Pense-bête à l’intention du journaliste chargé du Moyen-Orient


 Rudi Barnet

Dans cette période troublée où le journaliste doit manifester la plus grande prudence dans le compte-rendu des événements du Moyen-Orient et éviter de choquer l’opinion publique, il est bon de rappeler quelques principes et règles qui permettront de parer aux critiques. Correctement appliqués, les préceptes et conseils ci-dessous vous éviteront d’être accusé d’opinion tendancieuse.

 

• Ne jamais oublier que ce sont toujours les Arabes qui attaquent ; Israël ne fait que se défendre et agit toujours en représailles.

Ne jamais attribuer ce terme aux actions palestiniennes, seul Israël est victime.

• Quand l’armée israélienne tue des civils arabes, c’est toujours en état de légitime défense.

Quand des civils israéliens sont tués, cela s’appelle du terrorisme.

• Les Israéliens n’enlèvent pas les civils palestiniens, ils les capturent.

Toujours mentionner les nécessités de sécurité pour expliquer ces captures.

• Inversement, les Palestiniens et Libanais ne sont pas habilités à capturer des militaires israéliens! S’ils le font, le qualificatif à utiliser est enlèvement.

• Il n’est pas convenable de mentionner le nombre de prisonniers palestiniens (entre 8 et 10.000, dont 300 enfants) capturés actuellement. Si, malgré tout, vous devez en faire état, qualifiez-les de terroristes ou supposés terroristes.

• Utilisez le moins possible le terme Palestinien et préférez Arabe, terme officiel du gouvernement israélien pour désigner les habitants non-juifs des deux territoires.

• Quand vous mentionnez le « Hezbollah », toujours ajouter l’expression soutenu par la Syrie et l’Iran.

Mais quand vous parlez d’Israël, il est superflu d’ajouter soutenu par les USA et l’Europe.

… On pourrait croire qu’il s’agit d’un conflit déséquilibré.

• Ne pas utiliser le terme « territoires occupés » mais territoires contestés.

A ce propos, il est aussi préférable de dire Judée-Samarie plutôt que Cisjordanie.

• Ne jamais rappeler les diverses résolutions de l’ONU ou conventions de Genève défavorables à Israël.

Idem pour les condamnations par la Cour de Justice de La Haye… Cela risque de perturber le lecteur, téléspectateur ou auditeur.

• Quand vous devez évoquer l’historique du conflit, il est bon de rappeler les attaches bibliques des Juifs avec Israël (« la terre d’où nous venons, le pays de nos ancêtres« ).

Evitez d’évoquer les travaux des historiens modernes qualifiant cette thèse de légende.

• Il est préférable de ne pas dire armée israélienne, mais d’utiliser la qualification plus sympathique de Tsahal.

• Si vous travaillez à la télévision, évitez de montrer des images de Palestiniens blessés (surtout les enfants) et privilégiez toujours celles montrant des Israéliens psychologiquement traumatisés (surtout des enfants).

• Il est de bon ton de laisser entendre que le « Hamas » est un groupe terroriste qui ne reconnaît pas l’Etat d’Israël (ces Islamistes qui ne veulent pas la Paix est un commentaire bienvenu).

Surtout, ne faire aucune mention de la reconnaissance faite en 2002.

• Il n’est pas indiqué de signaler qu’Israël a toujours refusé de fixer ses frontières et ne reconnaît pas la Palestine.

• Le mot colonies doit être écarté dans vos textes, parlez plutôt d’implantations.

• Afin d’affirmer la symétrie du conflit, ne jamais évoquer l’expansionnisme israélien mais toujours parler de deux peuples se disputant un territoire.

• Au cas où vous devriez évoquer les projets de développement nucléaire de l’Iran, il n’est pas utile d’insister sur l’arsenal nucléaire militaire israélien… Et surtout pas de signaler que c’est la 6ème puissance mondiale dans ce domaine.

• Quand vous devez faire état du refus palestinien d’agréer les conditions israéliennes pour l’arrêt des hostilités, toujours ajouter que « Israël considère qu’il n’a plus de partenaire pour le processus de paix »… Si possible sur un ton de regret.

• Si vous êtes appelé à citer le « mur de séparation », ne jamais mentionner qu’il a été établi sur des terres palestiniennes annexées, mais toujours mentionner que ce mur a été érigé pour arrêter les attentats terroristes… Et éviter surtout de citer la condamnation du « Tribunal International de Justice » exigeant son démantèlement.

• Concernant les opposants à Israël, ne jamais utiliser les mots résistants ou militants… Toujours parler de terroristes ou d’activistes.

Même s’ils manifestent seulement pour la paix, ils doivent être qualifiés de pro-palestiniens.

• Au cas ou vous seriez amené à reparler de « Plomb Durci », toujours reprendre la thèse israélienne : c’est le Hamas qui a rompu la trêve (ajoutez « unilatéralement » pour une meilleure compréhension)… et qu’Israël avait mis les Palestiniens en garde avant les bombardements (inutile de citer les bombes au phosphore).

• En cas de nouvelle opération visant à briser le blocus de Gaza, utilisez des expressions telles « cette flottille de soi-disant pacifistes » ou « acte de provocation »… et surtout évitez les commentaires du style « blocus illégal d’Israël, condamné par l’ONU ».

• Il est important d’être vigilant face à la propagande palestinienne.

C’est chaque jour que les agences de presse reçoivent des communiqués sur de soi-disant incidents (incendies d’oliviers, massacre à la frontière syrienne, répression violente de manifestations, etc)… sans confirmation des autorités israéliennes.

Evitez donc d’en faire état dans vos medias.

• Si vous en avez l’occasion, affirmez qu’Israël est la seule démocratie du Moyen-Orient. Evitez, évidemment, d’ajouter que cette qualité ne concerne que la population blanche et juive du pays.

• Ne faites aucune critique de la volonté du gouvernement actuel de transformer le terme Israël en Etat Juif,excluant de facto les 20% de musulmans de la population.

Toujours éviter la référence religieuse à ce propos.

• Contrairement aux infos des medias israéliens, toujours très fiables, la prudence s’impose avec celles provenant des agences de presse ou medias arabes.

Toujours les vérifier – si nécessaire auprès de l’ambassade d’Israël – avant diffusion!

• A priori, tout communiqué émanant des services du gouvernement israélien doit être considéré et diffusé comme objectif!

Au cas où l’information se révèlerait ensuite fausse ou incorrecte, il n’est pas utile d’en informer le public… sauf après un délai suffisant pour en atténuer l’impact.

• Au cas où une information très défavorable à Israël vous parvient (condamnation d’une instance internationale, découverte d’un complot…), il est urgent et primordial, pour préserver la réputation d’Israël, de rechercher un autre sujet à diffuser à sa place (mariage royal, performance sportive…).

• Les Israéliens parlant mieux le français que les Arabes, donnez-leur souvent la parole. Ils peuvent mieux nous expliquer les règles précédentes et vous affirmerez ainsi votre neutralité journalistique.

Note Importante

Au cas où certains de vos collègues contreviendraient aux règles ci-dessus, prière d’en aviser les responsables de votre media. C’est un devoir citoyen de signaler ces dérives antisémites

La « hasbara », l’autre arme d’Israël


Extrait du compte twitter du premier ministrte israélien

Les batailles israélo-palestiniennes ne sont jamais uniquement militaires mais également médiatiques. La propagande, la hasbara, en hébreu, fait l’objet depuis longtemps d’un soin particulier de la part des autorités israéliennes qui procèdent généralement par une « politique de l’offre », la mise à disposition de la presse nationale et internationale d’une kyrielle d’experts militaires, de chercheurs, y compris via des reportages clé en main, dans le but de faire passer les éléments de langage israéliens. Les institutions gouvernementales (armée, ministère des affaires étrangères, qui a ouvert l’onglet Israel under Fire qui décrit un pays attaqué, ou compte twitter du premier ministre Benyamin Nétanyahou) et non gouvernementales (par exemple The Israel Project, qui reprend exactement la même thématique) sont alors en première ligne. Chaque expérience fait ensuite l’objet d’un retour critique (lire cet article du Haaretz sur l’analyse des ratées de l’offensive de 2008-2009 et de l’assaut contre le Navi Marmara).

La nouveauté de la campagne en cours tient à deux éléments. Le premier, le plus spectaculaire, est le recours à la virtuosité numérique avec le suivi, presque en temps réel, de l’assassinat de Ahmed Jabari via Twitter. Le second, plus stratégique est « l’humanisation » de l’opération israélienne avec l’accent mis sur les souffrances israéliennes pour contrecarrer le cliché des fantassins lourdement armés, des blindés et des avions de guerre opposés à un peuple de civils vivant dans le dénuement, alors que les groupes armés palestiniens disposent désormais, grâce à la « zone grise » qu’est devenu le Sinaï, de matériels bien plus meurtriers que par le passé.

Quel impact cette guerre médiatique peut-elle avoir réellement? Outre le fait qu’elle reste à la merci de la moindre bavure immédiatement répercutée (on se souvient à cet égard de la mort quasiment en direct à la télévision israélienne des trois filles du médecin palestinien Ezzedine Aboulaïch en janvier 2009), cette guerre se heurte au profond clivage que génère le conflit israélo-palestinien, l’une des rares questions internationales pour laquelle il existe des opinions très tranchées. On le voit en France où chaque accès de violence resserre les rangs des « pro » et des « anti » (lire la note consacré au livre de Marc Hecker) et où la hasabara ne prêche guère que les convertis.

À propos de Gilles Paris

Le conflit qui oppose Israéliens et Palestinien est au coeur des crises qui secouent le Proche et le Moyen Orient. Considéré comme central par les diplomates et les analystes, il est sans doute l’un des plus suivis par la presse internationale. Cette surmédiatisation, paradoxalement, constitue souvent un obstacle à sa compréhension. Les informations égrénées sur la situation à Gaza, comme en Cisjordanie, les raids, attaques et représailles masquent les processus politiques en cours, leurs enjeux, leurs succès comme leurs échecs. En décryptant régulièrement une actualité éclairée par les documents de références, qu’il s’agisse des textes, des portraits des principaux acteurs ou des dates clefs, Guerre ou paix se propose de rendre cette actualité plus lisible. Il vous permet de vous exprimer sur le Forum du Monde.fr consacré au Proche Orient.

Julien Salingue : Sur l’offensive en cours à Gaza


Propos recueillis par Gaël Cogné et publiés le 16 novembre 2012 sur le site FranceTVinfo

Francetv info : Quelles sont les raisons pour lesquelles Israël a lancé une offensive contre la bande de Gaza ?

Julien Salingue : Il y a deux considérations. Une qui relève de la politique intérieure, l’autre de politique extérieure. D’abord, ça devient de plus en plus une tradition en Israël : les campagnes électorales s’accompagnent d’une attaque. La dernière opération contre Gaza en 2008-2009 (« Plomb durci »), c’était aussi pendant une campagne. Le gouvernement de Benyamin Netanyahu est tenté d’être dans une confrontation militaire pour radicaliser la société israélienne. Ils savaient très bien que le Hamas ne manquerait pas de riposter. Ils comptent convaincre un certain nombre d’électeurs que la meilleure option demeure les plus radicaux, eux-mêmes.

Ensuite, on est à deux semaines d’un probable vote aux Nations unies sur le statut de la délégation palestienne pour son admission comme État nom membre. Israël n’en veut pas mais est minoritaire à l’ONU sur cette position. En lançant une confrontation militaire avec Gaza, il soude derrière lui une partie des hésitants tentés de ne pas vouloir se prononcer, pour ne pas donner l’impression de soutenir les Palestiniens contre Israël. Les réactions d’une partie de l’Union européenne montrent que cela fonctionne. Très nuancées, elles renvoient dos à dos le Hamas et Israël.

L’assassinat du chef militaire du Hamas, Ahmad Jaabari, porte-t-il un coup dur au mouvement ?

Au Hamas, Jaabari était un chef militaire, mais il jouait aussi un rôle politique central dans la bande de Gaza. Il était en charge depuis quelques années du maintien de l’ordre. Son rôle était d’assurer, si nécessaire, le calme aux frontières, aux points de contact avec Israël. Ce n’est pas un hasard si c’est lui qui, on l’a appris dans le quotidien israélien Haaretz, était en train d’élaborer une proposition de trêve avec Israël sous supervision égyptienne. On est loin de l’image qu’on a voulu nous présenter, celle d’un chef de groupes qui tirent des roquettes sur Israël. Finalement, ceux qui au Hamas défendent depuis plusieurs années le principe d’une solution politique et de négociations sont affaiblis.

Le Hamas va-t-il exploiter cette intervention pour renforcer son emprise sur Gaza ?

Il y a quelques mois, le Hamas a créé une force de trois cents hommes chargée de dissuader les autres groupes de tirer des roquettes sur Israël. Alors que le blocus, les bombardements et les incursions se poursuivaient, cette mesure n’était pas populaire. Une partie de la base du Hamas jugeait qu’il n’était pas assez ferme. En visant directement l’appareil militaire du Hamas, Israël donne l’impression à la population que le parti est loin d’avoir fait des compromis. En ce sens-là, ça peut servir le Hamas.

Après, cela peut aussi avoir un effet sur la scène politique intérieure palestinienne. Le Hamas sort renforcé vis-à-vis de l’autorité palestinienne de Ramallah. Depuis quelques jours, cette dernière peine à communiquer. En réalité, Mahmoud Abbas se retrouve un peu piégé. S’il condamne trop vivement l’intervention israélienne, s’il apporte trop ouvertement son soutien à la population de Gaza, il va apparaître comme soutenant le Hamas [son opposant politique]. Mais s’il ne le fait pas, il donne le sentiment qu’il privilégie les intérêts d’appareil à la population.

Du coup, les groupes jihadistes salafistes qui ont fait leur apparition ces dernières années s’en trouvent-ils affaiblis ?

Il est difficile de mesurer leur réalité. Mais ils se sont construits en expliquant que le Hamas était en train de devenir l’équivalent de l’Autorité palestinienne, qu’il n’allait pas assez loin. Par conséquent, dans la phase actuelle, ils perdent de leur aura car le Hamas s’est remis à participer de manière très visible au combat. En revanche, si le Hamas va vers la négociation d’une trêve ou d’un cessez-le-feu et que dans les semaines ou les mois à venir la situation de Gaza ne s’améliore pas, les groupes plus radicaux empocheront la mise.

Pendant longtemps, le régime d’Hosni Moubarak en Egypte s’est montré assez neutre vis-à-vis d’Israël. L’arrivée au pouvoir de l’islamiste des Frères musulmans (organisation proche du Hamas) Mohamed Morsi change-t-elle la donne ?

Ce qui s’est passé depuis deux jours montre assez nettement que les choses ont changé. On a eu les déclarations assez vives de Mohamed Morsi, le rappel de l’ambassadeur d’Egypte en Israël, l’ouverture de la frontière à Rafah pour permettre aux blessés palestiniens de sortir, la visite du Premier ministre égyptien aujourd’hui. Israël ne peut plus compter sur le régime égyptien pour faire taire toute contestation de la politique israélienne en Egypte et pour contribuer à l’isolement des Palestiniens. Pour l’instant, cela ne joue pas beaucoup sur la politique israélienne, mais cela peut, à moyen terme, peser.

Pensez-vous que l’opération va encore durer longtemps ? Y aura-t-il une opération terrestre ?

Difficile à dire. Avec le contexte électoral israélien, le gouvernement ne peut pas donner l’impression d’avancer à moitié. Est-ce que ça veut dire qu’il va entrer partiellement, totalement dans la bande de Gaza, qu’il va accroître la pression militaire ? Ce qui est sûr, c’est que ça ne va pas s’arrêter aujourd’hui. Ce qui va jouer, c’est en partie l’attitude du Hamas et les effets des tirs de roquettes. S’il y a d’autres morts côté israélien, ou d’autres roquettes qui tombent à côté de lieux symboliques, cela peut convaincre l’armée israélienne de pénétrer dans la bande de Gaza et de taper plus fort.

« Le siège économique de Gaza doit cesser »


chat voyez ici

Nicolas Verstappen (St.)
Jeudi 15 Novembre 2012, 11h5 | mise à jour il y a 42 minutes

 

A nouveau, c’est l’escalade de la violence entre Israéliens et Palestiniens. Pourquoi ? Baudouin Loos a répondu à vos questions.

« Le Hamas envoie des roquettes régulièrement. Imaginez que le pays voisin de la Belgique envoie des roquettes. Qu’attendrez vous de votre gouvernement ? Qu’il dise merci ? », lance un internaut !
C’est une vision très unilatérale des choses, débarrassée du contexte. Il faut analyser cet événement, et ça demande un peu de connaissance du terrain. Je ne pense pas que les Gazaouites soient des dingues qui prennent un malin plaisir à envoyer des bombes sur Israël juste par plaisir. Pour rappel, le territoire de Gaza a été évacué par les Israéliens depuis 2005 mais est depuis lors encerclé. Il est en état de siège, et rien ne sort ni ne rentre sans le bon vouloir d’Israël. Il n’y a qu’à regarder les derniers chiffres concernant Gaza : 34% de la population est au chômage, 80% dépend de l’aide alimentaire, 35% des terres cultivables et 85% des eaux sont inaccessibles pour les Gazaouites. Qu’on le veuille ou non, c’est une prison à ciel ouvert.

Peut-on voir un lien entre ce qui se passe à Gaza et la récente présidentielle américaine ?
Non, je ne vois aucun lien. Personnellement, je lierai ça plutôt à l’élection israélienne anticipée demandée par Netanyahu. Car il se fait que les sondages pour son parti, le Likoud, déclinaient légèrement. Donc, les partis travaillistes regagnaient du terrain mais eux n’en ont cure du processus de paix et se focalisent sur des problèmes sociaux. Ainsi, je pense que Netanyahu a voulu susciter cette crise pour unir les Israéliens derrière le gouvernement et faire oublier les problèmes sociaux. Comme un renforcement du peuple derrière un ennemi commun.

Y a-t-il une corrélation entre les frappes sur Gaza et la volonté d’Abbas de demander un rehaussement du statut de la Palestine à l’ONU ?
Je ne pense pas. Habas avait l’intention le 29 novembre de présenter l’Etat palestinien comme Etat non-membre à l’ONU. Mais cette affaire de Gaza le handicape sérieusement. Habas aurait voulu qu’on appuie la demande mais en vertu de cette flambée de violence mise sur le compte du Hamas, les Européens se diront que les Palestiniens ne sont pas mûrs pour une indépendance.

Israël n’était-elle pas victime des roquettes tirées depuis Gaza ? Et la « liquidation » du chef militaire du Hamas n’est-elle pas dès lors une conséquence directe ?
Non ! Encore une fois, le Hamas est au pouvoir à Gaza, mais il n’a pas commencé ! Le Hamas n’a, très souvent, recours à ce genre de méthode que pour se défendre, riposter ou pour assurer son contrôle sur la bande de Gaza. Mais il existe aussi une infinité de groupuscules plus radicaux que le Hamas à Gaza. Et ces gens-là n’ont pas le même agenda que le Hamas. Il font aussi leurs actions de leur coté. Quant à Ahmad Jaabari, c’est lui qui négociait avec Israël depuis 2005. Israël le connaissait bien. Donc en le tuant, c’est Israël qui met le feu au poudre volontairement à mon sens.

Quels sont les intérêts du Hamas à Gaza ?
Le Hamas aimerait assurer une gestion à Gaza, en faire une réussite. Mais ce n’est pas évident à gérer pour eux car, comme je l’ai dit, ils doivent composer, indirectement et involontairement, avec d’autres groupuscules qui n’ont pas les mêmes volontés et les mêmes visions.

Doit-on parler des Gazaouites en terme de résistants ou de terroristes ?
Pour le gouvernement israélien, toute personne qui résiste est un terroriste. Mais dois-je rappeler ce qu’il a fait à Gaza en 2008 avec l’opération Plomb durci ? Toujours un « deux poids deux mesures ».

L’opinion publique israélienne est massivement derrière son gouvernement. Comment peut-on l’expliquer ?
Parce que l’opinion est conditionnée par le discours de la classe politique qui est majoritairement de dire « Il n’y a pas de partenaire du côté palestinien ». Le Hamas n’est pas une entité monolithique depuis des années. On sait qu’une bonne partie de ces gens ont compris ce qu’il fallait : partager la terre. Ahmad Yassine parlait même de 30 ans de trêve. Mais le gouvernement israélien n’en veut pas. On peut le voir avec la colonisation dans les territoires cisjordaniens qui se poursuit encore à l’heure actuelle.

A nouveau, c’est l’escalade de la violence entre Israéliens et Palestiniens. Pourquoi ? Baudouin Loos a répondu à vos questions.

voir entretien ici

Finalement, pourquoi cette recrudescence de violence maintenant ?
C’est un enchaînement comme il y en a eu depuis tant d’années, comme on n’en compte plus d’ailleurs. C’est un ensemble d’éléments qui forment un cocktail qui, un jour, s’avère explosif. Maintenant, avec ce nouvel événement, la question est de savoir jusqu’où ça ira. Quoi qu’il en soit, pour moi, il n’y a qu’une seule issue à ce marasme: que Gaza cesse d’être assiégée économiquement et surtout, que les pourparlers de paix, en vue de la constitution d’un Etat paletinien soient menés à bien au plus vite.

source

Baudouin Loos : ON LE SAIT CETTE VIOLENCE NE RESOUT RIEN


Pourquoi le gouvernement de l’Etat d’Israël a-t-il pris la décision, lourde de conséquences, d’«éliminer» Ahmad Jaabari, chef incontesté de l’aile militaire du Hamas? Parce que le Hamas, «organisation terroriste», ne reçoit que ce qu’il «mérite» ? C’est bien la version officielle: des incidents armés avaient eu lieu, des roquettes tombaient sur Israël, il fallait frapper la tête du «serpent».Très bien. Sauf que cette version ne tient pas la route. Ahmad Jaabari n’était certes pas un enfant de choeur. Mais il se trouvait être celui avec qui Israël traitait, indirectement, depuis plus de cinq ans en matière de sécurité. Pour Aluf Benn, un analyste vétéran du journal israélien Haaretz, Jaabari était même le «contractuel d’Israël», chargé de protéger la frontière. Le Hamas, en tout cas, qui dirige la bande de Gaza, n’avait aucun intérêt à provoquer Israël. En revanche, d’autres groupes radicaux, difficiles à contrôler même par le Hamas, n’ont pas le même agenda.

Il faut aussi savoir que Jaabari a négocié maintes trêve avec Israël. Via les services secrets égyptiens et l’un ou l’autre intermédiaire israélien, tel Gershon Baskin (notamment très actif dans la libération du soldat israélien Gilad Shalit). Ce pacifiste ne cache pas sa colère depuis l’assassinat de Jaabari, «une erreur qui va coûter nombre de vies humaines des deux côtés», selon lui.

Mais alors, une fois encore, pourquoi tuer Jaabari? Comme souvent dans le passé d’Israël, il convient de chercher le gain électoral possible pour les membres du gouvernement. Le 22 janvier 2013, Israël connaîtra des élections législatives anticipées. Avec cette nouvelle guerre qui commence, les Israéliens vont à nouveau se serrer les coudes devant la «menace» du Hamas… Cette théorie est notamment celle de Baskin, de Benn et aussi d’Uri Avnery, ex-député et vétéran du camp de la paix en Israël.

Au demeurant, et ce n’est peut-être pas une coïncidence, ce nouveau cycle de violence handicape les efforts palestiniens à l’ONU pour tenter d’obtenir un statut d’Etat non membre auprès de l’Assemblée générale.

Pour le reste, les «représailles» israéliennes ne résolvent rien. Le cycle est trop connu. Au terme de l’offensive israélienne, aérienne ou même terrestre, les Gazaouis seront une fois de plus assommés et… plus que jamais défiants. Les tirs de roquette visant les civils israéliens sont sans doute des crimes de guerre. Mais que dire, alors et par exemple, des bombes israéliennes qui ont coûté la vie à plus de 300 enfants à l’hiver 2009-2010?
BAUDOUIN LOOS Le Soir

Venez protester !!!! Indécente propagande militariste israélienne à Anvers dimanche prochain


Une pétition adressée à Yves Leterme et Monica De Cowninck peut être signée en cliquant ici

Soyons présents !
Venez protester avec nous
dimanche 18 novembre à 13 h.,
contre ce concert de propagande l’orchestre
de l’armée israélienne à la
Maison de la Province d’Anvers
Koningin Elisabethlaan 22, 2018 Anvers
Tram 2 et 6 à partir de la gare Centrale d’Anvers
(arrêt : Provinciehuis)

 

Indécente opération de
propagande militariste
israélienne à Anvers
dimanche prochain

Le 13 novembre 2012

Rue de la Station 58/2 – 6140 Fontaine-l’Evêque

 

De nombreuses organisations appellent à manifester contre la représentation de l’orchestre de l’armée israélienne, avec le soutien de l’ancien premier ministre
Yves Leterme et de la
Ministre Monica De Coninck
,
ce dimanche 18 novembre à Anvers
.

 
La Plate-forme Charleroi-Palestine s’associe à cet appel.

Inacceptable ! B’nai B’rith Antwerpen et Christenen voor Israël (Chrétiens pour Israël) invitent l’Orchestre de l’armée israélienne à Anvers ce dimanche 8 novembre.
Et l’ex-premier Yves Leterme et la ministre Monica De Coninck y prendront la parole.

« L’armée israélienne a mené samedi et dimanche des offensives aériennes et terrestres dans la bande de Gaza faisant 7 morts palestiniens, dont 3 enfants, et 52 blessés, dont 6 femmes et 12 enfants » écrit l’Association belgo-palestinienne (ABP).

« Au-delà des événements du weekend, cela fait deux semaines qu’Israël a repris des frappes régulières contre la bande de Gaza. Le risque augmente que l’on assiste à une attaque d’envergure, semblable à l’Opération Plomb durci de l’hiver 2008-2009 qui s’était soldé par un bilan de 1400 morts et plus de 5000 blessés du côté palestinien, et cela en moins d’un mois. L’attaque israélienne avait été menée à un mois des élections législatives en Israël. Cette année, les attaques s’intensifient aussi à deux mois des élections israéliennes, prévues en janvier 2013….
Alors que l’armée israélienne reprend sa politique de représailles massives, en déni total du droit international, Monica De Coninck, Ministre fédérale de l’Emploi et Yves Leterme, assisteront dimanche prochain à un concert donné à Anvers par l’armée israélienne. L’Association Belgo-palestinienne s’oppose vivement à ce qu’un représentant du gouvernement fédéral cautionne un tel événement par sa présence et appelle tous les démocrates à manifester en ce sens. Il est impensable que , dans la situation actuelle, alors qu’Israël une fois de plus bafoue le droit international et humanitaire en s’attaquant à des civils, notre gouvernement se voie représenté à une manifestation qui met à l’honneur l’armée israélienne.
»

Un jeune Palestinien blessé lors du bombardement du 10 novembre
« L’armée israélienne a mené une guerre d’agression contre la bande de Gaza lors de l’hiver 2008-2009 pendant laquelle plus d’un millier de Palestiniens ont perdu la vie et plusieurs milliers ont été blessés. Le blocus illégal de cette armée contre la population de la bande de Gaza dure depuis des années. Aussi bien en Cisjordanie, qu’à Jérusalem Est et dans la bande de Gaza (territoires occupés illégalement depuis 1967), l’armée israélienne se rend quotidiennement coupable d’exactions et de violations des droits de l’homme… » rappelle l’asbl Intal
« Pour toutes ces raisons, nous exigeons de la Belgique un embargo militaire contre Israël. Ce qui se produit ce 18 novembre, c’est l’exact opposé. L’ancien Premier Ministre Yves Leterme (CD&V) ainsi que la Ministre fédérale de l’emploi Monica de Coninck (Sp.a) seront présents dimanche prochain à ce concert, apportant de facto leur soutien à l’occupation israélienne ainsi qu’à son armée. Nous dénonçons le fait que des moyens publics, tels que la Maison de la Province d’Anvers, puissent être utilisés par la propagande en faveur de la colonisation et de la répression israélienne. »

Le chef des opérations militaires du Hamas tué à Gaza


AFP

Mis en ligne le 14/11/2012

L’armée israélienne a déclaré que l' »élimination » dans un raid mercredi du chef des opérations militaires du Hamas, Ahmad Jabbari, était le début d’une opération militaire contre les groupes armés dans la bande de Gaza.

Le chef des opérations militaires de la branche armée du mouvement islamiste palestinien Hamas a été tué mercredi dans un raid israélien à Gaza et son garde du corps blessé, a-t-on appris de sources concordantes. « Le martyr est Ahmad Jaabari », a déclaré un médecin des urgences de l’hôpital Al-Chifa de Gaza, le Dr Aymane al-Sahabani, des informations confirmées de source de sécurité du Hamas sous le couvert de l’anonymat.

Auparavant, Achraf al-Qoudra, porte-parole des services de santé du Hamas, au pouvoir à Gaza, avait annoncé qu’un Palestinien avait été tué et un autre blessé dans un raid israélien sur une voiture dans la ville de Gaza, sans préciser leurs identités. « L’armée israélienne a visé Ahmad Jaabari, chef de la branche armée du Hamas dans la bande de Gaza », a confirmé l’armée israélienne dans un communiqué, ajoutant qu’il était « directement responsable de l’exécution d’attentats terroristes contre l’Etat d’Israël ces dernières années ».

L’opération, menée conjointement avec le service de sécurité intérieure israélien, le Shin Beth, « visait à paralyser la chaîne de commandement et de contrôle de la direction du Hamas, ainsi que son infrastructure terroriste », selon le texte. « Ahmad Jaabari, chef de la branche armée du Hamas dans la bande de Gaza a été visé par une opération conjointe du Shin Beth et de l’armée », a indiqué pour sa part le Shin Beth dans un communiqué.

Jaabari, apparu en public le 18 octobre 2011 lors de la remise du soldat israélien Gilad Shalit aux médiateurs égyptiens, a rejoint le Hamas lors de sa détention par Israël après son arrestation en 1982 pour planification d’opérations anti-israéliennes.

Officiellement lieutenant des Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, Mohammad Deïf, Ahmad Jaabari était connu à Gaza comme « le général », ou « le chef d’état-major ».

En 2003, il est devenu de fait le chef exécutif de la branche armée du Hamas à la suite d’un raid israélien au cours duquel Mohammad Deïf a été blessé.

Lui-même n’avait pas été épargné par les tentatives d’assassinat israéliennes, dont un raid aérien en 2004 avait coûté la vie à son fils aîné, son frère et plusieurs de ses cousins.

Hamas: Israël a « ouvert les portes de l’enfer »

La branche armée du mouvement palestinien Hamas a promis mercredi une riposte massive à Israël pour l’assassinat de son chef Ahmad Jaabari, affirmant dans un communiqué qu’il avait « ouvert les portes de l’enfer ».

Les Brigades Ezzedine al-Qassam déclarent « porter le deuil d’un de leurs principaux chefs, Ahmad Jaabari, et s’engagent à continuer sur le chemin de la résistance », selon le texte, assurant que « l’occupant a ouvert sur lui-même les portes de l’enfer ».

Le porte-parole du gouvernement du Hamas à Gaza a déclaré qu' »Israël portait la responsabilité de ces crimes et de leurs graves conséquences. « Nous demandons à la communauté internationale d’arrêter le massacre de notre peuple, qui a le droit de se défendre », a-t-il plaidé.

Ahmad Jaabari, chef des opérations militaires du Hamas, a été tué mercredi dans un raid israélien à Gaza, a-t-on appris de sources concordantes. Son garde du corps a succombé à ses blessures peu après, selon une source hospitalière.

« L’armée israélienne a visé Ahmad Jaabari, chef de la branche armée du Hamas dans la bande de Gaza », a confirmé l’armée israélienne dans un communiqué, ajoutant qu’il était « directement responsable de l’exécution d’attentats terroristes contre l’Etat d’Israël ces dernières années ».

Israël est prêt à « étendre l’opération » à Gaza

Israël a adressé un « message clair » au Hamas et est prêt à « étendre » son opération à Gaza si nécessaire, a déclaré mercredi soir le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d’une conférence de presse télévisée.

« Aujourd’hui, nous avons adressé un message clair au Hamas et aux autres organisations terroristes, et si cela devient nécessaire nous sommes prêts à étendre l’opération », a ajouté M. Netanyahu, quelques heures après la mort du chef militaire du Hamas, Ahmad Jaabari, visé par un raid aérien à Gaza.

L’Egypte rappelle son ambassadeur en Israël après les raids sur Gaza

Le président Mohamed Morsi a décidé mercredi de rappeler l’ambassadeur d’Egypte en Israël après une série de raids aériens israéliens meurtriers contre la bande de Gaza, a annoncé son porte-parole.

M. Morsi a décidé « de rappeler l’ambassadeur d’Egypte en Israël » et demandé au ministère des Affaires étrangères de convoquer l’ambassadeur israélien au Caire, a indiqué le porte-parole Yassir Ali, dans une déclaration retransmise à la télévision d’Etat.

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Yves Leterme et Monica De Coninck à un concert de Tsahal


Une après-midi anversoise fait beaucoup parler d’elle dans les milieux propalestiniens. Ceux-ci ont en effet eu l’attention attirée par l’affiche d’une invitation lancée par deux organisations, Christenen voor Israel (les chrétiens pour Israël) et le B’nai B’rith Antwerpen (filiale anversoise d’une organisation juive qui se dit active dans

la défense des droits de l’homme et la défense de l’Etat d’Israël). Le concert sera donné dimanche par l’orchestre de « Tsahal », l’acronyme hébreu qui désigne l’armée israélienne. Orateur : Yves Leterme, ex-Premier ministre parti à Paris à l’OCDE. La ministre fédérale de l’Emploi, la SPa Monica De Coninck, devrait également assister à cet événement musical.
Plusieurs organisations propalestiniennes s’étranglent d’indignation à propos de ces parrainages. Ainsi, l’Association belgo-palestinienne a émis un communiqué pour dire son opposition, notamment, « à ce qu’un représentant du gouvernement fédéral cautionne un tel événement par sa présence (…). Il est impensable que, dans la situation actuelle, alors qu’Israël une fois de plus bafoue le droit international et humanitaire en s’attaquant à des civils, notre gouvernement se voie représenté à une manifestation qui met à l’honneur l’armée israélienne ».
De son côté, la députée Ecolo Zoé Genot a interpellé Mme De Coninck.
L’armée d’Israël, qui se décrit comme « la plus morale du monde », est aux yeux du droit international une armée d’occupation. Et son activité répressive a souvent tué des civils innocents, comme en attestent les rapports des ONG compétentes en droits humains. BAUDOUIN LOOS »LE SOIR » DU MERCREDI 14 NOVEMBRE 2012

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