Michèle Alliot-Marie appelle Israël à « mettre fin » au blocus de Gaza


vendredi 21 janvier 2011, par La Rédaction

La ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie a exhorté vendredi Israël à « mettre fin » au blocus de la bande de Gaza lors de sa première visite dans ce territoire palestinien, chahutée par des manifestants pro-Hamas. Michèle Alliot-Marie a été conspuée par quelques dizaines de protestataires lui reprochant des propos qui lui ont été attribués par erreur au sujet du soldat israélien Gilad Shalit, capturé en juin 2006. Sa visite de l’hôpital Al-Quds à Gaza a été perturbée par les manifestants, maintenus à l’extérieur par le service d’ordre, qui ont provoqué une cohue au milieu de laquelle la ministre est restée imperturbable. Une chaussure a été lancée en sa direction, mais elle l’a esquivée, selon des témoins.
Auparavant, les mêmes protestataires avaient jeté des chaussures et des oeufs vers son véhicule lors de son arrivée au poste de sécurité du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007. « Il y a Gilad Shalit, mais aussi 7.000 prisonniers palestiniens » dans les prisons israéliennes, pouvait-on lire sur l’une des banderoles des manifestants. Par haut-parleur, un manifestant a imputé à Mme Alliot-Marie des propos tenus jeudi en sa présence par le père de Gilad Shalit, Noam Shalit, qualifiant de « crime de guerre » la détention au secret de son fils, qui a également la nationalité française.
Dans un communiqué publié jeudi soir sur la foi des propos de Noam Shalit attribués à tort à la ministre française par plusieurs médias, dont la radio israélienne, le Hamas a dénoncé « la déclaration partiale de la ministre française des Affaires étrangères décrivant l’enlèvement de Shalit comme un crime de guerre ». « Dans les manifestants, il y avait des mères dont je peux comprendre la tristesse, mais d’autres avaient souvent d’autres visées. Il faut rester serein. Il y avait une trentaine, une cinquantaine de manifestants, ce n’était pas très grave », a déclaré la ministre après le premier incident.
Dans un discours au Centre culturel français de Gaza, elle a appelé Israël à lever complètement le blocus du territoire peuplé d’1,5 million d’habitants, dont 85% dépendent de l’aide internationale. « Le blocus de Gaza engendre la pauvreté et nourrit la violence. Au nom des valeurs de liberté et de dignité que nous avons en partage, la France appelle Israël à y mettre fin », a-t-elle déclaré. « Des mesures d’allègement ont été prises (par Israël). Elles sont positives mais il faut aller plus loin. Ce sont les importations de biens de construction et de matières premières, les exportations et le libre mouvement des personnes qui doivent désormais être possibles », a plaidé la chef de la diplomatie.
Jusqu’à présent, les autorisations d’exportations vers l’Europe – limitées – portent principalement sur des fleurs, des légumes ou des fruits. Michèle Alliot-Marie s’est entretenue avec les dirigeants de l’Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNWRA), mais aucune rencontre n’a eu lieu avec des autorités du Hamas, qui reste un paria de la communauté internationale. Il s’agissait de la première visite à Gaza d’un chef de la diplomate française depuis celle de Philippe Douste-Blazy en septembre 2005. Après Gaza, Michèle Alliot-Marie doit poursuivre sa première tournée au Proche-Orient comme ministre des Affaires étrangères par l’Égypte et la Jordanie, deux régimes inquiets d’éventuelles répercussions de la révolution tunisienne.

(Vendredi, 21 janvier 2011 – Avec les agences de presse)

Manifestation hostile à l’entrée du convoi de Michèle Alliot-Marie à Gaza


vendredi 21 janvier 2011

Site Salah Hamouri/Yahoo-Reuters

GAZA (Territoires palestiniens) – Des manifestants palestiniens ont jeté vendredi des chaussures et lancé des huées au passage du convoi de la ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie entrant à Gaza.

Ils protestaient contre des propos attribués à tort par le service arabe de la radio israélienne à la ministre, mais tenus en sa présence jeudi par le père du soldat israélo-français enlevé Gilad Shalit, Noam Shalit. Ce dernier avait affirmé que « détenir un otage sans le laisser rencontrer des représentants de la Croix-Rouge, c’est un crime de guerre« .

De source au sein de la délégation, on a confirmé que le convoi avait été brièvement ralenti, sans faire état de jets de projectiles.

Une trentaine de manifestants palestiniens brandissant des banderoles bloquaient le poste de sécurité du mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza.

« Il y a Gilad Shalit mais aussi 7000 prisonniers palestiniens« , pouvait-on lire sur l’une d’elles. Sur une vaste pancarte une photo de Mme Alliot-Marie était barrée d’un trait rouge avec l’inscription « get out of Gaza (« Sors de Gaza« ).

Deux enfants, en pleurs et terrorisés, ont été allongés devant les roues des 4×4 des Nations unies transportant la délégation avant d’être récupérés par leur famille quelques minutes plus tard.

Par haut-parleur, un manifestant a imputé à Mme Alliot-Marie les propos de Noam Shalit, soulignant que Gilad Shalit était au moment de son enlèvement en juin 2006 un militaire israélien sous l’uniforme et pas un civil français.

Lors de sa rencontre avec Noam Shalit, Mme Alliot-Marie s’était engagée à intervenir auprès de l’Union européenne et « de faire passer le message pour que le prisonnier reçoive des visites de la Croix-Rouge« .

site :  Salah Hamouri

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Plusieurs dizaines de Palestiniens ont bloqué le véhicule dans lequel se trouvait la ministre française
des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, à son arrivée dans la bande de Gaza.
(Reuters)

 

La ministre française des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, a été vivement prise à partie par une foule de Palestiniens en colère, vendredi, lors d’une visite dans la bande de Gaza.

Selon des témoins, plusieurs dizaines de Palestiniens ont bloqué le véhicule dans lequel elle circulait et tapé du poing sur le capot en criant « Hors de Gaza !« , à son arrivée dans le territoire sous contrôle du Hamas.

Des oeufs et des chaussures se sont abattus sur le pare-brise de la voiture, alors que la ministre y reprenait place après avoir visité un hôpital. Les forces de sécurité du Hamas ont dû intervenir pour permettre au véhicule de repartir.

Les manifestants étaient des proches de Palestiniens détenus en Israël indignés par les propos attribués à Michèle Alliot-Marie lors d’une rencontre avec les parents du militaire franco-israélien Gilad Shalit, détenu depuis l’été 2006 par des activistes, ont précisé des Gazaouis.

Selon la presse locale, la ministre française a parlé de « crime de guerre » pour qualifier la détention du soldat Shalit, mais n’a pas évoqué le sort des prisonniers palestiniens. Le Hamas réclame la libération de centaines d’entre eux en échange de celle de Shalit.

« Nous rejetons cette déclaration et nous exhortons la France à revoir sa position qui ne sert pas le rôle qu’elle joue dans la région« , a déclaré Sami Abou Zouhri, porte-parole du Hamas.

L’Allemagne travaille depuis des mois à la libération de Shalit.

Il s’agit du premier voyage de Michèle Alliot-Marie dans la région depuis sa nomination à la tête de la diplomatie française, lors du remaniement ministériel intervenu à la mi-novembre.

Nidal al Moughrabi, Jean-Philippe Lefief et Pierre Sérisier pour le service français, édité par Gilles Trequesser

Visite chahutée de MAM à Gaza : les images


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Des manifestants palestiniens ont jeté vendredi des chaussures et hué la ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie lors de son entrée à Gaza. Ils protestaient contre des propos attribués à tort par le service arabe de la radio israélienne à la ministre, mais tenus en sa présence jeudi par le père du soldat israélo-français enlevé Gilad Shalit, Noam Shalit. Ce dernier avait affirmé que « détenir un otage sans le laisser rencontrer des représentants de
la Croix-Rouge, c’est un crime de guerre
« .

Une trentaine de manifestants palestiniens brandissant des banderoles ont bloqué le poste de sécurité du mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza. « Il y a Gilad Shalit mais aussi 7.000 prisonniers palestiniens », pouvait-on lire sur l’une d’elles. Sur une vaste pancarte une photo de Mme Alliot-Marie était barrée d’un trait rouge avec l’inscription « get out of Gaza (Sors de Gaza) ».