Les Israéliens peuvent essayer, mais ils ne peuvent ignorer l’occupation


La seule voie encore ouverte aux Palestiniens pour rappeler leur existence et leur situation déplorable aux Israéliens est la voie de la lutte par la violence.


Arrestation d’un Palestinien à Hébron. (Photo : AP)

L’enlèvement de trois étudiants en judaïsme en Cisjordanie jeudi dernier a été commandité à l’avance – par Israël. Au moment où j’écris ces lignes – samedi – leur sort était inconnu et l’inquiétude à propos de leur état évinçait toutes les autres questions concernant leur disparition. Mais qu’importe ce qu’il adviendra pour finir, qu’ils retournent chez eux sains et sauf ou pas, que Dieu les garde, où qu’il s’avère que le parti responsable est celui du djihad mondial ou un parti du genre local, le contexte de l’action, lui, ne peut être ignoré.

Il est possible que l’opération ait pris par surprise les services si sophistiqués de l’espionnage israéliens, mais la chose ne pouvait être une surprise pour personne, en fait.

Les gens qui refusent opiniâtrement de relâcher des prisonniers palestiniens, dont certains sont emprisonnés depuis des décennies – même avant la signature des accords d’Oslo en 1993 – et d’autres attendent toujours qu‘Israël respecte sa promesse de la relâcher ; les gens qui gardent en prison des détenus sans jugement des années durant ; les gens qui ignorent la grève de la faim de 125 détenus « administratifs », dont certains sont en train de mourir dans des hôpitaux ; les gens qui ont l’intention de les nourrir de force et les gens qui ont prévu de faire passer des lois radicales interdisant leur libération – tous ces gens ne peuvent prétendre avoir été surpris ou choqués par les enlèvements. Ce sont eux qui les ont préparés à l’avance.

Depuis des années, Israël, qui se dit tellement soucieux du bien-être de chacun de ses citoyens, ignore avec arrogance l’inquiétude des Palestiniens à propos du bien-être de leurs prisonniers.

Israël détient le copyright du souci de son peuple, et il l’a aussi pour le culte des héros de sa lutte nationale. Meir Har-Zion [l’un des membres fondateurs deUnit 101 qui, en 1953, avait mené un raid de représailles contre une tribu bédouine après que sa sœur et d’autres avaient été tués alors qu’ils étaient en route illégalement pour Petra] fut un héros national ; Ahmad Sa’adat [le secrétaire général du Front populaire de libération de la Palestine] est lui un tueur au sens le plus commun.

Gilad Shalit nous appartenait à tous, mais le sort de Walid Daka, qui est emprisonné en Israël depuis plus de 30 ans, pour avoir fait partie d’une cellule de militants qui avait tué un soldat israélien – sans le moindre congé ni visite conjugale – ne suscite aucun intérêt chez qui que ce soit ici.

Personne ici ne se soucie des milliers de prisonniers palestiniens. La semaine dernière, les Israéliens étaient bien plus intéressés par la femme de charge deMeir Sheetrit que par les 125 grévistes de la faim qui sont en train de mourir lentement depuis 53 jours.

Parmi les milliers de prisonniers palestiniens, certains sont des criminels de droits commun, mais nombreux aussi sont des prisonniers politiques – et tous sont considérés comme des héros de la lutte nationale palestinienne. C’est la même chose dans toute lutte nationale. Derrière eux se trouve toute une société qui n’est pas moins inquiète de leur sort que les Israéliens ne le sont de leurs êtres chers.

En tuant le processus de paix, Israël ferme les portes de ses prisons et le message israélien aux Palestiniens était tranchant comme un raison : La seule façon de libérer vos fils passera par une opération violente. Jeudi soir, les conclusions étaient tirées. Mais le contexte des enlèvements va bien au-delà des libérations de prisonniers.

Le rideau est tombé sur le processus de paix, aussi stérile que ce processus soit resté et, avec lui, le dernier espoir palestinien d’une libération nationale via des négociations. La vie en Israël et dans les colonies de Cisjordanie a repris son cours , c’est une vie de liberté et d’accomplissement, une vie de reality show et de cirque que l’occupation ne touche absolument pas.

On ne peut dire la même chose des Palestiniens : Ils n’ont rien de tout cela et, pour eux, tout retard dans une solution au conflit accroît leurs souffrances, leurs humiliations et leurs tribulations.

Tous ceux qui croyaient que les Palestiniens allaient s’asseoir tranquillement en attendant qu’Israël daigne changer de ton ou de gouvernement se faisaient des illusions. Tous ceux qui croyaient que les colons allaient continuer à vivre en sécurité dans les territoires ont subi une lourde déception : Les enlèvements de jeudi étaient tout simplement un appel au réveil, un avant-goût de ce qui pourrait suivre.

La seule voie qui s’ouvre encore aux Palestiniens pour rappeler leur existence et leur situation critique aux Israéliens est la voie de la lutte par la violence. Toutes les autres voies ont été bloquées. Si la bande de Gaza ne lance pas des roquettes Qassam sur Israël, la bande de Gaza n’existe pas. Et si, enCisjordanie, on n’enlève pas des étudiants de yeshiva, la Cisjordanie disparaît de la conscience d‘Israël.

Enlèvements ou meurtres visent à entamer l’intolérable complaisance d’Israël, et, en tant que tels, ils ne devraient surprendre personne. Ces quelques derniers mois, cette complaisance a atteint de nouvelles hauteurs inconcevables.

Considérez simplement l’absurdité qui a attiré l’attention d‘Israël. Le rappel terrifiant qui est tombé sur nos têtes n’est que la bande annonce de ce à quoi nous pourrions nous attendre si nous continuons à vivre entre le coffre-fort de Benjamin Ben-Eliezer et le baiser d’Ahi et Anna dans la version israélienne de « Big Brother ».

Telle est la nature embarrassante de l’occupation. Elle nous poursuivra, même si nous enfonçons nos têtes encore plus profondément

Publié sur Haaretz le 15 juin 2014. Traduction : JM Flémal.

source

Gideon Levy est journaliste au quoitidien israélien Haaretz.

Il a publié : Gaza, articles pour Haaretz, 2006-2009La Fabrique, 2009

Autres articles de Gideon Levy sur ce site :

L’armée israélienne tue deux civils et un membre d’un groupe armé dans le camp de Jénine

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Uriel Ferera, refuznik israélien, emprisonné pour la 3ème fois


mardi 17 juin 2014

Parce qu’il refuse de servir dans l’armée d’occupation israélienne, Uriel Ferera vient d’être incarcéré une troisième fois en Israël, Etat démocratique qui ne reconnait pas l’objection de conscience.

Nous apportons tout notre soutien à Uriel Ferera, 18 ans, habitant de Be’er Sheva, qui a le courage de refuser d’aller persécuter un peuple qui ne demande qu’à vivre en paix sur sa terre.

Nous relayons la pétition lancée par les amis israéliens de New Profile pour sa libération et vous demandons de faire circuler cette information aussi largement que possible :

http://chn.ge/1olJecn

Rappelons qu’Uriel a clairement exprimé son opposition à l’occupation israélienne, ainsi qu’à la discrimination contre les citoyens israéliens d’origine palestinienne en Israël même.

Uriel, qui en est à sa troisième peine de 20 jours, s’est vu refuser, lors de son premier emprisonnement, tout appel téléphonique, y compris de son avocat, et toute lettre de soutien qui lui était adressée.

New Profile souligne que non seulement Israël viole le droit international et les droits de l’homme en emprisonnant des objecteurs de conscience, mais qu’en plus, condamner plusieurs fois de suite une personne pour la même chose a été qualifié de « détention arbitraire » par le groupe de travail des Nations Unies sur ce sujet.

Merci écrire à Uriel à l’adresse de New Profile : messages2prison@newprofile.org

Plus d’infos sur :

Pour rappel, un autre refuznik Omar Sa’ad , également emprisonné pour avoir fait état de son refus de servir dans l’armée d’occupation israélienne, a été hospitalisé en raison d’une grave infection hépatique.

CAPJPO-EuroPalestine

 

Pour compléter la propagande pro- israélienne


RB écrit:
Dans le JT de ce dimanche soir, la RTBF a largement fait écho à l’enlèvement de trois jeunes colons en Cisjordanie occupée…. Mais, sauf erreur, pas un mot sur les assassinats journaliers… Dont celui de cet enfant palestinien à Gaza ce samedi 14 juin 2014
Bravo à la déontologie!
… Mais ces Palestiniens ne sont que des arabes sémites méprisables n’est-ce pas?

Une certaine colère et un certain dégout vous monte comme une nausée, certains soirs!

Un enfant palestinien de 7 ans a trouvé la mort ce samedi 14 juin 2014 dans la bande de Gaza suite à un bombardement israélien.
Il s’agit de l’enfant Ali Arour, originaire de Beit Lahya au nord de la bande de Gaza.
L’armée de l’occupation israélienne a mené trois raids ce samedi au nord et au sud de la bande de Gaza.
L’escalade militaire israélienne touche nos enfants et nos civils
Le gouvernement israélien veut exporter ses problèmes internes en attaquant la bande de Gaza, une région sous blocus israélien inhumain depuis plus de sept ans.
Ce gouvernement d’extrême droite poursuit ses attaques contre les civils palestiniens.
Devant le silence complice de cette communauté internationale officielle
Et devant l’absence des médias qui occultent cette réalité
Combien de martyrs palestiniens faudra-t-il pour que bouge ce monde dit libre ?
La situation est de plus en plus difficile pour notre population civile dans cette région sous blocus : attaques, agressions et bombardements israéliens
Gaza la vie défie l’occupation !
Gaza sous blocus patiente !
Gaza la dignité persiste !
Gaza sous les bombes résiste !
Gaza l’espoir existe !
Gaza la lumière vit !
Gaza la dignité est plus que jamais déterminée !
Et Gaza la vie garde espoir !

source : via courriel

Ne pas diffuser ?


La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent
Albert Einstein

C’était au tout début du mois de juillet de l’année dernière. J’étais place Tahrir au Caire, dans l’attente d’un événement que même le cireur de chaussures de la corniche Maspéro savait inéluctable. Mohamed Morsi, le président égyptien allait , selon l’expression consacrée, devoir dégager. Le téléphone sonne. Un ami m’appelle de France pour m’annoncer : « Tu sais ! Un des principaux éditorialistes parisiens affirme qu’il va rester au pouvoir ! » Du point de vue de ce confrère, depuis son bureau avec vue sur la Seine, c’était tout à fait logique. Morsi avait été élu démocratiquement.

L’administration Obama, persuadée qu’elle avait enfin trouvé un « bon » islamiste sunnite, le soutenait. Les correspondants et envoyés spéciaux en Egypte pouvaient toujours décrire les foules immenses et le soutien accordé par l’armée aux manifestants anti-Frères musulmans, cela ne changeait rien à la vision manichéiste de cet expert en politique étrangère.

Les aveugles

Il souffrait du syndrome de l’inertie conceptuelle. L’incapacité à adapter l’analyse et le discours aux tranformations d’une situation, d’un rapport de force. Une forme d’aveuglement, qui a frappé les médias mais aussi les services de renseignements et d’analyse au cours de l’Histoire. En 1941, aveuglé par sa vision des relations bilatérales avec Berlin, Staline n’a pas voulu voir les signes annonciateurs de l’offensive nazie contre l’URSS. Dans les années 70, les Américains n’ont pas compris la nature des événements précurseurs à la chute du Shah d’Iran et l’arrivée au pouvoir des Ayatollahs. Plus tard, ils ont refusé toutes les informations sur l’inexistence d’armes de destruction massives dans l’Irak de Saddam Hussein. On connaît la suite.

Les Israéliens, politiques, analystes et journalistes n’ont pas toujours fait mieux. La surprise stratégique de la guerre du Kippour en est un des principaux exemples. Il faudrait aussi rappeler le soutien sans faille accordé par l’armée et le Shin Beth au développement de l’Islam radical à Gaza jusqu’au jour où ces « sympathiques religieux » ont créé le Hamas dont l’objectif est la destruction de l’État juif. J’ai décrit cet épisode dans mon livre « Le grand aveuglement » .

Que faire des Palestiniens ?

Aujourd’hui, on est bien obligé de constater que ce syndrome est omniprésent chez les dirigeants et les médias occidentaux, bloqués sur la vision de l’inéluctabilité d’une paix israélo-palestinienne. Or, la probabilité d’un accord est extrêmement faible comme le prouve l’échec de l’initiative du secrétaire d’état John Kerry. Un accord était tout simplement impossible.

D’abord pour des raisons politiques israéliennes.Le Likoud, le principal parti de droite, a toujours été opposé à la création d’un état palestinien indépendant aux côtés d’Israël. Le développement de la colonisation en Cisjordanie a été un de ses principaux objectifs depuis son arrivée au pouvoir avec l’élection de Menahem Begin en 1977 et après la conclusion du traité de paix avec l’Egypte en 1979. Grâce à son alliance historique avec le Sionisme religieux, près de 400 000 Juifs y habitent, transformant radicalement les données du conflit au Proche Orient. La direction de l’OLP l’a compris et admet en privé qu’elle a échoué et ne parviendra pas à créer un état indépendant.

A terme, Israël, devra donc dévoiler ce qu’il compte faire des Palestiniens. Les maintenir dans l’autonomie sous sa forme actuelle ? Des personnalités comme Ehoud Barak estiment que cela serait une forme d’apartheid. Les annexer en leur accordant tous les droits politiques – y compris la possibilité de voter pour la Knesset ? Ouri Ariel, ministre de l’habitat et colon militant le propose. Mais, à l’étranger, les images de l’occupation israélienne dérangent et les grands médias ne les diffusent plus depuis longtemps.

Crise économique oblige, les grandes chaines généralistes occidentales, occupées par la grande bataille de l’audience, ne couvrent plus l’international au quotidien. Et puis, en Europe ces images suscitent des réactions souvent anti-juives au sein de certaines populations et réveillent diverses formes d’antisémitisme. Un phénomène renforcé par l’attitude des institutions communautaires juives, identifiées à la politique israélienne, qu’elles soutiennent sans faille.

Ne pas diffuser ?

Cette montée de l’antisémitisme consolide l’inertie conceptuelle des médias. Un rédacteur en chef d’une grande agence de presse m’a dit, récemment : « Il faut faire attention. La montée de l’antisémitisme est sans précédent et il ne faut pas diffuser d’articles ou de sujets trop négatifs sur Israël ».

Résultat : le dossier palestinien a quasiment disparu de la place publique occidentale. Cela fait bien entendu l’affaire de la droite israélienne, mais avec un inconvénient majeur : son discours est , lui aussi, devenu inaudible. A preuve : la rapidité avec laquelle les États Unis, l’Union Européenne, la Chine, l’Inde et la Russie ont reconnu le nouveau gouvernement palestinien soutenu par le Hamas. Le message de Netanyahu, rappelant que l’organisation islamiste prône la destruction d’Israël, n’est pas passé.

Inexorablement, ce conflit finira par atteindre son paroxysme et embraser non seulement la région mais aussi des populations musulmanes dans le monde arabe et en Europe. Les dirigeants occidentaux, analystes et éditorialistes devront alors révéler les raisons pour lesquelles ils ont laissé ce conflit glisser vers le point de non retour.

source

voir les commentaires sur la page fn de Baudouin Loos

Pire que la Fête d’Indépendance



La Journee de Jerusalem

Il y a quelques semaines j’ecrivais dans ce blog sur la Fete d’Independance d’Israel, et combien difficile etait pour moi de voir des amis et des proches celebrer ce qui est avant tout la depossession des Palestiniens et l’expulsion de leur patrie. Mais il y a bien pire. Mercredi dernier (28 Mai) Israel celebrait la Journee de Jerusalem, qui marque la conquete, l’occupation et l’annexion de Jerusalem Est en Juin 1967. Cette fete est celebree depuis 1968, mais c’est depuis une dizaine d’annees qu’elle est devenue une veritable parade de masse nationalo-messianiste, avec des debordements qui ont un relent de pogrome. Si pendant la commemoration de la Fete d’Independance, j’essaie de ne pas quitter ma maison, le Jour de Jerusalem, je m’y barricade, tentant de proteger mes yeux et surtout mes oreilles des demonstrations populaires qui polluent ma ville. 

 


La Journee de Jerusalem, c’est la Fete d’Independance de la droite et des colons. Des le matin, la ville est envahie par des hordes de jeunes portant la grande Kippa tricotée des colons, un grand drapeau dans une main et, souvent, le M16 en bandoulière. Des jeunes, mais aussi des familles de colons avec leur ribambelle d’enfants et leurs regards illumines.

 


Le rebus de la societe israelienne ce concentre pendant une journee a Jeruasalem, dans une immense parade qui inclut un defile, a travers la Vieille Ville arabe, vers le Mur des Lamentations. Depuis plusieurs annees, la police demande aux commercants palestiniens de fermer leurs echoppes, pour leur bien, car, quand ils etaient ouverts, les jeunes colons saccageaient tout ce qui se trouvait sur leur chemin. Aujourd’hui ces voyous ideologiques se contentent de frapper sur les rideaux de fer avec leurs gourdins. Et de casser quelques voitures, voire de tabasser des passants palestiniens, obliges de sortir de chez eux.

 


En arriere fond, les discours des dirigeants politiques : les plus moderes (y compris la « gauche sioniste ») repetent que Jerusalem, capitale de l’Etat Juif, est unifiee pour l’eternite, les plus extremistes parlent de la « disparition » des mosquees afin de faire place nette a la construction du troisieme Temple de Jerusalem. Mais les discours, retransmis dans toute la ville par de puissantes sonos, sont en general couverts par les chants ultra-nationalistes – et souvent racistes – des colons qui resonnent pendant toute la journee a travers la ville.

 


Cette Journée de Jérusalem est un véritable cauchemar, non seulement pour la population palestinienne et ceux qui s’identifient à son combat, mais même pour la minorité « normale » des résidents de Jérusalem qui se sent envahie par cette racaille vociférante et violente. En fait, la Journee de Jerusalem est devenue la Fete d’Independance des nouveaux maitres du pays.


Serge Grossvak

 sur facebook

Meurtres à Betunia, Cisjordanie occupée


Baudouin Loos

La vidéo qui accuse l’armée d’Israël de meurtres de sang-froid

Le document filmé, qui fait le buzz dans les réseaux sociaux, montre comment deux adolescents palestiniens non armés ont été froidement abattus à distance par un ou des soldats de l’armée israélienne le 15 mai dernier.

La scène se passe à Betunia, près de Ramallah, en territoire palestinien occupé. Devant la prison de l’armée israélienne appelée « Ofer ». Nous sommes le 15 mai, jour de la commémoration annuelle de la « nakba » (catastrophe) depuis 1948, la journée considérée comme celle du souvenir de la dépossession par les Palestiniens, marquée par des manifestations multiples.

Une manifestation se déroule en face de la prison en solidarité avec 125 prisonniers détenus sans charges qui observent une grève de la faim depuis 22 jours. Deux cents personnes environ, des jeunes souvent masquées. Des pierres sont jetées, à la main ou à l’aide de frondes, vers le bâtiment fortifié. Des caméras de surveillance d’un magasin palestinien situé en face de la prison filment l’événement. Selon un montage de ces images diffusé par l’ONG Defence for Children International Palestine (DCI-Palestine), on peut voir comment Mohamed Abou Thahar, 15 ans et Nadim Nuwara, 17 ans, sont abattus – l’un d’une balle dans le dos – alors qu’ils marchaient à leur aise sans menacer quiconque.

L’affaire, la semaine dernière, n’avait pas fait les grands titres en Israël. Elle avait en revanche choqué les Palestiniens. La diffusion de cette vidéo bouleverse la donne. Car l’armée israélienne qui a indiqué n’avoir recouru qu’à des balles de caoutchouc (« rubber bullets ») va devoir s’expliquer. Selon Salim Saliba, le médecin qui dirige les urgences à l’hôpital de Ramallah, qui a examiné les deux victimes, celles-ci ont succombé à des balles réelles.

Les règles internes de l’armée israélienne stipulent que le recours aux munitions de guerre est uniquement réservé aux « circonstances de vrai danger mortel » (pour les soldats). DCI-Palestine fait remarquer que cette règle est fréquemment ignorée, et cite des rapports, le sien , celui datant de 2013 de Betselem , une célèbre organisation israélienne qui comptabilise les violations des droits de l’homme dans les territoires occupés, et celui d’Amnesty International de février 2014. Selon le décompte de DCI-Palestine, quelque 1.400 mineurs d’âge ont été tués par l’armée d’occupation ou des colons israéliens depuis l’an 2000.
« Biaisée »

La version de l’armée israélienne répercutée par le journal Haaretz dit ceci : « Jeudi dernier, des troubles violents et illégaux ont eu lieu à Betunia. La vidéo en question a été éditée de manière biaisée et ne reflète pas la violence des troubles. Une enquête initiale indique que les forces opérant dans la zone concernée n’ont pas utilisé de balles réelles. Néanmoins, le procureur militaire a ordonné une enquête interne limitée ».

L’armée israélienne se mettra-t-elle en devoir d’enquêter en profondeur sur les deux tirs létaux du 15 mai à Betunia ? On peut le penser. Certes, en Israël, l’armée appelée « Tsahal » (l’acronyme hébreu d’Armée de défense nationale) jouit d’un immense prestige et beaucoup aiment à lui prêter la qualité d’« armée la plus morale du monde », cela au grand dam des milliers de ses victimes palestiniennes. Mais, cette fois, le retentissement mondial de la vidéo sur les réseaux sociaux n’a pas échappé aux médias israéliens, qui s’en sont emparés.

BAUDOUIN LOOS

Mardi 20 mai 2014

la video

[youtube http://youtu.be/CaibEqx2m_k?]

Monsieur Netanyahu est antisémite !


mardi 20 mai 2014 – 06h:55

Rudi Barnet

 


A force d’être matraquées dans les medias, certaines absurdités finissent par être prises pour vérités incontestables.

 

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Netanyahu dirige une coalition politique de racistes et d’ultras dans laquelle un Le Pen ferait figure de modéré…

    Tant que ces fables ou chimères restent sans réelle conséquence sur la vie des humains, elles ne sont que dérisoires… Après tout, il existe bien des adorateurs du soleil, de la vache ou du concombre.

C’est seulement quand elles sont utilisées comme arme pour opprimer ou exclure, qu’il est salutaire, indispensable même, de les débusquer et de les dénoncer sans relâche
… Quitte à susciter, dans le cas présent, la haine de l’extrême-droite sioniste.

    De l’antijudaïsme à l’antisémitisme

C’est vers la fin du XIXème siècle que le mot « antisémitisme », désignant la haine des Juifs, fait son apparition en Allemagne sous la plume d’un certain Wilhem Marr, un polémiste qui ne s’attendait sans doute pas à ce        que sa « création » devienne aussi célèbre.

Jusque là, c’est le terme « antijudaïsme » qui était utilisé pour désigner ceux qui attaquaient la religion et la culture juive.

Avec ce nouveau qualificatif, Marr décida donc, en bon raciste qu’il était, de ne faire aucune distinction entre religion, culture et origine ethnique.

Il décrétait ainsi que les citoyens juifs, quelles que soient leurs nationalités, constituaient un peuple, une race « sémite ».

Ce qui est « marrant » (calembour assez débile, je le concède) c’est que ce terme qui voulait stigmatiser, insulter, la population juive s’est complètement retourné contre son auteur et désigne aujourd’hui une catégorie de racistes.

Peuple juif ?

A cette époque beaucoup croyaient encore dur comme fer aux légendes bibliques, à l’arche de Noé sauvant tous les animaux et plantes du monde, à la Mer Rouge s’ouvrant pour laisser passer les Hébreux, à la « Diaspora » obligeant les Juifs à une errance de plusieurs siècles à travers l’Europe et l’Afrique… etc.

La confusion entre les faits historiques et les récits mythiques était souvent totale.
Elle est loin d’avoir disparu.

Durant le XXème siècle, les scientifiques ont fait des découvertes assez gênantes, tant pour les amis de ce Marr que pour les inconditionnels d’une race « élue ».

Les historiens modernes notamment, la plupart de nationalité israélienne, ont révélé que si on peut parler du « peuple juif » comme on parle du « peuple chrétien » ou du « peuple musulman », il n’y a pas, ethniquement parlant, de peuple juif. [1]

Leurs recherches ont abouti au constat qu’il n’existe pas de lien biologique ou généalogique entre un quelconque citoyen de religion ou de culture juive, vivant ou non en Israël, avec cette terre du Moyen Orient.

Seuls quelques 10.000 Israéliens autochtones, adeptes du judaïsme, descendants de ceux qui vivaient là bien avant l’ère chrétienne – ils s’agit très probablement de Palestiniens qui ne se sont pas convertis à la religion musulmane dans les années 700 ou, plus tard, au christianisme – peuvent revendiquer une appartenance ancestrale à cette terre. [2]

Ainsi, un dogme fondateur de l’idéologie sioniste – « C’est notre pays de toute éternité et nous y retournons » – se révèle inventé, fabriqué.

Cette information ne fait évidemment pas l’affaire des partisans de Netanyahu qui tentent de faire taire ceux qui osent la diffuser : « Mensonges ! Antisémites ! Juifs, honteux d’eux-mêmes ! »
Mais l’anathème ne peut pas grand’ chose face à l’Histoire et tant pis pour ceux qui recherchent vainement leurs ancêtres au Moyen-Orient.

Inutile de gaspiller votre temps, Messieurs et Mesdames les Sionistes !

Comme ceux de vos dirigeants, vous les trouverez en Lituanie (Netanyahu et Barak), en Pologne (Ben Gourion et Livni), en Russie (Olmert), aux Etats-Unis (Bennett), en Ukraine (Meir), en Bielorussie (Peres, Begin et Shamir), en Moldavie (Liebermann)…etc.

Toutefois votre recherche risque d’être assez longue et compliquée, vu que plus de soixante générations, au minimum, vous séparent de votre premier aïeul converti à la religion hébraïque.

Les branches de l’arbre généalogique de l’absurdité vous attendent !

Et la Diaspora ?

Le régime israélien a, évidemment, fait des pieds et des mains pour que ces découvertes historiques soient occultées, appliquant la bonne vieille recette de « Si le message te déplaît, cloue le bec au messager ! ».

Une révélation a notamment fait hurler : celle qui dévoile qu’il n’y a jamais eu de « Diaspora » après la « Grande Révolte » du Ier siècle.

Elle repose sur au moins deux bases historiques reconnues.

D’une part, Rome n’expulsait pas les populations des pays conquis mais privilégiait toujours l’exploitation sur place de ses habitants… Plus rentable !

D’autre part, aucun historien de l’époque romaine – le principal, Flavius Josèphe était de religion juive – n’a jamais fait mention d’une quelconque « Diaspora du peuple juif ». [3]

Hé oui ! Une légende de plus… s’ajoutant à tant d’autres récits du « Nouveau Testament » accueillis comme vérités historiques par les fidèles croyants.

Le peuple de l’époque biblique n’a jamais été chassé par les Romains et Israël est donc bien un pays de colons, européens pour l’essentiel, dont les premiers sont arrivés au début du XXème siècle.

Assurément, et une fois de plus, ce constat ne fait pas l’affaire des inconditionnels du « peuple élu retournant dans son foyer ancestral ».

Ils ne manqueront pas, comme d’habitude, de pousser des cris d’orfraie, mais la réalité est là, têtue : les citoyens juifs, d’Israël ou d’ailleurs, descendent presque tous de populations (Allemands, Russes, Français, Ethiopiens, Marocains, Grecs, Polonais…) converties par des « missionnaires » venus de la lointaine Palestine bien avant les débuts de l’ère chrétienne. [4]

… Jusqu’en Chine

Ce sont ces communautés juives « indigènes » implantées de l’Espagne à l’Oural, du Maroc à l’Ethiopie et même de la Turquie au Japon [5] en passant par l’Inde et la Chine [6] , qui seront réprimées durant des siècles, par les pouvoirs politiques et religieux, principalement en Occident et en particulier par l’Eglise catholique.

Elles seront méprisées, confinées dans des ghettos, [7] serviront d’exutoire aux problèmes sociaux ou politiques, subiront les pogroms… Jusqu’à l’abominable génocide perpétré par les nazis et leurs complices.

Ces concitoyens juifs, qu’ils soient d’Europe, d’Asie ou d’Afrique sont nos frères humains, comme ceux de toutes les religions, mais vouloir en faire un peuple particulier, surtout un « peuple élu », est une aberration raciste.

Comme le confirme d’ailleurs Israël Bartal (Doyen de la Faculté de Lettres de l’Université Hébraïque de Jérusalem) « Aucun historien du mouvement national juif n’a jamais réellement cru que les origines des juifs étaient ethniquement et biologiquement “pures“. [8]

Malgré l’évidence, Netanyahu continue de marteler ce mensonge de « l’ethnie juive » et, avec l’aide de ses propagandistes, à tenter de manipuler les membres des communautés juives à travers le monde.

Combien de concitoyens de religion et/ou de culture judaïque, pourtant progressistes opposés à la politique criminelle du régime israélien, solidaires de la cause palestinienne et militants des droits humains, conservent encore certains réflexes communautaristes.

Bien que les preuves historiques de l’absence de racines biologiques ou ethniques au Moyen-Orient sont établies, malgré le constat que seule la religion hébraïque et la culture yiddish ou séfarade sont le ciment de leur communauté, il gardent parfois une sorte de relation d’ordre pathologique avec l’Etat Israël et continuent de parler de ce pays comme d’une sorte de « patrie » et de leur « peuple ».

Ils parviennent difficilement à voir ce régime dans sa simple réalité : un Etat criminel et le Sionisme qui y est proclamé, une idéologie fasciste. [9]

Il est probable que, tant que les progressistes, tous les progressistes, ne dénonceront pas clairement et journellement les crimes de ce régime, Israël continuera d’étendre ses conquêtes et développer son oppression.

Peuple sémite ?

Que dit le dictionnaire ?

… Que le terme sémite désigne une personne originaire d’Asie occidentale et qui parle une langue apparentée, telle l’arabe, l’araméen (la langue parlée à l’époque du Christ) ou l’hébreu.

Concernant la Palestine, est donc Sémite celui ou celle qui est, à la fois, originaire de cette région et parle une langue sémitique.

C’est le cas de toute la population palestinienne et des quelques 10.000 autochtones de religion juive qui vivent dans cette région… Mais ce n’est pas le cas des nuées d’émigrés occidentaux qui l’ont colonisée.

Il est donc assez absurde de traiter d’antisémite un opposant palestinien à la politique israélienne et tout aussi ridicule de lancer cette injure à la tête de ceux qui soutiennent leur combat pour le droit et la justice.

N’en reste pas moins que toute injure faite à un concitoyen pour son appartenance à la culture et/ou à la religion hébraïque est ignoble, inacceptable pour tout humain respectueux des autres, et que ses auteurs doivent être condamnés pour racisme… Et pour crétinisme.

Mais alors… le sang juif ?

Hé oui ! Encore un canard !

Les biologistes sont d’accord : pas plus de « sang juif » que de sang catholique, bouddhiste ou communiste.

Ridicule donc de vouloir déterminer la « judéité  » biologique d’un individu puisqu’il n’existe tout simplement pas de séquences ADN qui soient présentes chez les Juifs et absentes chez les non-Juifs.

… Et toutes les coûteuses recherches financées par les divers régimes israéliens depuis les années 50 pour tenter de faire accréditer cette stupidité d’un « ADN Juif » ont lamentablement échoué.

Pas plus de « Juif errant » que de Guillaume Tell, de Roi Arthur, de Tijl Uilenspiegel ou de Pinocchio (quoique qu’avec ses mensonges permanents, Netanyahu devrait peut-être surveiller son nez…).

Cette évidence qu’aucune communauté humaine n’est « consubstantielle » à une religion ou une culture – tous les musulmans ne sont pas arabes, tous les catholiques… – ne semble pas avoir pénétré le cerveau des chantres du régime israélien actuel qui ne peuvent vivre que dans le mythe de « l’être supérieur » et du « peuple élu ».

Mais alors… Bibi ment ?

Monsieur Netanyahu n’ignore rien de tout cela, mais n’étant pas à un mensonge près, il continue de proclamer « nous avons rétabli notre Etat souverain dans notre patrie ancestrale, la terre d’Israël » [10]

Se rend-il compte qu’en claironnant ce bobard, il fait le jeu de tous les racistes du monde qui, comme Hitler, veulent confiner les Juifs dans un système racial pour mieux les opprimer.

A-t-il oublié les paroles de ce monstre qui tenta d’exterminer les Juifs d’Europe ?
« Nous parlons de race juive par commodité de langage, car il n’y a pas, à proprement parler, et du point de vue de la génétique, de race juive (…) Une race mentale, c’est quelque chose de plus solide, de plus durable qu’une race tout court. [11]

Malheureusement, ils sont toujours très nombreux à croire aux fadaises de gens comme Netanyahu et à les diffuser comme une litanie tournant en boucle.

En bons moutons de Panurge, ils avalent des discours s’appuyant sur des écrits religieux exhibés comme irréfutables – alors qu’ils sont totalement disqualifiés par les travaux des historiens – et se rendent ainsi complices des exactions d’un régime fascisant.

… Et il est antisémite ?

Comme chaque année, tout s’est arrêté en Israël pendant deux minutes pour commémorer le génocide nazi.

Moment d’émotion que partagèrent les survivants des camps nazis…. avec sans doute au cœur un sentiment d’amertume, surtout chez les 50.000 anciens que Netanyahu laisse croupir dans la misère ! [12]

Il y a des années que Bibi se moque de leur sort !

Il fait des discours enflammés sur le souvenir du génocide nazi, verse une larme sur les victimes, orchestre les visites organisées à Auschwitz, n’oublie pas de récolter les fonds en compensation de l’horrible drame… Et maintient consciemment ces milliers de rescapés sous le seuil de pauvreté.

Il applique ainsi méticuleusement les préceptes de son mentor, feu le Grand Rabbin Ovadia, qui déclarait en 2009 que la situation de ces rescapés était voulue par Dieu pour la punition de leurs péchés.

Bibi attend-t-il que ce « problème » se règle de lui-même d’ici quatre ou cinq ans ?… Mille survivants du génocide nazi meurent chaque mois. [12]

On peut imaginer le tollé que de tels agissements provoqueraient s’ils se passaient dans tout autre pays. Aucun doute que les dénonciations feraient la une des journaux, qu’il y aurait des pétitions pour condamner les coupables, que l’ONU même tenterait d’intervenir…

Mais quand cela se passe en Israël, les gouvernements occidentaux et la « grande presse » détournent le regard. [13]

Il n’en reste pas moins que le comportement cynique de Netanyahu envers les rescapés de la furie nazie est donc bien, objectivement, celui d’un antisémite, dans le sens que lui donnent les Sionistes.

Antisémite, il l’est évidemment aussi dans son comportement envers le peuple palestinien, que celui-ci vive en Israël ou en Palestine occupée.

La liste des crimes est longue : persistance du nettoyage ethnique entamé il y a plus de soixante ans, [14] tentative permanente d’étouffement des habitants de Gaza, imposition de règles d’apartheid, [15] oppression constante exercée par son armée sur les Palestiniens – Tous Sémites, contrairement à Monsieur Netanyahu – incessantes arrestations de jeunes enfants, expulsions des Bédouins, destruction des maisons, des récoltes, etc.

Ces actes et discours prouvent à suffisance son racisme inné parfaitement en harmonie d’ailleurs avec celui de ses prédécesseurs, tel Yitzhak Shamir, ignoble assassin devenu premier ministre, qui disait « Les Palestiniens seront écrasés comme des sauterelles… Leurs têtes éclatées contre les rochers et les murs » [16] ou Menahem Begin, autre criminel également devenu premier ministre, qui déclarait à la tribune de la Knesset « Les Palestiniens sont des bêtes marchant sur deux pattes. » [17]

Il n’y a pas de doute, Monsieur Netanyahu est bien le représentant d’un régime fascisant et son attitude est bien, tant envers sa propre communauté qu’envers le peuple palestinien, celle d’un antisémite !

Rudi Barnet
(14/5/2013)

Notes :

[1] Lire « Comment le peuple juif fut inventé » (Fayard 2008) et « Comment la terre d’Israël fut inventée » (Flammarion 2012) de Shlomo Sand
[2] Ces Juifs orthodoxes se sont opposés à l’arrivée de premiers colons au début du XXème siècle
[3] « La Guerre des Juifs » de Flavius Josèphe (traduction André Pelletier, Les Belles Lettres, 1982)
[4] Lire  » L’origine des juifs d’Afrique du Nord » par Yigal Bin-Nun (Tribune Juive, 2013)
[5] Lionel Obadia (Professeur d’anthropologie à l’Université de Lyon 2) « Bouddhisme et Judaïsme » (article dans la revue « Socio-anthropologie »(//socio anthropologie.revues.org)
[6] Marco Polo atteste d’une présence juive en Chine avant le VIIème siècle
[7] Le premier fut celui de Venise… dans le quartier du Ghetto
[8] “Haaretz“ du 6/7/2008
[9] Lettre au « New York Times » 54/12/1948) des intellectuels juifs Etatsuniens, dont Hanna Arendt et Albert Einstein
[10] Discours du 1/10/2013 à l’Assemblée Générale de l’ONU
[11] Testament politique d’Hitler, Adolf Hitler, notes de Martin Bormann, préface de Trevor-Roper, (Fayard, 1959, 13 février 1945, p. 83)
[12] « 50,000 Holocaust survivors in Israel live in poverty » dans Haaretz du 24/4/2014
[13] Idem pour les tortures d’enfants de moins de 12 ans pourtant dénoncées par diverses organisations de Droits de l’Homme (« Children in Military Custody » (2012)
[14] « Le Nettoyage Ethnique de la Palestine » de Ilan Pappe (Fayard, 2006)
[15] « Israël le nouvel apartheid » de Michel Bôle-Richard (Editions LLL. 2013)
[16] New York Times du 1/4/1988
[17] « Begin and the Beasts » de Ammon Kapeliouk (New Statesman 25/6/1982)

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Du même auteur :

- « Les Palestiniens sont des bêtes qui marchent sur deux pattes » – 5 décembre 2012
- Le génocide nazi n’est pas mon affaire – 22 octobre 2012
- Un nettoyage ethnique entamé en 1948 et qui n’a jamais cessé ! – 3 octobre 2012
- Tout va bien ! – 9 février 2012
- La Dernière Colonie de Peuplement – 2 décembre 2011
- Pour garder mémoire 5/5 – 22 août 2011
- Pour garder mémoire 4/5 – 18 août 2011
- Pour garder mémoire 3/5 – 14 août 2011
- Pour garder mémoire ! 2/5 – 12 août 2011
- Pour garder mémoire ! 1/5 – 9 août 2011
- Comment écrire un article sur la « réalité » israélo-palestinienne – 17 juin 2011

 

 

15 mai 2014 – Transmis par l’auteur

source

Ilan Pappé à Bruxelles le 10 mai à 15 heures


pappe

La NAKBA Palestinienne

 

Nettoyage ethnique depuis 1948 un autre regard sur l’histoire

Conférence-Débat avec Ilan Pappé

Historien, Professeur à l’Université d’Exeter(Angleterre) et directeur du centre européen d’études sur la Palestine

le samedi 10 Mai à 15H

 

Adresse: Centre Culturel Arabe de Bruxelles 2, Rue de l’Alliance 1210 Bruxelles (Saint-Josse-ten-Noode)

 

Conférence organisée par La Communauté Palestinienne en Belgique et au Luxembourg

Entrée libre

Pourquoi dénoncer le stand « Lettres d’Israël » à la Foire du Livre ?


 

Posted: 15 Apr 2014 12:59 PM PDT

Article paru dans Points Critiques n° 345, avril 2014, pp. 28-29

 

Michel Staszewski

 

Comme son nom l’indique, et même si on y trouve aussi quelques autres types d’ouvrages (historiques, politiques, touristiques,…), ce stand de la Foire du livre de Bruxelles, contient surtout des traductions françaises d’œuvres littéraires d’auteurs israéliens. « Lettres d’Israël » présente ainsi à ses visiteurs une belle image culturelle d’Israël, celle d’un pays fier de la richesse et de la variété de sa production littéraire. L’an dernier, j’y ai même remarqué un recueil de poèmes de Mahmoud Darwich.

Pourtant, depuis cinq ans, à l’initiative de quelques militants de la cause palestinienne (dont moi) et dans le cadre de la campagne « BDS » (Boycott, désinvestissement, sanctions), une action est régulièrement menée pour dénoncer l’existence même de ce stand.

Cette démarche est bien sûr condamnée par les opposants à toute action dénonçant publiquement les agissements illégaux de l’État d’Israël. Mais un certain nombre de personnes, pourtant critiques à l’égard de la politique d’occupation et de discrimination menée par les dirigeants israéliens et qui approuvent même parfois le principe de la campagne « BDS », estiment elles-aussi ces actions inappropriées car visant une manifestation qu’ils jugent « purement littéraire ». « Pourquoi boycotter des auteurs dont certains critiquent vivement certains aspects de la politique menée par leur État ? » « Vous êtes contre la liberté d’expression ? »

Ces questions-objections témoignent d’une méconnaissance du contexte politique et/ou du contenu précis, donc du sens de ces actions. Voici donc des éléments d’explication.

Le contexte politique

Depuis sa fondation, L’État d’Israël bafoue gravement le droit international. Alors que plus de 800.000 Palestiniens (sur un total de 950.000) venaient de fuir ou d’être chassés du territoire désormais israélien (78 % de la Palestine au lieu des 55 % prévus par le plan de partage de novembre 1947), la résolution 194 de l’Assemblée générale de l’O.N.U. du 11 décembre 1948 stipula : « il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins et (…) des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers ». L’admission de l’État d’Israël à l’O.N.U. le 11 mai 1949 fut également conditionnée au respect du droit au retour des exilés. Il n’en a rien été.

Depuis 1967, Israël occupe et colonise illégalement la Cisjordanie, Jérusalem-Est et le plateau syrien du Golan. Depuis la conclusion des « Accords d’Oslo » en 1993, cet État a multiplié les obstacles à la libre circulation des personnes et des biens dans les territoires occupés et de ceux-ci vers l’extérieur, empêchant ainsi toute vie sociale, économique et politique normale. L’enfermement des Palestiniens des territoires occupés s’est considérablement aggravé depuis la construction, à partir de 2002, d’une « barrière de sécurité », de 700 kilomètres de long, essentiellement bâtie à l’intérieur des territoires occupés et, pour cette raison, condamnée par l’Assemblée générale de l’O.N.U. le 21 octobre 2003, par 144 voix pour et 4 contre.[

Israël arrête, maltraite et détient arbitrairement des milliers de Palestiniens dont des députés, des ministres et de nombreux mineurs d’âge. Cet État s’approprie sans cesse des terres et détruit des maisons palestiniennes. Il rationne sévèrement l’approvisionnement en eau des habitants palestiniens des territoires occupés. Il assassine régulièrement des civils.

Depuis 2005,  Israël soumet le million et demi d’habitants de la bande de Gaza à un cruel et interminable blocus. L’opération « Plomb durci » menée contre la bande de Gaza (décembre 2008 – janvier 2009) a fait plus de 1.300 morts palestiniens, dont au moins 410 enfants (et 13 morts israéliens, dont 10 soldats). Le 15 septembre 2009, le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies a publié le rapport d’une mission d’enquête dirigée par le Sud-africain Richard Goldstone dans lequel l’armée israélienne est accusée d’avoir commis des « actes assimilables à des crimes de guerre et peut-être, dans certaines circonstances, à des crimes contre l’humanité[] ».

Aujourd’hui, la colonisation des territoires occupés ne cesse de s’accélérer. A l’intérieur du territoire israélien, les Palestiniens, pourtant citoyens de l’État d’Israël, continuent de subir de fortes discriminations à l’emploi, au logement et à l’accès à la propriété. Les bédouins du désert du Neguev (Naqab) continuent à être chassés de leurs villages et de leurs terres pour être regroupés de force dans des « villes de peuplement ».

BDS

L’Union européenne porte une lourde responsabilité dans la genèse et la persistance du conflit israélo-palestinien : tout au long de son histoire, par son inaction voire sa complaisance envers les actions illégales des dirigeants israéliens, elle a permis que s’impose en Israël-Palestine la loi du plus fort.[1] Elle pourrait pourtant facilement faire pression sur cet État car elle est, et de loin, le principal partenaire économique d’Israël.

La campagne « Boycott – Désinvestissement – Sanctions » a été lancée en 2005 par un appel signé par 172 associations palestiniennes sur le modèle de la campagne de boycott menée contre la politique d’apartheid régnant en Afrique du Sud dans les années 1970 et 1980. Ce qui la justifie : l’absence d’initiatives politiques aptes à faire respecter le droit international dans cette région du monde.

Les sanctions relèvent des États, le désinvestissement, des États, institutions et sociétés privées. Quant aux  actions dites de « boycott », elles sont avant tout le fait des citoyen-ne-s. Elles visent les produits « made in Israël » et ce ou ceux qui représentent ou symbolisent l’Etat israélien. Elles ne ciblent pas les citoyens israéliens qui ne représentent pas leur Etat. Ce sont des démarches symboliquement fortes mais parfaitement pacifiques.

Les actions à la Foire du Livre

Elles se passent en trois temps :

1) la distribution à l’entrée de la Foire, durant une ou deux heures, d’un tract. Son contenu : au recto, sous le titre « Bas les masques ! » il dénonce le stand « Lettres d’Israël » comme une habile opération de propagande visant à donner une image positive de l’Etat d’Israël, à cacher ses crimes ; il rappelle succinctement le déni grave, systématique et persistant des droits des Palestiniens par Israël ; il appelle symboliquement au boycott de ce stand. Au verso, sont mentionnés une douzaine d’ouvrages d’auteurs israéliens critiques (Burg, Eldar, Enderlin, Pape, Raz-Krakotzkin, Reinhart, Sand, Shlaïm, Warschawski, Zertal) sous le titre «  Quelques livres d’auteurs israéliens que vous ne trouverez pas au stand Lettres d’Israël ».

2)  Les militants entrent ensuite dans le bâtiment et viennent se placer, l’un à côté de l’autre, devant le stand « Lettres d’Israël » en lui tournant le dos. La plupart portent un t-shirt avec un des slogans suivants : « Israël occupe la Palestine, je boycotte » ou «  Free Palestine » ou « Palestine vivra ». Ils restent silencieux et ne bloquent pas l’accès au stand. Cette phase dure généralement environ un quart d’heure (c’est le « seuil de tolérance » de la direction de la Foire).

3)  Les manifestants quittent les abords du stand en file indienne et se mettent à déambuler lentement à travers la Foire, toujours silencieusement, en continuant à arborer leurs t-shirt. Cette dernière phase dure entre 15 et 30 minutes.

Les réactions du public à notre action sont très majoritairement positives.
J’espère que la description détaillée de cette action aura convaincu le lecteur qu’il ne s’agit pas ici d’inciter au boycott des œuvres des écrivains israéliens mais bien à celui d’un stand (aux couleurs bleue et blanche du drapeau israélien et dont l’adresse de contact qu’on trouve sur le site web de la Foire du Livre est celle de l’ambassade d’Israël) qui, sous couvert de littérature, fait la promotion habile d’un État qui mène de manière persistante une politique criminelle et qui a donc besoin de se « blanchir » aux yeux de l’opinion publique internationale.

La plupart des ouvrages présentés dans ce stand se retrouvent dans ceux de leurs éditeurs ou distributeurs respectifs. Nous n’appelons bien sûr ni au boycott de ces auteurs ni de leurs éditeurs et distributeurs !

[1]  Cf. CRONIN D., Europe-Israël. Une alliance contre nature, La Guillotine, 2012  /  HESSEL, S. et DE KEYSER, V.,  Palestine, la trahison européenne, Fayard, 2013.

source : Le blog de Michel Staszewski

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