Le prix Nobel de la paix à un dissident chinois


Une réaction de Jean Bricmont

10 octobre 2010

Ceux qui ont attribué le prix Nobel de la paix à un dissident chinois nous expliquent que la paix et les droits de l’homme sont inséparables. On se demande bien, alors, comment il se fait que le pays qui proclame le plus son attachement aux droits de l’homme (les Etats-Unis) soit aussi celui qui a le plus de soldats à l’étranger et qui mène le plus de guerres et d’interventions de toutes sortes.

Le fait est que les Chinois voient l’attribution de ce prix comme une ingérence occidentale de plus dans leurs affaires intérieures. On pourrait peut-être la défendre, au nom des droits de l’homme, si les autres ingérences, déploiement de troupes et agitation des minorités, n’avaient pas lieu. Mais tant que les défenseurs des droits de l’homme ne comprennent pas que, dans la mesure où leur politique est liée de facto à la volonté hégémonique de l’Occident, cette politique, même avec les meilleurs intentions du monde, ne fera qu’augmenter les tensions internationales et, à cause de cela, ralentira les progrès en faveur des droits de l’homme qu’ils souhaitent.

Si ceux qui attribuent le prix Nobel veulent vraiment montrer leur courage, ils pourraient sans doute trouver un Palestinien innocent dans les geôles israéliennes (parmi les milliers qui s’y trouvent) et lui décerner leur prix. La réaction serait amusante à observer.

Le jour-sans doute pas si lointain- où les Chinois seront devenus plus forts que nous, on peut craindre qu’ils se « souviendront » de toutes les humiliations que nous leur avons fait subir dans le passé, depuis les guerres de l’opium et le sac de palais d’été jusqu’au soutien actuel au Dalai Lama et aux dissidents ; si la vengeance est un plat qui se mange froid, je préfère ne pas faire partie d’un banquet chinois lorsque ce moment du souvenir sera venu.

Jean Bricmont
http://www.silviacattori.net/article1365.html

Pétition contre l’intimidation intellectuelle à l’ULB


Le 20 septembre dernier se tenait ,au Janson, une conférence sur «la Liberté d’expression» à la suite de la projection du film d’Olivier Mukna : «Est-il permis de débattre avec Dieudonné?». Cette projection-débat était organisée par le Cercle du Libre Examen et présidée par le vice Recteur aux affaires sociales et étudiantes de l’ULB, M. Marc Van Damme. Les débattants étaient quant à eux: Souhail Chichah (chercheur en économie de la discrimination à l’ULB), Jacques Englebert (avocat spécialisé en Droit des médias, maître de conférence à l’ULB), Joël Kotek (politologue et historien) et Olivier Mukuna (journaliste indépendant). .

Depuis cette conférence, Maurice Sosnowski, président du CCOJB et professeur à l’ULB, orchestre une scandaleuse campagne de diffamation auprès de la presse et des autorités académiques de l’ULB afin de museler la liberté d’expression dans notre Université en réclamant des sanctions contre M. Chichah et M. Van Damme. Face à cette campagne diffamatoire visant à confisquer le droit de débattre de la politique israélienne à l’ULB, nous devons réagir! Il en va de notre liberté d’expression!
Video intégrale du débat: http://www.sidimedia.blip.tv/
Si vous aussi, vous êtes sensibles à cette affaire, alors, je vous encourage à signer cette pétition et à faire suivre cet Email à vos contacts.

Adresse de la pétition : http://www.lapetition.be/petition.php?petid=8387

Pétition : Pétition contre l’intimidation intellectuelle à l’ULB

« Lettre ouverte :

-à Monsieur Le Pro-Recteur,
-à Monsieur Le Président du Conseil d’Administration de l’ULB,
– à l’ensemble du corps académique de l’ULB,

Mesdames, Messieurs,

Nous, étudiants et chercheurs/professeurs de l’Université Libre de Bruxelles et nous, citoyens, demandons aux autorités académiques de prendre leurs responsabilités face à la campagne diffamatoire de M. Sosnowski à l’encontre de M. Chichah et de M. Van Damme.

En accusant, à tort, de «propos vomitifs sur la Shoah» M. Chichah, en le taxant d’antisémitisme et en accordant du crédit à une vidéo malhonnête publiée par l’UEJB (http://www.youtube.com/results?search_query=d%C3%A9rive+incontr%C3%A9e+ulb&aq=f) décontextualisant et coupant les propos de Souhail Chichah, M. Sosnowski participe d’une campagne d’intimidation et de diffamation qui consiste à qualifier toute personne critique envers l’État d’Israël d’antisémite.

M. Sosnowski, dans sa lettre ouverte au Conseil d’Administration de l’ULB datant du 21 septembre 2010, déclare «j’ai honte qu’un assistant de notre université soit autorisé à gaver ses étudiants de propos haineux. Je demande donc au CA de réagir et de condamner ce qui s’est passé[…]». Qui plus est, il accuse, le vice-recteur, Monsieur Van Damme d’ «une surdité sélective», «d’incompétence», d’avoir laisser «la haine du juif se développer dans l’enceinte de l’ulb» entre autres accusations diffamatoires.

Vous trouverez à l’adresse suivante, la carte blanche (envoyée également sous forme de Lettre ouverte au président du Conseil d’Administration) à l’adresse suivante :
http://www.lesoir.be/debats/cartes_blanches/2010-10-01/on-a-laisse-la-haine-du-juif-se-developper-au-sein-de-l-ulb-796056.php

En conséquence, nous, étudiants, chercheurs/professeurs et citoyens, demandons aux autorités académiques de rétablir M. Chichah et M. Van Damme dans leurs honneurs et nous réclamons des excuses publiques de M. Sosnowski.

Ainsi, en toute solidarité avec M. Chichah et M. Van Damme, j’appose ma signature :

Signer la pétition / De petitie ondertekenen. Signer la pétition / De petitie ondertekenen.

Est-il antisémite de critiquer l’Etat juif ?


Souhail Chichah

Me faisant l’honneur de la critique de l’un de mes textes, «Supplique à mon Roi» , M. Kotek, professeur à l’ULB ainsi qu’administrateur du CCLJ et directeur de publication de la revue Regards, m’accusait en mars dernier de négationnisme dans un billet d’humeur intitulé «Un indigène à géométrie variable» .

Dans une récente carte blanche publiée dans Le Soir, c’est aujourd’hui au tour du Pr. Sosnowski, président du CCOJB et professeur à l’ULB, de m’accuser d’antisémitisme et de négationnisme, pour des propos tenus lors d’une conférence sur la liberté d’expression, organisée par le Cercle du Libre Examen de l’ULB, le 20 septembre dernier. Le Pr. Sosnowski envoya également cette carte blanche sous forme de lettre ouverte au Conseil d’Administration de l’ULB afin de lui demander une sanction .

Les accusations du Pr. Sosnowski se font l’écho des mêmes griefs portés par la parlementaire MR Teitelbaum, à la une sur le site du CCLJ et sur les ondes de radio Judaica, dès le lendemain de ladite conférence.

Actuellement, l’UEJB diffuse massivement un montage vidéo dénaturant à l’extrême ma pensée, en décontextualisant et tronquant mes interventions du 20 septembre. Cette grossière tentative de manipulation médiatique est évidente au regard de l’enregistrement intégral de mes propos. Tant cet enregistrement que la caricature qui en est faite par l’UEJB sont disponibles sur la toile.

A cette indigne escroquerie intellectuelle succèdent depuis des menaces de mort accompagnées d’un déferlement de haine islamophobe. Anonymes bien entendu.

Que me vaut cette campagne de dénigrement et d’intimidation? Pourquoi ces honorables associations ne saisissent-elles pas les tribunaux si elles pensent avérés les délits infâmes dont elles m’accusent ?

En réalité, et le film de la conférence l’atteste de manière irréfutable, ce ne sont pas d’impossibles propos antisémites ou négationnistes qui cabrèrent d’indignation le Pr. Sosnowski et qui le firent bondir vers la sortie de l’hémicycle, mais bel et bien mon inaudible et blasphématoire « Israël est un État raciste, ségrégationniste et colonial». Mme Teitelbaum le rapportera à sa façon: « (…) il tient des propos vomitifs sur la Shoa, mais surtout il hait Israël. (…). Ils ont la haine du Sioniste, du juif sioniste, du Juif…»4.

Ainsi donc la critique rationnelle de l’État d’Israël, réduite avec mépris à l’expression d’un affect haineux, surpasserait dans l’ignominie le négationnisme? Ainsi donc la critique du sionisme serait-elle celle des Juifs? Que de faux raccourcis attentatoires à notre si chère liberté d’expression !

Ce n’est pas la première fois que le Pr. Sosnowski laisse entendre «qu’antisionisme et antisémitisme [sont] les deux faces d’une même pièce » , pour reprendre les propres termes du président du CCOJB qui entend également « endiguer le venin de l’antisionisme » . Est-ce cette croisade contre l’antisionisme qui l’amena également à formuler des « propos malveillants et diffamatoires » contre l’UPJB, au motif qu’elle ne reconnaîtrait pas « l’existence de l’Etat d’Israël » ?

Ainsi donc, plutôt que de débattre de la légitimité et de la pertinence de la mise en question du régime israélien, le Pr. Sosnowski préfère mener cabale et recourir au terrorisme intellectuel afin de réprimer le débat citoyen, et ce dans le temple même du Libre Examen. Il n’hésite pas pour ce faire à instrumentaliser la mémoire des victimes du génocide juif, au service de la défense « à tout prix » d’un Etat critiqué pour son ethnocide des Palestiniens et pour son mépris patent du droit international, par une part importante et grandissante de l’opinion.

Belle éthique humaniste que celle qui met en concurrence la souffrance des uns et des autres. Le génocide juif, comme tous les crimes contre l’Humanité, appartient à la mémoire universelle. Il doit être remémoré dès que l’histoire bégaie, sans forcément attendre qu’elle se répète. Ce n’est pas minimiser le génocide juif, ce n’est pas le diminuer. Que la mémoire des morts participe à sauver de la mort, quel plus bel hommage peut-il être rendu aux victimes du nazisme ? C’est en ce sens que bien des consciences juives fondent leur solidarité avec les Palestiniens, au nom précisément de leurs chers exterminés par les nazis. En opposition radicale avec nombre de margoulins de l’industrie de l’Holocauste, pour emprunter à l’une des plus belles voix juives de notre époque, l’inestimable Norman Finkelstein.

Ceux qui, comme le président du CCOJB, recourent au terrorisme intellectuel afin de museler les débats en amalgamant légitime solidarité communautaire et soutien inconditionnel à l’Etat d’Israël, soutien « à tout prix » comme le revendique bien, selon l’UPJB10, la charte du CCOJB, ceux-là portent une écrasante responsabilité morale dans la confusion dangereuse qui conduit tristement certains à confondre antisionisme et antisémitisme.

Rappelons ici avec force notre rejet de toutes les discriminations raciales. Qu’elles soient le fait d’antisémites ou de sionistes. Rendons également hommage à l’une des figures mythiques de l’ULB, le très regretté Marcel Liebman, en citant un extrait de son témoignage autobiographique de la condition juive sous l’occupation allemande : « Une solution des problèmes du Moyen-Orient n’est concevable que si Israël, (…), prend graduellement les mesures propres à diminuer toutes les conditions discriminatoires entre Arabes et Juifs qu’il a établies en vertu de sa nature sioniste. Une telle perspective impliquerait certes un abandon des postulats fondamentaux du sionisme. Mais si la survie de millions d’Israéliens, comme individus et comme collectivité, était à ce prix, qui donc prendrait la responsabilité de la rejeter, et même, comme cela est si souvent le cas, d’en refuser l’examen? »

Ces lignes furent écrites en 1977. Que de chemin parcouru depuis…à reculons!

Souhail Chichah Chercheur en Economie de la discrimination ULB

1 http://bougnoulosophe.blogspot.com/2010/02/supplique-mon-roi.html 2 http://www.cclj.be/article/45/876 3 http://www.ccojb.be/publications/communiques/lettreouverteauconseildadministrationdelulbdemauricesosnowski/ 4 http://www.cclj.be/article/3/1319 5 http://sidimedia.blip.tv/ ouhttp://www.youtube.com/watch?v=jWCHjReJed8 6 http://www.youtube.com/watch?v=o4Ee0xjFZiI7 http://blogs.politique.eu.org/Un-bateau-juif-pour-Gaza 8 http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/568306/maurice-sosnowski-nouveau-federateur-du-monde-juif.html 9 http://www.upjb.be/spip.php?article111

source

Non à la criminalisation du boycott d’Israël : appel


Appel de personnalités pour la liberté d’expression

Par des opérations non-violentes et symboliques, des élu-e-s et militant-e-s, dont une parlementaire, ont souhaité attirer l’attention de l’opinion publique sur le refus de l’Etat d’Israël de se conformer aux principes inscrits dans les traités européens et dans les accords d’associations qu’ils ont signé, à savoir le respect des Droits Humains et celui de la traçabilité des produits à l’exportation.
Par la même occasion, ils dénoncent l’impunité dont bénéficient les autorités israéliennes, impunité qui cautionne ces violations répétées du droit international et l’injustice que subit au quotidien le peuple palestinien du fait de l’occupation coloniale.
Pour avoir osé user de leur liberté d’expression dans le respect des principes républicains, ces élu-e-s et militant-e-s sont aujourd’hui poursuivi-e-s devant la justice pour provocation à la discrimination raciale, voire pour antisémitisme. Il s’agit d’un chantage fondé sur un amalgame inacceptable !

 

La critique de la politique du gouvernement israélien relève du débat d’idées et s’exerce dans le respect des grands principes fondamentaux de notre droit, dont celui de la liberté d’expression.

En aucun cas, les actions menées par ces élu-e-s et militant-e-s ne peuvent être considérées comme des actes, paroles ou propos « discriminatoires à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes, à raison de son origine ou de son appartenance ou non appartenance à une nation ».

Nous dénonçons cet amalgame qui voudrait nous faire taire devant cette injustice qui heurte nos valeurs universelles.

Pour signer la pétition, allez au bas de cette page

Boycott : la contre-offensive d’Israël et de ses amis


Cet article remonte à février 2010, mais il est d’actualité en raison des procès anti bds en cours

« Je n’accepte pas que des personnes, responsables associatifs, politiques ou simples citoyens, appellent au boycott de produits au motif qu’ils sont kasher ou qu’ils proviennent d’Israël. Je souhaite que le parquet fasse preuve de davantage de sévérité à ce sujet. J’ai donc adressé une circulaire aux parquets généraux, leur demandant d’identifier et de signaler tous les actes de provocation à la discrimination. J’entends que tous les auteurs d’actes soient poursuivis dès qu’ils auront été identifiés et notamment quand les appels auront été faits sur Internet. A cet égard, je salue la détermination du parquet dans l’affaire de l’individu qui avait appelé au boycott de produits israéliens par voie d’affichettes dans un centre commercial de Mérignac (1) . » Ainsi s’exprime Mme Michèle Alliot-Marie, ministre d’Etat, ministre de la justice et garde des sceaux, le 18 février, dans son discours au dîner de l’antenne bordelaise du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).

L’« individu » qu’elle évoque s’appelle Sakina Arnaud. Membre de la Ligue des droits de l’homme, elle participe à la campagne Boycott-Désinvestissement-Sanction (BDS) dans sa région. Lui reprochant d’avoir apposé des autocollants sur des produits provenant de colonies israéliennes de Cisjordanie, le grand magasin Carrefour de Mérignac porte plainte contre elle pour « dégradation légère ». Le parquet requalifie toutefois la plainte en « incitation à la discrimination raciale, nationale et religieuse ». Sur cette nouvelle base, le tribunal de Bordeaux la condamne, le 13 février, à une amende pénale de 1 000 euros, plus 1 euro de dommages et intérêts pour les parties civiles (l’association Avocats sans frontières de Gilles-Wiliam Goldnadel, qui vient d’être élu à la direction du Conseil représentatif des institutions juives de France, et la Chambre de commerce France-Israël) et 500 euros de frais de justice. Carrefour, en revanche, est débouté !

Que les autorités françaises aient voulu faire un exemple, nul n’en doute. Mais il y a fort à parier qu’elles n’en resteront pas là. D’ores et déjà, des militants d’autres villes sont convoqués au commissariat ou la Préfecture pour avoir participé à telle ou telle action BDS. Pourtant, le 20 mai 2009, dans une réponse au député Eric Raoult à l’Assemblée nationale, Mme Michèle Alliot-Marie assurait : « Depuis le début du conflit israélo-palestinien au mois de décembre 2008, plusieurs associations de défense de la cause palestinienne sont intervenues dans des grandes surfaces en appelant au boycott des produits en provenance d’Israël ou de pays supposés apporter une aide à ce pays (…). Ces opérations, il faut bien le préciser, touchent des produits importés d’Israël et non des produits casher. » (2)

Le mouvement de solidarité aurait-il, entre-temps, changé d’orientation et de méthodes, pour s’en prendre aux produits, magasins et restaurants juifs observants ? Le ministère de l’intérieur n’a signalé aucune action de ce type. Et pour cause : l’antisémitisme et le racisme ont toujours été radicalement étrangers au mouvement français de solidarité avec la Palestine. Comment une ministre d’Etat peut-elle se contredire avec autant d’aplomb, pour proférer une contre-vérité reprise à son compte par le premier ministre lui-même (3) ? Et pourquoi cette tentative soudaine pour intimider et discréditer ceux qui dénoncent l’impunité d’Israël ?

La réponse se trouve peut-être dans cet aveu récent de Daniel Shek, l’ambassadeur d’Israël en France : « Nous encourageons des organisations à porter plainte contre les organisateurs du boycott. Nous conduisons des activités politiques à l’ambassade en liaison directe avec des ministres, des organisations, des étudiants et des consommateurs, qui se réveillent (4) ». Etrangement, cette intervention directe dans les affaires intérieures françaises n’a entraîné aucune réaction du Quai d’Orsay. On imagine comment ce dernier aurait réagi si la Déléguée générale de Palestine en France s’était targuée publiquement de se concerter avec des membres du gouvernement et des associations afin d’organiser le dépôt de plaintes contre l’importation en fraude de produits des colonies de Cisjordanie sous l’appellation frauduleuse made in Israël…

Mais l’ingérence de M. Daniel Shek trahit surtout l’affolement des dirigeants israéliens devant leur isolement croisant, avec l’adoption par l’Assemblée générale des Nations unies du rapport Goldstone (novembre 2009) et la ferme prise de position du Conseil des ministres des affaires étrangères de l’Union européenne sur Jérusalem (décembre), sans oublier le Dubaïgate (février 2010). Alors que la complicité de la « communauté internationale » conditionne plus que jamais la possibilité pour Israël de poursuivre sa politique anti-palestinienne, cette « série noire » a de quoi inquiéter MM. Benyamin Netanyahou, Avidgor Lieberman et Ehoud Barak.

D’autant qu’une partie de l’opinion, choquée par le massacre de Gaza et lasse de l’impunité d’Israël, entre à son tour dans l’arène, pour faire pression sur les responsables économiques et politiques. Avec de premiers succès. Les gouvernements britannique et irlandais exigent d’Israël qu’il étiquette les produits des colonies. Veolia, à qui son implication dans le tramway de Jérusalem a fait perdre des marchés juteux, envisage de s’en retirer. La banque Dexia cesse de prêter aux colonies (sauf celles de Jérusalem). Le puissant Fonds souverain norvégien désinvestit d’une société chargée de l’électronique du mur. Le Fonds de pension danois PKA et la Danske Bank boycottent la colonisation. Sans parler des « petites victoires » remportées à la base : Nouvelles Frontières modifiant son site et son catalogue, Soda-Club écarté de la Fête des vendanges à Montmartre, etc.

La contre-offensive juridique coordonnée par l’ambassade d’Israël avec des associations pro-israéliennes et l’appui des autorités françaises peut de surcroît se heurter à une contradiction juridique. Si le boycott d’Israël et de sa production en tant que tel tombe notamment sous le coup des articles 225-1 et 225-2 du Code pénal et de l’article 24, alinéa 8, de la loi du 29 juillet 1881, en revanche aucune loi ne réprime celui des produits de la colonisation israélienne. Au contraire, ces derniers sont directement visés par plusieurs textes européens et français :

– l’Accord d’association Union européenne-Israël, qui, par son article 83, exclut les produits des colonies des avantages fiscaux dont jouissent ceux « du territoire israélien ». Autrement dit, ils doivent acquitter des taxes qu’ils fraudent en se présentant comme produits d’Israël. Dans son avis en date du 29 octobre 2009, l’avocat général de la Cour européenne de justice, précise que « le régime préférentiel en vertu de l’accord CEE-Israël ne peut être appliqué à un produit originaire de Cisjordanie et, plus généralement, des territoires occupés » ;

– le Code français du commerce, qui interdit la falsification des « règles d’origine » des produits (et donc la mention « made in Israël » au lieu de « made in Palestine » ou « made in Westbank », etc.) ;

– la Directive européenne 2005/29/CE du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2005 « relative aux pratiques commerciales déloyales des entreprises vis-à-vis des consommateurs ». Cette directive est relayée dans le droit français par les articles L 121-1 et suivants du code de la consommation qui prévoient et répriment les pratiques commerciales trompeuses créant une confusion ou reposant sur des allégations ou présentations fausses ou de nature à induire le consommateur en erreur.

Si la campagne BDS choisit de se concentrer sur les productions des colonies (5), elle peut donc s’appuyer sur la loi et porter ainsi un coup d’arrêt sérieux à la contre-offensive concoctée par Daniel Shek. A moins que Mme Alliot-Marie, qualifie le législateur (européen et français) d’« antisémite » et le poursuive comme tel…
Dominique Vidal

(1) « Michèle Alliot-Marie : “Ma présence parmi vous ce soir est l’occasion de réaffirmer la place de la communauté juive au sein de notre Nation” », crif.org.

(2) Séance unique du mercredi 20 mai 2009, Assemblée nationale.

(3) Au dernier dîner du CRIF, le 4 février 2010, M. François Fillon dénonçait les « scandaleux mouvements de boycott des produits casher ou israéliens ».

(4) The Marker, Tel-Aviv, 27 janvier 2010.

(5) Omar Barghouti, qui fut à l’initiative de la campagne et la coordonne du côté palestinien, précise dans un texte très récent : « La direction palestinienne collective du BDS a toujours pensé que les personnes et organisations de conscience qui soutiennent les droits humains connaissent le mieux leurs situations respectives et sont les plus capables de décider des moyens et des rythmes appropriés pour construire le mouvement BDS dans leur environnement. Quelquefois, viser tactiquement des produits faits seulement dans les colonies peut-être le meilleur moyen pour faire progresser une campagne » (« Boycott “Ariel” and the Rest ! All Israeli Academic Institutions are Complicit in Occupation and Apartheid », Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel).

source

Mobilisation générale !


Nouveau procès boycott qui implique l’ensemble des organisations faisant partie de la campagne BDS France : Mobilisation générale !

Chers amis,

Nous venons de recevoir une (nouvelle) citation à comparaître le 29 octobre au Tribunal de Paris, pour la publication sur site europalestine.com, d’une Action BDS à Carrefour Evry, le 4 juillet 2009, considérée comme un « délit de provocation à la discrimination, la haine ou la violence envers un groupe de personnes à raison de leur appartenance à la nation israélienne »

Il se trouve que cette vidéo que vous pouvez voir ou revoir sur notre site ou bien sur

est, comme c’est écrit en toutes lettres à la fin de cette vidéo, une action collective, organisée par la Campagne BDS France. Elle est signée par une série d’organisations : Génération Palestine, CCIPPP, NPA, IJAN, Comité Palestine Montreuil, CAPJPO- EuroPalestine, Collective Villeneuve, Respaix…

Les T.Shirts bleus que l’on voit sur la vidéo « sont ceux de la campagne BDS France », relève la citation à comparaître, et les propos qui sont cités comme « délictueux », selon le plaignant (toujours le fameux Sammy Ghozlan du Bureau National de Vigilance Contre l’antisémitisme) sont prononcés par des personnes qui ne sont pas membres de notre association, l’une d’entre elles étant le maire du Village de Masaara en Cisjordanie, qui s’était joint à cette action, alors qu’il était de passage en France (son identité est indiquée dans la vidéo).

Il nous semble que cette nouvelle attaque vient à point nommé pour organiser une riposte unitaire d’envergure. Tout d’abord parce que l’action visée est une action emblématique de la Campagne BDS en France, et qu’elle se présente comme telle, puisqu’il est indiqué dans cette vidéo que ce magasin Carrefour n’a pas été choisi par hasard mais parce qu’il se trouve à Evry, tout comme le siège de cette enseigne qui :
– met en vente des produits sans traçabilité,
– qui triche sur les provenance des produits (nous avons les preuves)
– qui encourage la colonisation en vendant des machines Soda-Cub, produites dans la colonie de Maale Adounim dans les territoires palestiniens
– et qui se permet d’attaquer en justice des militant(e)s qui, eux, défendent le droit (Bordeaux, Mulhouse)

Et d’autre part parce qu’il est grand temps de se regrouper pour mettre un terme à ces attaques, qui sont :
– un détournement de la loi sur la discrimination en faveur de criminels de guerre
– une atteinte grave à la liberté d’expression
– un scandale quand on ose venir nous accuser de « discrimination », alors qu’il n’y a pas pire discrimination que celle imposée au peuple palestinien, et ce depuis des décennies !

Nous demandons donc à l’ensemble des organisations parties prenantes de la campagne internationale BDS de :

1) mettre cette vidéo unitaire sur leur site. C’est simple, copier les codes de la rubrique intégrer depuis youtube:

2) demander à Monsieur le Procureur de la République près du Tribunal de Grande Instance de Paris : Palais de Justice 14, quai des Orfèvres. 75001 Paris, à être jugés solidairement pour cette action et pour sa publication sur les sites de chaque association ou parti concernés, parce que nous en sommes tous fiers et que nous la revendiquons

3) d’organiser sans plus attendre une vaste mobilisation pour protester contre ces mesures de répression intolérables contre des personnes qui, dans toute le pays, se lèvent pour dire NON à l’étranglement d’un peuple, NON à la privation de liberté, NON aux crimes de guerre, NON au blocus de Gaza.
Non seulement, cette répression ne nous fera pas taire, mais elle engendrera une mobilisation exemplaire, pour faire honte à un gouvernement qui tente de baillonner ceux qui n’ont pas une conception à géométrie variable des droits de l’homme et du droit international.

Nous vous signalons que, outre le procès de Sakina Arnaud, militante de la Ligue des Droits de l’Hmme, qui viendra en appel le 24 septembre à Bordeaux, ont été annoncés ceux de 3 militants à Perpigan le 11 octobre prochain (cf notre site), celui de Alima Boumedien-Thiery (sénatrice Verts) et d’Omar Slaouti (dirigeant NPA) le 14 octobre à Pontoise, celui indiqué plus haut à Paris le 29 octobre…. et d’autres. M. Ghozlan se vante, n’est-ce pas, d’avoir déposé plus de 80 plaintes.

Unis, nous avons les moyens de faire regretter à nos dirigeants d’avoir choisi le camp de l’occupant !

Amitiés,
Olivia
CAPJPO-EuroPalestine
http://www.europalestine.com

Les blogueurs marocains se retrouvent dans le collimateur des autorités


mercredi 7 avril 2010, par Isabelle Mandraud

Après deux mois et neuf jours passés en prison, Boubaker Al-Yadib a été remis en liberté, lundi 5 avril. Le blogueur marocain avait été arrêté, puis condamné à six mois d’emprisonnement par le tribunal de Guelmim, dans le sud du pays, pour avoir notamment diffusé sur Internet les photos d’une manifestation réprimée, en décembre, dans un village. Un mois plus tôt, un autre blogueur, arrêté pour les mêmes raisons, El-Bachir Hazzam, avait lui aussi recouvré la liberté. Mais pas le patron du cybercafé qui a écopé d’un an de prison ferme, ramené à huit mois en appel.

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