offensive sur Jérusalem qui veut transformer le conflit en un conflit religieux. On a des déclarations de Netanyahou qui expliquent que l’Autorité palestinienne c’est la même chose que le Hamas qui est la même chose que Daesh («l’Etat islamique»), sous-entendu: nous Israéliens, nous sommes dans le combat occidental contre l’islam radical, c’est-à-dire qu’en fait on veut une guerre sans fin. Car s’il y a un mot qui n’est plus prononcé depuis très longtemps sur aucune des plates-formes politiques lors des deux ou trois dernières élections israéliennes, c’est le mot paix. Il n’en est plus question. Alors, avec ce gouvernement d’extrême droite, il n’est pas question de politique, de stratégie, de négociations mais bien d’une fuite folle en avant qui crée un emballement et on en arrive à des choses sanglantes, des chasses aux Arabes dans les rues israéliennes, à Jérusalem-Ouest des milices tabassent les Arabes! Il y a une fascisation du discours de la rue terrorisante. Il y a ce projet de loi qui veut faire d’Israël «l’Etat nation du peuple juif», ce qui signifie pour les Palestiniens de 1948 (ceux qui sont restés à l’indépendance d’Israël, NDR) profil bas ou la porte: vous êtes des invités chez vous, pas des citoyens à égalité. Ce qui signifie aussi que les réfugiés palestiniens ne bénéficieraient plus du droit au retour.

L’Assemblée nationale française doit voter ce 2 décembre sur une résolution recommandant la reconnaissance de l’Etat de Palestine…

Oui, elle a des chances de passer, malgré que sur cette résolution l’Elysée a fait savoir que lui et son ministre des Affaires étrangères ne feraient rien qui puisse nuire de façon unilatérale aux négociations, ce qui est un peu troublant. Ils n’ont honte de rien: de quelles négociations parlent-ils? Et parler d’unilatéralisme côté palestinien en ignorant l’unilatéralisme israélien permanent depuis des années, en toute impunité d’ailleurs, c’est gonflé de leur part! Après, on peut sentir une nuance entre Fabius et Hollande sur ce sujet, la réponse de l’Elysée étant moins prometteuse en soutien à ce vote que celle de Fabius, mais je me trompe peut-être… Cela dit, ça ne mange pas de pain, une résolution demandant la reconnaissance de la Palestine. S’il n’y a pas en même temps une démarche annoncée et claire du même parlement, s’il était courageux, en faveur de la prise immédiate de sanctions contre l’Etat occupant. Par exemple, un embargo sur les armes. Après ce qu’il s’est passé cet été à Gaza, continuer à livrer des armes à Israël relève du pur scandale. Il y en a eu des embargos français sur les armes, dans d’autres cas, pourtant. Israël craint fort les sanctions, mais ce sont toujours les Etats européens ou l’UE qui reculent.
Qui reculent ou font des choses choquantes. On sait par exemple pourquoi l’Autorité palestinienne n’est pas en mesure de déposer un dossier contre des Israéliens à la Cour pénale internationale (CPI): parce qu’elle vit sous la menace de l’UE et des grands Etats européens de supprimer leurs aides budgétaires au fonctionnement de l’AP. L’AP ne peut pas le dire, mais c’est un chantage absolument odieux. Ces puissances européennes ont décidé qu’il n’y aurait pas de justice dans cette histoire. On peut amener des Soudanais, des Serbes devant la CPI, mais pas des Israéliens. Alors qu’on sait ce qui s’est passé. La dernière session du tribunal Russell qui s’est déroulée à Bruxelles en septembre l’a démontré, nous avons des témoignages israéliens et palestiniens qui racontent de véritables crimes.

La question palestinienne, qui va de mal en pis, ne vous inspire pas de désespoir?

Depuis Madrid en 1991 puis Oslo en 1993, on en est arrivé à ces fausses négociations permanentes, des négociations qui sont censées ne mener à rien sauf à présenter une façade vis-à-vis du monde extérieur qui permet de continuer la colonisation. Aujourd’hui, on est dans une situation où un camp jouit d’une souveraineté absolue sur tout le territoire entre la mer et le Jourdain, avec un gouvernement d’extrême droite à forte tendance messianniste qui veut un seul Etat, celui de la Bible. Et il y a encore des gens qui parlent (des accords) d’Oslo? Mais quand fera-t-on le deuil de cette mascarade? Oslo, ainsi que le décrivait un ami palestinien, c’est comme si on avait mis un repas dans une écuelle devant un aigle et un moineau et qu’on leur avait dit: partagez-vous cela! Où est le médiateur sérieux? Où est le garant du respect d’un calendrier, des décisions? Ca ne peut être que l’Europe et les Etats-Unis. Ce sont les principaux responsables de l’échec d’Oslo. L’UE refuse d’en prendre acte et continue à nous baratiner sur une éventuelle résurrection d’un processus mort-né depuis 23 ans. Alors qu’aujourd’hui on est en train de menacer très directement les Palestiniens de citoyenneté israélienne, qu’il y a des enfants en prison, victimes de sévices, c’est vrai que c’est désespérant, surtout en l’absence de volonté de résoudre le conflit.

Propos recueillis le 27 novembre 2014 à Bruxelles par Baudouin Loos

source

Christophe Oberlin: La population de Gaza est à bout. Tout peut arriver [Entretien 24.11.2014]


[youtube http://youtu.be/f4CElEVvpJE?]

Entretien réalisé par Silvia Cattori et Gérard Lazare le 25 nov. 2014. www,arretsurinfo.ch
Professeur de médecine à l’Université Paris VII, chirurgien à l’hôpital Bichat, Christophe Oberlin est l’un des meilleurs connaisseurs de la bande de Gaza où il se rend régulièrement depuis 2001. En juillet-août 2014, durant l’agression israélienne contre la population de Gaza il a accusé François Hollande pour son soutien à Israël. Ayant également mis en cause l’Autorité palestinienne pour avoir saboté la plainte déposée auprès de la CPI, Christophe Oberlin a été vivement critiqué par les dirigeants de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS). Il raconte tout cela dans l’ouvrage « Le chemin de la Cour – Les dirigeants israéliens devant la Cour Pénale Internationale ». (Editions Eric Bonnier -14.17 EUR)
Lire également:
– Lettre ouverte à François Hollande et autres racistes qui nous dirigent http://arretsurinfo.ch/video-lettre-o…
– Dernier crime à Gaza : le crime de haute trahison http://arretsurinfo.ch/dernier-crime-…
– « Ce qui se passe à Gaza est en partie à cause de la déclaration de Hollande » http://arretsurinfo.ch/video-ce-qui-s…
– Feu vert de la Cour Pénale Internationale et de Mahmoud Abbas pour continuer les crimes de guerre à Gaza http://arretsurinfo.ch/feu-vert-de-la…

67 ans de ‪#‎Nakba‬ ‪#‎SaveALAQSA‬


Manifestation autorisée
Dimanche 30 Novembre 2014
Rassemblement Avenue de Stalingrad à 14h00
Départ vers la Place de l’Albertine à 15h00
67 ans de ‪#‎Nakba‬ ‪#‎SaveALAQSA‬
Dimanche 30 novembre, 14:00 à Bruxelles
https://www.facebook.com/events/890234164322956/?pnref=story29 Novembre 1947 les Palestiniens sont victimes d’une injustice historique.
L’Assemblée générale des Nations unies décide, le 29 novembre 1947, le partage de la Palestine en un État juif et un État arabe. Le nettoyage ethnique de la Palestine commence. Cette « recommandation » est à l’origine de six décennies d’injustice.

Jérusalem est aujourd’hui sur la ligne de front de la résistance populaire, tout comme la Bande de Gaza se trouve à l’avant-garde de la résistance armée. Nous devons considérer Jérusalem comme une partie de l’ensemble de la Palestine et de toute la cause palestinienne.

La campagne #SaveALAQSA pour défendre Jérusalem et la Palestine n’est pas limitée la défense de la mosquée Al-Aqsa, qui est attaquée, fermée et menacée par l’armée sioniste et les forces politiques et coloniales. Il ne s’agit pas seulement du lieu sacré d’Al-Aqsa, mais de l’ensemble de la Palestine et de sa capitale.

/Al Qods/Jérusalem ne doit pas être sous l’occupation d’un régime colonial raciste, sioniste.
Et cela s’applique également à chaque centimètre de la terre de Palestine

Soutien total et inconditionnel à la Résistance palestinienne sous toutes ses formes

Liberté pour tous les prisonniers palestiniens

Soutien à la campagne BDS – Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre l’État d’Israël.

Halte au silence complice de la « communauté internationale ».

Manifestation autorisée
Dimanche 30 Novembre 2014
Rassemblement Avenue de Stalingrad à 14h00
Départ vers la Place de l’Albertine à 15h00

Info & Contact : 0476/84.19.69

“HA’ARETZ” FACE À LA COLÈRE DE SES LECTEURS


Confronté à une vague de désabonnements à cause d’articles jugés trop favorables aux Palestiniens, le journal israélien tente désespérément de justifier sa ligne éditoriale. Avec, en ligne de mire, les éditoriaux de Gideon Levy.

HA’AYIN HA SHVI’IT – http://www.the7eye.org.il/125933

COURRIER INTERNATIONAL (EXTRAITS) –http://www.courrierinternational.com/article/2014/10/23/ha-aretz-face-a-la-colere-de-ses-lecteurs

Dessin de Vlahovic, Serbie.Dessin de Vlahovic, Serbie.

Dans une nouvelle aile du musée d’Art et d’Histoire de Tel-Aviv, une rencontre a été spécialement organisée [le 14 septembre] par Ha’Aretz pour tenter de récupérer quelques milliers d’anciens abonnés. Avant l’ouverture des débats, le ton est donné dans les couloirs par un certain Matti David, qui brandit des tracts en criant : “Voici pourquoi j’ai résilié mon abonnement après trente-quatre ans de fidélité !”

Pourquoi ? Parce que le quotidien de gauche participe au “djihad anti-israélien”. Eitan Carmi, un Galiléen vétéran de l’armée de l’air, a décidé de résilier son abonnement après avoir lu l’article du célèbre journaliste Gideon Levy intitulé “Mauvais pour l’aviation”, dénonçant la participation sans état d’âme de jeunes pilotes au volet aérien de l’opération Barrière protectrice [juillet-août 2014]. Carmi affiche quarante ans d’abonnement au compteur. Comme lui, les participants sont dans leur majorité des hommes de plus de 50 ans. Davantage que le journal lui-même, c’est la ligne politique prêtée à des journalistes comme Gideon Levy, Uri Misgav ou Roger Alpher, pour ne citer qu’eux, qui est clouée au pilori.“Nous sommes un journal doté d’une mission d’information, mais également une entreprise, leur répond Amos Schocken, directeur de Ha’Aretz. D’un côté, nous avons une fonction sociale qui ne doit pas nous faire craindre de subir des attaques.

“D’un autre côté, nous devons engranger des bénéfices pour survivre. Ces deux dimensions entrent souvent en conflit. Mais nous avons toujours tenu à être en pointe dans les campagnes contre certains monopoles publics, pour la modernisation du système judiciaire et contre la corruption de l’administration, y compris celle de la police. Concernant les Palestiniens, notre attitude se veut à la fois israélienne et professionnelle. Elle s’inscrit dans nos combats pour le maintien du caractère [juif] de l’Etat et la défense d’une société plus juste et plus éclairée. S’abonner à Ha’Aretz, c’est souscrire à une police d’assurance quant au chemin pris par Israël. Ha’Aretz s’est toujours défini comme un journal sioniste.

“Cela signifie qu’il soutient l’existence d’Israël en tant qu’Etat juif et démocratique et estime avoir un rôle de premier plan dans la défense et la promotion d’une société avancée dans les domaines de la culture, de l’éducation, des droits civiques et individuels, de l’économie de marché, de la recherche de la paix avec nos voisins arabes et de la reconnaissance de l’autodétermination des Palestiniens.” Le rédacteur en chef, Alouf Benn, attaque de front le sujet qui est à l’origine de la vague récente et massive de désabonnements : l’opération Barrière protectrice. “Cela fait trois ans que j’occupe cette fonction et jamais je n’avais dû faire face à une telle crise, admet-il. Ha’Aretz est typiquement israélien et, comme tous les Israéliens, nous avons subi de plein fouet l’impact de cette guerre.

“Plusieurs journalistes ont été rappelés sous les drapeaux et beaucoup d’entre nous ont dû effectuer leurs deux mois de réserve. Le travail journalistique de Ha’Aretz est nécessairement empreint d’un regard israélien, d’un point de vue israélien. Quand le Hamas tire des roquettes sur Tel-Aviv, ça nous est à tous insupportable. Et nous avons tous des collègues ou des proches qui, dans l’armée d’active ou dans celle de réserve, sont entrés dans la bande de Gaza. Mais nous avons aussi le devoir d’informer et l’obligation de définir une ligne éditoriale. C’est pour cela que, pour donner un exemple, la ligne que nous avons adoptée pour Barrière protectrice a été d’établir une chronologie exhaustive et mise à jour de façon permanente.

“Nous avons été confrontés à la censure militaire, qui nous a interdit de révéler l’information selon laquelle les trois adolescents juifs enlevés en mai dernier en Cisjordanie avaient été presque immédiatement assassinés, contrairement au discours officiel. Nous avons malgré tout essayé de faire passer cette info sans violer ouvertement l’interdiction. Parce que cette information était essentielle : par son contenu proprement dit, mais aussi par sa non-diffusion, laquelle a créé un climat tel dans l’opinion publique qu’une guerre à Gaza devenait inévitable. Avec le recul, je puis affirmer que l’opinion a été sciemment trompée.

“Ce sont les mêmes préoccupations qui ont guidé notre couverture de la campagne militaire contre la bande de Gaza. Nous avons voulu rendre compte, de la façon la plus fiable possible, de ce qui se passait de notre côté comme du côté palestinien. Concernant notre couverture ‘israélienne’, je ne crois pas qu’elle ait été radicalement différente des autres quotidiens. Nous ne sommes pas des fonctionnaires ou des diplomates de l’ONU, nous sommes des Israéliens, nous vivons en Israël, nous sommes curieux d’Israël, mais nous sommes également curieux de ce qui se passe de l’autre côté [palestinien].

“On nous a reproché de rappeler et de souligner le nombre de victimes palestiniennes. Pour prendre une comparaison sans doute osée, ne pas le faire, c’eût été comme rendre compte d’un match de football en ne publiant que le score d’une seule équipe. Cela relève d’une responsabilité professionnelle mais aussi morale. De même, au plus fort des tirs de roquettes [palestiniennes], nous avons soutenu le Premier ministre dans son choix de lancer une opération militaire, mais nous l’avons mis en garde contre le risque d’escalade ainsi que la mort d’innocents. Enfin, en dépit de notre sacro-sainte politique de liberté d’opinion, nous avons tout de même refusé la publication d’une tribune, laquelle assimilait les miliciens du Hamas aux combattants du ghetto de Varsovie.

En revanche, concernant l’éditorial controversé de Gideon Levy daté du 14 juillet, qui condamnait les pilotes israéliens et les appelait à désobéir aux ordres, j’estime que nous avons bien fait de le publier en temps de guerre, même si ce n’était agréable à lire ni pour nous ni pour une majorité de nos lecteurs. Aurions-nous dû attendre que le conflit soit derrière nous ? Et faire ce que nous faisons souvent en Israël : applaudir nos chefs et ensuite les accabler de critiques ? Tirer et puis pleurer ?”

À la simple évocation de Gideon Levy, toute l’assistance s’est réveillée comme un seul homme.

“Votre combat pour l’éducation à la démocratie vous honore. Qu’attendez-vous pour publier un entretien avec Ismaïl Haniyeh [responsable du Hamas], dans lequel il nous expliquera que son objectif est de détruire Israël ? Des gens comme Gideon Levy heurtent davantage l’opinion israélienne qu’ils ne l’informent. Pourquoi s’en prendre à ces pilotes de 22 ans, ces bons petits gars, et pas aux dirigeants ?” demande l’un des lecteurs. Un autre participant s’empare du micro d’Amos Schocken. Matti David, celui qui distribuait des tracts incendiaires dans les couloirs, explose : “En vous arrogeant le droit de savoir mieux que quiconque en Israël ce qui est bon pour la sécurité, la démocratie et le caractère juif d’Israël, c’est-à-dire en vous plaçant au-dessus du pouvoir législatif et judiciaire, vous faites preuve d’une arrogance insupportable. Cette conférence est la preuve que vous avez un problème et que cela ne va pas s’arranger si vous ne changez pas de politique éditoriale et si vous continuez à vous placer en dehors du consensus national.”

Un véritable chœur d’attaques venant de la salle se déchaîne contre Gideon Levy. Des dizaines de personnes hurlent, accusant Ha’Aretz de participer à une “campagne de nazification” d’Israël. Gideon Levy est comparé à “Lord Haw-Haw”, surnom donné jadis à William Joyce, un homme politique américain qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, animait une radio britannique de propagande nazie et qui fut pendu pour haute trahison en 1946.

“Gideon Levy n’a rien fait d’autre lorsque, sur les ondes de la BBC, il a soutenu les appels au boycott d’Israël. Alors nous tous, boycottons Ha’Aretz !” lance-t-il sous les ovations de la salle. Blême, Levy serre les dents et encaisse en silence. De nouveau, Schocken croit pouvoir raisonner la salle en expliquant qu’un autre éditorial controversé de Gideon Levy, publié à la fin de l’opération Plomb durci [janvier 2009], accusant déjà l’aviation d’avoir délibérément visé des civils, s’est finalement révélé pertinent après que, sous couvert d’anonymat, un chef d’escadrille se fut confié au quotidien concurrent Yediot Aharonot. En vain.

Des personnes non inscrites commencent à envahir la salle. Schocken craque : “Si vous ne voulez même pas écouter nos réponses à vos accusations, alors vous n’avez qu’à sortir !”s’écrie-t-il. Ce à quoi une bonne partie de la salle, comme il fallait s’y attendre, répond aux cris de “Sortons !”.

Itamar Baz

Publié le 15 septembre 2014 dans Ha’Ayin Ha’Shvi’it (extraits) Jérusalem

http://www.the7eye.org.il/125933

«Comment un Etat peut-il être à la fois juif et démocratique?»


dans-un-jardin-je-suis-entre

Né en Israël en 1956, Avi Mograbi tisse depuis longtemps une oeuvre originale de cinéaste. Sa «patte» personnelle –impertinente – est reconnaissable entre toutes. Il se met le plus souvent lui-même en scène dans des situations parfois loufoques, jamais gratuites, où l’humour au second degré suscite la réflexion.

Il nous revient avec son dernier film, intimiste, où s’expose une relation amicale d’une étonnante tonicité entre lui et son professeur d’arabe. Nous l’avons rencontré à l’occasion de son passage en Belgique motivé par la rétrospective que lui consacre le cinéma Nova, dans le centre de Bruxelles.

Vous charriez en Israël une réputation de franc-tireur facétieux, de gauchiste pince-sans rire, mais votre oeuvre exhale un parfum plutôt pessimiste. Pourtant, votre dernier film, Dans un jardin je suis entré, donne de votre amitié avec un professeur palestinien une impression très positive des possibles rapports harmonieux entre Juifs et Arabes…

Oui, et le film sort ici à un moment, après ce qui s’est passé à Gaza cet été, qui n’inspire vraiment pas à l’optimisme! Il a certes été tourné auparavant (en 2011, NDLR), mais je dirais que cet optimisme que vous observez serait plutôt comme une sorte d’échappatoire, car il ne résulte pas de la réalité, il serait même contraire à la réalité, comme dans un rêve, même si cette amitié entre Ali, mon professeur d’arabe, et moi est bien réelle. Réelle entre deux personnes précises, mais non confirmée à grande échelle à l’heure actuelle où l’on voit au contraire exposer au grand jour le racisme en Israël non seulement contre les Palestiniens mais aussi contre tous ceux qui se dressent contre les massacres.
La fille de 10 ans d’Ali, Yasmine, la formidable autre héroïne de mon film, est à moitié palestinienne par son père et à moitié juive par sa mère. Elle est brillante, pétillante, intelligente, fine, généreuse, on ne peut que tomber sous son charme ; elle incarne la solution au Proche-Orient, elle est forte des richesses des deux côtés! Et pourtant, elle le dit, tout le monde ne l’apprécie pas dans son école israélienne en hébreu, où elle souffre du racisme.

Peut-on dire de toute votre oeuvre qu’elle est purement politique?

Très politique! Mais ça veut dire quoi? Mes films n’ont pas le pouvoir d’intervenir dans la vie politique, de l’influencer, ça je l’ai compris depuis longtemps: je n’entre pas dans la vie politique, je cherche certes le changement mais ce ne sont pas mes films qui l’apporteront. Je dois reconnaître que la plupart du temps ceux qui aiment mes films y apprécient certes ma touche personnelle, mon langage cinématographique propre, poétique, différent, mais ils partagent aussi mes opinions politiques! Sauf rares exceptions…

Vos films sont-ils vus en Israël?

Oui, mais dans un circuit assez fermé, celui des cinémathèques et d’une chaîne câblée spécialisée dans les documentaires. Il n’y a qu’un seul de mes films qui est passé une fois sur une grande chaîne nationale à une heure de grande écoute, dans les années 1990. Je regrette cette situation car je fais d’abord des films à destination des Israéliens.

Vos positions politiques font-elles de vous un ennemi public pour de nombreux Israéliens, à l’image du journaliste du quotidien Haaretz Gideon Levy?

Non! Lui c’est le gars le plus détesté en Israël, il a pris sur lui la tâche de dire les choses qui dérangent le plus. J’ai travaillé naguère avec lui sur un long tournage, nous nous entendons très bien, même si je ne suis peut-être pas toujours sur la même longueur d’onde au niveau de la façon de faire passer un message, car il privilégie la provocation. Cela dit, la plupart des gens qui le détestent ne l’ont jamais lu! Je ne suis pas aussi célèbre que lui en Israël. Nous sommes dans le même camp mais lui, tout le monde le connaît et le reconnaît, moi je suis un obscur réalisateur qui n’a pas mis tout le monde en colère alors pourtant que je le mériterais!

Etes-vous étonné par ce niveau inouï de haine observée actuellement en Israël envers les Palestiniens et les «gauchistes» qui les défendent?

La haine n’est pas neuve. Je me suis récemment retrouvé à Paris avec deux vieux amis avec qui j’avais manifesté à Tel-Aviv en 1982 contre la guerre d’alors au Liban, et nous avions été rossés par des hooligans d’extrême droite à l’époque. Elle n’est pas neuve, donc, cette haine, mais il est vrai qu’elle atteint des sommets. En fait, le racisme, en Israël, ne peut constituer une surprise. Il fait partie du concept même d’«Etat juif», à savoir une nation supérieure aux autres, qui ne peut se permettre de perdre sa majorité démographique (c’est d’ailleurs la raison pour laquelle les territoires palestiniens occupés, sauf à Jérusalem-Est, n’ont jamais été annexés). Cet Etat est contre une partie de ses citoyens, ceux qui ne sont pas juifs.
Je me pose la question: ce à quoi on assiste actuellement, est-ce une montée du racisme jusqu’à un nouveau sommet ou juste un nouveau sommet dans l’expression même du racisme qui préexistait? Je n’ai pas la réponse. Mais c’est de toute façon choquant et insupportable. D’autant que cela provient des dominants qui se sentent toujours menacés par les plus faibles.

Pourquoi? En raison de l’histoire des Juifs, des persécutions, de la Shoah?

Tout est compliqué. La nature de l’Etat juif, comme il se voit, est d’être une île dans un océan d’hostilité arabe; avec la ferme volonté de rester juif et de tout mettre en oeuvre pour sécuriser cet Etat. Son destin est donc d’être isolé. Les gens intègrent la notion. Cela vient-il du ventre ou de l’éducation? Des deux sans doute. Israël a décidé de rester isolé pour le reste de son existence. Beaucoup d’Israéliens ne partagent pas mon avis, ils croient que nous voulons vraiment la paix… mais oublient de dire: seulement à nos conditions. Faire la paix avec les Palestiniens implique de résoudre notamment la question des frontières, des lieux saints et celle des réfugiés palestiniens. Non pas qu’il faille faire revenir six millions de réfugiés en Israël, mais il faut commencer par admettre la responsabilité – évidente! – d’Israël dans la création du problème des réfugiés, ce que nous refusons.

L’Israélien moyen comprend-il cette responsabilité? On lui apprend le contraire dès l’école…

Le récit historique israélien n’inclut pas les Palestiniens. Ni le peuple ni les individus. Pour la grande majorité des gens, c’est clair et net: les Arabes ont refusé le partage de la terre en 1948, et ils paient pour cela. Cela dit, je comprends bien par ailleurs les Juifs qui ont fui l’Europe pour venir en Israël, ce fut le cas de ma propre grand-mère maternelle, dont la famille venait de Pologne, s’était exilée en Allemagne, à Leipzig, où elle était apatride, et qui décida en 1933 après avoir été harcelée par les Jeunesses hitlériennes de partir vers le seul endroit où il y avait une possibilité d’émigrer: en Palestine.

L’Etat d’Israël se veut à la fois juif et démocratique, est-ce une aporie, une difficulté insurmontable?

Eh bien, je voudrais bien qu’on m’explique comment on peut être les deux à la fois! D’ailleurs, dans cet Etat, on trouve deux communautés, l’une, dominante, jouit de la Loi du retour (tout Juif dans le monde a le droit d’émigrer en Israël et de devenir israélien, NDLR), alors que l’autre – les «Arabes israéliens» – subit des discriminations dans moult domaines, construction, éducation, santé, etc.

Votre fils a fait de la prison en 2005 pour avoir refusé de servir sous les drapeaux…

Oui, nous avons trois générations de Mograbi qui ont connu des détentions pour motifs politiques… parfois différents! Mon père, venu de Syrie, faisait partie du groupe armé juif clandestin Irgoun et fut arrêté par les Britanniques et déporté pendant neuf mois en Erythrée dans les années 1940. Moi, j’ai fait quelques mois de prison en 1983 pour avoir refusé de servir ma période de réserve au Liban – j’ai participé à l’occasion à la création de «Yesh Gvul» («Il y a une limite»), une organisation dont je suis devenu porte-parole qui aide les soldats qui refusent de servir l’occupation. Enfin, donc, mon fils aîné a fait quatre mois de prison en 2005 pour la même raison.

Propos recueillis à Bruxelles par Baudouin Loos

Le Cinéma Nova consacre à Avi Mograbi une rétrospective jusqu’au 17 octobre (en présence du réalisateur jusqu’au 21 septembre). Son dernier film, Dans un jardin je suis entré, y sera diffusé du 24/9 au 19/10.

Le 17 septembre 2014.

source

« LA DEUXIÈME MORT DU JUDAISME


Via Serge Grossvak (Juif Autrement Yid)

Publié par Eitan Altman dans le groupe que nous co administrons « survivants de l’Holocauste et leur descendants contre la guerre de Gaza ». Un texte très fort de Eric Hazan.

Jeudi 15 janvier 2009. Les millions de juifs qui ont été exterminés par les nazis dans les plaines de Pologne avaient des traits communs qui permettent de parler d’un judaïsme européen. Ce n’était pas tant le sentiment d’appartenance à un peuple mythique, ni la religion car beaucoup d’entre eux s’en étaient détachés : c’étaient des éléments de culture commune. Elle ne se réduisait pas à des recettes de cuisine, ni à des histoires véhiculant le fameux humour juif, ni à une langue, car tous ne parlaient pas le yiddish.

C’était quelque chose de plus profond, commun sous des formes diverses aux ouvriers des usines textiles de Lodz et aux polisseurs de diamants d’Anvers, aux talmudistes de Vilna, aux marchands de légumes d’Odessa et jusqu’à certaines familles de banquiers comme celle d’Aby Warburg.

Ces gens-là n’étaient pas meilleurs que d’autres, mais ils n’avaient jamais exercé de souveraineté étatique et leurs conditions d’existence ne leur offraient comme issues que l’argent et l’étude. Ils méprisaient en tout cas la force brutale, dont ils avaient souvent eu l’occasion de sentir les effets. Beaucoup d’entre eux se sont rangés du côté des opprimés et ont participé aux mouvements de résistance et d’émancipation de la première moitié du siècle dernier : c’est cette culture qui a fourni son terreau au mouvement ouvrier juif, depuis le Bund polonais, fer de lance des révolutions de 1905 et 1917 dans l’empire tsariste, jusqu’aux syndicats parisiens des fourreurs et des casquettiers, dont les drapeaux portaient des devises en yiddish et qui ont donné, dans la MOI, bien des combattants contre l’occupant. Et c’est sur ce terrain qu’ont grandi les figures emblématiques du judaïsme européen, Rosa Luxembourg, Franz Kafka, Hannah Arendt, Albert Einstein.

Après guerre, nombre des survivants et de leurs enfants soutiendront les luttes d’émancipation dans le monde, les Noirs américains, l’ANC en Afrique du Sud, les Algériens dans leur guerre de libération. Tous ces gens sont morts et on ne les ressuscitera pas.

Mais ce qui se passe en ce moment à Gaza les tue une seconde fois. On dira que ce n’est pas la peine de s’énerver, qu’il y a tant de précédents, de Deir Yassin à Sabra et Chatila. Je pense au contraire que l’entrée de l’armée israélienne dans le ghetto de Gaza marque un tournant fatal. D’abord par le degré de brutalité, le nombre d’enfants morts brûlés ou écrasés sous les décombres de leur maison : un cap est franchi, qui doit amener, qui amènera un jour le Premier ministre israélien, le ministre de la Défense et le chef d’État-major sur le banc des accusés de la Cour de justice internationale. Mais le tournant n’est pas seulement celui de l’horreur et du massacre de masse des Palestiniens. Il y a deux points qui font des événements actuels ce qui est advenu de plus grave pour les juifs depuis Auschwitz.

Le premier, c’est le cynisme, la manière ouverte de traiter les Palestiniens comme des sous-hommes les tracts lâchés par des avions annonçant que les bombardements vont être encore plus meurtriers, alors que la population de Gaza ne peut pas s’enfuir, que toutes les issues sont fermées, qu’il n’y a plus qu’à attendre la mort dans le noir. Ce genre de plaisanterie rappelle de façon glaçante le traitement réservé aux juifs en Europe de l’Est pendant la guerre, et sur ce point j’attends sans crainte les hauts cris des belles âmes stipendiées.

L’autre nouveauté, c’est le silence de la majorité des juifs. En Israël, malgré le courage d’une poignée d’irréductibles, les manifestations de masse sont menées par des Palestiniens. En France, dans les manifestations du 3 et du 10 janvier, le prolétariat des quartiers populaires était là, mais des hurlements de colère d’intellectuels juifs, de syndicalistes, de politiciens juifs, je n’en ai pas entendu assez. Au lieu de se satisfaire des âneries du gouvernement et du CRIF (« ne pas importer le conflit »), il est temps que les juifs viennent en masse manifester avec les « arabo-musulmans » contre l’inacceptable.

Sinon, leurs enfants leur demanderont un jour « ce qu’ils faisaient pendant ce temps-là » et je n’aimerais pas être à leur place quand il leur faudra répondre. »

Eric Hazan. Photo : Moi, fille de juifs d’Europe de l’Est, fille de juifs polonais qui parlaient le yiddish, je partage ce beau texte d’Eric Hazan, Eric Hazan, écrivain et éditeur français, fondateur des éditions « La Fabrique », né en 1936 d’une mère apatride née en Palestine et d’un père juif originaire d’Égypte. Fin décembre 2008-janvier 2009. Guerre de Gaza.

מדוע אני מתנגד למבצע בעזה גם כשיורים על העיר שלי – שיחה מקומית
mekomit.co.il
על אסירים, סוהרים, אי הבנות ודרישות מופרכות

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑