Omar Barghouti: Le succès ultime d’Israël pourrait bien signer la fin de son régime colonial


07 octobre 2013 |     Par Agence Média Palestine

 

Le treize septembre 2013 marque les 20 ans du processus d’Oslo. Il nous a semblé que cela devrait être l’occasion d’une véritable réflexion politique non seulement sur le bilan de ces vingt longues années,  mais aussi sur les différentes perspectives d’avenir que l’échec des promesses de ce processus ouvre  pour la région.Nous avons demandé a plusieurs personnalités de contribuer par leur analyse à ce petit brainstorming. L’Agence Média Palestine, en partenariat avec l’Alternative information Center, publiera ces tribunes durant ce mois, sur l’espace club de Médiapart.

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Par Omar Barghouti, Militant des droits de l’homme et analyste Palestinien

 

Alors que de nombreux analystes font aujourd’hui référence aux accords d’Oslo, signés il y a 20 ans par Israël et l’OLP, comme à un échec total, de mon côté je les vois plutôt comme un grand succès, mais seulement pour l’oppresseur, Israël. Oslo a en fait, atteint nombre des objectifs pour lesquels il a été conçu par ses auteurs israéliens. En premier lieu, il a permis d’éliminer ou pour le moins de saper gravement la légitimité du mouvement de libération national palestinien en cooptant un de ses éléments clé, et en en faisant l’outil le plus efficace et stratégique d’Israël, pour neutraliser la résistance palestinienne dans le cadre de son système d’oppression sophistiqué. Il a ainsi permis à Israël de se blanchir des violations des droits de palestiniens tels que définis par le droit international. Israël a utilisé avec efficacité la façade de “négociations de paix” d’Oslo pour couvrir son impitoyable stratégie de dépossession et de nettoyage ethnique d’un nombre croissant de Palestiniens de leur terre ancestrale.

Au lieu de conduire à une paix juste en accord avec le droit international, Oslo a fourni la couverture nécessaire à Israël lui permettant de brutaliser de façon continue les Palestiniens – et d’autres Arabes – tout en satisfaisant son insatiable appétit de construction de colonies réservées aux juifs dans les territoires occupés, aussi bien qu’à l’ intérieur du territoire de 1948, comme autant de zones « Arabrein » (1)

Les Accords d’Oslo n’ont pas seulement complètement omis toute référence au droit international et aux droits de l’homme, ils ont ignorés les droits les plus importants et inaliénables du peuple palestinien, en particulier le droit à l’auto détermination et le droit des réfugiés à rentrer dans leurs maisons et sur leurs terres, desquelles ils sont été déracinés de force par les milices sionistes, et plus tard par l’Etat d’Israël, pendant la Nakba (la catastrophe) de 1947-49. Les réfugiés palestiniens, qu’ils se trouvent en Palestine historique ou dans la shatat (la diaspora), constituent une absolue majorité du peuple palestinien – plus des deux tiers selon les estimations de 20122du Bureau Central Palestinien des Statistiques, ainsi que l’enquête de 2010-2012 (2) réalisée par l’association Badil (3) sur les réfugiés palestiniens et les personnes déplacés à l’intérieur du territoire de la Palestine historique.

Le fait que les réfugiés forment une majorité absolue du peuple palestinien et leur souffrance de plusieurs décennies en exil, font de la reconnaissance des droits fondamentaux des réfugiés palestiniens tels que sanctionnés par les Nations Unies le test incontournable de la moralité pour quiconque recherche une solution juste et durable au conflit colonial israélo-palestinien en accord avec le droit international.

Mettons de côté les droits moraux et légaux, la négation des droits des réfugiés palestiniens assure la perpétuation du conflit.(4)

Il n’est donc pas étonnant qu’Oslo, bien loin d’encourager une solution juste et non violente du conflit colonial, n’a fait qu’ encourager le régime israélien à poursuivre son agression, ses guerres sans fin et ses atrocités à l’encontre des Palestiniens, des Libanais et d’ autres Arabes, et cela en toute impunité.

Oslo a aussi ignoré le droit fondamental des Palestiniens citoyens d’Israël à l’égalité totale, le droit le plus important en droit international, en effaçant de fait ces Palestiniens de la définition même du “peuple palestinien” utilisé dans les Accords.

Oslo, “Le Versailles palestinien”, ainsi que l’a appelé Edward Said (5) , a permis à Israël de jouir d’une reconnaissance diplomatique sans précédent et, par conséquent d’un essor économique(6).Les « dividendes de la paix » ont rendu florissante l’économie d’Israël depuis 1993 , avec un PIB par habitant qui est passé d’environ 13,800 dollars à plus de 32,000 dollars. Durant la même période, dans les territoires occupés de Cisjordanie, le PIB par habitant est à peu près resté le même, autour de 2,000 dollars, et celui de Gaza rongée par la misère a baissé de 1,230 dollars à 1,074 dollars.

Dans la même période Israël a également démultiplié sa reconnaissance internationale qui a atteint environs 160 pays, récoltant ainsi bien plus de bénéfices commerciaux que l’économie palestinienne captive et dépendante de l’aide extérieure (7).

 

En Cisjordanie occupé une Autorité Palestinienne largement asservie, dépourvue de tout mandat démocratique valide, a principalement agi en sous-traitant de l’occupation israélienne, au service de ses besoins en matière de “sécurité”, en la libérant de ses obligations de gestion pour la population occupée,des services municipaux, d’ éducation, de santé, d’hygiène publique et autres dans la plupart des territoires occupés. Grâce aux accords d’Oslo, le financement de l’occupation Israélienne a été pris en charge, à travers l’Autorité Palestinienne, par l’UE les États Unis et d’autres pays, ce qui en fait probablement l’occupation la moins chère des temps modernes.

Tous ces dividendes d’Oslo mis à part, en dévorant plus qu’il ne peut avaler, et en oubliant comment s’arrêter, Israël a peut-être involontairement donné un coup fatal à son projet colonial. Cependant, il lui faudra du temps avant de pouvoir entièrement ressentir et reconnaître l’érosion . Israël a sapé la possibilité d’établir un État palestinien souverain, enterrant ainsi, la soi disant solution à deux États, uniquement destinée à légitimer son règne colonial avec un tampon palestinien d’approbation (8).

Au sommet de son succès économique et diplomatique, Israël est entrain de devenir rapidement le paria du monde, au niveau populaire, tout comme l’était l’Afrique du Sud sous l’Apartheid.

Cela fait vingt ans que la direction palestinienne sert officiellement de feuille de vigne à l’occupation, et cela doit prendre fin. Cela fait vingt ans que la communauté internationale se fait complice du régime d’occupation et permet de maintenir un système d’occupation de colonisation et d’apartheid. Cette complicité doit être combattue fermement et intelligemment par les Palestiniens, les Arabes et toute personne de conscience à travers le monde – y compris les juifs israéliens anticolonialistes – qui soutiennent la liberté, la justice et l’égalité pour le peuple palestinien. Dans ce contexte, le mouvement BDS global conduit par les Palestiniens, offre une forme de résistance et de solidarité efficace et stratégique qui s’élargit rapidement, et est aujourd’hui reconnu par les dirigeants israéliens comme une menace stratégique (9). Il est grand temps de briser les chaînes honteuses que sont les Accords d’Oslo et de faire tomber leurs masques.

Omar Barghouti

Traduction: Johanna W. pour l’Agence Média Palestine et l’Alternative Information Center

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1.Le célèbre auteur israélien Sefi Rachlevsky affirme, “ La lutte aujourd’hui n’est pas entre gauche et droite, mais entre les démocrates et les fascistes…. Israël est en train de devenir fasciste et raciste. D’une certaine manière on pourrait dire que notre folie rappelle celle qui régnait en Allemagne non pas en 1933, mais plutôt dans les années 1944 – 1945 alors qu’ils étaient en danger de perdre la guerre, c’est cette folie qui les a empếché d’arrêter.”- http://www.ynet.co.il/articles/0,7340,L-3967389,00.html (Hébreu)

2. http://www.pcbs.gov.ps/portals/_pcbs/PressRelease/Press_En_PalestiniansEOY2012E.pdf

3. Badil, Survey of Palestinian Refugees and Internally Displaced Persons 2010-2012 http://www.badil.org/en/documents/category/35-publications?start=10

4.Pour plus de détails à ce sujet, voir Omar Barghouti, “On Refugees, Creativity and Ethics,” ZNet, September 28, 2002.

5.http://www.lrb.co.uk/v15/n20/edward-said/the-morning-after

6.http://www.tradingeconomics.com/israel/gdp

7.Ibid.

8. Ancien ministre des affaires étrangères israélien Shlomo Ben-Ami à proposer aux dirigeants palestiniens un choix entre deux options : “justice ou paix”. Barbara Demick, “A Squandered Chance for Mideast Peace,” Philadelphia Inquirer, January 16, 2001.

9. En juin 2013 le gouvernement de Netanyahu a accepté de déplacer la responsabilité de gestion du problème du mouvement BDS du ministère des affaires étrangères (le principal ministère de propagande) au ministère des affaires stratégiques. http://jppi.org.il/uploads/Annual_Assessment_2012-2013.pdf

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Pour poursuivre la réflexion l’Agence Média Palestine et l’Alternative Information Center recommandent le film  « Etat commun, conversation potentielle [1] » de Eyal Sivan

Un dispositif remarquable  qui met en place des conversations potentielles entre des interlocuteurs palestiniens et israéliens passionnants . Une brassée d’idées nouvelles et de visions originales sur les conditions d’ une coexistence.

Prochainement en salles a Paris ( Projection presse à l’Espace Saint-Michel le Mardi 24 Septembre à 10h30) et en régions voir calendrier ci dessous :

http://www.zeugmafilms.fr/etatcommun.html

Sortie nationale: le 09 Octobre à Paris au cinéma Saint Michel

Extrait: http://youtu.be/WSaaBtq5DBY

https://i0.wp.com/cineday.orange.fr/images/film/237x_/2013/08/20/un-etat-commun-conversation-potentielle_52129c962a924.jpg

https://i0.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/03/Delautrecote.gif La revue « De l’Autre Côté »  éditée par  l’Union Juive Française pour la Paix (www.ujfp.org)  publiera un recueil de  ces tribunes .

source

Bédouins des villages non-reconnus


Cathy Mayer
 
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Navy Pillay,  Haut Commissaire aux Droits Humains des Nations – Unies:
 
« si ce plan (plan Prawer-Begin) devient une loi, elle accélérera la destruction de communautés entières de Bédouins, les forçant à l’abandon de leurs maisons, déniant  leur droit de propriété sur leurs terres, et anéantissant leur vie sociale, culturelle et traditionnelle au nom du développement .»
 

Rencontre avec trois témoins israéliens  privilégiés:

Sana Ibn Bari, juriste,  attorney du Negev Coexistence Forum (NCF) à Beersheva
Khalil Alamour, responsable du village bédouin non-reconnu Al Sira, membre NCF et Adalah
Michel Warschawski, journaliste, fondateur de l’Alternative Information Center. Prix 2012 des

Droits de l’homme de la République Française

 Jeudi 17 octobre  de 10.30 – 12.30 Parlement européen,
conférence de presse (inscription obligatoire auprès de  diana.fleseriu@ep.europa.eu);
 Jeudi 17 octobre à  20h : Bruxelles  Meeting de solidarité,
 ULB auditoire Chavannes,Square G (entrée avenue Paul Héger)
Vendredi 18 octobre 12h – 14h : 1060 Bruxelles : rencontre avec Amnesty International
 
Vendredi 18  octobre à 20h : 4000  Liège : Meeting de solidarité au CP_CR, 11 rue Jonrelle (quartier St Léonard),
en collaboration avec le collectif social autogéré « Passe-partout », l’ABP et le Centre Culturel Arabe en pays de Liège ;

Samedi 19 octobre à 14h : Anvers : Rencontre à la librairie De Groene Waterman – Wolstraat 7,

 en collaboration avec Intal-Antwerpen et Karama ;
Samedi 19 octobre à 18h : 6000 Charleroi : conférence de Michel Warschawski

à la Salle Harmignies – 9 rue Léon Bernus ;
Samedi 19 octobre à 20h : 1060 Saint-Gilles/Bruxelles
Meeting de solidarité au Pianofabriek – 35 rue Fort;
Dimanche 20 octobre à 16h : Virginal/Ittre : Meeting de solidarité
goûter à l’Etable d’Hôtes – 4b rue de Tubize.

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Exécution des prisonniers : une pratique sioniste ancrée depuis 1948


jeudi 19 septembre 2013, par Fadwa Nassar

L’éxécution du prisonnier Islam Toubassi, jeune Palestinien de 22 ans, arrêté par les forces de l’occupation, soulève à nouveau la pratique courante de l’occupation, depuis 1948, envers les prisonniers palestiniens et arabes. Islam Toubassi a été arrêté à l’aube du mardi 18 septembre, dans le camp de Jénine, lors d’un nouveau raid mené contre le camp de Jénine, par plus de 100 soldats de l’occupation. Islam Toubassi fut réveillé par les soldats, selon le témoignage de son frère Ibrahim, qui ont tiré sur lui, le blessant à la jambe. Il est arrêté et emmené par les soldats de l’occupation. Quelques heures plus tard, son corps est livré à la famille. Il a été froidement exécuté par l’occupant, la blessure à la jambe n’ayant pu certainement pas entraîner la mort.

Des dizaines de prisonniers ont été, depuis l’Intifada al-Aqsa, exécutés par l’occupant sioniste, de cette manière, c’est-à-dire après leur arrestation, au cours de leur transport dans les blindés de l’armée d’occupation, ou dans les postes d’arrestation. En tout cas, avant leur transfert en prison et avant leur « jugement ». Souvent blessés, ils sont tout simplement achevés. L’occupant ne s’encombre pas des Palestiniens : il les exécute. C’est la pratique des « droits de l’homme » du colonisateur raciste, que le monde « libre » occidental continue à soutenir, en refusant de le dénoncer, en poursuivant ses alliances militaires, économiques et culturelles avec lui, et en lui assurant une couverture politique et diplomatique. La communauté internationale, ONU et pays impérialistes, CICR et associations des droits de l’homme, sont aussi responsables que les criminels qui ont achevé le martyr Islam Toubassi. Nous n’avons aucune illusion là-dessus, même si un responsable de l’Autorité Palestinienne a appelé à porter cette affaire devant les tribunaux internationaux, pour juger le nouveau crime perpétré par l’Etat sioniste. Un simple appel pour se dédouaner, pour empêcher la révolte.

Appeler à traduire l’Etat colonial en justice, pour ce nouveau crime, relève du ridicule, quand on sait que l’exécution des prisonniers a toujours été une pratique de cet Etat, depuis 1948. C’est ce que vient de dévoiler, noir sur blanc, un nouveau livre paru sur les prisonniers palestiniens, entre 1948 et 1953, à partir de témoignages de ces Palestiniens encore vivants, qui vivent aujourd’hui dans les territoires occupés en 1948, sur lesquels fut installée la colonie israélienne. La lecture des témoignages qui se recoupent souvent, ne laisse aucun doute, puisque la plupart des faits racontés sont corroborés par les archives de l’Etat colonial, d’une part, et celles du CICR, de l’autre.

Des camps de concentration
Le livre publié récemment par l’Institut des Etudes Palestiniennes, écrit par l’historien Mustafa Qubbaha et le journaliste écrivain Wadi’ Awawdeh, comble une étape importante de l’histoire des prisonniers palestiniens et des prisons et camps de concentration sionistes, dans la Palestine occupée, qu’ils viennent tout juste de proclamer « Etat d’Israël ». Sitôt l’Etat proclamé, les rafles commencent, partout et sans motifs. La plupart des hommes considérés comme pouvant porter des armes furent emmenés, de force ou par la ruse, et incarcérés. De 1948 à 1953, entre 8000 et 120000 détenus palestiniens furent placés dans des camps, quelques-uns provisoires, d’autres permanents, comme le camp d’Ijlil, le plus vaste, où ont été détenus près de 4000 Palestiniens, en majorité des civils. Dans ce camp situé au nord de Yafa, fut froidement exécuté Salim Yafaoui, membre du comité national ayant organisé la défense de la ville de Yafa, en 1948. Le résistant fut exécuté par un gardien du camp, par une balle tirée dans le dos. Son corps fut exposé pendant plusieurs jours, « pour servir de leçon », avant d’être remis au CICR. Le second camp fut celui de Atlit, installé en juillet 1948. Plusieurs détenus palestiniens furent exécutés, sans la moindre justification, dont Hassan, du village de Zarkouna, dans la région de Yafa. Il s’était proposé pour aller cueillir des fruits que les gardiens souhaitaient avoir. A peine s’est-il déplacé qu’il fut froidement assassiné, dans le dos, encore une fois.

Dans trois autres camps de concentration, les prisonniers étaient forcés de travailler. C’était le cas pour les camps de Sarafand (camp militaire britannique transformé en prison), camp Tel Levinsky et le camp d’Um Khaled.

La forteresse historique de Akka fut transformée en prison par les Britanniques, qui y exécutèrent les premiers prisonniers martyrs, Fouad Hijazi, Ata Zeer et Mohammad Jamjoum, le 17 juin 1930, suite à la première révolte d’al-Bouraq, contre la présence sioniste aux environs de la mosquée al-Aqsa. Lorsque les sionistes s’emparent du pays, ils maintiennent la prison dans la forteresse et exécutent 19 prisonniers, au moins, selon leurs compagnons, après avoir été sommairement jugés par un tribunal militaire.

Le témoignage de Jumaa Ghanem de Tiret al-Karmel, qui fut détenu dans la prison de Akka, est sans équivoque : « Un tribunal d’exception fut installé, dans le poste de police. Ils nous prenaient un à un, nous entendions un peu plus tard trois coups de feu, nous ne savions pas ce qui se passait. Mais cependant, personne ne revenait. Nous avions pensé qu’ils voulaient juste nous terroriser. Mon tour est arrivé. Deux soldats m’emmènent vers la place de la prison. J’y retrouvais tous ceux qui ont été emmenés avant moi. Leurs corps inanimés étaient plongés dans le sang. Je me suis retrouvé devant le juge, entouré de trois officiers et de deux traducteurs… »

La barbarie de l’occupant sioniste ne date pas d’ajourd’hui, comme peuvent le prouver tous les massacres commis entre 1947 et 1948, pour semer la terreur et obliger les survivants à quitter leur pays. Mais ceux qui sont restés, eux, ont dû subir l’humiliation et la terreur quotidienne, ils ont dû assister à la destruction brutale de leur pays, de leurs villes et de leurs villages. Ils furent pourchassés, emprisonnés, encerclés, puis soumis à un régime militaire. Et c’est aussi dans ces camps de concentration que l’occupant a installés, qu’ils ont réalisé la véritable nature de ces envahisseurs venus d’ailleurs.

Fadwa Nassar
18 septembre 2013

source

Israël à la manoeuvre pour faire annuler les directives européennes




Israël ne ménage pas sa peine, ni son chantage à l’antisémitisme et instrumentalisation du génocide des juifs, pour amener les députés européens à revenir sur leurs directives de cet été qui mettent en application le droit international. Ci-dessous un article du journal La Croix qui en témoigne et qui montre qu’il est nécessaire de s’adresser, sans perdre de temps, à nos députés européens, afin de leur rappeler qu’ils n’ont pas été élus pour représenter les volontés de l’occupant israélien, mais les nôtres.

« Israël négocie avec Bruxelles pour garder la manne de la recherche européenne

Une directive européenne risque de priver Israël de financements pour ses laboratoires opérant au-delà de la Ligne verte. L’État hébreu s’enorgueillit de ses innovations technologiques et de ses liens avec la recherche européenne.

Début août, l’Union européenne adoptait une directive imposant à l’État d’Israël d’indiquer par écrit, à compter de janvier 2014, dans tout accord de coopération avec l’UE, qu’il n’est pas souverain dans les Territoires occupés de Cisjordanie, Jérusalem-Est et du Golan. Objectif déclaré  : bloquer les transferts de fonds publics européens à des institutions israéliennes sises au-delà de la Ligne verte démarquant Israël des territoires conquis en 1967 ou entretenant des liens avec les colonies juives.

Le premier ministre Benyamin Netanyahou a vivement protesté contre la directive européenne. « Elle préjuge de l’issue des pourparlers de paix en cours avec les Palestiniens sur le futur tracé des frontières », a-t-il dit en insinuant qu’Israël allait renoncer à participer à « Horizon 2020 ». Son ministre de la défense, Moshe Yaalon, a même haussé le ton en ordonnant à l’armée de stopper toute coopération avec l’UE pour des projets en Cisjordanie.

Négocier les conditions d’éligibilité

« Les Européens utilisent l’artillerie lourde pour abattre une mouche », s’insurge le négociateur israélien, Marcel Szatan. Ces sept dernières années, sur les quelque 900 millions d’euros octroyés par Bruxelles à Israël au titre de la recherche et du développement, seuls 0,5 % ont bénéficié à des projets dans les implantations.

Depuis, les négociateurs israéliens et européens se sont retrouvés plusieurs fois à Tel-Aviv, pour parler des conditions d’éligibilité au pactole de 70 milliards d’euros que l’Union européenne va affecter à la recherche et au développement durant les sept années à venir, pour son programme-cadre « Horizon 2020 », le huitième du genre.

« La rupture avec l’UE aurait des conséquences dramatiques », avertit Galia Blum. Cette pharmacologue figure parmi les 32 jeunes chercheurs israéliens qui ont chacun obtenu cette année à Bruxelles une bourse de 1,5 million d’euros pour poursuivre leurs travaux. « J’ai exposé mon projet en dix minutes à une assemblée d’experts et je les ai convaincus », raconte-t-elle fièrement.

« Notre richesse, c’est la matière grise »

La concurrence est sévère. Sur 3 329 dossiers soumis par les chercheurs de 22 pays après une présélection drastique, seuls 287 ont reçu le feu vert, soit 9 % en moyenne, contre 31 % pour les Israéliens, qui se taillent régulièrement la part du lion. Cette année, ils se sont classés en troisième position derrière la Grande-Bretagne (60 bourses) et l’Allemagne (40), mais très largement en tête, compte tenu de la population d’Israël, huit millions d’habitants seulement.

« Notre richesse, c’est la matière grise », se flatte le président ­Shimon Peres. Il fait allusion notamment à l’excellence de l’Université hébraïque de Jérusalem, du Technion de Haïfa ou de l’Institut Weizman de Rehovot, véritables locomotives du développement économique. Les inventions d’Israël­, qui se présente comme « l’État start-up », ont fait le tour du monde  : irrigation au goutte à goutte, tomates cerises, clé USB… Un soutien financier crucial

Israël est le seul pays non européen participant à « Horizon 2020 ». Sa quote-part au fonds commun du précédent programme-cadre a atteint 600 millions d’euros et les retombées, y compris les droits sur la propriété intellectuelle, ont dépassé 1,5 milliard d’euros. L’UE est ainsi devenue le second bailleur de fonds des chercheurs de l’État hébreu, derrière la Fondation pour la science en Israël.

« Se couper de l’UE reviendrait à se tirer une balle dans le pied, mais aussi dans la tête », plaide Ada Yonath, prix Nobel de chimie 2009. Selon elle, le soutien financier de Bruxelles est « crucial » pour les scientifiques et industriels israéliens et « la recherche en vase clos est impossible ».

La mort dans l’âme, Marcel Szatan souligne que « le boycottage évoque des souvenirs cruels chez les juifs ». Il espère que l’UE pourra résilier la « clause de territorialité » s’agissant d’Horizon 2020, voire l’édulcorer ou préciser son côté « approximatif ». Exemple  : les 15 très importantes sociétés (Teva, Rafa ou Intel) du parc industriel de Har Hotsvim, à Jérusalem, qui étaient dans le collimateur, parce qu’elles se trouvent à l’extrême limite de l’ancien no man’s land qui séparait Israël de la Jordanie jusqu’en 1967. Ces 15 sociétés viennent tout juste de se tirer d’affaire, en justifiant de leur situation géographique exacte. Une décision qui a donné un ton nouveau aux négociations  : elles se poursuivent désormais dans une ambiance plutôt conciliante. »

JOËL DAVID, à Jérusalem

http://www.europalestine.com/spip.php?article8566

Israël : comment prendre une situation par le mauvais bout


anniebannie : n’ont-ils jamais pensé que la seule manière d’améliorer leur image est de se conduire correctement, de faire droit aux justes demandes de ceux qu’ils ont spoliés ?
Reste toujours l’odeur de sang : tous les parfums de l’Arabie n’adouciraient pas cette petite main. » (Shakespeare) Toute la hasbara du monde ne lavera pas leur réputation.

Israel obligé de payer pour essayer d’améliorer son image

mercredi 21 août 2013

Le gouvernement israélien vient de lancer un appel annonçant qu’il est prêt à payer des centaines de milliers d’euros à des étudiants israéliens pour de la propagande sur internet, afin d’améliorer son image terriblement dégradée dans l’opinion publique mondiale.

Le quotidien Haaretz rappelle qu’Israël va très mal et que les images qui ont fait le tour du monde telles que la photo d’un soldat israélien montrant la tête d’un enfant dans le viseur de son arme, ou celle d’un enfant de 5 ans arrêté par des militaires à Hébron ont fait des dégâts difficiles à réparer.

Netanyahou a donc annoncé qu’il superviserait lui-même un programme destiné à « promouvoir l’image d’Israël sur Internet. »

« Les étudiants seront organisés en unités dans chacune des sept universités du pays et un budget estimé à 778.000 dollars (582.000 euros) serait dégagé pour financer ce projet », indique Haaretz.

« La majorité des messages sera consacrée aux questions de politiques et de sécurité, à la lutte contre les appels au boycott d’Israël, ainsi qu’à la lutte contre la remise en question de la légitimité de l’État hébreu », ajoute-t-on de même source.

En Israël même l’annonce suscite la polémique. Ainsi, Alon Liel, ancien membre du ministère des Affaires étrangères, a qualifié le plan de « tout à fait répugnant ». « Les étudiants devraient être éduqués à penser librement. Lorsque vous achetez leurs esprits, ils deviennent une marionnette du gouvernement israélien. On peut donner des bourses pour un travail social ou pour l’enseignement, mais non pour faire de la propagande gouvernementale sur des questions politiques controversées ».

C’est dire que l’Etat d’Israël a du pain sur la planche…

CAPJPO-EuroPalestine

Un dirigeant israélien mis en garde contre les commentaires injurieux sur Facebook


lundi 19 août 2013 – 06h:50

Harriet Sherwood – The Guardian


Daniel Seaman, chargé de promouvoir l’image d’Israël en ligne, a été enjoint de cesser de poster ses commentaires « inacceptables ».

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La réponse de Seaman à une question du négociateur en chef palestinien sur la fin des nouvelles colonies : « Y a-t-il une manière diplomatique pour dire « Allez vous faire foutre » ? »
Photo : Oliver Weiken/EPA

Ce haut fonctionnaire du gouvernement, responsable de la promotion d’images positives d’Israël dans les réseaux des médias sociaux a été enjoint de cesser ses déclarations injurieuses sur sa page Facebook.

Le rappel à l’ordre fait suite à une série de commentaires tenus par Daniel Seaman, lequel vient de prendre ces derniers mois le poste de directeur de la Diplomatie publique israélienne sur Internet.

Parmi ses commentaires, une réponse à une question du négociateur en chef palestinien, Saeb Erekat, sur la fin de l’expansion de nouvelles colonies dans laquelle il écrit : « Y a-t-il une manière diplomatique pour dire « Allez vous faire foutre » ? ».

Au début du mois sacré du Ramadan, quand les musulmans jeûnent du lever au coucher du soleil, Seaman a posté : « Est-ce que le début du jeûne du Ramadan signifie que les musulmans vont arrêter de se manger les uns les autres pendant la journée ?  ».

Comme réponse à un rapport de l’Église d’Écosse qui mettait en avant que les juifs n’ont pas de droit divin sur la terre, il écrit : « Pourquoi pensent-ils que nous avons quelque chose à foutre de ce que vous vous avez à dire ?

Des diplomates japonais se sont plaints des commentaires de Seaman sur les commémorations pour les victimes des bombes atomiques de 1945. « J’en ai par-dessus la tête des Japonais, des groupes des « Droits de l’homme » et pour la « paix » dans le monde entier qui tiennent leurs commémorations annuelles auto-satisfaites pour les victimes d’Hiroshima et Nagasaki  », écrit-il. « Hiroshima et Nagasaki sont les conséquences de l’agression japonaise. Vous récoltez ce que vous semez… »

Selon le Jerusalem Post, les supérieurs de Seaman ont émis plusieurs avertissements à propos de ses affichages Facebook.

Dans un communiqué, la Direction de l’information nationale a fait savoir : «  Les déclarations de Danny Seaman sur Facebook sont inacceptables et n’expriment pas le point de vue du gouvernement israélien. La direction a prié Seaman de s’abstenir immédiatement de tenir de tels propos. »

Seaman était connu pour son approche acide de la presse étrangère quand il était directeur du Bureau de presse du gouvernement. Dans son nouveau rôle il a décidé, entre autres initiatives, d’un programme permettant de payer des étudiants pour poster des commentaires pro-Israël sur Facebook, Twitter et d’autres sites Internet et forums.

Jérusalem, le 16 août 2013 – The Guardian – traduction : Info-Palestine

Sur la sh*t list


USA :

les sionistes s’en prennent au « sale juif » Dustin Hoffman

États-Unis : déchaînement du lobby israélien contre Dustin Hoffman dans ETATS-UNIS dustin-hoffman

Les attaques les plus ordurières du lobby israélien

contre leurs opposants se multiplient aux États-Unis,

avec une prédilection pour ceux d’entre eux qui sont

d’origine juive, rapporte, quelque peu épouvanté,

le journaliste du Haaretz Bradley Burston.

C’est aujourd’hui le célèbre acteur Dustin Hoffman qui est

la cible de leurs attaques, dans des termes qui n’ont rien

à envier aux gazettes hitlériennes.

Le crime de Dustin Hoffman ? Avoir accepté de participer à une cérémonie de remise de prix aux réalisateurs

du film israélo-palestinien « Five broken cameras » (« Cinq caméras brisées »), qui relate la résistance

des villageois de Bil’in au vol de leurs terres par la colonisation.

Alors, le Jewish Press, à l’en croire « le plus grand journal juif indépendant des États-Unis » se déchaîne.

« Hoffman est quelqu’un dont la judaïté ne semble avoir joué aucun rôle dans l’existence, sinon d’avoir

développé l’antisémitisme, de par sa petite taille, son appendice nasal, sa voix nasillarde et ses rôles

de petit mec dégourdi, autant de caractéristiques qu’on attribue typiquement aux Juifs », lit-on dans ce journal.

L’auteur de l’article, Lori Lowenthal Marcus, est également le président de l’association Z Street

(avec un Z pour Zionist).

D’autres américains juifs coupables de critiques, mêmes timides, de la politique israélienne, ont droit

à leur tombereau d’injures. L’écrivain Peter Beinart se voit par exemple traité de « vomissable Kapo ».

« Il faut que cela cesse», se désespère Bradley Burston. « Parce que si les fanatiques, les partisans de l’apartheid

et les fascistes de l’extrême-droite israélienne continuent de jouir de tribunes et de pouvoir se présenter

comme des experts d’Israël, alors aucun de ceux qui souhaitent la destruction d’Israël n’aura bientôt plus besoin

d’ouvrir la bouche ».

Source : http://www.haaretz.com/blogs/a-special-place-in-hell/targeting-stephen-hawking-and-dustin-hoffman…

CAPJPO-EuroPalestine

voir aussi la Massada shit list avec tous les « mauvais juifs »

La Libre Promotion Soda Stream


Le 13/08/13 09:40, « Vandenabeele Paul » <paul.vandenabeele@dh.be> a écrit :

Bonjour Madame, 

Le secrétariat nous a bien transmis votre mail.

Nous connaissons l’origine du produit que nous nous proposons à nos abonnés. 

Lorsque nous proposons un produit à nos abonnés nous vérifions plusieurs choses. Celles-ci sont : la qualité du produit, l’utilité de ce produit et ses conditions de fabrication. 

La qualité et l’utilité de ce produit ne sont plus à démontrer. Ce produit est fabriqué suivant des normes de qualité du plus haut standard et offre toutes les garanties possibles. Il est pratique à utiliser et permet des économies importantes par rapport à des achats de bouteilles d’eau minérale pétillante. Le personnel de cette société travaille dans des conditions tout à fait normales, est bien traité et correctement rémunéré. Cette offre d’abonnement rencontre un beau succès. 

La question du conflit israélo-arabe est une des questions les plus complexes de notre siècle et où beaucoup d’interprétations et de prises de position sont possibles. Boycotter un produit dans un tel contexte serait poser un acte politique et est donc étranger à une décision marketing saine. 

Nous vous remercions de votre courrier et nous vous prions d’agréer, chère Madame, nos meilleurs sentiments.

Bien à vous,

Denis Pierrard

………………….

Réponse de MP :

Bonjour Messieurs,

J’adressais le courriel aux journalistes responsables de la Libre Belgique.
Je m’étonne dès lors de recevoir une réponse de l’agence de marketing de la LB (envoyé par Monsieur Vandenabeele et signé par Monsieur Denis Pierrard).

Dans mon courriel, il ne s’agit pas de la qualité du produit mais d’une réglementation européenne que vous ne respectez pas.

Les drones israéliens et les bombes au phosphore qui bombardent aveuglement la population  de Gaza enfermée sont aussi d’excellente qualité, je n’en doute pas. De même que les engins Caterpillar qui déracinent des milliers d’oliviers palestiniens centenaires.

Et en parlant de “conflit”, vous vous alignez une nouvelle fois sur la propagande israélienne qui tente par tous les moyens de redorer son image en lambeaux.

Il n’y a pas de conflit, Messieurs,  ni de territoires “controversés, discutés ou disputés” mais d’une occupation illégale d’une territoire appelé Palestine par une armée suréquipée (et d’excellente qualité).

Ce “conflit” comme vous dites pourrait facilement être “résolu” si Israël respectait le Droit International en restituant aux Palestiniens leur terre et leur complète autonomie.

Ce “conflit” s’éternise, par la faute de collaborateurs comme vous.
Alors, “buvez vos bulles”.

MP

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