Jérusalem, capitale des ressentiments


LE SOIR du 11 mars 2013

REPORTAGE
JERUSALEM
DE NOTRE ENVOYE SPECIAL

Une ambiance à nulle autre pareille. La vieille ville de Jérusalem, derrière ses remparts centenaires, pourrait passer pour le centre du monde… religieux. Moins d’un kilomètre carré en pente, 40.000 habitants presque tous piétons, mais surtout, des lieux saints, tellement saints. Les touristes, nombreux, ne s’y trompent pas : ils viennent pour visiter – vénérer – le Saint-Sépulcre (chrétien), l’esplanade des Mosquées (musulmane) ou le mur des Lamentations (juif). Trois religions révélées qui cohabitent dans une ambiance d’apparence sereine mais la tension politique, pourtant, n’est jamais loin.

Nous entrons par la porte de Jaffa, proche du petit quartier arménien vite traversé. Au sud, le quartier juif rénové ces dernières années accueille nombre de visiteurs américains. Au détour d’un escalier public, le spectacle fait frissonner : à deux cents mètres en contrebas apparaît le mur des Lamentations qui soutient l’esplanade des Mosquées. Le dôme du Rocher y resplendit sous les rayons d’un soleil hésitant. Guide pour un groupe venus d’Atlanta, Daniel nous confie ses impressions un tantinet amères.
« Les journalistes européens se focalisent sur les malheurs des Palestiniens et ignorent la réalité.

Le processus de paix est en panne, OK, mais à qui la faute ? Comment faire confiance aux Arabes ? Vous avez vu ce qui s’est passé à Gaza, on leur a rendu tout le territoire en 2005 et ils en ont fait une base terroriste de lancement de roquettes ! On ne peut prendre le même risque avec la Cisjordanie, cela voudrait dire que le Hamas pourrait prendre pour cibles les grandes villes, dont Tel-Aviv, qui n’est qu’à 20 km de la Cisjordanie, sans parler de l’aéroport, encore plus près, non c’est impossible ! »

Une Américaine d’âge mûr veut se mêler à la conversation. « De toute façon, ils sont éduqués dans la haine des juifs, ils n’accepteront jamais notre présence sur cette terre, donc il faudra nous défendre pendant longtemps encore, et tant pis si cela nous oblige à empêcher l’établissement d’un vrai Etat palestinien, ils devront se contenter d’une autonomie accrue, au mieux, ‘sorry’ ! »

Il ne faut pas parcourir plus de deux cents mètres d’étroites ruelles pavées pour plonger dans un autre monde. A travers le dédale des venelles du souk, côté musulman, les senteurs diffèrent, les couleurs divergent, le bleu et blanc et l’étoile de David disparaissent comme par enchantement. Ici, on s’interpelle d’une boutique à l’autre, on évite les charrettes qui livrent les marchandises, les enfants jouent en criant. Mais la bonne humeur ambiante cache de lourds ressentiments.

Khaled, comme la plupart des boutiquiers, aurait préféré nous vendre les verres peints de Hébron qui font sa spécialité, mais il ne refuse pas un brin de causette. « J’habite une maison de 35 m² louée ici près de la porte d’Hérode, nous dit cet homme sans âge. En dehors de la vieille ville, les loyers sont prohibitifs pour moi. Sans ce logement, je devrais quitter Jérusalem et, alors, je perdrais ma carte de résident et donc l’accès à la ville. Des milliers de Palestiniens sont victimes de ce système inique : après trois ans d’absence pour, par exemple, aller travailler dans le Golfe ou étudier en Europe, ils ont perdu leur carte de résident et ne peuvent plus habiter chez eux ! Alors que les résidents juifs peuvent quitter la ville pendant dix ans sans perdre aucun droit, évidemment… Moi j’appelle cela du racisme. »

Un groupe se forme autour de nous. Adel, plus jeune, intervient dans un anglais approximatif : « Le but des (Israéliens) juifs a toujours été de contrôler le plus grand territoire possible avec le moins d’Arabes. Regardez comme ils cantonnent les Palestiniens dans quatre ‘réserves’, à Gaza, Ramallah, Naplouse, Hébron. »

Le sujet fait vibrer nos interlocuteurs. « Un aspect cruel de plus dans la dépossession, explique encore Khaled en offrant un second thé, c’est que n’importe quel juif de New York, de Kiev ou de Sydney débarque à (l’aéroport) Ben Gurion et il devient israélien en une demi-heure, alors que des millions de réfugiés palestiniens ne pourront jamais – jamais ! – retrouver des terres qu’ils ont dû quitter de force il y a quelques décennies. »

Nous quittons la vieille ville. Dans la partie Ouest, juive, de Jérusalem, un ami israélien nous attend. Un intellectuel qui aime la discrétion mais ne fait aucun effort pour dissimuler son pessimisme. « On s’extasie parce que la formation du soi-disant centriste Yaïr Lapid a fait une percée aux élections de janvier, devenant le second parti israélien. Mais c’est un vote qui n’est pas progressiste, il suffit de voir ce que Lapid pense de Jérusalem. Il explique que ‘l’on avancera quand les Palestiniens comprendront qu’ils n’auront jamais Jérusalem’. Les membres israéliens de l’Initiative de paix de Genève, comme l’ex-colonel Shaul Arieli, invitent régulièrement des députés à venir visiter Jérusalem, constater les ravages causés par le mur de séparation, etc. Eh bien ! Lapid a interdit à ses députés d’y aller ! En outre, il a conclu une alliance pour aller ensemble au futur gouvernement avec le parti de Naftani Bennet, qui représente tout simplement les colons ! »

Se peut-il que les frustrations palestiniennes aboutissent à une troisième intifada (soulèvement) ? « Tous les éléments sont là et la colère de la population palestinienne s’accroît. La crise financière de l’Autorité palestinienne qui peine à payer les salaires, l’absence de négociation qui prive de perspective d’avenir, la colonisation juive qui continue sans relâche, le rejet populaire des deux grands partis, Fatah et Hamas… Pourtant on n’en est pas à la révolte. La population palestinienne se préoccupe d’abord de ses problèmes quotidiens ; elle est notamment très endettée. Mais qui sait ? Les deux intifadas ont débuté par des étincelles imprévisibles… »

BAUDOUIN LOOS »

The gatekeepers : avec l’article de Baudouin Loos


Chacun à leur tour, ils racontent, intensément, quelque trente ans de lutte antiterroriste en Israël et de gestion désastreuse de la question palestinienne. Un flot d’aveux précis, circonstanciés, d’une remarquable liberté et d’une sidérante acuité. Six anciens chefs du Shin Beth, l’équivalent israélien du FBI, expliquent comment, depuis la Guerre des six jours en 1967, dont la victoire vaut à l’État hébreu d’occuper Gaza et la Cisjordanie et de faire face à un million de Palestiniens, les responsables politiques n’ont jamais vraiment cherché à construire la paix. Une succession d’erreurs qu’inaugurent les mots d’arabe approximatif avec lequel de jeunes réservistes s’adressent aux populations des nouveaux territoires occupés, leur annonçant qu’ils viennent les « castrer », au lieu de les « recenser ».

L’article de Baudouin Loos sur ce film :

Le documentaire qui trouble Israël

Avec The Gatekeepers (les Gardiens), Dror Moreh secoue Israël. Ses témoins: les six anciens chefs de la sécurité israélienne intérieure. Qui parlent face caméra et contre l’occupation. « Car ils sont inquiets pour l’avenir d’Israël », dit le réalisateur.

Un documentaire peut-il changer la face du monde? Certes non. Mais il peut susciter une prise de conscience salutaire. Dror Moreh, le réalisateur israélien qui a filmé The Gatekeepers (1) a sans aucun doute fait oeuvre utile, en jetant ce pavé dans la mare, ou plutôt en apportant cette pierre dans l’édifice encore à bâtir qui s’appellerait la paix au Proche-Orient. Parce que ses « acteurs », les témoins qu’ils a interrogés avec minutie pendant trois ans, ne sont pas n’importe qui. Ce ne sont pas ceux qui argumentent en général pour la paix israélo-palestinienne. Ce ne sont pas « des juifs qui cultivent la haine de soi », ou quelques gauchistes mal dégrossis. Non. Ce sont les six ex-chefs du Shin Beth encore en vie. Le Shin Beth, aussi appelé la Shabak, ce sont les services de sécurité intérieure. Des durs.
Le documentaire choc qui, signe des temps, a vaincu sans problème la censure militaire israélienne, connaît un beau succès en Israël. Une quinzaine de cinémas le diffusent et font salles combles…
Nous voilà donc en présence de ceux qui ont, des années durant, dirigé les services qui espionnaient la société palestinienne, réprimaient, arrêtaient, torturaient, tuaient des Palestiniens. Accessoirement aussi, ils s’occupaient des extrémistes israéliens juifs. Six anciens responsables qui ont voué leur vie à la défense de la sécurité d’Israël. Et qui disent, chacun à sa façon, comment, comme le proclame l’un d’eux en conclusion du film, « nous avons gagné toutes les batailles mais nous perdons la guerre ».
La plongée dans les « batailles » du Shin Beth ne laisse pas indemne. C’est la lutte « contre le terrorisme ». A savoir le monde des exécutions (plus ou moins bien) ciblées, du recrutement intensif de collaborateurs, de la torture. Les chefs à la retraite en parlent. Tous avec réalisme. Certains aussi avec cynisme. Comme celui qui sourit au souvenir de l’assassinat par téléphone piégé de « l’ingénieur » du Hamas Yehya Ayache, en janvier 1996, « un beau travail, très propre, élégant ». Les représailles du Hamas, sans doute moins « élégantes », allaient faire des dizaines de morts dans des bus israéliens et ramener la droite extrémiste israélienne au pouvoir…
« L’avenir est noir, dit l’un des anciens responsables. Nous sommes devenus une force brutale d’occupation. Comparable à l’armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale, du moins pour ce qu’elle fit aux populations polonaise, belge, hollandaise ou tchèque. » Un autre lâche: « Nous rendons la vie de millions de gens insupportable, nous les maintenons dans une souffrance humaine prolongée et ça me tue ».
Les six hommes n’affichent pas tous contrition ou résipiscence. Et puis, leurs états d’âme pourraient être considérés comme tardifs, ainsi que l’estime Gideon Levy, un chroniqueur du quotidien Haaretz qui n’a pas l’habitude de dissimuler ses sentiments: « Ils roulent des yeux, écrivait-il le 30 décembre dernier, et rejettent la responsabilité sur les dirigeants politiques comme s’ils n’auraient pas pu les influencer, comme s’ils n’auraient pas pu moins torturer, moins tuer ».
Binyamin Netanyahou a fait savoir par un communiqué qu’il n’avait pas vu le film et qu’il n’avait pas l’intention de le voir. On peut comprendre le Premier ministre israélien. Que des experts israéliens bien plus qualifiés que lui en matière de sécurité, de terrorisme, viennent proclamer face caméra, après mûres réflexions, que « l’occupation est mauvaise pour Israël » ne peut résonner agréablement à ses oreilles.

La terreur est israélienne, et elle est quotidienne ! (Vidéo)


Tandis que Peres ose déclarer au premier ministre belge que « l’obstacle à la paix ce n’est pas la colonisation, mais la terreur du Hamas et celle du Hezbollah » (il aurait tort de se gêner, vu le comportement de ses interlocuteurs !), les lynchages et autres attaques racistes contre des Palestiniens se multiplient dans « l’Etat juif ».

Ci-dessous une courte vidéo montrant non pas un ou deux racistes israéliens, mais une foule raciste en train de se disperser après le lynchage d’un agent de nettoyage, à Tel Aviv, dans la nuit du 24 au 25 février, aux cris de « Un Arabe est un fils de p… Un Juif est une âme bénie ».

Des témoins ont rapporté que « l’homme serait mort si les jeunes n’avaient été dispersés par la police ».

Vous avez bien lu : ces terroristes n’ont pas été arrêtés, ils ont juste été « dispersés » par la police israélienne, alors que cet homme de 40 ans, paisible père de famille était hospitalisé, avec des fractures du crâne et des blessures au visage, dont les yeux !

Hassan Ausruf remplissait un seau d’eau dans la rue quand il fut attaqué par une vingtaine de jeunes, qui l’ont frappé et lui ont lancé tout ce qui leur tombait sous la main, bouteilles, morceaux de verre… tandis qu’il courait ensanglanté pour leur échapper en les entendant crier : « Alors l’Arabe, il parait que tu veux un Etat ? »

La même semaine, c’était au tour d’une femme palestinienne d’être attaquée et violemment battue par un groupe de femmes juives, cette fois, tandis qu’elle attendait le tramway à Jérusalem.

Quatre femmes se sont approchées de Hana Amtir en lui demandant si elle était arabe. Après qu’elle eût répondu affirmativement, elles se sont mis à lui cracher dessus, à lui arracher son foulard et à lui donner des coups en la traitant de « putain arabe ».

Et il s’agit là de deux cas qui ont eu droit à un écho dans la presse. On ne parle pas des autres…

La faute au Hamas ou au Hezbollah, Monsieur Peres ?

CAPJPO-EuroPalestine

Mobilisation : l’ULB ne doit pas être complice de l’Etat d’Israel


 

  •  Rue Ducale, 1, 1000 Bruxelles
  • Le 5 mars prochain, Didier Viviers, Recteur de l’ULB, est annoncé comme participant à une « Séance-Académique » organisée par le CCOJB, Forum et l’ambassade israélienne, avec Shimon Peres, président de l’Etat d’Israel.
    – Le 5 mars place du Trône, sous la statue du roi Léopold dès 17h30.

    Tous les cercles et associations qui veulent se joindre à cet évènement sont les bienvenus.

    Organisations/cercles/associations qui soutiennent :
    – Comac (Mouvement de jeunes du PTB)
    – JAC (Jeunes Anticapitalistes)
    – Intal
    – BDS-ULB
    – section bruxelloise des étudiants FGTB
    – Ceae ulb
    – les Indigènes de Belgique asbl
    – Students Against Israeli Apartheid
    – le parti Egalité
    – le Mouvement Citoyen Palestine
    – Generation Palestine
    – A.B.P.
    – Comité Palestine LLN
    – Gents actieplatform Palestina
    – de LAP- Leuvense Actiegroep Palestina
    – Palestina Solidariteit vzw
    – Prisoner’s Family & Friends Association
    – Vrede vzw
    – Plate-forme Charleroi-Palestine
    – LEF-FGE

Shimon Peres reçu à Bruxelles avec les honneurs…


Suite à sa carte blanche

Mr Goldman a répondu ce jour

À : m.uyttendaele@ugka.be

Maître,

J’ai lu avec attention et consternation votre carte blanche dans le Soir.
Etes-vous bien spécialisé dans le droit constitutionnel?
Je suis désolée de vous l’apprendre mais non, Israël n’est pas une démocratie, en tout cas dans le sens où nous l’entendons en Europe. Oui il y a le droit de vote mais cela ne suffit pas pour être un état démocratique. Je pense d’ailleurs, que les Bédouins citoyens israéliens ne peuvent participer à toutes les élections. Dans nos états, pour être une démocratie, il faut, je pense, respecter les droits de l’homme. Et Israël bafoue ces droits fondamentaux au quotidien. D’ailleurs Israël n’a pas de constitution (pourquoi?) et n’a pas de frontière fixe ce qui lui permet de continuer à conquérir du territoire.
Savez-vous qu’Israël n’accorde pas les mêmes droits (en matière de propriété notamment) à ses citoyens selon qu’ils sont juifs ou pas alors que beaucoup de ses citoyens ne sont pas juifs? Cet état enferme en prison qui il veut sous prétexte d’ « arrestation administrative » sans jugement, pour des durées indéterminées, sans accorder aux prisonniers des droits élémentaires comme voir sa famille. Sont enfermés des mineurs d’âge. La torture y est pratiquée.
Cet état  enferme ses objecteurs de conscience donnant à ces jeunes gens courageux un casier judiciaire leur interdisant de trouver du travail.
Par ailleurs Israël est un état religieux qui ne reconnait pas le mariage civil.
En vous lisant, j’ai l’impression que vous ne savez pas cela. Pourtant, apparemment, vous lisez le journal Le Soir et donc les articles de Baudouin LOOS et de Serge Dumont….
« Mr Peres a aussi des qualités » certes…il doit être un bon père de famille mais c’est aussi un criminel de guerre qui devrait être jugé par le tribunal pénal international. Vous défendez aussi les criminels de guerre?
Un état qui commet des crimes de guerre en bombardant la population civile avec des armes illégales comme les bombes au phosphore (vous avez vu les blessures que ça fait?), qui vole l’eau, qui construit un mur illégal, qui bombarde des centrales électriques ce qui compromet l’approvisionnement en eau, qui soumet la population de Gaza à un blocus criminel?
La liste des crimes commis par cet état est trop longue…
Je vous trouve assez méprisant envers ceux qui défendent les droits des Palestiniens. Personnellement, je n’ai rien à voir avec Mme Fourest. Ceux qui critiquent attisent la haine? Veulent la destruction d’Israël? Auriez-vous copié ces arguments d’un site « hasbara.com« ? Diriez-vous la même chose de ceux qui dénoncent les crimes de l’armée birmane ou du Sri Lanka? Bientôt vous allez nous dire de nous occuper du Darfour…Les premiers qui dénoncent les crimes de l’état israélien sont les pacifistes israéliens et les journalistes de Harretz: ils sont responsables aussi d’attiser la haine?
Ceci dit en vous lisant, j’ai découvert un désaccord avec Mr Abbas: pourquoi veut-il que la Palestine soit démilitarisée???D’abord que je sache, la Palestine n’a jamais eu d’armée et personnellement je pense qu’il faut que la Palestine ait une armée aussi puissante que celle d’Israël car ce n’est que quand les forces en présence sont en équilibre que la paix est possible…Ou alors mieux: faudrait démilitariser Israël! Les Palestiniens aussi ont le droit de se défendre!
Enfin, je suis assez d’accord avec Mr Goldman quand il dit qu’il s’agissait « d’une soirée cirage de pompes »: allons soyons sérieux, il n’est écrit nulle part qu’il s’agissait d’une conférence débat…
Je joins ma discussion avec le recteur et le mot de l’UPJB
J’espère que votre épouse est mieux informée des problèmes des Palestiniens…

Objet : réponse du recteur

Chère Madame,

J’ai lu votre message avec beaucoup d’attention.

Je ne me prétends pas spécialiste de la politique israélienne et je suis convaincu de la capacité de Monsieur Shimon Peres à répondre très habilement à toute question critique. Je sais aussi qu’il y aura face à moi un parterre de partisans de la politique d’Israël. Mais est-ce pour cela que l’on doit renoncer à adresser des questions critiques à quelqu’un? Je ne le pense pas. Je me suis toujours opposé au règne des communautarismes. Aussi, je trouve une certaine cohérence à affirmer une position contradictoire dans une communauté qui n’est pas la mienne, pour maintenir un dialogue et faire connaître à ceux qui l’oublient parfois des positions dissonantes. Je vous rejoins lorsque vous affirmez que la situation ne sera pas facile.

Quant aux insignes de DHC, il ne s’est jamais produit qu’on les retire. Et il a fallu cet événement pour que certains (la majorité?) se souviennent qu’on les avait octroyés à Shimon Peres. Je garde cependant en mémoire vos propositions.

Avec mes sentiments les plus respectueux,

Le Recteur,

Didier Viviers

De : Nathalie Patris [mailto:nath.patris@gmail.com]
Envoyé : vendredi 1 mars 2013 09:41
À : recteur@ulb.ac.be

Objet : Suggestion: Neve Gordon et Nurit Peled

Monsieur le Recteur,

J’ai lu avec grande attention votre réponse sur votre blog.

Il est bien courageux de votre part d’interpeller Mr Peres sur la politique israélienne de ces dernières années, mais avec tout le respect que je vous dois, pensez-vous avoir les connaissances nécessaires sur l’histoire du conflit et surtout sur la situation actuelle? Je ne veux en aucune manière vous dysqualifier: je sais que vous êtes un homme intelligent et brillant. Mais vous allez avoir en face de vous un manipulateur professionnel bien rodé à ce genre d’exercice. Il vous dira, avec la main sur le coeur, qu’il défend la paix, le dialogue avec les Palestiniens, discours creux et bien connu tout à fait contraire aux faits. Il répondra de façon évasive aux questions plus directes comme les crimes de guerre commis à Gaza, l’utilisation des bombes à phosphore, les bombardements au sud-Liban, la colonisation, les droits des prisonniers palestiniens et les arrestations administratives, la destruction systématique des villages bédouins du Néguev pourtant citoyens israéliens….Vous aurez devant vous un parterre de partisans pro-israéliens avec sans doute, au premier rang, Mr Kotek et Mr Sosnowski qui évidemment défendront le brave homme.

Par ailleurs, au vu de sa responsabilité personnelle dans les crimes de guerre commis par l’état israélien, ne pensez-vous pas qu’il faudrait au plus vite lui retirer les insignes de docteur honoris causa car le jour, où il comparaîtra devant le tribunal pénal international, cela risque de nuire à la crédibilité de l’ULB.

A sa place, puis-je vous suggérer la candidature du professeur Neve Gordon qui enseignait à l’Université Ben Gourion du Néguev où il dirigeait le Département de sciences politiques et gouvernementales. Ce courageux professeur est un membre actif de l’ONG Ta’ayush, qui rassemble Juifs et Arabes israéliens. Il soutient la campagne Boycott- Désinvestissement – sanction ce qui lui a valu de gros ennuis, mis sous surveillance par ses étudiants. Je vois qu’il n’est plus à l’unif depuis 2010. A-t-il été licencié?
Il est l’auteur de ce site: http://www.israelsoccupation.info

Ou Nurit Peled qui a déjà été honorée du Prix Sakharov du Parlement européen en 2001 et qui parle parfaitement le français. Elle est toujours professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem et est spécialiste du conditionnement scolaire. Sa tragédie personnelle a été racontée par Simone Bitton dans le film L’Attentat. (Sa fille Smadar a perdu la vie dans un attentat-suicide à Jérusalem.)

Tous les refuzniks mériteraient le titre de « docteur honoris causa » et les militants des vraies associations pacifistes israéliennes qui prennent des risques. Les soutenir est un devoir pour quiconque veut défendre les droits de l’homme et la justice.

Dans l’attente de vous lire, je vous remercie, Monsieur le Recteur, d’avoir pris le temps de me lire.

Nathalie PATRIS

Une subtile opération de com.

COMMUNIQUÉ DE L’UNION DES PROGRESSISTES JUIFS DE BELGIQUE (UPJB)

Que le Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique et le Forum der Joodse Organisaties invitent Shimon Peres, président de l’État d’Israël, cela n’a rien d’étonnant. Ce qui l’est beaucoup plus, c’est que le ministre belge de la Défense, Pieter De Crem, et le recteur de l’ULB, Didier Viviers se prêtent à cette évidente opération de com.

Opération de com. ? Personne n’ignore en effet que l’image d’Israël est de plus en plus ternie aux yeux de la Communauté internationale. Alors les organisations juives invitent son président qui, par ses déclarations récentes en faveur de négociations sérieuses avec l’Autorité palestinienne – et même avec le Hamas -, apparaît comme un homme de paix. Le problème, c’est que, en Israël, ce n’est pas le président qui dirige la politique du pays, son rôle étant strictement représentatif. Et il s’en acquitte fort bien en s’appliquant à donner une image respectable d’Israël, ce qui est l’objectif manifeste de l’opération.

La question que l’on peut, que l’on doit, se poser est de savoir pourquoi il a attendu de n’avoir plus aucun rôle décisionnel pour tenir un discours de paix. Car il ne faut pas oublier qu’avant d’accéder à la présidence, le 15 juillet 2007, Shimon Peres a été de quasi tous le gouvernements et qu’il a vigoureusement soutenu la politique de colonisation et aussi les deux guerres du Liban.

Qui plus est, Shimon Peres a, de façon directe, du sang sur les mains. En avril 1996, alors qu’il était Premier ministre, fonction à laquelle il avait accédé après l’assassinat de Yitzhak Rabin, c’est lui qui avait ordonné le bombardement du camp de réfugiés des Nations unies de Cana, au Sud-Liban, bombardement dont le bilan s’était élevé à 100 morts, majoritairement des femmes, des enfants et des vieillards. Le plus grave est qu’il s’agissait d’une opération strictement électoraliste à un mois des élections qui devaient avoir lieu le 29 mai suivant. Shimon Peres voulait ainsi prouver que lui, le civil, pouvait aussi être un chef de guerre. 100 morts pour rien puisque c’est Benyamin Netanyahu qui avait remporté les élections.

Que l’establishment de Belgique ait envie d’entendre la « bonne » parole du président de l’État d’Israël – à 100 ¤ l’entrée ! -, soit. Mais que vont donc lui dire le ministre de la Défense et le recteur de l’ULB ? Vont-ils lui parler du rapport des chefs de mission de l’Union européenne à Jérusalem-Est et à Ramallah qui fustige la colonisation israélienne à Jérusalem-Est occupé et annexé, estimant qu’elle vise à empêcher la création d’un État palestinien, et qui appelle les pays membres à sanctionner financièrement Israël ? Nous craignons fort que ce ne sera pas le cas et qu’ils feraient dès lors mieux de s’abstenir de participer à cette opération de com.

source : reçu par mail

Revoir Israël Confidential émission du Mercredi 27 Février à 21:55


ICI

Six anciens directeurs du Shin Bet (service israélien de sécurité intérieure et de renseignement) ont décidé de prendre position publiquement et faire des révélations sur la politique antiterroriste menée par Israël depuis la Guerre des Six jours en 1967. Que ce soit contre le terrorisme palestinien ou celui lié à l’extrémisme juif religieux, ils font le bilan de leurs échecs et leurs succès. Ils évoquent sans langue de bois les actions violentes qu’ils ont souvent commandées (attentats ciblés, exécutions sommaires, enlèvements). Le récit, chronologique, retrace sous un éclairage inédit des événements cruciaux du conflit israélo-arabe : depuis la retraite du Sinaï et la guerre du Liban jusqu’à l’invasion récente de Gaza, en passant par la montée du terrorisme juif, l’assassinat de Rabin, les deux Intifadas. Les citoyens qu’ils ont juré de protéger ont peut-être vécu plus en sécurité grâce à leur action, mais cela a-t-il rapproché le pays de la paix ?

Shimon Peres, persona non grata en Belgique


Posté le 27 février 2013. Tags:

Shimon Peres, persona non grata en Belgique

Shimon Peres sera reçu au Palais des Académies mardi 5 mars pour une soirée donnée en son hommage par le CCOJB. Y assisteront le recteur de l’ULB, Monsieur Didier Viviers, ainsi que notre Ministre de la Défense, M. Pieter De Crem. L’Association Belgo-palestinienne dénonce l’honneur réservé au Président israélien, qui sous sa façade d’ « homme de paix » est un criminel de guerre et appelle MM. De Crem et Viviers à renoncer à leur participation.

M. Shimon Peres a en effet eu l’avantage d’obtenir en 1994 le prix Nobel de la paix grâce aux avancées des  accords d’Oslo entre Israéliens et Palestiniens. Mais cette image de colombe a tendance à occulter le réel visage de cet homme politique israélien. Président de l’Etat d’Israël depuis 2007, il joue de son image positive pour atténuer les réactions internationales négatives face à la politique des gouvernements israéliens de plus en plus à droite.

Mais M. Peres est également lui-même un criminel de guerre par le soutien qu’il a apporté à la colonisation lorsqu’il était au gouvernement. En 1975, comme Ministre de la Défense du premier gouvernement de Yithzak Rabin, il a soutenu les colons de Sebastya, une des premières implantations en Cisjordanie. La même année, il a planté le premier arbre de la colonie d’Ofra.

En tant que Premier Ministre, Shimon Peres a autorisé le bombardement massif du Liban en 1996 lors de l’opération « Raisins de la colère » faisant des nombreuses victimes civiles, et créant des flots de réfugiés quittant Beyrouth.

M. Peres est le représentant officiel d’un Etat criminel qui occupe, qui colonise, qui attaque impunément et qui torture, et à ce simple titre l’ABP recommande le boycott de sa visite.

source

La loi des plus forts


http://www.tv-replay.fr/redirection/26-02-13/la-loi-des-plus-forts-arte-10497234.html

A voir sur Arte en streaming mais je ne sais pas jusqu’à quand.

Documentaire – 1h26min – Diff. le 26-02-13 à 23:15

Lorsqu’en 1967 Israël occupe la bande de Gaza et la Cisjordanie, il y instaure une administration et une législation spécifiques, sous contrôle de l’armée. Plutôt que d’appliquer le droit israélien à ces zones nouvellement conquises, hommes politiques et militaires bâtissent progressivement un système complexe de lois et d’ordonnances, guidés par une préoccupation principale : maintenir l’ordre. Plus de quarante ans après, cette législation est toujours en vigueur. Exemplaire dans sa forme et maintes fois primé, le documentaire interroge ses architectes – de vieux messieurs qui étaient autrefois procureurs ou présidents de cours martiales ou membres de la Haute Cour de justice israélienne. Comment juger les Palestiniens, eux qui sont à la fois des « ennemis » et des résidents de territoires officiellement israéliens ? Quels argumentaires juridiques ont jeté les bases de la colonisation ? Sans jamais occulter la dimension subjective et interprétative de leur travail de documentaristes, Ra’anan Alexandrowicz et Liran Atzmor démontrent avec gravité que le droit n’est pas neutre. Les entretiens, menés dans un décor minimaliste, dévoilent les arcanes d’une législation sur laquelle les citoyens israéliens ne sont que peu consultés et que les Palestiniens ressentent comme arbitraire et opaque. Avec en fil rouge une question cruciale et dérangeante : une occupation militaire est-elle compatible avec l’État de droit

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