La LDJ attaque Olivia Zémor et Jacob Cohen


La LDJ (« Ligue de défense Juive ») vient d’agresser tour à tour Olivia Zémor et Jacob Cohen à Paris.

DANGEREUX ET LÂCHES

Fort mécontents de la préparation d’une nouvelle mission internationale « Bienvenue en Palestine » du 24 au 31 août, destinée à aller encourager la rentrée scolaire des enfants palestiniens et à affirmer le droit de circulation en Palestine, les fascistes de la LDJ s’en sont pris à Olivia Zémor le 28 juin dernier.

Courageusement, à leur habitude, c’est en bande qu’ils ont commis leur forfait, contre une femme seule, en l’agressant de dos, qui plus est.

Alors qu’Olivia Zémor était assise à la terrasse d’un café à la Bastille , elle a été attaquée et reçu sur la tête, le visage et le corps de la peinture à l’huile qui a nécessité un transport aux urgences de l’Hôtel Dieu par les pompiers, étant donné la toxicité du produit.

Une plainte a été déposée et une enquête a été ouverte, d’autant que la LDJ a revendiqué cet « exploit » en publiant une vidéo sur internet.

La police prend l’affaire très au sérieux.

Reste à savoir ce que feront les autres échelons du pouvoir ?

Quant à Jacob Cohen, écrivain qui dénonce dans ses romans les méthodes de recrutement du Mossad en France, il a fait l’objet d’une attaque jeudi 5 juillet dans le quartier de Saint-Paul où la LDJ fait régner la terreur. La deuxième du genre, puisqu’il avait été agressé juste avant la présentation de son premier roman en mars 2012, par un groupe de fascistes de la LDJ. Un témoin des faits avait formellement reconnu trois d’entre eux. Mais aucune instruction n’a pour autant été ouverte à ce sujet…

POURQUOI LA LDJ N’EST ELLE PAS INTERDITE EN FRANCE ?

Jusqu’à présent, il est clair que les nazillons de la LDJ ont bénéficié en France de protections en haut lieu, qui les ont incités à multiplier les agressions.

- Bien qu’ayant grièvement blessé un grand nombre de personnes en France (sans parler des Palestiniens qu’ils ont tués), dont un commissaire de police resté trois semaines en soins intensifs à l’Hôpital Saint-Antoine à Paris, ainsi qu’un étudiant de Nanterre qui a quasiment perdu la vue, d’un oeil ;

- Bien qu’ayant saccagé différents locaux associatifs et librairies, et même commis des agressions au sein de conseils municipaux et de… tribunaux ;

- Bien que proférant menaces de mort et insultes racistes à longueur de temps, de manière signée, sur internet et sur le site de la LDJ

- Bien qu’étant quasiment tous identifiés par les services de police et ne se gênant pas pour se mettre en scène personnellement en tant que représentants de la LDJ, tels Jason et Steven Tibi, Dylan Halimi, Joseph Ayache, Philippe Wagner, Anthony Attal, ou Gregory Chelli ; (La vidéo de Joseph Ayache, dit « Yossi », « combattant » dans l’armée israélienne est toujours en ligne : http://www.dailymotion.com/video/x1… ainsi que bien d’autres, comme : http://www.dailymotion.com/613camp#…)

- Bien qu’ayant été arrêtés par la police en flagrant délit d’agressions et ayant pour la plupart des casiers judiciaires peu reluisants pour trafic de drogues ou violences conjugales ;

MlRACLE : PAS UN SEUL N’A JAMAIS ÉTÉ EN PRISON EN FRANCE !

Quand ils se font quand même pincer, ils n’écopent que de peines de sursis… qui s’accumulent ! Un sursis éternel, en quelque sorte !

Et sinon, ils vont faire un petit tour en lsraël, profitant de leur double nationalité, et personne ne les inquiète à leur retour en France, y compris quand ils tuent des Palestiniens.

Forts de cette impunité, ils commettent donc de nouvelles agressions

Quant aux rares fois où ils ont été contraints de payer des dommages et intérêts à des victimes (comme lors du saccage de la librairie Résistances), ils n’ont pas à se faire de soucis : l’Union des Patrons Juifs de France (UPJF) appelle publiquement les auditeurs de « RADIO J » à envoyer de l’argent pour payer leurs dettes !

CES DANGEREUX PETITS VOYOUS SONT PROTÉGÉS PAR LE CRIF QUI NE S’EST JAMAIS ÉMU DE LEURS AGRESSIONS RÉPÉTÉES CONTRE DES CINEMAS, DES THEÂTRES, DE LEURS RATONNADES, DE LEURS INSULTES RACISTES, DE LEURS APPELS AU LYNCHAGE.

Un raciste et fasciste notoire va contrôler la Croix-Rouge israélienne


Ali Abunimah – E.I


Un rabbin notoirement raciste qui avait appelé Israël à massacrer un million Palestiniens, a été nommé à la tête d’un comité de surveillance pour le Magen David Adom (MDA) – l’équivalent israélien de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

(JPG)

Shmuel Eliyahu, ici avec une clique d’ultra-sionistes, est réputé pour ses « opinions » ultra-racistes et totalement fascisantes qui feraient passer la famille Le Pen pour des centristes…

Le journal Haaretz a rapporté que sous la pression de groupes ultra-orthodoxes juifs, le MDA a décidé de mettre en place un comité rabbinique afin de dicter des lignes directrices religieuses, y compris sur les relations entre les sexes, pour les volontaires des services de secours.

Le comité est dirigé par le rabbin Shmuel Eliyahu, le grand Rabbin de Safad ville au nord d’Israël), dont le salaire est payé par le gouvernement israélien. Eliyahu a derrière lui une longue histoire bien documentée d’un racisme extrême et d’appels à la violence contre les Palestiniens.

Depuis 2006, le Magen David Adom – dont le nom signifie « étoile rouge de David » – est membre à part entière du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), et est une agence internationalement reconnue d’Israël pour la gestion des catastrophes, les services ambulanciers et les banques de sang.

L’organisation est également bénéficiaire de dons exonérés d’impôt aux États-Unis à travers du lobby « les Amis américains de Magen David Adom ».

« Tuez-en un million »

En 2007, Eliyahu préconisa les meurtres en masse des Palestiniens afin de stopper les tirs de roquettes depuis la bande de Gaza, tout en défendant une décision validée par son défunt père, selon laquelle Israël a été autorisé à tuer les civils sans discernement. « S’ils ne s’arrêtent pas après que nous en ayons tué 100, alors nous devons en tuer mille, » a recommandé Shmuel Eliyahu, ajoutant : « Et s’ils ne s’arrêtent pas après 1000, alors nous devrons en tuer 10 000. S’ils ne s’arrêtent toujours pas, nous devons en tuer 100 000, même un million. Tout ce qu’il faut pour les faire cesser. »

Eliyahu a aussi déclaré que la « séduction » des jeunes filles juives était « une autre forme de guerre » par les hommes arabes.

En 2010, Eliyahu et d’autres rabbins payés par l’État ont publié une décision disant que les Juifs devaient ne pas vendre ou louer des biens aux Palestiniens de la minorité arabe du pays, laquelle représente un cinquième de la population.

Eliyahu fait tout ce qui est en son pouvoir pour prévenir les étudiants arabes de vivre dans Safad, en déclarant : « Avec l’installation de non-Juifs, les habitants commencent à s’inquiéter pour leurs enfants, pour leurs filles. Beaucoup d’étudiants arabes ont connus à ce jour des jeunes filles juives. »

Eliyahu a publiquement dénigré les Arabes et les musulmans, en déclarant : « chaque fois que je suis interviewé, je demande à l’intervieweur s’ils veulent qu’un arabe vienne vivre dans leur quartier. »

Violation de la neutralité et non-respect du droit international humanitaire

En tant qu’organisation membre du CICR, le Magen David Adom est présumé être engagé vis-à-vis des missions du CICR :

L’action du CICR est fondé sur les Conventions de Genève de 1949, leurs Protocoles additionnels, ses statuts (dont celles de la Croix-Rouge internationale et du Croissant-Rouge) et les résolutions des Conférences internationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Le CICR est une organisation indépendante et neutre assurant protection humanitaire et assistance aux victimes de la guerre et de la violence armée. Il prend des mesures en réponse aux situations d’urgence et dans le même temps assure la promotion et le respect du droit international humanitaire et sa mise en œuvre dans le droit national.

Quoi de plus contraire à cette mission que la nomination au MDA israélien de Shmuel Eliyahu ? Non seulement celui-ci défend et plaide en faveur d’une violence de masse, de l’utilisation d’une violence aveugle contre des civils, mais c’est par excellence un raciste ?

Il convient de rappeler qu’il y a eu une campagne pendant de longues années par Israël et les organisations sionistes pour obtenir que le MDA soit finalement accepté dans le CICR. Si le MDA ne se dissocie pas totalement des incitations criminelles et racistes d’un Eliyahu, il faudrait l’expulser du CICR.

La Société palestinienne du Croissant-Rouge doit maintenant reconsidérer toute collaboration avec le MDA.

26 juin 2012 – The Electronic Intifada – Vous pouvez consulter cet article à :
http://electronicintifada.net/blogs…
Traduction : Info-Palestine.net

Israël cherche le bâtonnier pour ne pas se faire battre ! Le colloque « Israël face aux défis du droit »


mardi 12 juin 2012 par le Bureau National de l’UJFP

Ce colloque juridique est prévu le 20 juin à Paris et organisé par … l’ambassade d’Israël à Paris !
Oui, vous avez bien lu.
Les juristes amis d’Israël vont devoir, n’en doutons pas, se livrer à de nombreuses pirouettes pour justifier leurs conceptions du Droit.

Car comment justifier, ou passer sous silence, le non respect d’innombrables résolutions de l’ONU, celles condamnant la colonisation, le blocus de Gaza, et sans oublier la résolution 194 pour le droit au retour et pour des dédommagements des réfugiés palestiniens ? Comment justifier les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, l’épuration ethnique, la poursuite de la construction du Mur déclaré illégal par la Cour Internationale de Justice, la politique d’apartheid constatée par le Tribunal Russell pour la Palestine ? Comment permettre aux gouvernements alliés de maintenir l’impunité qu’ils accordent à Israël ?

Il est vrai que beaucoup de nuages s’amoncèlent sur la tête des dirigeants israéliens et de leurs thuriféraires français : le non respect des accords passés par l’Etat d’Israël avec les prisonniers politiques palestiniens à l’issue de leur courageuse grève de la faim pour leurs droits, les atteintes au droit de se rendre librement en Palestine, la Campagne internationale de Boycott, Désinvestissement, Sanctions, les conséquences positives possibles de l’admission de la Palestine à l’UNESCO.

Pour contrer ces mises en cause, le Ministère israélien des affaires étrangères et l’Ambassadeur d’Israël tentent donc le colloque juridique : « Israël face aux défis du droit ».

Citons quelques extraits de sa présentation : « La journée est organisée en partenariat avec l’Association France Israël, la section française de l’Association internationale des Juristes Juifs (l’AIJJ), le Rassemblement des Avocats Juifs de France (RAJF) – avouons humblement que nous ignorions l’existence d’une telle association ! – et l’Ambassade d’Israël à Paris.(…) « Déjeuner sous la Présidence de Mme Christiane Feral-Schuhl, Bâtonnier de Paris en présence exceptionnelle de Elyakim Rubinstein, Juge de la Cour suprême de l’Etat d’Israël (…) « Le colloque du 20 juin 2012 à Paris sera suivi d’autres rencontres destinées à consolider et développer le réseau d’experts dans une nouvelle approche de la défense de l’Etat d’Israël. »

Tous ces experts ne seront effectivement pas de trop pour tenter de défendre l’indéfendable, la négation du peuple palestinien et de ses droits, la violation des traités et des conventions signés, la violation de l’accord passé avec les détenus en grève de la faim. Notons la présence « exceptionnelle » d’un juge de la Cour Suprême, présentée comme la marque de l ’Etat de droit, alors que cette Cour ne reconnait ni l’autorité de la Cour Internationale de Justice, et ni celle du Comité des Droits de l’Homme de l’ONU, pas plus que la jurisprudence du TPI pour l’ex-Yougoslavie condamnant le recours à la torture en toutes circonstances !

Cette tentative grossière du gouvernement Netanyahou-Lieberman d’importer le conflit en France doit être dénoncée. Le gouvernement français ne peut rester indifférent devant l’organisation d’un tel colloque où un gouvernement étranger organise publiquement et directement un groupe de pression pour justifier des violations du droit condamnées par les instances internationales. La Présidence du déjeuner d’un tel colloque par le Bâtonnier de Paris devrait interpeler tout avocat des Droits humains. Gageons que le mouvement de solidarité à la lutte du peuple palestinien pour ses droits ne restera pas inerte devant cette provocation !

Le Bureau national de l’UJFP, le 11 juin 2012

Contrecoups imprévus de la guerre livrée aux Palestiniens David et Goliath ou le mythe historique inversé


mardi 12 juin 2012, par Shlomo Sand

Depuis l’origine de son entreprise de colonisation, il y a à peu près un siècle, le mouvement sioniste, et l’Etat d’Israël par la suite, s’est vu comme une minorité persécutée et faible, aspirant à se faire une place au soleil. Brandissant la Bible comme droit de propriété et portant en bandoulière le terrible capital de souffrance des pogroms et des massacres nazis, le projet sioniste a réussi au-delà de tout pronostic : il a fondé un « petit Etat juif » au cœur et aux dépens d’une population arabe infiniment supérieure en nombre.

De nos jours, les historiens savent que, dès la guerre de 1948, le rapport des forces militaires penchait déjà en faveur du jeune Etat, bien au-delà de la représentation que s’en firent les premiers Israéliens. Lors des trois guerres suivantes : 1956, 1967 et 1973, la puissance des forces armées israéliennes s’était encore notablement accrue et, à l’aide d’armements fournis par la France puis par les Etats-Unis, elle s’imposa face aux forces arabes qui lui étaient opposées.

Toutefois, depuis la guerre de Kippour, en 1973, l’armée israélienne n’est manifestement plus confrontée à une menace militaire sérieuse ; et de même, depuis lors, l’existence d’Israël ne s’est plus trouvée en danger. Les pilotes de l’armée israélienne ont cessé, depuis longtemps, d’accomplir des missions de combat ; à l’instar de la majorité des soldats, ils effectuent essentiellement des tâches de police. Force est de reconnaître que les principales missions dévolues à l’armée d’Israël, dotée des armes américaines les plus sophistiquées (chasseurs-bombardiers, drones, fusées guidées, tanks, gilets pare balles…) consistent à réprimer la population des territoires occupés qui de temps à autre tente, de façon désespérée et violente, de se révolter contre son triste sort.

« Tout Etat normal a le droit de défendre ses frontières et de répliquer lorsqu’il subit des bombardements de roquettes », affirment les porte-parole d’Israël dans leurs vibrantes justifications de l’agression brutale contre Gaza. « Certes », pourrait répondre le premier contradicteur venu, « mais tout Etat normal sait aussi où sont ses frontières ! ». Or, Israël ne satisfait pas à ce critère de logique politique de base. Depuis 1967, il n’a pas cessé d’implanter des colonies dans des territoires qui ne sont pas reconnus comme lui appartenant, tout en se gardant, par ailleurs, de les annexer juridiquement afin de ne pas devoir accorder l’égalité civique à leurs habitants.

Si, jusqu’en 2002, Israël a pu justifier l’occupation de ces territoires au motif que le monde arabe n’est pas disposé à reconnaître son existence, cette ligne de défense rhétorique est tombée lorsque la Ligue arabe, incluant l’Organisation de la libération de la Palestine (OLP), a déclaré reconnaître Israël dans les frontières de 1967. L’Etat d’Israël n’a aucunement relevé ce défi diplomatique que tous ses dirigeants ont superbement ignoré. Il s’est retranché derrière une haute muraille de béton, tout en continuant de mordre dans les terres palestiniennes, d’élargir ses colonies et de maintenir son contrôle et sa présence militaires sur toute la Cisjordanie

« Nous sommes sortis de Gaza », affirme Israël. « Alors, pourquoi les Palestiniens continuent-ils de nous attaquer à partir de là ? ». En fait, le retrait israélien de Gaza n’a constitué ni un geste envers les Palestiniens ni un premier pas vers la paix. Bien au contraire ! Tout comme M. Ehoud Barak a effectué le retrait du Liban sans accord afin de se soustraire à toute discussion sur l’évacuation du plateau du Golan, M. Ariel Sharon est sorti de la bande de Gaza pour ne pas avoir à conclure avec les Palestiniens un accord de paix qui aurait également comporté l’évacuation complète de la Cisjordanie et la renonciation à la partie arabe de Jérusalem. En fin de compte, les habitants du sud d’Israël qui subissent les bombardements de roquettes paient le prix fort pour préserver l’intégralité et la tranquillité des colonies.

En vérité, Israël n’a jamais réellement quitté Gaza et n’a jamais accordé aux Palestiniens qui y résident ne serait-ce qu’un semblant de souveraineté. Dès l’origine, l’intention était de créer une vaste « réserve indienne » enclose, préfigurant l’instauration d’autres « réserves » similaires en Cisjordanie ; au cœur d’Eretz Israël. Si les Palestiniens disposaient au moins d’une authentique poignée de souveraineté sur une parcelle de territoire, ils ne se verraient pas accusés d’introduire en contrebande des armes dans une zone relevant officiellement de leur autorité ; ils le feraient en pleine légalité et Israël serait obligé de reconnaître la légitimité de leur Etat. En fait, Israël récuse toute notion d’égalité, même fictive, entre elle-même et les Palestiniens : elle leur dénie tout droit de se défendre. Le droit de se défendre doit demeurer un privilège israélien exclusif. C’est ainsi qu’Israël a catégoriquement rejeté la proposition faite par le Hamas d’une accalmie générale, incluant la Cisjordanie, où l’Etat hébreu continuait de pratiquer sans retenue les « assassinats ciblés » de Palestiniens armés. Il est donc reconnu et admis que le droit d’Israël « de se défendre » implique la neutralisation totale de toute force de résistance palestinienne.

Ce fut pour Israël une véritable aubaine de voir le Hamas remporter à Gaza les élections dont le caractère légal et régulier a été reconnu. Le refus de l’OLP d’accepter le verdict des urnes entraîna la scission du camp national palestinien et la création de deux zones d’influences distinctes. Gaza s’en trouva plus isolée, plus étranglée, plus violente et, surtout, plus ostracisée aux yeux du monde occidental. En Cisjordanie, où l’on souriait encore à Israël, des pourparlers de paix s’ouvrirent avec les Palestiniens « modérés ». L’humiliation et l’absence de contenu effectif des interminables discussions avec l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas ne suscitèrent pas la moindre tendance au compromis et eurent pour seul effet de conforter le Hamas intransigeant. Tout Palestinien raisonnable est à nouveau porté à se dire qu’Israël n’a cessé de duper l’Autorité palestinienne, administrant la preuve que le seul langage qu’il entende est bien celui de la force.

« Le pouvoir corrompt, et le pouvoir absolu corrompt absolument », a déclaré, en son temps, Lord Acton. Israël dispose d’un pouvoir absolu comme vient de l’illustrer sa récente agression contre Gaza. Israël a également montré que, pour économiser la vie des « soldats juifs », elle est prête à sacrifier plusieurs centaines de civils « non juifs ». La majorité des victimes à Gaza ont été des femmes, des enfants, des vieillards. La plupart des combattants Palestiniens ont été tués dans les bombardements aériens, par des tirs d’hélicoptères ou d’artillerie effectués depuis les tanks ou les navires de guerre, bien avant l’entrée en lice des forces d’infanterie terrestres. Ce type d’affrontement n’a pas empêché les communicants israéliens de magnifier avec fierté la « victoire sans précédent ! ».

Non loin des lieux mêmes où la mythologie biblique en avait fait le récit, le géant Goliath est revenu, équipé, cette fois-ci, d’une énorme panoplie militaire. Mais les rôles sont désormais inversés : Goliath est devenu « juif » et il est le « vainqueur ». Le petit David est maintenant un « musulman », réprouvé et piétiné lors d’affrontements interminables. Il faut bien, hélas, le reconnaître : c’est précisément cet énorme déséquilibre des forces entre Israël et les Palestiniens qui perpétue l’occupation de la Cisjordanie et rend la paix impossible.

Le dernier massacre à Gaza, qui répondait, entre autres, à des objectifs électoraux, n’aura aucunement fait évoluer la situation dans le bon sens et, a fortiori, n’aura pas conforté le droit d’existence d’Israël au Moyen-Orient. Tant que les Israéliens ne voudront pas se souvenir que les tireurs de roquettes artisanales sur la ville d’Ashkélon sont aussi les fils et les petits-fils de ceux qui en furent expulsés vers Gaza en 1950, il n’y aura pas d’avancée dans la solution du conflit. Celle-ci implique, en effet, de mieux comprendre la profonde colère de ceux qui subissent l’occupation, depuis au moins quarante et un ans !

Peut-on au moins espérer que ce massacre obligera enfin les Etats-Unis et l’Europe à se départir de leur indifférence afin d’obliger les réfractaires à la paix, héritiers des victimes juives d’hier, à un compromis plus équitable avec les victimes de la tragédie palestinienne qui dure encore aujourd’hui ?

Shlomo Sand
Historien, professeur à l’université de Tel-Aviv, auteur de Comment le peuple juif fut inventé, Fayard, Paris, 2008.
(Le Monde diplomatique – Février 2009)

Traduit de l’hébreu par Michel Bilis.

source

Ne laissez pas mourir Mahmoud dans les geôles israéliennes


Pour la pétition allez sur :
http://www.avaaz.org/fr/petition/Ne_laissez_pas_mourir_Mahmoud_dans_les_geoles_israeliennes/?fxKoFab&pv=4

Cette pétition doit être validée par la Communauté Avaaz avant publication
Ne laissez pas mourir Mahmoud dans les geôles israéliennes
2,000
786

786 signatures. Atteignons 2,000

Pourquoi c’est important

Mahmoud Sarsak était capitaine de l’équipe nationale palestinienne de football. Capturé par Israeliens, il est depuis 3 ans en prison alors qu’il n’est poursuivi pour AUCUN délit (il est en « rétention administrative »). Le but : briser sa carrière et le moral de son peuple.
Après 80 jours de grève de la faim, il va mourir..La Fédération Française de football, à laquelle les membres d’Europalestine se sont adressés, a donné une fin de non-recevoir et conseillé de nous adresser au Ministre des Affaires étrangères, qui peut faire pression sur ses homologues Israélien, pour qu’ils sauvent ce jeune homme innocent.Signez et diffusez cette pétition à tous vos proches avant qu’il ne soit trop tard! Demandons à Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères d’exiger du gouvernement israélien qu’il mobilise sa diplomatie et sauve ce footballeur de 25 ans.

Appel urgent ! Mahmoud Sarsak est mourant !
LIBEREZ-LE DES MAINTENANT !!

Hèlène

La vidéo de l’interpellation de la FFF par Europalestine: http://www.europalestine.com/spip.php?article7328

Réaction-Droit de réponse-Communiqué du Comité BDS-ULB (2)


Par ailleurs, un vrai dialogue ne peut se construire qu’à condition que les interlocuteurs soient sur pied d’égalité, ce qui est impossible entre un peuple occupé et une puissance occupante. La sociologue palestinienne Lisa Taraki affirme dans un récent article : « le dialogue ne promeut pas le changement mais renforce le statu quo et est, en fait, principalement dans l’intérêt du côté israélien du dialogue, étant donné qu’il fait sentir aux israéliens qu’ils font quelque chose alors qu’en fait ils ne font rien. La logique de BDS est la logique de pression »6.

Quant à ceux qui estiment que le BDS viole les libertés académiques, nous estimons que ces libertés peuvent être momentanément restreintes si les restrictions ont pour objectif de faire respecter un ensemble plus large de droits fondamentaux, ce qui est précisément l’objet de l’appel BDS. De plus, il est aberrant de parler de liberté académique tout en cautionnant un système qui empêche les chercheurs palestiniens de se déplacer librement et d’avoir accès aux mêmes institutions que les Israéliens. Il faut à cet égard encourager l’augmentation de contacts directs avec les institutions académiques palestiniennes.

Pour terminer, n’oublions pas qu’Israël, sous la bannière de la démocratie, applique une politique d’apartheid contre les Palestiniens7. Au coeur de la définition de l’apartheid, il y a la domination institutionnalisée et légalisée d’un groupe racial sur un autre. Le gouvernement israélien a légalisé un tel système institutionnalisé de discrimination raciale à l’égard des Palestiniens, en mettant en place des lois et pratiques qui ont pour but de les exclure, de les dominer et de les opprimer en raison de leur origine.

La loi du Retour (1950) en est un exemple frappant: les Juifs du monde entier peuvent acquérir automatiquement la citoyenneté israélienne en s’établissant en Israël ou dans les Territoires palestiniens occupé. Le droit au retour est par contre refusé aux Palestiniens expulsés en 1948 et qui sont depuis devenus des réfugiés.

Dans les Territoires occupés, les colonies, le mur de séparation, les checkpoints et les routes exclusivement réservées aux colons dominent le paysage et séparent les populations sur base ethnique. La loi civile s’applique aux Palestiniens, la loi militaire aux colons.

Au sein même de la société israélienne, la dissidence est sévèrement réprimée. Des nouvelles lois en ce sens ont été votées récemment, comme la “Boycott Law” qui criminalise les organisations qui supportent ouvertement l’appel BDS. Des ONG comme l’organisation israélienne pour les droits humains « B’tselem » sont attaquées par une loi qui impose un impôt de 45% sur les fonds de l’étranger (principalement de l’UE), réduisant radicalement le budget de ce genre d’organisations8.

Il est absurde que l’ULB, au vu des valeurs qu’elle défend et auxquelles
nous adhérons, entretienne des liens académiques avec des universités israéliennes qui sont complices d’un régime d’oppression et de discrimination ethnique. Le droit s’applique à tous. C’est là tout l’objet de l’appel BDS auquel nous répondons.

6 http://www.aljazeera.com/indepth/opinion/2011/08/201188976675245.html

7 http://www.russelltribunalonpalestine.com/en/sessions/south-africa/south-africa-session-full-findings-french

8 http://www.haaretz.com/news/national/likud-yisrael-beiteinu-draft-new-bill-to-limit-foreign-funding-to-israeli-ngos-1.398787

Réaction-Droit de réponse-Communiqué du Comité BDS-ULB (1)


Face aux multiples réactions qui ont suivi la reconnaissance du cercle BDS-ULB par le conseil d’administration de l’université, nous souhaitons apporter quelques clarifications.

L’appel pour le Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) a été lancé par la société civile palestinienne en 2005, à la lumière des violations répétées du droit international et des résolutions des Nations unies par Israël, et fut rapidement signé par plus de 170 organisations et syndicats palestiniens1.

Le boycott est un outil de pression politique et une forme de résistance non-violente. Le but est de le maintenir jusqu’à ce qu’Israël reconnaisse le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et se plie à trois obligations qui lui incombent en droit international, à savoir : mettre fin à l’occupation et à la colonisation de toutes les terres arabes2 et démanteler le mur de séparation ; reconnaître le droit fondamental des citoyens arabo-palestiniens d’Israël à une égalité absolue ; respecter et protéger les droits des réfugiés palestiniens tels que définis par la résolution 194 de l’ONU.

Le cercle BDS-ULB a pour but de relayer ce message et ouvrir le débat au sein de l’université. Les valeurs qu’il défend sont le respect de la justice et de l’égalité fondamentale entre les peuples. Il rejette à cet égard toute forme de racisme, en ce compris l’antisémitisme et l’islamophobie, ou de stigmatisation, quelle que soit la communauté.

Le boycott académique auquel appelle le BDS ne vise pas les individus du fait de leur nationalité. Il vise par contre les institutions impliquées dans l’occupation des territoires palestiniens et l’assujettissement du peuple palestinien. Le boycott académique ne renvoie pas à la rupture de tous les liens avec le peuple israélien, mais à l’exercice d’une pression sur une succession de gouvernements qui se sont tous refusés à mettre fin à l’occupation et qui ont mis en oeuvre une politique d’apartheid envers le peuple palestinien.

Le boycott vise à mettre fin à la normalisation des relations avec l’Etat d’Israël dans le monde académique, car nous estimons qu’elles occultent les violations du droit international commises par cet Etat. Il ne vise donc rien d’autre que de forcer Israël à se conformer aux droit et normes internationaux.
Le boycott académique a un effet assez direct sur les responsables de l’oppression, puisque les institutions académiques israéliennes qui ont des liens avec l’ULB contribuent à en maintenir et en légitimer les structures. Les universités israéliennes ne sont pas neutres et apolitiques.

Un exemple remarquable est l’Université Technion, qui fournit au gouvernement israélien les fondements technologiques de l’occupation militaire et avec laquelle l’ULB coopère dans le cadre des programmes de recherche européens. Technion a été directement impliquée dans le développement du bulldozer “D9”, utilisé par l’armée israélienne pour démolir les maisons palestiniennes. Elle a créé un centre de recherche conjoint avec Elbit Systems, la plus importante société privée d’armement israélienne, qui est impliquée dans la construction du Mur, dont le tracé a été déclaré illégal et dont la Cour internationale de Justice a demandé le démantèlement il y a de cela 6 ans déjà3. Elbit a également fourni des drones à l’armée israélienne qui ont été utilisés contre des civils durant l’opération « Plomb Durci »4. De nombreux membres du corps académique de Technion ont fait partie de l’élite de l’armée et/ou ont travaillé pour les compagnies d’armement israéliennes5.Les universités comme Technion contribuent directement à des crimes condamnés par les plus hautes instances internationales en fournissant la connaissance, les ressources, la recherche et la technologie qui servent à les perpétrer.

1 http://www.bdsmovement.net/call#.T8SGwGAUPW0

2 Territoires occupés tels que définis par la résolution 242 de l’ONU du 22 novembre 1967

3 http://webee.technion.ac.il/news/Elbit-establishes-Vision-Systems-Research-Center

4 http://www.hrw.org/fr/news/2009/06/30/isra-l-le-mauvais-usage-de-drones-caus-la-mort-de-civils-gaza

5 http://www.admin.technion.ac.il/President/Eng/President’s%20Report%202011_FINAL.pdf

Ilan Pappe : le boycott d’Israël est la bonne méthode


J’ai été militant politique pendant presque toute ma vie d’adulte. Durant toutes ces années, j’ai cru profondément que la réalité insupportable et inacceptable d’Israël et de la Palestine ne pourrait être changée que de l’intérieur. C’est pourquoi je me suis sans cesse consacré à persuader la société juive – à laquelle j’appartiens et dans laquelle je suis né – que sa politique fondamentale était erronée et désastreuse.

Comme pour tant d’autres, les options pour moi étaient claires : Je pouvais m’engager dans la politique par le haut ou m’y opposer par le bas. J’ai d’abord adhéré au parti travailliste dans les années 80, puis au Front démocratique pour la Paix et l’Égalité (Hadash). Ce fut le moment où j’ai refusé de devenir membre de la Knesset.

En même temps, je me suis concentré sur la collaboration avec d’autres au sein des ONG d’éducation et de paix, et même sur la présidence de deux de ces institutions : l’Institut sioniste de gauche des études de la paix à Givat Haviva et l’Institut non-sioniste Emil Touma d’Études Palestiniennes. Dans ces deux groupes, les collègues âgés comme les plus jeunes ont cherché à ouvrir un dialogue constructif avec nos compatriotes, dans l’espoir d’influencer la politique du moment en vue d’une réconciliation à venir. C’était principalement une campagne d’information sur les crimes et les atrocités commis par Israël depuis 1948 et un appel à un avenir qui reposerait sur les droits humains et civiques.

Pour un militant, se rendre compte que le changement de l’intérieur est inaccessible, non seulement résulte d’un processus intellectuel ou politique, mais surtout c’est admettre la défaite. C’était précisément cette peur de la défaite qui m’a très longtemps empêché d’adopter une position plus résolue.

Après presque trente ans de militantisme et de recherche historique, je me suis convaincu que l’équilibre des forces en Palestine et en Israël, faisait obstacle à toute possibilité de transformation au sein de la société israélienne juive dans un avenir prévisible. Bien que plutôt sur le tard, j’en suis venu à me rendre compte que le problème n’était ni une politique particulière ni un gouvernement particulier, mais un enracinement très profond dans l’infrastructure idéologique qui influence les décisions israéliennes sur la Palestine et les Palestiniens depuis 1948. J’ai déjà décrit cette idéologie comme un hybride entre le colonialisme et le romantisme romantique. [1]

Aujourd’hui, Israël est un redoutable état colon-colonialiste qui refuse de changer et de compromettre et qui ne demande qu’à écraser par tous les moyens nécessaires, la résistance – quelle qu’elle soit – à son contrôle et à son autorité en Palestine historique. À commencer par le nettoyage ethnique de 80 pour cent de la Palestine en 1948, et l’occupation par Israël des derniers 20 pour cent du pays en 1967, les Palestiniens d’Israël sont enfermés dans des méga-prisons, des bantoustans et des cantons assiégés, et mis à part au moyen de politiques discriminatoires.

Pendant ce temps, des millions de réfugiés palestiniens partout dans le monde n’ont aucune possibilité de retourner chez eux, et les années n’ont fait qu’affaiblir, si ce n’est annihiler, toute contestation contre cette infrastructure idéologique. À ce moment précis où j‘écris ces lignes, l’état-colon israélien continue sans cesse sa colonisation et le déracinement de la population autochtone de la Palestine.

L’occupation de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza, l’oppression des Palestiniens à l’intérieur d’Israël, et la négation du droit au retour des réfugiés continueront tant que ces politiques (occupation, oppression et déni) seront présentées comme un accord de paix global destiné à être approuvé par des interlocuteurs palestiniens et arabes obéissants.

Message que les pays étrangers envoient à Israël : la paix n’exige pas une transformation issue de l’intérieur. En conséquence, on peut conclure sans risque de se tromper que le processus de paix a dissuadé le colonisateur et l’occupant de transformer sa mentalité et son idéologie. Tant que la communauté internationale attendra que les opprimés transforment leurs positions, alors qu’elle approuve celles tenus par l’oppresseur depuis 1967, cette occupation restera la plus brutale que le monde ait jamais vue depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les annales du colonialisme et de la décolonisation nous apprennent que la fin de la présence et de l’occupation militaires était une condition sine qua non pour qu’au moins commencent les sérieuses négociations entre colonisateurs et colonisés.

La fin inconditionnelle de la présence militaire dans la vie de plus de trois millions de Palestiniens devrait être la condition préalable pour n’importe quelle sorte de négociation, ce qui ne peut se développer qu’à partir du moment où les relations entre les deux partis ne sont pas oppressives, mais au contraire, sur pied d’égalité.

Dans la plupart des cas, l’occupant ne s’est pas décidé à partir. On l’a forcé à s’en aller, généralement à la suite d’un long combat sanglant. On a tenté cela sans grand succès dans le conflit israélo-palestinien. Dans quelques cas, le succès s’est réalisé au moyen d’une pression extérieure sur la puissance ou l’état hors-la-loi à l’ultime stade de décolonisation. Cette dernière stratégie est plus séduisante. En tout cas, le paradigme israélien de « paix » ne changera pas, à moins qu’une pression s’exerce de l’extérieur ou qu’il y ait une contrainte sur le terrain.

Avant même de commencer à définir plus précisément ce que suppose la pression extérieure, il ne faut pas confondre les moyens (la pression) avec le but (trouver une formule pour vivre ensemble). En d’autres termes, il est important de souligner que la pression a pour objectif de déclencher de sérieuses négociations, de ne pas prendre leur place. Par conséquent, tandis que je pense toujours que le changement de l’intérieur est essentiel pour une solution durable au problème des réfugiés, à la situation difficile de la minorité palestinienne en Israël et à l’avenir de Jérusalem-Est, on doit prendre d’abord d’autres mesures pour y arriver.

Quelle sorte de pression est-il nécessaire d’exercer ? L’Afrique du Sud a fourni l’exemple historique le plus éclairant et édifiant à ceux qui dirigent ce débat, tandis que, sur le terrain, les militants et les ONG sous occupation ont cherché des moyens non-violents pour à la fois résister à l’occupation et développer les formes de résistance qui se distancient des attentats suicides et de la kyrielle de roquettes Qassam tirées depuis Gaza. Ces deux impulsions ont provoqué la campagne BDS contre Israël. Ce n’est pas une campagne coordonnée menée par quelque cabale secrète. Elle a commencé sous la forme d’un appel venu de la société civile sous occupation, sanctionné par d’autres groupes palestiniens et transformé en actions individuelles et collectives partout dans le monde.

Les formes et les objectifs de ces actions varient, du boycott des produits israéliens à la rupture des liens avec les institutions académiques d’Israël.

Certaines sont des manifestations individuelles de protestation ; d’autres sont des campagnes organisées. Ce qu’elles ont en commun, c’est leur message d’indignation devant les atrocités sur le terrain en Palestine – mais l’élasticité de la campagne l’a transformée en un vaste processus capable de produire un état d’esprit et un climat nouveaux parmi le public, sans point central clairement déterminé.

Pour les quelques Israéliens qui ont soutenu la campagne dès le début, ça a été un moment définitif qui exposait nos positions sur les origines, la nature et la politique de notre état. Mais avec du recul, cela semble avoir apporté un soutien moral qui a contribué au succès de la campagne.

Soutenir le mouvement BDS reste un acte radical pour un militant de la paix israélien. Celui-ci s’exclut immédiatement du consensus et des idées répandues en Israël. Les Palestiniens paient plus chèrement leur combat, et ceux parmi nous qui choisissent ce chemin ne doivent s’attendre ni à une récompense ni même à des éloges.

Au contraire, cette action exige qu’on se confronte directement avec l’état, sa propre société et très souvent les amis et la famille. En réalité, c’est franchir la dernière ligne rouge – dire adieu à la tribu. Mais il n’y a vraiment aucune autre alternative. Toute autre option – de l’indifférence, à travers la critique modérée et jusqu’à l’adhésion totale à la politique israélienne – est une décision volontaire d’être le complice des crimes contre l’humanité. L’esprit fermé du public en Israël, l’emprise continuelle des colons sur la société israélienne, le racisme inné dans la population juive, la déshumanisation des Palestiniens, l’armée et l’industrie directement intéressées au maintien des territoires occupés – tout ceci veut dire qu’on doit s’attendre à une très longue période d’occupation brutale et oppressive. Ainsi, la responsabilité des Juifs israéliens est bien plus grande que celle de quelqu’un d’autre qui participe à la promotion de la paix en Israël et en Palestine. Les Juifs israéliens en viennent à se rendre compte de ce fait, et c’est pourquoi le nombre de ceux qui sont d’accord pour faire pression sur Israël de l’extérieur, grandit de jour en jour. C’est encore un très petit groupe, mais il forme vraiment la base du futur camp de la paix israélien.

On peut tirer beaucoup de leçons du processus d’Oslo. Là-bas, les Israéliens ont utilisé le langage de la paix comme moyen de maintenir l’occupation (avec l’aide des dirigeants palestiniens qui sont devenus la proie des tactiques de déception israéliennes), ce qui veut dire que les « colombes » aussi bien que les « faucons » ont mis leur veto à la fin de l’occupation, lesquels n’avaient aucun intérêt à y mettre fin. C’est pourquoi le monde dans son ensemble doit exercer une pression concentrée et efficace sur Israël. Une telle pression s’est montrée fructueuse dans le passé, particulièrement dans le cas de l’Afrique du Sud ; et la pression est également nécessaire pour empêcher les pires hypothèses de devenir des réalités.

Après le massacre de Gaza en janvier 2009, il était difficile de voir comment les choses pouvaient empirer, pourtant elles le peuvent : sans aucune fin à l’expansion des colonies, avec les assauts ininterrompus contre Gaza, le répertoire israélien du mal n’est pas encore épuisé. Le problème est que les gouvernements européens, et les États-Unis en particulier, ne sont pas près de sanctionner la campagne BDS. Mais on se souvient des tribulations de la campagne de boycott contre l’Afrique du Sud, qui avait son origine dans les sociétés civiles, non dans les allées du pouvoir.

À bien des égards, la nouvelle la plus encourageante arrive d’un endroit plutôt inattendu : les campus des États-Unis. L’enthousiasme et l’engagement de centaines d’étudiants de ce pays ont aidé, dans les dix dernières années, à introduire l’idée de désinvestissement dans la société américaine – société que les militants de la campagne internationale pour la Palestine considéraient comme une cause perdue. Ils font face à des ennemis redoutables : l’ « AIPAC » cynique et efficace et aussi les fanatiques chrétiens sionistes. Mais ils offrent une nouvelle façon de s’engager auprès d’Israël, non seulement pour les Palestiniens, mais aussi pour les Juifs partout dans le monde.

En Europe, une admirable coalition de Musulmans, de Juifs et de Chrétiens fait avancer ce programme, face aux accusations d’antisémitisme. La présence de quelques Israéliens parmi eux aide à repousser ces allégations méchantes et totalement fausses. Je ne considère pas le soutien moral et actif d’Israéliens comme moi, comme l’élément le plus important de cette campagne. Mais les relations avec les dissidents progressistes et radicaux israéliens sont essentielles pour la campagne. Ils constituent en Israël un pont avec un public plus large qui devra, en fin de compte, être incorporé. Traité en paria, Israël abandonnera, avec un peu de chance, sa politique de crimes de guerre et d’abus des droits de l’homme. Nous espérons donner les pleins pouvoirs à ceux qui se trouvent à l’extérieur, engagés dans la campagne, et nous avons nous-mêmes les pleins pouvoirs de par leurs actions.

Il semble que nous devons tous avoir des objectifs clairs et rester vigilants contre les généralisations simplistes sur le boycott qui est « contre Israël du fait que celui-ci est juif, ou contre les Juifs du fait qu’ils sont en Israël ». C’est tout simplement faux. Il faut compter avec les millions de Juifs d’Israël. C’est un organisme vivant qui fera toujours partie d’une future solution. Cependant, notre devoir sacré est en premier de mettre fin à l’occupation oppressive et d’empêcher une autre Nakba ; et le meilleur moyen d’y arriver est une campagne soutenue de boycott et un désinvestissement. »

Ilan Pappé : the boycott will work, an Israeli perspective

http://www.odsg.org/co/index.php?op…

(Traduit par Chantal C. pour CAPJPO-EuroPalestine)

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