L’Autorité Palestinienne arrête des militants BDS


Merci d’écrire au représentant de l’AP en Belgique = LEILA SHAHID, pour lui demander d’intervenir pour faire annuler ce procès ignoble et transmettre notre indignation à Mahmoud Abbas

Leila SHAHID <deleg.palestinienne@skynet.be>

Honte à l’Autorité Palestinienne qui arrête des militants BDS !
mercredi 23 avril 2014

Immonde : quatre militants palestiniens ont été arrêtés et brutalisés par l’Autorité Palestinienne et passeront en procès à Ramallah le 28 mai prochain pour leurs activités non violentes dans le cadre de campagne Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) contre Israël ! Merci de réagir.

Nous apprenons que « l’Autorité Palestinienne » (AP), dirigée par Mahmoud Abbas a arrêté le 12 avril dernier 4 Palestiniens, qui ont protesté pendant un concert du groupe indien Kathak au conéma Kasbah à Ramallah, ce dernier s’étant d’abord produit à Tel Aviv.

Une vidéo de la scène montre que les militants sont restés parfaitement pacifiques, contrairement aux policiers de l’AP.

La police de l’AP a sorti les 4 militants de la salle dès qu’ils ont commencé à prendre la parole, les a battus et emprisonnés pendant plusieurs jours avant de le relâcher sous caution, a fait savoir Omar Barghouti l’un des animateurs palestiniens de la campagne BDS.

Mahmoud Abbas, s’est prononcé récemment, toute honte bue, contre le boycott d’Israël. Il ne réclame pas la moindre sanction contre l’occupant israélien. Il ne profite pas non plus du siège d’observateur obtenu par la Palestine à l’ONU pour porter plainte contre les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par Israël.

Il est contre la résistance armée et contre la résistance non violente à l’occupation. Il est contre toute forme de mobilisation populaire. Et on voit avec quel succès il a fait progresser la situation en Palestine au cours de ses « négociations » avec ceux qui étranglent un peu plus chaque jour le peuple palestinien !

Et maintenant, il va plus loin encore. A la demande d’Israël, qui assiste au développement mondial de cette campagne de boycott citoyenne, il cherche à briser le mouvement lancé par la société civile palestinienne en juillet 2005, étant donné son succès croissant.

Ceci est une honte et nous devons affirmer notre soutien à ces militants palestiniens qui vont être traduits en justice par les collaborateurs de l’occupant israélien, qui cherche désespérément à redorer leur image de criminels de guerre par le biais de la « culture », de « l’écologie » et autres « valeurs communes ».

Merci d’écrire au représentant de l’AP en France, pour lui demander d’intervenir pour faire annuler ce procès ignoble et transmettre notre indignation à Mahmoud Abbas : M. Hael Al Fahoum

Ambassadeur de Palestine

14, rue du Commandant Léandri 75015 Paris, Tél : 00 33 1 48 28 66 00.

Fax : 00 33 1 48 28 50 67. Mail : contact@palestine-diplo.com

Source : https://www.middleeastmonitor.com

« On ne peut pas lutter contre l’occupation en servant l’occupation » (Interview au quotidien libanais Al Balad).


Entretien avec Julien Salingue publié le 15 novembre 2011

1.Beaucoup d’analyses imputent l’échec du projet d’un Etat Palestinien indépendant à la violation des accords d’Oslo par la partie israélienne. Pour votre part, vous considérez que cet échec est la résultante de la logique d’Oslo et de la volonté de construire un appareil d’Etat sans Etat malgré la réalité de l’occupation. Pourriez-vous étayer ?

Il ne s’agit bien évidemment pas de nier les responsabilités israéliennes dans l’échec de ce que certains osent encore appeler « processus de paix ». Après la signature des accords d’Oslo, la colonisation s’est accélérée, les checkpoints se sont multipliés, et la partie israélienne n’a cessé de différer les « redéploiements », c’est-à-dire l’évacuation des zones occupées par l’armée israélienne et confiées à l’Autorité palestinienne.

Mais il ne s’agit pas non plus de prendre les accords d’Oslo pour ce qu’ils n’étaient pas ! Il ne s’agissait pas d’accords de « paix », ni dans leur esprit ni dans leur contenu. La logique d’Oslo était en réalité la suivante : confier le responsabilité des zones palestiniennes les plus densément peuplées (villes et camps de réfugiés) à un « appareil d’Etat sans Etat », l’Autorité palestinienne (AP), tout en maintenant la structure même de l’occupation. En d’autres termes, l’AP était intégrée au dispositif d’occupation et toute extension de sa juridiction était soumise à sa capacité à maintenir l’ordre dans les zones qui lui étaient confiées. Le règlement des questions essentielles (Jérusalem, les colonies, les réfugiés) était reporté à d’hypothétiques « négociations sur le statut final », qui n’ont jamais eu lieu. Au final, l’Etat d’Israël s’est contenté de se décharger des tâches de maintien de l’ordre et de services à la population, tout en maintenant son emprise sur l’ensemble de la Palestine. Or, on ne peut pas lutter contre l’occupation en servant l’occupation !

2..Comment expliquez-vous l’initiative de l’AP de présenter un projet de reconnaissance à l’ONU aujourd’hui ?

La direction de l’AP, du moins Abbas et ses proches, ont décidé d’en appeler à l’ONU en raison de l’impossibilité de négocier avec le gouvernement Netanyahu. Mais pour eux, il ne s’agissait pas de rompre avec la logique du « processus de paix », bien au contraire. Leur principal objectif était d’internationaliser la question palestinienne pour améliorer le rapport de forces en vue d’une reprise des négociations avec Israël, sous l’égide des Etats-Unis. L’ensemble de la stratégie d’Abbas repose sur la reprise des négociations. Si celles-ci sont « en panne », il n’a aucune perspective à offrir aux Palestiniens…

Par ailleurs, Abbas et son équipe sont identifiés au projet d’Etat palestinien indépendant. Or, de plus en plus de dirigeants et d’intellectuels palestiniens posent la question de la viabilité même de ce projet : avec, d’une part, la colonisation et l’annexion de facto de la Cisjordanie et de Jérusalem et, d’autre part, les exigences de l’Etat d’Israël (conserver le contrôle sur les colonies et sur la vallée du Jourdain), ce sont les bases matérielles de l’Etat palestinien qui ont disparu. Il s’agit donc, pour Abbas et les siens, de sauver l’idée même de l’Etat indépendant.

3.Pourquoi l’AP après 23 ans de négociations contre productives, tout en décidant de présenter unilatéralement un projet de reconnaissance, continue à faire du processus de paix une priorité politique ?

C’est, tout simplement, parce que leur survie en dépend. L’AP a été conçue comme une structure intérimaire, chargée de poser les bases du futur « Etat ». La période intérimaire aurait dû durer 5 ans. Mais nous en sommes aujourd’hui à plus de 17 ans ! Et, avec le temps, l’AP a trouvé sa propre raison d’être : un appareil d’Etat s’est constitué, avec des hauts fonctionnaires, des Ministres, des conseillers divers, des responsables des forces de sécurité… tandis que l’industrie de la négociation produisait elle aussi son lot de spécialistes, conseillers et autres. C’est une couche sociale qui s’est ainsi formée, dont l’avenir, à court terme, dépend du maintien de la structure AP (et donc du projet d’Etat indépendant) et de la survie du « processus de paix » (et donc des négociations), et non de la satisfaction des droits nationaux des Palestiniens. Si la perspective de l’Etat indépendant s’écroule, ou s’il y a un changement radical dans l’appréhension des relations avec Israël et, par exemple, une rupture assumée des négociations, quel est l’avenir de cette couche sociale ? Ils n’en ont pas ! Il leur faut donc, par tous les moyens, tenter de ranimer le processus d’Oslo : leur survie politique et économique en dépend.

InterviewAlbalad

4..Ce projet de reconnaissance pourrait-il faire évoluer le rapport de force à la faveur de la partie Palestinienne ?

Je ne crois pas qu’il va modifier substantiellement le rapport de forces. Il va plutôt enregistrer l’état du rapport de forces à l’échelle internationale, et on va une fois de plus vérifier qu’une très grande majorité de pays soutient, du moins à l’ONU, le droit des Palestiniens à avoir un Etat. On va pouvoir, une fois de plus, mesurer l’isolement grandissant de l’Etat d’Israël dans le monde, qui s’est particulièrement développé ces dernières années suite, entre autres, aux bombardements sur Gaza à l’hiver 2008-2009, à l’assaut sanglant contre la Flottille de la Liberté en mai 2010 et aux provocations répétées du gouvernement Netanyahu, notamment en ce qui concerne la politique de colonisation. Si l’on y ajoute les premiers effets des processus révolutionnaires en cours dans le monde arabe, qu’ils soient directs (« refroidissement » des relations avec l’Egypte) ou indirects (tensions avec la Turquie), Israël est, incontestablement, de plus en plus isolé. Mais il ne faudrait pas non plus exagérer cet isolement, comme les débats de l’ONU nous le montrent : les Etats-Unis continuent de soutenir quasi-inconditionnellement Israël, tandis que l’Union européenne, incapable de parler d’une même voix, n’exerce aucune pression réelle sur Netanyahu.

Certains avancent que la direction palestinienne pourrait, une fois que la Palestine sera reconnue comme Etat non-membre, saisir la justice internationale pour engager des poursuites contres les dirigeants israéliens qui se seraient rendus coupables de crimes de guerre. Cet argument me laisse rêveur : image-t-on sérieusement cette direction palestinienne, qui cherche à tout prix à reprendre les négociations avec Israël, engager des poursuites judiciaires contre les dirigeants israéliens ? A-t-on déjà oublié qu’il y a deux ans, sous pression des Etats-Unis et d’Israël, Mahmoud Abbas avait demandé le report de l’adoption du rapport Goldstone par l’ONU ?

5. Que se passera-t-il pour l’AP si après le premier succès diplomatique de la Palestine à l’UNESCO, l’Etat palestinien n’est pas admis à l’ONU ? Risque-t-on d’assister à l’implosion de l’AP ?

L’Etat palestinien ne sera pas admis à l’ONU comme Etat membre, car les Etats-Unis y opposeront leur veto. Il est même peu probable que les Palestiniens obtiennent la majorité qualifiée des 9 voix au Conseil de Sécurité… Au mieux, l’Assemblée générale se prononcera (à une très forte majorité) pour l’admission de la Palestine comme Etat non-membre, comme Etat observateur.

L’AP va-t-elle pour autant « imploser » ? Un certain nombre de voix se font entendre pour demander la dissolution pure et simple de l’Autorité, arguant qu’elle n’a plus de raison d’être avec la faillite du « processus de paix » et qu’elle sert surtout de commode moyen pour l’Etat d’Israël pour prétendre qu’il n’occupe pas toute la Palestine. En d’autres termes, les partisans de la dissolution disent : il n’y a pas d’autonomie, donc il ne doit pas y avoir de pseudo-« autorité d’autonomie ».

Mais la dissolution ne semble pas être la voie choisie par la direction de l’AP. Et pour cause ! Comme on l’a vu, une telle décision équivaudrait à un suicide politique… Le plus probable est donc que l’on assiste à une discussion d’ampleur quant à l’avenir de l’AP, quant à une éventuelle modification de ses attributions et de ses fonctions. Et nul doute que ce débat sera vif !

6. Qu’adviendra-t-il dans ce cas du mouvement national palestinien ?

Il est très probable que l’on assiste à une accélération du débat quant à la nécessité de la refonte stratégique et organisationnelle du mouvement national palestinien. Ce dernier traverse en effet depuis de longues années une crise, qui ne manquera pas de s’approfondir après l’échec programmé de la demande d’admission à l’ONU. J’entends ici « crise » au sens où la définissait Gramsci : « La crise consiste précisément dans le fait que l’ancien meurt et que le nouveau ne peut pas encore naître ; durant cet entredeux, une grande variété de symptômes morbides se font jour ». Nous sommes aujourd’hui dans cet entredeux, où l’ancien (la vieille OLP) n’est pas encore tout à fait mort, et où le nouveau n’a pas encore pris sa place. Que se passera-t-il exactement ? Nul ne le sait. Mais il est certain que la majorité des Palestiniens ont conscience qu’une page s’est tournée et que la reconstruction sera nécessaire, autour notamment des questions suivantes :

– Que signifie aujourd’hui la revendication de l’Etat palestinien indépendant aux côtés d’Israël, même à titre transitoire ?

– Quelle articulation entre la résistance populaire, impliquant l’ensemble de la société palestinienne, le mouvement syndical et associatif, les forces politiques… et la résistance armée ?

– Comment réunifier l’ensemble du peuple palestinien ? Le peuple palestinien est en effet fortement divisé : Palestiniens d’Israël, Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, Palestiniens de Jérusalem et Palestiniens exilés.

– Quel cadre politique pour le Mouvement de libération nationale ? La division du mouvement affaiblit considérablement la lutte et la constitution d’un cadre commun, au-delà de la vieille OLP, posant la question de la résistance et du combat pour l’émancipation, et pas celui de la gestion des Zones autonomes allouées par Israël est, même si ce n’est qu’à un stade relativement peu avancé, ouvertement posée.

– Quels liens développer avec le mouvement de solidarité internationale, afin que cette solidarité soit politique et non caritative, efficace et pas seulement symbolique ?

7.Selon vous le contexte socio politique a considérablement évolué et la revendication d’un Etat indépendant semble aujourd’hui dépassée et à contre courant des bouleversements régionaux. Quelle solution pour la Palestine aujourd’hui sachant que les bases matérielles de l’Etat palestinien sont en train de disparaitre et que l’hypothèse d’un Etat démocratique unifiée ne peut coexister avec l’idéologie suprématiste sioniste ?

 

Je me garderai bien de prôner une quelconque « solution » à la place des Palestiniens eux-mêmes. Mais une chose est certaine : la direction « historique » de l’OLP, tout comme le projet d’Etat palestinien indépendant, apparaissent de plus en plus en décalage avec les nouvelles générations politiques émergentes et les revendications d’indépendance et de souverainetés économique et politique réelles qui bouleversent la région.

Au-delà de la disparition des bases matérielles de l’Etat palestinien et des échecs manifestes de la construction d’une « indépendance » malgré la poursuite de l’occupation, c’est donc la question de l’adaptation du mot d’ordre lui-même qui est posée, tant il est à contretemps des évolutions régionales. Il est aujourd’hui plus que probable, à la lumière des récents événements, que la société palestinienne ne soit pas épargnée par le vent de révolte qui balaie les sociétés arabes.

 

source

Gel de l’aide US à l’Autorité palestinienne


Le Congrès US a décidé de geler 200 millions de dollars (le tiers) sur les aides US allouées annuellement à l’Autorité palestinienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, vient de faire savoir aujourd’hui samedi le journal The Independent.

Le Président US, Barack Obama, n’avait pas discuté de la question d’imposer des sanctions aux Palestiniens via l’aide US (USAID), mais le lobby pro-israélien a pris les devants, même si certains dirigeants israéliens et états-uniens n’ont pas été d’accord, exprimant la crainte des réactions palestiniennes, selon le journal.

Les USA allouent quelque 600 millions de dollars chaque année pour les services de la santé, de l’enseignement et de la sécurité, dont 50 millions en soutien au budget du gouvernement de l’AP.

L’article critique la décision du Congrès, affirmant qu’elle va affecter tant les Israéliens que les Palestiniens. « Les menaces US d’user de leur veto contre la candidature palestinienne n’était pas acceptable, et la résolution du Congrès est tout autant embarrassante », ajoute le quotidien.

L’ancien Président US, Bill Clinton, a mis en garde le Congrès devant une telle mesure, et il aurait déclaré, selon le quotidien, que l’organe (le Congrès), comme tout le monde le sait, est l’organe parlementaire le plus pro-Israël au monde et qu’il n’avait pas à le démontrer.

Récemment, l’Administration US a voulu dissuader l’AP d’aller aux Nations-Unies demander une adhésion à part entière dans l’instance internationale, prétendant que la seule façon de parvenir à la paix et à une solution à deux États était de reprendre les pourparlers directs avec Israël.

Plus tôt ce mois-ci, la secrétaire d’État US (Hillary Clinton) a déclaré que les USA mettraient leur veto à la candidature palestinienne à l’ONU, menace visant à mettre la pression sur le dirigeant palestinien, Mahmoud Abbas, pour qu’il annule la demande palestinienne.

Le 23 septembre, le président palestinien, Mahmoud Abbas, a soumis la candidature palestinienne au secrétaire général des Nations-Unies, avant de prononcer un discours devant les membres de l’Assemblée générale, le même jour.

En outre, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a prononcé son discours aussitôt après celui d’Abbas, disant qu’Israël tendait la main aux Palestiniens pour la paix, mais que les Palestiniens la rejetaient.

Abbas confirme qu’il n’y aura aucune négociation tant qu’Israël n’aura pas gelé ses activités de colonisation et ses violations contre les Palestiniens, et qu’il ne se sera pas retiré complètement sur les frontières de 1967, et que Jérusalem soit la capitale des Palestiniens.

Il faut noter que les pourparlers de paix israélo-palestiniens ont été suspendus en septembre 2010 après que les deux côtés soient arrivés à une impasse concernant les frontières, Jérusalem, les réfugiés, la sécurité, de même que les constructions dans les colonies sur les terres palestiniennes.

(Il faut rappeler aussi que le gouvernement israélien a approuvé le 27 septembre la construction de 1100 nouveaux logements dans la colonie Gilo au sud de Jérusalem et qu’il en est prévu 600 autres ultérieurement, après que 942 en aient été déjà approuvés en août dernier !)

http://www.imemc.org/article/62157

« Contre la tentative d’imposer une fausse paix sur de fausses frontières » –


21 septembre 2011

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communiqué du Mouvement de la Jeunesse palestinienne sur  la déclaration d’Etat de septembre 2011

Par « Mouvement de la Jeunesse palestinienne »

Nous, du Mouvement de la Jeunesse palestinienne (PYM), sommes résolument opposés à la proposition de reconnaissance d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 qui doit être présentée aux Nations Unies en ce mois de septembre par la direction officielle palestinienne. Nous croyons et nous affirmons que la déclaration d’Etat ne cherche qu’à finaliser le processus de normalisation, qui a débuté avec les accordsde /paix/ mensongers. L’initiative ne reconnaît ni n’aborde le fait que notre peuple continue de vivre sous un régime colonial dont le but est le nettoyage ethnique de notre terre et la soumission et l’exploitation de notre peuple.

‘Contre la tentative d’imposer une fausse paix sur de fausses frontières’ –

communiqué du Mouvement de la Jeunesse palestinienne sur la déclaration d’Etat de septembre 2011

Cette déclaration est une opération de sauvetage du processus de /paix/ défaillant et de dépolitisation de la lutte pour la *Palestine* en retirant la lutte de son contexte colonial historique. Les tentatives d’imposer une fausse paix par la normalisation du régime colonial n’ont fait que nous conduire à abandonner des portions croissantes de notre terre, les droits de notre peuple et nos aspirations en délégitimant et en marginalisant la lutte de notre peuple et en approfondissant sa fragmentation et sa division. Cette déclaration met en péril les droits et les aspirations de plus des deux-tiers du peuple palestinien qui vivent en tant que réfugiés dans des pays d’accueil et en exil à revenir dans leurs maisons originelles, d’où ils ont été déplacés pendant la Nakba de 1948 et postérieurement à cette date. Elle menace également la position des Palestiniens qui vivent dans les territoires occupés en 1948, qui continuent de résister tous les jours contre le nettoyage ethnique et les pratiques raciales du régime colonial. De plus, elle soutient et renforce ses partenaires palestiniens et arabes à agir comme garde-chiourmes de l’occupation et de la colonisation dans la région dans un cadre néo-colonial.

Le fondement de ce processus ne sert qu’à assurer la continuité de négociations, de la normalisation économique et sociale et de la coopération sécuritaire. La déclaration d’Etat consolidera de fausses frontières sur une petite portion de la *Palestine* historique et elle ne règle aucune des questions les plus fondamentales :*Jérusalem*, les colonies, les réfugiés, les prisonniers politiques, l’occupation, les frontières et le contrôle des ressources. Nous pensons qu’une telle déclaration d’Etat ne garantira ni ne promouvra la justice et la liberté pour les Palestiniens, ce qui signifie en soi qu’il n’y aura pas de paix durable dans la région.

De plus, cette initiative de déclaration d’Etat est présentée aux Nations Unies par des dirigeants palestiniens illégitimes qui n’ont pas été élus pour être en position de représentation du peuple palestinien dans son ensemble par un processus démocratique. Cette proposition est un produit politique que ces dirigeants ont conçu pour masquer leur échec à représenter les besoins et les désirs de leur peuple. En affirmant qu’elle réalise la volonté palestinienne à l’auto-détermination, cette direction détourne et exploite la résistance et les sa**CRIF**ices du peuple palestinien, en particulier nos frères et soeurs de *Gaza*, et elle pirate même le travail de la base populaire de la solidarité internationale, comme le travail de boycott, désinvestissement et sanctions et les initiatives telles celles de la Flottille. Cette proposition ne sert qu’à gaspiller tous les efforts entrepris pour isoler le régime colonial et le tenir pour responsable.

Que la proposition pour la reconnaissance de l’Etat soit acceptée ou non, nous appelons les Palestiniens, dans notre patrie occupée et dans les pays de refuge et d’exil, à rester engagés et convaincus de la valeur de notre lutte et déterminés à la défendre par leurs droits et leurs responsabilités. Nous appelons les gens libres du monde et les alliés du peuple palestinien à exercer une véritable solidarité avec la lutte palestinienne anti-coloniale en ne prenant pas position sur la déclaration d’Etat mais plutôt en continuant à tenir *Israël* pour  responsable par le boycott sous toutes ses formes, économique,  académique et culturel, le désinvestissement et les sanctions.

 *Jusqu’au retour et à la libération,*

*Conseil central international Mouvement de la Jeunesse palestinienne.*

adresse email : pym@pal-youth.org <mailto:pym@pal-youth.org>
site web : www.pal-youth.org <http://www.pal-youth.org> <http://www.pal-youth.org>   <http://pal-youth.org/>

Source : Palestinian Youth Movement<http://pal-youth.org/>

Comment l’Autorité de Ramallah brade l’unité palestinienne


mercredi 20 juillet 2011 – 16h:40

Ramzy Baroud


                                                                                                                                                                                   [Photo ci-dessous : Le « premier ministre » palestinien Fayyad salué à son passage par les milices mises en place par l’AP de Ramallah avec le concours des Etats-Unis et d’Israël – Photo : Loay Abu Haykel]
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Si vous étiez un employé du gouvernement palestinien, il y aurait de fortes chances que vous ne receviez que la moitié de votre salaire habituel ce mois-ci.
L’autre moitié ne sera disponible que lorsque les donateurs internationaux seront suffisamment généreux pour éponger l’énorme pénurie de fonds à laquelle est actuellement confrontée l’Autorité palestinienne (AP).

Avec un déficit constant d’environ 640 millions de dollars US, le gouvernement de l’AP du premier ministre Salaam Fayyad connaît une de ses pires crises financières. Mais l’économie palestinienne n’est pas une véritable économie par rapport aux normes universellement reconnues. Elle survit en grande partie grâce aux transferts des pays donateurs. Ces fonds ont largement permis à Israël d’échapper à sa responsabilité financière en tant que puissance occupante en vertu des articles de la Quatrième Convention de Genève.

Ces mêmes fonds ont aussi maintenu à bout de bras une direction palestinienne qui tente de garantir sa propre survie en servant les intérêts de ses principaux financiers.

Mais ces fonds sont en train de s’assécher. Cela pourrait être dû à une tentative politique afin de dissuader le président Mahmoud Abbas de réclamer la reconnaissance d’un Etat palestinien aux Nations Unies en septembre prochain. Les responsables de l’AP ont été fortement irrités par ces retards dans les transferts, critiquant les pays donateurs – dont des pays arabes – pour ne pas avoir honoré leurs engagements financiers.

Yasser Abed Rabbo, le secrétaire général de l’OLP [Organisation de Libération de la Palestine], a parlé d’une crise « sans précédent » sur les ondes de Voice of Palestine. « La situation est devenue très compliquée pour l’Autorité palestinienne en raison de l’incapacité des pays arabes à respecter leurs promesses financières. »

Fayyad a qualifié « d’ironie » le fait que la crise actuelle se produise à un moment où l’Autorité palestinienne avait réduit sa dépendance envers l’aide étrangère de près de la moitié – passant de 1,8 milliard de dollars en 2008 à 970 millions – selon le Jerusalem Post. Maintenant, même cette moitié est réduite puisque seuls 331 millions de dollars sur les 970 promis ont été perçus.

Les plus hauts responsables de l’AP établissent maintenant ouvertement un lien entre la retenue à la source de ces fonds et la réalité politique en Palestine. Fayyad a insisté pour dire que « la crise ne dot pas jeter le doute sur notre préparation pour la mise en place d’un Etat », tandis que Abed Rabbo a affirmé que la crise ne stopperait pas les efforts de l’AP pour revendiquer un Etat indépendant le long des lignes d’avant la guerre de 1967.

L’AP comprend sans aucun doute le coût financier de toute aventure politique qui sera jugée défavorable à Israël – surtout depuis qu’elle se voit constamment rappelée les « liens historiques » et les « valeurs communes » qui unissent Israël et les Etats-Unis.

Un rappel en a été la marge énorme à la Chambre américaine des Représentants en Juillet 2011. Par un « vote écrasant de 406 contre 6 », a rapporté l’AFP, les législateurs des États-Unis « ont averti les Palestiniens qu’ils risquent des réductions de l’aide américaine s’ils poursuivent leur tentative d’une reconnaissance par les Nations Unies d’un futur Etat qui ne soit pas défini dans des négociations directes avec Israël. »

Le message fait écho à une autre vote sur une résolution similaire au Sénat américain.

Ce soutien inconditionnel d’Israël par les Etats-Unis rend la tâche beaucoup plus facile pour les diplomates israéliens. Ils peuvent à présent moins se concentrer sur les États-Unis et plus sur les pays européens qui ont promis de soutenir l’initiative étatique de l’AP.

L’AP est bien sûr très vulnérable face à ces menaces, malgré son insistance à dire le contraire. Une fois que les Etats-Unis et d’autres commencent à agiter la carte du blocage de fonds, n’importe quel programme politique de l’AP dégénérera en bavardages politiques indécis et même autodestructeurs. Le manque de fermeté dans le vocabulaire politique dont use l’AP peut être attribué à sa crainte qu’avec la simple décision de retenir les fonds – couplée à une décision israélienne de bloquer les taxes collectées au nom de l’Autorité palestinienne – son gouvernement ne survivrait pas plus de quelques semaines.

Il faut se souvenir que la Cisjordanie et Jérusalem-Est sont des territoires occupés. Privée de même un semblant de souveraineté territoriale et gérant une économie nationale basée sur les donations externes, l’AP n’a aucune indépendance politique en dehors des marges autorisées par les Etats-Unis et Israël, deux pays qui veulent avec acharnement détruire le projet national palestinien.

L’AP a été aux prises avec cette situation impossible depuis sa création en 1994. Etre le gardien des intérêts nationaux palestiniens tout en satisfaisant les intérêts politiques d’Israël et les attentes des Etats-Unis, est un exploit impossible. Cette énigme a presque toujours été solutionnée au détriment des Palestiniens eux-mêmes. La dernière victime en est l’accord unitaire signé en Egypte le 27 avril entre le Hamas et le Fatah, le parti de l’Autorité palestinienne au pouvoir.

L’unité est essentielle pour qu’existe un programme politique cohérent en faveur des droits palestiniens et d’un possible Etat. Lorsque l’accord a été signé officiellement au début du mois de mai, on s’attendait à ce que divers comités soient en mesure de finaliser rapidement le processus visant à fixer une date pour des élections et de mettre un terme définitif à la querelle de quatre ans entre les deux organisations.

Mais une contre-stratégie israélienne a immédiatement été mise au point. Le 4 mai, alors que les Palestiniens célébraient leur union, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a mené l’offensive depuis Londres. « Ce qui s’est passé aujourd’hui au Caire est un coup terrible pour la paix et une grande victoire pour le terrorisme », a-t-il déclaré (tel que rapporté par Reuters). Les Etats-Unis ont fait écho aux propos de Netanyahou pressenti, tandis que les pays de l’UE ont répondu « avec prudence », et le bras de fer a commencé.

Encore une fois, Abbas et l’Autorité palestinienne ont été confrontés à un dilemme dans leurs priorités. L’unité nationale en Palestine a eu à souffrir un nouveau coup. « Le président palestinien ne veut pas avoir à mener deux batailles diplomatiques : l’une pour la reconnaissance d’une alliance avec les islamistes et l’autre pour un vote de l’ONU en faveur d’un Etat dans le même temps, » a déclaré un officiel de l’OLP (tel que cité par l’Associated Press et Ha’aretz).

« Le vote de l’ONU serait une étape largement symbolique par laquelle les Palestiniens espèrent néanmoins améliorer leur moyen de pression sur Israël », selon un communiqué de l’AP. « Symbolique » peut-être, mais en tout cas une priorité, pour Abbas, et qui passe avant l’urgence d’une unité nationale et d’un programme politique unifié.

Pendant ce temps, les forces de l’AP – entraînées et armées par les Etats-Unis et en coordination constante avec l’armée israélienne – ont arrêté 68 membres du Hamas ces dernières semaines, selon un rapport publié par l’Agence d’Informations Maan qui reprend un communiqué du Hamas.

Alors que Mahmoud Abbas est désormais à la tête d’une mission diplomatique qui vise à rallier un soutien pour son initiative devant les Nations Unies, Fayyad tente de recueillir des fonds pour soutenir l’économie palestinienne pour quelques mois de plus. Dans le même temps, l’unité nationale palestinienne – sans laquelle les Palestiniens resteront désespérément fragmentés et vulnérables face aux pressions et décisions extérieures – ne sera qu’un peu d’encre sur du papier.

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Ramzy Baroud (http://www.ramzybaroud.net) est un journaliste international et le directeur du site PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Mon père était un combattant de la liberté : L’histoire vraie de Gaza (Pluto Press, London), peut être acheté sur Amazon.com.

Du même auteur :

-  Yémen : une mobilisation exemplaire et qui ne faiblit pas – 14 juillet 2011
-  Le succès de son économie ne suffit pas à expliquer la réussite de la Turquie – 2 juillet 2011
-  « L’ouverture » de la frontière à Gaza : juste des mots ? – 19 juin 2011
-  D’une frappe de missile à une aire de jeu : la volonté de Gaza – 11 juin 2011
-  Retour à Nuseirat – 4 juin 2011
-  Bienvenue à Gaza ! – 29 mai 2011
-  L’unité palestinienne et le nouveau Moyen-Orient – 7 mai 2011
-  La leçon d’humanité de Vittorio – 20 avril 2011
-  Guerre contre la mémoire palestinienne : Israël résout son dilemme démocratique – 12 avril 2011
-  Palestine et société civile : une force montante – 19 mars 2011
-  « Shock and Awe » pour les néocons : les Arabes se soulèvent ! – 13 mars 2011
-  « Du Golfe à l’Océan » le moyen-Orient est en train de changer – 25 février 2011
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Vers un « moment Moubarak » en Palestine


dimanche 27 février 2011 – 13h:03

Ali Abunimah
Al Jazeera

L’Autorité palestinienne doit se dissoudre elle-même, car son action va dans le sens des intérêts d’Israël, affirme Ali Abunimah.

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De nouvelles élections n’apporteraient pas au Président palestinien Mahmoud Abbas la crédibilité dont il a besoin, affirme Ali Abunimah.
(Photo : Reuters)

La lente décadence des institutions de la direction collective palestinienne de ces dernières années est arrivée à un état de crise avec les révolutions arabes, les révélations des Documents de Palestine, et l’absence de tout processus de paix crédible.

L’Autorité palestinienne (AP), basée à Ramallah, sous le contrôle de Mahmoud Abbas et de son parti le Fatah, a tenté de réagir à cette crise en appelant à des élections pour le Conseil législatif palestinien (CLP) et la présidence de l’AP.

Abbas espère que ces élections rendent une légitimité à sa direction. Le Hamas a rejeté de telles élections du fait de l’absence d’accord de réconciliation mettant fin à la division, une division qui résulte du refus du Fatah (avec Israël et les parrains occidentaux de l’AP, surtout des États-Unis) d’accepter le résultat des élections précédentes de 2006, où le Hamas avait remporté une victoire décisive.

Mais, même si de telles élections se tenaient en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, elles ne résoudraient en rien la crise d’une direction collective face au peuple palestinien tout entier, quelque dix millions de Palestiniens répartis entre ceux qui vivent dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupées, à l’intérieur d’Israël, et dans la diaspora dans le monde entier.

Une maison divisée

Il existe de nombreuses raisons pour s’opposer à de nouvelles élections de l’AP, même si le Hamas et le Fatah étaient prêts à régler leur différend. L’expérience depuis 2006 démontre qu’une démocratie, une gouvernance et une politique courante sont impossibles sous l’occupation militaire brutale d’Israël.

Le corps politique palestinien a été coupé non pas en deux grands courants politiques proposant des visions concurrentes, comme dans d’autres démocraties électorales, mais en un courant qui s’est aligné sur l’occupation et ses partisans à l’étranger, qui est soutenu par eux et qui dépend d’eux, et un autre courant qui reste engagé, au moins théoriquement, dans la résistance. De telles antinomies ne peuvent se résoudre par des élections.

L’AP de Ramallah sous Abbas fonctionne aujourd’hui comme un bras de l’occupation israélienne, alors que le Hamas, avec ses cadres emprisonnés, torturés et réprimés en Cisjordanie par Israël et par les forces d’Abbas, est assiégé à Gaza où il tente de gouverner. De son côté, le Hamas n’a proposé aucune vision politique cohérente pour sortir les Palestiniens de leur impasse, et sa gouvernance à Gaza commence de plus en plus à ressembler à celle de ses homologues du Fatah en Cisjordanie.

L’AP a été créée par une entente entre l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) et Israël dans le cadre des Accords d’Oslo. Le 13 septembre 1993, la « Déclaration de principes », signée par les parties, stipule que :

« Les négociations israélo-palestiniennes menées dans le cadre de l’actuel processus de paix au Moyen-Orient ont pour but notamment d’établir une Autorité intérimaire autonome palestinienne, le Conseil élu (le « Conseil »), pour les Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza, pour une période transitoire ne pouvant excéder cinq années, en vue d’un règlement permanent fondé sur les Résolutions 242 (1967) et 338 (1973) du Conseil de sécurité (ONU) » (article 1er).

En vertu de cet accord, les élections de l’AP devaient « constituer une étape préparatoire intérimaire importante vers la réalisation des droits légitimes du peuple palestinien et de ses justes revendications. »

Un modeste mandat

Ainsi, l’AP était prévue seulement pour être temporaire, transitoire, et son mandat limité à une simple fraction de la population palestinienne, celle de Cisjordanie et de la bande de Gaza. Les Accords d’Oslo limitaient explicitement les pouvoirs de l’AP aux fonctions qu’Israël lui déléguait dans le cadre de l’accord.

Par conséquent, des élections pour le CLP ne résoudront pas la question de la représentation du peuple palestinien dans son entier. La plus grande partie ne voterait pas. Et comme lors des élections précédentes, Israël interviendrait, surtout à Jérusalem-Est, pour tenter d’empêcher les Palestiniens sous occupation d’aller voter.

Considérant toutes ces conditions, un nouveau CLP élu ne servirait qu’à renforcer les divisions entre les Palestiniens tout en créant l’illusion que l’autonomie palestinienne existe – et peut se développer – sous l’occupation israélienne.

Une décennie et demie après sa création, il s’avère que l’Autorité palestinienne n’a pas été une étape vers « les droits légitimes du peuple palestinien », mais plutôt un obstacle majeur sur la voie qui y conduit.

L’AP n’offre aucune autonomie ou protection véritables aux Palestiniens sous occupation, lesquels continuent d’être brisés, assassinés, mutilés et assiégés par Israël en toute impunité, pendant qu’Israël confisque et colonise leur terre.

L’AP n’a jamais été, et ne peut pas être, un substitut à une réelle direction collective pour l’ensemble du peuple palestinien, et les élections de l’AP ne le sont pas davantage pour une autodétermination.

Dissoudre l’Autorité palestinien

Avec la faillite complète du « processus de paix » – l’ultime assaut lui fut porté par les Documents de Palestine -, il est temps pour l’AP d’avoir son moment Moubarak. Quand le tyran égyptien a finalement quitté ses fonctions, le 11 février, il a remis le pouvoir aux mains des forces armées.

L’AP doit se dissoudre elle-même, de la même façon, en annonçant que les responsabilités qui lui ont été déléguées par Israël sont rendues à la puissance occupante qui devra remplir alors l’intégralité de ses obligations résultant de la Quatrième Convention de Genève de 1949.

Il ne s’agirait pas d’une capitulation. Au contraire, ce serait une reconnaissance de la réalité et un acte de résistance de la part de Palestiniens qui refuseraient, collectivement, d’aider l’occupant à les occuper. En ôtant la feuille de vigne de l’ « autonomie » qui masque et préserve la tyrannie coloniale et militaire d’Israël, la fin de l’AP exposerait l’apartheid israélien à la face du monde.

Le même message va aussi à l’Union européenne et aux États-Unis qui financent directement l’occupation et la colonisation israéliennes via cette ruse de « l’aide » aux Palestiniens et de la formation des forces de sécurité qui agissent par procuration pour Israël. Si l’Union européenne souhaite continuer à financer l’occupation israélienne, elle doit avoir l’honnêteté de le faire ouvertement, et de ne pas utiliser les Palestiniens ou un processus de paix comme façade.

Dissoudre l’AP pourrait entraîner certaines difficultés et incertitudes pour les dizaines de milliers de Palestiniens, et ceux qui en dépendent, qui comptent sur les salaires versés par l’Union européenne via l’AP. Mais le peuple palestinien dans son entier – les millions qui ont été brisés ou marginalisés par Oslo – pourraient en tirer bien plus d’avantages.

En rendant les pouvoirs reçus par l’AP à l’occupant, les Palestiniens n’auraient plus à se concentrer sur la reconstitution de leur corps politique collectif et pourraient mettre en œuvre des stratégies afin de se libérer eux-mêmes du joug colonial israélien.

Une nouvelle direction

A quoi peut ressembler une véritable direction palestinienne ? Sans aucun doute, il s’agit là d’un défi redoutable. Beaucoup d’anciens chez les Palestiniens se souviennent avec émotion des beaux jours de l’OLP. L’OLP existe toujours, naturellement, mais ses organes ont depuis longtemps perdu toute légitimité ou fonctions représentatives. Ils sont maintenant devenus de simples chambres d’enregistrement entre les mains d’Abbas et de son cercle rapproché.

L’OLP pourrait-elle être reconstituée en tant qu’organisme vraiment représentatif, disons, en élisant un nouveau Conseil national de la Palestine (CNP) – le « Parlement en exil » de l’OLP ? Alors que le CNP était censé être élu par le peuple palestinien, en réalité, cela n’a jamais été le cas – en partie en raison des difficultés pratiques de tenir de véritables élections dans la diaspora palestinienne. Les membres en sont toujours nommés par des négociations entre les différentes factions politiques, et le CNP comprend des sièges pour les indépendants et les représentants des étudiants, des femmes et d’autres organisations affiliées à l’OLP.

L’un des points clés du désaccord entre le Fatah et le Hamas est la réforme de l’OLP, de laquelle le Hamas devenait membre et il recevait un nombre de sièges proportionnel dans les divers organes de décision de l’organisation. Mais même si cela se faisait, cela ne serait pas pour autant comme si les Palestiniens avaient choisi leurs représentants directement.

Encore que si les pays arabes qui ont accueilli de massives populations de réfugiés palestiniens profitent de changements démocratiques, de nouvelles possibilités vont s’ouvrir pour la politique palestinienne.

Ces dernières années, des facilités pour « voter hors du pays » ont été apportées aux vastes populations de réfugiés et d’exilés irakiens et afghans, pour des élections qui ont été soutenues par les puissances occupantes de ces pays. En théorie, il serait possible d’organiser des élections pour tous les Palestiniens, peut-être sous l’égide des Nations-Unies – en incluant l’énorme diaspora palestinienne des Amériques et d’Europe.

Le problème est que toute élection de ce genre aurait probablement besoin de s’appuyer sur la bonne volonté et la coopération d’une « communauté internationale » (les États-Unis et leurs alliés), de ceux qui, de façon impitoyable, ont refusé de laisser les Palestiniens choisir leurs propres dirigeants.

L’énergie et le coût de fonctionnement pour une bureaucratie palestinienne transnationale en vaudraient-ils la peine ? Ces nouveaux organismes ne seraient-ils pas vulnérables face à ce type de subversion, cooptation et corruption qui ont mis l’OLP d’origine, mouvement de libération nationale, dans ce triste état d’aujourd’hui où elle est accaparée par une bande collaborationniste ?

Je ne détiens pas la réponse absolue à ces questions, mais selon moi, les Palestiniens devraient en débattre, maintenant.

Un boycott inspirateur

A la lumière des révolutions arabes qui se sont faites sans direction, il apparait une autre possibilité intéressante : à ce stade, les Palestiniens ne doivent pas craindre de créer des organes représentatifs.

Au contraire, ils doivent porter toute leur attention à une résistance puissante, décentralisée, en particulier à la lutte pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions (BDS), populaire et internationale, à l’intérieur de la Palestine historique

Le mouvement BDS possède une direction collective sous la forme du Comité national du Boycott (CNB). Cependant, il ne s’agit pas d’une direction qui donne des ordres et des instructions aux Palestiniens ou aux organisations de la solidarité à travers le monde. Au contraire, elle établit des agendas qui reflètent un large consensus palestinien, et des campagnes pour les autres qui agissent selon cet agenda, en grande partie par le sens moral.

L’agenda regroupe les besoins et les droits de tous les Palestiniens : la fin de l’occupation et de la colonisation de tous les territoires occupés en 1967, la fin de toutes les formes de discrimination contre les citoyens palestiniens en Israël, et le respect, la promotion et la réalisation des droits des réfugiés palestiniens.

La campagne BDS est puissante et grandit parce qu’elle est décentralisée et tous ceux qui, dans le monde entier, agissent pour le boycott d’Israël – suivant en cela le précédent pour l’Afrique du Sud de l’apartheid – le font en toute indépendance. Il n’y a aucun organe central pour Israël et ses alliés pour le sabotage et l’attaque.

Cela pourrait être le modèle à prendre : continuer à construire notre force à travers des campagnes, la résistance civile et le militantisme. Il y a deux mois, peu de gens auraient imaginé que les régimes vieux de plusieurs décennies de Zine el Abidine Ben Ali en Tunisie, et d’Hosni Moubarak en Égypte allaient tomber, mais ces régimes sont tombés sous le poids de manifestations de masses, populaires, sur une base large. Effectivement, de tels mouvements sont beaucoup plus prometteurs d’une fin du régime d’apartheid d’Israël et d’un apport d’une véritable, représentative et démocratique direction palestinienne, que cette sorte d’institutions pesantes créées par les Accords d’Oslo. La fin du processus de paix n’est qu’un commencement.

(JPG) Ali Abunimah est cofondateur de The Electronic Intifada, conseiller politique du Réseau politique palestinien, et auteur de Un pays : une proposition audacieuse pour mettre fin à l’impasse israélo-palestinienne.

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24 février 2011 – Al Jazeera – traduction : JPP

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