Lumière crue sur l’occupation


lundi 05 décembre 2011, 11:38

Montrer la réalité de l’occupation : telle est la mission que se sont assignée les membres d’une organisation israélienne fondée en 2004, « Breaking the Silence » (Briser le silence).

Lumière crue sur l'occupation

Des gens compétents : tous sont d’anciens soldats ou gradés de l’armée israélienne qui ont peu ou prou participé à l’occupation des territoires palestiniens. Les Halles de Schaerbeek accueillent actuellement ce collectif (1). « Quand j’étais à Hébron avec mon unité pour protéger les colons juifs installés au centre de la ville, j’avais intégré la perspective militaire de la mission que je devais remplir, je trouvais cela normal. Après mon service, j’ai commencé à réfléchir, à rencontrer d’autres ex-soldats et j’ai compris que ces irruptions dans les maisons palestiniennes pour des fouilles au milieu de la nuit, ces hommes qu’on oblige à rester des heures les mains attachés, la terreur qu’on inspire aux enfants, les couvre-feu, etc., toutes ces humilitations, ces atteintes à la dignité des personnes bafouaient les valeurs promues dans notre société. » L’homme qui nous parle s’appelle Simcha Levental. Il est l’un des deux ex-soldats présents aux Halles pour expliquer le sens des photographies exposées (il s’exprime en anglais mais les visiteurs peuvent disposer d’un interprète). Elevé dans un milieu ultra-ortodoxe qu’il a quitté, Simcha Levental, 29 ans, garde un souvenir amer de son service militaire. « Les soldats sont là pour servir l’occupation. Vous savez, il y a deux lois à Hébron : israélienne pour les colons et militaire pour les Palestiniens. Ceux-ci sont réduits à l’état d’objets dont les soldats font ce qu’ils veulent. En revanche, j’ai vu un jour un colon ouvrir le feu à l’aveugle dans un village palestinien, il s’en est tiré avec une engueulade de l’armée ! ». L’exposition permet aussi de visionner plusieurs vidéos, dont une en provenance de l’armée, qui montre des exactions contre des civils palestiniens à un barrage militaire. Mais la partie sans doute la plus éprouvante se tient en marge de l’exposition. Il s’agit d’une « installation vidéo » que l’on doit au cinéaste Avi Mograbi, où le spectateur est cerné par huit écrans qui diffusent en même temps des extraits (ou rushes) de films du réalisateur israélien sur le sujet de l’occupation. Le son, fort, et les images, qui se bousculent, transforment l’exercice en une véritable épreuve dont on ne sort pas indemne.

BAUDOUIN LOOS

http://www.lesoir.be/culture/arts_plastiques/2011-12-05/lumiere-crue-sur-l-occupation-881514.php

(1) L’exposition se tient aux Halles de Schaerbeek, rue Royale Sainte-Marie 22A jusqu’au 17 décembre sauf le lundi (de 13 à 18 heures). Toute cette semaine à partir de ce mardi 6 décembre, des événements auront lieu en soirée (et une table ronde samedi matin) : théâtre, film, documentaire sonore et conférence, en lien avec l’exposition, permettront des rencontres avec entre autres les réalisateurs Avi Mograbi et Simone Bitton, et la journaliste Amira Hass (Haaretz). Informations : www.halles.be.

Le lien avec les Etats Unis vu de Tel Aviv


Le gouvernement sioniste vient de lancer une campagne de com pour inviter ses ouailles égarées en Amérique à retrouver le chemin du « foyer national juif. »

Cette campagne a suscité la colère dans la communauté juive des Etats Unis. Pas seulement pour de bonnes raisons cependant.

Elle a apparemment laissé de marbre les Américains non Juifs qui auraient pourtant eu aussi des motifs légitimes de se fâcher, eux dont les dirigeants, de Barack Obama à Joe Biden, ne cessent de clamer le lien incassable (unbreakable) entre les Etats unis et la voyoucratie sioniste.

Les Juifs des USA refusent la campagne de communication anti-assimilation

Des spots vidéo illustrant le processus d’assimilation des Israéliens residant à l’étranger provoquent des remous dans la communauté juive américaine. Selon les Jewish Federations ; ce message insultant pourrait nuire aux relations entre israël et la diaspora.

Par Yitzhak Benhorin, Yediot Aharonot (Sionistan) 2 décembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

WASHINGTON –  Une campagne de communication lancée par le ministère de l’absorption des immigrants destinée à convaincre les Israéliens résidant à l’étranger de rentrer en Israël a provoqué une grande colère chez de nombreux Juifs Américains qui soutiennent que ces spots vidéo mettent en danger les relations d’Israël avec sa diaspora.

Trois vidéos produites par le ministère décrivent des scènes de la vie “ordinaire” des Israéliens à l’étranger et les pressent de “rentrer au pays” avant d’être «complètement assimilés.»

Suite à de nombreuses protestations de la part de Juifs Américains, la Jewish Federations of North America (JFNA) a publié la déclaration suivante : « … Tout en admettant les motivations derrière la campagne de spots vidéo, nous sommes fermement opposés à son message selon lequel les Juifs Américains ne comprennent pas Israël. Nous partageons les préoccupations de beaucoup d’entre vous qui avez fait savoir que ce message scandaleux et insultant pourrait nuire à la relation entre Israël et la diaspora.»

« C’est pourquoi nous avons fait connaître notre préoccupation aux officiels Israéliens aux Etats Unis et transmettons un courrier aux services du premier ministre pour lui demander avec force de stopper cette campagne et de reconsidérer la stratégie sous-jacente. Nous avons aussi proposé notre aide dans la redéfinition de cette démarche.»

Une des vidéos montre des grands-parents en Israël avec un chandelier d’Hannoucah derrière eux en train de discuter avec leur petite fille sur Skype. Ils lui demandent « c’est quelle fête aujourd’hui ? », à quoi elle répond joyeusement «Noël.»

En fin de vidéo, le message suivant s’incruste sur l’écran : « Ils seront toujours Israéliens. Pas leurs enfants. Aidez-les à rentrer au pays.»

Une autre vidéo qui a mécontenté les Juifs Américains suggère que des israéliens ne devraient pas épouser des non Israéliens, parce que ces derniers ne comprendront jamais des fêtes israéliennes comme la Journée du Souvenir des Soldats et des Victimes du Terrorisme.

Dans un troisième spot, on voit un enfant essayer de tirer son père de la sieste en appelant à plusieurs reprises «papa». Mais le père ne réagira que quand l’enfant finira par l’appeler «aba» (père en hébreu).

Les organes de presse américains ont pourfendu cette campagne de communication, dirigeant leur colère contre le premier ministre Benjamin Netanyahou.

Le magazine Business Insider a comparé Netanyahou au Grinch, un personnage de fiction créé par le Dr Seuss et qui est opposé aux fêtes de Noêl, tandis que le Miami Herald a publié un article intitulé «Benjamin Netanyahou en guerre contre Noël ?»

Jeffrey Goldberg, correspondant de The Atlantic, a exprimé le mécontentement de la communauté juive en écrivant: “L’idée communiqué par ces spots est que l’Amérique n’est pas un endroit pour être un bon Juif et qu’un Juif qui se soucie du destin juif devrait vivre en Israël est archaïque et aussi chutzpadik (si je puis me permettre ce terme familier).

“Le message est: Chers Juifs Américains, merci de faire pression pour l’aide militaire américaine (et pour le show formidable que vous montez chaque année pour la convention de l’AIPAC !) mais, SVP, tenez-vous à l’écart de nos fils et de nos filles, » écrit-il.

Mounadil el Djazaïri

BRISER LE SILENCE


Du 1er au 17 décembre Les Halles de Schaerbeek en partenariat étroit avec l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB) et Dor Hashalom vous invitent à l’exposition et aux activités présentées sur le thème de

Exposition : Breaking the silence – Des soldats israéliens parlent de l’occupation

JE 01/12 > SA 17/12 13h00 > 18h00 Nocturne chaque jeudi jusque 21h00 et lors des autres soirées de Breaking the Silence. Fermé le lundi. Visites en matinée et en nocturne possible sur demande uniquement (groupe de min. 20 personnes).

L’association israélienne Shovrim Shtika Breaking the Silence Brisons le Silence a collecté et compilé plus de 2 500 heures d’interviews à propos de la vie quotidienne à Hébron. L’exposition présente une centaine de photographies prises par les soldats dans l’exercice de leur fonction au sein des forces armées israéliennes. Des ex-soldats, membres actifs de Breaking the Silence, accompagnent la visite de l’exposition et parlent de leur mission en Cisjordanie et dans les autres Territoires occupés de Palestine*.

« Les soldats qui servent dans les Territoires sont les témoins et les acteurs d’actions militaires qui les changent profondément. Les cas d’abus envers les Palestiniens, les pilages et les destructions de propriétés sont la norme depuis des années mais sont toujours relatés comme étant des cas extrêmes et uniques. Nos témoignages décrivent une autre et bien plus sinistre réalité. Une réalité dans laquelle la détérioration des principes moraux trouve un moyen d’expression, sous la forme d’ordres et des règles d’engagement, et qui est justifiée au nom de la sécurité d’Israël. »

Breaking the silence
Avec le soutien de la Fondation Rosa Luxemburg

*( Le 3 décembre 2011 à partir de 15h30, visite guidée de l’exposition « Breaking the silence » pour les membres et sympathisants de l’ABP- inscription : abp.eccp@skynet.be)

The Details – Avi Mograbi

L’installation vidéo The details contient une série de scènes de et à propos des territoires occupés, montrés simultanément sur 8 écrans. Tournées et utilisées dans divers films d’Avi Mograbi, elles sont présentées pour créer un espace chaotique parallèle et non linéaire, une représentation tronquée de la vision qu’a l’artiste de la réalité des Territoires occupés.

Mardi 6 et samedi 10 décembre à 20h30 : Winter Family. Jérusalem-Plomb Durci

Une performance de théâtre documentaire à partir d’image de cérémonies et de célébrations mémorielles et nationales filmées et récoltées à Jérusalem dans les écoles, les quartiers, les médias et les lieux symboliques de l’État d’Israël.

Une jeune femme de Jérusalem nous guide dans un voyage sonore, visuel et textuel à travers la société israélienne. En Israël, la douleur, la mémoire et le courage sont célébrés de tous côtés, les codes et les symboles étirés jusqu’à l’épuisement. Les chants, les discours, les sirène et les danses sont omniprésents de la naissance à la mort des individus, qui, pris en otage par le système implacable, deviennent les acteurs d’une éblouissante et macabre hallucination collective et se projettent dans un tourbillon vilent et national. Israël accélère sa fuite en avant désespérée et vaine : la dictature émotionnelle.

Winter Family est un duo de musique expérimentale composé de l’artiste israélienne Ruth Rosenthal (textes, voix) et du musicien français Xavier Klaine (musique, pino, grandes orgues, harmonium, célesta) basé à Jérusalem et Paris. Ils se rencontrent à Jaffa en 2004. En 2008, à l’occasion des anniversaires simultanés de l’État d’Israël et de la « réunification » de Jérusalem, le duo enregistre la pièce sonore Jérusalem Syndrome qui sera diffusé sur France Culture. Les deux artistes décident ensuite de continuer ce travail et de créer la performance de théâtre documentaire Jérusalem-Plomb Durci.

Mercredi 7 décembre à 20h30 : Z32 – un film de Avi Mograbi

Un ex-soldat israélien participe à une mission de représailles dans laquelle deux policiers palestiniens sont tués. Il cherche à obtenir le pardon pour ce qu’il a fait. Sa petite amie ne pense pas que ce soit aussi simple, elle soulève des questions qu’il n’est pas encore capable d’affronter. Le soldat accepte de témoigner devant la caméra pur autant que son identité ne soit pas dévoilée. Le cinéaste, tout en cherchant la solution adéquate pour préserver l’identité du soldat, interroge sa propre conduite politique et artistique.

Jeudi 8 décembre à 20h30 : Briseurs de silence de Simone Bitton

Un documentaire sonore, un essai radiophonique, de la réalisatrice de Mur (2004) et de Rachel (2008) et inspiré par le travail de Shovrim Shtika – Breaking the Silence.

Des voix d’exilés israéliens – qui ont pour la plupart été soldats dans l’armée israélienne (de même que Simone Bitton elle-même) –, disent les mots de la génération actuelle de soldats et de soldates. Sur une trame composée de sons ramenés de Gaza et de Cisjordanie, la banalité et l’universalité du mal s’entend en français, avec cet accent hébraïque que l’on ne perd pas. Comme on ne perd pas la mémoire des gestes que l’on a faits, de l’humiliation qu’on a infligée, de la mort qu’on a donnée –parce que c’était comme ça, tu comprends, là-bas, la routine c’était comme ça…

Vendredi 9 décembre à 20h30 : Amira Hass – conférence autour de Breaking the Silence

Breaking the Silence a brisé le silence mais aussi les méthodes conventionnelles de l’information industrielle. La méthode de collecte de l’information de Breaking the Silence vérifie finalement ce que les médias « respectables » n’ont de cesse de nier : l’information palestinienne.

Samedi 10 décembre à 10h00 : Table ronde avec Simone Bitton, Avi Mograbi, Amira Hass, Yehuda Shaul (Breaking the Silence) et Nurit Peled-Elhanan

L’occupation de la Palestine par Israël et son armée n’est pas sans effet sur la société israélienne puisqu’elle l’affecte en son cœur : son armée composée de jeunes hommes et femmes qui ne peuvent échapper à l’obligation du service militaire à moins de devenir des refuzniks. Après les images, les films, sons, vidéos, photographies, place aux mots pour éclairer, en reprenant les termes de Breaking the Silence « Une réalité dans laquelle la détérioration des principes moraux trouve un moyen d’expression, sous la forme d’ordres et de règles d’engagement, et qui est justifiée au nom de la sécurité d’Israël ».

UPJB

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L’Appel au dialogue de paix occulte la destruction de la communauté palestinienne


mercredi 19 octobre 2011 – 06h:43

Jacques Bude

Ce texte est la seconde partie de l’article paru sous le même titre dans le numéro de mars 2011 de La Revue nouvelle de Bruxelles.

La première partie est également en ligne sur le site www.info-palestine.net sous le titre « La destruction officielle des communautés palestiniennes en Israël-Palestine.

À de rares exceptions près, les initiatives venant des États-Unis et de l’Union européenne en vue d’assurer la paix entre Israéliens et Palestiniens, considèrent que le dialogue est le seul moyen d’atteindre cet objectif.

Ces appels ont pratiquement toujours pour prémisse que l’existence de l’État d’Israël est menacée (1) et qu’ »Israël a le droit de se défendre ».

Par contre, ils ne mentionnent pratiquement jamais que depuis plus d’un demi-siècle, la Communauté palestinienne est systématiquement sapée par l’État d’Israël et on ne trouve nulle part que « Les Palestiniens ont le droit de se défendre ».

Or, l’existence de l’État d’Israël n’est pas en danger et n’a sans doute jamais été sérieusement menacée alors que l’existence même d’une communauté palestinienne en Israël-Palestine est non seulement menacée, mais sa désintégration sociale délibérée et systématique par l’État d’Israël – ce que le sociologue israélien Baruch Kimmerling appelle « politicide » (2) – a probablement atteint un point de non retour du moins dans les territoires occupés en 1967.

Seul un sursaut, malheureusement plus qu’improbable, de la communauté internationale pourrait peut-être encore la sauver.

La conférence de paix instrument de légitimation

La succession de « conférences de paix » entre Israéliens et Palestiniens – Madrid (1991), Oslo I (1993-1994), Oslo II (1995), Wye River (1998), Charm El-Cheikh (1999), Camp David (2000), Taba (2001), Charm El-Cheikh (2005), Jérusalem (2006), Annapolis (2007) – n’a ni interrompu, ni même ralenti l’appropriation de terres et la destruction de la société palestinienne dans les territoires occupés en 1967.

Ces « dialogues de paix » qui n’ont pas contribué à la paix, n’ont pas empêché, bien au contraire, l’État d’Israël d’imposer sa paix, de poursuivre en paix les confiscations, la colonisation et le nettoyage ethnique dans les territoires confisqués ni de digérer en paix le fruit de ses extorsions.

Intentionnellement ou non, ces « dialogues de paix » ont été des promesses creuses qui ont instillé un espoir anesthésiant aux Palestiniens, et un moyen d’amener les Israéliens à soutenir la colonisation, moyen dont la meilleure illustration est le mensonge de l’ »offre généreuse » mis au point et utilisé de main de maître par E. Barak.

Je paraphrase l’essentiel : « Nous avons pratiquement tout offert aux Palestiniens. Mais, quoi qu’on leur offre, ils veulent toujours davantage, en fait, rien de moins que jeter les Juifs à la mer. L’absence d’un partenaire de paix malgré nos offres généreuses, nous oblige à établir une zone de sécurité efficace. » (3)

L’effet de légitimation de l’occupation sur l’opinion israélienne et internationale de ce mensonge d’offres généreuses israéliennes qui en fait n’ont jamais existé et qui auraient été confrontées à un refus systématique de la part des Palestiniens, a été stupéfiant.(4) Force est de constater que lorsqu’il s’agit d’Israël la crédulité est incommensurable.

Désormais les Conférences de paix – à l’instar de celle mort-née qui s’est récemment ouverte à Washington et dont E. Barak dirigeait la délégation israélienne – entre l’État d’Israël et l’Autorité palestinienne totalement dépendante des Etats-Unis, de l’Union européenne et de la bonne volonté douanière d’Israël, ne devraient même plus s’inscrire dans la perspective d’une paix en échange de l’évacuation des territoires occupés en 1967, mais – à l’instar de la politique déjà officiellement prônée par Yitzhak Shamir en 1991 (5) et qui, en fait, a été pratiquée par tous les gouvernements israéliens (6) – dans la perspective de la paix en échange de la paix, c’est à dire, de la capitulation.

Je caricature à peine : « Laissez-nous confisquer vos terres en paix et vous aurez la paix. Soumettez-vous à notre domination – ce qui est pris ou sera pris, restera pris – et nous vous accorderons la paix dans ce que nous voudrons bien vous laisser : des réserves administrées et policées par une Autorité indigène à notre botte et où votre survie dépendra de la charité internationale ».

La comédie des « offres généreuses » n’est sans doute plus nécessaire. Du fait de son manque d’autonomie et des privilèges qu’elle voudra préserver, l’Autorité palestinienne va très probablement entériner la capitulation, « la paix contre la paix ».

La colonisation de peuplement se poursuit et Israël, à l’image des États-Unis, est déjà pratiquement devenu un État moderne avec ses réserves d’Indigènes.

Hors du cadre d’institutions qui imposent le respect du droit international, s’en remettre au dialogue pour assurer la paix entre une brutale puissance occupante et la communauté désarticulée qui est à sa merci, c’est s’en remettre à la raison du plus fort, celle de la puissance occupante ; c’est soutenir l’occupation, occulter et donc encourager les violations du droit international : les déplacements de population, les spoliations de terres et de maisons, les punitions collectives, les violences de l’armée et des milices des colonies de peuplement, la destruction des infrastructures éducatives, économiques, sanitaires, … ; c’est collaborer à la soumission de la communauté opprimée et être complice de sa destruction ; c’est avaliser la violation des droits des membres de cette communauté : droits à se défendre, à résister à l’occupation, à la sécurité alimentaire, à l’assistance sanitaire, à l’éducation, à la propriété, à la libre circulation, ….

De plus, s’en remettre à un tel dialogue permet aux autorités politiques et militaires de l’État d’Israël de préserver leur légitimité tout en continuant impunément à désarticuler la société palestinienne, à accaparer des terres et à les « nettoyer » de ceux qui y vivent.

Devoir de mémoire

Si ce n’était l’invocation culpabilisante de la destruction des communautés juives d’Europe, personne de bonne foi ne se préoccuperait de la sécurité d’une puissance occupante qui n’est nullement menacée.

Il irait de soi de se préoccuper, non de la pacification d’une zone d’occupation militaire, mais du respect des droits des victimes d’une occupation illégale et meurtrière.

L’Europe a de lourdes responsabilités dans ce conflit et donc des obligations particulières, avant tout celle de ne pas rester, une fois de plus, impassible face à la destruction d’une communauté ethnique.

Ceux qui, comme moi, ont été « formés » par la destruction des communautés juives d’Europe, doivent – sous peine de se renier et de trahir les victimes de cette destruction – dénoncer l’ignoble justification des crimes commis à l’encontre des Palestiniens et de leur communauté, par le massacre des Juifs d’Europe.(7)

Par devoir de mémoire, c’est la solidarité avec la Communauté palestinienne en voie de destruction qui doit aller de soi et non – comme c’est malheureusement le cas pour de trop nombreux Juifs mais fort heureusement pas tous – une identification au militarisme de l’État d’Israël.

Aujourd’hui, beaucoup de Juifs caractérisent les Juifs d’avant la création de l’État d’Israël et ceux qui n’embrassent pas le sionisme, par une résignation à l’impuissance dans un monde antisémite voué à les détruire.

C’est, selon eux, cette impuissance qui a permis la destruction des Juifs d’Europe. La condamnation morale de cette résignation fonde leur définition d’eux-mêmes – « ne plus se laisser mener à l’abattoir comme des moutons » – et se traduit par une sacralisation de la capacité à se défendre par les armes incarnée par l’État d’Israël.

De là, bien que seule une infime minorité des juifs de la diaspora émigreront en Israël et moins encore y resteront (8) , une identification exacerbée à cet État : aveuglement à tous ses méfaits et accusation d’antisémitisme à l’encontre de toute critique portant sur l’exercice de la puissance militaire israélienne, postulée synonyme de survie du Peuple juif.

A leurs yeux et en toute sincérité, la mise en question de la légitimité des violences israéliennes exprime l’immémoriale haine meurtrière des Juifs, même si elle émane de Juifs qu’ils accusent dès lors d’avoir la « haine de soi ».

Cette définition de l’identité juive et du monde non juif ne se réfère plus à l’épaisseur humaine des diverses communautés juives du monde, si riches des sédiments de siècles de rencontres – bien sûr très loin d’avoir toujours été harmonieuses – avec tant de sociétés. Elle se fonde, pour l’essentiel, sur la capacité et le droit d’avoir recours à la violence armée – même préventivement, comme en 1948, en 1967 et de nos jours – afin que « plus jamais çà ». Cette réduction au militarisme – « redressement »(9) de l’incapacité à avoir recours à la violence armée – est un triste témoignage de la profondeur de la dévastation que le nazisme a infligée aux communautés juives.

Obligation morale de boycotter l’État d’Israël

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Il ne s’agit évidemment pas de mettre en question l’existence de l’État d’Israël, d’ailleurs reconnu dans ses frontières de 1967 par la communauté internationale, l’OLP (10) et, implicitement, le Hamas. (11) Cela s’apparenterait à une incitation au crime contre l’humanité.

Il s’agit d’appeler la Communauté internationale à contraindre un État et ses autorités à respecter le droit international.(12)

Tant que l’État d’Israël ne respecte pas les droits humains des Palestiniens, y compris ceux de nationalité israélienne ; tant que cet État et ses autorités violent gravement le droit international, notamment par le crime contre l’humanité que constitue le blocus de la population de Gaza, toute personne qui adhère aux valeurs démocratiques, particulièrement, tout responsable politique doit : appeler les instances politiques nationales et internationales à remplir leurs obligations de respecter et de faire respecter le droit international, notamment d’exiger, sous peine de sanctions, la fin de l’occupation, des confiscations et du harcèlement des Palestiniens ; appeler les instances judiciaires nationales et internationales à mettre fin à l’impunité des autorités israéliennes ; appeler à l’établissement d’un État palestinien indépendant et viable et au dédommagement de la Communauté palestinienne.

C’est seulement dans un tel cadre – qui plus que probablement ne verra jamais le jour – qu’un dialogue de paix ne servira plus à occulter la destruction de la Communauté palestinienne et à assurer l’impunité à l’État et aux responsables israéliens.

On le voit, je ne suis guère optimiste. Les réserves d’Indiens en Amérique du nord et d’Aborigènes en Australie rappellent combien une colonisation de peuplement peut être dévastatrice pour les communautés indigènes. Je crains fort qu’après des décennies de « faits accomplis » impunis, la désintégration des communautés palestiniennes en Israël-Palestine soit désormais irréversible.

De toute façon, qu’il soit ou non trop tard, j’estime que toute personne qui refuse d’être complice de cette destruction, doit : soutenir ceux qui en Israël défendent les droits des Palestiniens ; cesser toute collaboration avec les institutions israéliennes – publiques ou privées – qui ne s’opposent pas à l’occupation et à la colonisation ; refuser de consommer des produits israéliens qu’ils proviennent ou non des territoires occupés en 1967. Malgré tout, je ne peux m’empêcher d’espérer qu’une prise de conscience internationale, surtout israélienne, de la situation désespérée des Palestiniens rendra enfin possible – à l’instar de ce qui s’est passé pour l’Apartheid en Afrique du Sud – une paix équitable entre Palestiniens et Israéliens.

Notes

1) « Contrairement à la légende dépeignant un frêle État juif à peine né et déjà confronté aux redoutables armées d’un puissant monde arabe, les « nouveaux historiens » confirment la supériorité croissante des forces israéliennes (en effectifs, armement, entraînement, motivation…) à la seule exception de la courte période qui va du 15 mai au 11 juin 1948. » Dominique Vidal, « L’expulsion des Palestiniens revisitée », Manières de voir N°98, Le Monde diplomatique avril-mai 2008, p.13. Lorsqu’elles déclenchent la Guerre des 6 jours de juin 1967 qui a été gagnée en une matinée, les autorités israéliennes étaient parfaitement au courant de leur large supériorité militaire. L’enjeu de la Guerre du Kippour d’octobre 1973 était d’amener Israël à négocier l’évacuation du Sinaï et du Golan et nullement de menacer son existence. A cette occasion les troupes égyptiennes et syriennes ont effectivement réussi à percer les lignes israéliennes et il a fallu une semaine aux généraux israéliens pour redresser la situation. Ce qui a été d’autant plus facile que le Président A. Al Sadate avait arrêté l’offensive de ses troupes. On notera que ni la population ni les territoires palestiniens n’ont été impliqués dans ce conflit. Voir Alain Gresh et Dominique Vidal, Les 100 clés du Proche-Orient, Hachette, 2003, p.234-242.

2) Il s’agit de la politique mise en œuvre par le Général A. Sharon, Premier Ministre, au début 2002 – opération Remparts – et qui est toujours en cours. « Stratégie politico-militaire, diplomatique et psychologique ayant pour but la dissolution du peuple palestinien comme entité économique, sociale et politique légitime et indépendante. Cela peut inclure – mais pas nécessairement – leur nettoyage ethnique progressif, partiel ou complet, du territoire connu sous le nom de terre d’Israël ou de Palestine historique. » Baruch Kimmerling, Du « politicide » des Palestiniens, Le Monde diplomatique, juin 2004, p.16-17.

3) Pour l’analyse de la mise au point et de l’utilisation de cette technique de persuasion, voir Tanya Reinhart, Détruire … p. 59-64.

4) « Depuis 1993, les sondages avaient constamment montré une majorité autour de 60% en faveur de ’la terre pour la paix’. Après Camp David et les ’négociations’ qui ont suivi, le soutien aux concessions pour la paix est tombé dans les sondages à 30%. » Tanya Reinhart, Détruire … p. 63-64.

5) Devenu Premier Ministre, Yitzhak Shamir – ancien chef du Lehi, groupe terroriste, responsable de massacres destinés à faire fuir les Palestiniens, entre autres celui de Deir Yassine en avril 1948 – déclare dans son discours d’ouverture de la Conférence de Paix de Madrid (1991) : « La nature du conflit n’est pas territoriale. … Nous prions pour que cette rencontre marque la fin de l’hostilité, de la violence, de la terreur et de la guerre ; qu’elle apporte le dialogue, la réconciliation, la coexistence et – par-dessus tout – la paix. ». Voir Le Monde diplomatique, Cahier spécial sur le Proche-Orient, janvier 2006.

6) On pourrait éventuellement accorder le bénéfice du doute à I. Rabin. Mais entre la signature des Accords d’Oslo en Septembre 1993 et son assassinat en février 1995, le nombre de colons a fortement augmenté et les infrastructures de l’occupation se sont considérablement développées. Après le massacre de 29 Palestiniens dans une mosquée de Hebron en février 1994, il a refusé, contre l’avis de ses ministres, de s’en prendre aux colons. Enfin, son passé – « Cassez-leur les os » en 1987 entre autres – incite à la méfiance. Voir, Dominique Vidal, I. Rabin. « Faucon », puis « colombe », Manières … , p.50.

7) « La nazification de l’ennemi, quel qu’il soit, et la transformation de chaque menace sécuritaire en danger d’extermination totale ont donc caractérisé, des années 1940 à nos jours, les discours des élites politiques, comme le jargon de la presse ou la conversation des gens dits ’ordinaires’. » Idith Zertal, « Au nom de la Shoah », Le Monde diplomatique, Manières …, p.22.

8) Le nombre de Juifs vivant à l’extérieur d’Israël est estimé à un peu moins de 8.000.000. Voir Courrier international, 17 juin 2010, p.10. Selon le Bureau central de statistique israélien, il y a eu 14.572 nouveaux immigrants en 2009, soit un taux annuel d’émigration vers Israël (Alia) de moins de 0,02%. Et tous n’y resteront pas.

9) Au sens de G. Canguilhem.

10)Implicitement en 1988, lorsque le Conseil national palestinien reconnaît les résolutions de l’ONU et explicitement, en 1996, lorsqu’il élimine de sa Charte tous les articles contestant le droit à l’existence de l’État d’Israël.

11) En 2006, le Hamas signe le document d’ »Entente nationale » qui reconnaît implicitement Israël dans ses frontières de 1967.

12) Pour une revue rigoureuse des violations du droit international commises par l’État d’Israël et les autorités israéliennes, ainsi que des manquements de l’Union Européenne et de ses États membres à leur obligation de réagir à ces violations, voir Conclusions de la première session internationale du Tribunal Russel sur la Palestine, Barcelone, 1-3 mars 2010. www.russelltribunalonpalestine.com

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Jacques Bude

Jacques Bude est Professeur émérite de psychologie sociale de l’Université libre de Bruxelles. Mère et père morts en déportation. « Enfant caché » sauvé par des gens merveilleux du pays de Liège.

Article paru dans le numéro de mars 2011 de La Revue nouvelle, Bruxelles. www.revuenouvelle.be. L’auteur a inséré des intertitres et les références ont été complétées.

L’Allemagne vendra le sous-marin à Israël


[Mercredi 30/11/2011 22:14]

La vente par l’Allemagne d’un sous-marin « Dophin » à Israël avait failli être annulée par Berlin …au motif que le gouvernement israélien avait décidé de la construction de 1.100 unités de logements à Gilo (Jérusalem) !! Après d’intenses contacts diplomatiques, une haut responsable allemand a annoncé « que la vente avait était définitivement approuvée par le gouvernement allemand ». Le sous-marin « Dolphin » est capable de contenir et lancer des missiles à têtes nucléaires. Il y a un mois, la chancelière Angela Merkel avait décidé « de revoir sa décision » car elle se disait « déçue de l’attitude du Premier ministre israélien qui lui avait donné l’impression qu’il ne construirait plus en-deçà de la ‘ligne verte’ » !! Le prix d’un sous-marin « Dolphin » est de 145 millions d’euros et c’est le 6e qui est vendu à Israël par l’Allemagne depuis 20 ans.

source

La Dernière Colonie de Peuplement


Rudi Barnet

L’être humain a décidément une étrange faculté d’oubli ou d’occultation de l’information.

En Belgique, de nombreuses statues proclament la gloire de Léopold II, le « roi bâtisseur »… Qui, avec la collaboration des politiques, religieux et investisseurs divers, a laissé plus de dix millions de cadavres dans la colonie africaine qu’il a conquise et exploitée. ([1])

Apparemment, ces massacres sont dérisoires pour la plupart des habitants qui continuent d’honorer la « grande œuvre civilisatrice » du roi des Belges.

Etrange absence de conscience… Comme si l’information n’arrivait pas au cerveau.

Certains disent que cette cécité ou surdité est due au trop-plein déversé par les médias, d’autres adoptent l’attitude des trois singes de la mythologie chinoise : rien voir, rien entendre, rien dire…. Meilleur moyen de vivre sans stress, en bon consommateur!

D’autres encore disent que c’est l’idéologie ou la foi religieuse qui obstrue le passage de toute information contradictoire… Sans oublier toutes ces officines de propagande qui travaillent, souvent avec la collaboration des medias dits « officiels », à la cacher ou à la décrédibiliser,

N’en reste pas moins que, comme le dit le proverbe « Les faits sont têtus » et qu’il y a des réalités vérifiables pour qui ne se bouche pas les yeux et les oreilles.

… Comme le constat qu’Israël, bien loin d’être un projet démocratique, est bien, avec le Tibet

la dernière colonie de peuplement de l’ère moderne

 

L’Histoire de l’Humanité est jalonnée d’invasions, de massacres, de nettoyages ethniques et autres « joyeusetés » perpétrées sous les prétextes les plus divers : apporter le vrai dieu, instaurer la démocratie, imposer la civilisation à des barbares…

On ne recule devant aucune ineptie, aucune tartuferie.

C’est ainsi que les envahisseurs espagnols et portugais conquirent l’Amérique latine et décimèrent les civilisations locales. C’est ainsi que ceux venant de France, d’Angleterre ou d’Allemagne, créèrent les Etats-Unis d’Amérique et le Canada.

C’est ainsi que les conquérants européens imposèrent leur joug aux populations d’Afrique et d’Orient.

Carnages et exactions furent sans nombre : le peuple patagon fut rayé des humains, les Aborigènes asservis au rang de sous-hommes, les Amérindiens réduits à la misère, les Africains soumis au travail forcé… etc.

Partout, le colonisateur imposa son pouvoir par la force.

A y regarder d’un peu plus près, on voit cependant qu’il y a deux types distincts de colonisations, celles d’exploitation et celles de peuplement.

L’objectif de la première est essentiellement l’appropriation des richesses!

Le nombre de colonisateurs se limite alors à la nécessité de contrôle du territoire et à la soumission des indigènes.

Ce fut le cas de la plupart des colonies africaines, du Vietnam, de l’Inde…

Le projet de la seconde est bien plus vaste!

En sus de l’exploitation des ressources, elle a une motivation géostratégique et vise à établir le pouvoir permanent des colons, emprisonnant, tuant ou chassant les habitants autochtones qui refusent la domination.

Ce fut le cas, entre autres, de l’Afrique du sud et de l’Algérie… Et bien entendu celui des deux Amériques.

Cette différence de nature aura comme conséquence que la décolonisation sera parfois plus rapide et moins violente pour les colonies d’exploitation que pour celles de peuplement.

La décolonisation du Maroc et de la Tunisie, pays sans grande implantation française, comparée aux atrocités de la guerre d’Algérie – occupée par un million de colons – est un exemple manifeste des conséquences de cette différence fondamentale.

Aujourd’hui, la violence a plus ou moins cessé dans les colonies les plus anciennes et, surtout, des Etats en sont nés.

Les Amérindiens se sont soumis, idem pour la plupart des autres peuples colonisés qui ne constituent plus que des minorités sans pouvoir… Là, les colonisateurs ont vaincu!

Dans d’autres cas, la décolonisation a vu l’émergence de nations autochtones.

Même si une nouvelle forme de colonisation, celle des multinationales et des pouvoirs financiers, les maintient sous contrôle, les peuples d’Afrique ont acquis leur indépendance territoriale et politique, idem pour les Indiens, Vietnamiens…

Reste Israël.

J’entends déjà les cris d’orfraie des sionistes fanatiques (« Comment ose-t-il? Blasphème! C’est de l’antisémitisme! ») ainsi que ceux des citoyens qui amalgament religion et culture juives avec le régime politique israélien (« Israël ne peut être critiqué! C’est le pays des Justes! C’est une démocratie qui se défend! »).

Peut-on  guérir d’un lavage de cerveau atavique?

… Mais pour quiconque veut vivre les yeux et l’esprit ouverts, les similitudes avec les colonisations impérialistes sud-africaines et américaines, leurs pratiques et justifications,  sont frappantes!

Même mode opératoire, mêmes stratagèmes.

Tout d’abord, la justification!

Outre l’instrumentalisation de la tragédie de la « Shoah » ([2] ) la principale motivation de ce débarquement d’Occidentaux dans un pays peuplé d’arabes/sémites a été « C’est le pays de nos ancêtres! Nous y vivions et en avons été chassé! Nous ne faisons que récupérer ce qui est à nous! »

Il est pourtant démontré aujourd’hui que les Romains n’ont jamais chassé les juifs et que les occupants actuels, étant essentiellement les descendants d’Européens et Arabes convertis au judaïsme, n’ont pas de lien « ethnique » avec ce pays. ([3])

… Mais ce mensonge continue d’être brandi comme un étendard par les fanatiques sionistes, quand ils ne vous assènent pas « C’est Dieu qui nous a donné cette terre! »

Ensuite, les pratiques!

Si la population autochtone est inorganisée, n’a pas les moyens de s’opposer à l’envahisseur, la colonisation et ses exactions se passent dans la discrétion.

Qui connaissait, par exemple, le drame des Aborigènes d’Australie avant la fin du 20ème siècle?

… Mais quand la population tente de s’opposer par la lutte armée, c’est une toute autre affaire.

Seule la force comptera alors!

L’objectif de soumission est prioritaire.

Pour y arriver, pour instaurer la suprématie des colons, on établit des règles contraignantes et des lois spécifiques pour les autochtones.

Au cas où la résistance des indigènes perdure, des moyens de rétorsion violents seront alors utilisés pour les mater !

A l’intérieur de l’Etat israélien ces mesures contraignantes sont appliquées en permanence par le régime envers les quelques 20% de citoyens originels : tribunaux militaires pour les « Arabo-Israéliens », carte d’identité spécifique, discrimination à l’embauche, transports publics réservés aux Israéliens, « filtrage » des étudiants arabo/israéliens visant à les exclure des universités… Etc, Etc.

C’est, indéniablement, un régime d’apartheid, émule de celui qui était pratiqué en Afrique du Sud!

Pour les opposants « extérieurs » (ceux des territoires occupés depuis 1967), des moyens plus brutaux et pervers sont mis en œuvre.

Outre les impositions racistes, les Palestiniens de Cisjordanie doivent aussi faire face à d’autres répressions : humiliations (plus de 500 barrages et check-points), intimidations (contrôles armés, de nuit, dans les maisons), destruction des maisons et des récoltes, capitalisation de l’eau (70 litres/jour contre 300 litres/jour pour les Israéliens), confinement des Bédouins dans des « townships », routes interdites aux Palestiniens, « bouclage » armé et bombardements journaliers sur Gaza… Etc, Etc.

Israël est donc bien, prioritairement, une colonie de peuplement!

Toute analyse de la politique et des agissements de ce régime doit donc être abordée en tenant compte de sa véritable nature : Colonisateurs occidentaux au Moyen-Orient!

… Et une série de termes devraient être exclus du vocabulaire : « conflit », « représailles », « terroristes »… car ils ne conviennent ni aux actes ni au statut d’un peuple résistant à un colonisateur.

Il faut se rendre à l’évidence, cessez de rêvez!

Colonialistes cohérents, les différents gouvernements israéliens, tendus vers leur but ultime, n’ont jamais cherché la paix, hormis à des conditions impliquant la soumission des Palestiniens.

Les trêves, armistices, conférences ou négociations n’ont jamais été que des moyens de « faire durer », des péripéties au service de la stratégie visant à finaliser l’expansion territoriale.

Toute l’Histoire de cette région, de1948 à nos jours, met en lumière que l’impérialisme sioniste ne connaît pas de frein et qu’il faut, une fois pour toutes, admettre que ceux qui ont cru ou qui croient encore à une volonté de paix sont des idéalistes naïfs… J’en étais.

Il est illusoire d’espérer qu’Israël rende volontairement le Golan.

Illusoire aussi de croire à l’arrêt des « implantations » et à la restitution d’une partie des terres.

Le projet de « deux Etats » est un leurre de plus pour masquer le véritable objectif : Eretz Israël du Nil au Litani et du Jourdain à la Méditerranée!… En attendant d’autres expansions?

Il importe d’ailleurs peu que deux Etats existent demain.

Ce qui est essentiel c’est que le peuple palestinien vive libre, que les lois d’apartheid soient éradiquées.
Ce qui est fondamental, c’est l’arrêt de l’oppression colonialiste et que le peuple israélien  respecte et collabore loyalement avec son semblable!

Comme l’affirmait Frantz Fanon : « Les damnés de la terre, c’est nous, les colonisés, victimes de l’exploitation et du racisme » ([4])

… C’est bien  l’idéologie colonialiste d’Israël qu’il faut extirper, car on ne demande pas la restitution d’une part du butin aux « conquistadors », à ceux que Albert Einstein et Hanna Arendt appelaient, des fascistes! ([5])

Rudi Barnet

(novembre 2011)


[1] Lire « Les Fantômes du roi Léopold » de Adam Hochschild » (éditions Tallandier)

[2] Pour mémoire : Ben Gourion, fondateur de l’Etat d’Israël, déclarait 1942 : “le désastre qu’affronte le Judaïsme européen n’est pas mon affaire

[3] Lire Israël Bartal, Doyen de la Faculté de Lettres de l’Université Hébraïque de Jérusalem  (Haaretz du

6/7/2008) et  “Comment fut inventé le peuple juif“ de Shlomo Sand, Fayard Poche

[4] Lire ou relire « Les Damnés de la Terre » de Frantz Fanon (François Maspero 1966)

[5] “New York Times“ du 2/12/1948

Journée d’actions européennes : 60 actions « Boycott d’ Israël » dans 10 pays


Saed Bannoura – 27 novembre 2011 – Imemc News

En une journée d’actions européennes, le samedi 26 novembre, sous la bannière « Retirez l’apartheid du menu ! », les militants pour les droits humains de dix pays ont lancé des actions appelant les consommateurs à boycotter les produits alimentaires issus des colonies israéliennes, et exhortant les supermarchés à arrêter de vendre des produits fabriqués ou récoltés dans les colonies israéliennes.

« Retirez l’apartheid du menu » mouvement BDS – Angleterre

 

Les organisateurs de la campagne affirment que les fruits et les légumes importés des colonies israéliennes encouragent les violations des droits palestiniens et du droit international. Les militants se sont concentrés sur les principaux exportateurs des fruits et légumes israéliens, Mehadrin et Agrexco, entre autres.

Des manifestations ont eu lieu devant les sièges britannique et français du premier exportateur de fruits et légumes israéliens, Mehadrin, qui exporte des produits des colonies israéliennes illégales sur les territoires palestiniens occupés, et dont les militants disent qu’il travaille avec la société Mekerot, propriété de l’État israélien, pour déposséder de leur eau les communautés palestiniennes. Les militants à Rome ont organisé une action « Palestine, accessibilité à l’eau » à l’intérieur de la manifestation nationale.

Jamal Juma’ – coordinateur avec Stop the Wall, campagne palestinienne contre le mur de l’apartheid, qui agit actuellement pour soutenir Al Hadidiye, une communauté bédouine en territoire palestinien occupé en procès contre les ordres de démolition délivrés par les autorités israéliennes –, Jamal a déclaré : « les habitants d’Al Hadidye sont privés d’accès à l’eau et ne peuvent par conséquent élever leur bétail. Dans les colonies voisines illégales de Ro’I et Beqa’ot, les produits agricoles sont cultivés en abondance sur des terres volées pour être exportés en Europe par Mehadrin et d’autres sociétés, des sociétés qui vont tirer des profits de ces démolitions dont est menacé Al Hadidye ».

« Les sociétés comme Mehadrin en tirent des bénéfices et sont souvent directement impliquées dans la colonisation ininterrompue de la terre des Palestiniens et du vol de nos ressources. Commercer avec de telles sociétés constitue une forme majeure de soutien au régime d’apartheid israélien contre le peuple palestinien et il faut y mettre fin », a ajouté Juma’.

Des militants en Belgique, Grande-Bretagne, Allemagne, Suisse, Norvège et Suède ont manifesté devant des grands magasins, appelant les consommateurs à boycotter les produits des sociétés d’exportations agricoles israéliennes, et les supermarchés à cesser de les vendre. Beaucoup ont ciblé les supermarchés Co-Operative, considérés traditionnellement comme ayant des règles hautement plus éthiques que les autres grands magasins.

« Les militants de la campagne populaire BDS et la pression publique qu’ils ont créée ont déjà contraint des supermarchés, dans un certain nombre de pays européens, à mettre en oeuvre des politiques où ils prétendent empêcher la vente de produits des colonies illégales d’Israël » dit Hind Awwad, coordinatrice avec le Comité national palestinien de BDS.

« Mais il est des sociétés d’exportations agricoles d’Israël qui portent une responsabilité de complicité dans les violations israéliennes du droit international, qu’on ne distingue pas au niveau du produit lui-même. Il est prouvé que ces sociétés trompent les consommateurs sur l’origine du produit qu’elles vendent. C’est pourquoi les militants appellent à arrêter définitivement de faire tout commerce avec ces entreprises » a-t-elle poursuivi.

En Belgique, des militants ont lancé des actions lobbyistes au ministère de l’Économie, pour protester contre la vente dans les supermarchés belges de produits récoltés dans les colonies illégales d’Israël, en territoire palestinien occupé.

Ces actions ont eu lieu dans le cadre du mouvement sous direction palestinienne, un mouvement qui se développe rapidement, pour les boycotts, désinvestissements et sanctions (BDS) contre Israël, jusqu’à ce qu’il se conforme au droit international.

BNP Paribas se retire d’Israël après des pressions de la campagne de boycott


dimanche 27 novembre 2011 – 12h:16

Saed Bannoura – Imemc News

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La banque française BNP Paribas a décidé de se retirer de ses opérations en Israël, après que la banque ait été prise pour cible par la campagne internationale de Boycott, Désinvestissements et Sanctions, dont l’objectif est de faire des pressions économiques pour contraindre Israël à respecter ses obligations en matière de droit international.

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Même si la banque a déclaré que son retrait d’Israël ne résultait pas de la campagne de pressions, mais plutôt de ses lourdes pertes durant la crise financière grecque, les officiels et banquiers israéliens ont déclaré qu’ils pensaient que la banque avait cédé aux pressions des organisations européennes de défense des droits de l’homme visant à la faire sortir d’Israël.

BNP Paribas va fermer ses bureaux et licencier 60 employés en Israël et mettre fin à ses financements des projets dans l’État juif.

Le gouverneur de la Banque d’Israël, Stanley Fischer, a déclaré aux journalistes du quotidien israélien Ha’aretz qu’il avait rencontré de hauts dirigeants de BNP Paribas à plusieurs reprises, et qu’ils avaient échangé des mots durs quand ils avaient annoncé leur décision de quitter Israël.

La banque d’Israël est une institution privée qui imprime la monnaie pour le gouvernement israélien et réglemente les taux d’intérêt en Israël. Elle a succédé à la Banque anglo-palestinienne qui a rempli ses fonctions jusqu’en 1948, date à laquelle l’État d’Israël a été créé sur la terre de la Palestine historique.

Les militants de la campagne BDS ont pris pour cibles, les banques, les institutions financières, les entreprises et les universités de par le monde qui investissent en Israël. Le mouvement s’est comparé au mouvement anti-apartheid contre le gouvernement sud-africain dans les années quatre-vingt.

Certains des principaux organisateurs de la campagne BDS contre Israël sont des Sud-Africains, lesquelles comparent la situation des Palestiniens à celles des Sud-Africains noirs sous le système raciste de l’apartheid. Par exemple, l’archevêque Desmond Tutu, le Président Nelson Mandela, et la plus importante organisation syndicale en Afrique du Sud, le COSATU.

Ces dernières années, la campagne BDS a réussi à convaincre des dizaines d’entreprises de sortir d’Israël, dont la Deutsche Bank qui s’est désinvestit d’Elbit, une entreprise israélienne impliquée dans la construction du mur d’annexion israélien, le gouvernement de Norvège s’est désinvestit également d’une entreprise israélienne spécialisée dans la Sécurité, et l’université de Harvard a décidé aussi de se désinvestir des entreprises israéliennes.

L’organisation espère qu’en usant de pressions économiques, elle va arriver à convaincre le gouvernement israélien à mettre fin à son occupation de la terre palestinienne et à ses lois discriminatoires qui ciblent les Palestiniens.

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Paris, le 10 Avril 2006

BNP Paribas accélère son développement en Israël

Le Professeur Stanley Fischer, Gouverneur de la Banque Centrale, a remis aujourd’hui à Jérusalem la licence d’ouverture d’une Succursale BNP Paribas de plein exercice à Jean-Jacques Santini, Responsable de la Banque de Détail dans les Marches Emergents et Outre Mer, et à Charles Reisman, Directeur de Territoire de BNP Paribas en Israël.

Cette licence avait été sollicitée auprès de la Banque Centrale en octobre 2005.

BNP Paribas est présent en Israël depuis 1998 au travers d’un bureau de représentation.

A propos de BNP Paribas

BNP Paribas (www.bnpparibas.com) est un leader européen des services bancaires et financiers, avec une présence significative et en croissance aux Etats-Unis et des positions fortes en Asie. Le groupe possède l’un des plus grands réseaux internationaux, avec une présence dans plus de 85 pays et plus de 110 000 collaborateurs, dont près de 80 000 en Europe. BNP Paribas détient des positions clés dans ses trois domaines d’activité : la Banque de Financement et d’Investissement, le pôle Asset Management & Services et la Banque de Détail.

Source : BNP PARIBAS

26 novembre 2011 – IMEMC – traduction : Info-Palestine

La liberté de la presse menacée


DUMONT,SERGE

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Mardi 22 novembre 2011

Israël Le gouvernement veut étendre considérablement la notion de « diffamation »

TEL-AVIV

DE NOTRE CORRESPONDANT

Après les ONG de défense des droits de l’homme la semaine dernière, c’est à la liberté de presse que la majorité de droite et extrême droite soutenant Binyamin Netanyahou a décidé de s’attaquer. En effet, dans la nuit de lundi à mardi, la Knesset a approuvé en première lecture un texte modifiant la législation actuelle sur la diffamation publique et multipliant par six le montant des dommages et intérêts qu’un journaliste ou son employeur devraient verser à une personne préjudiciée en cas de condamnation. En outre, cet amendement prévoit qu’un individu cité dans un journal ou dans un programme radio ou télévisé sans qu’un préjudice lui soit causé peut également réclamer jusqu’à dix mille euros de compensation.

« Si cette législation est appliquée, plus aucun journaliste ne prendra de risque d’enquêter sur quoi que ce soit. Les affaires de corruption impliquant des personnalités publiques resteront enterrées », affirme explique Ilana Dayan, une journaliste d’investigation de la deuxième chaîne de télévision.

La veille du vote à la Knesset, une centaine de grands noms de la presse israélienne ont organisé à Tel-Aviv des « états généraux d’urgence », un événement inédit depuis la création de l’Etat hébreu. A les en croire, Binyamin Netanyahou ne serait pas crédible lorsqu’il s’engage, comme il l’a fait dimanche, à ce que son pays « reste une démocratie exemplaire ». Ils l’accusent entre autres de favoriser l’activisme d’un groupe de députés de droite et d’extrême droite qui tenterait de modifier la nature démocratique d’Israël.

Des extrémistes influents…

Principalement composé d’élus du Likoud (le parti de Netanyahou) et d’Israël notre maison (la formation du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman), ce groupe est à l’origine d’une série d’initiatives visant à instaurer un serment de fidélité à l’Etat pour les nouveaux Israéliens (y compris les Arabes), à empêcher la commémoration de la « Nakba » (la « catastrophe » que représente la création de l’Etat d’Israël en 1948 pour les Palestiniens), ou à légaliser a posteriori la « confiscation » de terrains palestiniens par des colons.

Certes, au sein du Likoud, certains tels le président de la Knesset Ruby Rivlin et le ministre Dan Meridor s’opposent à ces extrémistes. Mais ces derniers sont influents. Alliés aux partis ultra-orthodoxes, ils mènent également une offensive contre la Cour suprême, qui constitue le garant des libertés publiques en l’absence d’une constitution écrite. A leurs yeux, ses douze magistrats sont en effet des « gauchistes ». Ils manœuvrent donc pour réduire leurs compétences et pour les remplacer progressivement par d’autres juges plus proches des idéaux du « Grand Israël ».

source

Parce que je suis juif de cette dignité, je résisterai.


21 novembre 2011

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Écho de résistance (1).
le 17 novembre 2011
Me voici « cité à comparaître devant le Tribunal Correctionnel », comme « prévenu ». Un petit papier arrivé par Huissier. « Première audience de fixation ». Tout de suite suinte la menace : gare à l’absence immédiatement punie. Entrée en matière par le « Bureau de l’Exécution des peines » : il faut fournir justificatifs de revenus et moyen de paiement. Je suis convaincu que l’intimidation est l’enjeu de ces multiples citations à comparaître.

Ah oui, mon crime ? Appeler à Boycotter Israël jusqu’à l’application du Droit International, la reconnaissance de la Palestine dans les frontières de 67. BDSiser pour que le gouvernement israélien reconnaisse le peuple palestinien, son droit à un égal respect, à son État indépendant.
C’était le 26 juin 2010. Juste avant un autre procès sur le même thème qui visait Omar Slaouti et Alima Boumédienne. Leur inculpation nous paraissait tellement absurde, tellement dénuée de tout fondement que nous avions décidé de tourner en ridicule cette comparution. Nous avions organisé une pièce de théâtre au milieu des rayons du supermarché Carrefour, les inculpés revêtus d’habits de bagnards. Puis nous avions manifesté dans l’espace commercial appelant au boycott des produits israéliens. Deux policiers devant, deux policiers derrières, sans incident. Dans la dignité. Nous étions une centaine,venus « secrètement ». Le verdict de ce procès avait confirmé le caractère infondé de cette inculpation.

Plusieurs d’entre nous avaient pris la parole pour donner ses motivations. Tout a été filmé, diffusé. Nous assumons nos actes, avec fierté. C’est à partir de ces images que nous avons été 7 convoqués par la Police, puis à ce Tribunal Correctionnel :
  • Alcini Laurent (PCF , Front de gauche),
  • Boumédienne Thiery Alima (EELV, ex-sénatrice),
  • Shahshahani Nicolas (Europalestine),
  • Slaouti Omar (NPA),
  • Amestoy Sylvette (EELV),
  • Desmet Sylvain (EELV)
Nous dénoncions une injustice, une guerre, des crimes, la négation d’un peuple, le Droit
bafoué, et nous voilà accusés ignominieusement de « délit de provocation publique à la
discrimination à l’égard de personnes à raison de leur appartenance à une nation », « faits prévus et punis par l’article 24 alinéa 8 de la loi d 29 juillet 1881 » (ainsi notifié, mais j’imagine plutôt 1981 ? Je ne suis pas juriste)
Des hommes, des femmes, des enfants sont massacrés et il faudrait se taire ! Des populations sont parqués dans des ghettos, et il faudrait se taire ! Des paysans sont privés de leurs terres, de leur eau, et il faudrait se taire ! JAMAIS !
Nos paroles sont des paroles de solidarité et de refus de l’injustice. Ce sont des mots qui dénoncent et s’indignent d’actes politiques commis par un gouvernement extrémiste, fascisant. Nous sommes l’engagement pour les valeurs humaines. Ceux qui nous menacent devant les tribunaux ne sont que d’ignobles individus, méprisant à l’égard d’un peuple, complices d’une politique guerrière ne cherchant qu’à soumettre. Ce sont d’infâmes totalitaires voulant bâillonner ceux qui les dénoncent.
Comment accepter cela ? Comment tolérer de se soumettre ?
Tout dans ce que je suis, dans mon être, se refuse à cette soumission.
Je suis juif. Ma mère, mon père sont juifs. C’est une histoire longue, profonde, faite d’immigration, de persécutions redoutées et fuies, de frontières franchies sans bien connaître les usages et les langues. C’est cette peur mainte fois exprimée de retrouver l’état de paria et de population exutoire pour les périodes de crises. Tant de siècles de cet état ont marqué en profondeur les consciences et ont nourrit le sentiment que jamais, jamais, la sérénité n’est assurée. Jamais.
Mais pour moi, pour ma famille, être juif ce n’est pas seulement cela. Pas uniquement cette crainte devenue aveuglante. Je suis de cette culture juive de la dignité et de la résistance. Du combat partagé pour la justice et la fraternité. Des leçons de l’oppression pour refuser partout, à l’égard de quiconque, ce qui porte atteinte à la dignité humaine. Je suis enfant de Raymond Aubrac, de Marek Edelman, de Joseph Epstein.
Parce que je suis juif de cette dignité, je résisterai.
Serge Grossvak

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