Terrorisme: la perpétuité pour Abdelkader Belliraj


belliraj

Le Belgo-marocain Abdelkader Belliraj, accusé d’avoir dirigé un réseau terroriste de 35 membres au Maroc et à l’étranger, a été condamné mardi à la prison à perpétuité par le tribunal antiterroriste de Salé (près de Rabat).

Les 34 autres co-accusés ont été condamnés à des peines allant d’un an de prison avec sursis à 30 ans de prison. La peine de mort avait été requise le 1er juin par le procureur contre Abdelkader Belliraj, principal accusé dans cette affaire. On ignore si le principal accusé ira ou non en appel. Il n’y a pas de libération anticipée au Maroc.

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AI : ACTION URGENTE


DOCUMENT PUBLIC Index AI : EUR 41/007/2009 – ÉFAI

AU 106/09 Craintes de renvoi forcé / Craintes de torture ou d’autres mauvais traitements / Craintes de procès inique

ESPAGNE Ali Aarrass (h)

Mohamed el Bay (h)

Ali Aarrass et Mohamed el Bay pourraient être extradés très prochainement vers le Maroc, où ils risquent d’être détenus au secret, de subir des actes de torture et d’autres mauvais traitements, ainsi que d’être victimes d’unprocès inique.L’Audience nationale espagnole a approuvé leurs extraditions fin 2008 et celles-ci doivent maintenant recevoir la confirmation finale du Conseil des ministres. Si ces extraditions ont lieu, elles constitueront une violation des obligations qui incombent à l’Espagne en vertu du droit international relatif aux droits humains, notamment de la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Ali Aarrass et Mohamed el Bay ont été arrêtés dans la ville espagnole de Melilla le 1er avril 2008, dans le cadre des mandats d’arrêt internationaux demandés par le Maroc le 28 mars 2008. L’Audience nationalea autorisé l’extradition d’Ali Aarrass vers le Maroc le 21 novembre 2008.Cette décision a été confirmée en appel le 23 janvier 2009, le gouvernement marocain ayant assuré qu’Ali Aarrass ne serait pas condamné à mort ni à une peine d’emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle. Ali Aarrass a soutenu que sa double nationalité belgo-marocaine devait empêcher son extradition vers le Maroc, mais le tribunal a rejeté cet argument.

À la connaissance d’Amnesty International, Ali Aarrass a interjeté appel devant la Cour constitutionnelle, mais ce recours n’a pas d’effet suspensif sur la procédure d’extradition. La demande d’extradition attend maintenant l’approbation finale du Conseil des ministres, qui peut être donnée à tout moment.

L’Audience nationale a autorisé l’extradition de Mohamed el Bay le 22 décembre 2008. Cette décision a été confirmée en appel le 12 mars 2009, malgré le fait que Mohamed el Bay vive en Espagne depuis sa naissance et soit citoyen espagnol depuis 1976. En vertu de l’accord de 1997 relatif aux extraditions entre l’Espagne et le Maroc, l’extradition par un État de l’un de ses ressortissants est interdite. Cependant, le tribunal s’est appuyé sur une carte d’identité marocaine au nom de Mohamed el Bay, trouvée à son domicile au moment de son arrestation, afin de prouver qu’il jouissait illégalement de la double nationalité et, par conséquent, pouvait être légitimement renvoyé au Maroc en tant que ressortissant marocain.À la connaissance d’Amnesty International, Mohamed el Bay n’a pas été officiellement déchu de sa nationalité espagnole. La demande d’extradition attend maintenant l’approbation du Conseil des ministres.

Ali Aarrass et Mohamed el Bay sont tous les deux recherchés au Maroc pour des infractions liées au terrorisme et sont accusés d’appartenir à un réseau terroriste dirigé par le ressortissant belgo-marocain Abdelkader Belliraj. En février 2008, les autorités marocaines ont arrêté quelque 35 personnes et annoncé le démantèlement du réseau terroriste dirigé par Abdelkader Belliraj, qui était, semble-t-il, en train de préparer des attaques « terroristes ». Ali Aarrass a fait l’objet d’une information judiciaire ouverte en 2006 par l’Audience nationale pour des infractions liées au terrorisme mais, le 16 mars 2009, cette juridiction l’a provisoirement close en raison de l’insuffisance des éléments de preuve.

L’Espagne est partie à plusieurs traités internationaux interdisant expressément le renvoi de toute personne dans un pays où elle risquerait d’être torturée, notamment la Convention européenne des droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Les allégations de torture et d’autres mauvais traitements à l’égard des personnes soupçonnées de terrorisme se sont considérablement multipliées à la suite des attentats à la bombe qui ont eu lieu à Casablanca le 16 mai 2003.Des poursuites judiciaires ont été engagées contre plus de 1 500 personnes soupçonnées d’être impliquées dans ces attentats, ou encore d’avoir projeté ou incité à d’autres actes violents attribués à des groupes islamistes. Des centaines de personnes condamnées auraient été torturées en détention, mais les autorités marocaines n’ont pas mené d’enquête appropriée sur ces plaintes. Beaucoup ont été condamnées à de longues peines d’emprisonnement et plus d’une dizaine ont été condamnées à mort sur la base d’« aveux » qui, selon elles, auraient été extorqués sous la torture ou au moyen d’autres mauvais traitements.

Bien que les allégations d’actes de torture subis par des personnes soupçonnées de terrorisme aient diminué ces dernières années – après un pic à la suite des attentats à la bombe de Casablanca en 2003 –, un certain nombre de personnes arrêtées dans le cadre de l’affaire de la « cellule Belliraj » dirigée par Abdelkader Belliraj (c’est le cas d’Ali Aarrass et de Mohamed el Bay) ont, semble-t-il, été détenues au secret dans des lieux clandestins et soumises à des actes de torture et d’autres mauvais traitements. Amnesty International a reçu des informations indiquant que des personnes impliquées dans l’affaire de la« cellule Belliraj »avaient été arrêtées par la Direction de la surveillance du territoire (DST). Selon certains renseignements, plusieurs personnes arrêtées dans le cadre de cette affaire ont été emmenées au centre de détention de Témara, géré par la DST, bien que le Code de procédure pénale marocain dispose que les agents de la DST ne sont pas autorisés à arrêter, détenir ou interroger des suspects car ils n’appartiennent pas à la police judiciaire. Un certain nombre de détenus auraient été maintenus en garde à vue pendant des périodes dépassant la durée maximale de douze jours prévue par le droit marocain.

Par ailleurs, plusieurs prisonniers auraient été détenus au secret pendant plusieurs semaines sans aucun contact avec le monde extérieur, en violation de la législation marocaine ainsi que du droit international relatif aux droits humains et des engagements internationaux pris en la matière.

Amnesty International a également recueilli des informations faisant état d’actes de torture et d’autres mauvais traitements qu’auraient subis des détenus pendant les interrogatoires. En outre, un certain nombre d’avocats de la défense se sont plaints du fait que les autorités ne leur fournissaient pas les dossiers complets de leurs clients, ce qui constitue une atteinte au droit de ces derniers à une défense efficace.

Dans la majorité des cas où une plainte a été déposée au sujet d’actes de torture, l’enquête n’a pas été ouverte, a été close, n’a pas été menée comme il se devait ou n’a pas donné lieu à des poursuites contre les auteurs présumés de ces violences. Jusqu’à présent, des centaines de détenus islamistes condamnés après les attentats à la bombe de 2003 à Casablanca demandent toujours la révision judiciaire de leur procès car les allégations d’actes de torture et d’autres mauvais traitements infligés par les forces de sécurité au cours d’interrogatoires n’ont pas été examinées.

ACTION RECOMMANDÉE :dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol, en anglais ou dans votre propre langue) :

– exhortez les autorités à ne pas extrader Ali Aarrass ni Mohamed el Bay vers le Maroc, car ils risqueraient d’être détenus au secret, de subir des actes de torture et d’autres mauvais traitements, ainsi que d’être victimes d’un procès inique ;

– faites-leur remarquer que le renvoi forcé d’Ali Aarrass ou de Mohamed el Bay au Maroc constituerait une violation du principe de non-refoulement et des engagements pris par l’Espagne en vertu de la Convention européenne des droits de l’homme, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

APPELS À :

Ministre de la Justice :
Excmo.Sr. D. Francisco Caamaño Dominguez

Ministerio de Justicia

C/ San Bernando 45

28015 Madrid, Espagne

Courriers électroniques : ministro@mju.es

Fax :+34 91 390 22 44

+34 91 390 22 68

Formule d’appel :Estimado Sr. Ministro,/ Monsieur le Ministre,

Vice-présidente :

María Teresa Fernández de la Vega

Complejo de la Moncloa

28071 Madrid, Espagne

Courriers électroniques : secretaria.vicepresidencia@vp.gob.es

Fax :+34 91 390 04 34

Formule d’appel : Dear Vice President,/ Madame la Vice-présidente,

ainsi qu’aux représentants diplomatiques de l’Espagne dans votre pays.

Le martyre de Zahra:Au Maroc, la dictature a de beaux restes


Olivier Bonnet

zahra

« Elle s’appelle Zahra Boudkour, elle est étudiante à l’université de Marrakech, elle a vingt ans. Pour avoir participé à une marche pacifique de protestation, elle a été brutalement frappée par la police, conduite avec des centaines de ses camarades au sinistre commissariat de la Place Jemaa-El-Fna, et sauvagement torturée. Durant plusieurs jours, les policiers l’ont contrainte à demeurer nue, alors qu’elle avait ses règles, devant les autres détenus. Pour dénoncer cet ignoble traitement, Zahra a commencé, en juin dernier, une grève de la faim. Elle est actuellement dans le coma. Sa vie ne tient qu’à un fil. Quelqu’un, en Europe, a-t-il entendu parler de cette jeune étudiante ?

Nos médias ont-ils au moins cité la dramatique situation de Zahra ? Pas un mot. Rien non plus sur un autre étudiant, Abdelkebir El Bahi, jeté par la police du haut d’un troisième étage et cloué désormais, pour le restant de ses jours, à un fauteuil roulant à cause d’une fracture de la colonne vertébrale… Zéro information également à propos de dix-huit autres étudiants de Marrakech, camarades de Zahra, qui, pour dénoncer leurs conditions de détention dans la funeste prison de Boulmharez, sont aussi en grève de la faim depuis plus de deux mois.

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Le programme du festival Daarkom : un cocktail détonnant.


Le programme du festival Daarkom qui se déroulera les 11 et 12 avril au Bozar est désormais fixé. L’excitation se fait impatiente. C’est un riche assortiment de musique, films, art, littérature, débat et j’en passe. Mais comment fait-on pour mettre sur pied un festival qui s’adresse aussi bien à un public culturellement affranchi qu’à la population de ceux pour qui la salle de concert et la scène de théâtre ne sont guère des espaces familiers ? Et cela à l’échelle de la Flandre, de Bruxelles, communautés marocaine et autres incluses. Le responsable de la programmation

Mohamed Ikoubaân lève un coin du voile.
Mohamed Ikoubaân: ”Nous avons opté pour une programmation très diversifiée, conformément à la vision générale de Daarkom. Daarkom, la très prochaine Maison des Cultures maroco-flamande se veut un foyer accessible à tous, où les communautés bruxelloise, flamande, marocaine puissent se sentir chez elles. Le programme du festival n’en devait pas moins se justifier d’un point de vue artistique tout en demeurant accessible au grand nombre. Pas question de faire du nombrilisme culturel. C’est pourquoi nous avons composé une affiché où les célébrités côtoient des noms moins fameux. Les programmations à Bozar et au Beursschouwburg sont distinctes, mais reposent sur une philosophie commune. Dans l’espace du Beursschouwburg par exemple, l’axe directeur de notre panachage culturel qui comprend musique, cinéma, débats, art, conférences, etc. est la participation. Nous voulons que le public puisse contribuer activement aux workshops, aux débats, que ce soit un laboratoire d’où puissent même émerger de nouveaux projets susceptibles – pourquoi pas – d’intéresser Daarkom.

Le nom Daarkom, somme toute, signifie « votre maison ». L’édifice (l’ancienne Gaîté dans le Fossé aux loups bruxellois) est encore dans les échafaudages (rires), mais au Beursschouwburg nous voulons précisément créer l’atmosphère qui sera ultérieurement celle de Daarkom intra-muros. Ce festival est tout à la fois cuisine et dégustation. Nos priorités sont le dialogue et une sorte de pollinisation hybride, certainement pas la soi-disant « identité marocaine », pour autant que cette expression signifie quelque chose.”

Concrètement, que peut-on attendre de cette ‘pollinisation culturelle’ lors du festival Daarkom ?
“Nous avons obtenu la participation de duos hybrides sensationnels, entre autres les artistes plasticiens Hassan Darsi et Els Dietvoort. Ils donnent vie – lui depuis Casablanca, elle depuis Bruxelles – à la notion de melting pot, le hochepot des cultures. Leur art vidéo, plastique ou littéraire ouvre des perspectives surprenantes et roboratives qui transcendent les identités culturelles sans toutefois les perdre de vue et en y ramenant mais selon d’autres modes plus inventifs.

Il y a aussi les jumeaux Yassin et Taha Adnan. Le premier vit à Marrakech, le second à Bruxelles. Poètes l’un et l’autre, ils animent de surcroît tous deux des émissions littéraires à la télévision. Il est remarquable que le premier n’ait jamais songé à quitter le Maroc, tandis que son frère est complètement intégré à la vie bruxelloise. Aucun des deux ne parle flamand, mais ce n’est pas un sujet de fixation pour Daarkom. Les récits migratoires sont universels et reposent sur la notion de choix. Dans le cas des frères Adnan, c’est l’amour de la poésie qui constitue leur véritable gémellité. Le pourquoi de leurs histoires divergentes est passionnant à entendre.”

Le Beursschouwburg accueillera aussi des écrivains, des metteurs en scène, des musiciens, sans compter les films et les animations pour enfants.

“Sur le plan littéraire également, nous avons la chance d’accueillir une véritable paire d’as. Au Maroc, Mohamed Berrada est une personnalité de premier plan. Son sujet de prédilection est la problématique urbaine. Son vis à vis est l’écrivain Tom Naegels, qui présentera son nouveau livre au cours du festival. Entre les deux auteurs, certainement depuis ‘Los’ de Naegels, les affinités thématiques sont flagrantes..

Nous aurons également un débat public sur « identité et origine », auquel participeront la sociologue Nadia Fadil et la linguiste Mina Lafkaoui. L’une et l’autre étant des filles d’immigrants de la première génération, leur approche théorique de la question se trouve en quelque sorte étoffée par l’expérience personnelle. Que signifie d’être tout à la fois Flamand, Marocain, Berbère et Bruxellois ?

Dans quel ordre déclineriez-vous la série et pourquoi ? Le volet musical n’est pas en reste au Beursschouwburg, où se produiront le groupe fusion Sahara Blues, les Berbères hollandais Imetlaâ, le raï populaire de Douzi et DJ Saif avec son très dansant Maghreb style. Mais nous n’avons pas oublié les enfants : une journée entière, le Beursschouwburg se transformera en un passionnant parcours d’initiation culturelle.”

Ensuite il y a le très festif programme des concerts à Bozar.
“Là, on est dans l’exceptionnel. Ca va être une vraie fête populaire pour toutes les communautés, car le public cible de Daarkom, c’est au fond tout le monde. Nous avons tracé une ligne chronologique, en vue de présenter les différentes phases dans l’évolution de la musique marocaine. Cherifa ouvre le bal avec ses chants berbères traditionnels envoûtants ; l’Amazigh – qui connaît actuellement un retour en force lié à la démocratisation du Maroc – était en effet la langue première des pays du Maghreb avant que la langue arabe et les Arabes eux-mêmes viennent s’y établir.

Le style Melhoun aussi bat son plein au Maroc. Avec ses chansons coulées dans la variante typiquement maghrébine de l’arabe, la chanteuse Sanaa Marahati rencontre au Maroc un succès triomphal. En guise de contrepartie ‘flamande’, les dames de Laïs propageront les ondes de leur inimitable son fusion. Enfin, prestation très attendue que celle de Abdelhadi Belkhayat, qui avec sa ‘chanson nationale’ passerait pour le pendant marocain d’un Will Tura goes classic.

Au Maroc, le genre est une véritable institution, riche de ses emprunts à la vénérable tradition de la chanson égyptienne, notamment Umm Khaltoum. Belkhayat est une star à part entière, nous attendons beaucoup et plus encore de sa tournée en Belgique. Ainsi que de tous nos invités, artistes ou autres. Ainsi bien sûr que de nos indispensables festivaliers (rires). (rires). http://www.daarkom.be/blog/fr/?page_id=90


Avec le soutien de la Communauté Française et de la COCOF

Arab Women’s Solidarity Association – Belgique ASBL

Avenue de l’Eternité, 6
1070 Bruxelles
0881.718.815
363-0002517-35

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