Le phénomène Lapid Victoire de l’escapisme


L’avis de Michel Michael Warschawski sur les élections de mardi
mw

Ce matin, je prends mon café en lisant les résultats des élections a la Knesset : rien d’inattendu dans ces résultats si ce n’est les 19 sièges gagne par le parti Il y’a un futur du très populaire présentateur de télévision Yair Lapid. 19 députes, c’est presque 16% du nouveau parlement.

Les 18 autres députes de sa liste n’ont pas plus d’expérience ou d’idées politiques que Lapid – c’est-à-dire aucune – et pendant une campagne électorale considérée comme la plus morne et la plus vide d’enjeux politiques des quinze dernières années, ils se sont limites a une seule revendication : « égalité dans le fardeau », c’est-à-dire service militaire obligatoire pour les ultrareligieux, jusqu’ici dispenses de perdre trois ans sous les drapeaux. Pas un mot sur le conflit israélo arabe ni sur le risque de guerre avec l’Iran, pas un mot non plus sur le pouvoir des oligarches de la finance qui dominent le pays et sur les inégalités sociales dont Israël a, selon le PNUD, la médaille d’argent des pays industrialises.
Ni, ni. Ni droite ni gauche, ni pour la paix ni pour la guerre, ni pour l’occupation coloniale ni contre : Il y a un futur s’est contenté de surfer sur la haine des religieux et le mépris des pauvres qui caractérisent les classes moyennes de Tel Aviv.

Les jeunes ont massivement voté pour Yair Lapid avant tout parce qu’il symbolisait, a leurs yeux, le rejet de la vieille politique, des combats idéologiques, des valeurs bien définies. Yair Lapid, c’est eux, et c’est bien triste.
Lors des gigantesques manifestations des Indignes, pendant l’été 2011, les porte paroles du mouvement insistaient sur la dimension sociale et non politique du mouvement, non politique signifiant le refus de se positionner sur les enjeux du conflit israélo-arabe. Yair Lapid a réussi le pari de capitaliser sur la volonté de changement et de rupture avec la vieille politique, tout en allant un pas plus loin : ni politique ni social, tout au plus retirer aux pauvres les quelques bénéfices sociaux que la restauration néolibérale de Benjamin Netanyahou n’a pas encore confisque et aux ultrareligieux le droit de ne pas faire leur service militaire. Il n’aura donc aucun problème a rejoindre la coalition de droite que Benjamin Netanyahou va reconduire.
Ce qui me rend triste ce matin, c’est que 16% des électeurs, dont la majorité des jeunes (juifs), ont fait le choix du vide, du rien. De voter Lapid, parce qu’ « il est sympa », et ne les oblige pas a faire des choix : gauche ou droite, colonisation ou négociation, guerre ou intégration régionale, néo-libéralisme sauvage ou, comme l’exigeait le mouvement des indignes, retour a l’Etat social. Ils ont vote Lapid parce que Lapid, dans son vide abyssal, c’est eux, dénués d’idéologie, rejetant toute notion de valeurs, aveugles aux aspirations nationales de l’autre et a la lutte des classes qui bel et bien continue.
Ce qui me rend triste ce matin c’est d’avoir eu raison quand nous, militants anticolonialistes, affirmions que si le mouvement des indignes persiste dans son refus de se positionner sur les enjeux politiques, il perdra aussi la bataille du social : la victoire du très néolibéral Yair Lapid est la concrétisation de cette défaite.
Dans un an, il ne restera rien du groupe parlementaire de Yair Lapid, fait de bric et de broc… y compris de quelques gens bien. Certains auront été achetés par le pouvoir, d’autres auront rejoint des partis politiques plus expérimentés, d’autres encore dégoutés par la politique.
Mais la politique va rapidement nous rejoindre : les révolutions arabes, le déclin de l’hégémonie américaine, l’émergence de nouvelles puissance régionales, la montée en puissance de l’Iran vont exiger d’Israël a faire un choix : soit la fuite en avant guerrière et, a terme, suicidaire, soit un tournant politique radical qui passe d’abord par la fin de l’occupation coloniale. Il a fallu la guerre de 1973 pour réveiller la société israélienne de ses illusions sur l’omnipotence éternelle de sa force militaire.

Espérons qu’il ne faudra pas une guerre nucléaire pour lui faire comprendre que « le service militaire pour tous » est loin d’être une réponse aux problèmes existentiels auxquels l’Etat Juif est confronté.

Israël vote ce mardi : à droite toute !


I

Baudouin Loos
Mardi 22 janvier 2013, 08h07 | mis à jour Mardi 22 janvier 2013, 20h14

Si le duo Netanyahou – Lieberman a perdu un peu de son avance dans les sondages, c’est au profit d’un parti d’extrême droite qui veut annexer une majeure partie de la Cisjordanie. La nouvelle Knesset pourrait être la plus nationaliste de l’histoire, à en croire les sondages. La paix n’a quasi pas été évoquée durant la campagne. Analyse

  • Instantané à Jérusalem : cette religieuse orthodoxe marche devant les murailles de la vieille ville utilisées par le Likoud du Premier ministre Binyamin Netanyahou pour faire sa propagande. Sacré le « roi Bibi » par le magazine « Time », M. Netanyahou, champion de la droite, brigue ce 22 janvier un troisième mandat sur le trône d’Israël sans véritable rival. © Ronen Zvulun/Reuters.

Quelque 6,65 millions d’Israéliens sont conviés à voter aujourd’hui pour renouveler leur Parlement (la Knesset) lors d’un vote à la proportionnelle qui leur proposera un choix entre 32 formations politiques. Aucun observateur ne s’attend à de gros bouleversements : la liste du Likoud (nationaliste) du Premier ministre Binyamin Netanyahou qui se présente en alliance avec la formation Israël notre Maison (très à droite également) d’Avidgor Lieberman arrivera largement en tête, et « Bibi » pourra composer son nouveau gouvernement en choisissant les partis nécessaires – qu’ils soient religieux, d’extrême droite ou du centre droit – pour former une majorité confortable. Principal absent du scrutin : le conflit israélo-palestinien. Passons en revue quelques données qui seront la marque de ces élections.

Pourquoi ce scrutin ? Binyamin Netanyahou et Avidgor Lieberman ont avancé la date de ces législatives qui devaient se tenir à l’automne. Cette décision leur était inspirée par des sondages alors très favorables. Toutefois, depuis lors, les instituts de sondage ont quelque peu refroidi les responsables de la liste, qui devrait faire moins de sièges (autour de 33 élus) qu’en 2009 (42 élus si on additionne les deux partis qui se présentaient séparément). Mais Netanyahou n’a rien à craindre : même si ce chiffre décevant était entériné par les urnes, il se succédera à lui-même, le second parti n’arrivant pas à la moitié d’élus, selon toutes les prévisions.

Qu’annoncent les sondages ? Derrière la liste Netanyahou-Lieberman, le parti travailliste devrait refaire surface et prendre la seconde place (une quinzaine de sièges lui sont promis). Revigoré par sa nouvelle patronne, l’ex-journaliste Shelly Yachimovich qui a consacré l’essentiel de son énergie à se donner l’image de défenseur des démunis, de la justice sociale, cela au détriment du dossier palestinien, dont elle fait très peu de cas, montrant même beaucoup de compréhension pour les colons.

En troisième position, on devrait trouver le parti d’un nouveau venu dans la politique, Naftali Bennett (40 ans), un ex-entrepreneur très riche qui a redonné des ailes au vieux Parti national religieux (Mafdal) sous le nom de Foyer juif. On lui prédit entre 12 et 15 élus au lieu des 3 actuels. Ce sont des durs. Le parti des colons juifs. Il préconise l’annexion par Israël des 60 % de la Cisjordanie occupée sur lesquels l’Autorité palestinienne (AP) n’a aucun contrôle en vertu des accords dits d’Oslo. Selon « le plan Bennett », l’AP et ses confettis de territoires seraient dotés d’une plus large autonomie, sans plus.

Derrière ces formations, on devrait trouver un tout nouveau parti, Yesh Atid, lancé par un ex-journaliste charismatique Yaïr Lapid, puis une autre formation tout récemment créée, HaTnouha, dirigée par l’ex-ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni. Celle-ci se démarque des autres en promouvant la reprise du processus de paix avec les Palestiniens. Fermeront la marche, deux (ou trois) partis ultra-orthodoxes, un parti sioniste de gauche (Meretz), le parti mixte juif-arabe Hadash (ex-communiste) et deux autres partis arabes.

La droite laïque et religieuse conservera donc sans problème une très grosse majorité dans cette 19e Knesset, même si les instituts de sondage israéliens n’ont pas toujours été des plus fiables.

Et les Arabes israéliens ? Ceux qu’on devrait plutôt appeler les Palestiniens israéliens – près de 20 % de la population – sont, comme à chaque élection israélienne, partagés entre deux attitudes : participer au scrutin ou le boycotter. Les partisans du boycott gagneraient du terrain. Au motif que, de toute façon, les Arabes resteront toujours des citoyens de seconde zone en Israël, discriminés et souvent considérés avec méfiance par la majorité juive du pays. Fait exceptionnel : la Ligue arabe a émis un communiqué ce lundi à l’adresse de cet électorat, l’enjoignant à aller voter. « La Ligue arabe, dit le texte, appelle les citoyens arabes d’Israël à voter massivement aux élections afin d’être représentés et pouvoir s’opposer aux lois racistes »

Que devient la solution des deux Etats dans ce contexte ? Deux Etats, Israël et Palestine, vivant côte à côte pacifiquement : tel est le but affiché par la totalité de la communauté internationale. Binyamin Netanyahou, sous la pression de Barack Obama, a officiellement embrassé cette perspective en juillet 2009, mais les faits et gestes de son gouvernement dénotent en même temps un sabotage à la fois consciencieux et inlassable de la solution des deux Etats par l’extension de la colonisation juive en Cisjordanie et à Jérusalem-Est qui rendent tout à fait impossible la création dans ces territoires d’un Etat palestinien muni de la souveraineté qu’un tel statut devrait impliquer.

Dimanche encore, Netanyahou faisait étape à Ariel, l’une des plus grandes colonies juives qui s’enfonce profondément dans le nord de la Cisjordanie occupée, et ses propos avaient le mérite de la clarté : « Ariel, capitale de la Samarie, est une composante centrale de la ceinture de sécurité d’Israël (…). Si Dieu le veut, de la même manière que Jérusalem sera pour toujours notre capitale éternelle, Ariel a été et sera toujours inséparable d’Israël ».

source

Enfants palestiniens dans les prisons israéliennes


Près de 200 enfants palestiniens se trouvent actuellement dans les prisons israéliennes. Ils sont privés de certains droits de l’enfant, tels que le contact avec les parents, l’assistance d’un avocat au cours de l’interrogatoire et le droit de visite. Ceci après une arrestation effectuée souvent en pleine nuit et accompagnée fréquemment de violence verbale et physique, où les enfants sont emmenés menottés et les yeux bandés. Après des interrogatoires de plusieurs heures et ou des détentions dans une cellule d’isolement, un aveu est arraché par l’intimidation et les menaces (lire également http://www.addameer.org/etemplate.php?id=296 <http://www.addameer.org/etemplate.php?id=296> )


Pour protester contre les conditions d’arrestation et de détention, je vous invite à signer et diffuser la pétition de l’asbl Palestina Solidariteit adressée au ministre belge des Affaires étrangères Reynders et à Ahston  la haute représentante de l’Union Européenne pour les Affaires étrangères:
http://www.change.org/petitions/eu-high-representative-external-action-put-pressure-on-israel-to-respect-the-rights-of-children-in-captivity <http://www.change.org/petitions/eu-high-representative-external-action-put-pressure-on-israel-to-respect-the-rights-of-children-in-captivity>

Je vous remercie d’avance.

Lettre à Ikea concernant le commerce de franchisés d’IKEA avec les 500,000 colons juifs installés illégalement dans les Territoires palestiniens occupés


Lettre adressée au conseil d’administration d’Inter Ikea systems B.V. Olof Palmestraat, 1NL-2616 LN Delft, Pays Bas, Europe. http://Www.support@ikeaservice.ca http://www.contact.franchisor@inter-ikea.com

5 janvier 2013

Mesdames,Messieurs,

Vous me voyez très préoccupé par la manière peu respectueuse dont votre ’’mystérieux ’’ conseil d’administration a répliqué à la lettre de la journaliste, madame Adri Nieuwhof du 28 décembre 2012.

L’aspect le plus troublant, de cette réponse laconique, concerne,sans nul doute,votre aveu de non responsabilité concernant vos filiales franchisés ayant des opérations commerciales ailleurs qu’en Europe et en Amérique. Ainsi, l’implantation de deux franchises IKEA œuvrant en sol israélien( ville de Netanya et celle de Rishon Lezion) commercent allègrement et sans scrupule,avec les 500,000 colons juifs installés illégalement dans les Territoires palestiniens occupés de la Cisjordanie en violation flagrante avec le droit international et plus particulièrement les Conventions de Genève concernant l’appropriation, par la force militaire, d’un territoire envahi en toute illégalité depuis 1967.

Inter Ikea systems B.V., compagnie à franchises possédant un chiffre d’affaire de près de 30 milliards de dollars en 2012, 338 magasins à grandes surfaces et 154,000 travailleurs-euses répartis dans le monde, n’est pas sans savoir que l’image qu’elle projette a un impact majeur sur les consommateurs partout sur la planète en regard des politiques discriminatoires enfreignant les résolutions onusiennes d’un conflit vieux de 64 ans. En effet, l’image de marque IKEA en Israël est témoin des violations systématiques des droits humains subit par le peuple palestinien, de la politique d’Apartheid pratiquée par le gouvernement israélien au jour le jour se traduisant par des points de contrôles militaires, plus de 500, répartis sur les Territoires Occupés empêchant les villages palestiniens de communiquer et restreignant arbitrairement le déplacement des civils. À ce drame s’ajoute les crimes contre la personne, la destruction d’habitations et des productions d’oliveraies, la restriction de l’eau potable, etc. Nous sommes face à la confusion pour le moins inquiétante lorsque vous évoquez les valeurs éthiques d’IKEA notamment concernant les enfants. Je cite votre politique portant sur ce qui m’apparaît de la pure hypocrisie marketing :

<< Chez IKEA, les enfants sont ceux qui comptent le plus au monde. IKEA croit que tous les enfants ont le droit de vivre leur enfance dans un milieu sain et sécuritaire et d’accéder à une éducation de qualité, peu importe l’endroit où ils vivent dans le monde. C’est pourquoi la Fondation IKEA appuie plusieurs projets visant à offrir aux enfants un meilleur départ dans la vie. 100 millions d’enfants bénéficieront des projets en cours. >>

Je tiens à vous rappeler le dernier rapport des Nations Unies intitulé Situation des droits de l’homme dans les territoires Palestiniens occupés depuis 1967. Ce rapport rendu public en 2011 est disponible pour votre compréhension (en pièce attachée ci-joint) Il dresse un portrait peu enviable de l’oppresseur sur la situation inquiétante des enfants de la Cisjordanie, la Bande de Gaza ainsi que de Jérusalem-Est. Si réellement, telle que vous semblez manifester une sensibilité à l’égard des enfants, vous devriez sévir fermement à l’endroit de vos franchisés israéliens et notamment au niveau politique de l’État d’Israël. Toujours à propos des enfants, la détresse est palpable partout dans l’espace territoriale communément appelé, la Bande de Gaza, véritable prison à ciel ouvert, où s’entassent plus de 1,6 millions de Gazaouies, je vous réfère au document des Nations Unies intitulé : Gaza in 2020, a liveable place ?

Autre élément de votre culture lié à une forme de valeur morale ou éthique. Vous évoquez, dans votre littérature,disponible sur votre site, le modèle égalitaire de la société suédoise. Je vous cite à nouveau :

<< La société suédoise IKEA a été fondée alors que la Suède s’apprêtait à devenir un modèle de société égalitaire où tous, riches et pauvres, étaient protégés. Cette philosophie s’inscrit bien dans la vision d’IKEA. Afin d’améliorer le quotidien du plus grand nombre, IKEA demande à ses clients d’être ses partenaires. Par exemple, en assurant lui-même l’assemblage de ses meubles, le client peut bénéficier de prix plus avantageux. Notre assortiment de produits est sécuritaire pour les enfants et répond aux besoins de toute la famille. Ensemble, nous pouvons donc créer un quotidien meilleur pour tout le monde. >>

L’image marketing d’IKEA semble, par cette approche, accepter à souhaits l’idée de deux poids, deux mesures . Ainsi, fermer les yeux sur la pitoyable situation discriminatoire dans laquelle l’État d’Israël pourfend le droits international bafouant plus de 400 résolutions des Nations Unies depuis maintenant 64 ans en toute impunité. Comment, dans ce contexte,où vraisemblablement, vous optez pour fermer les yeux sur une situation répugnante,votre image de marque ne pas s’accoler à celle de cette nation raciste qu’est devenue Israël aujourd’hui.

En espérant que votre conseil d’administration trouvera des éléments de réflexions, à l’aide des textes disponibles, afin de redresser l’image peu envieuse d’IKEA en Israël et ainsi vous permettre de faire pression sur vos franchisés délinquants ainsi que sur le gouvernement israélien, premier instigateur de ces violations internationales des Conventions de Genève et des résolutions onusiennes votées par forte majorité lors des Assemblées générales annuelles de cette prestigieuse organisme internationale. Par de tels gestes,l’image de marque d’Inter ika systems B.V. sera, à coup sûr, rehaussée pour son courage et sa conviction envers le bien être des enfants.


M. Jean Léger, membre de la Coalition pour la Justice et la Paix en Palestine, Québec.

source

Le gouvernement sud-africain entérine la campagne BDS


 

vendredi 21 décembre 2012



L’ANC, principal parti au gouvernement en Afrique du Sud, vient non seulement d’adopter une résolution en faveur de la campagne de Boycott, Sanctions et Désinvestissement (BDS), telle que réclamée par la société civile palestinienne, mais a mis en place un comité chargé de veiller à son application.

La résolution 35 qui vient d’être adoptée par la conférence nationale de l’ANC est historique. Elle « appelle tous les Sud-Africains à soutenir les programmes et campagnes de la société civile palestinienne destinés à faire pression sur Israël pour qu’il s’engage à trouver avec les Palestiniens une solution juste ».

Cette décision n’était pas évidente étant donnée les énormes pressions exercées par le lobby israélien sur place.

Mais il semble que le traitement humiliant et brutal infligé par Israël aux Africains ait contribué à faire voter cette décision à une large majorité, lors de la conférence nationale de l’ANC.

Celle-ci a en effet dénoncé « les attaques xénophobes et la déportation des Africains par l’Etat d’Israël » et réclamé que « ce problème soit abordé par l’Union Africaine ».

Source : http://electronicintifada.net/blogs…

Et voir également article dans Haaretz : www.haaretz.com/news/diploma…

CAPJPO-EuroPalestine

Israël-Palestine : vers une troisième Intifada ?


19 décembre 2012 – Armin Arefi – Le Point

Pendant que la colonisation israélienne s’accélère, un nouveau groupe palestinien appelle à un soulèvement contre l’État hébreu. Décryptage.

 

JPEG<br />
            - 17.9 ko
Dans une vidéo, les Brigades de l’unité nationale affirment qu’elles « poursuivront leur lutte armée jusqu’à ce qu’elles expulsent l’occupation et libèrent toute la Palestine ».

Capture d’écran Youtube

C’est la dernière riposte en date d’Israël au changement de statut de la Palestine à l’ONU. L’ONG israélienne La Paix maintenant a révélé mardi que l’État hébreu était sur le point d’approuver de nouveaux projets massifs de colonisation à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. Mercredi, « la commission de planification (municipale) va donner son accord au vaste projet de Givat Hamatos A« , pour lequel des appels d’offres devraient être publiés dans les prochains mois, a déclaré à l’AFP Hagit Ofran, porte-parole de l’association anti-colonisation.

Les nouvelles constructions, situées près de Bethléem, couperaient délibérément cette ville palestinienne de Jérusalem. Ainsi, d’après la militante, ce plan « est susceptible à lui seul de faire capoter la possibilité d’une solution à deux États (palestinien et israélien) ». L’ONG ajoute que le ministère israélien du Logement se prépare à lancer, dès la semaine prochaine, des appels d’offres pour des centaines de logements dans les implantations de Givat Zeev, de Karnei Shomron et d’Efrat, en Cisjordanie. Une accélération de la colonisation en territoire palestinien qui n’a pas plu au principal allié de l’État hébreu. Mardi, le département d’État américain s’est dit « profondément déçu qu’Israël persiste à poursuivre ce schéma d’actions de provocation« , estimant que cela allait « à l’encontre de la paix ».
Colonisation de Jérusalem-Est : une politique « délibérée »

L’État hébreu s’était déjà attiré de nombreuses critiques occidentales lorsque, au lendemain de l’accession de la Palestine au statut d’État observateur non membre à l’ONU, il avait annoncé en représailles son souhait de construire 3 000 nouveaux logements à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, notamment dans la zone E1, située près de la ville sainte. Un projet déjà hautement controversé, car il couperait en deux la Cisjordanie et l’isolerait de Jérusalem-Est.

« Outre la question des mesures de rétorsion, il existe chez le gouvernement israélien une politique délibérée s’opposant à tout gel officiel ou officieux de la colonisation à Jérusalem, cette ville étant considérée comme la capitale (unifiée et indivisible) d’Israël« , explique au Point.fr Denis Charbit, professeur de sciences politiques à l’Université ouverte d’Israël. « Ainsi, ces constructions renforcent l’assise de la terre d’Israël dans les zones occupées. » Mais le chercheur israélien voit également dans ces nouveaux projets une manoeuvre électorale en vue des législatives anticipées du 22 janvier prochain.

Manoeuvre électorale

« D’un côté, le Likoud [parti de droite du Premier ministre, Netanyahou, NDLR], engagé dans une coalition de droite [avec les ultranationalistes d’Israël Beitenou, NDLR], souhaite montrer qu’il n’oublie pas son engagement à soutenir la colonisation« , soutient Denis Charbit. « De l’autre, ajoute le chercheur, Benyamin Netanyahou cherche à piéger le centre et la gauche israélienne, qui ne peuvent se permettre de s’opposer à la colonisation à Jérusalem, celle-ci faisant consensus en Israël. Ainsi, le Premier ministre israélien veut ramener le débat aux questions sécuritaires, où il a le vent en poupe, au contraire des sujets sociaux. »

Le jeu demeure tout de même dangereux. Comme l’a rappelé lundi la dirigeante du parti Meretz (gauche laïque israélienne), Zehava Galon, « le Premier ministre est prêt à tout pour tenter d’arracher des voix au Foyer juif [parti d’extrême droite proche des colons, NDLR], même au prix d’une crise internationale ou d’une troisième Intifada » palestinienne.

Hasard du calendrier, le même jour est né à Hébron, en Cisjordanie, un nouveau mouvement palestinien. Baptisée « Brigades de l’unité nationale« , en référence à la réconciliation inachevée du Fatah et du Hamas, cette formation, composée de jeunes membres de toutes les factions palestiniennes – Fatah, Hamas, Jihad islamique et Front populaire de libération de la Palestine -, appelle ni plus ni moins à l’avènement d’une troisième Intifada (soulèvement en arabe).

Menaces des Brigades de l’unité nationale

Dans une vidéo de quatre minutes, révélée par le quotidien israélien Jerusalem Post, ses membres encagoulés menacent de frapper avec « une main de fer » l’État hébreu s’il ne cesse ses « agressions contre le peuple palestinien« . Brandissant un coran, ils avertissent les soldats de Tsahal qu’ils n’hésiteront pas à les kidnapper s’ils continuent à arrêter ou tuer leurs concitoyens (un jeune Palestinien de Hébron, âgé de 16 ans, a été abattu par balle la semaine dernière par une garde-frontière israélienne). Leurs revendications sont précises : les membres des Brigades de l’unité nationale réclament :

- la suppression des check-points israéliens en Cisjordanie,
- la libération des prisonniers palestiniens détenus en Israël,
- ainsi qu’un retrait israélien total de la Palestine.

Ce dernier point fait l’objet d’une précision sans ambiguïté. Le groupe promet de ne pas céder « un centimètre de la Palestine, de la mer (Méditerranée) à la rivière (du Jourdain) ». Une menace à prendre au sérieux ? « De tels mouvements ponctuels se créent régulièrement en territoire palestinien« , analyse Olivier Danino (*), spécialiste des groupes palestiniens à l’Institut français d’analyse stratégique (Ifas). « Ce nouveau groupe se démarque toutefois du Hamas et du Fatah en affirmant que la solution ne passera que par la force. »

Le pragmatisme du Hamas

Depuis la seconde Intifada, achevée en 2004, le Fatah, parti laïque dirigeant l’Autorité palestinienne au pouvoir en Cisjordanie, a abandonné la lutte armée au profit de négociations avec Israël sur la base de deux États. Mais son échec a fini de discréditer le mouvement de Mahmoud Abbas auprès des Palestiniens. De son côté, depuis sa prise de pouvoir de la bande de Gaza en 2007, le Hamas, parti islamiste rival, s’est inscrit dans une stratégie plus pragmatique, alliant lutte armée limitée et quête de crédibilité politique. « Les membres du Hamas ont fait en sorte de maintenir le calme avec Israël pour pouvoir appliquer leur politique à Gaza« , souligne Olivier Danino. Les islamistes n’en restent pas moins flous quant à leurs intentions réelles sur la question des frontières définitives d’un futur État palestinien.

Lors de sa récente visite à Gaza, le chef politique du Hamas, Khaled Mechaal, qui a pourtant soutenu la démarche onusienne de Mahmoud Abbas, a ainsi appelé – lui aussi – à « libérer toute la Palestine (…), de la mer (Méditerranée) au fleuve (Jourdain) ». En tout cas, la stratégie semble fonctionner. Désormais soutenus ouvertement par l’émir du Qatar, mais aussi par les Frères musulmans au pouvoir en Égypte, les islamistes de Gaza sont parvenus, au terme de la guerre de Gaza, à se hisser au rang de principal interlocuteur du peuple palestinien face à Israël.

« Aujourd’hui, le Hamas, qui se cherche une reconnaissance internationale, souhaite obtenir une ouverture des frontières de la bande de Gaza, ainsi que la fin du blocus« , explique Olivier Danino. « Des intérêts qui ne correspondent pas au déclenchement d’une troisième Intifada. » De retour de Cisjordanie, le chercheur dit ne pas avoir ressenti les prémices d’un nouveau soulèvement palestinien. Toutefois, il note que « la colonisation israélienne crée inévitablement des tensions supplémentaires, en montrant aux Palestiniens que l’accession de leur pays à l’ONU ne change rien sur le terrain« .
(*) Olivier Danino, auteur de Le Hamas et l’édification de l’État palestinien (éditions Karthala).

19 décembre 2012 – Le Point.frhttp://www.lepoint.fr/monde/israel-palestine-vers-une-troisieme-intifada-19-12-2012-1603697_24.php


Rassemblement face à l’Ambassade d’Israël


_.L’Association Belgo-Palestinienne vous convie

 

au  304èmerassemblement

pacifique  et   silencieux

Vendredi 14 décembre 2012

de 12h30 à 13h30 

 

 

FACE A L’AMBASSADE D’ISRAEL

40, avenue de l’Observatoire à Uccle

 

Soyons  nombreux

sans trompette ni calicots autres que les officiels et ceux reprenant le nom des associations partenaires à ce rassemblement

 

Soyons très nombreux

pour stigmatiser la non-application par Israël des résolutions des Nations Unies (dont la ES 10/15

condamnant la construction du mur) et de la IVème Convention de Genève

et demander la fin du blocus de Gaza

 

Prochains rassemblements en 2013  (deuxième vendredi du mois): en cours de demande d’autorisation

11 janvier, 8 février, 8 mars, 12 avril, 10 mai, 14 juin, 12 juillet, 9 août, 13 septembre, 11 octobre, 8 novembre,

                                                          

Israël se raidit face à la Palestine


DUMONT,SERGE; AFP

LeSoir du lundi 3 décembre

Page 12

Lundi 3 décembre 2012

Proche-Orient Sanctions vexatoires multiples pour laver l’« affront » ONU

TEL-AVIV

DE NOTRE CORRESPONDANT

Les dirigeants israéliens ne digèrent toujours pas le vote à l’ONU accordant le statut d’observateur à la Palestine. Après avoir annoncé la construction de 3.000 logements dans les « nouveaux quartiers » de Jérusalem-Est (la partie arabe de la ville) et dans la « Zone E1 » (vaste étendue de Cisjordanie séparant la ville sainte de l’implantation de Maaleh Adoumim), ils promettent une série d’autres sanctions destinées à gêner, voire paralyser le fonctionnement de l’Autorité palestinienne (AP).

Dimanche, le ministre des Finances Youval Steinitz (Likoud) a proclamé le gel provisoire du montant des droits de douanes et accises que l’Etat hébreu récolte au nom de l’AP, soit environ 85 millions d’euros/mois. Une somme a priori dérisoire pour un budget national, mais pas pour l’AP qui est au bord de la faillite et peine à payer le traitement de ses fonctionnaires. Selon Steinitz, ces sommes serviront à rembourser la dette palestinienne auprès de la compagnie nationale d’électricité israélienne.

Cette mesure a été annoncée au moment où Mahmoud Abbas était accueilli triomphalement à Ramallah par plusieurs milliers de sympathisants du Fatah, son parti, et ce n’est pas un hasard. Parmi les autres sanctions israéliennes actuellement à l’étude figure le retrait des laissez-passer VIP aux personnalités de l’AP, ainsi que l’annulation/report de réunions administratives organisées dans le cadre de négociations techniques ne portant pas sur le processus de paix.

En réalité, Israël n’a pas intérêt à ce que l’AP s’effondre car ce sont ses services, épaulés par ceux de l’Etat hébreu, qui empêchent la reprise des violences en Cisjordanie. Cependant, en pleine campagne pour les élections législatives anticipées du 22 janvier, le Premier ministre Binyamin Netanyahou et son ministre des Affaires étrangères Lieberman doivent absolument faire oublier le camouflet diplomatique qui leur a été infligé à l’ONU.

Dans le courant de la semaine écoulée, alors que la communauté internationale se tournait vers Ramallah en raison de l’exhumation des restes de Yasser Arafat (et, deux jours plus tard, de la préparation du vote de l’ONU sur le statut de la Palestine), plusieurs événements politiques importants se sont déroulés en Israël. D’abord, les primaires organisées au sein du Likoud, le parti de Netanyahou, qui a conclu une alliance électorale avec Israël notre Maison, parti de Lieberman.

La quasi-totalité des candidats placés en ordre éligible sur cette liste commune sont beaucoup plus à droite que par le passé. L’un d’entre eux, un colon du nom de Moshé Feiglin (Likoud), propose l’annexion de la Cisjordanie et la reconquête de la bande de Gaza. En 1995, le même avait publiquement fait part de son admiration pour… Adolf Hitler.

Pourtant, l’union sacrée entre les deux formations ne provoque pas le raz-de-marée escompté. Entre autres, parce que bon nombre d’Israéliens reprochent à Netanyahou de ne pas avoir mené à terme l’opération « Pilier de défense » (lancée il y a quinze jours contre le Hamas de Gaza) et d’avoir cédé aux pressions internationales en n’autorisant pas une invasion terrestre de l’enclave palestinienne. Pour regagner du terrain face aux petits partis d’extrême droite qui se sont unis pour dénoncer la « lâcheté » du gouvernement, le Likoud multiplie les sanctions contre l’AP.

Du côté de l’opposition, le parti travailliste a également organisé ses primaires jeudi dernier et renouvelé ses candidats, parmi lesquels trois des quatre meneurs de la révolte sociale de 2011. Mais le fait politique qui a marqué la semaine écoulée est sans conteste le retour de l’ex-ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, qui présente une liste proposant la reprise immédiate et sans condition des négociations de paix avec les Palestiniens. Soutenue par l’ex-leader travailliste Amram Mitzna (colombe), elle est pour le moment la seule à mettre le sujet en tête de son programme.

La France et la Grande-Bretagne pourraient rappeler leurs ambassadeurs en Israël


La France et la Grande-Bretagne pourraient rappeler pour la première fois leurs ambassadeurs en Israël afin de protester contre la construction de nouveaux logements dans des colonies juives de Cisjordanie, rapporte lundi le quotidien Haaretz, citant des sources diplomatiques européennes. Selon une source diplomatique interrogée par Reuters, Londres devrait prendre une décision dans la journée. Les ambassades des deux pays en Israël ont refusé de s’exprimer dans l’immédiat.

Au lendemain de la reconnaissance implicite à l’Onu d’un Etat palestinien, Israël a confirmé vendredi l’existence de projets qui prévoient la construction de 3.000 logements en Cisjordanie, notamment dans un secteur baptisé E1 et jugé particulièrement sensible, entre Maale Adumim et Jérusalem.

Ces projets auraient pour conséquence de couper la Cisjordanie en deux et d’hypothéquer davantage la continuité territoriale qu’espèrent les Palestiniens. Paris, qui a voté en faveur de l’initiative de l’Autorité autonome à l’Onu, et Londres, qui s’est abstenue, ont fermement condamné le projet samedi. « S’ils sont mis en oeuvre, ces projets modifieront la situation sur le terrain à une telle échelle que la solution à deux Etats, avec Jérusalem comme capitale partagée, sera de plus en plus difficile à atteindre », a estimé le secrétaire au Foreign Office William Hague. « Cela saperait la réputation internationale d’Israël et jetterait le doute sur sa volonté affichée d’obtenir la paix avec les Palestiniens », a-t-il ajouté.

Son homologue français Laurent Fabius, a parlé d’E1 comme d’une « nouvelle zone de colonisation » et estimé que le projet de construction, s’il se confirmait, « saperait la confiance nécessaire à la reprise du dialogue ». « J’appelle les autorités israéliennes à s’abstenir de toute décision en ce sens et à manifester clairement leur volonté de reprendre les négociations », a ajouté le ministre français des Affaires étrangères dans un communiqué.

Un rappel des ambassadeurs français et britanniques constituerait une initiative diplomatique forte à l’encontre du gouvernement israélien. Moshe Yaalon, vice-Premier ministre de l’Etat hébreu, a dit ne rien savoir d’un tel projet. « Je n’en ai pas entendu parler, ni via le ministère des Affaires étrangères ni via les services du Premier ministre.

C’est pourquoi j’ai beaucoup de mal à y croire », a-t-il dit à l’antenne de la radio de l’armée israélienne. Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a ignoré dimanche la réprobation internationale après l’annonce des projets d’extension de colonies de Cisjordanie. « Nous continuerons de construire à Jérusalem et dans tous les endroits qui figurent sur la carte des intérêts stratégiques d’Israël », a déclaré le chef du gouvernement israélien lors du conseil des ministres. Israël a en outre annoncé dimanche la suspension du versement d’environ 100 millions de dollars (près de 80 millions d’euros) de revenus fiscaux à l’Autorité palestinienne.

Le droit à « l’autodéfense d’Israël » : une énorme victoire de la propagande


22 novembre 2012 –

Un Palestinien porte le cadavre d’un enfant hors des décombres, après qu’un missile israélien ait frappé une maison, tuant au moins sept membres d’une même famille dans la ville de Gaza – 18 novembre 2012   

En soutenant l’offensive israélienne contre Gaza, les dirigeants occidentaux ont donné carte blanche aux Israéliens pour faire ce qu’ils font le mieux : se vautrer dans leur sentiment de victimisation et ignorer la souffrance palestinienne.

L’une des victoires formidables de la propagande israélienne est d’avoir été accepté comme une victime des Palestiniens, à la fois aux yeux du public israélien et dans le regard des dirigeants occidentaux qui s’empressent de parler du droit des Israéliens à se défendre eux-mêmes. La propagande est tellement efficace que seules les roquettes palestiniennes dans le sud d’Israël, et à présent à Tel Aviv, sont comptées dans la série des hostilités. Les roquettes, l’atteinte au saint des saints – une jeep militaire – sont toujours vues comme un point de départ; avec la terrifiante sirène qui semble sortie d’une film sur la Deuxième Guerre Mondiale, elles construisent le méta-récit de la victime, intitulé « se défendre soi-même.

Chaque jour, en fait à chaque instant, ce méta-récit permet à Israël d’ajouter un autre maillon à la chaîne de dépossession d’une nation, chaîne aussi vieille que l’Etat lui-même, tout en réussissant à dissimuler le fait qu’un fil sans discontinuité se déroule depuis le refus en 1948 d’autoriser les réfugiés palestiniens à retourner dans leurs maisons, l’expulsion au début des années ’50 des bédouins du désert du Néguev, l’expulsion actuelle des bédouins de la vallée du Jourdain, les fermes pour Juifs dans le Néguev, la discrimination dans les budgets en Israël et les tirs sur les pêcheurs gazaouis pour les empêcher de gagner décemment leur vie. Des millions de fils comme ceux-là relient 1948 au présent. Ils sont le tissu de la vie pour la nation palestinienne, si divisée soit-elle en poches isolées. Ils sont le tissu de l’existence de citoyens palestiniens d’Israël et de ceux qui vivent dans leur pays d’exil.

Mais ces menaces ne sont pas tout le tissu de la vie. La résistance aux fils que nous, Israéliens tissons inlassablement fait aussi partie du tissu de vie pour les Palestiniens. Le mot résistance a été avili pour finir par signifier la compétition très virile pour voir lequel des missile explosera le plus loin, (compétition entre organisations palestiniennes, et entre elles et l’armée israélienne). Ce qui n’infirme pas le fait que par essence, la résistance à l’injustice inhérente à la domination israélienne est une partie inséparable de la vie pour chacun des Palestiniens.

Les ministères étrangers et internationaux du Développement en Occident et aux Etats-Unis collaborent sciemment avec les représentations mensongères d’Israël comme victime, ne serait-ce que parce que chaque semaine ils reçoivent les rapports de leurs représentants en Cisjordanie et dans la bande de Gaza concernant les maillons supplémentaires qu’Israël a ajoutés à la chaîne, ou parce que l’argent de leurs propres contribuables va compenser quelques-uns des désastres humanitaires, grands et petits, infligés par Israël.

Le 8 novembre, deux jours avant l’attaque du saint des saints – des soldats dans une jeep militaire – ils auraient pu lire que des soldats des Forces de Défense Israéliennes (FDI) ont tué Ahmad Abou Daqqa, 13 ans, qui jouait au foot avec ses amis dans le village d’Abassan, à l’est de Khan Younis. Les soldats se trouvaient à 1,5 km des gamins, dans le secteur de la bande de Gaza, occupés à « exposer » (l’euphémisme pour détruire) des terres agricoles. Alors, pourquoi le décompte de l’agression ne débuterait-il pas par un enfant ? Le 10 novembre, après l’attaque de la jeep, les FDI ont encore tué 4 civils âgés de 16 à 19 ans.

Ils se complaisent dans l’ignorance

Les dirigeants occidentaux auraient dû savoir qu’avant l’exercice des FDI la semaine dernière dans la Vallée du Jourdain, des dizaines de familles bédouines ont dû évacuer leurs maisons. Comme c’est extraordinaire que l’entraînement des FDI ait toujours lieu là où vivent des bédouins, et pas des colons israéliens, et que cela constitue une raison de les expulser. Une autre raison. Une autre expulsion. Les dirigeants de l’Occident devraient aussi avoir su, en se basant sur les rapports sur papier polychrome financés par leurs pays, que depuis le début de 2012 Israël a détruit 569 immeubles et structures palestiniens, dont des puits et 178 résidences. En tout, 1014 personnes ont été affectées par ces démolitions.

Nous n’avons pas entendu des masses d’habitants de Tel Aviv et du sud avertir les intendants de l’Etat sur les ramifications de cette destruction contre la population civile. Les Israéliens se complaisent dans leur ignorance. Ces informations et d’autres du même genre sont accessibles et disponibles pour qui est vraiment intéressé. Mais les Israéliens choisissent de ne pas savoir. Cette ignorance délibérée est la première pierre de fondation dans la construction du sens israélien de la victimisation. Mais l’ignorance c’est l’ignorance. Le fait que les Israéliens ne veulent pas savoir ce qu’ils font en tant que puissance occupante n’annule ni leurs actes ni la résistance palestinienne.

En 1993, les Palestiniens ont donné à Israël un cadeau, une opportunité en or de couper les fils reliant 1948 au présent, d’abandonner les caractéristiques de dépossession coloniale du pays, et en même temps de prévoir un futur différent pour les deux peuples de la région. La génération d’Oslo qui a accepté les Accords d’Oslo (pleins de pièges disposés par de judicieux juristes israéliens) est la génération qui devait connaître une société israélienne à multiples facettes, voire normale parce que l’occupation de 1967 le permettait (dans le but de fournir des travailleurs bon marché), une liberté de mouvement presque totale. Les Palestiniens ont accepté un accord basé sur le minimum de leurs exigences. Un des piliers de ces exigences minimum était de traiter la bande de Gaza et la Cisjordanie comme une entité territoriale unique.

Mais dès que l’application d’Oslo a commencé, Israël a systématiquement fait tout ce qu’il pouvait pour faire de Gaza une entité séparée, déconnectée, dans son obstination à maintenir les fils de 1948 et à les étendre. Depuis l’avènement du Hamas, il a tout fait pour sauvegarder l’impression que le Hamas préfère – que la bande de Gaza est une entité politique séparée où il n’y a pas d’occupation. Si c’est ainsi, pourquoi ne pas voir les choses comme ceci: en tant qu’entité politique séparée, toute incursion dans le territoire de Gaza est une violation de sa souveraineté, et c’est ce qu’Israël fait tout le temps. Le gouvernement de l’état de Gaza n’a -t-il pas le droit de répondre, de dissuader ou au moins le droit viril – jumeau de droit viril des FDI – de terroriser les Israéliens tout comme Israël terrorise les Palestiniens ?

Mais Gaza n’est pas un état. Gaza est sous occupation israélienne, en dépit de toutes les acrobaties verbales tant du Hamas que d’Israël. Les Palestiniens qui y vivent font partie d’un peuple dont l’ADN contient la résistance à l’oppression.

En Cisjordanie, des activistes palestiniens tentent de développer un type de résistance différent de la résistance armée virile. Mais les FDI écrasent toute résistance populaire avec zèle et détermination. Nous n’avons pas entendu les habitants de Tel Aviv et du sud se plaindre de l’équilibre de la dissuasion que les FDI construisent contre la population civile israélienne.

Et c’est ainsi qu’Israël fournit à toujours plus de jeunes Palestiniens, pour qui Israël est une société anormale de militaires et de colons, les raisons de conclure que la seule résistance rationnelle est le sang versé et le contre-terrorisme. Et c’est ainsi que chaque maillon israélien d’oppression et chaque mépris de l’existence de l’oppression nous entraînent davantage sur la pente de la compétition masculine.

* Amira Hass est la fille de deux survivants de l’Holocauste. Fait unique pour une journaliste israélienne chargée de la situation en Palestine, elle a choisi de vivre en Cisjordanie et à Gaza, d’où elle publie ses reportages. Ses comptes-rendus d’événements et d’opinions qui vont à contre-courant des positions officielles à la fois israéliennes et palestiniennes l’exposent régulièrement à des attaques verbales et à l’opposition des deux autorités.

Source : Haaretz

source traduction : Marie Meert : info-palestine.net

 

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑