Le Tribunal spécial sur le Liban à l’épreuve de la guerre de l’ombre


Part 1/3
René Naba | 03.08.2010 | Paris

Le Liban, une passoire


Paris, 3 août 2010 – Objet de fantasme depuis un demi siècle, le Bar de l’Hôtel Saint Georges de Beyrouth a longtemps été un haut lieu du monde interlope de la barbouzerie internationale. Réputé pour ses cocktails détonants, ses barmen avenants, ses yachts rutilants et sa plage huppée, son ambiance calfeutrée, propice à tous les chuchotements, le destinait à être le lieu de côtoiement par excellence de personnages aussi emblématiques1 qu’énigmatiques que l’agent double soviéto britannique, Kim Philby, membre du fameux groupe «The Cambridge Five», ou, le Général Taymour Bakhtiar, tombeur de Mohamad Mossadegh, le premier ministre nationaliste iranien, artisan de la première nationalisation du pétrole en 1953.

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Kassem : Accuser le Hezbollah de l’assassinat de Hariri relève du complot


31/07/2010

Le secrétaire général adjoint du Hezbollah, Naïm Kassem, a estimé hier que « le fait d’accuser le Hezbollah d’avoir assassiné Rafic Hariri constitue un complot israélo-américain visant la résistance ». « Le Hezbollah est aux antipodes de ses méthodes et ses actions », a-t-il dit.

Il a indiqué que « l’acte d’accusation du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) constitue un moyen de pression sur le Hezbollah et vise à affaiblir le parti ». « Cet acte d’accusation fait partie d’un jeu des nations qui anéantit les patries comme ce fut le cas en Irak, qui avait été accusé de posséder des armes de destruction massive », a-t-il affirmé.

Naïm Kassem a ajouté que « tout ce qui s’est passé jusqu’à présent constitue une falsification des vérités et le TSL n’est pas encore arrivé à prendre la bonne décision. Nous sommes hors du cercle des accusations, nous n’avons peur d’aucune échéance et nous avons le droit de nous défendre ». Il s’est également dit « étonné de l’attitude des leaders du 14 Mars qui contestent le fait que nous nous défendons contre de fausses accusations, bâties sur les dépositions de faux témoins ».

De son côté, Mahmoud Comati, membre du conseil politique du Hezbollah, a souligné qu’il « soutient toute action positive menant à l’annulation du TSL qui est politisé. Le secrétaire général du Hezbollah (Hassan Nasrallah) a déjà appelé dans ce cadre à la mise en place d’un tribunal arabe et d’un comité libanais qui enquêteront sur les faux témoins ». « Nous n’accepterons pas que la noble résistance soit transformée en une bande de recherchés par ce qu’on qualifie de justice internationale, et qu’elle soit accusée de terrorisme. Cela ne constitue que l’une des conséquences de l’argent dépensé par Jeffrey Feltman (sous-secrétaire d’État américain pour les Affaires du Proche-Orient) visant à ternir l’image de la résistance et à semer encore une fois la discorde au Liban », a-t-il souligné en conclusion.

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Les empreintes digitales d’Israël apparaissent dans l’assassinat de Hariri


vendredi 30 juillet 2010 – 07h:17

Rannie Amiri

Au Moyen-Orient, le lien entre les machinations politiques, l’espionnage et les assassinats est soit clair comme de l’eau de roche, soit clair comme de l’eau trouble. Pour ce qui est de l’assassinat, en février 2005, du premier ministre libanais Rafiq Hariri, affaire toujours pas résolue, l’eau pourrait devenir plus limpide.

Des enquêtes au sujet des réseaux d’espions israéliens travaillant au Liban ont conduit à plus de 70 arrestations ces 18 derniers mois. Parmi les personnes appréhendées, il y a quatre officiers de haut rang de l’armée libanaise et de la sécurité générale, dont l’un a espionné pour le Mossad depuis 1984.

L’enquête en cours a fait une percée importante en juin dernier aboutissant à l’arrestation de Charbel Qazzi, chef des transmissions et des émissions chez Alfa, l’un des deux opérateurs publics de téléphonie mobile.

Selon le quotidien libanais As-Safir, Qazzi a avoué avoir installé des programmes informatiques et planté des puces électroniques dans les transmetteurs d’Alfa. Les renseignements israéliens pouvaient ainsi les utiliser pour surveiller les communications, localiser et cibler les individus qu’il voulait assassiner et éventuellement déployer des virus capables d’effacer l’information enregistrée lors des communications. La collaboration de Qazzi avec Israël remonterait à 14 ans.

Le 12 juillet, il y a eu une deuxième arrestation chez Alfa. Tarek al-Raba’a, ingénieur et associé de Qazzi, a été appréhendé au motif d’espionnage pour Israël et pour avoir compromis la sécurité nationale. Quelques jours plus tard, un troisième employé d’Alfa a également été arrêté.

Israël a refusé de commenter les arrestations. Néanmoins, le fait qu’il ait pu apparemment pénétrer dans le secteur militaire et des télécommunications a ému le pays et suscité des inquiétudes quant à la sécurité.

Qu’est-ce que ceci a à voir avec l’assassinat de Hariri ?

Outre les conséquences de toute évidence nuisibles de la collaboration d’ officiers militaires libanais de haut rang avec Israël, c’est la légitimité même du tribunal spécial pour le Liban (STL) qui est maintenant en cause. Le tribunal, organe approuvé par les Nations unies, a été chargé d’assigner en justice les responsables de l’assassinat de l’ancien premier ministre. Le 14 février 2005, une tonne d’explosifs a tué Hariri et 21 autres personnes sur le passage de leur caravane de voitures.

On croit que le STL émettra les actes d’accusation début septembre – en s’appuyant considérablement sur les enregistrements téléphoniques et les transmissions par téléphone mobile.

Selon l’AFP, « dans son rapport préliminaire, l’équipe d’enquêteurs des Nations unies disait avoir rassemblé comme preuves des données d’appels par téléphone mobile effectués le jour de l’assassinat de Hariri.

Le National a relaté de même que « l’enquête internationale, qui pourrait aboutir à des inculpations ou à des conclusions dès septembre, aurait selon des articles de presse non vérifiés, utilisé des relevés d’appels téléphoniques pour conclure qu’il y avait eu complot pour tuer Hariri, impliquant largement la Syrie et ses alliés libanais…. »

Le 16 juillet, dans une allocution télévisée, le secrétaire général du Hezbollah, Sayyid Hassan Nasrallah, a suggéré que le tribunal utiliserait de l’information obtenue à partir de communications falsifiées par les Israéliens afin d’impliquer à tort son groupe dans l’assassinat du premier ministre :

« Dans leur analyse de l’inculpation, certains comptent sur des témoignages, dont certains se sont révélés faux, et sur des réseaux de télécommunications qui ont été infiltrés par des espions qui peuvent modifier et manipuler les données.

« Avant la guerre (de 2006), ces espions ont donné d’importantes informations à l’ennemi israélien et à partir de cette information Israël a bombardé des bâtiments, des maisons, des usines et des institutions. Beaucoup de martyrs sont morts et beaucoup d’autres ont été blessés. Ces espions sont complices de massacres, de crimes, de menaces et de l’exode de personnes.

Nasrallah a dit que la manipulation du STL est un « projet israélien » visant à semer le trouble au Liban.

Effectivement, en mai 2008, le Liban en a eu un avant-goût. Au comble du blocage de 18 mois concernant la formation d’un gouvernement d’unité nationale sous l’autorité du premier ministre de l’époque, Fouad Siniora, la décision de son cabinet de déclarer unilatéralement illégal le système de téléphonie fixe du Hezbollah a poussé le pays au bord de la guerre civile.

Reconnaissant l’importance de sécuriser leurs lignes de communication durant les combats contre l’envahisseur israélien en juillet 2006 et soupçonnant que les télécommunications publiques étaient corrompues, le Hezbollah a rejeté les plans de Siniora visant à démanteler son réseau. Ses membres se sont rapidement déployés à Beyrouth-Ouest et ont mis fin au plan du gouvernement. Deux années plus tard, ces soupçons se sont apparemment confirmés.

Michel Aoun, député de l’opposition et dirigeant du Mouvement patriotique libre a déjà prévenu Nasrallah que le tribunal inculpera probablement des membres « incontrôlés » du Hezbollah et il s’ensuivra »…. des tensions libano-libanaises et entre Libanais et Palestiniens ainsi qu’une guerre israélienne contre le Liban ».

Ajoutant foi aux assertions de Nasrallah et d’Aoun, le commandant en chef des forces de défense israélienne, Gaby Ashkenazi, a prévu « et il le souhaite de tout coeur » que la situation au Liban se détériorera en septembre après que le STL aura inculpé le Hezbollah pour l’assassinat de Hariri.

Le témoignage optimiste d’Ashkenazy, prononcé devant la commission des affaires étrangères de la Knesset, montre qu’Israël espère que le rapport du STL fomentera des troubles civils et sèmera la discorde parmi les partis libanais généralement divisés en factions pro et anti- syriennes. Si Ashkenazi peut prévoir ces conséquences, c’est parce qu’il connaît l’accès sans entraves d’Israël aux relevés téléphoniques critiques, grâce auxquels on pourra imputer faussement le crime au Hezbollah.

On a démasqué les barbouzes et les agents secrets israéliens au Liban ainsi que la manière dont ils ont infiltré le réseau de télécommunications. Le tribunal doit à tout le moins reconnaître que la preuve concernant la prétendue implication du Hezbollah dans la mort de Hariri (groupe qui a historiquement eu de bonnes relations avec l’ancien premier ministre) est totalement corrompue et a probablement été falsifiée.

L’arrestation de Qazzi et de al-Raba’a lors du démantèlement du réseau d’espionnage israélien devrait inciter le STL a porter son attention vers le seul acteur régional qui a bénéficié de l’assassinat de Hariri ; acteur qui continuera à en bénéficier s’il réalise son objectif qui est d’impliquer le Hezbollah.

Il est temps de tourner l’attention vers Tel-Aviv.

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Liban : le président syrien Assad vendredi à Beyrouth en compagnie du roi saoudien.


mercredi 28 juillet 2010, par La Rédaction

Le président syrien Bachar al-Assad effectuera vendredi, en compagnie du roi saoudien, une visite au Liban, sa première depuis l’assassinat de l’ex-dirigeant libanais Rafic Hariri en 2005, a annoncé mercredi un haut responsable gouvernemental libanais.
M. Assad et le roi Abdallah viendront à Beyrouth dans le cadre des efforts visant à calmer la situation tendue au Liban après l’annonce par le Hezbollah d’une possible mise en cause de membres du parti par un tribunal de l’ONU dans l’assassinat de Hariri, le 14 février 2005.

Pointée du doigt dans cet assassinat, la Syrie, puissance de tutelle politique et militaire pendant 30 ans, a été obligée, sous la pression de la rue et de la communauté internationale, de retirer ses troupes du Liban en avril 2005. Damas a toujours nié toute implication dans ce meurtre.

« Nous avons été informés qu’il (M. Assad) devrait voyager avec le roi Abdallah d’Arabie », a déclaré à l’AFP le responsable gouvernemental sous couvert de l’anonymat. Le monarque saoudien est attendu jeudi en Syrie avant de venir le lendemain à Beyrouth.

Damas n’a toujours pas confirmé la visite de M. Assad au Liban.

La dernière visite du président syrien au Liban remonte à 2002, lorsqu’il avait participé au sommet arabe de Beyrouth.
Rafic Hariri a été tué avec 22 autres personnes dans un attentat à la camionnette piégée à Beyrouth.
Son assassinat avait provoqué une animosité entre les deux pays voisins, avant l’établissement en 2008 de relations diplomatiques pour la première fois de l’histoire du Liban et de la Syrie.

Saad Hariri, qui avait à plusieurs reprises accusé la Syrie d’implication dans l’assassinat de son père, n’a eu de contacts officiels avec le régime de Bachar al-Assad qu’en 2009, après avoir été nommé Premier ministre.
Depuis il a effectué quatre visites en Syrie, dont trois cette année.

La visite de M. Assad et du roi saoudien interviendra au moment où le Liban craint une exacerbation des tensions, voire un renouvellement des violences sectaires après les déclarations le 22 juillet du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah disant s’attendre à ce que le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) accuse des membres du parti d’implication dans le meurtre de Hariri.
Le TSL doit publier l’acte d’accusation entre « septembre et décembre », selon son président Antonio Cassese.
La perspective d’une mise en cause du puissant groupe armé fait craindre un renouvellement des violences de mai 2008 qui avaient opposé des partisans de Saad Hariri et ceux du Hezbollah (une centaine de morts).

L’ouverture de Saad Hariri à l’égard de Damas est intervenue après un rapprochement entre Damas et Ryad, principal allié du premier ministre libanais.

(Mercredi, 28 juillet 2010 – Avec les agences de presse)

Des réactions en chaîne aux discours de Hassan Nasrallah


28/07/2010

Polémique Suite sans fin des réactions aux discours du secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, au sujet du Tribunal spécial sur le Liban.

Dans les deux camps du 8 Mars et du 14 Mars, les commentaires fusent toujours au sujet des propos tenus par le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, concernant l’éventuelle teneur de l’acte d’accusation dans l’affaire de l’assassinat de l’ancien chef de gouvernement, Rafic Hariri. Si les deux camps s’accordent sur un même point, puisqu’ils mettent en garde tous deux contre les risques de discorde, il reste qu’ils demeurent divisés sur les causes de celle-ci.
Au terme d’un entretien, hier, avec le chef du CPL, le général Michel Aoun, le ministre de l’Économie et du Commerce, Mohammad Safadi, a indiqué, en réponse à une question de la presse, qu’il n’est pas possible de dire si les accusations contre le Hezbollah dans l’affaire Hariri sont réelles ou pas. « La relation qui liait Rafic Hariri à ce parti était fraternelle », a-t-il dit, avant de rejeter toute accusation contre le Hezbollah et d’exprimer l’espoir que l’ensemble des forces libanaises, « dont le parti de Dieu, barreront la voie à toute tentative de porter un coup à l’unité des Libanais ».

Le ministre des Affaires sociales, Sélim Sayegh, a pour sa part rejeté « toute incrimination politique avant la publication de l’acte d’accusation ou la présence de preuves tangibles » contre les commanditaires de l’assassinat, tout en soulignant qu’« il n’est pas possible de réaliser la justice au détriment de la paix civile ou d’édifier une paix civile sur quelque chose qui soit faux ». Il s’est interrogé sur le point de savoir comment le TSL peut menacer cette paix et a jugé inadmissible qu’une partie « tire profit d’une erreur afin de resserrer l’étau contre le Hezbollah ». « Mais dans le même temps, il n’est pas possible de prendre de nouveau les Libanais en otages et de perturber le pays en donnant l’impression qu’un prix politique doit être payé » consécutivement à la publication de l’acte d’accusation, a-t-il fait observer.

Réuni hier sous la présidence de M. Fouad Siniora, le bloc parlementaire du Futur a réaffirmé son attachement aux résolutions de la conférence nationale de dialogue ainsi qu’aux dispositions de la déclaration ministérielle « qui ont confié au TSL le soin de faire la lumière sur l’assassinat de Rafic Hariri ». Selon lui, les attaques contre le tribunal sont préjudiciables pour la stabilité dans le pays.

Des propos contradictoires

Membre de ce bloc, M. Khaled Zahraman s’est dit surpris par la proposition de sayyed Nasrallah de former une commission libanaise qui sera chargée de suivre l’affaire de faux témoins. « Ses propos sont en contradiction totale avec ce qu’il avait dit lorsque les quatre officiers avaient été remis en liberté, au sujet de la crédibilité du TSL et de la politisation de la justice libanaise », a déclaré le parlementaire.

Son collègue Antoine Zahra a exprimé le souhait que ceux qui accusent Israël d’être impliqué dans l’assassinat de Hariri « remettent toutes les données qui étayent leurs dires au TSL, ce qui servirait en définitive la justice escomptée ».
Selon lui, les apparitions télévisées répétées de sayyed Nasrallah et son discours hostile au tribunal « montrent que le Hezbollah est déterminé à empêcher celui-ci de poursuivre son action ».

Au milieu de toute cette fièvre verbale, seul le député Ali Khreiss, du bloc Berry, semble croire que la publication de l’acte d’accusation sera différée et n’aura pas lieu en septembre ou octobre. Selon lui, le pays s’achemine vers une période de calme. Il n’en demeure pas moins qu’il s’est dit surpris par le discours israélien au sujet de l’acte d’accusation en s’interrogeant sur le point de savoir si Tel-Aviv est informé de l’évolution de l’enquête. « Nous avons soutenu le tribunal à condition qu’il reste autonome et professionnel et qu’il accomplisse sa mission loin de toute interférence. Si nous constatons cependant qu’un complot est ourdi contre la Résistance, nous ne nous tiendrons plus à l’écart parce que nous faisons partie de la cette Résistance », a-t-il dit.

Le président supérieur des Kataëb, Amine Gemayel, ne partage cependant pas l’optimisme de M. Khreiss. Il a estimé, dans une interview au site Internet d’al-Mostaqbal, que les propos tenus par sayyed Nasrallah jeudi dernier « n’étaient pas du tout rassurants (….) dans le mesure où ils révèlent que le Hezbollah n’acceptera pas que sa crédibilité et son innocence soient mises en doute ou qu’un de ses membres soit accusé du meurtre de Hariri ».

L’ancien député Ismaïl Succarieh a mis en garde contre « une justice qui risque de tout brûler sur son passage, d’autant qu’une série d’incidents dans le passé ont jeté le doute sur la crédibilité du TSL ». Pour éviter ce genre de risque, le Forum d’action nationale de M. Sélim Hoss a proposé « un dialogue ouvert en Conseil des ministres qui regroupe toutes les parties politiques » ainsi que la mise en place d’une commission ministérielle « qui établira un document de travail proposant des solutions à la crise avant qu’elle ne s’exacerbe et qu’elle ne prenne une dimension démesurée ».

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La mort de Fadlallah et la censure imposée par l’Occident


vendredi 23 juillet 2010 – 06h:23

Matthew Cassel – The Electronic Intifada

Il y a beaucoup à dire sur le grand Ayatollah Mohammed Hussein Fadlallah, l’ecclésiastique musulman chiite libanais qui a rendu son dernier souffle le 4 juillet 2010 à l’âge de 75 ans.

Des centaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues de la banlieue sud de Beyrouth pour rendre un dernier hommage à l’Ayatollah Fadlallah - Photo : Matthew Cassel

Malheureusement, beaucoup de ce qui doit être mentionné souffre d’un non-dit, au profit de reportages à sensation sur cette région et ses habitants.

Fadlallah était un ecclésiastique chiite progressiste, connu pour avoir défendu la résistance armée et les droits des femmes. Il s’était opposé aux 22 années d’occupation du Sud-Liban par Israël et avait encouragé la résistance contre celle-ci. En 1985, la CIA a été soupçonnée d’être à l’origine de l’explosion d’une voiture qui visait à le tuer – en vain, malgré la violence de l’attaque qui a provoqué la mort de 80 civils libanais et fait des centaines de blessés. Toutefois, son soutien à la résistance ne se limitait pas aux envahisseurs israéliens : l’Ayatollah Fadlallah a aussi défendu le droit des femmes à utiliser la violence pour résister aux abus domestiques.

Le lendemain de sa mort, Nasawiya, un collectif féministe libanais, a posté un message sur Facebook en s’adressant à Fadlallah : « Ta voix féministe nous manquera. » Le commentaire lié à une nécrologie de la journaliste Zeinab Yaghi écrivant en arabe pour le quotidien libanais As-Safir a dit de Fadlallah que « les femmes le considéraient comme un père » et qu’il « encourageait le travail des femmes. »

Il était un guide pour beaucoup de musulmans chiites libanais et pour beaucoup d’autres dans le monde. Au Liban, un pays divisé entre des lignes religieuses strictes, il représentait réellement une figure religieuse unique en appelant au respect des autres croyances et à la laïcité.

La plupart des journaux anglophones ont, à tort, lié Fadlallah au Hezbollah, la résistance islamique chiite et groupe politique au Liban. Ils expliquent que Faldallah a influencé les fondateurs du Hezbollah avec de nombreux autres jeunes chiites durant les années qui ont précédé puis vu la formation du Hezbollah au début des années 80. Mais au Liban, tout le monde sait que en dépit du respect mutuel qu’ils se sont témoignés, Fadlallah et le Hezbollah ne travaillaient pas ensemble et étaientmême en désaccord sur plusieurs questions. La plupart de ces dissensions fondamentales reposent sur les relations proches que le Hezbollah entretient avec la République Islamique d’Iran, alors que Fadlallah a été longtemps opposé à la direction cléricale inspirée et organisée par l’Ayatollah Khomeini après la Révolution Islamique de 1979.

Cette erreur intentionnelle de lier Fadlallah au Hezbollah n’étonne pas de la part de médias qui préfèrent souvent le sensationnalisme à la vérité quand il est question du Liban et de sa région. En tant que journaliste et photographe travaillant dans la région du Liban, je sais que les médias européens et américains s’intéressent rarement aux questions politiques et religieuses quand il n’est pas question du Hezbollah. L’importance de l’Ayatollah Fadlallah avait peu à voir avec le Hezbollah, et on l’a constaté le 6 juillet 2010 lorsque des milliers de personnes ont défilé dans les rues pour lui rendre hommage.

Rompant avec ces pratiques sensationnalistes, un commentaire placé sur le site du gouvernement britannique par Frances Guy, l’ambassadrice de Grande-Bretagne au Liban (dont j’ai critiqué les prises de position dans le passé), qui disait :

« Le monde a besoin d’hommes comme [Fadlallah], disposés à dépasser les croyances, reconnaissant la réalité du monde moderne et osant s’attaquer aux vieilles contraintes. Puisse-t-il reposer en paix. »

C’était un hommage très amical pour un guide religieux, basé sur la connaissance qu’il avait du personnage Fadlallah et sur ses rencontres avec lui à Beyrouth. Cet hommage à même réussi à ne pas mentionner le « Hezbollah » une seule fois. Je ferais le lien avec un commentaire qui, heureusement, n’a pas été supprimé « après mûres réflexions » par le ministère des affaires étrangères britannique qui pensait que Guy était un peu trop élogieux à l’égard d’une personne qui est mort sous le titre de « leader du Hezbollah ». (Par chance, ce qui entre dans le web reste dans le web et vous pouvez retrouver son commentaire ici). Guy écrivait plus tard un nouveau commentaire exprimant son regret d’avoir rendu cet hommage :

« Je n’ai aucune affinité avec le terrorisme, quoi qu’il fasse, qui soit-il. Le gouvernement britannique fait clairement savoir qu’il condamne les activités terroristes menées par le Hezbollah. Je partage ce point de vue. » Dans le même cas que Guy, Octavia Nasr, rédactrice de CNN pour le Moyen-Orient, a aussi fait part de son admiration pour Fadlallah après sa mort sur le réseau social Twitter : « Triste d’apprendre le décès de Sayyed Mohammad Hussein Fadlallah. Un des géants du Hezbollah que je respecte beaucoup. »

Nasr, une journaliste libano-américaine qui a travaillé avec CNN pendant 20 ans, a plus tard écrit un article regrettant son tweet qui a ensuite été supprimé ; dans son article, elle tenait à nous rappeler dans quel camp elle se trouve, utilisant les mots « terreur » ou « terroriste » cinq fois. J’ai suivi son travail avec CNN et je sais que son travail ne devait guère déranger les personnes de l’actuelle administration américaine. pourtant la seule fois où elle se l’est permis, elle se fait virer.

Ces flagrant-délits de censure de la part des gouvernements et médias occidentaux prouvent que donner une image précise et nuancée du Moyen-Orient n’est pas à l’ordre du jour. Après tout, une image précise montrerait que ces guerres financées et soutenues par l’Occident sont loin d’être justes, et il est par conséquent facile de comprendre combien ceux qui leur résistent sont aussi largement soutenus. Non seulement Fadlallah soutenait la résistance, mais il s’attaquait aussi au stéréotype que beaucoup en Occident ont et qui décrit l’Islam comme une religion ne tolérant pas les droits des femmes.

Fadlallah était un guide que même une personne connaissant peu cette région pourrait facilement respecter. La censure occidentale appliquée à propos de sa mort prouve la complicité de nos médias avec les politiques mortelles et oppressives de nos gouvernements au Moyen-Orient.

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Le grand ayatollah Mohammad Hussein Fadlallah


Le grand ayatollah Mohammad Hussein Fadlallah

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 04.07.10 |

Le grand ayatollah Mohammad Hussein Fadlallah, autrefois considéré comme le mentor du parti pro-iranien Hezbollah et personnalité très influente de l’islam chiite, est mort dimanche à l’âge de 75 ans, a affirmé à l’AFP un de ses principaux conseillers. Né en 1935 dans la ville sainte de Najaf (Irak), le grand ayatollah avait été admis vendredi dans un hôpital de Beyrouth pour une hémorragie interne. Mohammad Hussein Fadlallah était considéré comme le guide spirituel du Hezbollah, durant les premières années de ce mouvement pro-iranien fondé au Liban en 1982 avec le soutien des Gardiens de la Révolution iraniens.

A l’instar du leader actuel du Hezbollah, Hassan Nasrallah, il était inscrit par les Etats-Unis sur leur liste des « terroristes internationaux » établie en 1995. Il avait été accusé dans les années 1980 par les médias américains d’être à l’origine des prises d’otages d’Américains au Liban par des groupes radicaux liés à l’Iran. D’autres médias le présentaient également comme un médiateur dans cette crise, mais la nature de son rôle n’a jamais été élucidée. Personnalité très influente de l’Islam chiite au Liban, en Asie centrale et dans le Golfe, Fadlallah se servait de ses prêches du vendredi pour dénoncer la politique américaine au Moyen-Orient.

Dès les premières années, les relations s’étaient distendues entre l’ayatollah et le Hezbollah à cause de l’influence grandissante de Téhéran sur le « parti de Dieu » mais le « Sayyed » [titre donné aux descendants du prophète Mahomet] était resté un partisan de la Révolution islamique en Iran et de la lutte armée contre Israël. Comme le Hezbollah, il était en faveur de l’instauration d’un régime islamique au Liban, en estimant cependant que ce scénario n’était possible qu’à travers la volonté populaire.

Le Grand ayatollah était depuis plus de 40 ans l’une des principales autorités de l’islam chiite dans le monde arabe. Il a émis des fatwas (décrets religieux) interdisant les crimes dits d’honneur ou l’excision. Auteur de plusieurs ouvrages théologiques, il était connu pour son ouverture sur le développement scientifique et son audace dans l’interprétation des textes de l’islam. Le charismatique dignitaire à la barbe blanche et au visage serein était connu pour ses avis religieux tolérants, notamment vis-à-vis des femmes. En 2005, il avait interdit les attentats contre les civils après des attaques meurtrières dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, sachant qu’il avait autorisé les attentats suicide au Liban et dans les territoires palestiniens contre « l’occupant israélien ».

500 millions de dollars contre le Hezbollah


mercredi 30 juin 2010, par Alain Gresh

Jeffrey D. Feltman, assistant de la secrétaire d’Etat américaine et responsable du bureau des affaires du Proche-Orient, et Daniel Benjamin, coordinateur du bureau de lutte contre le terrorisme, ont témoigné devant une commission du Sénat le 8 juin 2010. Il s’agissait d’évaluer la force du Hezbollah.

Concluant leur témoignage, ils ont déclaré :

« Les Etats-Unis continuent de prendre très au sérieux les menaces que le Hezbollah fait peser sur les Etats-Unis, le Liban, Israël et l’ensemble de la région. Nous avons déployé de grands efforts diplomatiques, à travers la lutte antiterroriste et une aide matérielle, pour réduire cette menace et cette influence du Hezbollah dans la région et promouvoir la paix, la stabilité et la prospérité à travers le Proche-Orient. »

L’ensemble du développement reprend les analyses de l’administration précédente sur le Hezbollah, définissant celle-ci comme une organisation terroriste responsable notamment de la guerre de l’été 2006. Elle est aussi « l’une des milices les mieux armées et les plus dangereuses dans le monde ».

Mais le plus intéressant, c’est la reconnaissance de l’aide directe apportée par les Etats-Unis aux forces libanaises qui luttent contre le Hezbollah.

« Les Etats-Unis fournissent une assistance et un appui à tous ceux qui, au Liban, travaillent pour créer des alternatives à l’extrémisme et réduire l’influence du Hezbollah dans la jeunesse. (…) A travers l’USAID et la Middle East Partnership Initiative (MEPI), nous avons contribué depuis 2006 à hauteur de plus de 500 millions de dollars à cet effort. Cette assistance substantielle représente l’une des facettes de notre soutien inaltérable au peuple libanais et à l’instauration d’un Liban fort, souverain, stable et démocratique. Depuis 2006, notre aide totale au Liban a dépassé le milliard de dollars. Si nous laissions tomber les millions de Libanais qui veulent un Etat représentant les aspirations de tous les Libanais, nous créerions les conditions par lesquelles le Hezbollah pourrait remplir le vide et devenir encore plus fort. »

Que des pays étrangers s’ingèrent dans les affaires libanaises, on s’en doutait. Le Liban est, depuis longtemps, un champ d’affrontements de puissances régionales, de l’Iran à Israël, de la Syrie à l’Arabie saoudite. Plus inhabituel est le fait qu’une grande puissance reconnaisse ouvertement qu’elle mène une action permanente contre l’une des principales forces du pays, force qui participe, par ailleurs, au gouvernement. Ces pratiques américaines rappellent les interventions des Etats-Unis en France ou en Italie durant la guerre froide contre les partis communistes.

Le Hezbollah, qui a rendu public son nouveau programme le 1er décembre 2009, est la seule force libanaise qui maintient une milice armée.

La déclaration américaine a soulevé un vif débat au Liban quand elle a été connue, à partir du 22-24 juin. Le Hezbollah a affirmé qu’il déposerait plainte contre les Etats-Unis devant les tribunaux.

Dans le quotidien libanais Al-Safir du 29 juin, Nabil Haitam affirme qu’une liste de 700 noms de personnes et d’organisations ayant bénéficié de l’aide américaine circule, et que certains ont reçu des sommes comprises entre 100 000 et 2 millions de dollars. Le journaliste s’interroge :

« Quelles clauses du code pénal ces groupes ou personnes ont-ils violées ? Est-ce que contacter ou agir avec un Etat étranger, et travailler avec cet Etat en échange d’argent à une campagne visant l’une des composantes de la société libanaise – une campagne qui pourrait avoir déstabilisé la société –, est légal ? » (…)

Et Haitam se demande pourquoi Feltman a rendu cette information publique, d’autant qu’elle risque d’embarrasser des alliés des Etats-Unis au Liban. Selon lui, l’ambassade américaine à Beyrouth a rassuré ses alliés en leur affirmant que Feltman voulait simplement montrer au Congrès que les Etats-Unis agissaient au Liban et qu’il n’est pas question qu’ils révèlent des noms.

Autre son de cloche avec l’éditorial de Tariq Alhomayed, rédacteur en chef du quotidien panarabe pro-saoudien Al-Sharq Al-Awsat (23 juin) : « Hezbollah wants transparency ? ». Il cite le député Nawaf Al-Moussaoui, qui a déclaré que « si l’ambassade américaine veut être transparente, alors qu’elle donne la liste des noms de ceux qui ont reçu la plus grande partie de cet argent, dont il est dit qu’il a aidé le peuple libanais ».

Alhomayed soulève la question du financement du Hezbollah, que le secrétaire général de ce parti, Hassan Nasrallah, qualifie « d’argent pur ».

« Comment cet argent arrive-t-il au Liban ? Qui le reçoit ? Qui le distribue ? Combien a été dépensé pour les médias et pour acheter des journalistes et des politiciens ? Combien a été dépensé pour acheter des armes ? Combien a été dépensé pour dédommager les victimes de la guerre de 2006, comme le Hezbollah s’y était engagé ? »

Questions intéressantes venant d’un journal notoirement financé par l’Arabie saoudite, qui a arrosé le Liban pour y acheter journalistes et responsables politiques…

Et Alhomayed pose un autre problème :

« Si le Hezbollah veut la transparence, alors il devrait y avoir la transparence sur tous les sujets. (…) Et le Hezbollah doit faire ce qu’il demande aux Américains. » Le journaliste demande que le Hezbollah fasse la lumière sur un scandale financier lié à l’homme d’affaires Salah Ezzedine, dont la faillite a provoqué la ruine de nombreux Libanais. Or, cet homme d’affaires, selon le journaliste, avait de nombreuses connexions avec des membres du Hezbollah.

Notons aussi qu’aux Etats-Unis, certains se prononcent pour un dialogue avec le Hezbollah. Ainsi, William Crocker, ancien ambassadeur en Irak entre 2007 et 2009 (nommé par le président George W. Bush), s’est prononcé en ce sens devant le comité des affaires étrangères du Sénat (« Former US envoy favors talking to Lebanese resistance », The Daily Star, 10 juin).

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Feu vert libanais au départ pour Chypre de l’un des navires humanitaires destinés à Gaza


L’un des deux bateaux de militants libanais déterminés à briser, à partir du Liban, le blocus imposé à la bande de Gaza a reçu le feu vert des autorités libanaises pour se diriger vers Chypre, aucune ligne maritime directe n’existant entre Beyrouth et Israël ou les territoires palestiniens.

« Le ministre des Travaux publics et des Transports a donné son accord de principe pour nous diriger vers Chypre, à condition que notre bateau soit conforme aux critères en vigueur », a affirmé à l’AFP Thaer Ghandour, membre de Journalistes sans limites, une ONG libanaise participant à l’expédition

Le cargo Julia, rebaptisé Nagi el-Ali, du nom d’un célèbre caricaturiste palestinien, se trouve actuellement au port de Tripoli, dans le nord du Liban, pour inspection. Il rassemblera, selon les organisateurs, des dizaines de journalistes libanais et étrangers, tandis qu’un deuxième navire, le Mariam, regroupera une cinquantaine de militantes, dont 30 Libanaises. Ce navire attend toujours le feu vert des autorités libanaises. Les deux bateaux seront chargés d’aide.

Samedi, la représentante israélienne à l’ONU a estimé que l’État hébreu était en droit d’user de « tous les moyens » pour éviter que des militants se rendent par bateau du Liban à Gaza, ont affirmé samedi les médias israéliens.

« Nous sommes habitués aux menaces israéliennes. Nous allons poursuivre notre objectif et réaffirmer notre engagement qui est à caractère humanitaire », a indiqué M. Ghandour.

Le Hezbollah a souligné vendredi qu’il n’était pas impliqué dans le projet.

À Jérusalem, le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a prévenu le Liban qu’il serait « responsable » si « une confrontation violente et dangereuse » avait lieu.

L’assaut mené le 31 mai par l’armée israélienne contre une flottille humanitaire internationale qui tentait de « briser » le blocus avait coûté la vie à 9 passagers turcs. Pressé après ce raid de desserrer l’étau sur la bande de Gaza, Israël a confirmé dimanche la levée de l’embargo sur tous les « biens à usage civil », tout en maintenant son blocus maritime pour empêcher l’importation de matériel de guerre dans ce territoire palestinien. L’allègement du blocus de la bande de Gaza est « la meilleure décision qu’Israël pouvait prendre », a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au lendemain de l’annonce de la levée de l’embargo sur les biens « à usage civil ».

« La décision du cabinet (de sécurité) de lever le blocus civil sur la bande de Gaza et de renforcer le blocus sécuritaire a été prise en coordination avec les États-Unis, le représentant du quartette (pour le Proche-Orient) Tony Blair et d’autres chefs de gouvernement », a expliqué M. Netanyahu lors d’une intervention devant la commission de la Défense et des Affaires étrangères du Parlement. « C’est la meilleure décision que pouvait prendre Israël car elle retire au Hamas son principal argument de propagande et nous permet, ainsi qu’à nos amis dans le monde, de nous rassembler autour de nos revendications justifiées en matière de sécurité », a déclaré M. Netanyahu.

À propos des projets d’expéditions maritimes d’Iran et du Liban à destination de Gaza, le Premier ministre a estimé « qu’il s’agit de tentatives de l’Iran et du Hezbollah de forcer le blocus maritime et sécuritaire autour du Hamas ». « C’est pourquoi la décision du cabinet (de sécurité) est aussi importante. Elle nous donne une raison légitime aux yeux de nos amis dans le monde pour renforcer le blocus sécuritaire tout en levant le blocus civil », a répété M. Netanyahu.

Le départ des bateaux iraniens retardé

Par ailleurs, le départ de deux bateaux d’aide humanitaire iranienne pour Gaza a été retardé à une date indéterminée, a indiqué hier un responsable du Croissant-Rouge iranien. « La modification, selon les prescriptions de la Croix-Rouge internationale, de la cargaison devant être acheminée à Gaza ainsi qu’un certain manque de coordination internationale ont entraîné un retard dans le départ de la flottille du Croissant-Rouge », a dit Mohammad Javad Jafarian. « Aucune date précise n’a encore été fixée pour ce départ », a précisé ce responsable de la branche jeunesse à l’organisation, cité par l’agence ISNA.

Le Croissant-Rouge iranien a annoncé début juin son intention d’envoyer deux bateaux chargés d’aide humanitaire et de volontaires à Gaza, dans une tentative de briser le blocus imposé depuis quatre ans. Un bateau chargé d’aide humanitaire devait en principe partir au début de cette semaine, l’autre transportant des « travailleurs humanitaires volontaires » attendant le feu vert des autorités iraniennes pour des questions de « sécurité ». « Les bateaux iraniens transporteront de l’aide humanitaire et n’auront aucune arme à bord (…) si bien que toute agression constituerait une violation des lois maritimes » internationales, a souligné M. Jafarian. Le Croissant-Rouge iranien avait précisé que son opération devait se faire « en coordination avec le gouvernement turc ». Il avait aussi annoncé l’envoi séparé d’un bateau-hôpital vers les côtes de Gaza « dans un avenir proche ».


http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/661868/Feu_vert_libanais_au_depart_pour_Chypre_de_l%27un_des_navires_humanitaires_destines_a_Gaza.html

Blocus de Gaza : Israël multiplie les menaces contre le Liban


20/06/2010


Il existe des « mécanismes appropriés » pour envoyer de l’aide, dit l’ambassadrice israélienne. Elle appelle le Liban « à faire preuve de responsabilité et à empêcher ces bateaux de partir pour la Bande de Gaza ».

FLOTTILLE DE LA LIBERTÉ La représentante israélienne à l’ONU a estimé dans une lettre adressée à l’organisation que l’État hébreu était en droit d’user de « tous les moyens » pour éviter que des militantes se rendent par bateau du Liban à Gaza, ont affirmé samedi les médias israéliens.

Dans une lettre adressée au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, citée par des radios et les sites Internet de plusieurs journaux, l’ambassadrice Gabriella Shalev indique qu’Israël soupçonne ces militantes d’être liées au Hezbollah.

« Israël se réserve le droit en conformité avec la législation internationale d’avoir recours à tous les moyens nécessaires pour empêcher ces bateaux de violer le blocus maritime imposé à la bande de Gaza », a indiqué le site du journal Haaretz, citant la lettre de Mme Shalev.

« Il semble que quelques bateaux ont prévu de partir du Liban pour naviguer jusqu’à la bande de Gaza qui est sous le contrôle du régime terroriste du Hamas », a-t-elle ajouté. « Alors que ceux qui organisent cette opération affirment qu’ils veulent (…) apporter une assistance humanitaire au peuple de Gaza, la véritable nature de ces actions reste douteuse », a-t-elle écrit.

Un groupe d’une cinquantaine de femmes, dont 30 Libanaises, entend rallier Gaza à bord d’un navire chargé d’aides, le « Mariam ». Aucune date de départ n’a encore été avancée.

Le Hezbollah a souligné vendredi qu’il n’était pas impliqué dans le projet. « Le succès de telles entreprises est lié à leur caractère civil et populaire, voilà pourquoi nous tenons depuis le début à ce que le Hezbollah en reste éloigné, tant au niveau de la coordination que du soutien logistique, ou de la participation.

Nous ne faisons pas cela parce que nous ne sommes pas généreux, mais parce que nous ne voulons pas donner à l’ennemi un prétexte supplémentaire pour s’attaquer aux navires », a affirmé le communiqué publié par le parti de Dieu.

À Jérusalem, le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a prévenu le Liban qu’il serait « responsable » si « une confrontation violente et dangereuse » avait lieu. Un haut responsable de la défense a averti qu’Israël tiendrait le Liban pour responsable si le Hezbollah était impliqué dans la cargaison d’aide.

Les États-Unis ont officiellement averti le Liban, vendredi, de ne pas prendre à la légère les mises en garde israéliennes concernant les navires Naji el-Ali et Mariam. Le conseil américain est simple : la marine israélienne arraisonnera ces navires et emprisonnera les activistes.

Les pressions de la communauté internationale sur Israël pour améliorer le sort des 1,5 million d’habitants du territoire palestinien se sont intensifiées après l’assaut meurtrier de la marine israélienne le 31 mai contre une flottille humanitaire internationale qui tentait de « briser » ce blocus.

source : L’Orient le Jour

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