

Si vous connaissez l'anglais, il y a aussi mon site parallèle, mais non identique http://bandannie.wordpress.com


lundi 12 novembre 2012 – 07h:38
Le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, va remettre le Prix des Droits de l’homme de la République française à l’Alternative Information Center, organisation mixte palestino-israélienne, basée en Cisjordanie et à Jérusalem. Le prix reconnaît l’action d’AIC visant à montrer l’impunité israélienne dans les territoires palestiniens occupés et à promouvoir la responsabilisation de l’armée israélienne et la violence des colons. Le prix sera remis dans une cérémonie à Paris, le 10 décembre 2012, au cofondateur de l’AIC, Michael (Mikado) Warschawski.
Warschawski est de longue date un militant israélien pour les droits de l’homme, analyste et écrivain. Son livre, Sur la Frontière, a récemment été traduit en hébreu.
« L’AIC n’a jamais mené son action dans le but de recevoir des prix », déclare Warschawski. « Mais cette reconnaissance institutionnelle prestigieuse de l’action de l’AIC est certainement la bienvenue pour mettre en évidence la nécessité d’une responsabilisation de l’État. C’est dans cette période critique que la France fait preuve d’une compréhension de la nécessité de mettre fin à l’occupation par Israël du territoire palestinien, conformément au droit international ».
Le prix sera décerné à l’AIC et à quatre autres organisations internationales pour leur action dans le domaine des droits de l’homme.
9 novembre 2012 – Alternative Information Center – traduction : Info-Palestine/JPP
Gideon Levy
Contents de faire votre connaissance, nous sommes racistes et pro-apartheid. Le sondage dont les résultats ont été publiés dans Ha’aretz ce mardi, réalisé par Dialog pour la Yisraela Goldblum Fund, prouve ce que nous savons depuis toujours, sans savoir que c’était aussi net. Il est important de reconnaître la vérité qui nous est lancée en pleine face, et à celle du monde (où l’enquête est en train de faire des vagues). Mais il est plus important encore d’en tirer les conclusions qui s’imposent.
Étant donné l’actuelle réalité, faire la paix serait un acte presque antidémocratique : la plupart des Israéliens n’en veulent pas. Une société juste, égalitaire violerait aussi les désirs de la plus grande partie des Israéliens : de cela aussi ils ne veulent pas. Ils se satisfont avec le racisme, ils sont à l’aise avec l’occupation, ils sont contents avec l’apartheid ; les choses vont très bien pour eux dans ce pays. C’est ce qu’ils ont dit aux sondeurs.
Jusqu’à ce qu’une direction courageuse survienne ici, de celle qui n’apparaît que rarement dans l’histoire, et qu’elle tente de changer cet état d’esprit nationaliste, raciste, il n’y a indéniablement aucun espoir de changement à attendre de tout cela. Il n’en viendra pas ; et en effet cela ne se peut car il est contraire aux souhaits de la plupart des Israéliens. Cette réalité doit être admise.
Le monde doit aussi en tenir compte. Ceux qui, impatients d’arriver à un accord, élaborent périodiquement des plans de paix doivent finalement bien comprendre ce que les Israéliens leur ont clairement dit : « Non merci, nous ne sommes pas intéressés ». Le monde arabe doit de la même manière comprendre que ce sondage (et d’autres comme lui) est le véritable discours Bar-Ilan d’Israël (discours de Netanyahu à l’université de Bar-Ilan, le 14 juin 2009).
Il est difficile de blâmer les Israéliens. Des années de lavages de cerveau, la diabolisation et la déshumanisation des Arabes en général et des Palestiniens en particulier, associés à des années de terrorisme brutal, ont laissé des traces. Qu’attendez-vous, pour l’amour du ciel, des Israéliens qui sont exposés tous les jours à des médias qui leur affirment, par exemple, que la récente visite à Gaza de l’Émir du Qatar, Sheikh Hamad bin Khalifa Al-Thani, venu donner des centaines de millions de dollars pour construire des routes, c’est « le Qatar pour le terrorisme » (comme l’a publié le gros titre d’hier de l’édition en hébreu de Israel Hayom) ? Pourquoi voudraient-ils faire la paix avec ceux qui, depuis des décennies, ont été méthodiquement dépeints comme cherchant uniquement à les anéantir ?
Pourquoi l’Israélien moyen serait-il d’accord pour qu’il y ait un étudiant arabe dans la classe de son enfant ou une famille arabe dans son immeuble s’il n’a jamais rencontré d’Arabes et s’il les connaît uniquement que comme des terroristes, des criminels ou un peuple primitif – les seules images des Arabes qui sont diffusées ? Pourquoi penserait-il que la discrimination contre les Arabes par les ministères du gouvernement serait une mauvaise chose si la seule réalité qu’il connaît est que les Arabes sont des égoutiers ou des balayeurs de rues, et s’il ne sait pas que les Arabes sont capables de bien mieux que cela ?
Après tout, même les Israéliens laïcs qui ont exprimé les opinions les plus tolérantes dans ce sondage ne savent pas en réalité de quoi ils parlent. Quand ont-ils même rencontré un Arabe ? Quand leurs enfants en ont-ils rencontré un ? Et s’ils en ont vu, quel genre d’Arabe ont-ils rencontré sinon que le garçon livreur de l’épicerie, le propriétaire de l’épicerie du quartier, le laveur de voiture, Ahmed le plâtrier ou le monteur d’échafaudages ? Et cela sans même parler des Palestiniens : la dernière fois (et aussi la première) qu’ils ont rencontré un Palestinien, si tel est le cas, ce fut durant leur service militaire, à travers la lunette de leur fusil, comme un objet suspect et dangereux.
Néanmoins, ce lavage de cerveau n’absout pas les Israéliens de leur responsabilité. Il est vrai que le système éducatif, et plus encore les médias, incitent et échauffent, sèment la terreur et la haine. Mais ils le font pour se conformer aux goûts de leur auditoire. C’est un cercle vicieux déprimant, dans lequel on ne sait qui a commencé.
Après tout, si les médias israéliens pensaient que leur lavage de cerveau était répulsif pour leurs lecteurs, ils y auraient renoncé depuis longtemps. Mais ils connaissent le cœur de leurs clients. L’establishment politique, lui aussi, comprend la nature des choses. C’est pourquoi nous sommes pris dans une course effrénée vertigineuse vers la droite : Yair Lapid, le président de Yesh Atid, rivalise avec Shelly Yacimovich, dirigeant du Parti travailliste, pour savoir lequel est le plus à droite.
Ainsi, on ne peut excuser la situation par l’incitation : les Israéliens sont toujours heureux de se faire inciter contre l’Arabe de Baka (quartier de Jérusalem), ou le Palestinien de la casbah. Les médias soucieux de leur audimat et les politiciens face à la bataille des primaires cherchent seulement à se nourrir sur leur dos.
Un tiers des Israéliens veulent que les citoyens arabes soient interdits de droit de vote ; environ la moitié des Israéliens sont en faveur d’une politique de « transfert » des Arabes hors du pays ; et une majorité affirme qu’il existe ici un apartheid. Finalement, il nous faut renoncer à tout espoir de voir les choses s’améliorer.
Voir :
Un sondage révèle que la plupart des Juifs israéliens soutiennent le régime d’apartheid en Israël de Gideon Levy – Ha’aretz
et
Omar Barghouti : A propos du soutien des juifs israéliens au régime d’apartheid en Israël
et aussi :
Les Palestiniens aux prises avec un apartheid de fait, selon les Israéliens – Globalnet

Gideon Levy : Né en 1955, à Tel-Aviv, journaliste israélien et membre de la direction du quotidien Ha’aretz, Gideon Levy dénonce inlassablement les violations commises contre les Palestiniens et le recours systématique à une violence qui déshumanise les peuples dressés l’un contre l’autre.
Du même auteur :
Les colons en passe de réussir une prise de contrôle hostile d’Israël
Pourquoi les Égyptiens nous haïssent
Obama a rejoint le Likud
Les masses égyptiennes ne joueront pas l’alliance avec Israël
La presse israélienne cache la vérité
Israël soulagé de ne pas être le seul criminel de guerre
La république juive d’Israël
Netanyahu a raison : le monde entier est contre Israël
Opération mini Plomb Durci
25 octobre 2012 – Ha’aretz – traduction : Info-Palestine/JPP
Ce que le Mouvement souhaite et ce pourquoi il milite : une société plus démocratique et plus égalitaire
entre les hommes et les femmes, mais aussi entre l’ensemble des citoyens israéliens, qu’ils soient juifs
ou non. Il soutient aussi les mouvements de ceux qui refusent de servir dans les territoires palestiniens occupés.
New Profile fait également partie de la Coalition des Femmes pour la Paix et est très actif dans ces différents
domaines :
Replantations d’oliviers arrachés par les colons ;
Ramassage des olives ;
Actions contre le mur de l’annexion ;
Soutien aux ONG palestiniennes ;
Soutien aux Bédouins israéliens du désert du Néguev expulsés de leurs terres.
Nous vous invitons à venir voir l’exposition de photos que New Profile a collectées et
qui montre et dénonce l’omniprésence de la pensée militariste à tous les échelons
de la société israélienne, et à en débattre avec notre invité Raanan Forshner.
Programme de la tournée
Samedi 29 septembre à 15h30 : Vernissage de l’exposition à l’Union des Progressistes Juifs de
Belgique (UPJB), 61 rue de la Victoire, 1060 Bruxelles, drink, présentation, commentaire et débat
avec Raanan Forshner, représentant de New Profile.
Dimanche 30 septembre à 14h30 : Visite de l’exposition par l’UPJB-jeunes et dialogue avec
Raanan Forshner. Á 16h : Accès de l’exposition à tous.
Lundi 1er octobre à 17h30 heures : Visite de l’exposition et, à 19h30, conférence-débat avec
Raanan Forshner à Wavre, à la Maison de la Laïcité, 33 rue Lambert Fortune. En partenariat avec
la coordination du Brabant wallon des groupes PJPO (Pour une Paix Juste au Proche Orient).
Mercredi 3 octobre à 19h : Visite de l’exposition et conférence-débat avec Raanan Forshner à
Leuven, Damiaancentrum, 5 Sint-Antoniusberg. En partenariat avec Vrouwen in ‘t Zwart Leuven,
Leuvense Actiegroep Palestina et Intal Leuven.
Jeudi 4 octobre à 18h : Visite de l’exposition et, à 20h, conférence-débat avec Raanan Forshner
à Mons, Université de MONS, Bâtiment Warocqué-Auditoire Hotyat-1er étage, 17 Place Warocqué.
En partenariat avec L’Association Belgo-Palestienne Mons-Borinage.
Vendredi 5 octobre à 19h30 : Visite de l’exposition et conférence-débat avec Raanan Forshner à
Antwerpen, Vrijzinnig Karel Cuypershuis, 57 Lange Leemstraat. En partenariat avec Pax Christi
Vlaanderen, Vredesactie, Masereelfonds, Oxfam Wereldwinkels et Humanistische Vrijzinnige
Vereniging.
Samedi 6 octobre à 12h : Visite de l’exposition et conférence-débat avec Raanan Forshner à
Mouscron, dans les locaux «de l’aut côté», 21A rue des Brasseurs. En partenariat avec l’Association
Belgo-Palestinienne – Plateforme mouscronnoise pour la Palestine.
Avec le soutien de la Fondation Heinrich Böll et de l’Échevinat pour l’Égalité des Chances
de Saint-Gilles.
Du samedi 29 septembre au samedi 6 octobre 2012
Exposition photos de New Profile
qui montre et dénonce l’omniprésence de la pensée
militariste à tous les échelons de la société israélienne
Rencontres avec un de ses représentants
Raanan Forshner
En partenariat avec plusieurs associations amies
«Nous, un groupe
de femmes et
d’hommes féministes,
sommes convaincus
que nous
n’avons nul besoin
de vivre dans
un état militariste.
Aujourd’hui Israël
est en mesure
de mener une politique
tournée résolument
vers la
paix qui ne nécessite
pas une société
militariste….
Alors qu’on cherche
à nous faire
croire que le pays
est confronté à
des menaces qui
échappent à son
contrôle, nous réalisons maintenant que l’expression «sécurité nationale» a souvent masqué des décisions
prises pour adopter des actions militaires en vue de la réalisation d’objectifs politiques.
Nous ne voulons plus partager de tels choix. Nous ne voulons plus être mobilisés en permanence, élever
des enfants pour qu’ils soient mobilisés, soutenir des partenaires, des frères et des pères mobilisés, alors que
les responsables du pays continuent à avoir recours à l’armée plutôt que chercher d’autres solutions…»
C’est ainsi que débute la «charte» de New Profile, mouvement pour la civil-isation de la société israélienne.
A l’attention des
Pilotes des Forces Aériennes
Forces de Défense d’Israël
Salutations,
Nous publions cet appel qui vous est adressé suite à notre profonde préoccupation et angoisse devant la situation actuelle de ce pays. Nous savons un peu à travers les médias, mais il y a bien plus qui se déroule en coulisses, et dont nous pourrions ne prendre connaissance qu’une fois trop tard. Nous ne connaissons pas vos noms, vos familles, votre situation, vos points de vue ou vos opinions. Mais nous savons une chose – en ce moment, notre destin, notre propre avenir, est pour une bonne part entre vos mains.
Dans un avenir proche, peut-être dans quelques semaines, vous pourriez recevoir l’ordre fatal – d’armer les avions et de décoller pour bombarder l’Iran. Vous aurez, bien-sûr, le choix d’obéir à cet ordre, en acceptant les arguments et les affirmations de ceux qui le donneront sans poser de questions, et tenter de remplir cette mission avec le maximum de professionnalisme. Ceci reviendrait à accepter l’argument selon lequel le bombardement des sites nucléaires iraniens serait essentiel pour la défense de l’état d’Israël, et accepter par conséquence de tirer la première salve d’une guerre dont les conséquences pourraient se révéler catastrophiques pour nous.
Cependant, ce n’est pas le seul choix qui vous est offert. Vous avez l’option de dire « non ». Évidemment, ce n’est pas une option simple. Elle implique de profonds dilemmes professionnels et moraux, et fait courir le risque de perdre un emploi qui est important pour vous et aussi la possibilité d’être poursuivis en justice. Néanmoins, il est de votre devoir d’examiner très soigneusement et sérieusement la possibilité qu’en prononçant ce simple petit mot « non », vous rendrez un service important et vital à l’état d’Israël et à tous ceux qui vivent ici. Ce service serait infiniment plus important qu’une obéissance aveugle à un tel ordre.
Nous aimerions rappeler quelques points que vous connaissez probablement déjà, mais chacun de ces points mérite d’être examiné au moment de prendre la décision.
– De toute évidence, une attaque israélienne, même avec un maximum de succès dans ses objectifs, n’apporterait rien de plus sinon de retarder le programme nucléaire iranien d’un an ou deux.
– Une telle attaque pourrait renforcer le régime iranien et obliger ses opposants les plus virulents à l’intérieur de rentrer dans le rang. Une telle attaque pourrait aussi affecter la situation instable de toute la région, d’une manière imprévisible qui pourrait porter gravement tort à Israël.
– Une attaque contre les sites nucléaires iraniens pourrait provoquer la dispersion de matériaux radioactifs auprès de la population civile, et dans ce cas Israël en tant que pays ainsi que ceux qui ont personnellement effectué le bombardement pourraient être mis un accusation pour crimes de guerre.
– Une attaque israélienne contre l’Iran et la guerre qui éclaterait dans la foulée pourrait aboutir au blocage de détroit d’Ormuz, provoquant une rupture majeure de l’approvisionnement du pétrole, une forte augmentation des prix du pétrole, et une sérieuse aggravation de la crise économique mondiale. Dans ce cas, les opinions publiques en Europe et aux Etats-Unis pourraient rejeter la faute sur Israël, avec des conséquences très graves et d’une grande portée.
Et finalement : nous savons que lorsque vous partez en mission, vous êtes prêts à accepter les risques personnels inhérents à son exécution. Pourtant, vous devriez prendre en compte la possibilité que dans le cas malheureux où ne serait-ce que l’un d’entre vous soit capturé, l’état d’Israël aurait à faire face à des dilemmes moraux et politiques infiniment supérieurs à ceux qui se sont posés dans le cas de Gilad Shalit.
Pour résumer, nous considérons qu’une décision de lancer une attaque contre l’Iran constitue un très mauvais pari, qui ferait courir des risques énormes pour l’état d’Israël sans résoudre son problème principal. Comme nous l’avons déjà dit, même une opération la mieux réussie n’arrêterait pas le programme nucléaire iranien mais ne ferait que le retarder – et pour ce retard temporaire nous aurons tous à payer un prix exorbitant, peut-être un prix terrible. Vous, les pilotes des Forces Aériennes – plus que tout autre – ont entre vos mains le véritable pouvoir d’éviter cette catastrophe.
Personne ne peut prendre la décision pour vous. Nous espérons – pour vous comme pour nous – que si la question devait se poser, vous serez capables de prendre la bonne décision.
http://www.atzuma.co.il/tayasim
Traduction de l’anglais par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles
La LDJ (« Ligue de défense Juive ») vient d’agresser tour à tour Olivia Zémor et Jacob Cohen à Paris.
DANGEREUX ET LÂCHES
Fort mécontents de la préparation d’une nouvelle mission internationale « Bienvenue en Palestine » du 24 au 31 août, destinée à aller encourager la rentrée scolaire des enfants palestiniens et à affirmer le droit de circulation en Palestine, les fascistes de la LDJ s’en sont pris à Olivia Zémor le 28 juin dernier.
Courageusement, à leur habitude, c’est en bande qu’ils ont commis leur forfait, contre une femme seule, en l’agressant de dos, qui plus est.
Alors qu’Olivia Zémor était assise à la terrasse d’un café à la Bastille , elle a été attaquée et reçu sur la tête, le visage et le corps de la peinture à l’huile qui a nécessité un transport aux urgences de l’Hôtel Dieu par les pompiers, étant donné la toxicité du produit.
Une plainte a été déposée et une enquête a été ouverte, d’autant que la LDJ a revendiqué cet « exploit » en publiant une vidéo sur internet.
La police prend l’affaire très au sérieux.
Reste à savoir ce que feront les autres échelons du pouvoir ?
Quant à Jacob Cohen, écrivain qui dénonce dans ses romans les méthodes de recrutement du Mossad en France, il a fait l’objet d’une attaque jeudi 5 juillet dans le quartier de Saint-Paul où la LDJ fait régner la terreur. La deuxième du genre, puisqu’il avait été agressé juste avant la présentation de son premier roman en mars 2012, par un groupe de fascistes de la LDJ. Un témoin des faits avait formellement reconnu trois d’entre eux. Mais aucune instruction n’a pour autant été ouverte à ce sujet…
POURQUOI LA LDJ N’EST ELLE PAS INTERDITE EN FRANCE ?
Jusqu’à présent, il est clair que les nazillons de la LDJ ont bénéficié en France de protections en haut lieu, qui les ont incités à multiplier les agressions.
Bien qu’ayant grièvement blessé un grand nombre de personnes en France (sans parler des Palestiniens qu’ils ont tués), dont un commissaire de police resté trois semaines en soins intensifs à l’Hôpital Saint-Antoine à Paris, ainsi qu’un étudiant de Nanterre qui a quasiment perdu la vue, d’un oeil ;
Bien qu’ayant saccagé différents locaux associatifs et librairies, et même commis des agressions au sein de conseils municipaux et de… tribunaux ;
Bien que proférant menaces de mort et insultes racistes à longueur de temps, de manière signée, sur internet et sur le site de la LDJ
Bien qu’étant quasiment tous identifiés par les services de police et ne se gênant pas pour se mettre en scène personnellement en tant que représentants de la LDJ, tels Jason et Steven Tibi, Dylan Halimi, Joseph Ayache, Philippe Wagner, Anthony Attal, ou Gregory Chelli ; (La vidéo de Joseph Ayache, dit « Yossi », « combattant » dans l’armée israélienne est toujours en ligne : http://www.dailymotion.com/video/x1… ainsi que bien d’autres, comme : http://www.dailymotion.com/613camp#…)
Bien qu’ayant été arrêtés par la police en flagrant délit d’agressions et ayant pour la plupart des casiers judiciaires peu reluisants pour trafic de drogues ou violences conjugales ;
MlRACLE : PAS UN SEUL N’A JAMAIS ÉTÉ EN PRISON EN FRANCE !
Quand ils se font quand même pincer, ils n’écopent que de peines de sursis… qui s’accumulent ! Un sursis éternel, en quelque sorte !
Et sinon, ils vont faire un petit tour en lsraël, profitant de leur double nationalité, et personne ne les inquiète à leur retour en France, y compris quand ils tuent des Palestiniens.
Forts de cette impunité, ils commettent donc de nouvelles agressions
Quant aux rares fois où ils ont été contraints de payer des dommages et intérêts à des victimes (comme lors du saccage de la librairie Résistances), ils n’ont pas à se faire de soucis : l’Union des Patrons Juifs de France (UPJF) appelle publiquement les auditeurs de « RADIO J » à envoyer de l’argent pour payer leurs dettes !
CES DANGEREUX PETITS VOYOUS SONT PROTÉGÉS PAR LE CRIF QUI NE S’EST JAMAIS ÉMU DE LEURS AGRESSIONS RÉPÉTÉES CONTRE DES CINEMAS, DES THEÂTRES, DE LEURS RATONNADES, DE LEURS INSULTES RACISTES, DE LEURS APPELS AU LYNCHAGE.

mardi 12 juin 2012, par Shlomo Sand
Depuis l’origine de son entreprise de colonisation, il y a à peu près un siècle, le mouvement sioniste, et l’Etat d’Israël par la suite, s’est vu comme une minorité persécutée et faible, aspirant à se faire une place au soleil. Brandissant la Bible comme droit de propriété et portant en bandoulière le terrible capital de souffrance des pogroms et des massacres nazis, le projet sioniste a réussi au-delà de tout pronostic : il a fondé un « petit Etat juif » au cœur et aux dépens d’une population arabe infiniment supérieure en nombre.
De nos jours, les historiens savent que, dès la guerre de 1948, le rapport des forces militaires penchait déjà en faveur du jeune Etat, bien au-delà de la représentation que s’en firent les premiers Israéliens. Lors des trois guerres suivantes : 1956, 1967 et 1973, la puissance des forces armées israéliennes s’était encore notablement accrue et, à l’aide d’armements fournis par la France puis par les Etats-Unis, elle s’imposa face aux forces arabes qui lui étaient opposées.
Toutefois, depuis la guerre de Kippour, en 1973, l’armée israélienne n’est manifestement plus confrontée à une menace militaire sérieuse ; et de même, depuis lors, l’existence d’Israël ne s’est plus trouvée en danger. Les pilotes de l’armée israélienne ont cessé, depuis longtemps, d’accomplir des missions de combat ; à l’instar de la majorité des soldats, ils effectuent essentiellement des tâches de police. Force est de reconnaître que les principales missions dévolues à l’armée d’Israël, dotée des armes américaines les plus sophistiquées (chasseurs-bombardiers, drones, fusées guidées, tanks, gilets pare balles…) consistent à réprimer la population des territoires occupés qui de temps à autre tente, de façon désespérée et violente, de se révolter contre son triste sort.
« Tout Etat normal a le droit de défendre ses frontières et de répliquer lorsqu’il subit des bombardements de roquettes », affirment les porte-parole d’Israël dans leurs vibrantes justifications de l’agression brutale contre Gaza. « Certes », pourrait répondre le premier contradicteur venu, « mais tout Etat normal sait aussi où sont ses frontières ! ». Or, Israël ne satisfait pas à ce critère de logique politique de base. Depuis 1967, il n’a pas cessé d’implanter des colonies dans des territoires qui ne sont pas reconnus comme lui appartenant, tout en se gardant, par ailleurs, de les annexer juridiquement afin de ne pas devoir accorder l’égalité civique à leurs habitants.
Si, jusqu’en 2002, Israël a pu justifier l’occupation de ces territoires au motif que le monde arabe n’est pas disposé à reconnaître son existence, cette ligne de défense rhétorique est tombée lorsque la Ligue arabe, incluant l’Organisation de la libération de la Palestine (OLP), a déclaré reconnaître Israël dans les frontières de 1967. L’Etat d’Israël n’a aucunement relevé ce défi diplomatique que tous ses dirigeants ont superbement ignoré. Il s’est retranché derrière une haute muraille de béton, tout en continuant de mordre dans les terres palestiniennes, d’élargir ses colonies et de maintenir son contrôle et sa présence militaires sur toute la Cisjordanie
« Nous sommes sortis de Gaza », affirme Israël. « Alors, pourquoi les Palestiniens continuent-ils de nous attaquer à partir de là ? ». En fait, le retrait israélien de Gaza n’a constitué ni un geste envers les Palestiniens ni un premier pas vers la paix. Bien au contraire ! Tout comme M. Ehoud Barak a effectué le retrait du Liban sans accord afin de se soustraire à toute discussion sur l’évacuation du plateau du Golan, M. Ariel Sharon est sorti de la bande de Gaza pour ne pas avoir à conclure avec les Palestiniens un accord de paix qui aurait également comporté l’évacuation complète de la Cisjordanie et la renonciation à la partie arabe de Jérusalem. En fin de compte, les habitants du sud d’Israël qui subissent les bombardements de roquettes paient le prix fort pour préserver l’intégralité et la tranquillité des colonies.
En vérité, Israël n’a jamais réellement quitté Gaza et n’a jamais accordé aux Palestiniens qui y résident ne serait-ce qu’un semblant de souveraineté. Dès l’origine, l’intention était de créer une vaste « réserve indienne » enclose, préfigurant l’instauration d’autres « réserves » similaires en Cisjordanie ; au cœur d’Eretz Israël. Si les Palestiniens disposaient au moins d’une authentique poignée de souveraineté sur une parcelle de territoire, ils ne se verraient pas accusés d’introduire en contrebande des armes dans une zone relevant officiellement de leur autorité ; ils le feraient en pleine légalité et Israël serait obligé de reconnaître la légitimité de leur Etat. En fait, Israël récuse toute notion d’égalité, même fictive, entre elle-même et les Palestiniens : elle leur dénie tout droit de se défendre. Le droit de se défendre doit demeurer un privilège israélien exclusif. C’est ainsi qu’Israël a catégoriquement rejeté la proposition faite par le Hamas d’une accalmie générale, incluant la Cisjordanie, où l’Etat hébreu continuait de pratiquer sans retenue les « assassinats ciblés » de Palestiniens armés. Il est donc reconnu et admis que le droit d’Israël « de se défendre » implique la neutralisation totale de toute force de résistance palestinienne.
Ce fut pour Israël une véritable aubaine de voir le Hamas remporter à Gaza les élections dont le caractère légal et régulier a été reconnu. Le refus de l’OLP d’accepter le verdict des urnes entraîna la scission du camp national palestinien et la création de deux zones d’influences distinctes. Gaza s’en trouva plus isolée, plus étranglée, plus violente et, surtout, plus ostracisée aux yeux du monde occidental. En Cisjordanie, où l’on souriait encore à Israël, des pourparlers de paix s’ouvrirent avec les Palestiniens « modérés ». L’humiliation et l’absence de contenu effectif des interminables discussions avec l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas ne suscitèrent pas la moindre tendance au compromis et eurent pour seul effet de conforter le Hamas intransigeant. Tout Palestinien raisonnable est à nouveau porté à se dire qu’Israël n’a cessé de duper l’Autorité palestinienne, administrant la preuve que le seul langage qu’il entende est bien celui de la force.
« Le pouvoir corrompt, et le pouvoir absolu corrompt absolument », a déclaré, en son temps, Lord Acton. Israël dispose d’un pouvoir absolu comme vient de l’illustrer sa récente agression contre Gaza. Israël a également montré que, pour économiser la vie des « soldats juifs », elle est prête à sacrifier plusieurs centaines de civils « non juifs ». La majorité des victimes à Gaza ont été des femmes, des enfants, des vieillards. La plupart des combattants Palestiniens ont été tués dans les bombardements aériens, par des tirs d’hélicoptères ou d’artillerie effectués depuis les tanks ou les navires de guerre, bien avant l’entrée en lice des forces d’infanterie terrestres. Ce type d’affrontement n’a pas empêché les communicants israéliens de magnifier avec fierté la « victoire sans précédent ! ».
Non loin des lieux mêmes où la mythologie biblique en avait fait le récit, le géant Goliath est revenu, équipé, cette fois-ci, d’une énorme panoplie militaire. Mais les rôles sont désormais inversés : Goliath est devenu « juif » et il est le « vainqueur ». Le petit David est maintenant un « musulman », réprouvé et piétiné lors d’affrontements interminables. Il faut bien, hélas, le reconnaître : c’est précisément cet énorme déséquilibre des forces entre Israël et les Palestiniens qui perpétue l’occupation de la Cisjordanie et rend la paix impossible.
Le dernier massacre à Gaza, qui répondait, entre autres, à des objectifs électoraux, n’aura aucunement fait évoluer la situation dans le bon sens et, a fortiori, n’aura pas conforté le droit d’existence d’Israël au Moyen-Orient. Tant que les Israéliens ne voudront pas se souvenir que les tireurs de roquettes artisanales sur la ville d’Ashkélon sont aussi les fils et les petits-fils de ceux qui en furent expulsés vers Gaza en 1950, il n’y aura pas d’avancée dans la solution du conflit. Celle-ci implique, en effet, de mieux comprendre la profonde colère de ceux qui subissent l’occupation, depuis au moins quarante et un ans !
Peut-on au moins espérer que ce massacre obligera enfin les Etats-Unis et l’Europe à se départir de leur indifférence afin d’obliger les réfractaires à la paix, héritiers des victimes juives d’hier, à un compromis plus équitable avec les victimes de la tragédie palestinienne qui dure encore aujourd’hui ?
Shlomo Sand
Historien, professeur à l’université de Tel-Aviv, auteur de Comment le peuple juif fut inventé, Fayard, Paris, 2008.
(Le Monde diplomatique – Février 2009)
Traduit de l’hébreu par Michel Bilis.
J’ai été militant politique pendant presque toute ma vie d’adulte. Durant toutes ces années, j’ai cru profondément que la réalité insupportable et inacceptable d’Israël et de la Palestine ne pourrait être changée que de l’intérieur. C’est pourquoi je me suis sans cesse consacré à persuader la société juive – à laquelle j’appartiens et dans laquelle je suis né – que sa politique fondamentale était erronée et désastreuse.
Comme pour tant d’autres, les options pour moi étaient claires : Je pouvais m’engager dans la politique par le haut ou m’y opposer par le bas. J’ai d’abord adhéré au parti travailliste dans les années 80, puis au Front démocratique pour la Paix et l’Égalité (Hadash). Ce fut le moment où j’ai refusé de devenir membre de la Knesset.
En même temps, je me suis concentré sur la collaboration avec d’autres au sein des ONG d’éducation et de paix, et même sur la présidence de deux de ces institutions : l’Institut sioniste de gauche des études de la paix à Givat Haviva et l’Institut non-sioniste Emil Touma d’Études Palestiniennes. Dans ces deux groupes, les collègues âgés comme les plus jeunes ont cherché à ouvrir un dialogue constructif avec nos compatriotes, dans l’espoir d’influencer la politique du moment en vue d’une réconciliation à venir. C’était principalement une campagne d’information sur les crimes et les atrocités commis par Israël depuis 1948 et un appel à un avenir qui reposerait sur les droits humains et civiques.
Pour un militant, se rendre compte que le changement de l’intérieur est inaccessible, non seulement résulte d’un processus intellectuel ou politique, mais surtout c’est admettre la défaite. C’était précisément cette peur de la défaite qui m’a très longtemps empêché d’adopter une position plus résolue.
Après presque trente ans de militantisme et de recherche historique, je me suis convaincu que l’équilibre des forces en Palestine et en Israël, faisait obstacle à toute possibilité de transformation au sein de la société israélienne juive dans un avenir prévisible. Bien que plutôt sur le tard, j’en suis venu à me rendre compte que le problème n’était ni une politique particulière ni un gouvernement particulier, mais un enracinement très profond dans l’infrastructure idéologique qui influence les décisions israéliennes sur la Palestine et les Palestiniens depuis 1948. J’ai déjà décrit cette idéologie comme un hybride entre le colonialisme et le romantisme romantique. [1]
Aujourd’hui, Israël est un redoutable état colon-colonialiste qui refuse de changer et de compromettre et qui ne demande qu’à écraser par tous les moyens nécessaires, la résistance – quelle qu’elle soit – à son contrôle et à son autorité en Palestine historique. À commencer par le nettoyage ethnique de 80 pour cent de la Palestine en 1948, et l’occupation par Israël des derniers 20 pour cent du pays en 1967, les Palestiniens d’Israël sont enfermés dans des méga-prisons, des bantoustans et des cantons assiégés, et mis à part au moyen de politiques discriminatoires.
Pendant ce temps, des millions de réfugiés palestiniens partout dans le monde n’ont aucune possibilité de retourner chez eux, et les années n’ont fait qu’affaiblir, si ce n’est annihiler, toute contestation contre cette infrastructure idéologique. À ce moment précis où j‘écris ces lignes, l’état-colon israélien continue sans cesse sa colonisation et le déracinement de la population autochtone de la Palestine.
L’occupation de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza, l’oppression des Palestiniens à l’intérieur d’Israël, et la négation du droit au retour des réfugiés continueront tant que ces politiques (occupation, oppression et déni) seront présentées comme un accord de paix global destiné à être approuvé par des interlocuteurs palestiniens et arabes obéissants.
Message que les pays étrangers envoient à Israël : la paix n’exige pas une transformation issue de l’intérieur. En conséquence, on peut conclure sans risque de se tromper que le processus de paix a dissuadé le colonisateur et l’occupant de transformer sa mentalité et son idéologie. Tant que la communauté internationale attendra que les opprimés transforment leurs positions, alors qu’elle approuve celles tenus par l’oppresseur depuis 1967, cette occupation restera la plus brutale que le monde ait jamais vue depuis la Seconde Guerre mondiale.
Les annales du colonialisme et de la décolonisation nous apprennent que la fin de la présence et de l’occupation militaires était une condition sine qua non pour qu’au moins commencent les sérieuses négociations entre colonisateurs et colonisés.
La fin inconditionnelle de la présence militaire dans la vie de plus de trois millions de Palestiniens devrait être la condition préalable pour n’importe quelle sorte de négociation, ce qui ne peut se développer qu’à partir du moment où les relations entre les deux partis ne sont pas oppressives, mais au contraire, sur pied d’égalité.
Dans la plupart des cas, l’occupant ne s’est pas décidé à partir. On l’a forcé à s’en aller, généralement à la suite d’un long combat sanglant. On a tenté cela sans grand succès dans le conflit israélo-palestinien. Dans quelques cas, le succès s’est réalisé au moyen d’une pression extérieure sur la puissance ou l’état hors-la-loi à l’ultime stade de décolonisation. Cette dernière stratégie est plus séduisante. En tout cas, le paradigme israélien de « paix » ne changera pas, à moins qu’une pression s’exerce de l’extérieur ou qu’il y ait une contrainte sur le terrain.
Avant même de commencer à définir plus précisément ce que suppose la pression extérieure, il ne faut pas confondre les moyens (la pression) avec le but (trouver une formule pour vivre ensemble). En d’autres termes, il est important de souligner que la pression a pour objectif de déclencher de sérieuses négociations, de ne pas prendre leur place. Par conséquent, tandis que je pense toujours que le changement de l’intérieur est essentiel pour une solution durable au problème des réfugiés, à la situation difficile de la minorité palestinienne en Israël et à l’avenir de Jérusalem-Est, on doit prendre d’abord d’autres mesures pour y arriver.
Quelle sorte de pression est-il nécessaire d’exercer ? L’Afrique du Sud a fourni l’exemple historique le plus éclairant et édifiant à ceux qui dirigent ce débat, tandis que, sur le terrain, les militants et les ONG sous occupation ont cherché des moyens non-violents pour à la fois résister à l’occupation et développer les formes de résistance qui se distancient des attentats suicides et de la kyrielle de roquettes Qassam tirées depuis Gaza. Ces deux impulsions ont provoqué la campagne BDS contre Israël. Ce n’est pas une campagne coordonnée menée par quelque cabale secrète. Elle a commencé sous la forme d’un appel venu de la société civile sous occupation, sanctionné par d’autres groupes palestiniens et transformé en actions individuelles et collectives partout dans le monde.
Les formes et les objectifs de ces actions varient, du boycott des produits israéliens à la rupture des liens avec les institutions académiques d’Israël.
Certaines sont des manifestations individuelles de protestation ; d’autres sont des campagnes organisées. Ce qu’elles ont en commun, c’est leur message d’indignation devant les atrocités sur le terrain en Palestine – mais l’élasticité de la campagne l’a transformée en un vaste processus capable de produire un état d’esprit et un climat nouveaux parmi le public, sans point central clairement déterminé.
Pour les quelques Israéliens qui ont soutenu la campagne dès le début, ça a été un moment définitif qui exposait nos positions sur les origines, la nature et la politique de notre état. Mais avec du recul, cela semble avoir apporté un soutien moral qui a contribué au succès de la campagne.
Soutenir le mouvement BDS reste un acte radical pour un militant de la paix israélien. Celui-ci s’exclut immédiatement du consensus et des idées répandues en Israël. Les Palestiniens paient plus chèrement leur combat, et ceux parmi nous qui choisissent ce chemin ne doivent s’attendre ni à une récompense ni même à des éloges.
Au contraire, cette action exige qu’on se confronte directement avec l’état, sa propre société et très souvent les amis et la famille. En réalité, c’est franchir la dernière ligne rouge – dire adieu à la tribu. Mais il n’y a vraiment aucune autre alternative. Toute autre option – de l’indifférence, à travers la critique modérée et jusqu’à l’adhésion totale à la politique israélienne – est une décision volontaire d’être le complice des crimes contre l’humanité. L’esprit fermé du public en Israël, l’emprise continuelle des colons sur la société israélienne, le racisme inné dans la population juive, la déshumanisation des Palestiniens, l’armée et l’industrie directement intéressées au maintien des territoires occupés – tout ceci veut dire qu’on doit s’attendre à une très longue période d’occupation brutale et oppressive. Ainsi, la responsabilité des Juifs israéliens est bien plus grande que celle de quelqu’un d’autre qui participe à la promotion de la paix en Israël et en Palestine. Les Juifs israéliens en viennent à se rendre compte de ce fait, et c’est pourquoi le nombre de ceux qui sont d’accord pour faire pression sur Israël de l’extérieur, grandit de jour en jour. C’est encore un très petit groupe, mais il forme vraiment la base du futur camp de la paix israélien.
On peut tirer beaucoup de leçons du processus d’Oslo. Là-bas, les Israéliens ont utilisé le langage de la paix comme moyen de maintenir l’occupation (avec l’aide des dirigeants palestiniens qui sont devenus la proie des tactiques de déception israéliennes), ce qui veut dire que les « colombes » aussi bien que les « faucons » ont mis leur veto à la fin de l’occupation, lesquels n’avaient aucun intérêt à y mettre fin. C’est pourquoi le monde dans son ensemble doit exercer une pression concentrée et efficace sur Israël. Une telle pression s’est montrée fructueuse dans le passé, particulièrement dans le cas de l’Afrique du Sud ; et la pression est également nécessaire pour empêcher les pires hypothèses de devenir des réalités.
Après le massacre de Gaza en janvier 2009, il était difficile de voir comment les choses pouvaient empirer, pourtant elles le peuvent : sans aucune fin à l’expansion des colonies, avec les assauts ininterrompus contre Gaza, le répertoire israélien du mal n’est pas encore épuisé. Le problème est que les gouvernements européens, et les États-Unis en particulier, ne sont pas près de sanctionner la campagne BDS. Mais on se souvient des tribulations de la campagne de boycott contre l’Afrique du Sud, qui avait son origine dans les sociétés civiles, non dans les allées du pouvoir.
À bien des égards, la nouvelle la plus encourageante arrive d’un endroit plutôt inattendu : les campus des États-Unis. L’enthousiasme et l’engagement de centaines d’étudiants de ce pays ont aidé, dans les dix dernières années, à introduire l’idée de désinvestissement dans la société américaine – société que les militants de la campagne internationale pour la Palestine considéraient comme une cause perdue. Ils font face à des ennemis redoutables : l’ « AIPAC » cynique et efficace et aussi les fanatiques chrétiens sionistes. Mais ils offrent une nouvelle façon de s’engager auprès d’Israël, non seulement pour les Palestiniens, mais aussi pour les Juifs partout dans le monde.
En Europe, une admirable coalition de Musulmans, de Juifs et de Chrétiens fait avancer ce programme, face aux accusations d’antisémitisme. La présence de quelques Israéliens parmi eux aide à repousser ces allégations méchantes et totalement fausses. Je ne considère pas le soutien moral et actif d’Israéliens comme moi, comme l’élément le plus important de cette campagne. Mais les relations avec les dissidents progressistes et radicaux israéliens sont essentielles pour la campagne. Ils constituent en Israël un pont avec un public plus large qui devra, en fin de compte, être incorporé. Traité en paria, Israël abandonnera, avec un peu de chance, sa politique de crimes de guerre et d’abus des droits de l’homme. Nous espérons donner les pleins pouvoirs à ceux qui se trouvent à l’extérieur, engagés dans la campagne, et nous avons nous-mêmes les pleins pouvoirs de par leurs actions.
Il semble que nous devons tous avoir des objectifs clairs et rester vigilants contre les généralisations simplistes sur le boycott qui est « contre Israël du fait que celui-ci est juif, ou contre les Juifs du fait qu’ils sont en Israël ». C’est tout simplement faux. Il faut compter avec les millions de Juifs d’Israël. C’est un organisme vivant qui fera toujours partie d’une future solution. Cependant, notre devoir sacré est en premier de mettre fin à l’occupation oppressive et d’empêcher une autre Nakba ; et le meilleur moyen d’y arriver est une campagne soutenue de boycott et un désinvestissement. »
Ilan Pappé : the boycott will work, an Israeli perspective
http://www.odsg.org/co/index.php?op…
(Traduit par Chantal C. pour CAPJPO-EuroPalestine)
Interview de Jeff Halper par Frank Barat
J’ai rencontré Jeff Halper, militant israélien pour la paix depuis de nombreuses années et directeur de l’Israeli Committee Against House Demolition (ICAHD) et également auteur de nombreux ouvrages. Jeff Halper réalise actuellement une série de conférences à travers l’Europe, qui le mènera du Royaume-Uni à la Pologne. Voici ses propos sur la situation en Palestine et en Israël.

Pourriez-vous nous donner des nouvelles de la situation concernant les démolitions de maisons palestiniennes et de la situation que nombre de personnes qualifient désormais de « nettoyage ethnique » ?
Je crois qu’à ce jour, Israël en a terminé avec tout ça. Nous sommes aujourd’hui au-delà de l’occupation. Les mouvements palestiniens sont apaisés et du point de vue d’Israël, la situation dans son ensemble a été normalisée. Netanyahu s’est rendu à Washington le mois dernier pour y rencontrer Obama. A son retour, on a demandé à son conseiller comment s’était passée cette réunion et il a répondu ceci : « C’est la première fois qu’un Premier Ministre israélien rencontre un Président des Etats-Unis sans que le problème palestinien soit évoqué. »
Ainsi, dans la mesure où les Etats-Unis sont paralysés du fait de l’influence de Netanyahu sur les deux partis du Congrès et de l’absence de volonté d’action de la part d’Obama, Netanyahu s’apprête à donner le coup de grâce. Israël pourrait très ben annexer la Zone C qui représente 60% de la Cisjordanie. Il y a environ deux mois, les diplomates du Conseil de l’Europe à Jérusalem et à Ramallah, ont envoyé un rapport à l’Union Européenne déclarant qu’Israël avait expulsé par la force les Palestiniens de la Zone C. Dans la bouche de diplomates, l’expression ‘expulser par la force’ est très forte.
La Zone C abrite moins de 5 pour cent de la population palestinienne. En 1967, 250 000 personnes vivaient dans la vallée du Jourdain. Aujourd’hui, le chiffre est inférieur à 50 000. Les Palestiniens ont donc, soit été expulsés du pays, en particulier la classe moyenne, soit poussés vers les Zones A et B. 96 à 97 pour cent d’entre eux vivent dans ces zones. Dans la zone C, le chiffre de la population palestinienne a été ramenée à un niveau tellement bas, probablement autour de 125 000 personnes, qu’Israël pourrait annexer la Zone C et leur donner la pleine citoyenneté.
En résumé, Israël peut se permettre d’absorber 125 000 personnes sans mettre en péril l’équilibre démographique. Que va dire le reste du monde ? Ce n’est pas l’apartheid puisque Israël leur a donnés la citoyenneté. Je pense donc qu’Israël espère s’en tirer comme ça. Personne ne s’inquiète de ce qui se passe dans les Zones A et B. S’ils veulent déclarer un Etat palestinien, ils peuvent le faire, Israël n’a aucun intérêt à Ramallah, Naplouse et Hébron.
Autrement dit, le dossier est clos. Israël est désormais présent de la côte méditerranéenne jusqu’au Jourdain, les Palestiniens sont confinés dans les Zones A et B ou dans de petites enclaves de Jérusalem Est.
Donc, quand les gens évoquent un Etat palestinien représentant 22 pour cent de la Palestine historique, on est loin de la vérité, n’est-ce pas ? Le chiffre est inférieur ?
Oui. Salam Fayyad (Premier Ministre de l’Autorité Nationale Palestinienne) dit : « Notre Etat n’a pas à occuper une proportion spécifique du territoire. Notre Etat est un état économique et nous pouvons travailler sur cette base en annexant telle ou telle partie de territoire selon l’endroit où nous pouvons implanter nos villes ». L’idée est qu’Israël leur donne une partie de la Zone C et rassembler les enclaves. Ainsi, le nord, le sud et Gaza seront toujours isolés mais Fayyad explique : « nous pouvons travailler sur cette base ». Netanyahu et Fayyad sont passés d’une conception à deux États à une conception économique à deux États, ce qui est tout à fait différent. Le problème qui se présente aujourd’hui aux responsables, c’est comment vendre cette idée aux Palestiniens. Mais c’est selon moi ce qui nous attend. Israël a l’impression que les Palestiniens ont perdu. C’est fini. La résistance est impossible à cause de l’armée israélienne, de l’armée palestinienne mandatée, du mur… une troisième Intifada n’est pas envisageable. La politique d’Israël depuis 1923 et le Mur d’acier n’ont fait que décupler le désespoir. J’ai écrit un article à ce sujet (« The mounting despair in Palestine » ).
Les sionistes ont toujours dit qu’une fois que le seuil du désespoir serait atteint – la formulation de Ze’ev Jabotinsky à ce sujet est d’ailleurs intéressante puisqu’il évoque « le désespoir de la terre d’Israël devenant la Palestine » – ce serait la fin et la victoire leur serait acquise. Israël pense qu’on en est là. Si vous vous rendez en Cisjordanie aujourd’hui (Gaza est peut-être différent), vous entendrez les gens dire qu’ils en ont assez et qu’ils souhaitent uniquement trouver un emploi, vivre leurs vies et être heureux. D’une certaine manière, Fayyad pense pouvoir répondre à ça.
Des « pogroms » ont récemment eu lieu à Jérusalem. Un groupe de supporters du Beitar Jerusalem a attaqué des ouvriers palestiniens dans un centre commercial. Ces gens sont-ils des exceptions ou ce type d’évènement est-il représentatif de la société israélienne ?
On est ici au-delà de l’exception. Ils ne représentent pas non plus l’ensemble de la société israélienne. Cette équipe de football de Jérusalem est liée au Likoud. En Israël, de nombreux clubs de football sont associés à des partis politiques. Il existe un lien très fort entre l’idéologie du Likoud, de Begin et l’équipe du Beitar. Pour eux, l’Arabe est l’ennemi. Cela reflète donc environ un tiers de la société israélienne, celle-la même qui est pour une politique d’expansion, de colonisation et qui considère que les Arabes sont des ennemis. Au sein du Beitar, il n’y a pas que les agressions, il y a aussi les chants. A chaque fois que leur équipe marque un but, ils chantent ‘Mort aux Arabes’. On parle ici de 20 000 personnes reprenant en cœur le même slogan. Aucun Arabe n’a jamais joué pour le Beitar.
Les Arabes sont pourtant de plus en plus nombreux dans les équipes israéliennes. Mais pas au Beitar. Cette agression est une sorte de prolongement de ce comportement. On est là dans un contexte de gamins qui ont vu la société israélienne se transformer en économie néo-libérale, à la Thatcher. Et les écarts de revenus sont gigantesques en Israël. Le pays fait désormais partie de l’OCDE mais il fait aussi partie des pays ayant les plus grands écarts de revenus entre les riches et les pauvres.
Ces gamins n’ont aucun moyen de se projeter dans le futur. Ils viennent de cités, un peu comme ces jeunes qui soutiennent le Front National en France ou l’English Defense League en Angleterre. Ce sont des individus qui n’ont pas d’autre choix que de se soumettre à leurs émotions racistes pour évacuer la frustration, et le football est parfait pour ça. Il permet d’évacuer la colère, plutôt que de la diriger contre le gouvernement. C’est pour cela que ce même gouvernement sponsorise des équipes de foot !
Quelle importance ont les mots que nous utilisons, lorsque nous donnons notre avis sur le sujet de la Palestine et d’Israël. Ilan Pappé m’a récemment confié que nous devrions repenser notre vocabulaire. Peut-on encore légitimement parler de paix ou d’occupation ? Ne devrions-nous pas plutôt parler de « droit à la résistance » et d’ »apartheid ».
Bien sûr. Nos analyses comportent un certain nombre de termes. Il y en a deux en particulier : je crois qu’aujourd’hui, nous sommes au-delà de l’occupation et de l’apartheid.
Il y a donc deux mots qui reflètent une réalité politique mais qui n’ont aucune substance légale. L’un de ces termes est la « judaïsation ». Le pays entier est en train d’être judaïsé. C’est un terme que le gouvernement utilise pour « judaïser » Jérusalem, la Galilée et ce processus est donc au cœur de la situation présente. Mais elle n’a aucune référence légale. Aussi, nous travaillons avec Michael Sfard et un certain nombre d’avocats pour introduire ces termes dans le discours, avec l’idée de leur donner un cadre légal. Nous devons essayer de faire coïncider le processus et la réalité politique parce qu’il n’existe pas de précédent dans le monde.
L’autre terme est la détention (« warehousing » dans la version originale, littéralement « entrepôsage » – Ndt) car je pense qu’il a plus de sens que le terme apartheid. La détention est permanente alors que l’apartheid reconnaît qu’il y a quelque chose de l’autre côté. Le terme « warehousing » est comme une prison. Il n’existe rien de l’autre côté. Il y a nous et ces gens que nous contrôlons, qui n’ont ni droits, ni identité. Ce sont des prisonniers. Cela n’a rien de politique, c’est permanent et statique. Vous pouvez résister face à l’apartheid. Le principe de cette détention repose sur le fait que vous ne pouvez pas résister parce que vous êtes prisonnier.
Les prisonniers peuvent organiser une mutinerie dans la cour de promenade mais les gardiens ont tous les droits pour les réprimer. Israël en est à ce point. Ce sont des terroristes et nous avons le droit de les réprimer. Dans un sens, Israël est venu à bout de la communauté internationale et des Etats-Unis en particulier, en évacuant l’aspect politique de cette situation. Il ne s’agit plus aujourd’hui que de sécurité, comme c’est le cas dans les prisons. C’est un autre concept dénué de cadre légal et nous aimerions parvenir à lui en donner un parce que la détention ne se produit pas seulement en Israël. La détention existe dans tout le monde capitaliste. Deux tiers de la population mondiale subit ou a subi ce type de détention. C’est pour cela que je parle de « Global Palestine ». J’explique que la Palestine est le modèle réduit de ce qui se déroule dans la reste du monde.
Frank Barat est un activiste pour la paix, vivant a Londres. Il est le coordinateur du Tribunal Russell sur la Palestine.
Twitter@frankbarat22
De Frank Barat :
La Charte du Likoud ne reconnaît pas à la Palestine le droit d’exister
Un Israélien dans Gaza : tour d’horizon avec Jeff Halper
Pappé/Chomsky : « Le champ du possible », entretiens
De Jeff Halper :
Et maintenant, où allons-nous ?
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Aucun partenaire pour la paix : c’est notre problème avec l’Amérique
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Fin d’une odyssée
Un juif israélien à Gaza
L’Esprit frappeur palestinien
Et aussi :
Entretien avec Jeff Halper – 2e partie – interview par Matthieu Walleser
Entretien avec Jeff Halper – 1ère partie
Jeff Halper : « Alors, un Etat commun » – interview par Jürgen Rose
Jeff Halper, lauréat 2009 du Prix « Citoyen du monde » – L’équipe de l’ICAHD
Jeff Halper entame son tour d’Australie – Sonja Karkar
Jeff Halper à Gaza : “Nous sommes l’oppresseur” – Interview par Rami Almeghari
Free Gaza revient à Chypre pour un autre groupe – Jeff Halper arrêté – PNN
2 mai 2012 – Agence Medias Palestine – Publié en anglais sur : New Internationaliste Magazine
Le comité de l’upjb (Union des Progressistes Juifs de Belgique) :
Imaginez… Imaginez un instant que nous apprenions, demain, par la presse, l’établissement d’un Parlement arabo-musulman européen ! Vous entendez le tollé, la dénonciation du refus d’intégration européenne de « ces gens-là », en deux mots comme en cent, la dénonciation du péril islamiste que courrait notre bonne vieille Europe, parce que, c’est bien connu, sous tout arabo-musulman ne peut se cacher qu’un islamiste en puissance…
Et bien, pas le moindre tollé le 16 février dernier lorsqu’a été inauguré en grande pompe, à Bruxelles, le « Parlement juif européen » dans l’enceinte même du vrai Parlement européen. Pas la moindre critique dans la « grande presse », pas la moindre dénonciation de ce qui ne peut pourtant apparaître que comme la création d’un lobby juif, comme la volonté de revendiquer un particularisme juif supérieur à tous les autres particularismes. Car, en effet, pourquoi pas un parlement arabo-musulman européen, ou un parlement rom européen qui serait d’ailleurs nettement plus légitime étant donné l’ostracisme et la ségrégation dont sont victimes les Roms dans divers pays européens, ce qui est, à notre connaissance, loin d’être le cas des Juifs.
Un Parlement juif donc, composé de 120 membres représentant 47 pays européens et coprésidé par l’oligarque ukrainien Vadim Rabinovich, président du Congrès juif ukrainien, et également citoyen israélien, et… Joël Rubinfeld qu’il n’est pas besoin de présenter et qui devait certainement être en mal d’une présidence.
En fait, l’idée d’un parlement juif européen avait été lancée, il y a plusieurs années, par Shimon Peres, une idée reprise par l’Union juive européenne créée en avril 2011 et présidée par l’homme d’affaires ukrainien Igor Kolomoisky qui, en septembre 2011, a lancé une chaîne d’information baptisée Jewish News 1 qui ambitionne d’offrir une « nouvelle lecture de l’actualité mondiale en privilégiant un point de vue pro-israélien ».
On nous dit que ce « Parlement juif européen » a été élu démocratiquement… Quelque 400.000 Juifs européens auraient ainsi désigné leurs représentants via internet. Appelés par qui ? Nous n’avons en tout cas pas été informés. Peut-être fallait-il être affilié à l’un ou l’autre site, nous l’ignorons . Il faut dire que si nous avions été invités à donner notre avis, il aurait évidemment été négatif.
Car quel but poursuit donc ce « Parlement juif européen » ? Interrogé à ce sujet, Joël Rubinfeld explique qu’il a pour vocation de « travailler avec toutes les organisations juives qui existent et qui partagent les mêmes valeurs ». « Les défis sont immenses, poursuit-il, car ils concernent ni plus ni moins que l’avenir et la place de plus de 3 millions de Juifs européens dans leurs pays respectifs ». Et de citer parmi ces défis… « l’antisémitisme, le problème de la déligitimation d’Israël mais aussi la promotion des valeurs juives et l’ouverture vers d’autres communautés ». Encore faudrait-il qu’il nous dise de quelles valeurs ils s’agit à ses yeux, et qu’il nous explique aussi en quoi il considère que l’avenir et la place des Juifs européens constitueraient un défi.
Et aussi, pourquoi se substituer à ces organisations juives avec lesquelles il veut travailler ? Aucun membre du CCOJB ou du CRIF ne fait en effet partie de ce nouvel organe que l’ancien président du CRIF, Roger Cukierman, qualifie par ailleurs de « vaste fumisterie », un avis que, une fois n’est pas coutume pour ce qui concerne Cukierman, nous partageons.
Nous trouvons par ailleurs étrange que ce « Parlement » ait été accueilli le 16 février par la députée bulgare, Antonyia Parvanova, vice-présidente de l’Alliance des libéraux-démocrates présidée par Guy Verhofstadt. S’exprimant, nous dit-on, au nom du Parlement européen, (mandatée par qui, par les autres groupes ? qu’on nous permette d’en douter), elle a salué l’émergence de ce nouvel organe qui sera, selon elle, « la voix représentant la communauté juive en Europe ». Exit J-Call, exit la Fédération de « Juifs européens pour une paix juste », Longue vie au « Parlement juif européen » !
Mais une fois encore, un « Parlement juif européen » pour quoi faire ? Pour attirer l’attention sur le réveil de l’antisémitisme en Europe ? Oui, probablement, mais pas seulement… On note en effet parmi les « élus » français, le nom de Pierre Besnainou, notamment président du Fonds social juif unifié (France), grand adepte et défenseur, pour les Juifs français qui le souhaiteraient, de la double nationalité et de la double allégeance ! Le nom également de Roger Fajnzylberg, directeur général de l’OSE (Oeuvre de secours aux enfants) qui annonce bien plus clairement la couleur que Joël Rubinfeld… « C’est une aventure qui commence. Ce Parlement permettra d’exprimer un point de vue commun de soutien à Israël dans le débat international, chose ô combien nécessaire aujourd’hui ». Voilà qui est dit…
Plus clair encore, Jean-Marc Moskowicz, autre « élu » français de ce « Parlement », mais surtout président de l’Association Europe Israël qui se réjouit, sur le site de celle-ci, de l’opportunité qui est ainsi donnée de « créer un groupe de pression en soutien à Israël ». Un anti J-Call à l’évidence. Il n’est pas inutile, dans ce contexte, de nous attarder un peu sur les fondamentaux de Europe Israël…
« À l’heure où Israël subit les plus fortes pressions internationales, orchestrée par les pays arabes et islamiques ; à l’heure où une campagne haineuse sans précédent fait rage de toute part sous prétexte d’antisionisme (…) Nous, Européens de toutes nationalités et de toutes croyances, à l’instar du Peuple américain qui majoritairement soutient Israël, réaffirmons notre soutien à Israël ! Nous réaffirmons le droit d’Israël, comme pour toute Nation légitime, d’assurer sa sécurité ! Israël est le seul pays démocratique du Moyen-Orient. Cet État est porteur des mêmes valeurs Judéo-chrétiennes (sic) que l’Europe, mais aussi des mêmes valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Israël est la première ligne de défense de l’Occident et du monde libre contre le totalitarisme islamiste. En tournant sa colère contre Israël l’Occident sape sa défense contre les ennemis de la modernité et de la civilisation Occidentale que les Juifs ont largement contribué à créer.
Si Israël tombe, l’Occident suivra. Plus rien ne s’opposera à une déferlante de la dictature islamique (…). Nous réaffirmons que Jérusalem EST la Capitale d’Israël ; Jérusalem est le centre même du Judaïsme depuis des millénaires. Nous dénonçons les groupes terroristes comme le HAMAS et le HEZBOLLAH qui maintiennent volontairement la population palestinienne dans un état de pauvreté et de misère à des fins politiques, et qui se servent des populations civiles, pour réaliser leurs sinistres desseins. Nous affirmons notre soutien aux populations civiles palestiniennes de Gaza qui subissent l’endoctrinement des imams islamistes et vivent sous la terreur du HAMAS qui les prend en otage et les utilise dans une guerre qui les dépasse. Pour toutes ces raisons, nous apportons notre soutien à Israël. »
Comme nous le disions… le péril islamiste comme élément fédérateur. La prochaine réunion de ce, n’ayons pas peur des mots, lobby pro israélien clairement affiché, se tiendra en avril. Nous osons espérer qu’il ne recevra plus l’hospitalité du Parlement européen