Hip-Hop palestinien


Une artiste encerclée par 8 hommes armés dans un aéroport israélien

Big Greg – National News – HOT 102.7

Une artiste palestinienne hip-hop, née en Grande-Bretagne, Shadia Mansour, s’est retrouvée encadrée par des « agents armés des renseignements » et de la sécurité de l’aéroport, samedi, 4 septembre 2010, à l’aéroport Ben Gourion, Israël.

Mme Mansour avait passé les fouilles multiples et au rayon x et on lui avait dit de rejoindre ses bagages, quand huit agents se précipitent sur elle, armes au poing et pointées sur elle, écartent agressivement ses bagages à coups de pied et l’entourent.

Les huit agents ont leurs armes pointées sur Mme Mansour, et vont la maintenir dans la même position pendant une heure ; ils sont sur le qui-vive, craignant qu’une bombe ne soit placée dans son microphone qu’ils lui ont pris depuis déjà dix bonnes minutes.

Mme Mansour assure aux agents que le microphone sert à enregistrer de la musique, un agent lui demande de lui chanter les paroles, les autres se mettent à lui demander en criant, « pour qui elle travaille, qui a acheté le micro, que chante-t-elle, » et alors que les agents crient plus fort les uns que les autres, l’un lui dit aussi, « nous avons trouvé quelque chose de planqué dans le micro », tout ceci se produisant alors que les passagers de l’aéroport peuvent observer toute la scène.

Même si la fouille corporelle au moment du départ d’’Israël est la règle pour les Palestiniens, Mme Mansour doit s’allonger sur le dos pendant que des agents féminines lui maintiennent brutalement les articulations et le cou.

Une fois la fouille terminée par ces femmes agents, le microphone lui est rendu et Mme Mansour est dirigée vers l’embarquement de son vol pour Londres, comme si rien ne s’était passé.

Mme Mansour nous a dit, « Pendant quelques minutes, j’ai bien cru qu’ils allaient me prendre la vie, de la façon dont ils ont géré la situation, je me suis sentie comme si j’avais été une kamikaze qu’ils venaient d’intercepter ou quelque chose comme cela. »

Aucune action en justice n’a encore été engagée.

Pour plus d’infos, contacter Nancy Leigh à Shadiamanagement@gmail.com

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traduction : JPP

Appel de l’UJFP : NOUS BOYCOTTONS ET NOUS CONTINUERONS A BOYCOTTER ISRAEL


TANT QUE CET ETAT NE SE CONFORMERA PAS AU DROIT INTERNATIONAL !
Parce que nous sommes une association juive attachée à la justice et aux droits des peuples,

Parce que les valeurs juives dont nous nous réclamons se sont nourries de la résistance aux fascismes et à toutes les oppressions racistes, nous combattons les crimes, les répressions et l’épuration ethnique pratiqués en notre nom à Gaza, en Cisjordanie, notamment à Jérusalem, contre les Palestiniens réfugiés et contre ceux vivant en Israël ,

parce que l’Etat d’Israël poursuit sans relâche et en toute impunité la dépossession la colonisation, l’occupation et la répression du peuple palestinien ,

Nous répondons à l’appel de la société civile palestinienne et participons à la Campagne BDS, pour le Boycott, le Désinvestissement et des Sanctions contre le régime colonial et d’apartheid israélien jusqu’à ce que les droits du peuple palestinien soient reconnus et mis en ouvre.

Cette campagne, à l’image de la campagne qui avait contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud se développe à travers le monde. et de nombreux Etats s’y impliquent, refusant l’impunité d’Israël et la caution de ses crimes de guerre. Elle commence à inquiéter les autorités sionistes et leurs alliés, dont le gouvernement français actuel.

Nous sommes indignés par le chantage à l’antisémitisme et l’instrumentalisation de la mémoire collective du génocide nazi par des officines courroies de transmission d’Israël en France, le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France), le BNVCA (Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme),Avocats sans frontières, la Chambre de commerce France Israël… Nous sommes indignés que ce chantage et cette instrumentalisation soient repris au plus haut niveau de l’Etat, en lien direct avec l’ambassade d’Israël*, pour criminaliser des citoyens responsables qui s’engagent pacifiquement et légitimement pour le seul respect du droit.

Aujourd’hui, avec le soutien explicite de plusieurs membres du gouvernement Fillon, sur commande de l’ambassade d’Israël et du ministère de la justice , le Parquet et ces officines intentent dans plusieurs villes – notamment Bordeaux, Perpignan, Mulhouse, Paris et Pontoise- des procès contre des militants participant à la campagne BDS pour « incitation à la haine raciale ».
Ceux qui pratiquent l’incitation à la haine raciale, et qui sont hors la loi aujourd’hui, sont ceux qui garantissent l’impunité d’Israël quoiqu’il fasse, cautionnent les crimes de guerre, laissant la loi du plus fort s’appliquer contre des populations civiles en violation de leurs engagements et de toutes les normes impératives du Droit International.

C’est pourquoi nous sommes solidaires de tous les militants mis en examen.

Notre combat en tant qu’association juive n’est pas isolé, comme voudraient le faire croire certains organismes juifs «officiels»: de plus en plus de Juifs à travers le monde, y compris en Israël, ont rejoint la campagne BDS.

Aujourd’hui, pour la survie du peuple palestinien et pour l’avenir des droits des peuples, participer à la campagne « BDS » est non seulement un droit, mais aussi un devoir. C’est pourquoi nous continuons et continuerons BDS, avec tous les citoyens épris de justice.

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Dexia et la colonisation : aidons la banque à informer ses clients


Jeudi, 23 Septembre 2010

Les clients de la banque DEXIA savent-ils que leur banque contribue fortement au financement de la colonisation de la Palestine ?

Peut-être ont-il accordé foi aux bonne paroles distillées par le président de DEXIA, M. Jean-Luc DEHAENE, lors de deux assemblée générales des actionnaires de Dexia à Bruxelles. Il a en effet affirmé, avec l’aplomb qu’on lui connaît, que la filiale israélienne de DEXIA a cessé de conclure de nouveaux contrats de financement avec les colonies juives en Cisjordanie.

De multiples preuves ont été récoltées en Israël – y compris des actes officiels comme des hypothèques – car DEXIA accepte des hypothèques sur des biens construits illégalement sur des terres volées (que ceux à qui la banque refuserait un crédit au logement s’en souvienne : DEXIA sait se montrer très accomodante dans certains cas) – qui démontrent que les assurances données par J-L DEHAENE ne sont que des balivernes.

La Plate-forme Charleroi-Palestine- toujours pleine de bonne volonté et de sollicitude – a donc voulu aider DEXIA à informer correctement sa clientèle en dotant une de ses agences du matériel publicitaire adéquat, que l’on peut voir sur la vidéo ci-dessous :

Dans ce quartier commerçant très vivant, l’agence DEXIA choisie est ordinairement très fréquentée en fin d’après-midi par des clients qui utilisent le « self-banking ».

Malheureusement, ce jeudi 23 septembre, au moment où débutait l’action de sensibilisation, une pluie battante s’est abattue sur la ville, ce qui a nettement clairsemé les rangs des passants et des clients.

Nous avons cependant eu la satisfaction de constater que plusieurs heures après l’action, les grands adhésifs apposés sur toutes les vitrines étaient toujours bien en place. Les clients ont donc eu tout leur temps pour noter l’adresse e-mail de J-L DEHAENE où ils peuvent lui faire part de leur sentiment sur l’action de la banque qu’il préside : jean-luc.dehaene@dexia.com

Une campagne est en cours depuis 2 ans contre le financement par Dexia des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens. Des cartes de protestation, des actions devant les bureaux de Dexia, des interpellations aux Assemblées Générales, des questions parlementaires, des entretiens avec la direction de Dexia, etc….

Le Président de DEXIA a répliqué par des mensonges devant l’assemblée de ses actionnaires, où il a prétendu à deux reprises que la filiale israélienne ne concluait plus de nouveaux contrats concernant le territoire palestinien (tout en restant très vague à propos de Jérusalem-est), et que donc progressivement tous les engagements du groupe dans ces territoires prendraient fin.

Non seulement le financement des colonies israéliennes en CIsjordanie et à Jérusalem-est se poursuit, de nouveaux contrats sont passés, comme des preuves en ont été apportées par l’organisation israélienne « Who Profits », mais Dexia travaille même apparemment en étroite collaboration – gratuitement ! – avec les autorités israéliennes pour pouvoir fournir d’autres ressources nécessaires aux colonies et à leur extension continue. Face à la campagne « Palestine occupée – Dexia Impliquée », la banque a donc choisi les manoeuvres dilatoires et la dissimulation.

Mais peut-être la banque DEXIA écouterat-elle ses clients ?

Nous cherchons des clients Dexia qui acceptent de clôturer leur(s) compte(s) à l’occasion d’une action commune prévue le mercredi 27 octobre 2010. Des gros clients et des clients plus modestes, peu importe.

Plusieurs dizaines de clients se rendront le même jour aux guichets de DEXIA, quelque part à Bruxelles, pour clôturer leurs comptes. Nous faisons appel aux clients Dexia qui souhaiteraient participer à l’action ‘Je clôture mon compte chez Dexia !’

Ils sont invités à se manifester en complétant un formulaire en ligne : CLIQUEZ ICI.

Pour plus d’informations concernant l’implication de DEXIA dans la colonisation de la Palestine, et sur ses conséquences, consultez le dossier ICI

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Ceux qui refusent


Michel Warschawski

Michel Warschawski est un homme rare. Il fait partie de cette poignée d’Israéliens qui n’acceptent pas l’inacceptable. C’est un militant de la paix et ce depuis l’année 1968. Cela lui a valu notamment de goûter aux geôles israéliennes durant près de deux ans, puisqu’il fut condamné pour avoir soutenu des organisations palestiniennes illégales. Il est également depuis de nombreuses années le président du Centre d’information alternative de Jérusalem.

Invité en 2001 par un cartel d’associations nantaises, il a tenu une très brillante conférence dans la salle surchauffée de la Manufacture des Tabacs. Il a repris en partie les idées fortes que l’on retrouve dans son livre « Israël-Palestine : le défi binational », livre publié en février dernier par les éditions Textuel. Ce livre est intellectuellement très proche du dernier ouvrage de l’universitaire palestinien Edward Saïd, qui s’intitule « Israël-Palestine : l’égalité ou rien ».

Dans cet ouvrage, Michel Warschawski propose une lecture brillante et synthétique de la naissance de l’Etat d’Israël. Depuis quelques années, les historiens israéliens s’invectivent copieusement, les « nouveaux historiens », car tel est leur nom, osant s’interroger, et ce faisant remettre en cause, l’histoire officielle israélienne.

Beaucoup affirment encore que les sionistes n’eurent pas à expulser les populations palestiniennes de Palestine car celles-ci étaient parties d’elle-même, répondant ainsi aux appels des radios arabes leur recommandant de venir se protéger à l’extérieur du territoire. La vérité est bien évidemment ailleurs. Warschawski n’y va pas par quatre chemins : « la guerre qui a fait naître Israël a été une guerre d’épuration ethnique ». Pour affirmer cela, il s’appuie sur le travail sérieux et argumenté de l’historien Benny Morris qui a recensé « pas moins de 80 massacres entre 1947 et fin 1948″, et parmi ceux-ci le terrible Deïr Yassine.

Mais là où Benny Morris se refuse à voir les manifestation concrètes d’une stratégie guerrière savamment planifiée, Michel Warschawski considère au contraire que les leaders sionistes, Ben Gourion en tête, ont fait de la terreur une arme essentielle de leur conquête de toute la Palestine. L’Etat d’Israël est donc le « fruit combiné du plan de partition adopté par l’Assemblée générale des Nations-Unies, le 29 novembre 1947, et d’une guerre de conquête et d’épuration ethnique menée avec succès par les forces armées juives au cours de l’année 1948″. Israël ne s’est donc pas emparée d’une terre laissée vide volontairement par une population palestinienne partie chercher refuge ailleurs.

Michel Warschawski s’intéresse également à l’état de la société israélienne aujourd’hui. Il la décrit comme une société malade. Il rappelle qu’à l’origine le projet sioniste est laïc, républicain et démocratique. Or, dès sa naissance, Israël s’est construit comme un Etat juif. Et s’il ne voit pas en l’Etat d’Israël un Etat théocratique, il sait aussi que “l’Etat juif tend à introduire des éléments religieux dans l’identité collective et, par conséquent, met en échec son propre projet de société » en marginalisant notamment ceux que l’on appelle les Arabes israéliens.

Autre sujet de tension : l’immigration. Durant des décennies, le monde politique israélien a été tenu par une élite sioniste ashkénaze puisant ses racines dans sa culture occidentale, méprisante à l’égard des Juifs d’orient, des Séfarades. La marginalisation de ces derniers et l’arrivée massive depuis plusieurs années de migrants en provenance de l’ex-Union Soviétique ont fait d’Israël une véritable poudrière communautaire qui accentuent encore plus l’éclatement de l’identité israélienne.
S’y ajoute également le fait que lentement la population palestinienne d’Israël ne cesse de croître numériquement et que dans quelques années, les Juifs seront minoritaires : « L’Etat reste un Etat juifs, avec des pratiques et des structures discriminatoires, mais la minorité palestinienne est passée d’une situation d’atomisation et d’invisibilité à celle d’une minorité nationale qui revendique l’égalité citoyenne dans un pays qui se veut juif mais aussi démocratique ».

C’est là que le bât blesse pour Michel Warschawski : comment Israël, multinationale et multiculturelle, peut-elle demeurer longtemps un Etat juif, c’est-à-dire qui se réfère à une identité spécifique, ethnico-religieuse, exclusive de toute autre ? Tel est la question qui se pose aujourd’hui. Soit Israël se maintient comme Etat juif et alors il se transformera en « un Etat théocratique où seraient progressivement abolis les aspects réellement démocratiques existant dans le régime israélien » ; soit, les Israéliens impose une « séparation totale de la nationalité et de l’Etat, de l’ethnicité et de la citoyenneté ». Cette seconde solution est bien évidemment défendue avec force par Michel Warschawski qui incite, en reprenant les mots du chercheur Alain Dieckhoff à “sortir du dogme : un Etat, une culture, un peuple » et à construire un « Etat davantage pluraliste où une citoyenneté partagée irait de pair avec la reconnaissance d’identités collectives diverses ».

Michel Warschawski, en parlant d’Etat binational, en appelle à une véritable révolution culturelle qui passera notamment par la capacité des Juifs et des Palestiniens à appréhender ensemble l’histoire récente de la naissance de l’Etat d’Israël et de la Palestine historique et à se rappeler aussi que, souvent, dans les lieux où Juifs et Arabes cohabitèrent, ils coexistèrent longtemps avec bonheur.

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Les sayanim de Jacob Cohen


 

Jacob Cohen, écrivain français de confession juive : « Main mise judéo-sioniste sur les médias ». Tout est dit. Lisez « le printemps de sayanim (les informateurs juifs) », pour mieux comprendre qui sont les collabo-sionistes (BHL, Marek Halter, Prasquier, Guoasguen, Sarkouchner, Besson, Lellouche et tous les suppôts sionistes du CRIF, etc). Ils seraient plus de « 3000 sayanim » en France.

Boycott : la contre-offensive d’Israël et de ses amis


Cet article remonte à février 2010, mais il est d’actualité en raison des procès anti bds en cours

« Je n’accepte pas que des personnes, responsables associatifs, politiques ou simples citoyens, appellent au boycott de produits au motif qu’ils sont kasher ou qu’ils proviennent d’Israël. Je souhaite que le parquet fasse preuve de davantage de sévérité à ce sujet. J’ai donc adressé une circulaire aux parquets généraux, leur demandant d’identifier et de signaler tous les actes de provocation à la discrimination. J’entends que tous les auteurs d’actes soient poursuivis dès qu’ils auront été identifiés et notamment quand les appels auront été faits sur Internet. A cet égard, je salue la détermination du parquet dans l’affaire de l’individu qui avait appelé au boycott de produits israéliens par voie d’affichettes dans un centre commercial de Mérignac (1) . » Ainsi s’exprime Mme Michèle Alliot-Marie, ministre d’Etat, ministre de la justice et garde des sceaux, le 18 février, dans son discours au dîner de l’antenne bordelaise du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).

L’« individu » qu’elle évoque s’appelle Sakina Arnaud. Membre de la Ligue des droits de l’homme, elle participe à la campagne Boycott-Désinvestissement-Sanction (BDS) dans sa région. Lui reprochant d’avoir apposé des autocollants sur des produits provenant de colonies israéliennes de Cisjordanie, le grand magasin Carrefour de Mérignac porte plainte contre elle pour « dégradation légère ». Le parquet requalifie toutefois la plainte en « incitation à la discrimination raciale, nationale et religieuse ». Sur cette nouvelle base, le tribunal de Bordeaux la condamne, le 13 février, à une amende pénale de 1 000 euros, plus 1 euro de dommages et intérêts pour les parties civiles (l’association Avocats sans frontières de Gilles-Wiliam Goldnadel, qui vient d’être élu à la direction du Conseil représentatif des institutions juives de France, et la Chambre de commerce France-Israël) et 500 euros de frais de justice. Carrefour, en revanche, est débouté !

Que les autorités françaises aient voulu faire un exemple, nul n’en doute. Mais il y a fort à parier qu’elles n’en resteront pas là. D’ores et déjà, des militants d’autres villes sont convoqués au commissariat ou la Préfecture pour avoir participé à telle ou telle action BDS. Pourtant, le 20 mai 2009, dans une réponse au député Eric Raoult à l’Assemblée nationale, Mme Michèle Alliot-Marie assurait : « Depuis le début du conflit israélo-palestinien au mois de décembre 2008, plusieurs associations de défense de la cause palestinienne sont intervenues dans des grandes surfaces en appelant au boycott des produits en provenance d’Israël ou de pays supposés apporter une aide à ce pays (…). Ces opérations, il faut bien le préciser, touchent des produits importés d’Israël et non des produits casher. » (2)

Le mouvement de solidarité aurait-il, entre-temps, changé d’orientation et de méthodes, pour s’en prendre aux produits, magasins et restaurants juifs observants ? Le ministère de l’intérieur n’a signalé aucune action de ce type. Et pour cause : l’antisémitisme et le racisme ont toujours été radicalement étrangers au mouvement français de solidarité avec la Palestine. Comment une ministre d’Etat peut-elle se contredire avec autant d’aplomb, pour proférer une contre-vérité reprise à son compte par le premier ministre lui-même (3) ? Et pourquoi cette tentative soudaine pour intimider et discréditer ceux qui dénoncent l’impunité d’Israël ?

La réponse se trouve peut-être dans cet aveu récent de Daniel Shek, l’ambassadeur d’Israël en France : « Nous encourageons des organisations à porter plainte contre les organisateurs du boycott. Nous conduisons des activités politiques à l’ambassade en liaison directe avec des ministres, des organisations, des étudiants et des consommateurs, qui se réveillent (4) ». Etrangement, cette intervention directe dans les affaires intérieures françaises n’a entraîné aucune réaction du Quai d’Orsay. On imagine comment ce dernier aurait réagi si la Déléguée générale de Palestine en France s’était targuée publiquement de se concerter avec des membres du gouvernement et des associations afin d’organiser le dépôt de plaintes contre l’importation en fraude de produits des colonies de Cisjordanie sous l’appellation frauduleuse made in Israël…

Mais l’ingérence de M. Daniel Shek trahit surtout l’affolement des dirigeants israéliens devant leur isolement croisant, avec l’adoption par l’Assemblée générale des Nations unies du rapport Goldstone (novembre 2009) et la ferme prise de position du Conseil des ministres des affaires étrangères de l’Union européenne sur Jérusalem (décembre), sans oublier le Dubaïgate (février 2010). Alors que la complicité de la « communauté internationale » conditionne plus que jamais la possibilité pour Israël de poursuivre sa politique anti-palestinienne, cette « série noire » a de quoi inquiéter MM. Benyamin Netanyahou, Avidgor Lieberman et Ehoud Barak.

D’autant qu’une partie de l’opinion, choquée par le massacre de Gaza et lasse de l’impunité d’Israël, entre à son tour dans l’arène, pour faire pression sur les responsables économiques et politiques. Avec de premiers succès. Les gouvernements britannique et irlandais exigent d’Israël qu’il étiquette les produits des colonies. Veolia, à qui son implication dans le tramway de Jérusalem a fait perdre des marchés juteux, envisage de s’en retirer. La banque Dexia cesse de prêter aux colonies (sauf celles de Jérusalem). Le puissant Fonds souverain norvégien désinvestit d’une société chargée de l’électronique du mur. Le Fonds de pension danois PKA et la Danske Bank boycottent la colonisation. Sans parler des « petites victoires » remportées à la base : Nouvelles Frontières modifiant son site et son catalogue, Soda-Club écarté de la Fête des vendanges à Montmartre, etc.

La contre-offensive juridique coordonnée par l’ambassade d’Israël avec des associations pro-israéliennes et l’appui des autorités françaises peut de surcroît se heurter à une contradiction juridique. Si le boycott d’Israël et de sa production en tant que tel tombe notamment sous le coup des articles 225-1 et 225-2 du Code pénal et de l’article 24, alinéa 8, de la loi du 29 juillet 1881, en revanche aucune loi ne réprime celui des produits de la colonisation israélienne. Au contraire, ces derniers sont directement visés par plusieurs textes européens et français :

– l’Accord d’association Union européenne-Israël, qui, par son article 83, exclut les produits des colonies des avantages fiscaux dont jouissent ceux « du territoire israélien ». Autrement dit, ils doivent acquitter des taxes qu’ils fraudent en se présentant comme produits d’Israël. Dans son avis en date du 29 octobre 2009, l’avocat général de la Cour européenne de justice, précise que « le régime préférentiel en vertu de l’accord CEE-Israël ne peut être appliqué à un produit originaire de Cisjordanie et, plus généralement, des territoires occupés » ;

– le Code français du commerce, qui interdit la falsification des « règles d’origine » des produits (et donc la mention « made in Israël » au lieu de « made in Palestine » ou « made in Westbank », etc.) ;

– la Directive européenne 2005/29/CE du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2005 « relative aux pratiques commerciales déloyales des entreprises vis-à-vis des consommateurs ». Cette directive est relayée dans le droit français par les articles L 121-1 et suivants du code de la consommation qui prévoient et répriment les pratiques commerciales trompeuses créant une confusion ou reposant sur des allégations ou présentations fausses ou de nature à induire le consommateur en erreur.

Si la campagne BDS choisit de se concentrer sur les productions des colonies (5), elle peut donc s’appuyer sur la loi et porter ainsi un coup d’arrêt sérieux à la contre-offensive concoctée par Daniel Shek. A moins que Mme Alliot-Marie, qualifie le législateur (européen et français) d’« antisémite » et le poursuive comme tel…
Dominique Vidal

(1) « Michèle Alliot-Marie : “Ma présence parmi vous ce soir est l’occasion de réaffirmer la place de la communauté juive au sein de notre Nation” », crif.org.

(2) Séance unique du mercredi 20 mai 2009, Assemblée nationale.

(3) Au dernier dîner du CRIF, le 4 février 2010, M. François Fillon dénonçait les « scandaleux mouvements de boycott des produits casher ou israéliens ».

(4) The Marker, Tel-Aviv, 27 janvier 2010.

(5) Omar Barghouti, qui fut à l’initiative de la campagne et la coordonne du côté palestinien, précise dans un texte très récent : « La direction palestinienne collective du BDS a toujours pensé que les personnes et organisations de conscience qui soutiennent les droits humains connaissent le mieux leurs situations respectives et sont les plus capables de décider des moyens et des rythmes appropriés pour construire le mouvement BDS dans leur environnement. Quelquefois, viser tactiquement des produits faits seulement dans les colonies peut-être le meilleur moyen pour faire progresser une campagne » (« Boycott “Ariel” and the Rest ! All Israeli Academic Institutions are Complicit in Occupation and Apartheid », Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel).

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