Déclaration du Comité des juifs bagdadis de Ramat-Gan


Bay Area Mizrahi

Déclaration du 14 septembre 2012 – 27 Elul 5772

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Deux Juifs Irakiens lors de leur arrivée dans l’État Sioniste en 1950


  • A) – Nous remercions très sincèrement le gouvernement israélien de nous avoir confirmé notre statut de réfugiés après une rapide évaluation, de 62 ans, de nos documents.
  • B) – Nous demandons que les juifs ashkénazes (juifs d’Europe centrale et orientale) soient également reconnus comme réfugiés, de sorte qu’ils n’envisageront pas d’envoyer chez nous les courtois officiers de l’unité Oz chargée de l’application de la loi sur l’immigration.
  • C) – Nous cherchons à exiger l’indemnisation de nos biens et avoirs perdus auprès du gouvernement iraquien – PAS de l’Autorité palestinienne – et nous n’accepterons pas l’option que cette indemnisation de nos biens se fasse au détriment de l’indemnisation de biens perdus par d’autres (à savoir les réfugiés palestiniens) ou que ladite indemnisation soit transférée à des organismes qui ne nous représentent pas (à savoir le gouvernement israélien).
  • D) – Nous demandons la mise en place d’une commission d’enquête pour examiner :
    • 1) – si, et par quels moyens, des négociations ont été menées en 1950 entre le Premier ministre israélien, David Ben-Gourion, et le Premier ministre iraquien, Nuri as-Said, et si Ben-Gourion a informé Said qu’il était autorisé à prendre possession des biens et avoirs des juifs iraquiens s’il acceptait de les envoyer en Israël ;
    • 2) – qui a ordonné le bombardement de la synagogue Masouda Shem-Tov à Bagdad, et si le Mossad israélien et/ou ses agents ont été impliqués ; s’il est établi que Ben-Gourion a effectivement mené des négociations sur le sort des biens et avoirs des Iraquiens juifs en 1950, et ordonné au Mossad de bombarder la synagogue de la communauté afin de précipiter notre fuite d’Iraq, alors nous intenterons une action devant un tribunal international en demandant la moitié de la somme globale de l’indemnisation pour notre statut de réfugiés au gouvernement iraquien, et l’autre moitié au gouvernement israélien.
  • E) – Meilleurs vœux d’heureuse nouvelle année, une année de paix et de prospérité, une année de tranquillité et de fécondité.

Le Comité des juifs bagdadis de Ramat Gan (banlieue de Tel Aviv)

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=12655
14 septembre 2012 – 27 Elul 5772 – Bay Area Mizrahi – Traduction : Info-Palestine.net/JPP

Non au traité ACAA entre l’UE et Israël ! Signez la pétition !


http://www.change.org/petitions/l-exploitation-du-peuple-palestinien-pas-pour-moi-rejetez-acca

Vote des députés européens de la Commission du Commerce International ce 18 septembre 2012 !

 

Chers amis, 

Il est primordial de se mobiliser, massivement, si nous voulons voir l’accord ACAA rejeté (accord UE-Israël sur l’évaluation de la conformité et l’acceptation des produits industriels).  Le vote en Commission du commerce international du Parlement européen aura lieu ce 18 septembre et en octobre en plénière. Le service d’action extérieure et les ministres européens souhaitent qu’il soit adopté le plus rapidement possible. ACAA fait partie de l’ensemble des mesures qui permettent une intégration progressive d’Israël à l’Union européenne. Il faut donc s’y opposer tant qu’Israël continue de bafouer le droit international!

 

Merci de signer et de partager cette pétition!

Rapport : « 4550 Palestiniens, dont 220 enfants, emprisonnés par Israël »


dimanche 19 août 2012 – 09h:30

Saed Bannoura – Imemc et Agences

Abdul-Nasser Farawna, chercheur palestinien et ancien prisonnier politique, rapporte qu’Israël détient actuellement en captivité 4550 Palestiniens, enfermés dans 17 prisons, centres de détention et centres d’interrogatoires, et il ajoute que 220 enfants palestiniens sont toujours emprisonnés par Israël.
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(archives Palestinian Detainees Paltimes)

S’entretenant avec Maan News Agency, Farawna déclare que l’armée procède à des invasions et des arrestations sur une base quotidienne, et que les soldats enlèvent généralement une dizaine de Palestiniens chaque jour.

Farawna indique que 220 enfants sont en ce moment emprisonnés par Israël et confrontés à des violations permanentes, en plus de subir de mauvais traitements et de tortures durant leurs interrogatoires, les mêmes que ceux auxquels sont alors confrontés les détenus adultes.

Deux cent cinquante Palestiniens sont actuellement emprisonnés en vertu d’ordres de détention administrative, sans chefs d’accusation ni procès. Six Palestiniennes sont également détenues par Israël, notamment Lina Al-Jarbouni, des territoires de 1948. Al-Jarbouni a été faite prisonnière il y a plus de dix ans.

Israël détient également captifs 17 parlementaires démocratiquement élus et trois anciens ministres.

Selon Farawna, il y a une diminution notable du nombre de détenus en détention administrative illégale, il attribue ce fait aux grèves de la faim répétées par les prisonniers, pour protester contre les violations constantes à leur encontre, et contre la politique de détention administrative.

Le chercheur déclare en outre que des dizaines de prisonniers de différents pays arabes, principalement de Jordanie, Syrie et Égypte, sont toujours enfermés par Israël.

Farawna évoque ce prisonnier, Sidqi Al-Maqt, qui est l’un des plus anciens détenus palestiniens ; enlevé par Israël en août 1985, Al-Maqt est en prison depuis 27 ans, et il sera libéré le 25 août.

Concernant la ventilation géographique des détenus, Farawna dit que la grande majorité (82 %) des détenus sont de Cisjordanie, 10,3 % de la bande de Gaza, et 7,5 % de Jérusalem et des territoires de 1948.

Il déclare que 537 prisonniers ont été condamnés au moins à une perpétuité, et qu’ils sont 113 à être emprisonnés depuis avant la création de l’Autorité nationale palestinienne en 1994 ; ces détenus ont été condamnés à au moins 20 ans de prison et plus, 85 d’entre eux sont notamment condamnés à passer leur vie en prison, et 28 à plus de 25 ans, dont le détenu Karim Younis, du village d’Ar’ara dans les territoires de 1948, fait prisonnier en janvier 1983.

Bien qu’Israël ait rétabli les droits de visite pour les détenus de la bande de Gaza pour la première fois en cinq ans, 320 détenus gazaouis se voient toujours refusé leur droit à des visites.

Il est toujours refusé aux parents de milliers de détenus de Cisjordanie de rendre visite en raison de considérations de sécurité alléguées par les Israéliens.

18 août 2012 – IMEMC – traduction : JPP (source)

Pétition israélienne : appel aux pilotes des forces aériennes pour refuser de bombarder l’Iran – traduction et texte complet.


19 août 2012

A l’attention des
Pilotes des Forces Aériennes
Forces de Défense d’Israël

Salutations,

Nous publions cet appel qui vous est adressé suite à notre profonde préoccupation et angoisse devant la situation actuelle de ce pays. Nous savons un peu à travers les médias, mais il y a bien plus qui se déroule en coulisses, et dont nous pourrions ne prendre connaissance qu’une fois trop tard. Nous ne connaissons pas vos noms, vos familles, votre situation, vos points de vue ou vos opinions. Mais nous savons une chose – en ce moment, notre destin, notre propre avenir, est pour une bonne part entre vos mains.

Dans un avenir proche, peut-être dans quelques semaines, vous pourriez recevoir l’ordre fatal – d’armer les avions et de décoller pour bombarder l’Iran. Vous aurez, bien-sûr, le choix d’obéir à cet ordre, en acceptant les arguments et les affirmations de ceux qui le donneront sans poser de questions, et tenter de remplir cette mission avec le maximum de professionnalisme. Ceci reviendrait à accepter l’argument selon lequel le bombardement des sites nucléaires iraniens serait essentiel pour la défense de l’état d’Israël, et accepter par conséquence de tirer la première salve d’une guerre dont les conséquences pourraient se révéler catastrophiques pour nous.

Cependant, ce n’est pas le seul choix qui vous est offert. Vous avez l’option de dire « non ». Évidemment, ce n’est pas une option simple. Elle implique de profonds dilemmes professionnels et moraux, et fait courir le risque de perdre un emploi qui est important pour vous et aussi la possibilité d’être poursuivis en justice. Néanmoins, il est de votre devoir d’examiner très soigneusement et sérieusement la possibilité qu’en prononçant ce simple petit mot « non », vous rendrez un service important et vital à l’état d’Israël et à tous ceux qui vivent ici. Ce service serait infiniment plus important qu’une obéissance aveugle à un tel ordre.

Nous aimerions rappeler quelques points que vous connaissez probablement déjà, mais chacun de ces points mérite d’être examiné au moment de prendre la décision.

– De toute évidence, une attaque israélienne, même avec un maximum de succès dans ses objectifs, n’apporterait rien de plus sinon de retarder le programme nucléaire iranien d’un an ou deux.

– Une telle attaque pourrait renforcer le régime iranien et obliger ses opposants les plus virulents à l’intérieur de rentrer dans le rang. Une telle attaque pourrait aussi affecter la situation instable de toute la région, d’une manière imprévisible qui pourrait porter gravement tort à Israël.

– Une attaque contre les sites nucléaires iraniens pourrait provoquer la dispersion de matériaux radioactifs auprès de la population civile, et dans ce cas Israël en tant que pays ainsi que ceux qui ont personnellement effectué le bombardement pourraient être mis un accusation pour crimes de guerre.

– Une attaque israélienne contre l’Iran et la guerre qui éclaterait dans la foulée pourrait aboutir au blocage de détroit d’Ormuz, provoquant une rupture majeure de l’approvisionnement du pétrole, une forte augmentation des prix du pétrole, et une sérieuse aggravation de la crise économique mondiale. Dans ce cas, les opinions publiques en Europe et aux Etats-Unis pourraient rejeter la faute sur Israël, avec des conséquences très graves et d’une grande portée.

Et finalement : nous savons que lorsque vous partez en mission, vous êtes prêts à accepter les risques personnels inhérents à son exécution. Pourtant, vous devriez prendre en compte la possibilité que dans le cas malheureux où ne serait-ce que l’un d’entre vous soit capturé, l’état d’Israël aurait à faire face à des dilemmes moraux et politiques infiniment supérieurs à ceux qui se sont posés dans le cas de Gilad Shalit.

Pour résumer, nous considérons qu’une décision de lancer une attaque contre l’Iran constitue un très mauvais pari, qui ferait courir des risques énormes pour l’état d’Israël sans résoudre son problème principal. Comme nous l’avons déjà dit, même une opération la mieux réussie n’arrêterait pas le programme nucléaire iranien mais ne ferait que le retarder – et pour ce retard temporaire nous aurons tous à payer un prix exorbitant, peut-être un prix terrible. Vous, les pilotes des Forces Aériennes – plus que tout autre – ont entre vos mains le véritable pouvoir d’éviter cette catastrophe.

Personne ne peut prendre la décision pour vous. Nous espérons – pour vous comme pour nous – que si la question devait se poser, vous serez capables de prendre la bonne décision.

http://www.atzuma.co.il/tayasim

Traduction de l’anglais par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles

Des Israéliens organisent le boycott des magasins employant des Arabes


Sur plusieurs marchés de Jérusalem tels que ceux de Mahane-Yehuda, Ha’Carmel et Ha’Tikva, des militants israéliens de droite font des repérages pour boycotter les commerces vendant des produits arabes ou employant des Arabes, ou encore tenus par des Arabes. Il s’agit de protéger la race aryenne… euh pardon, juive !

Ils s’apprêtent à distribuer cette semaine, révèle le magazine israélien Walla News, des prospectus aux clients, les appelant à n’acheter que des « produits purement juifs ».

Après avoir enquêté pendant plusieurs semaines sur tous les commerces et commerçants de ces marchés, à commencer par celui de Mahane-Yehuda, ils se vantent d’avoir identifié ceux qui doivent être boycottés parce qu’ils sont « soit la propriété d’Arabes, soit parce qu’ils emploient des arabes, soit parce qu’ils vendent des produits qui n’ont pas été exclusivement fabriqués par des juifs ».

Ils seront marqués d’un « X » sur un plan du marché qu’ils comptent distribuer à la clientèle.

« Travailler avec des Arabes crée un véritable risque d’assimilation, c’est pourquoi nous encourageons le travail juif », explique Bentzi Gopstein, président de l’association Lehava (pour la prévention de l’assimilation en terre sainte) qui est à l’initiative de ce projet.

« Nous continuons la tradition de Ben Gourion, et nous sommes décidés à renforcer ceux qui n’emploient que des juifs », a-t-il déclaré en expliquant que « des équipes ont été envoyées sur les marchés pour faire un vrai travail de détective et repérer les commerces 100% juifs »

La discrimination est ici claire, nette, mais on n’a vu aucune des officines israéliennes qui s’acharnent en France contre le boycott des produits israéliens – qui n’est pas celui des commerçants juifs ou des produits casher— dénoncer cette grave stigmatisation raciste.

Très grave en effet, parce que ce racisme et ces propos sur la « pureté de la race », arment actuellement les tueurs de tous pays. C’est le cas de Breivik qui a assassiné 77 jeunes en Norvège l’an dernier, et revendiqué ce massacre, en affirmant que ses victimes avaient le tort de préconiser l’assimilation.

Source : http://on.fb.me/N0rKff

(Traduction de l’hébreu en anglais par Ronnie Barkan)

CAPJPO-EuroPalestine

Israël veut-il la paix?


Une question simple et une réponse simple dans ce petit commentaire suscité par l’annonce, mardi, de la reconnaissance officielle de l’institut d’études supérieures d’Ariel (Cisjordanie occupé) comme université israélienne:

Israël veut-il la paix ?

Le titre officiel d’« université israélienne » décroché mardi par la colonie d’Ariel, au bon milieu de la Cisjordanie occupée, n’est qu’une énième conséquence en fait parfaitement logique d’une politique que tous les gouvernements d’Israël ont adoptée, peu ou prou, depuis la conquête du territoire en 1967. Une politique qui consiste à coloniser la Cisjordanie. Et, en miroir, qui consiste à empêcher l’avènement d’un Etat palestinien viable sur un territoire contigu.

L’implantation de citoyens israéliens juifs dans les territoires occupés est illégale aux yeux du droit international. Très peu de juristes au monde contestent cette évidence. Et certainement pas la Cour internationale de justice, plus haute juridiction de la planète à dire le droit international, qui a rendu un célèbre avis consultatif le 9 juillet 2004 qui confirmait le caractère illicite de la colonisation.

L’implantation de citoyens israéliens juifs dans les territoires occupés n’est d’ailleurs pas seulement illégale. Elle incarne aussi l’antithèse de la paix que tous les gouvernements israéliens depuis 1967 disent rechercher. Il est donc légitime de se demander si Israël veut la paix. Et cela d’autant plus que la colonisation n’a pas du tout diminué d’ampleur depuis que l’on parle de « processus de paix », loin de là, à savoir depuis la conférence de Madrid en 1991, puis les accords dits d’Oslo signés à Washington deux ans plus tard. Depuis lors, le nombre de colons a bien plus que doublé, dépassant désormais les 540.000 âmes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

On ne peut attendre de l’actuel gouvernement israélien présidé par Binyamin Netanyahou d’inverser la tendance, lui qu’on considère comme le plus nationaliste de l’histoire d’Israël. Et, en effet, si cet exécutif a bien pour objectif officiel d’arriver à une solution de deux États – Israël et Palestine – vivant côte à côte, son zèle en matière de colonisation dément sur le terrain cet objectif affiché.

Il a même désigné une commission de juristes pour rendre un avis sur la légalité (israélienne) des avant-postes dans les colonies juives (c’est-à-dire les colonies jusqu’ici non reconnues par Israël, il y en a…). Et cette commission vient de déposer ses conclusions : « Les colons ont le droit de s’installer partout en Cisjordanie et Israël n’est pas une puissance militaire occupante. » Une question vient à l’esprit : les Palestiniens existent-ils ?
BAUDOUIN LOOS

LE SOIR du mercredi 18 juillet 2012

Le boycott d’Israël : une opinion délictueuse ?


LESOIR

vendredi 13 juillet 2012, 12:08

Collectif

Lors de sa séance du 21 mai 2012, le conseil d’administration de l’ULB a reconnu le “ comité BDS-ULB “ en tant que cercle étudiant. Cette reconnaissance avait été précédée d’une consultation du service juridique de l’ULB et d’un débat sérieux et argumenté au sein du CA. Cette décision a immédiatement provoqué un concert de protestations, en général furieuses, d’institutions ou de personnalités liées à Israël, incriminant l’appui apporté à l’antisémitisme qu’elle exprimerait, et ce au nom de ce que le co-président du “ parlement juif européen “, Joël Rubinfeld, appelle “ le caractère génocidaire de l’idéologie qui inspire la campagne BDS “ (La Libre Belgique, 10/05/2012).

Quel est en réalité le caractère de la décision prise par le CA de l’ULB ? Le fait d’autoriser un cercle BDS se limite à appliquer les règles communes en vigueur de liberté d’association et d’expression au sein de l’ULB à la question du boycott d’Israël, conçu comme forme d’action en solidarité avec les Palestiniens. L’ULB ne reprend pas à son compte ce boycott mais considère qu’il s’agit d’une orientation politique qui a le droit d’exister et de se faire entendre dans le débat en son sein. L’ULB a toujours autorisé un large spectre de cercles politiques et apparentés, allant de l’extrême gauche à l’extrême droite. Seuls des groupes à caractère raciste, notamment antisémite, ne peuvent bénéficier d’une telle liberté. En dehors d’eux, aucune censure n’est admissible dans une institution reposant sur le libre examen. Cette règle s’applique évidemment à la liberté de promouvoir la solidarité avec les Palestiniens tout comme à celle de soutenir l’État d’Israël.

Avant d’échanger des arguments pour ou contre le boycott d’Israël, il s’agit de savoir si cette question est ou non l’objet d’un débat. Ceux qui veulent interdire toute action ou toute propagande en faveur d’un boycott d’Israël refusent en fait tout débat. Ils se contentent d’une pétition de principe, en répétant inlassablement que boycotter Israël, c’est de l’incitation à la discrimination sur base de la nationalité israélienne, discours où l’on voit poindre en filigrane, quand elle n’est pas littéralement avancée, l’accusation d’antisémitisme. Ils exigent que l’ULB en tire des conclusions (répressives) avant même qu’une discussion n’ait eu lieu. Attitude en totale contradiction avec le principe fondateur du libre examen.

Nous considérons au contraire que la question d’un boycott d’Israël peut et doit être l’objet d’une discussion politique. Si on accepte d’en discuter, le débat peut et doit se mener sur deux plans :

1. Sur le plan des principes, peut-il être légitime d’appeler au boycott d’un Etat dont certaines violations du droit international sont des crimes de guerre (e.a., l’implantation de colonies israéliennes de peuplement dans les territoires palestiniens occupés) et de manifester ainsi sa solidarité avec les victimes de ces agissements ? Il y a eu d’innombrables précédents, en sens très divers, d’un tel mode d’action : boycott de l’Italie lors de l’agression contre l’Abyssinie, boycott de l’Afrique du sud pour cause d’apartheid, boycott partiel de l’Espagne franquiste pour cause de non-respect des libertés politiques et syndicales, boycott de Cuba pour refus d’indemniser les ressortissants US expropriés par Castro. Il n’a jamais été prouvé qu’appeler au boycott d’un Etat en rétorsion pour ses agissements est assimilable à un appel au génocide ou à la haine

2. Sur le plan de l’opportunité, un boycott d’Israël se justifie-t-il aujourd’hui ? Si oui, avec quelle ampleur, sous quelles formes, d’après quelle finalité précise, etc. ? Il s’agit alors d’un débat politique nécessaire, urgent, où inévitablement des positions contrastées se feront jour. Il est pleinement logique que certains avancent qu’un tel boycott est contre-productif, qu’il nuit aussi aux Palestiniens, qu’il éloigne la perspective de la paix, etc. Mais on est alors dans un échange d’arguments politiques et non dans du terrorisme intellectuel.

En Belgique et en France, une partie des autorités institutionnelles de la communauté juive s’est engagée dans une dénonciation sans nuance de l’ULB sur ce sujet. En assimilant sans autre forme de procès, comme s’il s’agissait d’une vérité d’évidence, boycott d’Israël et incitation à la discrimination, voire antisémitisme, ils dévoient leurs légitimes préoccupation et combat contre toute renaissance de l’antisémitisme et ils nuisent à la communauté juive en la faisant apparaître comme une sorte de lobby pro-Israël inconditionnel, alors même que la politique du gouvernement de cet Etat se manifeste comme plus injustifiable que jamais (relance de la colonisation, vague de persécution contre les réfugiés ou immigrés originaires d’Afrique).

Nous sommes persuadés de la justesse de la décision prise par le CA de l’ULB d’autoriser l’existence d’un cercle BDS. Une nouvelle décision en sens opposé contreviendrait non seulement aux critères libre-exaministes ordinaires en ce domaine, mais contribuerait à entretenir les fantasmes antisémites qui n’ont déjà que trop tendance à s’alimenter des retombées du conflit au Proche Orient.

Signataires membres et anciens membres de la communauté universitaire : Marco ABRAMOWICZ, Mateo ALALUF, Ivan BEGHIN, Kenneth BERTRAMS, Jacques BUDE, Olivier CORTEN, Éric DAVID, Barbara DELCOURT, Michel DISPERSYN, Isi FISZMAN, Victor GINSBURGH, Corine GOBIN, Louise GOTOVITCH, Jean-Claude GRÉGOIRE, Jacqueline GRIPPA, Henri HURWITZ, Lolita IVEN ABRAMOWICZ, David JAMAR, Jean-Jacques JESPERS, Pieter LAGROU, Thérèse LIEBMANN, Renaud MAES, Philippe MARY, Nicole MAYER, Anne MORELLI, Jacques MORIAU, Suzanne MOUSSET, Claude NEMRY, Robert PLASMAN, Éric REMACLE, Brigitte ROEFS, Sylvie ROLIN, André SCHOROCHOFF, Michel STASZEWSKI, Marcelle STROOBANTS, Jean-Pierre THYS, Esther VAMOS, Dan VAN RAEMDONCK, Pierre VIART, Jean VOGEL, Laurent VOGE

Interdiction de séjourner en Cisjordanie sans autorisation, annonce le gouvernement israélien !


vendredi 13 juillet 2012


Nous nous tournons vers notre Ministre des Affaires Etrangères (MAE), Laurent Fabius, pour savoir ce qu’il pense de la nouvelle mesure interdisant aux ressortissants étrangers de séjourner en Cisjordanie sans autorisation préalable israélienne ?

Le ministre israélien de la défense, annonce le journal Haaretz, a accepté que la police du ministre de l’intérieur, jusqu’ici NON habilitée à s’occuper des territoires palestiniens occupés, puisse désormais déporter n’importe quel étranger séjournant en Cisjordanie sans autorisation !!

Un pas de plus franchi dans l’illégalité et dans l’entrave à la libre circulation des personnes souhaitant rendre visite aux Palestiniens.

- Non seulement l’occupation de ces territoires palestiniens est illégale
- Non seulement Israël n’a pas le droit d’y transférer une partie de sa population
- Non seulement la Cour Suprême Israélienne a jugé plusieurs fois que le ministère de l’intérieur israélien n’avait aucun droit de décision sur ce qui se passait dans les territoires palestiniens

Mais il faudrait désormais demander une autorisation à Israël pour se rendre à Ramallah, Bethleem, Hebron, Naplouse ou Jénine ?

Le gouvernement français a accepté jusqu’ici d’avaler d’énormes couleuvres
- en laissant Israël refouler chaque jour des ressortissants français sans motif
- en fermant les yeux sur le formulaire que les autorités israéliennes font signer à l’aéroport de Tel Aviv, à la tête du client, à des visiteurs en leur demandant de s’engager par écrit à ne pas se rendre dans les territoires palestiniens.
- en acceptant que ses propres diplomates soient maltraités, frappés, placés en garde à vue par les Israéliens
- en transformant la police française en supplétifs de l’occupant israélien dans les aéroports français

Monsieur Laurent Fabius va-t-il enfin protester et exiger du gouvernement israélien le respect du droit international et imposer à ce dernier un droit de réciprocité par rapport à tous les ressortissants israéliens qui viennent en France sans qu’il leur soit posé la moindre question sur d’éventuels crimes de guerre, tortures et autres violations des droits de l’homme et du droit international qu’ils ont pu commettre ?

Ou bien va-t-il regarder le bout de ses chaussures et modifier, comme ses prédécesseurs l’ont fait à maintes reprises, la section « Conseils aux voyageurs » du site du MAE, pour satisfaire la puissance occupante à laquelle certains ministres de gauche se déclarent « éternellement attachés » ?

http://www.haaretz.com/news/diploma…

CAPJPO-EuroPalestine

Rencontre peu ordinaire: avec Haneen Zoabi, députée palestinienne de la Knesset…


Israélienne et Palestinienne…

En quelques années, Haneen Zoabi est devenue « la » députée israélienne la plus dérangeante. La plus haïe en Israël, aussi. Le mot « traîtresse » revient sans cesse dans les commentaires israéliens qu’on peut lire sur elle. Variante : ou « complice des terroristes ». Signe particulier : Haneen Zoabi vient de la minorité qu’on appelle « les Arabes israéliens » mais elle insiste pour dire qu’elle fait partie des « Palestiniens d’Israël. » Détail qui n’en est pas un : quand Mlle Zoabi parle d’Israël, elle ajoute souvent « Etat colonial et raciste. »
Haneen Zoabi n’a peur de rien ni de personne. Ceux qui auraient pu en douter ont été bluffés de la voir participer à l’expédition du Mavi Marmara en mai 2010, ce bateau turc en route vers Gaza qui a été attaqué par la marine israélienne (neuf Turcs tués). A la Knesset, où elle sévit depuis 2009, son franc-parler suscite très souvent l’ire de ses collègues de la droite ou de l’extrême droite nationalistes. C’est que ses mots font mal.

« Quand, nous a-t-elle raconté lors d’un récent passage à Bruxelles, je me suis présentée à 18 ans devant 80 étudiants israéliens en communication à Jérusalem, j’ai dit que j’étais palestinienne. Cela a déclenché un tollé. Ils étaient outrés, pour eux, il n’y avait pas de Palestiniens israéliens. En fait, ces étudiants, reflétant leur éducation, vivent dans un ghetto. Les élèves israéliens ne rencontrent pas une seule fois le mot “palestinien” durant l’école primaire. Les Israéliens ne savent rien des Arabes et se considèrent comme européens. Pourtant, c’est bien eux qui sont venus s’installer chez nous, on ne les a pas invités, ils nous ont colonisés ! »

Le ton est donné. Mais, alors, les mots « colonial », « raciste », « apartheid » affublés à l’Etat dont elle est députée ? « Il existe toute une batterie de lois racistes qui discriminent les “Arabes israéliens”. Quand on les pousse dans leurs retranchements, ils disent que c’est pour maintenir le caractère juif de l’Etat. Mais cela prouve qu’on ne peut être à la fois juif et démocratique ! »

Les exemples de discriminations abondent dans sa bouche. « La terre est judaïsée. Nous représentons 18 % de la population d’Israël mais n’avons plus que 3 % des terres, le reste a été volé depuis 1948. Nous sommes biffés, ils changent même les noms, hébraïsés. Pire, récemment près de Nazareth, ma ville, ils ont construit un pont qu’ils ont baptisé “Raphaël Eytan”, du nom d’un général qui appelait les Palestiniens des “cafards” ! »

Mais que dit-elle aux Israéliens qui vantent le confort de vie dont jouit leur minorité arabe ? « Israël est assez malin pour ne pas nous opprimer complètement. Nous bénéficions des lois sociales, mais c’est pour mieux nous contrôler. Il n’y a pas à nous comparer avec les Palestiniens des territoires occupés mais avec les Israéliens juifs. Et là, il existe un différentiel important. Quelque 50 % des Palestiniens israéliens vivent sous le seuil de pauvreté et notre communauté compose un tiers de la population carcérale. Israël nous enferme dans ce concept de citoyenneté israélienne pour nous domestiquer, nous empêcher de nous battre. »

Se battre. C’est bien ce qu’elle a voulu faire, pour ses frères de Gaza, il y a deux ans, quand elle embarqua sur le Mavi Marmara. « De nombreux députés israéliens m’ont reproché avec colère d’utiliser la démocratie pour menacer Israël. Mais non, je me bats pour faire valoir nos droits. Mon parti, Balad, a été le premier, depuis 1995, à évoquer à la Knesset le colonialisme et le racisme de l’Etat, ou la question des réfugiés. Ils me haïssent non seulement à cause du Mavi Marmara mais aussi et surtout en raison de notre vision des choses. »

L’affaire du Mavi Marmara a failli la faire exclure du parlement. « L’avocat général de l’Etat a clôturé le dossier, ils ont échoué. Mais ils m’ont retiré mes privilèges parlementaires et mon passeport diplomatique. Pour moi, aller sur ce navire à destination de la prison à ciel ouvert qu’est Gaza, c’était une activité normale de solidarité humaine. »
Normale aussi, pour notre interlocutrice, de promouvoir le boycott d’Israël. « Comme citoyenne d’Israël, comme palestinienne et comme être humain, je soutiens le BDS (boycott, désinvestissement, sanctions). Il s’agit de sauver Israël de ses propres dérives militaristes. Le problème, c’est qu’Israël ne paie pas du tout le prix de ses actes, il n’arrêtera pas la bantoustanisation des territoires palestiniens occupés pour des questions d’éthique mais seulement quand la balance de ses intérêts lui dictera de le faire. »

Haneen Zoabi n’est pas peu fière d’être la seule femme arabe députée israélienne. Cette célibataire musulmane est aussi une féministe qui ne porte guère les islamistes dans son cœur, même si elle a déjà été vue en train de parler avec des élus du Hamas, à la grande colère de nombreux Israéliens. Elle ignore si elle pourra concourir aux prochaines élections l’an prochain, car elle croit que tout sera fait pour l’en empêcher. Se dire palestinienne en Israël et affirmer « mon combat est celui d’un peuple indigène dont la patrie a été dérobée » peut coûter cher.

BAUDOUIN LOOS

FICHE
Haneeen Zoabi est née à Nazareth le 23 mai 1969, dans une famille musulmane d’Israël. Diplômée de psychologie, de philosophie et de journalisme, elle a été élue en 2009 députée à la Knesset sur la liste Balad (Rassemblement national démocratique).

LE SOIR du mardi 10 juillet 2012

Quand Israël réécrit l’histoire de la colonisation en Cisjordanie


Le Monde.fr | 10.07.2012

Par Laurent Zecchini (Jérusalem, correspondant)

La colonie de Givat Zeev, en Cisjordanie.

Il n’y a pas d’occupation israélienne en Cisjordanie. Dès lors, le gouvernement de Benyamin Nétanyahou doit légaliser toutes les colonies qui s’y trouvent, et toutes celles qui seront créées à l’avenir…

Ces conclusions, un rien hallucinantes, rendues publiques lundi 9 juillet, sont celles d’un comité présidé par l’ancien juge de la Cour suprême Edmond Levy, formé en janvier 2012, à la demande du premier ministre israélien.

Conscient qu’elles s’apparentent à ce que le journal Haaretz qualifie de « dynamite politique », M. Nétanyahou a commenté avec prudence le travail de M. Levy et de ses deux adjoints, l’ancien juge de Tel-Aviv Tehiya Shapira, et le juriste Alan Baker, trois personnalités marquées à droite.

« Ce rapport est important parce qu’il traite de la légalisation et de la légitimation de la politique de colonisation en Judée et Samarie [Cisjordanie] sur la base de faits et d’arguments qui doivent être sérieusement considérés », a-t-il indiqué.

M. Nétanyahou s’est efforcé de retarder la publication du rapport Lévy, mais il est désormais au pied du mur : que faire ? D’abord attendre l’avis du procureur général Yehouda Weinstein, puis prendre une décision au sein du comité ministériel sur les colonies, créé en avril.

M. Nétanyahou n’a pas de bonne solution : traiter les conclusions du juge Lévy comme quantité négligeable, c’est se mettre à dos tous les partisans de la colonisation, qui exultent ; les approuver, c’est déclencher une condamnation unanime de la communauté internationale.

JUSQU’AUBOUTISME SIONISTE

L’Etat juif a dans ce domaine le cuir solide, mais la réaction immédiate de Washington, qui a rappelé son opposition à toute légalisation des colonies juives de Cisjordanie, donne à penser qu’Israël risque de perdre ses derniers soutiens diplomatiques.

C’est que, dans le registre du jusqu’auboutisme sioniste, l’argumentation du « comité Lévy » semble sans précédent. Les trois experts relèvent que les gouvernements israéliens ont agi « avec une totale mauvaise foi en affirmant que ces colonies avaient été construites illégalement, tout en encourageant leur construction ».

Ils expliquent que la Cisjordanie a été reprise à la Jordanie lors de la guerre des Six Jours (1967), laquelle n’a jamais pu démontrer sa souveraineté sur ce territoire. Dès lors, la convention de Genève (qui interdit à une puissance occupante d’installer sa population sur des terres qu’elle occupe) ne s’applique pas.

De plus, affirment les auteurs, la Déclaration Balfour de 1917, qui se prononçait en faveur de l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, ne parlait pas de « droits nationaux pour les Arabes »

Autrement dit, ceux-ci n’en ont pas, et, puisque la notion de « territoires palestiniens occupés » n’a pas de sens, Israël n’est pas une puissance occupante, et les colons sont chez eux dans toute la Cisjordanie. Dans les faits, c’est un peu ce qui se passe, mais l’affirmer dans un rapport officiel devrait constituer un intéressant sujet de discussion entre Benyamin Nétanyahou et la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, attendue à Jérusalem le 16 juillet.

Laurent Zecchini (Jérusalem, correspondant)

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