La femme au drapeau, Rana Hamadeh.


Soutien aux grévistes de la faim en face de la prison d’Ofer; les militants ont été vaporisés au poivre dans la figure (alors qu’ils sont inactifs) et aspergés d’eau sale (l’eau du camion).

Le gaz vendu à Israël fait des bulles en Egypte


vendredi 27 avril 2012 – 09h:27

Daikha Dridi – Les Afriques


C’est le type même d’entrée en exploitation qui tombe mal. Le gazoduc Egypte-Israël est prêt, mais le gaz – vendu à prix secret- ne passe pas dans l’opinion égyptienne.

Le Premier ministre égyptien Ahmad Nazif a fini, après un mois de pression de l’opinion, par annoncer que son gouvernement est en négociation pour revoir à la hausse les prix du gaz vendu à Israël. Tout a commencé le 1er mai dernier, lorsque la presse a annoncé que la connexion du gazoduc reliant l’Egypte à Israël était enfin établie. L’information est double : le gaz naturel égyptien est non seulement vendu à Israël, qui assiège Gaza – ce qui n’était qu’une rumeur jusque-là -, mais il l’est, de plus, à un prix tellement bas que la presse le qualifie de « gaz subventionné ». Le contrat de vente de gaz entre l’Egypte et Israël remonte à 2005 et il y est question de la vente de 1,7 milliard de mètres cubes de gaz par an, ce qui représente, selon la presse israélienne, 20% de la consommation israélienne en électricité. Ce contrat, qui court sur une période de quinze ans, est susceptible de voir la quantité de gaz augmentée de 25% et sa durée de vie rallongée de cinq années. C’est ce qui est su officiellement d’une transaction qui semble mettre dans l’embarras le gouvernement d’Ahmad Nazif. Celui-ci a en effet refusé de répondre aux questions coléreuses des députés égyptiens qui demandaient à savoir le prix de détail de vente du gaz égyptien à Israël.

Le précédent de la raffinerie d’Alexandrie

Il est important de souligner que la fronde des parlementaires est loin d’être uniquement celle des Frères musulmans, car personne ne comprend vraiment pourquoi Israël bénéficie d’un gaz tellement bon marché que l’on préfère en dissimuler le prix, alors que le gaz que paie le consommateur égyptien ne cesse d’augmenter. Le ministre de l’Energie, qui a essuyé plusieurs salves d’attaques au Parlement, avait éludé la question du prix de vente en expliquant qu’il serait illégal de rendre public ce genre d’information sans l’autorisation des deux parties contractantes. A savoir le consortium East Mediterranean Gas (EMG), détenu par l’homme d’affaires égyptien et proche du président Hosni Moubarak Hussein K. Salem et l’Israélien Yossi Maiman, à la tête du groupe Mehrav. Deux hommes d’affaires qui ont en commun d’avoir tous les deux été des officiers du renseignement de leur pays, qui s’étaient déjà associés dans les années 90 dans la construction d’une raffinerie de pétrole à Alexandrie, un projet duquel le gouvernement égyptien avait fini par discrètement évincer la partie israélienne, en rachetant ses parts, pour cause de très vif mécontentement populaire au plus fort de la deuxième Intifada en 2001.

Sawiris déconseille l’exportation du gaz

Aujourd’hui, la transaction de vente du gaz égyptien à Israël suscite des critiques aussi nombreuses que variées, dans un contexte social rendu explosif par les grèves et protestations contre la hausse des prix. Les Egyptiens n’ont pas eu le temps d’oublier, en plus, la détresse des Palestiniens arrivés par milliers dans le Sinaï en janvier dernier à la recherche de nourriture et de carburant. Les critiques sont diplomatiquement formulées par des experts égyptiens en énergie, ou des hommes d’affaires tels que Naguib Sawiris, patron d’Orascom, qui recommande « le bon usage du gaz naturel égyptien en Egypte » et déconseille son exportation. D’autres avis sont moins réservés et s’offusquent que les règles du marché ne soient pas appliquées lorsqu’il s’agit de faire du business avec Israël. Enfin, et ce sont là les critiques les plus nombreuses et les plus virulentes : comment, d’un point de vue éthique, accepter que l’on vende du gaz à un Etat qui étrangle les Palestiniens de Gaza, obligés eux, pour cause de blocus israélien, d’alimenter les réservoirs de leurs moteurs en huile de table. Ce « cadeau d’anniversaire pour les 60 ans d’Israël », comme l’a qualifié un député égyptien, ne passe décidément pas et les initiatives se multiplient au sein et en dehors de « la campagne populaire contre la vente du gaz à Israël », une coordination de près de 8000 citoyens mise en place par le neveu du défunt président Annouar Sadate et ex-député Esmat Sadate, ainsi que son frère, fraîchement sorti de prison, Talaat Sadate.

Al Azhar s’en mêle

Une coordination de près de 8000 citoyens, mise en place par le neveu du défunt président Annouar Sadate et ex-député Esmat Sadate, ainsi que son frère, fraîchement sorti de prison, Talaat Sadate.

Les animateurs de cette campagne prévoient d’organiser des marches de protestation à partir du 5 juin, date anniversaire de la « naksa » de 1967, ils font circuler une pétition pour rassembler un million de signatures et ont, en attendant, tenté d’organiser un tribunal populaire pour juger le Premier ministre, le ministre de l’Energie ainsi que l’homme d’affaires Hussain Salem.

Une fatwa « prohibant aux employés égyptiens le fruit du travail au sein de la société qui vend du gaz à Israël » a été prononcée par un groupe d’ulémas d’Al Azhar qui s’oppose régulièrement au grand cheikh d’Al Azhar, obligé, lui, de se murer dans un silence total à cause de sa trop grande proximité avec le gouvernement. Enfin, des journaux ont rapporté que des « renforts de sécurité ont été dépêchés dans le Sinaï, au sein de la société exportatrice », afin d’empêcher toute velléité de grève sur place. Les termes de la transaction vont donc être renégociés, mais cela suffira-t-il à éluder la question politique de la vente du gaz à Israël ?

24 avril 2012 – Les Afriques

Les relations se dégradent entre Israël et l’Égypte


lundi 23 avril 2012, par La Rédaction

D’abord plutôt indifférente, la révolution de la place Tahrir ayant été marquée par l’absence quasi totale de la rhétorique anti-israélienne, l’opinion égyptienne manifeste depuis une hostilité croissante à la paix avec Israël.
La rupture du contrat gazier entre Israël et l’ Égypte constitue une nouvelle étape dans la dégradation progressive des relations entre les deux pays depuis la révolution égyptienne de février 2011. Un incident frontalier ayant occasionné la mort de plusieurs soldats égyptiens en août 2011, tués par l’armée israélienne lancée à la poursuite d’auteurs d’un attentat terroriste sur une route du sud d’Israël, avait déclenché de violentes manifestations, qui avaient culminé par le sac de l’ambassade israélienne au Caire en septembre. Depuis, les diplomates israéliens n’assurent plus qu’une présence symbolique quatre jours par semaine dans la capitale égyptienne, où ils n’arrivent plus à trouver à louer de locaux.
Le traité de paix entre Israël et l’Égypte, signé par Begin et Sadate en 1979 à la Maison-Blanche, n’a jamais été guère plus qu’une « paix froide » entre les deux voisins. Outre la coopération sécuritaire, et quelques contrats tels que l’accord gazier, les deux pays n’ont jamais établi de réelles relations commerciales ou culturelles.
Trahison de la cause arabe Si l’armée égyptienne, principale bénéficiaire d’un accord qui lui assure depuis 1979 une colossale aide militaire américaine, a toujours défendu le traité, l’opinion égyptienne n’a jamais vu de réels avantages à cette paix. La rétrocession du Sinaï par Israël n’a engendré des bénéfices que pour les puissants investisseurs, proches de Moubarak ou généraux à la retraite, qui ont depuis développé des stations balnéaires dans la péninsule.
Les islamistes, opposants historiques au régime Moubarak, n’ont cessé de dénoncer la normalisation des relations avec Israël comme une trahison de la cause arabe. Aujourd’hui majoritaires au Parlement égyptien et aux portes du pouvoir, les islamistes ont multiplié les assurances qu’ils ne remettraient pas en question la paix avec Israël, mais en les assortissant de déclarations ambiguës. En coulisse, les Américains tentent de sauvegarder un traité qui a longtemps constitué un élément essentiel de leur politique au Moyen-Orient.
Mais l’époque de l’étroite coopération entre le Mossad et les services de sécurité égyptiens est révolue, et les deux voisins se regardent désormais avec une méfiance accrue. Israël a lancé au printemps dernier des travaux de construction d’une barrière de sécurité le long de sa frontière désertique avec le Sinaï. La région sud, longtemps l’une des plus sûres d’Israël, connaît depuis plusieurs mois des états d’alerte réguliers. Les vacanciers israéliens, qui se rendaient régulièrement sur les plages du Sinaï égyptien, ont presque totalement déserté la péninsule, les autorités israéliennes déconseillant à présent formellement à leurs ressortissants de se rendre en Égypte.
L’armée égyptienne, avec l’accord tacite d’Israël, a quant à elle considérablement renforcé son dispositif militaire dans le Sinaï, ce qu’interdisait expressément le traité de paix de 1979, qui prévoyait que seules des forces de police réduites soient stationnées dans cette région.
Dimanche dernier, le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a expliqué avoir mis en garde Nétanyahou contre le danger que représente à présent l’Égypte, et demandé que le commandement sud de l’armée israélienne soit renforcé de trois divisions. « La question égyptienne est un danger plus préoccupant que l’Iran », aurait affirmé dans une réunion le chef de la diplomatie israélienne.
Le maréchal Tantaoui, le chef de la junte au pouvoir en Égypte depuis la chute de Moubarak, a répliqué indirectement lundi au cours de manœuvres dans le Sinaï en faisant savoir : « Si quelqu’un s’approchait des frontières de l’Égypte, nous lui casserons la jambe. »

(23 avril 2012 – Adrien Jaulmes « Le Figaro »)

repris ici

Khader Adnane : les grévistes palestiniens ont juré de ne pas renoncer


Les forces d’occupation israéliennes ont libéré mardi soir le gréviste palestinien, Khader Adnane, ayant observé une grève de la faim de 66 jours.

Dans un discours adressé à une foule qui l’a accueilli en grande pompe dans son village Aarabe, en Cisjordanie occupée, Adnane a assuré que les détenus palestiniens ont juré de ne pas renoncer à la stratégie de la grève de la faim. Il a également révélé qu’il a été menacé par les forces de l’occupation sioniste, de nuire à ses amis et aux membres de sa famille. Le détenu libéré a en outre affirmé que sa grève et la grève de tous les prisonniers, visent à rejeter toutes les formes de détention, dont la détention administrative.

Le Jihad islamique a pour sa part souligné que la ténacité de Khader Adnan a fait plier l’occupation, et a tracé une nouvelle victoire contre l’occupation.

L’expérience de Khader Adnane, 34 ans, a en effet inspiré 1200 autres détenus. Sa stratégie de grève de la faim a relancé le dossier très controversé de la détention administrative. L’occupation israélienne garde en prison plus de 300 Palestiniens sans jugement pour des périodes indéfiniment renouvelables de six mois.
Les grévistes coupés du monde extérieur

Entre-temps, le ministère palestinien des Prisonniers a révélé mercredi que les services pénitentiaires israéliens ont renforcé les pressions contre les grévistes. Les grévistes ont été placés, depuis mardi, à l’isolement. Ils sont désormais privés d’électricité, de radio, de télévision et même des journaux.

Le ministère rappelle que 201 prisonniers palestiniens ont trouvé la mort dans les prisons israéliennes depuis 1967. Les prisonniers sont morts de torture, de négligences médicales, de meurtres prémédités…

Près de 2000 Palestiniens ont été arrêtés depuis l’accord d’échange de prisonniers d’octobre 2011 entre le Hamas et l’occupation, soit une moyenne de plus de 10 arrestations par jour.

Israël  détient actuellement près de 4700 Palestiniens en prison, dont six femmes, 185 mineurs et 27 membres du Conseil législatif palestinien. Plus de 20 000 Palestiniens ont été en détention administrative – sans inculpation ni jugement – depuis 2002, dont 320 prisonniers sont encore en prison à ce jour. A cela s’ajoute 822 personnes en détention préventive.

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Air France : « Etes-vous de confession juive ? »


anniebannie : Ne pas rater les commentaires, excellents

lundi 16 avril 2012, par Alain Gresh

Des centaines de militants européens et étrangers souhaitaient se rendre en Palestine pour exprimer leur solidarité avec le peuple palestinien. Ils ne venaient ni poser des bombes, ni attaquer des bâtiments publics. Israël a décidé de leur interdire l’accès aux territoires palestiniens : une nouvelle preuve que ceux-ci sont, purement et simplement, des territoires occupés.

Pour cette violation du droit de circuler librement, le gouvernement israélien a bénéficié de la complaisance des gouvernements européens, qui ont tout fait pour mettre en œuvre l’interdiction. Et les compagnies européennes y ont contribué, au nom de la convention de Chicago (lire la justification d’Air France, « Air France, Easyjet ou Lufthansa annulent des billets vers Israël », 15 avril.)

Laissons les aspects politiques et diplomatiques de cette affaire pour aborder un autre point : si Air France est tenue d’appliquer la convention de Chicago, peut-elle le faire en violant la Déclaration universelle des droits de l’homme et les lois françaises ? Il est interdit, en effet, de discriminer une personne en fonction de sa couleur ou de sa religion. C’est pourtant ce qui s’est passé, en particulier à Nice, où la compagnie a refusé un embarquement en arguant que la personne n’était ni israélienne ni juive ! (voir le document ci-dessous).

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Source : Europalestine, « Le racisme d’Israël et d’Air France au grand jour ».

Il ne s’agit pas d’une simple bavure, puisque Jean-Charles Tréan, directeur du service de presse et des études, précise, en réponse à une question que je lui ai posée : « C’est dans ce cadre que le Chef d’Escale de Permanence à Nice pour le vol AF 4384 du 15 avril 2012 a, sur demande des autorités israéliennes, posé, en leur nom, les deux questions citées. Cela a d’ailleurs permis d’identifier le fait que la passagère concernée n’était pas admise sur le territoire israélien. » On est en présence d’un cas flagrant de discrimination qui devrait être porté devant les tribunaux.

Précisons, pour la petite histoire, que des diplomates français ont aussi été interdits de voyager (« Israeli official : 40% of names on Shin Bet fly-in blacklist were not activists », Haaretz, 16 avril). Et ne vous attendez pas à des protestations de la France.

source

QUAND ISRAEL TERNIT AVEC ZELE SA PROPRE IMAGE


Israël ne perd pas une occasion de ternir sa propre image. Dernier exemple éloquent en date: le sabordage viril ce dimanche de l’opération « Bienvenue en Palestine » au motif – dixit le ministre israélien de la sécurité intérieure Yitzhak Aharonovitch – que les militants étaient « des provocateurs » et « des fauteurs de troubles ».

Qui sont ces dangereux « provocateurs »? De simples citoyens du monde soucieux de montrer leur solidarité avec les Palestiniens sous occupation. Ils voulaient se rendre à Bethléem pour notamment inaugurer un projet d’école internationale. Le passage par l’aéroport de Tel-Aviv s’explique: l’autre possibilité, plus longue, par la Jordanie, laisse de toute façon également à Israël toute latitude de fermer les frontières palestiniennes qu’il contrôle à 100%.

Israël se vante d’être la seule démocratie au Proche-Orient. Mais c’est surtout un pays qui, au mépris du droit international, occupe et colonise une terre qui ne lui appartient pas et sur lequel vit un autre peuple. Et ce pays traque les témoins gênants.

« Si Israël était convaincu de la justice de sa voie, écrivait notre courageux confrère israélien Gideon Levy, dans le Haaretz vendredi, il ne se conduirait pas de la sorte. Si Israël pensait vraiment que son occupation est bien juste et légale, il ne s’effraierait pas de tous les activistes consciencieux qui s’y opposent. (…) Dimanche, lorsque la farce des arrestations et des expulsions grotesques se produira une fois de plus, les activistes engrangeront une nouvelle victoire : une fois encore, ils prouveront qu’Israël a quelque chose à cacher, qu’en dépit de toute sa propagande, Israël sait bien qu’il y a des cadavres dans le placard et que tous ceux qui oseront s’en approcher subiront le même sort: l’expulsion. » BAUDOUIN LOOS

Un « formulaire d’engagement » exigé pour entrer en Israël ?


Par Dimi Reider

Regardez ça. C’est un « contrat » qu’on a demandé de signer à une citoyenne suédoise à l’entrée en Israël par le passage frontalier d’Eilat :
« Je : X, citoyen de Suède, et détenteur du passpott n° 111, déclare ci-dessous ce ce qui suit :
Je m’engage que je ne peux pas être un membre de toute organisation pro-Palestiniennes et ne pas être en contact avec aucun autre membres d’organisations pro-palestiniennes, et que je ne participerai pas à des activités pro-palestiniennes.
Je comprends que si j’étais pris faisant même une de ces choses, toutes les actions juridiques correspondantes seront prises contre moi y compris la déportation et le refus d’entrée en Israël.
Je m’engage à quitter le pays le neuf dix avril 2012.
Nom – Signature – Date
 (10 avril 2012 sur ce document). »
Arrêtez de ricaner sur le « passpot » et la construction grammaticale bizarre de la première phrase, sur les diverses fautes d’orthographe et sur la date du neuf dix avril de la fin. C’est très sérieux. La personne en question a raconté à +972.mag :

Un 'formulaire d'engagement' exigé pour entrer en Israël ?

« Cela fait six mois maintenant que je suis à Jérusalem Est, où je rends visite à des amis. Etant ici avec un visa touristique, je dois quitter le pays tous les trois mois et renouveler mon visa à la frontière. Aucun problème sauf cette fois-ci : avec un ami je suis allée en Jordanie et j’envisageai d’avoir un nouveau visa tamponné sur mon passeport au retour. Je rentre en Suède la semaine prochaine, je n’ai donc besoin d’un visa que pour mes derniers jours ici.

Lorsque nous sommes arrivés dans la partie israélienne du passage frontalier, au sud, entre Aqaba et Eilat, on nous a demandé de nous asseoir et d’attendre un moment pendant qu’ils vérifiaient mon passeport. On m’a demandé ensuite d’aller dans un bureau où j’ai été questionnée sur ma religion, si j’avais des contacts avec des organisations religieuses ici, ce que je faisais pendant la journée, combien d’argent j’avais à dépenser et comment je l’avais eu, ce que je fais en Suède, etc. Puis on m’a à nouveau fait attendre sans me dire quoi que ce soit. 4 heures et 20 minutes après, on m’a demandé de signer ce formulaire et on m’a rendu mon passeport avec le visa dont la date d’expiration (normalement 3 mois plus tard) avait été corrigée au 19 avril, date de mon vol de retour. Puis j’ai pu enfin à nouveau entrer en Israël.

Ils ont gardé l’original du formulaire au poste frontalier, et le mien n’est qu’une copie. Je ne sais pas ce que j’encourrai si je ne respectais pas le « contrat ». Personnellement, je suis heureuse de pouvoir passer une dernière semaine à Jérusalem. Je suis enceinte de cinq mois et je ne ressemble pas vraiment à un risque sécuritaire. Et pour autant que je sache, je n’ai rien fait d’illégal pendant mon séjour ici. »

Compte tenu de l’ineptie de la formulation, des erreurs d’orthographe et le fait que la lettre est entièrement personnalisée pour cette femme, j’aurais tendance à parier que c’est une initiative locale du personnel de ce poste frontalier, plutôt qu’une décision globale. L’initiative pourrait bien venir de cette même « Meital Yahud », l’autre signataire du formulaire, qui se cherche un alibi au cas où la personne qu’elle laisse entrer faisait quelque chose de dangereux, comme par exemple, aïe, prononcer le mot « Palestine » ou quelque chose comme ça.

Je vérifierai mon hypothèse avec le ministère de l’Intérieur dès la fin du Shabbat, mais c’est toujours morbidement fascinant de voir comment nos autorités deviennent de vrais bouffons dès qu’il est question de la « Flytille », avant même qu’un seul activiste n’ait mis un pied dans un avion.

L’avocat pour l’immigration et les droits de l’homme Yadin Elam, du bureau juridique Yadim Elam, a déclaré à +972.mag :

« C’est la première fois que je vois un formulaire pareil, mais travaillant avec le ministère de l’Intérieur tous les jours, rien ne peut me surprendre. Légalement, elle a beaucoup de chance que le « contrat » soit si mal rédigé et écrit. Si elle « ne peut pas » être membre d’une organisation pro-palestinienne, alors j’imagine qu’elle ne l’est pas… »

Au sujet de la question de la responsabilité, Elam suggère :
« (…) Ça ressemble vraiment à une initiative privée d’un employé subalterne du ministère de l’Intérieur, mais on devrait s’inquiéter qu’un employé subalterne ait le pouvoir de prendre de telles décisions. Nous nous souvenons tous qu’Israël a blamé les responsables de l’immigration pour leur décision de refuser l’entrée à Noam Chomsky il y a presque deux ans. Serait-ce trop espérer qu’après une telle faute, le ministère s’assure que des initiatives privées ne soient plus prises ? Et s’il ne le fait pas, pouvons-nous encore appeler ça une initiative privée ? »

Et encore, cette fois ils n’ont pas exécuté sommairement l’ordinateur portable du visiteur. Les choses s’améliorent…

Source : +972mag

BIENVENUE EN PALESTINE : LE GOUVERNEMENT D’ISRAEL SORT LA GROSSE ARTILLERIE!


Le 13 avril 2012

Rue de la Station 58/2 – 6140 Fontaine-l’Evêque

Ils sont plus d’un millier d’amis de la Palestine dans le monde entier (parmi lesquels des dizaines de Belges) à partir pour Bethléem ce dimanche afin de prendre part à un projet consacré au droit à l’éducation pour les enfants palestiniens, avec, notamment, l’inauguration d’une école internationale mais aussi la réfection de puits ou la plantation d’arbres fruitiers.

Ils veulent rencontrer leurs amis palestiniens, confrontés à une occupation de plus en plus dure, au nettoyage ethnique, à des crimes commis par des colons paramilitaires et par l’armée.

Ils sont invités par l’association EJE (Education, Jeu, Enfants) et 24 autres associations palestiniennes les attendent également, ainsi que le gouverneur et le maire de Bethléem. (http://goo.gl/kqcto).

Cette nouvelle mission a également pour but, comme la précédente, de revendiquer le droit d’entrer en Palestine et la libre circulation pour les Palestiniens comme pour tous ceux qui veulent leur rendre visite. Et ceci avec le soutien de nombreuses personnalités telles que Desmund Tutu, Nawal Al Sadaawi, Noam Chomsky, Nurit Peled, Jean Ziegler…

L’an dernier, lors d’une première édition de cette mission, Israël a bloqué plus de 300 personnes voulant se rendre en Palestine dans les aéroports européens. 127 participants à la mission ont également été arrêtés à leur arrivée à l’aéroport de Tel-Avis (hélas point de passage obligé) et incarcérés.

Le gouvernement d’Israël a déjà annoncé qu’il ferait pareil cette année. Il a annoncé qu’avec l’aide des gouvernements concernés, il ferait tout pour « identifier les activistes » et qu’il demanderait aux compagnies aériennes d’empêcher ces personnes de monter à bord. Et les compagnies aérienne ont déjà commencé à obéir : des passagers de la Lufthansa ont été avisés que leur billet est annulé  « sur ordre du gouvernement israélien » !

Israël organise déjà ses forces policières pour une présence massive à l’aéroport Ben Gourion.

Il n’épargne pas ses efforts pour intimider les amis palestiniens et israéliens qui soutiennent la mission. Comme l’an dernier, Israël traite les amis de la Palestine de hooligans et de fauteurs de troubles, alors qu’ils veulent simplement le passage vers Bethléem.

Israël foule aux pieds les traités internationaux, comme la 4e Convention de Genève, qui disent qu’il n’a pas le droit d’interdire l’accès à des personnes qui apportent les preuves qu’ils ne vont pas séjourner sur le territoire israélien.

Le député provincial Serge Hustache a réagi fermement auprès du ministre israélien de la sécurité publique. http://goo.gl/5w3ov

Mais que fait notre gouvernement (http://goo.gl/tzgRh) ? Au lieu de donner son soutien à la mission et d’oeuvrer pour que les participants puissent quitter la Belgique et s’envoler vers Tel-Aviv, au lieu de défendre leur libre passage vers la Palestine occupée, au lieu de protester fermement, de prendre des sanctions contre ces pratiques scandaleuses, au lieu – en résumé – de défendre le respect des droits des population et le droit international, il abonde dans le sens d’Israël en déconseillant aux membres de la mission de se rendre en Palestine, il préconise que les participants abandonnent la mission.

Pour faire face à la complicité du gouvernement et des compagnies aériennes, la mission Bienvenue en Palestine a besoin de vous !

Envoyez un mail de protestation aux ministres des Affaires étrangères didier.reynders@mr.be et/ou contact.reynders@diplobel.fed.be et de la Coopération : Paul.Magnette@diplobel.fed.be

– Soyez présent ce dimanche à l’aéroport de Zaventem à 7 h du matin afin de protester au cas où certaines personnes ne pourraient embarquer. Ce qui se passe déjà en France maintenant, se reproduira probablement pour une partie du groupe dans les jours qui viennent ou à l’aéroport même. Nous ne pouvons pas accepter qu’Israël déplace ses frontières jusqu’en Europe !

– Tenez-vous prêts pour d’autres actions dans les jours qui suivent. Pour cela, vous pouvez envoyer un SMS mentionnant votre numéro de téléphone portable et votre nom au N° 0495 15 51 43. Vous serez inscrit(e) alors dans une liste d’alerte et vous recevrez si nécessaire des messages d’alerte pendant la durée de la mission « Bienvenue en Palestine« . Ensuite, vous ne recevrez plus de messages (et le numéro ci-dessus ne restera pas en service).

– Suivez l’évolution de la situation sur les sites http://bienvenuepalestine.com et www.pourlapalestine.be ainsi que sur Twitter.

D’avance merci !

Un lobby pro israélien à Bruxelles


Le comité de l’upjb (Union des Progressistes Juifs de Belgique) :

Imaginez… Imaginez un instant que nous apprenions, demain, par la presse, l’établissement d’un Parlement arabo-musulman européen  ! Vous entendez le tollé, la dénonciation du refus d’intégration européenne de «  ces gens-là  », en deux mots comme en cent, la dénonciation du péril islamiste que courrait notre bonne vieille Europe, parce que, c’est bien connu, sous tout arabo-musulman ne peut se cacher qu’un islamiste en puissance…

Et bien, pas le moindre tollé le 16 février dernier lorsqu’a été inauguré en grande pompe, à Bruxelles, le «  Parlement juif européen  » dans l’enceinte même du vrai Parlement européen. Pas la moindre critique dans la «  grande presse  », pas la moindre dénonciation de ce qui ne peut pourtant apparaître que comme la création d’un lobby juif, comme la volonté de revendiquer un particularisme juif supérieur à tous les autres particularismes. Car, en effet, pourquoi pas un parlement arabo-musulman européen, ou un parlement rom européen qui serait d’ailleurs nettement plus légitime étant donné l’ostracisme et la ségrégation dont sont victimes les Roms dans divers pays européens, ce qui est, à notre connaissance, loin d’être le cas des Juifs.

Un Parlement juif donc, composé de 120 membres représentant 47 pays européens et coprésidé par l’oligarque ukrainien Vadim Rabinovich, président du Congrès juif ukrainien, et également citoyen israélien, et… Joël Rubinfeld qu’il n’est pas besoin de présenter et qui devait certainement être en mal d’une présidence.

En fait, l’idée d’un parlement juif européen avait été lancée, il y a plusieurs années, par Shimon Peres, une idée reprise par l’Union juive européenne créée en avril 2011 et présidée par l’homme d’affaires ukrainien Igor Kolomoisky qui, en septembre 2011, a lancé une chaîne d’information baptisée Jewish News 1 qui ambitionne d’offrir une «  nouvelle lecture de l’actualité mondiale en privilégiant un point de vue pro-israélien  ».

On nous dit que ce «  Parlement juif européen  » a été élu démocratiquement… Quelque 400.000 Juifs européens auraient ainsi désigné leurs représentants via internet. Appelés par qui  ? Nous n’avons en tout cas pas été informés. Peut-être fallait-il être affilié à l’un ou l’autre site, nous l’ignorons . Il faut dire que si nous avions été invités à donner notre avis, il aurait évidemment été négatif.

Car quel but poursuit donc ce «  Parlement juif européen  »  ? Interrogé à ce sujet, Joël Rubinfeld explique qu’il a pour vocation de «  travailler avec toutes les organisations juives qui existent et qui partagent les mêmes valeurs  ». «  Les défis sont immenses, poursuit-il, car ils concernent ni plus ni moins que l’avenir et la place de plus de 3 millions de Juifs européens dans leurs pays respectifs  ». Et de citer parmi ces défis… «  l’antisémitisme, le problème de la déligitimation d’Israël mais aussi la promotion des valeurs juives et l’ouverture vers d’autres communautés  ». Encore faudrait-il qu’il nous dise de quelles valeurs ils s’agit à ses yeux, et qu’il nous explique aussi en quoi il considère que l’avenir et la place des Juifs européens constitueraient un défi.

Et aussi, pourquoi se substituer à ces organisations juives avec lesquelles il veut travailler  ? Aucun membre du CCOJB ou du CRIF ne fait en effet partie de ce nouvel organe que l’ancien président du CRIF, Roger Cukierman, qualifie par ailleurs de «  vaste fumisterie  », un avis que, une fois n’est pas coutume pour ce qui concerne Cukierman, nous partageons.

Nous trouvons par ailleurs étrange que ce «  Parlement  » ait été accueilli le 16 février par la députée bulgare, Antonyia Parvanova, vice-présidente de l’Alliance des libéraux-démocrates présidée par Guy Verhofstadt. S’exprimant, nous dit-on, au nom du Parlement européen, (mandatée par qui, par les autres groupes  ? qu’on nous permette d’en douter), elle a salué l’émergence de ce nouvel organe qui sera, selon elle, «  la voix représentant la communauté juive en Europe  ». Exit J-Call, exit la Fédération de «  Juifs européens pour une paix juste  », Longue vie au «  Parlement juif européen  »  !

Mais une fois encore, un «  Parlement juif européen  » pour quoi faire  ? Pour attirer l’attention sur le réveil de l’antisémitisme en Europe  ? Oui, probablement, mais pas seulement… On note en effet parmi les «  élus  » français, le nom de Pierre Besnainou, notamment président du Fonds social juif unifié (France), grand adepte et défenseur, pour les Juifs français qui le souhaiteraient, de la double nationalité et de la double allégeance  ! Le nom également de Roger Fajnzylberg, directeur général de l’OSE (Oeuvre de secours aux enfants) qui annonce bien plus clairement la couleur que Joël Rubinfeld… «  C’est une aventure qui commence. Ce Parlement permettra d’exprimer un point de vue commun de soutien à Israël dans le débat international, chose ô combien nécessaire aujourd’hui  ». Voilà qui est dit…

Plus clair encore, Jean-Marc Moskowicz, autre «  élu  » français de ce «  Parlement », mais surtout président de l’Association Europe Israël qui se réjouit, sur le site de celle-ci, de l’opportunité qui est ainsi donnée de «  créer un groupe de pression en soutien à Israël  ». Un anti J-Call à l’évidence. Il n’est pas inutile, dans ce contexte, de nous attarder un peu sur les fondamentaux de Europe Israël…

«  À l’heure où Israël subit les plus fortes pressions internationales, orchestrée par les pays arabes et islamiques  ; à l’heure où une campagne haineuse sans précédent fait rage de toute part sous prétexte d’antisionisme (…) Nous, Européens de toutes nationalités et de toutes croyances, à l’instar du Peuple américain qui majoritairement soutient Israël, réaffirmons notre soutien à Israël  ! Nous réaffirmons le droit d’Israël, comme pour toute Nation légitime, d’assurer sa sécurité  ! Israël est le seul pays démocratique du Moyen-Orient. Cet État est porteur des mêmes valeurs Judéo-chrétiennes (sic) que l’Europe, mais aussi des mêmes valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Israël est la première ligne de défense de l’Occident et du monde libre contre le totalitarisme islamiste. En tournant sa colère contre Israël l’Occident sape sa défense contre les ennemis de la modernité et de la civilisation Occidentale que les Juifs ont largement contribué à créer.

Si Israël tombe, l’Occident suivra. Plus rien ne s’opposera à une déferlante de la dictature islamique (…). Nous réaffirmons que Jérusalem EST la Capitale d’Israël ; Jérusalem est le centre même du Judaïsme depuis des millénaires. Nous dénonçons les groupes terroristes comme le HAMAS et le HEZBOLLAH qui maintiennent volontairement la population palestinienne dans un état de pauvreté et de misère à des fins politiques, et qui se servent des populations civiles, pour réaliser leurs sinistres desseins. Nous affirmons notre soutien aux populations civiles palestiniennes de Gaza qui subissent l’endoctrinement des imams islamistes et vivent sous la terreur du HAMAS qui les prend en otage et les utilise dans une guerre qui les dépasse. Pour toutes ces raisons, nous apportons notre soutien à Israël.  »

Comme nous le disions… le péril islamiste comme élément fédérateur. La prochaine réunion de ce, n’ayons pas peur des mots, lobby pro israélien clairement affiché, se tiendra en avril. Nous osons espérer qu’il ne recevra plus l’hospitalité du Parlement européen

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