Boycott des dattes israéliennes


BDS – BOYCOTT, DESINVESTISSEMENT SANCTIONS

Comme chaque année avant le Ramadan, Israel exporte en grandes quantités des dattes, de différents labels, souvent trompeurs quant à leur véritable provenance, qui sont des terres palestiniennes volées, notamment dans la vallée du Jourdain. Ne vous laissez pas abuser, et protestez auprès des commerçants qui acceptent de renflouer les criminels de guerre. (Voir ou revoir notre vidéo sur ce sujet : http://www.europalestine.com/article.php3 ?id_article=4322

Israël, un fardeau pour l’Amérique


Processus de Paix . A l’heure où Washington fait pression pour une solution, de nombreux cercles influents aux Etats-Unis relèvent que les intérêts américains sont en contradiction avec ceux d’Israël.

La campagne bat son plein pour un retour à des négociations directes entre Palestiniens et Israéliens, une manière d’avancer un peu dans le règlement d’une question qui perdure et qui ne semble guère voir de résolution. S’il y a des pressions, elles viennent de l’Occident, les Etats-Unis en l’occurrence, qui multiplie les initiatives de manière intense ces derniers mois. Et s’il est toujours bien établi que Washington est le principal soutien de l’Etat hébreu contre qui que ce soit, certains indices montrent que les choses commencent à changer. Et même une question majeure s’est posée : Israël est-il un atout stratégique ou un handicap pour les Etats-Unis ? C’est tout récemment, c’est-à-dire le 20 juillet dernier, que des cercles américains importants se sont interrogés sur cet aspect des choses.

Le centre Nixon organisait un déjeuner/débat sur ce thème, au cours duquel Chas Freeman Jr., ambassadeur des Etats-Unis pour l’administration H. W. Bush en Arabie saoudite de 1989 à 1992, a prononcé un discours où il a fait le point sur les différents aspects stratégiques et même économiques où Israël constitue un fardeau pour l’Amérique. « Le gouvernement américain ne ménage pas sa peine pour protéger Israël des conséquences politiques et juridiques internationales de sa politique et de ses actes dans les territoires occupés et contre ses voisins, ou — comme on l’a vu récemment — en haute mer. Les quelque 40 veto que les Etats-Unis ont opposés, afin de protéger Israël au Conseil de sécurité des Nations-Unies, ne sont que la partie visible de l’iceberg. Nous avons bloqué un nombre autrement plus important de réactions potentiellement dommageables pour Israël venant de la communauté internationale, suite à la conduite israélienne. Le coût politique pour les Etats-Unis, internationalement, pour avoir gaspillé de cette manière tant de notre capital politique, est exorbitant », mentionne-t-il.

Cet état des lieux est bien alarmant, et si les Etats-Unis ont des intérêts réels dans la région, Israël les compromet de manière grave. Si l’opinion arabe est dressée contre les Etats-Unis, c’est justement pour cet appui aveugle pour Israël qui a occupé les terres palestiniennes et rejette toutes les tentatives de paix. La guerre meurtrière contre Gaza est l’exemple le plus récent. Et avant, les choses étaient aussi graves et les Américains n’ont jamais hésité de soutenir Israël même contre toute l’opinion mondiale. D’ailleurs, de nombreux analystes relèvent que des actes terroristes, comme ceux d’Al-Qaëda, ont été expliqués par ce parti pris pour Israël. Sans vouloir trouver de justification à de tels actes, il est certain que la politique pro-israélienne de l’Amérique a encouragé la naissance de tels mouvements.

De plus, comme l’affirme Freeman, qui est un connaisseur de la région et qui a même opéré sous George W. Bush, celui qui a le plus porté tort à l’image de l’Amérique, relève d’autres aspects aussi concrets et surprenants : « Là où Israël n’a pas de relations diplomatiques, les diplomates américains prennent régulièrement sa défense. Comme je le sais par expérience personnelle (j’ai été remercié par le gouvernement israélien d’alors pour mes efforts couronnés de succès déployés pour son compte en Afrique), le gouvernement américain a été le promoteur constant, et souvent le financier, des différentes formes de programmes de coopération israéliens avec les autres pays ».

Même sur le plan économique, les chiffres ne manquent pas de prouver cette théorie où Israël est un vrai fardeau et qu’il reçoit beaucoup d’aides alors qu’il n’en a pas besoin. Freeman cite arguments et exemples : « Les contribuables des Etats-Unis financent entre 20 et 25 % du budget Défense d’Israël (selon la méthode de calcul). 26 % des 3 milliards d’aides militaires que nous garantissons à l’Etat juif chaque année sont dépensés en produits de défense par Israël. Exclusivement, les entreprises israéliennes sont traitées comme des entreprises états-uniennes pour l’accès aux marchés publics de défense des Etats-Unis ».

Et de relever : Les subventions visibles accordées par le gouvernement US à Israël montent à plus de 140 milliards de dollars depuis 1949. Une telle somme fait qu’Israël est de loin le premier bénéficiaire des largesses américaines depuis la Deuxième Guerre mondiale. (…) Le revenu par habitant en Israël est aujourd’hui d’environ 37 000 dollars — à égalité avec le Royaume-Uni —, et Israël n’en est pas moins le plus grand bénéficiaire de l’aide étrangère US, laquelle rentre pour plus d’un cinquième dans ce revenu.

Sans aucun doute, les torts portés par Israël à l’Amérique deviennent objet de débat. Selon Foreign Policy, une partie des cadres américains estiment que les rebuffades enregistrées par l’administration américaine sur le dossier israélo-palestinien du fait de la détermination israélienne, portent atteinte désormais à sa crédibilité. Et des spécialistes, tel Stephan Walt, affirment que « les intérêts d’Israël et des Etats-Unis ne sont pas nécessairement convergents, ils peuvent même être au contraire antagonistes » =.

Ahmed Loutfi
Chaïmaa Abdel-Hamid

source

Comme les Allemands, nous ne voulons pas savoir


par Shulamit Aloni
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Entretien avec Shulamit Aloni
(mai 2004, mais toujours d’actualité)

Shulamit Aloni, à quoi voulez-vous en venir en disant que vous comprenez les Allemands ?

Dans ce pays, on rencontre aujourd’hui des gens qui disent : « je ne veux pas savoir, je ne lis pas les journaux. » Si les gens ne sont pas prêts à lire Gidéon Lévy et Amira Hass [reporters du Ha’Aretz dans les territoires occupés], c’est simplement parce qu’ils ne veulent pas savoir ce qui se passe.

Ils ne disent pas que les articles écrits par ces deux journalistes ne sont pas corrects, mais simplement qu’ils ne veulent pas savoir. Nous n’avons pas accepté que les Allemands disent « nous ne savions pas » et cela nous a, à juste titre, rendu furieux. Ils ne voulaient tout simplement pas savoir. Ils étaient derrière le Führer et ils admiraient leur armée.

Chez nous aussi, les gens ne savent pas et ne veulent pas savoir. Ce qu’ils savent, c’est qu’ils doivent se montrer patriotes. Et quoi de plus patriotique qu’une guerre ? Et on hisse le drapeau dans les écoles. Et on apprend l’hymne national. Il y a même cette imbécile [Limor Livnat, ministre de l’Education] qui a proposé d’inscrire sur les murs des classes : « Elohim yaazor lanou » [« Dieu nous viendra en aide »]. Ne sait-elle pas que, sur le ceinturon des soldats nazis, il était inscrit : « Dieu est avec nous » ? Il règne ici une hystérie de patriotisme et les gens ne disent plus rien.

Vous ne choisissez pas la simplicité en faisant une telle comparaison …

Notre société est rongée par l’insensibilisation et par l’exaltation de la force. Je suis effrayée par notre effondrement moral. Je suis effrayée par notre arrogance et par la facilité avec laquelle nous tuons et assassinons des Palestiniens. Je suis effrayée de ce que l’on a pu arracher 4 000 oliviers dans les Territoires sans que cela provoque de remous. Je ne peux trouver le repos quand je vois la muraille que nous sommes en train d’ériger. Nous volons la terre à des gens qui vivent en ce lieu précis depuis des siècles.

Lorsque les camarades d’Arik Sharon ont vu leurs terres expropriées, ils ont reçu des indemnités énormes. Nous sommes en train de détruire des serres, des plantations et des infrastructures vitales pour trois millions de personnes, et nous nous persuadons que c’est nous la victime.

Quand nos tireurs d’élite tuent des gens, je ne peux vivre avec ça. Je ne peux admettre que nous ne cessions de ressasser que nous sommes la victime et que nous ne fassions pas notre examen de conscience.

Il faut comprendre que nos bombardements aériens ne sont pas moins sanglants que leurs attentats. Pendant que nous pleurons nos 900 morts, nous ne nous souvenons pas que nous avons tué 3 000 civils palestiniens.
Nous sommes violents, nous nous mentons à nous-mêmes, notre exaltation de la force nous ronge. Et nous nous disons une démocratie. Il ne peut y avoir de démocratie quand on domine trois millions de gens qui n’ont pas de voix.

Nous n’essayons même pas de comprendre que ce que les Palestiniens veulent, c’est la souveraineté et les droits de l’Homme.

D’où vient cette insensibilisation dont vous parlez ?

Notre insensibilité morale absolue découle de notre domination. Quand le général [Amos] Yadlin, qui dirige le Collège de la Sécurité Nationale, écrit un article dans lequel il juge moral de tuer des femmes et des enfants lors de nos liquidations ciblées, et quand quelqu’un comme le professeur Assa Kasher [philosophe à l’Université de Tel-Aviv] soutient cette position, il y a un problème.

On retient des Arabes israéliens à l’aéroport international et on casse leurs bagages ; il est de plus en plus courant de retarder des militants de gauche pour les forcer à se taire. Pourquoi ? Que nous arrive-t-il ? Mais les gens se taisent pour ne pas avoir d’ennuis. Il y a ici des phénomènes dont il y a lieu de s’inquiéter. Pourquoi n’a-t-on pas ouvert d’enquête après la mort par écrasement de la manifestante américaine Rachel Corey ? Pourquoi le gouvernement n’empêche-t-il pas cela ? Pourquoi n’enquête-t-on pas sur les soldats qui abattent des journalistes ? Pourquoi couvre-t-on ceux qui ont la gâchette facile ?

L’armée utilise des tireurs d’élite qui s’exercent en tirant sur des Arabes. L’effondrement moral de notre société est la conséquence directe de ce qui se passe dans les Territoires. Nous sommes responsables du sang juif versé.

Qu’est-ce que cela signifie ?

Dans Yediot Aharonot, Nahum Barnéa a un jour écrit que Sharon lui avait dit : « le sang juif est le ciment le plus efficace pour maintenir le consensus national. Quand le terrorisme diminue, les interrogations apparaissent, les critiques se font entendre et l’amertume grandit. Lorsque la terreur ne s’exerce pas, notre société se relâche et perd son panache. » Je vous le demande, n’était-il pas évident que nos opérations brutales dans la Bande de Gaza ne pouvaient entraîner que des représailles ?

Tout le monde savait qu’il y aurait une réaction. Alors qui est responsable du sang juif ? Nous-mêmes. Nous mobilisons toute la force dont nous disposons. Ils font régner la terreur et nous la leur rendons au centuple. Notre stratégie est une stratégie de la force, pas de la détente.

Si nous avions joué la carte de l’apaisement, nous n’aurions pas fait de sale coup à Abou Mazen lorsqu’il a été nommé Premier ministre [de l’Autorité palestinienne]. Aujourd’hui, tout le monde dit que l’armée et le gouvernement israéliens ont fait échec à Abou Mazen et que ça a été une erreur.

Mais il y a chez nous un véritable culte de l’armée, comme si l’armée était une valeur en soi, la clé de notre union et de notre existence. Dans ce pays, ce n’est pas l’Etat qui a son armée, mais l’armée qui a son Etat.

Que voulez-vous dire ?

On vient d’acheter des avions extrêmement sophistiqués pour plusieurs milliards. Qui en avait besoin ? Cet argent, on aurait pu le consacrer à la santé et aux pauvres. Nous avons la paix avec l’Egypte et avec la Jordanie. La Syrie veut la paix et est hors jeu. L’Irak n’est pas une menace et l’Iran est le problème de la communauté internationale.

Mais Shaul Mofaz gesticule et menace les Iraniens, en persan, de bombarder leur réacteur atomique [le ministre de la Défense israélien est d’origine iranienne]. Qu’est-ce qui lui prend ? Depuis 37 ans, la paranoïa juive fait l’objet d’un lavage de cerveau. On nous dit qu’on veut nous exterminer. Qui ça, « on » ?

Nous sommes en paix avec l’Egypte et avec la Jordanie, et ces deux pays ne nous menacent plus. Et les Palestiniens, ils vont peut-être nous jeter à la mer ? La guerre actuelle n’est pas une guerre de survie mais une guerre coloniale.

Quand vous dites que tout le monde se tait, vous englobez la gauche israélienne ?

Oui. Il n’était pas juste que des membres de la gauche prennent position contre les objecteurs de conscience. Dans un Etat moralement perverti et dans un pays où l’on fait accoucher les femmes sur le bord de la route, on devrait être fier de nos objecteurs plutôt que des les attaquer. Mais on préfère rester sage et montrer son patriotisme.

Je me considère comme une patriote et c’est être patriote que protester contre la dépravation morale qui s’empare de nous. On me dit qu’il faut être populaire et populiste, qu’il faut coller à la masse. Dans le monde entier, on réprouve le nationalisme. Chez nous, on en fait un étendard. Tous les partis politiques sont fautifs. Il y a un tel attrait pour le pouvoir qu’à gauche, on croit que le pouvoir sera reconquis en épousant l’esprit de la droite.

L’élection de Yossi Beilin à la tête du Yahad, et donc de la gauche, changera-t-elle quelque chose ?

Je ne vois rien pour l’instant. Je suis hors du coup et je n’ai pas de conseils à donner, parce que je n’ai plus de responsabilités politiques. Je soutiens Yossi parce qu’il est déterminé dans son combat pour la paix. Je ne crois pas que nous pourrons restaurer la société israélienne selon les valeurs de la liberté, de la justice et de la paix sans faire d’abord la paix.

Croyez-vous que la gauche soit sur la bonne voie ?

Je ne suis pas croyante. Je ne crois plus. J’espère seulement qu’il y aura une dynamique. Mais cette dynamique n’existera que si Ran Cohen [chef de file de l’aile sociale du Meretz], Beilin et Jammous [« Buffle », surnom arabe du député Haïm Oron] et toute la bande commencent d’abord par se bouger. Ces derniers temps, les seules voix que l’on a entendues au Meretz étaient celles de Zahava Galon et Roman Bronfman [dissident démocrate du parti populiste russophone de Nathan Sharanski]. Et leurs voix semblaient bien isolées.

Il faut se bouger, reprendre langue avec toutes les organisations de lutte pour la paix, attaquer directement le gouvernement, s’exprimer dans la rue et oser rompre avec le politically correct. Il faut dire la vérité : notre combat contre les Palestiniens est un combat colonial et nous commettons des choses horribles. Il faut reconnaître que nous aussi nous avons fait exploser les Britanniques à l’époque où ils occupaient le pays. Il faut montrer que l’on prend l’argent des pauvres pour l’investir dans les Territoires.

Il faut emmener dans les Territoires les gens de Dimona et Yeroham [villes de développement touchées de plein fouet par la crise économique et la cure ultra-libérale imposée par Binyamin Netanyahou] et leur montrer que c’est avec leur argent que l’on construit ces belles maisons aux toits verts [des colons], ces routes splendides et cette clôture monstrueuse.
Qu’ils voient la réalité et qu’ils ne puissent plus dire après cela qu’ils ne savaient pas.

Qu’on montre tout cela à ces gens qui ne perçoivent plus de salaires depuis des mois et ils cesseront de voter Likoud.

Vous voyez-vous revenir à la vie politique ?

Je ne me vois pas revenir. Je fais entendre ma voix, je m’agite et j’écris des articles. Mais je ne reviendrai pas. Je ne suis pas nostalgique. Le fait que Sharon et Pérès, à leur âge, soient encore là est décourageant. Il est temps de laisser la place à une nouvelle génération se développer. Mais voyez ce qu’on a fait à Mitzna…

De Barak et Netanyahou, lequel est un dirigeant convenable ?

Ehoud Barak a été une véritable catastrophe et j’espère qu’on ne le laissera pas remettre les pieds en politique. S’il est tombé, c’est à cause de ses combines. Barak n’a pas compris l’état d’esprit du peuple. Quand on lui criait « Rak bli Shas ! » [« Tout sauf le Shas », parti ultra-orthodoxe sépharade et oriental alors dirigé par le très populaire et populiste Arieh Deri], il n’entendait pas.

Résultat, nous avons maintenant le Shinouï [parti laïque de droite, populiste, xénophobe et anti-oriental]. Il a amené catastrophe sur catastrophe. Il n’a pas appliqué les accords [israélo-palestiniens] que le gouvernement israélien s’était engagé à appliquer.

Il est allé jusqu’à se moquer d’un Netanyahou qui avait donné Hébron [aux Palestiniens] et s’est même vanté de n’avoir, lui, rien donné.

Je n’accepte pas sa politique économique mais, au moins, Netanyahou est conséquent. Barak ne faisait que parler.

Propos recueillis par Attila Somfalvi ( [email]attila-s@y-i.co.il[/email] ) Traduit de l’hébreu par Pascal FENAUX ( [email]pfenaux_courrierinternational@yahoo.fr[/email] )

Née en 1928 à Tel-Aviv, Shulamit Aloni est avocate et publiciste de formation. Membre du Palmah [milice nationaliste de gauche] durant la guerre de 1948, elle fonde dans les années 60 le Ratz – « Mouvement israélien des Droits civiques » – et siège un temps comme députée travailliste à la Knesset. En 1973, elle transforme le Ratz en parti politique et quitte le Maarakh – « Cartel » composé de l’Avoda travailliste, du Mapam sioniste socialiste et de ligues villageoises arabes.

En 1988, un deuxième gouvernement d’union nationale composé du Likoud et du Maarakh organise la répression du soulèvement palestinien dans les territoires occupés, ce qui provoque l’explosion du Maarakh suite au départ du Mapam et des ligues arabes.

En 1990, le Ratz s’allie au Mapam et aux libéraux indépendants du Shinouï – « Mouvement pour le Changement » – pour former le Meretz – « Parti démocratique d’Israël ». Lorsque le Parti travailliste de Yitzhak Rabin et Shimon Pérès revient au pouvoir au printemps 1992, le Meretz rallie la coalition gouvernementale et Shulamit Aloni obtient les portefeuilles de la Culture, des Communications et de l’Education.

Minée par des conflits récurrents avec Yossi Sarid, autre figure de proue du Meretz, elle démissionne de toutes ses fonctions juste avant la victoire des droites nationalistes et religieuses de Binyamin Netanyahou au printemps 1996.

En accueillant en son sein les dissidents travaillistes du Shahar – « Paix, Education et Progrès » – emmenés par Yossi Beilin, le Meretz s’est transformé en Yahad – « Ensemble » ou « Israël social-démocrate ».

Lors des élections de la présidence du Yahad, Ran Cohen, activiste social et oriental, affrontait Yossi Beilin, négociateur des accords israélo-palestiniens d’Oslo (1993) et du pacte de Genève (2003). Aloni a alors choisi de soutenir publiquement Beilin. Depuis qu’elle a retrouvé sa liberté de parole, ses interventions publiques suscitent polémique sur polémique.

Propos recueillis par Attila Somfalvi ( attila-s@y-i.co.il )

Traduit de l’hébreu par Pascal FENAUX pfenaux_courrierinternational@yahoo.fr
Reference : http://www.enfantsdepalestine.org/ar,99

Nous sommes les seuls à avoir le droit …


Gideon Levy

Après l’affrontement de mardi dernier à la frontière, Israël continuera à faire fi de la FINUL et de l’armée libanaise.

Ces salauds de Libanais ont changé les règles. C’est scandaleux. Il paraît qu’ils ont un commandant de brigade qui est résolu à protéger la souveraineté de son pays. Un scandale.

Un engin israélien élague à la frontière libano-israélienne

L’explication c’est qu’il « endoctrine ses troupes », chose que nous sommes les seuls autorisés à faire bien sûr et que « l’état d’esprit du commandant » montre qu’il est « proche du Hezbollah ». Le culot !

Et maintenant que nous avons récité jusqu’à plus soif les explications de la propagande des forces israélienne de défense (FID) sur ce qui s’est passé mardi à la frontière septentrionale, il est temps d’examiner les faits.

Mardi matin, Israël a demandé à la « coordination » avec la FINUL de pouvoir réaliser une nouvelle opération de« déblayage» à la clôture de la frontière. La FINUL a demandé aux FID de reporter l’opération parce que son commandant était à l’étranger. Les FID n’en avaient cure. Ce n’est quand même pas la FINUL qui nous arrêtera.

À midi , les élagueurs se sont mis au travail. Les soldats libanais et ceux de la FINUL leur ont crié d’arrêter. Au Liban, ils disent que leurs soldats ont également tiré des coups de semonce en l’air. S’ils l’ont fait, ce n’est pas ce qui a arrêté les FID.

Les branches de l’arbre ont été coupées et du sang a été versé des deux côtés de la frontière. Épanché en vain.

Il faut dire qu’Israël prétend que la superficie de l’autre côté de la clôture est sur son territoire, ce que la FINUL a officiellement confirmé hier. Mais une clôture est une clôture : à Gaza il suffit de s’approcher de la clôture pour que nous descendions le contrevenant. En Cisjordanie, l’itinéraire de la clôture n’a rien à voir avec la Ligne verte ; pourtant les Palestiniens n’ont pas le droit de la traverser.

Au Liban, nous avons édicté des règles différentes : la clôture n’est qu’une clôture ; nous avons le droit de la traverser et de faire ce que nous voulons de l’autre côté, parfois sur le territoire souverain du Liban. Nos avions ont le droit de voler couramment dans l’espace aérien du Liban et parfois nous envahissons aussi son territoire.

Cette région a été occupée par Israël pendant 18 ans sans que nous le reconnaissions jamais. Cette occupation n’était pas moins brutale que celle des territoires, mais elle a également été blanchie. « Zone de sécurité » est ce que nous l’appelions. De sorte que maintenant aussi, nous pouvons faire ce que nous voulons.

Mais voila que brusquement, il y a eu un changement. Qu’est-ce que nos analystes ont dit ? Récemment il y a eu des « tirs anormaux » contre des avions israéliens. Après tout, il faut maintenir l’ordre. Nous avons le droit de voler dans l’espace aérien libanais, mais eux n’ont pas le droit de tirer.

Toutefois, l’incident de mardi doit être placé dans un contexte plus large : il a été exagéré hors de proportion ici comme si c’était un casus belli , et la guerre n’aurait été évitée que grâce à la fameuse « retenue » israélienne. Depuis des mois maintenant, on entend des roulements de tambour de guerre. Ra ra ra, danger. Des Scuds envoyés par la Syrie, la guerre dans le nord.

Personne ne demande pourquoi ni pour quelle raison ; c’est simplement que c’est l’été ici et avec lui les habituelles menaces de guerre. Mais c’est à Israël qu’un rapport des Nations unies publié cette semaine impute la responsabilité de la tension.

Dans cette atmosphère surchauffée, les FID devraient faire attention quand elles allument leurs allumettes. La FINUL demande de retarder une opération ? La région est explosive ? Eh bien, le travail aurait dû être reporté. Il se peut que l’armée libanaise soit décidée davantage maintenant à protéger la souveraineté de son pays – ce qui est non seulement son droit, mais son devoir – et un commandant libanais qui voit les FID opérer de l’autre côté de la clôture peut donner l’ordre de tirer, même de façon non justifiée.

Qui mieux que les FID savent ce que c’est que d’ouvrir le feu pour n’importe quelle violation réelle ou imaginée ? Demandez donc aux soldats à la barrière de séparation ou à ceux qui gardent Gaza. Néanmoins, Israël a rejeté avec arrogance la demande de reporter son opération faite par la FINUL .

C’est avec la même arrogance qu’il exige que les USA et la France cessent de fournir des armes à l’armée libanaise. Seule notre armée est autorisée à se constituer un stock d’armes. Pendant des années, Israël a exigé que l’armée libanaise prenne la responsabilité de ce qui se passe dans le sud du Liban et maintenant qu’elle le fait, nous changeons de ton. Pourquoi ? Parce qu’elle a arrêté de se comporter comme un sous-traitant israélien et qu’elle commence à agir comme l’armée d’un État souverain.

Et bien entendu cela est interdit. Une fois que les armes se sont tues, une clameur s’élève à nouveau pour que l’on frappe un autre « coup fort » contre le Liban pour « le dissuader »- infliger sans doute des destructions supplémentaires du type infligé dans le quartier Dahiya de Beyrouth.

Trois Libanais tués, dont un journaliste, cela ne suffit pas pour faire contrepoids à la mort de notre commandant de bataillon. Nous en voulons davantage. Le Liban doit apprendre une leçon et c’est à nous de la lui donner.

Et nous ? Nous n’avons pas de leçons à apprendre. Nous continuerons à ignorer la FINUL , à ignorer l’armée libanaise et son nouveau commandant de brigade qui a eu le toupet de penser que son boulot est de protéger la souveraineté de son pays.

source

Silence des médias, inertie et lâcheté de la Communauté internationale


Mesdames, Messieurs,

Le mercredi 4 août 2010, je vous interpellais suite à l’invasion et à la destruction le 26 juillet du village d’al-Araqib dans le Neguev par la soldatesque israélienne, soutenue par de jeunes Israéliens, arrivés sur place en bus pour s’amuser du spectacle.

Aujourd’hui, l’horreur des faits que j’apprends me pousse – dans le cadre de la présidence belge européenne – à vous interpeller une nouvelle fois, étant donné le silence des médias, l’inertie et la lâcheté de la Communauté internationale.
Quatre obus israéliens, de fabrication américaine ont été tirés sur des zones résidentielles dans Beit-Hanoun, au nord de la bande de Gaza le 31 juillet 2010 (cinq jours après al-Araqib), tuant deux enfants et en blessant grièvement plusieurs autres.

Il s’agit d’obus qui projettent des « fléchettes » de 3,75 mm de long dans toutes les directions ; le contenu de ces « nail bomb » est fait de billes d’acier, de divers morceaux métalliques, clous, pièces coupantes comme des rasoirs et de divers morceaux métalliques qui mutilent et tuent dans une zone circulaire de 100 à 300 mètres autour de leur point d’impact. Je vous laisse deviner le genre de blessures et de traumatismes dont souffrent ces petits Gazaouis et leurs parents!!

Qui a imaginé ces armes? Qui fabrique ces armes ? Qui vend ces armes ? Ou qui autorise de vendre ces armes ? Pourquoi ne sont-elles pas interdites? Les obus à fléchettes sont des armes illégales au regard du droit international quand ils sont tirés sur des zones d’habitations civiles! quel cynisme! alors qu’elles sont conçues pour tuer ou blesser atrocement les civils ! Quand la communauté internationale va stopper la folie meurtrière d’Israël ?

Rompre toute relation économique, diplomatique avec cet état criminel ? Exiger l’interposition de troupes de l’ONU ? Faire appliquer le Droit ? Faire juger les dirigeants israéliens (à l’instar d’autres dirigeants criminels dans le monde) par un Tribunal International ? Pourquoi les médias se taisent ? Qui les font taire ? Pourquoi protégez-vous Israël ? Pourquoi ?
Quand allez-vous faire passer les Droits Humains au-dessus des intérêts commerciaux et de vos priorités carriéristes ? Quand ? Quand allez-vous avoir le courage de dire CA SUFFIT à Israël ? Quand ?

Je ne me fais aucune illusion sur la suite que vous réserverez aux milliers d’appels de citoyens responsables, indignés et désespérés par autant de souffrances et d’injustices infligées au peuple palestinien mais votre honteuse indifférence ne nous empêchera pas de tenter d’arrêter ces massacres d’innocents, avec les moyens de résistance, légaux et pacifiques, dont nous disposons…(encore…).

Recevez, Mesdames, Messieurs, mes salutations distinguées

Mireille P.

Lettre envoyée par cette camarade à :

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voir aussi cet article dans info-palestine

Israël s’est glissé dans l’UE sans que personne ne le remarque


mardi 3 août 2010 – 06h:23

Robert Fisk – The Independent

Affrontement entre soldats israéliens et Palestiniens protestant contre l’offensive de Gaza l’hiver 2008-2009 - Photo Abbas Momani

« Israël a noué des liens politiques et économiques si solides avec l’UE au cours des 10 dernières années qu’il est devenu un État membre de l’Union à tous les égards sans en avoir le nom. »

C’est à peine si la mort de cinq soldats israéliens dans un accident d’hélicoptère en Roumanie a fait les titres des journaux.Il n’y avait pas d’exercices conjoints OTAN – Israël. Soit. Imaginez le décès de cinq combattants du Hamas dans un accident d’hélicoptère en Roumanie cette semaine. Nous n’aurions pas fini d’en parler. Extraordinaire.

Attention, je ne compare pas Israël au Hamas. Israël est le pays qui a massacré avec raison 1300 Palestiniens à Gaza il y a 19 mois – dont plus de 300 enfants – tandis que le Hamas cruel, assoiffé de sang et terroriste tuait 13 Israéliens (dont trois soldats qui s’étaient tirés dessus par erreur).

Mais il y a un parallèle. Richard Goldstone, éminent juge sud-africain juif, a conclu, dans le rapport de 575 pages sur le bain de sang de Gaza qu’il a établi à la demande des Nations unies, que les deux côtés avaient commis des crimes de guerre ; bien entendu scandale compréhensible chez divers partisans d’Israël aux USA qui ont vu en lui, avec raison, l’incarnation du « mal » ; quant à son excellent rapport, sept gouvernements de l’Union européenne l’ont rejeté. Je me pose donc la question :que fait l’OTAN dans des jeux de stratégie militaire avec une armée accusée de crimes de guerre ?

Ou, pour être plus précis, pourquoi donc l’Union européenne cajole-t-elle les Israéliens ? Dans un livre à paraître bientôt, remarquable et détaillé même si le ton en est un peu trop furieux , l’infatigable David Cronin présentera en novembre une analyse microscopique de « nos » relations avec Israël. Je viens de terminer le manuscrit et il me coupe le souffle. Comme il le dit dans sa préface, « Israël a noué des liens politiques et économiques si solides avec l’UE au cours des 10 dernières années qu’il est devenu un État membre de l’Union à tous les égards sans en avoir le nom. » Effectivement, ce fut Javier Solana, le dirigeant débraillé de la politique étrangère de l’UE (ancien secrétaire général de l’OTAN) qui a en fait dit l’année dernière « Israël, permettez-moi de le dire, est membre de l’Union européenne sans être membre de l’institution ».

De quoi ? Le savions-nous ? L’avons-nous voté ? Qui a permis cela ? David Cameron – qui fait maintenant campagne pour l’entrée de la Turquie dans l’UE – est-il d’accord ? Je suppose que oui puisqu’il continue à se dire un « ami d’Israël » alors que ce pays a produit une excellente série de faux passeports britanniques pour ses assassins de Dubaï. Comme le dit Cronin, « la pleutrerie de l’UE envers Israël contraste fortement avec la position ferme qu’elle a prise par rapport à des atrocités majeures commises dans d’autres conflits ». Après la guerre entre la Russie et la Géorgie en 2008 par exemple, l’UE a chargé une mission indépendante d’enquêter sur les éventuelles violations du droit international et elle a exigé une enquête internationale sur les abus des droits humains après la guerre du Sri Lanka contre les Tigres tamouls. Cronin n’exempte pas la responsabilité de l’Europe pour l’holocauste des juifs et convient que nos gouvernements auront toujours un « devoir moral » pour que cela ne se reproduise pas – bien que j’aie bien remarqué que Cameron a oublié de mentionner l’holocauste arménien de 1915 quand il faisait sa cour aux Turcs cette semaine.

Mais cela n’est pas tellement pertinent. En 1999, les ventes britanniques d’armes à Israël – pays qui occupe la Cisjordanie (et également Gaza) et qui construit des colonies illégales pour les juifs et pour les seuls juifs sur des terres arabes – se montaient à 11,5 millions de livres ; en deux ans ce chiffre à presque doublé pour atteindre 22,5 millions. Ces livraisons comprennent des armes légères, des kits de fabrication de grenades et de l’équipement pour les avions de combat et les tanks. Il y a eu quelques refus après qu’Israël a utilisé des tanks centurions modifiés contre les Palestiniens en 2002, mais en 2006, l’année où Israël a massacré 1300 Libanais, presque tous des civils, à l’occasion d’une autre croisade contre la « terreur mondiale » que représente le Hezbollah, la Grande-Bretagne a accordé plus de 200 licences d’armes.

Bien entendu, une partie de l’équipement britannique transite par les USA pour être acheminé en Israël. En 2002, la Grande-Bretagne a donné des  » head-up displays » (N.d.T (dans les avions de combat, tableau de verre dans la cabine de pilotage où figurent les données du vol et du combat), HUD) fabriqués par BAE Systems pour Lockheed Martin qui les a promptement installés dans des bombardiers de combat F-16 destinés à Israël. L’UE n’a pas soulevé d’objection. Il convient d’ajouter que la même année, les Britanniques acceptaient de former 13 militaires israéliens. Des avions US transportant des armes vers Israël au moment de la guerre contre le Liban de 2006 ont fait le plein à des aéroports britanniques (et hélas, aussi dans des aéroports irlandais). Les trois premiers mois de 2008, nous avons accordé de nouvelles licences d’armes pour un montant de 20 millions de livres – juste à temps pour l’assaut israélien contre Gaza. Les hélicoptères Apache utilisés contre les Palestiniens, dit Cronin, contiennent des pièces fabriquées par SPS Aerostructures dans le Nottinghamshire, Smiths Industries dans le Cheltenham, Page Aerospace dans le Middlesex and Meggit Avionics dans le Hampshire.

Dois-je continuer ? Israël, en passant, a été félicité de l’ aide « logistique » qu’il a fournie à l’OTAN en Afghanistan – là, où nous tuons annuellement encore plus d’Afghans que les Israéliens ne tuent habituellement de Palestiniens – ce qui n’est pas surprenant puisque que le boss militaire israélien Gaby Ashkenazy a visité le siège de l’OTAN à Bruxelles pour plaider en faveur de liens plus étroits avec cette institution. Et Cronin parle de façon convaincante d’un arrangement financier extraordinaire – au point d’en être obscène – en « Palestine ». L’UE finance des projets à Gaza pour des millions de livres. Ces projets sont régulièrement détruits avec les armes israéliennes fabriquées aux USA. Ça marche comme ça : les contribuables européens financent les projets. Les contribuables US financent les armes qu’Israël utilise pour détruire les projets. Ensuite les contribuables EU donnent le fric pour financer la reconstruction du tout. Et ensuite les contribuables US… Je crois que vous avez compris. Israël, en passant, a déjà un programme de coopération « individuelle » avec l’OTAN, lui donnant accès au réseau informatique de l’organisation.

Dans l’ensemble, c’est bien d’avoir un allié aussi farouche qu’Israël dans notre camp, même si son armée est composée de voyous et que certains de ses hommes sont des criminels de guerre. Puisqu’on en est là, pourquoi ne pas demander au Hezbollah d’entrer à l’OTAN également – imaginez combien ses tactiques de guérilla seraient utiles pour nos garçons dans le Helmand. Et puisque les hélicoptères Apache israéliens tuent souvent des civils libanais – par exemple, en 1996, une ambulance pleine de femmes et d’enfants, a été pulvérisée par un missile air – sol Boeing Hellfire AGM 114C – espérons que les Libanais peuvent encore envoyer des salutations amicales aux gens de Nottinghamshire, Middlesex, Hampshire et, bien sûr, Cheltenham

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Le « Camp d’été de destruction »


Des lycéens israéliens aident à raser une ville bédouine

Le 31 juillet 2010, par Max Blumenthal (traduction M.A.)

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AL-ARAKIB, Israël – Le 26 juillet, la police israélienne démolissait 45 bâtiments du village bédouin non reconnu d’al-Arakib, rasant totalement le village pour faire place à une forêt du Fonds National Juif. La destruction faisait partie d’un projet plus large d’expulser la communauté bédouine du Néguev loin de ses terres ancestrales pour l’implanter dans sept communes, type réserves indiennes, que le gouvernement israélien a construites à cette fin. La place sera alors libre pour les colons juifs, y compris de jeunes couples de l’armée et ceux qui pourraient un jour être évacués de la Cisjordanie après qu’un traité de paix soit signé.

Pour l’instant, le gouvernement israélien a l’intention de déraciner autant de villages que possible et de les rayer de la carte par l’établissement de « faits accomplis » sous forme de forêts du Fonds National Juif (KKL). (Voir la vidéo de la démolition d’al-Arakib ici


Quelques instants avant la destruction du village bédouin d’al-Arakib, de jeunes volontaires de la police israélienne s’installent dans les meubles pris de la maison d’une famille. [Les quatre photos suivantes sont d’Ata Abu Madyam de Arab Negev News

L’un des aspects les plus troublants de la destruction d’al-Arakib était un fait rapporté par CNN que les centaines de policiers israéliens « anti-émeute » qui ont ravagé le village étaient accompagnés de « bus entiers de supporters civils ». Qui étaient ces civils, et pourquoi ni CNN ni aucun autre media n’enquête plus sur cela ?

Je me suis rendu à Al-Arakib hier avec une délégation de Ta’ayush, un groupe israélien qui promeut une lutte conjointe entre Arabes et Juifs contre l’occupation. Les militants ont passé la journée à préparer des jeux et activités pour les enfants traumatisés du village, en aidant les villageois à remplacer leurs oliviers déracinés, et à reconstruire leurs maisons démolies.

Dans une immense tente de fortune où de nombreux habitants d’al-Arakib dorment maintenant, j’ai interrogé les chefs de village sur l’identité des supporters civils. Chacun a confirmé la présence de civils, décrivant la façon dont ils célébraient les démolitions. Au fur et à mesure que j’accumulais les détails, l’histoire se révélait de plus en plus horrible.

Après avoir interviewé plus d’une demi-douzaine de personnes âgées du village, j’ai pu enfin identifier les civils en question. Ce que j’ai découvert est plus inquiétant que ce que j’avais imaginé.

De jeunes volontaires de la police israélienne fouillent dans les biens d’une famille d’al-Arakib

L’éditeur d’Arab Negev News, Ata Abu Madyam, m’a fourni une série de photos qu’il a prises des civils en action. Elles représentaient des lycéens israéliens qui semblaient s’être portés volontaires en tant que membres de la garde civile de la police israélienne (je suis en train de travailler sur l’identification de leurs noms). Avant la démolition, les lycéens volontaires ont été envoyés dans les maisons des villageois pour en extraire leurs meubles et leurs effets.

Un certain nombre de villageois, y compris Madyam, m’ont dit que les bénévoles brisaient les fenêtres et miroirs dans leurs maisons et défiguraient leurs photos de famille par des dessins vulgaires. Ensuite ils traînaient au milieu des meubles des habitants d’al-Arakib sous le nez des propriétaires.

Enfin, selon Madyam, les volontaires célébraient les bulldozers qui détruisaient les maisons. « Ce que nous avons appris dans le camp d’été de destruction, remarque Madyam, c’est que la jeunesse israélienne n’est pas éduquée à la démocratie, ils sont élevés sur le racisme. » (La couverture du dernier numéro d’Arab Negev News de Madyam est une photo des Palestiniens expulsés vers la Jordanie en 1948, juxtaposée d’une photo d’une famille fuyant al-Arakib la semaine dernière. Le titre en est « Nakba 2010 »)

Selon les habitants d’al-Arakib, les jeunes volontaires vandalisaient les maisons dans tout le village.

La garde civile israélienne, qui comprend 70.000 citoyens y compris des jeunes dès l’âge de 15 ans (environ 15% des volontaires de la police israélienne sont des adolescents), est un des nombreux programmes visant à intégrer les enfants d’Israël dans l’appareil militaire d’État. Il n’est pas difficile d’imaginer quelles leçons les lycéens qui ont participé à raser al-Arakib ont tirées de leur expérience.

Tout comme il n’est pas particulièrement difficile de prévoir quelle sorte de citoyens ils deviendront une fois qu’ils auront atteint l’âge adulte. Non seulement ils sont endoctrinés à prêter un serment aveugle d’allégeance à l’armée, mais ils apprennent aussi à traiter les arabes comme des sous-hommes. Le comportement des volontaires vis à vis des Bédouins, qui sont des citoyens d’Israël et servent loyalement dans des unités de combats de l’armée israélienne en dépit d’un racisme généralisé, rappelle de façon frappante le comportement des jeunes colons à Hébron, qui jettent des œufs, des pierres et des déchets humains sur les commerçants palestiniens de la vieille ville. S’il y a une distinction entre ces deux cas, c’est que les colons d’Hébron agissent comme des milices alors que les adolescents de la garde civile israélienne vandalisent les propriétés arabes en tant qu’agents de l’État.

Le spectacle de la jeunesse israélienne aidant à détruire Al-Arakib contribue à expliquer pourquoi 56% des lycéens juifs israéliens ne croient pas que les Arabes devraient être autorisés à servir la Knesset – et pourquoi la prochaine génération veut l’apartheid. En effet, l’endoctrinement de la jeunesse israélienne par l’appareil militaire est un facteur central dans la tendance autoritaire d’Israël. Il serait difficile pour tout adolescent d’échapper à une expérience comme al-Arakib, où les adultes en costume de guerre héroïque encouragent à participer et à se réjouir des actes de destruction massive, sans une once de valeurs démocratiques.


Les jeunes volontaires sortent des affaires des maisons du village à mesure que les bulldozers arrivent

En ce qui concerne l’état actuel de la démocratie israélienne, il est essentiel d’examiner la manière dont l’État monte ses propres citoyens les uns contre les autres, enrôlant ceux de la majorité juive comme des conquérants tout en ciblant les autres, arabes, comme, tels les mots de Chaim Weizmann, père fondateur du sionisme, « des obstacles devant être dégagés sur un chemin difficile. » Historiquement, seuls les États défaillants ont encouragé cette dynamique corrosive pour s’établir. C’est pourquoi les scènes d’Al-Arakib, des maisons démolies aux jardins déracinés, jusqu’aux réjouissances des adolescents qui ont rejoint l’agression, peuvent être considérées comme bien plus que la destruction d’un village. Ce sont des instantanés de ce phénomène qui mène la société israélienne toute entière à sa perte.

…et la destruction commence.

La traduction de cet article est reprise d’ici

Châtelineau : une petite datte de Tunisie, madame, monsieur ?


Samedi, 31 Juillet 2010 16:49 Myriam De Ly Le Boycott (BDS)
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Ce samedi, au marché de Châtelineau, c’est en présentant une datte aux passants sur le marché de Chatelineau que l’équipe de la Plate-forme Charleroi-Palestine ouvre la discussion. Un sourire, un merci, et le temps de placer un mot pour expliquer que, surtout, il ne faut pas acheter les dattes d’Israël.

L’action est très bien accueillie. Les tracts explicatifs sont reçus avec intérêts (plus de mille seront distribués en un clin d’oeil). Les gens sont très ouverts sur ce marche plurinational. Nous avons aussi un petit stand avec des keffiehs, des drapeaux, des brochures sur le boycott. Certaines personnes demandent plus d’explication sur le mouvement de boycott.

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