Muqaddassi


Françoise Germain-Robin

Une traversée géographique et poétique du vieux monde musulman avec Muqaddassi

Un Palestinien sur la route,

Le monde musulman en l’an mil,

de Muqaddassi, avec la complicité d’André Miquel. Éditions Sindbad/Actes Sud, 2008, 254 pages, 23 euros.

C’est une idée superbe

et réjouissante, et le résultat l’est tout autant : André Miquel, qui enseigna pendant tant d’années la langue

et la littérature arabe au Collège de France et transcrivit tant de grands poètes

du monde musulman, s’est laissé convaincre d’entreprendre une traduction de l’oeuvre majeure de l’écrivain-géographe palestinien Al Muqaddasi. Né à Jérusalem en 944, il parcourut le monde musulman du Magreb à l’Irak, la Perse et l’Asie centrale, jusqu’aux confins

de l’Afghanistan, son carnet de notes à la main, pour établir « la meilleure façon de répartir les pays pour mieux les connaître ». André Miquel

a simplifié ce titre savant comme il l’a fait aussi

du texte, éliminant les répétitions et les lourdeurs, mais préservant la précision de descriptions non exemptes de poésie. On se promène avec Al Muqaddasi dans une Afrique du Nord opulente

et une Égypte où se côtoient déjà richesse et grande misère. On goûte la description des villes, mais aussi ce qu’il appelle des « tableaux de rue », avec celle des gens, des métiers, des produits et même

de la cuisine. On constate avec surprise que certaines choses ont peu changé : on mange mal

en Égypte, délicieusement à Sham – le nom que portait alors la Syrie, dont la Palestine était une région avec comme capitale Ramallah. « Pays

le plus glorieux au monde, le rêve de tout esprit porté au bien », dit l’auteur, un tantinet chauvin. Faisant preuve d’une grande ouverture d’esprit,

il s’attache à décrire les régimes politiques, les différentes formes de l’islam et les débats religieux qui habitent alors le monde musulman. Il n’oublie pas chrétiens et juifs, alors nombreux et fort actifs dans tout l’Orient arabe. En refermant ce beau livre, on répond sans hésiter à la question que pose l’auteur : « Aurais-je été poète si Dieu ne m’avait poussé à parcourir le monde ? » Sans doute, mais

la science et la géographie humaine eussent beaucoup perdu et nous aussi. Son dernier mot,

le regret de ne pas revoir son pays natal, la Palestine, résonne aussi d’une étrange actualité : « Je ne me plaindrai pas, cet exil, je l’ai voulu. Mais les autres, tous ces autres à qui fut refusée la liberté

de rester ? »

Françoise Germain-Robin
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Annonce de l’ouverture de relations diplomatiques entre Damas et Beyrouth


En tant que Syrienne de coeur, je ne peux pas laisser passer cette nouvelle sans en parler. Et tant pis si c’est Sarkozy qui l’annonce. J’espère que la suite sera aussi bonne et que cette région que j’aime tant connaîtra enfin la paix.

La Syrie et le Liban ont décidé de nouer des relations diplomatiques et d’ouvrir des ambassades dans leurs capitales respectives, une première depuis l’indépendance de leurs pays, une décision annoncée à Paris après une série d’entretiens sous l’égide de Nicolas Sarkozy.

La première annonce a été faite par le président français à l’issue d’une rencontre au palais de l’Elysée avec son homologue syrien Bachar al-Assad, et le président libanais Michel Sleimane.

Lors de la conférence de presse commune, M. Assad et le président libanais Michel Sleimane ont confirmé leur volonté d’établir des relations diplomatiques, annoncée par M. Sarkozy.

Le Liban et la Syrie n’ont jamais noué de relations diplomatiques depuis la proclamation de leurs indépendances, il y a plus de 60 ans, à la fin du mandat français.

« Pour la France, c’est un progrès historique (que la Syrie ouvre) une représentation diplomatique au Liban et que le Liban ouvre une représentation diplomatique en Syrie », a affirmé M. Sarkozy.

« Ca peut paraître curieux que ce soit moi qui le dise ? Mais nous nous sommes mis d’accord pour que ce soit présenté ainsi », a-t-il ajouté en parlant d’un moment « historique ».

« Naturellement, il y a un certain nombre de questions juridiques qui doivent être réglées », a-t-il encore dit. Le président al-Assad a ensuite confirmé « l’échange d’ambassades » entre Damas et Beyrouth.

M. Sarkozy a aussi annoncé qu’il se rendrait à Damas en septembre.

L’annonce de l’ouverture de relations diplomatiques intervient alors qu’un nouveau gouvernement d’union nationale a été formé vendredi 11 juillet à Beyrouth.

M. Assad a par ailleurs « souhaité que la France, avec les Etats-Unis, puisse apporter toute sa contribution à un futur accord de paix entre Israël et la Syrie ».

La Syrie a engagé avec Israël, avec qui elle est officiellement en état de guerre depuis 1948, des discussions indirectes par le truchement de la Turquie. M. Assad et Sleimane se trouvent à Paris pour assister dimanche au lancement de l’Union pour la Méditerranée (UPM).

Le président Nicolas Sarkozy a affirmé que « la Syrie joue un rôle essentiel » au Proche-Orient.

Le président syrien a de son côté assuré que l’Iran n’avait « aucune intention de détenir l’arme nucléaire ».

Le voyage du président syrien à Paris consacre le retour de la Syrie dans le concert des nations, après que Damas, accusé de chercher à destabiliser le Liban, eut été pendant plusieurs années placé en quarantaine par les Occidentaux.

La visite de M. Sarkozy à Damas sera préparée par un déplacement à Paris du vice-Premier ministre syrien Abdallah Dardari, les 21 et 22 juillet, et par une visite à Damas du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.

La dernière visite en Syrie d’un président français date de 2002, lorsque Jacques Chirac s’était rendu à Damas dans le cadre d’une tournée au Proche-Orient.

M. Chirac avait gelé les relations à haut niveau entre les deux pays, après l’assassinat en 2005 à Beyrouth de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri.

(Samedi 12 juillet 2008 – Avec les agences de presse)

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