Des associations juives obligent des manuels d’histoire à modifier l’histoire du partage de la Palestine


lundi 4 juillet 2011, par La Rédaction

Des passages de nouveaux manuels d’histoire contemporaine à destination des classes de première générale, contestés par des associations juives, vont être « modifiés » à l’occasion de l’impression des versions définitives, a indiqué lundi l’éditeur Hachette Éducation. Ces passages étaient relatifs au « partage de la Palestine », a-t-on précisé de même source. Ils étaient inclus dans des manuels « spécimens » dont la version définitive reste à imprimer, avant distribution aux classes de première L, S et ES à la rentrée 2011, dans le cadre de nouveaux programmes. Or, « après relecture, il est apparu que certains passages contestables devaient être modifiés. À l’occasion de l’impression, ils seront changés », a-t-on ajouté, sans préciser le détail des passages mis en cause ni la teneur des modifications. Le ministère de l’Éducation nationale n’avait pas réagi lundi en fin de journée.

Contacté, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Richard Prasquier a évoqué une « présentation du conflit israélo-palestinien tout à fait scandaleuse ». Il a notamment dénoncé « une idéologisation », via par exemple l’emploi du mot « nakba » (« catastrophe », selon l’appellation dans le monde arabe de la création de l’État d’Israël en 1948 et de l’exode des Palestiniens qui a suivi), quand le terme Israël « n’apparaissait pas ». Il a par ailleurs dénoncé « des erreurs factuelles », sans préciser lesquelles. Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) a reproché aux auteurs du manuel d’ »interpréter les faits historiques », de « tronquer la vérité », de « prendre parti ».

(Lundi, 04 juillet 2011 – Avec les agences de presse)

A propos des détracteurs du BDS et de leur quête de respectabilité



Campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël – PACBI


Prétendre à la neutralité dans cette situation coloniale flagrante où un côté est si dominant, et essayer de projeter une fausse image de symétrie entre l’oppresseur et l’opprimé, va plus loin que l’absence de fondement et la mauvaise conception : c’est moralement suspect.
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Dans le contexte de l’application des lignes directrices du mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) pour le boycott universitaire et culturel d’Israël, la campagne palestinienne pour le boycott culturel et universitaire d’Israël (PACBI) fait face parfois à des scénarios où les détracteurs du boycott tentent de se racheter une conscience et avec elle, une certaine raison morale, en utilisant des Palestiniens ayant quelque valeur de symbole (ou plus rarement d’autres Arabes) comme couverture, pour dissimuler leur complicité dans les violations israéliennes du droit international et des droits palestiniens.

Alors que la réserve de « feuilles de vigne » diminue d’année en année, grâce au rayonnement impressionnant dans la dernière période de la conscience collective du BDS chez les Palestiniens et dans le monde arabe, il y en a encore qui sont prêts à accepter que leur nom soit manipulé dans des projets politiques cyniques de profanateurs du boycott international. Lorsque des Palestiniens et des Arabes jouent un tel rôle, c’est parfois en raison d’un manque de compréhension politique, mais le plus souvent, c’est avec la volonté de faire passer des intérêts propres avant les principes soutenus collectivement de résistance à l’oppression coloniale et à l’apartheid. Dans les années quatre-vingt-dix et la première moitié de la dernière décennie, de nombreux Palestiniens ont été attirés par des projets communs avec l’espoir d’une paix juste et véritable, et attirés aussi parce que des sommes d’argent apparemment illimitées étaient allouées à de tels projets communs par les donateurs européens et états-uniens. Au cours des deux dernières décennies, il est apparu clairement que ces projets rentraient dans un cadre politique s’attachant d’abord à créer une illusion de paix chez les Palestiniens – et dans le monde – et à soudoyer des Palestiniens en les soumettant aux diktats des Israéliens et à leur hégémonie coloniale permanente. Si une organisation israélienne voulait obtenir des fonds généreux pour un projet, tout ce qu’elle avait à faire était d’y inclure un « partenaire » palestinien, et vice versa. Ces collaborations israélo-palestiniennes ont créé une couverture parfaite pour la poursuite de la colonisation, de l’occupation et de l’apartheid israéliens, et elles ont miné le combat palestinien pour l’autodétermination.

Aujourd’hui, la plupart des projets (1) de normalisation impliquant des Palestiniens et des Israéliens sont bouclés après s’être révélés comme totalement vains ou, pire, comme une fraude bien conçue visant à donner une liberté de manœuvre à Israël dans la poursuite de son projet colonial sous la couverture de « faire la paix » de la base au sommet, comme avec les fameux « accords de paix » d’Oslo. Les quelques projets de normalisation restant peuvent continuer grâce à la persistance de structures de pouvoir, domination et dépendance créées à travers les années Oslo.

Un bon exemple en est le Programme McGill pour le Moyen-Orient (PMMO), programme d’études de l’université canadienne McGill en société civile et pour le rétablissement de la paix au Moyen-Orient, un projet de normalisation qui nous reste des beaux jours d’Oslo, et qui doit encore être dénoncé. Dans le cadre d’un projet commun unique, la prestigieuse université canadienne a signé des accords séparés avec des institutions universitaires arabes (l’université An-Najah, l’université Al-Quds et l’université de Jordanie) et des institutions israéliennes. Le fait que des représentants des « deux côtés » comme c’est le cas ici, participent à un même projet avec des objectifs communs, siègent dans les même commissions du projet, et assistent aux mêmes réunions communes, fait tomber grandement la couverture d’ « indépendance » et met en lumière la visée de normalisation de ce projet.

Les institutions palestiniennes impliquées, tout en rejetant publiquement toute normalisation avec les universités israéliennes, sont restées actives dans ce projet, voyant apparemment plus les avantages pour leurs propres institutions à garder ce partenariat en activité que le mal qu’il fait en sapant le boycott universitaire grandissant contre Israël et ses institutions complices.

Les Palestiniens ne sont pas les seuls en ce cas. Étant donné les désastreuses conditions de ressources, la famine, résultant de décennies de politiques israéliennes, d’occupation, de nettoyage ethnique et d’apartheid, nous Palestiniens, comme la plupart des autres peuples se battant pour la décolonisation et l’autodétermination, avons eu notre part non seulement de ce que nous appelons les feuilles de vignes, mais aussi de collaborations à un niveau beaucoup plus profond avec les oppresseurs en échange de petits avantages. Éviter l’idéalisation de l’opprimé et du combat palestinien est important pour arriver à une critique rationnelle de ce phénomène aussi vieux que les révolutions à travers le monde. Comme dans la plupart des autres cas, il y a généralement des gens qui veulent placer leurs intérêts personnels au-dessus de ceux de leur communauté. Cependant, l’arbre flétri de l’opportunisme, voire de la trahison, ne doit jamais cacher la forêt du consensus autour de la résistance civile palestinienne contre Israël, un consensus qui est reflété dans la direction de la campagne de boycott, le comité national du BDS (BNC).

Les universitaires et personnalités culturelles de niveau international, notamment les groupes de musique, qui tiennent à traverser le piquet de grève du boycott palestinien alors qu’il leur est demandé par le mouvement BDS de ne pas le faire, cherchent souvent à organiser des concerts, des conférences, ou même des visites symboliques dans les territoires palestiniens occupés – spécialement à Ramallah, Jérusalem et Bethléhem – comme moyen normal pour essayer d’ « équilibrer » leur position politique et de se racheter après avoir violé l’appel au boycott.

En agissant ainsi, ils ajoutent en réalité l’insulte à l’injure, en ce sens qu’ils demandent alors aux Palestiniens de s’engager dans des projets de normalisation semblables à ceux de l’ère d’Oslo tels qu’abordés ci-dessus. Prétendre à la neutralité dans cette situation coloniale flagrante où un côté est si dominant, et essayer de projeter une fausse image de symétrie entre l’oppresseur et l’opprimé, va plus loin que l’absence de fondement et la mauvaise conception : c’est moralement suspect.

Les musiciens demandent souvent aux organisations palestiniennes d’organiser une « tournée Palestine ». Certaines organisations palestiniennes peuvent avec naïveté accepter de telles tournées sans contrôler d’abord si les musiciens ne violent pas en même temps le boycott. D’autres organisations peuvent fournir volontairement une couverture palestinienne à de telles violations du boycott, parce qu’elles n’ont pas été elles-mêmes capables de surpasser des relations corruptrices, récupératrices et créatrices de dépendance, ni le discours de dialogue qui ont prévalu durant ce qu’on a appelé le « processus de paix » d’Oslo et qui a échoué.

Se débrouiller pour parler à des Palestiniens ici ou là, ou s’associer avec certaines institutions palestiniennes nulles ou faisant office délibérément de feuilles de vignes, ne peuvent réduire les dommages causés par la violation des lignes directrices du boycott, alors que de telles violations servent d’abord et avant tout à sauver le vernis fragile de respectabilité d’Israël sur la scène mondiale. Aucune feuille de vigne, quelle que soit la taille qu’elle peut sembler avoir, ne peut cacher l’acte de complicité par le blanchiment de l’occupation et de l’apartheid israéliens auquel ces détracteurs du boycott s’adonnent en franchissant le piquet de grève.

Un exemple classique en est Leonard Cohen qui, bien qu’à plusieurs reprises PACBI (2) et des collègues à lui de partout (3) lui aient demandé d’annuler son concert à Tel Aviv, a persisté et a même accepté comme premier sponsor du concert une banque israélienne profondément impliquée dans la construction des colonies israéliennes illégales sur la terre palestinienne occupée. Après avoir été largement critiqué pour cette violation flagrante du boycott dirigé par les Palestiniens, Cohen a recherché un interlocuteur palestinien, un lieu ou une organisation dont il pourrait se servir pour « équilibrer » et échapper aux critiques. Cependant, en revêtant le manteau de la « cicatrisation » et de la « paix » sans dire un mot sur la justice ni les violations par Israël du droit international, Cohen a échoué à convaincre la moindre organisation palestinienne de coopérer avec lui (4), restant désespérément à la recherche d’une feuille de vigne. Ceci, en conjonction avec les campagnes de pression concertées engagées dans de nombreux pays (5), qui finalement ont convaincu Amnesty International d’abandonner son idée de coopérer avec Cohen, l’association devant diriger les recettes de son concert vers des organisations des « droits de l’homme » (6).

Autre exemple, celui de l’université de Johannesburg, qui a dû céder aux énormes pressions (7) d’universitaires sud-africains et a rompu ses liens avec l’université Ben Gourion et qui, par suite, a essayé de trouver une université palestinienne prête à s’engager dans une relation trilatérale quoique indirecte avec l’université Ben Gourion. L’université de Johannesburg s’est trouvée alors confrontée à un consensus dans le système académique palestinien – notamment des fonctionnaires du gouvernement, des présidents d’universités et des syndicats universitaires – qui a rejeté une telle relation et soutenu qu’une solidarité sérieuse avec les Palestiniens signifiait aujourd’hui de rompre les liens avec les institutions israéliennes complices, telle l’université Ben Gourion, et de respecter les principes du BDS. Incapable de trouver un tel partenaire palestinien, le conseil de l’université de Johannesburg a finalement annulé son projet commun avec Ben Gourion (8).

Plus récemment, Shakira (auteure-compositrice-interprète colombienne) a essayé de faire de même, en utilisant son statut d’ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF pour arranger une visite dans une ONG palestinienne dans Jérusalem occupée afin d’« équilibrer » avec sa participation honteuse à une initiative officielle de propagande israélienne, à l’invitation du président israélien, Shimon Peres. Le rôle bien connu de Peres dans les innombrables crimes et violations du droit international perpétrés par Israël dans les territoires palestiniens occupés et au Sud Liban est indéniable (9). L’ONG palestinienne ciblée a annulé la venue de Shakira au dernier moment quand elle a réalisé comment celle-ci avait violé le boycott, et que lui fournir un alibi palestinien nuirait au combat du mouvement pacifique du BDS pour la liberté, la justice et l’égalité.

Bien sûr, aucune société ne pourra jamais être monolithique ou n’avoir qu’une opinion unique. Malgré la persistance d’artistes, musiciens et autres professionnels internationaux de la culture à vouloir casser le boycott, et malgré la volonté d’un nombre qui se réduit de Palestiniens à continuer de servir de feuilles de vigne quand ils sont sollicités pour le faire, c’est l’écrasante majorité des Palestiniens, par l’intermédiaire de leurs organisations et syndicats représentatifs, qui a fait siens le BDS et ses lignes directrices. Il est temps que les écrivains, universitaires, artistes et autres, de dimension internationale, commencent à écouter la voix de cette immense majorité (*) et à respecter notre combat pour la liberté et la justice en, à tout le moins, s’abstenant de miner nos principes du boycott.

Il s’agit là d’une obligation morale fondamentale que le monde, dans sa grande majorité, a honorée pendant le combat contre l’apartheid sud-africain et se doit, sans relâche, de tout autant honorer dans notre cas aussi.

 

Notes :

[1] http://pacbi.org/etemplate.php?id=1220
[2] http://www.pacbi.org/etemplate.php?…
[3] http://pacbi.org/etemplate.php?id=1009
[4] http://www.pacbi.org/etemplate.php?…
[5] http://pacbi.org/etemplate.php?id=1069
[6] http://pacbi.org/etemplate.php?id=1080
[7] http://www.ujpetition.com/
[8] http://pacbi.org/etemplate.php?id=1532
[9] http://pacbi.org/etemplate.php?id=833

Voir dernièrement :

(*)Jello Biafra annule son concert en Israël

29 juin 2011 – PACBI
http://pacbi.org/etemplate.php?id=1645
traduction : JPP

Loi Boycott 2011 Israël : tout dépend de ce que vous boycottez


Adam Keller
Gush Shalom
Seuls, les colons, nos vaches sacrées, seront immunisés, et tout appel au boycott de leurs produits sera illégal. 

  Le boycott par les consommateurs du cottage cheese (fromage cottage) a fait les grands titres et volé la vedette à la Knesset et au Cabinet. Des politiciens de tous les partis du spectre politique ont fait l’éloge de cette initiative hautement citoyenne de boycott du « fromage avec des morceaux » pour protester contre la scandaleuse augmentation de son prix et faire pression sur les producteurs et la distribution afin d’en faire baisser le prix. Tout le monde parle du boycott du cottage, tout le monde le soutient, et l’admire. Est-il imaginable que, au même moment, quelqu’un dans l’État d’Israël se lève pour interdire ce boycott des consommateurs et infliger des sanctions sévères pour intimider ceux qui appliqueraient un tel boycott ?

En fait, c’est tout à fait imaginable. C’est même arrivé. Un projet de loi avec précisément cet objectif et cette intention affichés a déjà été voté en première lecture par la Knesset, et la Commission juridique de la Knesset l’a approuvé hier en deuxième et troisième lecture : la « Loi Boycott » (pour l’appeler par son nom officiel, la « Loi 2011 d’interdiction de boycott »).

S’il passe avec succès toutes les étapes de la procédure du vote parlementaire et devient ainsi partie intégrante de la législation de l’État d’Israël, ce projet imposera l’interdiction de tout appel au «  boycott d’une personne en raison de ses liens avec Israël ou des régions sous le contrôle d’Israël ». (Comme cette dernière référence aux régions n’est pas claire, les initiateurs du projet ont pris la peine de la clarifier explicitement : « par « région sous le contrôle d’Israël », il faut entendre la Judée et la Samarie »). Bref, nous parlons ici des colonies et des colons qui produisent (hautement subventionnés par l’État) différents articles et produits que vous pouvez trouver en rayon dans vos magasins et supermarchés à Tel Aviv et Haïfa, et dans chaque ville et village du pays.

Tout comme il y a en Israël des consommateurs qui s’inquiètent et ne sont pas prêts à payer un cottage cheese à un prix exorbitant, il y a aussi un certain nombre de consommateurs inquiets qui ne sont pas disposés à acheter des produits des colonies. Les civils israéliens qui rejettent une colonisation totale – en tant que colonisation établie sur un territoire occupé en violation du droit international, et se servant d’astuces juridiques douteuses pour s’emparer de la terre palestinienne – bloquant toute possibilité de paix, et perpétuant une occupation qui nous réduit à une dégradation morale et à l’isolement international. Il y a des consommateurs – leur nombre est estimé à des dizaines de milliers – qui regardent attentivement lors de leurs achats et s’assurent du lieu où les produits mis en vente ont été cultivés ou fabriqués, et évitent de consommer des produits des colonies (ce qui n’est pas toujours facile, de nombreux fabricants et exploitants dans les colonies ayant recours à toutes sortes de moyens ingénieux pour déguiser et dissimuler l’origine de leurs produits).

A l’intention de ces consommateurs, Gush Shalom (duquel je me trouve être le porte-parole) publie depuis 1997 une liste détaillée des produits des colonies qui pénètrent sur le marché israélien. Avec nos moyens limités, nous essayons de la maintenir à jour et de la faire connaître du grand public tant par Internet que par une distribution à la main de brochures lors de rassemblements publics.

Si la « Loi Boycott » devait être promulguée, de telles activités de notre part pourraient être vues comme illégales, tout comme d’autres activités diverses de gens qui veulent la paix en Israël (par exemple le refus d’acteurs de se produire au « Hall de la Culture » dans la colonie Ariel).

Si la « Loi Boycott » est promulguée, toute entreprise implantée dans une colonie pourrait aller au tribunal et y déposer plainte pour préjudice ; étant donné qu’il y a des centaines de telles entreprises, la somme qui leur serait attribuée par le tribunal pourrait monter à moulte millions.

Si cette loi est votée, les consommateurs dans l’État d’Israël pourront toujours appeler au boycott de n’importe quel produit, pour n’importe quelle raison qu’ils considèreraient justifiée – mais sauf des produits des colonies qui jouissent d’une immunité absolue. Ils seront toujours autorisés à appeler au boycott de produits vendus à un prix exorbitant, les gens de religion pourront toujours boycotter les produits non cachère, et les amoureux des bêtes pourront toujours boycotter les produits expérimentés sur des animaux. Seuls, les colons, nos vaches sacrées, seront immunisés, et tout appel au boycott de leurs produits sera illégal.

Les députés de la Knesset qui sont si favorables et enthousiastes pour le boycott du cottage cheese vont-ils oser lever la main pour mettre hors la loi un boycott de consommateurs d’un autre genre ?

Du même auteur :

Ici, c’est la Corée du Nord
L’évacuation de colons à Hébron : trop peu et trop tard !

28 juin 2011 – Gush Shalom – L’article a été initialement publié en hébreu dans News1 – traduction de l’anglais : JPP

Jello Biafra annule son concert en Israël


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C’est une grande victoire pour la Campagne BDS et son versant culturel: l’annulation de la tournée de Jello Biafra et de son groupe (Guantanamo School of Medicine) en Israël est le résultat d’une belle mobilisation et d’un beau travail de persuasion de la part de militants et d’artistes palestiniens, israéliens et du monde entier.

Jello Biafra est l’ancien chanteur du groupe The Dead Kennedys, héros de la culture punk et toujours très engagé à gauche depuis des décennies. Quand la nouvelle s’est répandu de sa prochaine visite dans le pays de l’apartheid, la communauté punk s’est mobilisée pour faire comprendre à Jello qu’il ne pouvait pas faire ça, ni pour les Palestiniens, ni pour son honneur à lui, ni pour la réputation de l’identité punk du monde entier.

En quelques jours une coalition s’est formée: Punks Against Apartheid et des centaines de témoignages, écrits ou sous forme de vidéos, ont afflué par email ou sur les réseaux sociaux. Des échanges d’une grande richesse ont démonté les arguments naïfs de Jello Biafra qui voulait « voir par lui même la situation sur place ». L’invitation à se rendre sur place a été maintenue, mais sans passer outre l’appel au boycott culturel, le refus de servir de caution morale au gouvernement israélien, et le refus aussi de contrebalancer un tel concert par un concert donné le lendemain à Ramallah.

L’éducation doit se poursuivre car Jello Biafra, dans son communiqué annonçant l’annulation de son concert, affirme que le concert de Ramallah n’a pas pu se faire à cause d’un manque d’intérêt des Palestiniens pour la culture punk. Cette contrevérité à relents naïvement racistes, montre qu’il n’a toujours pas compris que l’appel au boycott culturel était quasi unanime au sein des Palestiniens, et qu’ils refuseront toujours de servir d’alibi à un concert à Tel Aviv. Nous attendons donc beaucoup du prochain voyage de Jello Biafra en Palestine, pour le convaincre que son annulation était juste et qu’elle doit se confirmer.

Nous attendons aussi beaucoup d’une coalition mondiale d’artistes punks qui allient musique et conscience politique sur un sujet qui en a bien besoin. Nous espérons qu’une telle initiative inspirera d’autres artistes, musiciens de rap, de reggae ou d’autres, afin que la musique ait un sens, un message, des principes et qu’elle ne se compromette plus jamais, par naiveté ou par intérêt financier, avec l’apartheid israélien.

Une base militaire israélienne en Libye près des frontières avec l’Algérie


19 May, 2011 12:59:00
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Selon un document écrit en hébreu, un accord a été signé entre Israël et le Conseil National de Transition (CNT) libyen à Benghazi, concernant l’installation d’une base militaire sioniste dans la région de Djebel Akhdar, pour une durée de trente années dans le cas où ces derniers arrivent au pouvoir

  • Le document qui comporte la mention « Forces de défense israéliennes », reçu par un officier ukrainien, révèle le contenu de l’accord signé entre Israël et le Conseil national de transition libyen à Benghazi, qui consiste en l’installation d’une base militaire sur les frontières libyenne, alors qu’Israël soutien l’opposition libyenne en lui fournissant des armes, en faisant des pressions sur les pays européens pour reconnaitre le CNT et entraînant les membres de l’opposition dans le but de préparer une armée forte.
  • L’intensification des frappes aériennes de l’Otan contre les forces pro-Kadhafi pour l’obliger à quitter le pouvoir fait parti de la stratégie.
  • Le document en question a soulevé beaucoup de doute, selon des observateurs, étant écrit de gauche à droite. Aucune réaction de la part de l’opposition libyenne à Benghazi pour confirmer ou infirmer ces informations.
  • Les pro-Kadhadi distribuaient le document dans le but de convaincre et de monter l’opinion générale dans les pays voisins contre l’opposition.
  • Dans le cas ou l’information est confirmée, l’Algérie serait le plus concerné par la présence des sionistes sur les frontières avec la Libye et permettra à l’organisation du groupe salafiste pour la prédication et le combat, qui se fait appelé el Qaïda au Maghreb Islamiste (AQMI) d’avoir beaucoup plus d’arme pour mener ses opérations criminelles dans la région, après que ses activités ses sont étendues au trafic que drogue et des armes. L’organisation terroriste trouvera un environnement propice à ses activités à l’ombre de la présence sioniste, surtout que l’Algérie est le pays le plus hostile à l’entité sioniste.
  • Ennahar/ Dalila B.

L’usage des mots dans le conflit israélo-palestinien


Jeudi 9 juin 2011 à 19h30


Avec

Denis Sieffert

Journaliste français, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire français Politis, spécialiste des questions israélo-palestiniennes.

Co-auteur avec Joss Dray de La guerre israélienne de l’information,

La Découverte, 2002.

Auteur de l’ouvrage La guerre israélienne de l’information, Denis Sieffert nous parlera de l’usage des mots dans le conflit israélo-palestinien. La guerre, avant d’être une affaire de chars, d’avions et d’hélicoptères, est une affaire de mots. Dès le lendemain de la négociation de Camp David II, en juillet 2000 : le “ refus ” de Yasser Arafat d’accepter la “ généreuse ” proposition israélienne de restitution de “ 97 % ” des territoires occupés va devenir une vérité acceptée par l’ensemble de l’opinion internationale. Or il s’agit d’un pur mensonge. Comment les acteurs de cette entreprise ont-ils trouvé des relais au sein de la presse mondiale, et française en particulier ? Ces questions rappellent que les mots et les images peuvent tuer et nous appelle à les manier avec responsabilité.

Lieu : Centre Culturel Arabe

2, rue de l’Alliance (Métro Madou) – 1210 Bruxelles

PAF : 2 € (membres)/ 3€ (non-membres).

Le nombre de place étant limité il est conseillé de vous inscrire avant le 7 juin 2011 : abp.eccp@skynet.be

PCHR du 19 au 25 mai 2011



Pendant cette semaine du 19 au 25 mai :

  • un civil palestinien a été tué par les FOI près de la frontière à l’intérieur de la bande de Gaza :
    • un Palestinien a été blessé dans l’est de Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza ;
  • 2 garçons palestiniens souffrent de graves brûlures à la suite de l’explosion d’une grenade fumigène laissée par les FOI à Hébron ;
  • les FOI ont continué de prendre pour cibles les agriculteurs palestiniens dans les zones frontalières à l’intérieur de la bande de Gaza :
    • ils ont tiré sur des agriculteurs palestiniens à deux occasions, aucune victime n’a été signalée ;
  • les FOI ont continué d’user de la force contre les manifestations non violentes en Cisjordanie :
    • 2 manifestants, dont un international, ont été blessés ;
    • 11 manifestants ont été arrêtés, dont 10 militants israéliens et un international ;
  • les FOI ont conduit 38 incursions dans les communautés palestiniennes en Cisjordanie :
    • elles ont arrêté 15 Palestiniens dont 4 mineurs ;
    • parmi ces personnes arrêtées, il y a la mère de Sheikh Saleh Al-Arouri qui est exilé en Syrie ;
  • les FOI ont poursuivi la colonisation et les colons leurs agressions en Cisjordanie :
    • les colons israéliens ont provoqué de graves dommages à une maison palestinienne, au sud-ouest de Bethléhem ;
    • 70 oliviers à proximité de la colonie Qidoumim, au nord-est de Qalqilya, ont été arrachés ;
    • 3 militantes palestiniennes ont été attaquées au check-point de Zaatara, au sud de Naplouse ;
  • Israël a maintenu un siège total sur la bande de Gaza et renforcé le siège sur la Cisjordanie :
    • les FOI ont arrêté au moins 3 Palestiniens sur les check-points militaires en Cisjordanie.

Extraits :

Vendredi 20 mai

1 h 30, les FOI entrent dans Bir Zeit, au nord de Ramallah ; dans Azzoun, à l’est de Qalqilya où elles patrouillent dans les rues, pénètrent dans de nombreuses maisons à l’intérieur desquelles elles balancent des bombes sonores. Elles arrêtent 4 Palestiniens, dont 2 mineurs :

  • Sameh Mahmoud Hussein, 17 ans ;
  • Ahmed Ali Rashed Radwan, 17 ans ;
  • Mohammed Imad Mohammed Radwan, 19 ans, et
  • Amr Mohammed Abu Haneyeh, 18 ans.

En outre, elles confisquent deux fusils de chasse chez Udai Samir Hassan Salim et Mohammed Imad Radwan.

La mère de Mohammed Radwa, arrêté par l’occupant, a déclaré ce qui suit au PCHR :

« Vers 3 h, le vendredi 20 mai 2011, un grand nombre de soldats de l’occupation israélienne ont pris d’assaut la maison voisine de mon beau-frère. Les soldats ont crié à travers leurs mégaphones et ont lancé des bombes assourdissantes sur la porte de la maison. Ils ont obligé les habitants à sortir. Ils cherchaient mon fils, Mohammed, dont le nom est le même que celui de son cousin. Les soldats ont constaté que le fils de mon beau-frère, dont le nom est Mohammed, n’était pas la personne qu’ils recherchaient. Alors ils sont laissé la maison de mon beau-frère et sont venus directement chez nous. Ils ont lancé des bombes assourdissantes et nous ont donné deux minutes pour sortir. Je suis sortie avec mon fils et ma petite fille. Ils sont entrés dans la maison et près d’un quart-d’heure plus tard, un officier des renseignements israéliens m’a fait appeler à l’intérieur. J’ai vu alors que la maison était toute endommagée. L’officier m’a demandé : « Où est votre fils Mohammed ? » J’ai répondu : « Je ne sais pas« . Il me dit de l’appeler immédiatement et de lui dire de venir. J’ai appelé Mohammed mais il n’a pas répondu. L’officier dit alors : « S’il n’arrive pas, nous le tuerons et vous ramènerons son corps« . Ils avaient des chiens et ma petite fille était effrayée, elle criait tout le temps. Ils sont partis de la maison et se sont dirigés vers la maison de mon beau-frère où mon fils était en train de dormir. Ils sont montés dans les étages. Ils ont vandalisé la maison et arrêté Mohammed. Son oncle m’a dit qu’ils l’avaient saisi par le cou, le frappant contre le mur et lui cassant la tête contre le mur. Quand ils sont partis avec mon fils, je l’ai entendu qui disait : « Je veux dire au revoir à ma maman » et l’officier a dit : « Tu viens juste de t’apercevoir que tu as une maman ?« . Nous lui avons alors donné une veste et dit au revoir. Je suis allée examiner ma maison qui avait été durement endommagée. Ils ont démoli les placards, les lits, les fenêtres, les portes, les éviers, les sièges dans le salon, la cuisine et tout ce qu’il y avait dans la maison. Ils ont aussi confisqué un fusil de chasse qui servait à mon fils Mohammed ».

[…]

Crimes causés par les objets abandonnés par l’armée israélienne

Les FOI continuent de laisser des objets dans les zones habitées et agricoles et à proximité. Conséquence, 2 enfants palestiniens souffrent de graves brûlures, ils ont été blessés vendredi matin, 20 mai, quand une grenade fumigène laissée là par les FOI a explosé, dans le sud-est d’Hébron.

D’après les informations recueillies par le PCHR, il est environ 8 h, le vendredi 20 mai. Eid Mohammed Daajneh et Mohammed Yousef Hassan Daajneth, tous deux 15 ans, rassemblent leurs moutons dans le secteur de Wad al-Bad, à près de 800 mètres à l’est du village (al-Bweib), dans l’extrême nord-est de Yatta, une ville au sud d’Hébron. Eid trouve un objet bizarre, un tube en métal enrobé d’étain avec une couverture noire sur un bord. Le garçon enlève l’étain et aussitôt, une intense fumée blanche se répand. Le garçon jette le tube à terre et essaie de fuir la zone avec son ami. Les deux garçons sont complètement paniqués. Cependant, la fumée qui monte a touché leurs corps et leur a provoqué des brûlures sur tout le corps. Leurs vêtements et de leurs chaussures sont brûlés en partie. Ils quittent rapidement la zone en appelant au secours leurs proches, les brûlures continuant de se propager sur leurs corps et leur peau continuant de fondre.

Selon les informations et observations recueillies par le PCHR et selon l’examen médical passé par les deux garçons, ils souffrent de brûlures au premier et deuxième degré :

  • Eid Mohammed Daajneh souffre de brûlures au premier et deuxième degré sous l’œil droit, au front, à la tempe droite, à la main droite et aux doigts, au bras droit, au genou gauche, à la cheville droite et de brûlures au premier degré à la main gauche et aux doigts.
  • Mohammed Yousef Hassan Daajneh souffre de brûlures au premier et deuxième degré aux doigts de la main gauche et porte des traces de carbone noir autour des brûlures aux doigts de la main gauche, à la cheville gauche et des brûlures de deuxième degré à la cheville droite.

Jihad Khalil Hassan Daajneh, 35 ans, berger, dit avoir vu les deux garçons courir vers lui en criant de douleur et de panique. Il était à près de 60 mètres d’eux. Il a essayé de donner les premiers soins en faisant couler de l’eau sur les parties brûlées. Il a appelé au téléphone pour avoir une voiture qui les a emmenés à l’hôpital Abu al-Hassan al-Qasem, à Yatta, où ils ont reçus les premiers soins. En raison de leur état sérieux et de l’impossibilité de connaître la nature de leurs brûlures, la coordination a été faite via le Bureau palestinien de liaison avec la police palestinienne, pour obtenir une équipe médicale de l’armée israélienne. L’équipe médicale israélienne est arrivée, avec des soldats, au carrefour de Zif, un village à l’est de Yatta. Ils ont diagnostiqué les blessures et donné un premier traitement pour les deux garçons.

Les experts israéliens en explosifs ont interrogé les deux garçons à propos de leurs blessures et de la forme et de la nature de l’objet qui avait provoqué ces blessures. Ils ont montré aux deux garçons des échantillons de munitions utilisées par les FOI et les garçons ont reconnu l’objet. L’équipe médicale a assuré les soins élémentaires aux garçons, mais elle a refusé de les transférer dans un hôpital israélien spécialisé dans ce genre de traitements pour éviter d’assumer la responsabilité de ce crime. Les deux garçons ont été emmenés en ambulance au Croissant-Rouge de l’hôpital public d’Hébron pour y être soigné.

La chaîne de télévision israélienne, Channel 10, a affirmé que les FOI étaient responsables pour l’objet qui avait provoqué les blessures aux garçons. La chaîne a déclaré : « Les deux Daajneh ont été blessés alors qu’ils jouaient près de leur village, par un objet qui fait partie des munitions utilisées par les FDI (forces de défense israéliennes) et abandonné sur les lieux lors d’un raid des FDI dans le secteur ».

Selon des témoins et des observations faites sur le terrain, des membres de la famille Daajneh ont trouvé aussi un objet similaire le dimanche après-midi, 22 mai, alors qu’ils rassemblaient leurs moutons dans le secteur. La police israélienne a été informée et est arrivée sur les lieux. Elle a fermé la zone et fait exploser l’objet, explosion qui a fait un grand bruit. Une fumée blanche s’est dégagée de l’objet sur près de 40 mètres.

Il convient de noter que les mines terrestres et les restes militaires abandonnés par les FOI provoquent de grandes souffrances aux Palestiniens et aux bergers dans les secteurs ruraux, de nomades et éloignés, où il y a des activités des colonies ou qui sont proches de sites utilisées par l’armée pour l’entraînement, spécialement à Yatta et à Bani Na’im, au sud et sud-est d’Hébron, à al-Khan al-Ahmar, à l’est de Jérusalem, et au sud et au nord dans la vallée jordanienne à Jéricho. Des centaines de Palestiniens ont été tués ou blessés avec ces vestiges de l’armée israélienne.

[…]

Colonisation et agressions des colons contre les Palestiniens et leurs biens

La colonisation se poursuit dans les TPO en violation du droit international.

- Les colons continuent d’agresser les Palestiniens et leurs biens et notamment à proximité des colonies Gush Etzion et Efrat, au sud-ouest de Bethléhem. Une vieille maison appartenant à Mohammed Saleh Abu Sawi, du village d’Artas, au sud de Bethléhem, a été attaquée et endommagée par un groupe de colons qui se sont installés près des terres de la famille.

Selon l’enquête du PCHR, le dimanche matin, 22 mai, des membres de la famille d’Abu Sawi se dirigeaient vers leurs terres et leur vieille maison dans le secteur de Khelet Ikhleil, à l’est des colonies précitées et du bureau de ce que l’on appelle, l’Administration civile israélienne, pour aller travailler sur leurs terres, comme d’habitude. Arrivés, ils ont été choqués de voir que la terrasse de la maison avait été complètement démolie ; une agression qui ne peut venir que des colons israéliens, puisque la situation des terrains ne permet pas à n’importe quel Palestinien d’y accéder, sauf aux propriétaires des terres qui peuvent passer après avoir été fouillés et montré leurs cartes d’identité. La maison n’est qu’à 200 mètres de la clôture de la colonie et du bureau de l’Administration civile israélienne, une zone militaire entourée de miradors et de caméras de surveillance.

La famille d’Abu Sawi indique que l’attaque comprend la destruction de la terrasse de la maison construite dans les années cinquante du siècle dernier. La maison consiste en 4 pièces aux murs de pierres et des plafonds en bois et métal. En outre, il y a un puits près de la maison. La famille déclare :

« Ce n’est pas la première fois que nos biens sont attaqués par les colons et les FOI, en plus, les colons israéliens ont l’habitude de jeter des cadavres de chiens par-dessus le mur. »

Ils soulignent que les FOI ont fait fermer l’entrée qui mène à la terre par l’Administration civile il y a trois ans, en conséquence de quoi, ils sont obligés d’arrêter leur voiture très loin de la maison et de se rendre sur leurs terres à pied. Leur voiture a été attaquée par les soldats israéliens sous le prétexte qu’elle était proche du poste militaire.

- Dimanche 22 mai, 9 h, un groupe de colons de la colonie de Taffouh, au sud de Naplouse, agresse 3 Palestiniennes de l’association caritative des Femmes d’Iskaba, du village du même nom, à l’est de Salfit. Dans son témoignage au PCHR, Madame Ahlam Adnan Harb déclare :

« Dimanche matin, 22 mai 2011, deux membres de l’association et moi nous dirigions vers le carrefour de Za’tarah, avec l’intention de nous rendre à Ramallah. Une fois arrivées au carrefour, nous y avons trouvé une quinzaine de colons, dont certains étaient armés. Ils se sont approchés de nous et ont commencé à nous jeter des pierres ; cependant, nous avons réussi à échapper aux pierres et nous n’avions pas de mal. Les FOI ont soutenu les colons dans leur agression et ne les en ont pas empêchés, en plus les soldats ont pointé leurs armes sur nous. Nous avons voulu arrêter une voiture qui partait de l’endroit, mais ils nous ont poursuivies et empêchées de partir. Nous avons essayé de nous défendre. En même temps, un Palestinien qui se trouvait au carrefour nous a vues et est venu vers nous en courant. De ce fait, nous nous sommes reculées aussitôt de crainte qu’un affrontement ne se déclenche entre des Palestiniens et les soldats israéliens. Des agressions de ce type contre les Palestiniens et leurs biens ont continuellement lieu à ce carrefour à cause de la présence des colons israéliens ici, et des soldats qui les soutiennent. »

- Des colons de la colonie de Qidoumim, au nord-est de Qalqilya, ont arraché 70 oliviers appartenant à Mohammed Abdul Latif Hamid Ishtiwi, du village de Kafr Qaddoum. Ishtiwi ignore quand cela s’est produit, car il ne peut se rendre sur sa terre sans un permis des FOI.

Son témoignage au PCHR :

« Dimanche 22 mai 2011, vers 8 h 30, j’allais labourer ma terre qui s’appelle Vallée de Barous, au sud-est de Kafr Qaddoum, parcelle n° 27. J’y allais avec un laboureur, car j’ai un permis pour entrer sur le secteur. Une fois arrivés, nous sommes surpris de voir que 70 oliviers, plantés il y a 7 ans, avaient été arrachés. Le terrain fait 15 dunums (1,5 ha) et est situé près de la colonie de Qidoumim, c’est-à-dire, à environ 150 mètres de la colonie. Il est situé aussi près de l’avant-poste d’Odlah Moutain, qui fait partie de la colonie Qidoumim.

Ce sont les colons qui ont commis leur attaque, car ils sont proches du terrain. En outre, les Palestiniens ne sont pas autorisés à entrer sur cette terre sauf avec un permis israélien. Après avoir vu cela, j’ai téléphoné au Conseil du village et à la Croix-Rouge, qui sont venus sur les lieux et ont pris des photos. Cependant, les soldats sont arrivés et les ont écartés pour les empêcher de continuer à photographier. Il a fallu une demi-heure aux FOI pour nous chasser. Plus tard, j’ai déposé plainte auprès de la Croix-Rouge et de la police d’Ariel. »

rapport intégral avec les tableaux d’entrée et sorties pour la bande de Gaza :
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10673

Une tribune pour un militaire israélien à Bxl? Innacceptable!


Le 25 mai, le colonel de l’armée israélienne Liron Libman recevra une tribune de deux heures lors d’une conférence organisée à Bruxelles. Inacceptable!

La position d’intal

Comme indiqué dans son texte de vision, Intal défend le boycott, le désinvestissement et les sanctions à l’encontre de l’État israélien tant que ce dernier ne respectera pas le droit international et le droit du peuple palestinien. Nous sommes opposés au fait que que l’une des éminences de l’armée israélienne, le Colonel Liron Libman, se voit offrir une tribune dans notre capitale le 25 mai prochain.

Toute personne, institution ou entreprise qui représente ou qui travaille pour l’État israélien doit donc, selon la campagne BDS, être boycottée. Il s’agit là d’une méthode non violente pour faire pression sur cet État responsable de l’occupation et de la colonisation de la Palestine.

L’armé israélienne est bien évidemment concernée par ce boycott, elle se trouve même en tête de liste des institutions israéliennes qui doivent non seulement être boycottées, mais dont les responsables doivent être poursuivis devant des cours internationales. Selon les Nations Unies ou des organisations comme Amnesty International, ce corps militaire a commis plusieurs crimes de guerre et commet chaque jour des exactions à l’encontre de la population palestinienne.

Cette institution perpétue une occupation illégale, elle est l’outil d’oppression contre un peuple colonisé, elle maintient le Moyen-Orient arabe dans un état de guerre dont tous les habitants, Israéliens compris, sont victimes.

Nous sommes indignés par le fait que l’une des éminences de l’armée israélienne, le Colonel Liron Liebman, se voit offrir une tribune dans notre capitale le 25 mai prochain.

Une conférence de ce militaire est programmée au Palais des Académies, entre le Palais Royal et le Parlement. Il ne s’agit pas d’un débat contradictoire, il ne s’agit pas d’une interview au journal parlé. Cet événement permet à un militaire israélien de donner une conférence faisant la promotion des méthodes de son armée.

Cet événement sera présidé par un professeur enseignant le droit à la Vrije Universiteit van Brussel, l’introduction sera donnée par un fonctionnaire du Ministère belge de la Défense. Bien entendu, nous ne pouvons savoir à l’avance ce que dira Libman, mais le thème de sa conférence est explicite : « L’expérience israélienne concernant les défis des guerres asymétriques ».

Intal juge inacceptable que des personnalités académiques et politiques normalisent les expériences de l’armée israélienne. Cela va à l’encontre de ce que nous défendons: le droit à la santé, à la justice et à la sécurité physique du peuple palestinien. Cela conduit objectivement à encourager la poursuite de ces agissements illégaux et violents des troupes d’occupation.

Intal estime qu »il serait préférable d’annuler cette conférence. Il ne faut pas offrir de tribune à ce colonel, aussi passionnantes puissent être les difficultés ingrates auxquelles l’armée israélienne est confrontée dans ce conflit asymétrique, aussi instructifs puissent être les enseignements de Liron Libman pour les militaires et hommes politiques belges impliqués dans l’occupation de l’Afghanistan et les bombardements de la Libye.

Une lettre de protestation signée par 45 personnes et organisation.

Lorsque nous avons appris que cette conférence se tenait, plusieurs association, dont intal, ont initié une lettre commune qui a été finalement signée par plus de 45 personnes et organisations. Parmis celle-ci, des syndicalistes, des membres de partis politiques, des élus, des membres du corps accadémiques, des ONG,… Vous pouvez prendre connaissance du contenu de la lettre ci-dessous. Nous espérons que cette lettre adressée aux organisateurs de la conférence aura l’effet escompté et que ceux-ci entendront nos arguments. Nous vous tiendrons bien évidemment au courant des suites de cette affaire est de possibilités de mobilisations

Très chers,

Le 25 mai, le Colonel Liron A Libman donnera une conférence intitulée «The challenges in asymmetrical warfare : an Israeli experience ». Le Colonel Libman est à la tête du département de droit international au sein du Military General Advocate  qui dépend de l’Armée Israélienne (IDF).
C’est en cette qualité que Libman  minimalise les accusations de crimes de guerre qui  ont été commis par l’IDF lors de l’opération ‘Plomb durci’,  accusations affirmées dans plusieurs rapports  (le rapport Goldstone, Amnesty International, Human Rights Watch,…). Pour lui, ces accusations reviennent à du terrorisme légal (Haaretz, 19/02/2009), il a aussi affirmé que le commandement « ne devait pas s’inquiéter  à cause de ces enquêtes» (Turning a blind Eye’, Rapport de Human Rights Watch, 11 avril 2010)

Les officiers commandants l’IDF ont déjà déclaré que, depuis la guerre du Liban en 2006, ils appliquent la doctrine Dahiya. Si des tirs proviennent d’un village libanais, l’armée israélienne va, selon le Général Eisenkot, «utiliser une force disproportionnée en causant des destructions à grande échelle. Notre position étant qu’il ne s’agit pas d’un village de civils mais d’une base militaire.» (Reuters 10/03/08). D’autres militaires ont confirmé que cette doctrine sera appliquée pour chaque conflit avec le Liban, la Bande de Gaza et la Syrie (Haaretz 5/10/2008).

Selon les «Statut de Rome de la Cour pénale internationale » (article 8,2, b, iv), est considéré comme crime de guerre «le fait de lancer une attaque délibérée en sachant qu’elle causera incidemment des pertes en vies humaines et des blessures parmi la population civile, des dommages aux biens de caractère civil ou des dommages étendus, durables et graves à l’environnement naturel qui seraient manifestement excessifs par rapport à l’ensemble de l’avantage militaire concret et direct attendu. »
Les différents rapports du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU décrivent l’armée israélienne comme une force d’occupation répressive qui est responsable de la mort de milliers de citoyens lors de la dernière décennie.

Nous trouvons inacceptable, sur les plans politique et moral, qu’un important officier de cette armée, qui de plus minimalise les responsabilités de l’armée israélienne lors de la guerre contre Gaza avant que les enquêtes ne soient terminées, se voie offrir une plateforme de deux heures dans une institution respectée comme la Koninklijke Vlaamse Academie voor Wetenschappen en Kunsten. La liberté d’expression est un droit élémentaire qui doit néanmoins tenir compte de responsabilités morales. Il est obscène qu’une personne avec un tel profil, complaisante à l’égard de crimes contre l’humanité, reçoive la parole dans une si haute instance.
Dès lors, nous vous demandons, par respect pour les victimes civiles, d’annuler cette conférence sous cette forme et avec cet orateur. Une personne autorisée et indépendante serait plus à même de traiter un tel sujet

P.S.

Dear all,

The lecture scheduled for 25 May 2011 by Mr Libman has been cancelled. An alternative date is being sought later in the year for a new event.

Sincerely,

Prof. Dr. Kim Van der Borght

President, Belgian Branch of the International Law Association

La Coalition contre Agrexco accuse l’entreprise israélienne de « fraude »


Un document saisi par huissier sur le port de Sète laisse penser que des dattes produites dans les colonies de Cisjordanie ont été déclarées comme provenant d’Israël. Il est par ailleurs maintenant clairement établi qu’Agrexco exporte, via le Languedoc-Roussillon, des produits des colonies israéliennes illégales.

Dans cet article, vous allez lire des informations que vous n’aurez pas lues ailleurs. Pensez à faire un don à
Montpellier journal s’il vous a intéressé.

C’est peut-être un tournant dans la lutte qui oppose l’entreprise israélienne Agrexco à une centaine d’associations, partis politiques et syndicats(1) regroupés dans la Coalition contre Agrexco. Celle-ci a diffusé, ce matin lors d’une conférence de presse, deux documents obtenus par huissier sur ordonnance du tribunal de commerce de Montpellier. Ces documents indiquent clairement que des fruits et légumes, produits dans des colonies israéliennes illégales de Cisjordanie, ont été exportés par Agrexco via le port de Sète. Deux factures d’Agrexco obtenues par l’huissier précisent comme lieu de production pour des poivrons rouges ou des dattes les trois colonies de Tomer, Gilgal et Peza’el.

Sondages sur 18 conteneurs
Ce point vient démentir les déclarations de Ouzi Kouris, directeur général d’Agrexco France, à Montpellier journal en juin 2009 : « En Cisjordanie, il n’y a pas de production [d’Agrexco] pour l’export. » Même si le dirigeant avait reconnu le 18 janvier : « Les produits qu’on produit dans les territoires occupés représentent même pas 1% de toutes nos activités. » Sans préciser s’ils étaient exportés ou pas. Selon la Coalition, les deux documents ont été recueillis par l’huissier qui a réalisé des sondages pour éviter d’avoir à consulter tous les documents. Les sondages ont porté sur 18 conteneurs dont 2 qui contenaient des produits des colonies. Conclusion de Christophe Perrin de la Coalition : « Sur le sondage, ça nous fait 16% [11 % en fait] de produits des colonies. »

Deuxième problème : alors que la mention « préférence non sollicitée » doit être présente sur les factures d’Agrexco correspondant aux marchandises non produites en Israël (2), sur la facture correspondante aux dattes produites à Gilgal et Peza’el, la mention est absente. Cette information est importante car les droits de douanes sont plus élevés pour les produits des colonies que pour ceux produits en Israël. Pour Christophe Perrin, « aujourd’hui, il n’y a plus d’ambiguïtés : plus personne, que ce soit au conseil régional ou ailleurs, ne pourra soutenir le contraire : Agrexco fraude la législation européenne. » Reste à savoir si cette pratique est l’exception ou la règle car force est de constater que le travail de l’huissier (Nicolas Chertin) ne permet pas de répondre à cette question. Des sondages sur un nombre plus important de documents auraient sans doute permis de mieux décrire la réalité des pratiques.

Perspectives juridiques
Christophe Perrin décrit néanmoins les perspectives juridiques ouvertes, selon la Coalition, par cette découverte : « Sur les acteurs économiques impliqués dans ces opérations qui sont complices des violations du droit européen et des crimes de guerres. Action aussi en direction des porteurs politiques du projet d’installation d’Agrexco en Sète, je nomme bien évidemment le conseil régional. On va les mettre en demeure de faire cesser les activités et s’ils ne le font pas, ils sont objectivement complices des violations du droit et des crimes de guerre. Troisième niveau, c’est sur l’État français. […] Il n’a absolument rien fait depuis la décision Brita pour opérer de façon précise des vérifications en matière de certification d’origine des produits israéliens. »

Du côté des acteurs concernés c’est, pour l’instant, silence radio. Montpellier journal a tenté de solliciter Ouzi Kouris mais chez Agrexco il nous a été répondu qu’on ne pouvait pas le déranger car il était « en conférence » avec « les autorités administratives françaises. Depuis ce matin, ils sont tous ensembles. » Aux Services portuaires de Sète chez qui les documents ont été saisis, on nous renvoie vers le directeur général qui serait absent jusqu’à lundi. Enfin Montpellier journal a demandé à la préfecture ce que « l’État en Languedoc-Roussillon comptait faire, notamment en matière de contrôles, pour s’assurer que l’entreprise israélienne respecte bien le droit français en particulier en matière de déclaration d’importation. » La préfecture n’a, pour l’instant, pas répondu.

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