Boycott d’Israël, un appel indigne


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Alain Gresh


Alain Gresh

Mardi 2 novembre 2010

Dans le quotidien Le Monde daté du 2 novembre, une trentaine de personnalités signent un appel intitulé « Le boycott d’Israël est une arme indigne ».

Il commence ainsi :

« Une entreprise commence à faire parler d’elle en France, consistant à promouvoir un embargo d’Israël tant dans l’ordre économique que dans celui des échanges universitaires ou culturels. Ses initiateurs, regroupés dans un collectif intitulé Boycott, désinvestissement, sanctions, ne s’embarrassent pas de détails. Au vu de leur charte, tout ce qui est israélien serait coupable, ce qui donne l’impression que c’est le mot même d’Israël que l’on souhaite, en fait, rayer des esprits et des cartes. »

« L’illégalité de la démarche ne fait pas de doute et la justice française ne tardera pas à la confirmer. »

Les signataires font référence à des condamnations prononcées par des tribunaux français sur injonction politique (« Quand la France laisse entrer les produits des colonies et poursuit ceux qui s’y opposent »), contre des militants appelant au boycott. Mais, ce qu’ils oublient de dire c’est que, même d’un point de vue purement juridique, il est parfaitement légal d’appeler au désinvestissement et aux sanctions contre un Etat. Le seul point de litige est celui que soulignait Willy Jackson dans un article du Monde diplomatique (septembre 2009), « Israël est-il menacé par une campagne de désinvestissement ? » :

« S’il fait appel à la liberté de chacun de consommer ou de ne pas consommer, le boycott peut contrevenir à certaines dispositions légales lorsqu’il se transforme en incitation à une action collective. En France, par exemple, l’article 225 alinéa 2 du code pénal modifié par la loi n° 2004-204 du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité dispose que toute discrimination qui consiste « à entraver l’exercice normal d’une activité économique quelconque » est punie de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Ainsi, autant chacun peut librement choisir ce qu’il achète et l’afficher publiquement comme attitude individuelle, autant le fait d’appeler au boycott pourrait tomber sous le coup de cet article. »

Mais même sur ce point, deux remarques s’imposent :

- d’abord qu’une grande partie des produits israéliens qui entrent en France comportent une composante qui implique une activité économique dans les colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Et que c’est en en permettant l’accès libre de ces produits que le gouvernement français viole le droit international. La Cour de justice de l’Union européenne a adopté le 25 février 2010 une résolution stipulant que les produits originaires de Cisjordanie ne peuvent bénéficier du régime douanier préférentiel de l’accord CE-Israël. Quelles mesures les signataires de cet appel préconisent-ils pour arrêter ce scandale ?

- la question que pose le boycott est celle de l’impunité. Comment ne pas comprendre l’indignation devant une occupation qui se poursuit depuis plus de 40 ans sans aucune mesure prise par la communauté internationale contre cette violation du droit international ? Et s’il n’y avait pas eu la flottille de Gaza, le blocus de ce territoire se serait-il (légèrement) assoupli ? Si la société civile n’était pas intervenue, Gaza vivrait encore sous le même blocus (pourtant condamné du bout des lèvres par les Etats-Unis, l’Union européenne, et sans doute la majorité des signataires de ce texte). Les porteurs de valise, qui aidaient le Front de libération nationale algérien violaient la loi, comme la violaient ces Américains qui refusaient de partir au Vietnam.

Les signataires [1] poursuivent :

« Mais la justice sera bien en peine de sanctionner ce qui est essentiel dans cette affaire. C’est pourquoi, nous, associations, citoyens de tous bords, acteurs de la vie de notre pays, tous également attachés à la paix au Moyen-Orient et, donc, à l’avènement d’un Etat palestinien viable et démocratique aux côtés d’Israël, nous sommes convaincus que les boycotteurs se trompent de combat en prenant le parti de la censure plutôt que celui de la paix, celui de la séparation plutôt que celui de la possible et nécessaire coexistence – celui, en un mot, de la haine et non de la parole et de la vie partagées. »

Qui est aujourd’hui, en parole au moins, contre la création d’un Etat palestinien ? Même le président George W. Bush et Benyamin Netanyhou s’y sont ralliés en paroles. Et alors ? Le refus de considérer que l’on a d’un côté un occupant et de l’autre un peuple occupé, d’un côté un Etat puissant de l’autre une Autorité impuissante, fausse tout possibilité de solution.

Il est significatif que ce texte sur la nécessaire coexistence soit publié alors même que le gouvernement israélien cherche à faire adopter un texte pour empêcher les Palestiniens citoyens d’Israël de pouvoir habiter dans des quartiers juifs (lire le texte de Zvi Bar’el, « South Africa is already here », Haaretz, 31 octobre 2010)

« La possibilité de critiquer, même de manière vive, le gouvernement israélien concernant sa politique vis-à-vis des Palestiniens n’est pas ici en cause. Peu de gouvernements sont autant sévèrement jugés, y compris par certains d’entre nous. Mais la critique n’a rien à voir avec le rejet, le déni, et, finalement, la délégitimation. Et rien ne saurait autoriser que l’on applique à la démocratie israélienne un type de traitement qui n’est réservé aujourd’hui à aucune autre nation au monde, fût-elle une abominable dictature. »

Critiquer Israël ? Finkelkraut, Encel et Lévy critiques du gouvernement israélien ? On croit rêver. En pleine guerre de Gaza, ils justifiaient les crimes commis par l’armée israélienne et, encore plus révoltant, Bernard-Henri Lévy pénétrait dans Gaza assis sur la tourelle d’un char israélien. Quant aux signataires membres du Parti socialiste, faut-il rappeler que leur parti est lié au Parti travailliste, qui a mené les guerres au Liban et à Gaza et qui, aujourd’hui, aux côtés d’Avigdor Lieberman, participent au gouvernement de Benyamin Netanyahou ? et que leur parti est resté passif durant l’invasion de Gaza ?

Certains des signataires critiquent peut-être le gouvernement israélien, mais comment cette critique se traduit-elle en actes ? Ne sont-ils pas coupables de non assistance à un peuple en danger ?

Quant à l’argument selon lequel on applique à la démocratie israélienne un traitement qui n’est réservé à aucun autre pays appelle deux remarques :

- le fait qu’Israël soit démocratique (pour ses citoyens juifs seulement), ne l’empêche pas de commettre des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. La France martyrisant l’Algérie durant la guerre d’indépendance était aussi un pays démocratique. Faut-il s’étonner que les Palestiniens ne fassent pas la différence entre une bombe démocratique et une bombe dictatoriale ?

- D’autre part, il est vrai que le traitement du gouvernement israélien est sans équivalent : aucun Etat n’a violé impunément autant de résolutions du conseil de sécurité des Nations unies depuis plus de 40 ans, résolutions votées aussi bien par les Etats-Unis que l’Union européenne.

« D’autant que, de plus, la globalité du rejet et sa bêtise font que l’on emporte dans le même mouvement les forces qui, en Israël, œuvrent jour après jour au rapprochement avec les Palestiniens en sorte que les partisans du boycott sont, aussi, des saboteurs et des naufrageurs d’espérance. »

Oui, il y a des forces en Israël qui luttent avec courage, mais ce ne sont pas celles auxquelles les signataires font allusion : faut-il rappeler que non seulement le Parti travailliste mais aussi le mouvement La Paix maintenant ont justifié les guerres du Liban et celles de Gaza ?

Et le texte se poursuit :

« La paix ne se fera pas sans les Palestiniens. Mais elle ne se fera pas non plus sans les Israéliens. Et moins encore sans les intellectuels et les hommes et femmes de culture qui, quels que soient leur pays d’origine ou leur parti pris politique, travaillent à rapprocher les peuples. Céder à l’appel du boycott, rendre impossibles les échanges, infliger aux chercheurs israéliens, par exemple, ou aux écrivains on ne sait quelle punition collective, c’est abandonner toute perspective de solution politique au conflit et signifier que la négociation n’est plus dans le champ du possible. »

L’argument est repris sans cesse pour affirmer qu’on ne peut pas boycotter la culture. Rappelons d’abord que la coopération culturelle et scientifique entre Israël et l’Union européenne concerne avant tout des laboratoires et des universités qui participent directement au complexe militaire israélien. Quant à l’argument sur le boycott des livres ou du cinéma, je renvoie à la polémique autour des cinémas Utopia (« Yann Moix et Le Figaro condamnés »).

Conclusion des signataires :

« Nous n’acceptons pas cet aveu d’échec. Nous pensons que notre rôle est de proposer un chemin de dialogue. C’est pourquoi, nous, signataires, sommes résolument contre le boycott d’Israël et pour la paix – et, précisément, contre le boycott parce que nous sommes pour la paix. »

Mais de quel dialogue, de quelle paix parle-t-on ? Qui pourrait être contre la paix ? Les questions qui se posent sont pourtant simples et devraient interpeller les signataires : la paix est-elle possible avec l’occupation et la colonisation ? Comment obtenir la fin de la colonisation qu’ont poursuivie depuis 1967 tous les gouvernements israéliens sans exception ? Comment mettre fin à l’occupation ? Le mouvement de boycott-désinvestissement-sanction (BDS) représente la réponse de la société civile à l’impuissance de la communauté internationale et pose une simple question : Israël se retirera-t-il des territoires occupés s’il n’y a aucune pression, aucune sanction ? La réponse, pour tout observateur de bonne foi, est non. En ne faisant rien, les signataires sont les complices non seulement de la politique d’occupation mais aussi de la poursuite de l’impasse avec tous les risques qu’elle fait peser sur l’avenir de la région.

Notes

[1] La liste des signataires :

Yvan Attal, comédien ; Pierre Arditi, comédien ; Georges Bensoussan, historien ; Michel Boujenah, comédien ; Patrick Bruel, comédien et chanteur ; Pascal Bruckner, essayiste ; David Chemla, secrétaire général de JCALL, ; Bertrand Delanoë, maire de Paris ; Frédéric Encel, géopolitologue ; Alain Finkielkraut, philosophe ; Patrick Klugman, avocat ; François Hollande, député (PS) de Corrèze ; Georges Kiejman, avocat ; Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris ; Bernard-Henri Lévy, philosophe ; Mohamed Sifaoui, essayiste ; Yann Moix, écrivain ; Bernard Murat, directeur de théâtre ; Jean-Marie Le Guen, député ; Pierre Lescure, directeur de théâtre ; Serge Moati, journaliste ; Daniel Racheline, vice-président de JCALL ; Arielle Schwab, présidente de l’UEJF ; Dominique Sopo, président de SOS-Racisme ; Gérard Unger, président de JCALL ; Manuel Valls, député-maire d’Evry ; Michel Zaoui, avocat.

On comparera cette liste à celle des personnalités qui se sont prononcées contre l’inculpation de Stéphane Hessel, Alima Boumediene-Thiery et tous ceux qui ont été mis en cause dans la campagne de boycott]. On notera, parmi elles, Michel Rocard, Laure Adler, Raymond Aubrac, Etienne Balibar, Jean Baubérot, Miguel-Angel Estrella, Eva Joly, Jean Lacouture, Noël Mamère, François Maspero, etc.

La torture dans les prisons israéliennes est autorisée par l’Etat


 
Ramallah (Ma’an) – Le ministre des Affaires des Prisonniers de l’Autorité palestinienne, Issa Qaraqe, vient de publier une nouvelle information sur des cas d’enfants torturés lors d’interrogatoires par les Israéliens.


Il en fait l’annonce la veille d’une publication, par un groupe israélien des droits de l’homme, accusant Israël « d’autoriser les sévices contre les personnes interrogées », et ce, dans au moins un centre de détention, à Petah Tikva, dans le centre d’Israël.
Qaraqe évoque le cas de deux écoliers de 6ème, âgés de 13 ans, Muhammad Tare Abdul Latif Mukhaimar et Muhammad Nasser Ali Radwan, de Beit Ur At-Tahta, une ville dans le centre de la Cisjordanie. Tous les deux ont été arrêtés par les forces israéliennes en juillet, indique-t-il, et ils ont raconté leurs tortures à des officiels.
Mukhaimar et Radwan disent qu’ils ont été pris par les gardes-frontières qui patrouillaient sur la route nationale 443, une route précédemment réservée aux colons, et où de nouveaux check-points avaient été installés, jusqu’à ce qu’un tribunal israélien décide qu’elle devait être ouverte aux Palestiniens. Une fois qu’il a été obligé de monter dans le véhicule de la patrouille, Mukhaimar dit qu’il a été frappé à coups de pieds dans les jambes et à coups de crosses de fusil, jusqu’à ce qu’il s’écroule sur le plancher. Le garçon dit qu’alors ils lui ont bandé les yeux et l’ont emmené au centre de détention.
Selon le rapport commun de B’Tselem et de HaMoked, des témoignages apportés par 121 détenus « indiquent qu’il s’agit d’un cadre manifeste de l’activité par les autorités » qui « constitue un traitement cruel, inhumain et dégradant ».
Enfermé dans le même centre de détention que celui évoqué par le rapport, Mukhaimar raconte que lui et Radwan ont enfermés tout nus dans les W.C. et qu’ils y ont été laissés pendant deux jours avec des jets d’air conditionné. Ils avaient tellement soif, dit-il, que lui et Radwan buvaient l’eau de la cuvette. Chaque fois qu’ils étaient pris par le sommeil, des gardes cognaient dans la porte des toilettes et les réveillaient, ajoute-t-il. « Le plus terrible, c’est quand les soldats sont entrés dans les W.C., qu’ils ont pissé sur nous, sans se servir des toilettes, » dit Mukhaimar, ajoutant que l’un des soldats a même filmé la scène.
Les deux disent qu’après avoir passé au moins 48 heures dans les toilettes, ils furent transférés au centre de détention de la colonie Binyamin, où ils furent interrogés de 22 h à 3 h du matin. Ils furent alors emmenés à la prison d’Ofer pour trois mois, puis à la prison de Remonim, où ils restèrent en attendant leur procès.
Les témoignages de ces deux enfants sont dans la droite ligne des révélations contenues dans le rapport des organisations des droits de l’homme, disant que les infractions commises à l’encontre des détenus « commencent dès leur arrestation et se poursuivent jusqu’à ce que les détenus soient transférés hors du centre ».
Selon les témoignages recueillis, « dans ces violations, il faut inclure les conditions cruelles de détention dans des cellules hermétiques, la mise à l’isolement, des conditions d’hygiène honteuses,  les mains menottées continuellement dans les salles d’interrogatoire, la privation de sommeil, et d’autres méthodes qui cherchent à faire mal aux détenus, physiquement et moralement. »
« 9% des témoins racontent que ceux qui les interrogeaient utilisaient la violence physique contre eux dans les salles d’interrogatoire. »
Le rapport note que « l’usage de l’une de ces méthodes, associée à d’autres certainement, constitue un traitement cruel, inhumain et dégradant et, dans certains cas, une torture. Tous sont strictement interdits par le droit international, et le droit israélien. »
Qaraqe indique encore que le ministère allait déposer plainte contre les soldats impliqués dans les tortures contre Mukhaimar et Radwan, et que les sévices avaient été dénoncés lundi lors de la réunion du cabinet de l’Autorité palestinienne.
Une déclaration du cabinet dit que « les pratiques et les mesures répressives des autorités de l’occupation » contre les enfants sont « une violation du droit international, des conventions des droits de l’homme relatives à l’enfance. » Les ministres invitent les institutions des droits de l’homme et les Nations unies à « s’engager dans un travail juridique et humanitaire pour protéger nos enfants et nos prisonniers des pratiques israéliennes brutales à leur encontre les prisons et les centres de détention ».
L’Etat autorise les sévices
Le rapport des groupes des droits de l’homme conclue cependant qu’il n’y a guère d’espoir de justice à attendre des tribunaux israéliens.
Depuis 2001, note le rapport, « des Palestiniens, interrogés par les agents des services de sécurité israéliens, ont déposé 645 plaintes devant le ministère de la Justice contre la façon dont ils avaient été interrogés. Pas une seule de ces plaintes n’a abouti à une enquête pénale contre l’interrogateur ».
Les organisations des droits de l’homme disent que l’usage constant de la torture et de sévices contre les détenus palestiniens est justifié pour l’Etat, lequel « prétend que ces actions sont nécessaires pour contrer les actes graves de terrorisme ».
Cependant, des analystes et les organisations disent que « cette allégation ne justifie pas la violation de l’interdiction absolue de torture et traitement cruel, inhumain et dégradant, » et ils ajoutent que « les tentatives d’Israël à détourner le débat public vers ce qu’il appelle ‘le dilemme de la bombe à retardement’ sont artificielles ».
Les analystes citent les témoignages de détenus comme Mukhaimar et Radwan qui n’étaient pas suspectés d’infractions graves. Certains des témoins, interrogés pour le rapport, étaient accusés d’actes de nature politique ou religieuse, et les peines de prisons allaient de quelques mois à deux ans maximum.
« Les sévices contre les détenus se poursuivent après la fin de l’interrogatoire, » continue le rapport, qui « réfute l’allégation selon laquelle les méthodes d’interrogatoire sont choisies avec l’intention de contrer des actes de terrorisme. »
 
http://www.maannews.net/eng/ViewDetails.aspx?ID=329707
traduction : JPP

Juifs ou Israéliens ?


Daoud Kuttab
Miftah

J’ai toujours essayé le plus possible de faire la distinction entre les juifs et les Israéliens. Cela me dérange quand des Palestiniens emploient ces deux termes indifféremment.

Chaque fois que je traverse le Jourdain, je surprends des discussions de personnes parlant sur leur téléphone portable, racontant comment elles sont entrées du coté juif, comment elles ont quitté le côté juif, ou qu’elles attendent pour passer du côté juif. De tels propos, on peut les entendre aussi de personnes qui s’approchent d’un check-point israélien ou qui en partent, ou qui ont quelque chose à faire avec les Israéliens.

Des prédicateurs religieux utilisent indifféremment ces termes, parlant des actions néfastes des Israéliens ou du manque de confiance dans les négociateurs juifs, etc.

Lorsque je couvrais l’information sur l’Intifada et que je circulais au sein des territoires occupés, j’avais la même préoccupation. Des personnes me disaient que des juifs étaient arrivés par ce côté, que des soldats juifs avaient frappé le fils d’untel, que des juifs avaient fait feu cachés derrière ces arbres, toujours pour parler d’actions des forces d’occupation israéliennes.

Quand je partais avec des journalistes étrangers, il me fallait faire l’interprète, et j’étais dans le pétrin car je me demandais si je devais traduire les mots littéralement ou si je pouvais utiliser simplement l’adjectif israéliens pour le substantif soldats.

L’utilisation du mot juif pour israélien ne se limite pas aux Palestiniens de certaines régions ou de milieux économiques particuliers. J’ai entendu un professeur d’université et aussi une personne de ma propre famille utiliser le mot juif pour parler des Israéliens, et je me suis fâché parce que je pensais à un certain nombre d’amis juifs américains que je connais, et qui n’ont rien à voir avec les occupants et l’Etat d’Israël, voire qui sont antisionistes et partagent l’aspiration des Palestiniens à se libérer de l’occupation israélienne.

J’ai beaucoup pensé à ces mots ces dernières semaines alors que nous étions inondés d’exigences continuelles par les dirigeants d’Israël pour que les Palestiniens reconnaissent non seulement l’Etat d’Israël mais aussi sa judaïté. Ces exigences comprenaient aussi une série de nouvelles lois que le gouvernement israélien avait approuvées, exigeant que les autres se réfèrent à la judaïté de l’Etat et n’écoutant guère les 20% de citoyens non juifs d’Israël.

Ce qui me gêne, c’est cette quasi-absence de réaction de la part de la population juive mondiale. Je peux comprendre que les juifs de la diaspora aient des sentiments particuliers envers l’Etat d’Israël pour des raisons ethniques ou religieuses. Mais j’ai toujours pensé que ces juifs mettaient en avant leur nationalité locale (américaine, britannique ou hongroise), tout en soulignant leur confession et leur culture juives uniques.

S’agissant des juifs dans la diaspora, j’ai le sentiment qu’il est problématique de vouloir gommer les différences entre Israéliens et juifs. Brouiller ces différences fait le jeu de ceux qui essaient de présenter toute action ou déclaration anti-israéliennes comme antisémites.

Les Palestiniens ont rejeté, et continueront de le faire, l’équivalence de ces deux termes, pour diverses raisons. Les nationalistes palestiniens soulignent que le conflit israélo-arabe est un combat national politique et non pas religieux. Et même si les Palestiniens ont reconnu les Israéliens à l’intérieur des frontières de 1967, ils refusent totalement l’idée que les juifs auraient un droit biblique sur la terre de la Palestine historique ou au-delà.

En outre, les dirigeants palestiniens n’abandonneront pas leurs frères, citoyens palestiniens d’Israël, et dont la situation serait rendue encore plus difficile par cette mesure qui écarterait l’idée qu’Israël est l’Etat de tous ses citoyens, quelle que soit leur religion.

Les dirigeants israéliens de droite, dirigés par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, peuvent croire qu’ils ont trouvé une stratégie gagnante pour faire obstruction aux exigences palestiniennes pour la fin de leur occupation militaire. Les Palestiniens et la plupart des gens sensés dans le monde approuveront la position palestinienne selon laquelle Israël peut se faire appeler comme il veut. Mais en cassant les oreilles des Palestiniens avec la judaïté d’Israël, la direction israélienne prévient les tentatives qu’auraient des juifs dans le monde de prendre des distances avec la position politique d’Israël, même en le soutenant par ailleurs ethniquement, culturellement et émotionnellement.

Cela aura des conséquences beaucoup plus néfastes pour les juifs du monde que pour les Palestiniens. J’espère qu’ils se rendront compte du danger de cette initiative et qu’ils agiront pour l’arrêter avant qu’il ne soit trop tard.

(JPG) Daoud Kuttab a enseigné le journalisme à l’université de Princeton et organisé des séminaires sur les nouvelles techniques de l’information dans le monde arabe. Il est palestinien et journaliste. Né à Jérusalem en 1955, il a étudié aux Etats-Unis et travaille dans le journalisme depuis 1980. Il a créé et présidé l’Institut du film de Jérusalem dans les années 90, ainsi que l’Institut des médias modernes à l’université Al Qods jusqu’en janvier 2008. En 1997, il est parti pour Amman où il va créer la première station radio internet du monde arabe, AmmanNet (http://www.ammannet.net).

Son site : http://www.daoudkuttab.com/ ; son courriel : info@daoudkuttab.com

28 octobre 2010 – Miftah – site de Daoud Kuttab – traduction : JPP

Dexia : des clients réagissent contre les liens avec l’occupation de la Palestine


COMMUNIQUE DE PRESSE:

– 60 clients de Dexia sont prêts à clôturer leur compte en protestation aux liens que Dexia continue d’entretenir avec les colonies illégales dans les Territoires Occupés palestiniens.
– 18 clients participent à l’action organisée à Bruxelles le 27 octobre et ont d’ores et déjà clôturé leur compte Dexia.
– 10 autres clients ont eux aussi clôturé leur compte.
– 35 autres ont promis de le faire dans le courant de la semaine.

Dexia n’a apporté aucun ajustement fondamental à sa politique en la matière.
a. Entre 2005 et 2007, Dexia Israël a fourni des crédits à 10 colonies illégales à hauteur de 5 millions d’euros. Ces crédits expirent en 2017.
b. En juin 2008, Dexia Israël a accordé un prêt de 8 millions d’euros à la ville de Jérusalem.
c. Entre juin 2008 et décembre 2009, Dexia Israël a géré 18 prêts à destination des colonies illégales, pour un montant total de 17,7 millions d’euros.
d. Dexia Israël joue un rôle central dans le financement par la loterie nationale israélienne « Mif’al Hapais ». Ce dernier participe au financement de 43 colonies illégales et c’est via des comptes de la banque Dexia Israël que les fonds sont transférés aux colonies.

Ces transactions contredisent l’affirmation selon laquelle Dexia aurait pris des initiative en vue de mettre fin à ses liens avec les colonies illégales.

Plus d’information concernant l’action et des photos par ce lien : http://www.intal.be/fr/fotoreports/des-clients-de-dexia-cloturent-leurs-compte-en-signe-de-protestation

Plus d’info:

Mario Franssen – 0498/54.16.42 – 02/209.23.50 – mario.franssen@intal.be
woordvoerder | porte-parole
‘Israël koloniseert – Dexia financiert’ | ‘Palestine occupée – Dexia impliquée’

A propos de la campagne :
http://www.intal.be/fr/article/chronologie-de-la-campagne-palestine-occupee-dexia-impliquee

Pots de vin et chantage à l’ONU pour la création « d’Israël »


Leila Mazboudi

Nouvelle révélation qui devrait faire réfléchir sur les facteurs qui ont contribué à la création de l’entité sioniste et la prise de position au sein de l’organisation onusienne : C’est grâce aux  pots de vins et au chantage que l’usurpation de la Palestine a été décidée. Sur les 33 états des 46 membres qui formaient de l’Assemblée générale en 1947, nombreux sont les pays qui ont perçu des pots de vin afin d’accorder leurs voix en faveur de la résolution onusienne 181 sur la partition de la Palestine.

Cette divulgation revient à un historien israélien, Benny Morris, l’un des plus « sionisant » de ceux qui furent connus sous l’appellation «  les nouveaux historiens israéliens du post-sionisme ». Elle est étayée dans son nouveau livre intitulé «  1948 : l’histoire de la première guerre arabo-israélienne » dans lequel il brosse l’histoire de l’entité sioniste, minée par les mensonges et les fausses croyances. Son approche même celle présentant les images les plus poignantes contre des Palestiniens n’a rien d’un examen de conscience. Elle vise surtout à justifier aux sionistes toutes leurs agressions, au nom de la création de l’entité sioniste.
Quelques jours avant le vote, raconte Morris, les dirigeants du mouvement sioniste étaient particulièrement perturbés. Après avoir décompté les voix des votants, les résultats s’avéraient être en défaveur de la création de l’entité sioniste.

C’est à ce moment que fut prise la décision de puiser dans le machiavélisme : «  à ce point là, l’un de ces dirigeants sionistes jugea que les moyens propres de dissuasion n’étaient plus suffisants, et qu’il fallait recourir aux moyens sombres, dont les pots de vin et les autres pressions », écrit Morris, signalant que «  les considérations financières ont joué un rôle considérable sur les représentants de pays d’Amérique du sud, dont l’un d’entre eux perçut la somme de 70 mille dollars en contre partie de son vote en faveur de la partition ».

L’historien israélien évoque le cas du Costa-Rica, prétendant qu’il a touché le montant de 45 milles dollars, celui du Guatemala dont le représentant  faisait part d’un zèle quelque peu exagéré selon Morris pour le sionisme et qui, « d’après les documents des archives britanniques  percevait des sommes de la part de mouvements sionistes américains et était en relation avec une juive ».

Un deuxième procédé tout aussi démoniaque fut également utilisé pour la création « d’Israël », celui du chantage. Selon Morris, il était exercé contre ceux qui refusèrent d’être corrompus: ainsi le Libéria s’est vu menacé de ne plus pouvoir vendre son caoutchouc.
Parmi les parties qui l’exercèrent, en général des hommes d’affaires et d’influence sionistes, est mentionné un certain Samuel  Zamouraï dirigeant d’un syndicat américain (la société des fruits unifiée) qui jouissait d’une grande influence dans les Caraïbes.

Ces procédés ne sont certes pas une nouveauté pour le public israélien. Ils ont été mentionnés par des historiens tels Michaël Cohen et Tom Seguev, lequel avait écrit qu’à cette époque, un budget d’un million de dollars a été assigné pour «  des opérations spéciales ».

Mais pourquoi Morris, selon lequel ils sont bel et bien légitimes car « la création d’Israël était à l’ordre du jour… et la fin justifie les moyens », les rappelle-t-il à un moment où l’entité sioniste sonne plus que jamais la sonnette d’alarme sur son existence.
«  Un pot de vin est meilleur qu’une troisième guerre mondiale que les Arabes menaçaient  de déclencher si l’état était proclamé », avait-il glissé durant son entretien avec le Yediot Aharonot.

Les propos peuvent éventuellement suggérer, aux yeux du bourreau, le contentieux présent avec l’Iran, la Syrie, le Hezbollah et le Hamas.
Mais aux yeux des victimes, ils prouvent une fois de plus l’ampleur de l’arnaque, via les instances internationales.

Source

Avi Dichter, politicien et criminel de guerre israélien, renonce à se rendre en Espagne de crainte d’être arrêté


Publié le 26-10-2010

Avi Dichter, député du parti Kadima et ancien chef des services secrets israéliens (Shin Bet), a renoncé à assister à un sommet international sur la paix en Espagne, en apprenant que le gouvernement espagnol ne pouvait lui garantir une immunité le protégeant d’une arrestation ou d’une présentation devant la justice espagnole.

Dichter fait l’objet de poursuites judiciaires en Espagne et dans d’autres pays pour avoir ordonné l’assassinat du dirigeant du Hamas, Salah Shehade, alors qu’il était à la tête du Shin Bet, ainsi que pour son implication dans les massacres de l’ »opération Plomb durci » dans la bande de Gaza, en tant que « ministre de la sécurité publique ».

Dans une lettre au ministre des affaires étrangères espagnol, il indique qu’il est désormais persona non grata dans plusieurs pays, et menace l’Espagne en déclarant qu »’une arrestation d’Avi Dichter ne serait pas seulement dangereuse pour Avi Dichter mais aurait de dangereuses répercussions nationales ».

Plusieurs politiciens israéliens, dont Tzipi Livni, ont été contraints d’annuler des voyages dans plusieurs pays européens en raison de plaintes pour crimes de guerre déposées contre eux.

(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)

Source : http://www.jta.org/news/article/2010/10/26/2741446/dichter-cancels-spain-visit-over-arrest-fears

CAPJPO-EuroPalestine

Des milliers d’oliviers infectés par les égouts d’une colonie en Cisjordanie


mardi 26 octobre 2010, 12:46

Des milliers d’oliviers appartenant aux habitants d’un village palestinien du nord de la Cisjordanie ont été détruits après avoir été inondés par les égouts d’une colonie juive voisine. Les villageois n’ont découvert le désastre que mardi, l’armée israélienne leur ayant permis pour la première fois depuis un an de se rendre dans l’oliveraie dont l’accès leur est très souvent interdit en raison de la proximité de la colonie d’Elon Moreh, a précisé le maire Abdel Karim Hussein. « Ils ont été autorisés à aller dans leurs champs ce matin et quand ils sont arrivés le propriétaire pouvait à peine distinguer sa terre, inondée par les eaux d’égout et les produits chimiques », a-t-il dit. « Plus de 2.000 arbres sont morts et ils ne peuvent pas cueillir sur les autres », a-t-il indiqué.

source

Un autre cas :

Colonisation à Silwan : « Montre-moi tes mains »


vendredi 22 octobre 2010, par La Rédaction

Les fumées de gaz lacrymogène et les jets de pierres font partie du quotidien dans le quartier palestinien de Silwan, à Jérusalem-Est, des scènes qui évoquent la première Intifada. A moins qu’elles ne préfigurent la prochaine.
La situation est explosive en raison de la cohabitation avec des colons juifs installés dans quelques maisons entourées par un dispositif sécuritaire jugé étouffant par la population palestinienne. Elle s’est mise à dégénérer en mars, lorsque la municipalité israélienne de Jérusalem a dévoilé un projet de parc à thème biblique.
Le plan du « Jardin du roi » prévoit la destruction de dizaines de maisons palestiniennes dans ce quartier adossé au rempart de la Vieille ville, un nombre ramené ensuite à une vingtaine.
« Il y a une véritable Intifada à Silwan, qui pourrait se propager à l’ensemble de Jérusalem dans un proche avenir », estime Fakhri Abou Diab, un responsable du quartier.
Les affrontements opposent régulièrement de très jeunes adolescents, souvent masqués, à des colons juifs armés, ainsi qu’aux policiers et garde-frontières israéliens.
« La police a arrêté 73 enfants en 70 jours et en a assigné 18 à résidence », précise M. Abou Diab, ajoutant que quatre autres ont été expulsés vers d’autres secteurs de la ville pendant deux semaines.
« Elle traite les enfants comme des adultes, venant les arrêter en pleine nuit », déplore-t-il.
« Chaque fois que nous voyons des policiers ou des garde-frontières, ils nous demandent de montrer nos mains pour voir s’il n’y a pas de traces laissées par des jets de pierres.
Ils nous demandent si nous avons déjà été arrêtés et combien de fois, puis ils vérifient si nous sommes recherchés », explique Mansour al-Rajabi, un gamin de 12 ans.
Oum Iyad Abu Sneineh, 50 ans, raconte avoir surpris son petit-fils de cinq ans en train de ramasser du gravier pour le lancer sur les colons.
« Ils nous harcèlent, nous provoquent », affirme-t-elle. « Nous n’avons pas élevé nos enfants comme ça, ils ont appris instinctivement à se défendre ».
La semaine dernière, le ministre israélien de la Sécurité intérieure Yitzhak Aharonovitch, en déplacement à Silwan, a estimé que les parents « devraient être arrêtés et interrogés pour mettre fin à toute cette histoire de jets de pierres ».
Les heurts se sont encore accrus après deux incidents, a confié à l’AFP une source policière sous couvert d’anonymat. Le 22 septembre, un père de famille palestinien a été abattu par un vigile affecté à la sécurité des colons, qui a assuré être tombé dans une « embuscade ». Le 8 octobre, une voiture a foncé sur un groupe de jeunes lanceurs de pierres.
Le conducteur a été identifié comme David Beeri, dirigeant local du mouvement ultra-nationaliste Elad, qui milite pour la colonisation juive à Jérusalem-Est, impliqué dans le projet de parc biblique à Silwan.
Les affrontements gagnent également d’autres quartiers de Jérusalem-Est, comme Issawiya, Al-Tur et Cheikh Jarrah.
« Israël est en train de créer une atmosphère qui va faire exploser la situation à Jérusalem. Ce qui a commencé à Silwan va s’étendre à tout Jérusalem pour ressembler à une troisième Intifada », a déclaré à l’AFP Hatem Abdel Qader, responsable du dossier de Jérusalem au Fatah, le parti dirigeant de l’Autorité palestinienne.
Plus prosaïquement, une mère de famille, Aïda Rishek, a saisi l’occasion de la visite jeudi d’une délégation du groupe des « Sages » formé de personnalités internationales, pour émettre une revendication simple.
« Donnez-nous une nuit de tranquillité sans la peur que mes enfants ou mon mari soient arrêtés, » a-t-elle imploré.

Projection du film « Defamation » – Mercredi 27/10


 

mercredi 20 octobre 2010

Le Comité BDS de l’ULB (BDS = Boycott, Désinvestissement et Sanctions, envers le colonisateur israélien), en collaboration avec différents cercles de l’ULB dont Attac-ULB, organise une projection du film « Defamation » (Diffamation en français), de Yoav Shamir, le mercredi 27/10, à 19h, au H1309.

La projection sera suivie d’un débat en présence de Jean Bricmont (professeur à l’UCL) et de Souhail Chichah (chercheur à l’ULB).

Synopsis du film : Que signifie l’antisémitisme aujourd’hui, deux générations après l’holocauste ? Dans le cadre de ses recherches incessantes sur la vie moderne de la société israélienne, le réalisateur Yoav Shamir voyage à travers le monde, en quête des manifestations les plus modernes de la « haine la plus ancienne », et trouve quelques réponses alarmantes à cette question.

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