La Nakba, un crime fondateur qui se poursuit tous les jours


lundi 7 juillet 2014, par Pierre Stambul

Les Palestiniens parlent de « catastrophe » pour désigner le gigantesque nettoyage ethnique prémédité de 1948 : 800000 Palestinien-ne-s ont été expulsé-e-s de leur propre pays. Aujourd’hui, les travaux convergents de nombreux/ses historien-ne-s (lire entre autres Ilan Pappé et Sandrine Mansour-Mérien) permettent de réécrire ce qui s’est passé. Répondre aux mensonges sur la Nakba, c’est essentiel pour imaginer une paix fondée sur le refus du colonialisme et l’égalité des droits.

Les mensonges fondateurs

La Palestine n’était pas une « terre sans peuple pour un peuple sans terre ». Il y avait un peuple palestinien, essentiellement descendant des Judéens de l’Antiquité successivement convertis au christianisme et à l’islam, d’où une majorité de Musulman-e-s et des minorités chrétiennes ou juives. Globalement, ces communautés vivaient en bonne entente et se sont opposées au projet « d’État juif » dès que les sionistes ont commencé à le mettre en œuvre. « Les Arabes sont partis d’eux-mêmes ». Ce mensonge vise à occulter le fait que l’idée du « transfert » (la déportation des Palestinien-ne-s au-delà du Jourdain) faisait consensus dans la direction sioniste depuis le début des années 30. Le plan « Dalet » (la lettre D en hébreu) avait programmé le nettoyage qui a eu lieu. Le projet était bien la conquête de toute la Palestine et l’expulsion des autochtones. Aujourd’hui les politiciens israéliens parlent de « terminer la guerre de 1948 » et à l’époque Ben Gourion s’était excusé de ne pas avoir tout conquis en expliquant que c’était partie remise.
Dans ce processus, les milices d’extrême droite (l’Irgoun de Menahem Begin et le Lehi ou groupe Stern d’Yitzhak Shamir) et la future armée israélienne (la Haganah et le Palmach) ont joué des rôles complémentaires : les milices massacraient comme elles l’ont fait à Deir Yassin le 9 avril 1948 et l’armée faisait le service après vente en occupant le terrain et en s’assurant que les survivant-e-s ne reviendraient pas. Deir Yassin n’existe plus. À la place, il y a un « nouveau quartier » de Jérusalem-Ouest (Givat Shaul). C’est en partie sur ce territoire qu’a été construit Yad Vashem, le musée de la Shoah. Et le tunnel routier qui passe sous Givat Shaul porte le nom de l’assassin (Menahem Begin).

L’ONU

Pour certain-e-s, la solution est simple : il suffirait de faire respecter les décisions de l’ONU. Et pourtant : quelle légitimité peut avoir le vote par l’ONU du « Plan de partage de la Palestine » en 1947 ? Pourquoi a-t-on fait payer aux Palestiniens un crime bien européen : l’antisémitisme et le génocide nazi, alors que l’Occident refusait d’accueillir les rescapés du génocide ? De quel droit ce plan a-t-il donné au futur État juif 54% du territoire (la partie la plus riche) alors que les Juifs formaient 35% de la population ? Dans ce pseudo partage, les Palestiniens représentaient 40% de la population du futur État juif alors qu’il n’y avait que 2% de Juifs dans le futur État palestinien. On peut imputer à cette décision de l’ONU la moitié du nettoyage ethnique de 1948 : quand la guerre éclate officiellement contre les pays arabes voisins le 15 mai 1948, 375000 Palestinien-ne-s habitant « l’État juif » offert par l’ONU ont déjà été expulsés. L’ONU a avalisé les conquêtes militaires d’Israël passé en 1948 de 54% à 78% du territoire palestinien. L’ONU a reconnu Israël par un vote où plusieurs petits pays ont été achetés. L’ONU a supervisé les différents accords d’armistice dans lesquels le retour des expulsés dans leurs foyers était prévu. Les deux premiers actes du nouvel État d’Israël ont été d’interdire ce retour et de détruire plusieurs centaines de villages palestiniens dans le but d’effacer jusqu’à la mémoire de la Palestine. La lâcheté de l’ONU à cette époque ne s’est jamais démentie. Israël n’a jamais eu à subir la moindre sanction. L’ONU a créé l’UNRWA pour les réfugiés palestiniens en perpétuant une situation qui aurait dû n’être que provisoire et globalement l’UNRWA s’est très mal acquittée de son rôle, faute de moyens et de volonté politique. Il y a aujourd’hui 4,5 millions de personnes qui ont la carte de l’UNRWA. Nier leur droit au retour, c’est nier le crime de 1948, ce droit est imprescriptible.

La Nakba comme « réparation » de l’antisémitisme et du génocide ? Cette idée dont les dirigeants israéliens se sont beaucoup servis est fausse : toutes les institutions du futur État d’Israël qui ont fortement contribué à expulser les Palestinien-ne-s de leur propre pays sont antérieures de plusieurs décennies à l’apparition du fascisme, à Auschwitz ou à la Nakba : la « banque coloniale juive » date de 1899, le KKL (ou Fonds National Juif) qui a accaparé par tous les moyens les terres palestiniennes date de 1901.
La Histadrout (le syndicat qui défend le « travail juif », article 1 de ses statuts) date de 1920, la Haganah (l’armée) de 1921 et l’Agence Juive de 1929. Bien avant le génocide, ces institutions ont combattu le peuple palestinien pour pouvoir un jour l’expulser et elles ont joué un grand rôle dans la répression de l’insurrection palestinienne de 1936. Les dirigeants sionistes qui ont fondé Israël n’ont pas grand-chose à voir avec la destruction des Juifs d’Europe. Simplement, leur projet qui était a priori irréalisable et qui a été pendant très longtemps très minoritaire chez les Juifs a été rendu possible après le génocide avec la complicité de toutes les grandes puissances. Pire, certains futurs dirigeants israéliens qui participent à la Nakba ont été des terroristes collabos qui assassinaient des soldats britanniques alors que le génocide nazi battait son plein. C’est le cas d’Yitzhak Shamir qui sera plus tard Premier ministre israélien.

L’attitude des dirigeants arabes.

Elle a été globalement lamentable en 1948. Les pays qui sont rentrés en guerre le 15 mai 1948 ont combattu pour leurs propres intérêts sans aucune unité et sans aucun souci pour les Palestiniens. Le déséquilibre des forces était évident en faveur des sionistes. La seule force militaire capable de s’opposer à eux était la légion arabe jordanienne (formée et équipée par le colonisateur britannique). Elle était liée par un accord de partage de la Palestine avec les dirigeants sionistes et ne s’est battue que parce que cet accord a été violé avec la conquête de villes ou villages palestiniens sur l’axe Tel-Aviv/Jérusalem. Au moment des armistices de 1948-49, il n’y a pas eu d’État palestinien : l’Égypte a annexé Gaza et la Jordanie s’est emparée de Jérusalem-Est et de la Cisjordanie. Les réfugiés palestiniens ont été très mal accueillis par les « pays frères », notamment au Liban. Les violences qu’ils subiront plus tard (le massacre de « Septembre Noir » en Jordanie, ceux des camps de Sabra et Chatila ou Tell-el-Zaatar au Liban, l’armée syrienne expulsant l’OLP du Proche-Orient) trouvent leur origine dans ce qui s’est passé au moment de la Nakba.

Le nettoyage ethnique de 1948 est tout aussi illégitime que la conquête de 1967. Il n’y a pas de différence de nature entre les Palestiniens jetés à la mer à Jaffa en 1948 (voir le film d’Eyal Sivan, « Jaffa, la mécanique de l’Orange ») et la colonisation du centre historique d’Hébron après 1967. Le projet politique sioniste mis en oeuvre pendant la Nakba se poursuit tous les jours avec le blocus de Gaza, la « judaïsation » de Jérusalem-Est, les destructions de villages bédouins ou l’emprisonnement arbitraire de milliers de Palestinien-ne-s.
Faire la paix, c’est « réparer » le crime de 1948 comme l’exige l’appel palestinien au BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) de 2005 : 1) fin de l’occupation, de la colonisation, du blocus de Gaza, destruction du mur, libération des prisonniers, 2) égalité des droits, 3) droit au retour des réfugiés.

Pierre Stambul,
07 juillet 2014

source

Mazin Qumsyieh au sujet de la Nakba


Mazin Qumsyieh : « En ce 64ème anniversaire de la Nakba, nous portons le deuil du nettoyage ethnique qui a débuté en 1948 et qui continue aujourd’hui par des transferts subreptices, des démolitions de maisons, la confiscation de terres, etc. Mais nous célébrons aussi une résilience et une réussite étonnantes du peuple palestinien autochtone, dans des conditions incroyablement défavorables ».

Militant palestinien et propagandiste de la résistance populaire non violente, Mazin Qumsyieh, basé à Bethléem, nous rappelle qu’il ne faut pas voir le verre uniquement « à moitié vide », quand il est question de la Palestine.

Il énumère les succès enregistrés grâce à cette résistance extraordinaire et multiformes comme vient de le montrer l’action exemplaire de grève de la faim des prisonniers palestiniens.

« Nous venons tout juste de fêter le succès d’une grève de la faim menée par plus de 1 600 prisonniers politiques, en dépit de tentatives pour étouffer cette histoire dans les médias occidentaux sous domination sioniste. Les captifs ont réussi à obtenir une partie de leurs droits fondamentaux, parmi lesquels celui de recevoir des visites de leur famille et qu’il soit mis fin à l’incarcération en isolement.

- Nous sommes 11,5 millions, et alors que la plupart d’entre nous sommes des personnes réfugiées et déplacées, nous demeurons fermes, pleins d’espoir, et reliés entre nous. Grâce à cette persévérance, et maintenant à internet et aux moyens modernes de communication, même les débiles tentatives pour nous isoler les uns des autres ont échoué. Des milliers de Palestiniens continuent à se rendre à leur capitale Jérusalem sans autorisation israélienne. Des milliers sont en connexion avec les zones occupées depuis 1948, de part et d’autre de la Ligne Verte.

- Nous continuons à être la population la plus éduquée du Moyen-Orient, avec le taux le plus élevé de diplômés de l’enseignement supérieur. Nous possédons désormais 12 universités en Palestine occupée. Samedi dernier, nous avons tenu à Bethléem le second congrès international de recherche biomédicale, mettant en évidence une activité scientifique qui rivalise avec celle que mènent des pays dotés d’une longue tradition de recherche. Ce qui est miraculeux, compte tenu des conditions qu’impose l’occupation.

- Nous restons le peuple qui a contribué à développer le monde arabe et même qui lui rappelle son unité et sa destinée commune. Mais plus encore, c’est notre résistance qui a protégé nos frères arabes des plans sionistes initiaux d’un empire s’étendant du Nil à l’Euphrate. Nous restons l’obstacle majeur à la victoire du projet sioniste et raciste.

- Nous avons une étonnante histoire de 130 années de lutte contre le projet colonial (concocté par les sionistes et leurs appuis occidentaux) qui dans l’histoire a été le mieux financé, le plus organisé et le plus soutenu.

- Nous avons, dans l’histoire des luttes anticoloniales, les campagnes les plus dynamiques, de boycotts, désinvestissements et sanctions (BDS). En moins de 7 ans, nous avons réalisé beaucoup plus que ce qui a été accompli par BDS en aucun autre endroit (y compris durant 25 années en Afrique du Sud).

- La Palestine reste le lieu où des gens de religions différentes ont vécu ensemble et sans ségrégation dans le même voisinage, jusqu’à l’arrivée de sionistes européens, qui ont recréé des ghettos pour les Palestiniens (musulmans et chrétiens), et pour les Juifs, un vaste ghetto nommé Israël. Les cloches des églises et l’appel du muezzin à la prière continuent à pénétrer profondément dans nos âmes, en dépit des tentatives sionistes de les réduire au silence (par exemple par le nettoyage ethnique et la destruction de 530 villages et villes).

- Nous enseignons à nos enfants que le racisme et les notions de peuple élu sont aberrants, et ils grandissent dans la croyance que nous pouvons encore avoir une nouvelle Palestine qui sera comme l’ancienne : multiethnique, multireligieuse, multiculturelle et belle.

- Les Palestiniens ont inspiré des militants à travers le monde entier. Les sondages révèlent une grande sympathie pour notre cause parmi les gens ordinaires. La Palestine est maintenant une cause célèbre pour ceux qui luttent contre l’oppression. Nelson Mandela lui-même a déclaré que l’Afrique du Sud ne sera pas pleinement libre avant que la Palestine soit libérée. Selon les enquêtes d’opinion, une majorité en Europe occidentale perçoit à juste titre Israël et les USA comme les deux dangers majeurs pour la paix dans le monde. Des milliers d’internationalistes nous ont rejoints localement dans la lutte. Israël en est devenu paranoïaque à l’égard de toute visite de solidarité avec les Palestiniens, mettant du même coup en évidence sa nature d’apartheid raciste.

Nous sommes reconnaissants envers tous ceux qui contribuent à façonner un meilleur avenir pour tous. Je suis sûr à 100% que notre Nakba prendra fin, que les réfugiés reviendront, qu’adviendront la liberté et l’égalité, et que les Israéliens seront eux aussi libérés de leur rôle d’oppresseurs et de colonisateurs, pour s’intégrer dans le tissu d’une nouvelle et meilleure Palestine. Nous pourrons dès lors devenir une « lumière parmi les peuples ».

Mazin Qumsiyeh, PhD

A bedouin in cyberspace, a villager at home

http://qumsiyeh.org

(Traduit de l’anglais par Anne-Marie PERRIN pour CAPJPO-EuroPalestine)

Source : http://popular-resistance.blogspot….

CAPJPO-EuroPalestine

Mardi 15 mai 2012, 64 ans de Nakba


A l’occasion du 64e anniversaire de la Nakba, l’Association Belgo-Palestinienne

vous convie à une rencontre avec

Jaber Suleiman

Sur le thème des

La situation des réfugiés palestiniens au Liban

64 ans après la Nakba

(en anglais)

Mardi 15 mai 2012 à 18h30

9 Quai du Commerce, 1000 Bruxelles

Une vie en suspens : à l’intérieur des camps de réfugiés du Liban

Jaber Suleiman est un réfugié palestinien du Liban, chercheur & consultant indépendant. Il a été consultant pour le programme palestinien de l’UNICEF dans les camps de réfugiés palestiniens au Liban et a été boursier d’études invité au Refugee Studies Programme de l’Université d’Oxford. Il est un militant du mouvement pour le droit au retour, ainsi que le coordinateur du Centre Aidoun pour les droits des réfugiés. Il  a écrit plusieurs études portant sur les réfugiés palestiniens et le droit au retour.

Infos et réservation : abp.eccp@skynet.be – 02 223 07 56

 

A l’occasion de la 64ème année de la NAKBA du Peuple palestinien

INVITATION

A tout les amis de la PALESTINE

Notre Communauté Palestinienne  vous invite cordialement  à participer à son rassemblement pacifique

 le Mardi 15 mai entre 12H30 et 14H au Rond- point Schumann à Bruxelles.

Nous exigeons l’application de toutes les résolutions des Nations Unies et demandons aux pays européens d’assumer  leur responsabilité historique.

la Communauté Palestinienne en Belgique et au Luxembourg

LA DESTRUCTION OFFICIELLE DES COMMUNAUTÉS PALESTINIENNES EN ISRAËL-PALESTINE.


Il y a des morts qui sommeillent dans des chambres que vous bâtirez. Des morts qui visitent leur passé dans les lieux que vous démolissez. Des morts qui passent sur les ponts que vous construirez. Mahmoud Darwich, Discours de l’homme rouge.

Depuis la rédaction de ce texte en janvier 2011 les conditions de vie des Palestiniens se sont encore considérablement détériorées.

Dans le cadre de sa création en 1948, l’État d’Israël s’est emparé de 78% de la Palestine mandataire. Quelque 530 villages, de nombreux quartiers urbains et des villes, ont été détruits ou vidés, totalement ou en majeure partie, de leurs habitants palestiniens. (1) Par le recours à la violence, les plus hautes autorités de la communauté juive de Palestine – d’abord de l’Agence juive et ensuite de l’État d’Israël – ont délibérément expulsé du territoire conquis 800.000 hommes, femmes et enfants sur les 950.000 Palestiniens qui y vivaient.(2)

En outre, environ 40.000 de ceux qui n’ont pas été expulsés, ont été chassés de leur maison, village ou ville pour être regroupés dans des zones restreintes. Ces « déplacés de l’intérieur » ont été empêchés de rentrer chez eux, bien qu’ils soient devenus citoyens israéliens. » (3) Les 2/3 des maisons confisquées ont été détruites. Le reste a été attribué à des immigrants juifs.(4)

À l’intérieur des frontières du nouvel État, la propriété de la communauté juive est passée d’environ 11% en 1947 à plus de 92% en 1949.(5) La politique du nouvel État d’Israël était de s’approprier, afin de l’attribuer à des Juifs, la plus grande partie possible du territoire – particulièrement les terres cultivables et les ports – en y laissant le moins possible de Palestiniens.

Depuis lors, seuls des Juifs – d’où qu’ils viennent et où qu’ils vivent – peuvent acquérir les biens confisqués lors de la création de l’État d’Israël, alors que les Palestiniens – où qu’ils soient nés et où qu’ils vivent – ne le peuvent pas.

Même les Palestiniens de nationalité israélienne ne peuvent acheter ces biens alors que n’importe quel Juif du monde le peut.(6) A l’intérieur des frontières reconnues de l’État d’Israël, il est interdit aux Arabes israéliens de vivre sur les quelque 94% du pays réservés aux Juifs.(7) Le système politique israélien légalise, sur base communautaire, des dénis de justice tels que chasser des Arabes de chez eux afin d’y installer des Juifs.(8)

Les Arabes d’Israël sont des citoyens de seconde zone. Ils subissent de très graves discriminations, notamment mais pas uniquement en ce qui concerne les droits de propriété.

Ils vivent dans des lieux où les infrastructures administratives et sociales sont sévèrement sous financées. Ils jouissent néanmoins de la liberté de déplacement et d’importants droits civils et politiques.

En 1967, l’armée israélienne occupe les 22% restant de la Palestine mandataire. En 2009, suite à plus de 40 ans de « faits accomplis » illégaux au regard du droit international, les Israéliens avaient confisqué à leur usage exclusif 70% de la Cisjordanie (9) dont une grande partie des terres cultivables : colonies entourées de terres agricoles et d’une zone de sécurité ; réseaux de routes et de distribution d’électricité et d’eau réservés aux Israéliens ; centaines de kilomètres de larges structures de confinement – notamment le Mur – ; zones militaires ; parcs industriels ; …. Et cette colonisation se poursuit, voire s’accélère.

Tout cela s’inscrit dans le projet de morceler le territoire en une douzaine de réserves non contiguës et, à l’extérieur de ces réserves, de confiner la population dans de petites enclaves, isolées les unes des autres par un maillage très dense de routes interdites aux Palestiniens et par plus de 700 obstacles à leurs déplacements : check-points, barrières et barrages permanents, grilles surveillées, tranchées, murs et monticules de terre, …(10)

Les réserves et les petites enclaves sont systématiquement dépouillées de leurs moyens d’existence notamment de leurs terres. À cela s’ajoute et s’accélère une colonisation à l’intérieur des réserves et des enclaves, comme à Jérusalem-Est et à Hébron.

Depuis 1967, tout est systématiquement mis en œuvre pour rendre la vie des Palestiniens de moins en moins supportable : entraves à la circulation des personnes et des biens ; infrastructures plus que négligées ; économie asphyxiée (11) ; vie communautaire paralysée – plus de 24.500 maisons (sa maison, c’est infiniment plus que des murs et un toit) démolies. (12)

(JPG)

Entre la fin septembre 2000 (début de la deuxième Intifada) et la fin juillet 2010, 6.565 Palestiniens dont 1274 enfants, 369 femmes 32 membres du corps médical et 11 journalistes, ont été tués (1.482 d’entre eux ont été tués au cours d’affrontements armés avec les forces d’occupation, les autres 5.083 étaient des civils). Durant la même période, 30.628 Palestiniens ont été blessés (17.078 dans la Bande de Gaza et 13.550 en Cisjordanie).(13) Beaucoup d’entre eux ont été délibérément estropiés par des tireurs d’élite.(14)

La spoliation de terres, l’asphyxie de l’économie et la paralysie de la société, ininterrompues depuis 1967, ont porté leurs fruits.

500.000 Israéliens juifs se sont illégalement installés dans les territoires occupés.(15) 130.000 d’entre eux se répartissent dans 121 colonies et une centaine avant-postes qui se réservent 42% de la Cisjordanie. (16) Ces implantations fortifiées, systématiquement situées au sommet et à flanc des collines, sont des pièces maîtresses du dispositif de confinement de la population palestinienne dans des enclaves strictement contrôlées.

Par ailleurs en 1967, au cours de la Guerre des 6 jours, entre 400.000 et 450.000 Palestiniens, soit 1/3 des habitants de Cisjordanie et de Gaza, ont été expulsés, en quasi totalité vers la Jordanie.(17)

Depuis lors, quelque 130.000 Palestiniens ont été déplacés à l’intérieur des territoires occupés (18) et des centaines de milliers d’autres ont été amenés à s’exiler.(19) En 2009, du fait du Mur qui se contorsionne au gré de la confiscation d’un maximum de terres et d’eau, 498.000 Palestiniens vivaient dans des zones coupées du reste de la Cisjordanie (20) et 263.200 d’entre eux, dans des zones – dites « coutures » et déclarées zones militaires fermées – enclavées entre le Mur et Israël. Tous risquent le déplacement forcé.(21)

(GIF)

Les terres et ressources en eau du village de Jayyous séparées par le Mur. © OCHA

« Ils vont être coupés de leurs moyens d’existence et emprisonnés dans des enclaves isolées. N’ayant plus de quoi vivre, ils seront forcés de quitter ces enclaves et de chercher du travail dans les faubourgs des villes de Cisjordanie.

Ainsi, les zones limitrophes d’Israël se trouveront-elles ’nettoyées’ de leurs Palestiniens. »(22) Cette politique de destruction de la société palestinienne et de confinement de la population dans des enclaves coupées de leurs moyens d’existence, atteint son paroxysme dans la minuscule bande de Gaza où sont enfermés 1.500.000 « terroristes » hommes, femmes et enfants.(23)

Ce territoire est hermétiquement ceinturé, du côté mer, par la marine de guerre israélienne et, du côté terre, par une clôture infranchissable hérissée de lames de rasoir et longée, sur les terres palestiniennes, par une bande d’une largueur de 500 mètres à 2km qui comprend et rend inaccessibles 29% des terres cultivables (24) et où toute végétation et tout édifice sont rasés afin d’offrir une vue dégagée aux tireurs israéliens.

Cette population, soumise depuis des années à un blocus draconien, a récemment subi, après en avoir subi bien d’autres, une agression militaire d’une brutalité exceptionnelle. Les infrastructures publiques ont été particulièrement visées : immeubles administratifs, hôpitaux, écoles, routes, réserves alimentaires et même les casernes de pompiers.

Plus de 10.000 logements ont été complètement détruits ou lourdement endommagés.(25) Selon un rapport du Comité International de la Croix-Rouge, 1380 Palestiniens ont été tués et 5380, blessés. (26) Selon le droit international, ce blocus et cette agression militaire constituent des crimes contre l’humanité.(27)

Jeff Halper montre comment l’occupation désintègre la communauté palestinienne des territoires occupés et tend à la réduire à l’impuissance. En Cisjordanie et à Jérusalem-Est, « rien n’empêche Israël de terroriser la population palestinienne.

Que ce soit par sa propre armée ou par la milice auxiliaire, financée par les États-Unis et opérée par l’Autorité palestinienne afin de pacifier sa propre population.

Que ce soit par les colons qui tirent sur les Palestiniens, les brutalisent et brûlent leurs récoltes sans crainte d’être poursuivis ou par des agents secrets, aidés par des milliers de Palestiniens forcés à devenir des collaborateurs souvent pour que leurs enfants puissent avoir accès à des soins médicaux ou avoir un toit sur leur tête.

Que ce soit par des expulsions ou par la myriade de contraintes administratives d’un système, invisible mais kafkaïen, de contrôle total et d’intimidation. » (28) A Gaza, depuis le redéploiement en 2005 de l’infrastructure et des forces d’occupation en périphérie, le contrôle et l’intimidation s’exercent de l’extérieur par un blocus impitoyable et un harcèlement militaire avant, pendant et après l’opération Plomb durci.(29)

Amira Hass caractérise on ne peut mieux à quoi la Communauté palestinienne des territoires occupés est désormais réduite : « Si les indigènes le désirent, ils peuvent continuer à vivre dans les réserves ; s’ils ne le veulent pas, qu’ils s’en aillent ».(30)

La terre sans les Palestiniens

Le nombre, l’expansion, la structure et les lieux d’implantation des colonies – notamment autour de Jérusalem-est et de Bethléem – ainsi que l’importance et la nature des infrastructures réservées aux colons et aux forces d’occupation, montrent à l’évidence que l’intention des autorités israéliennes n’est pas d’évacuer les territoires occupés en violation au droit international mais, tout comme lors de la création de l’État d’Israël, d’en accaparer la plus grande partie possible.

Les autorités israéliennes cherchent manifestement à déstructurer la communauté palestinienne au point qu’un État palestinien indépendant soit impossible. Témoins, entre autres : la destruction des infrastructures nécessaires à un État, la déportation ,(31) l’emprisonnement et l’assassinat de personnalités dirigeantes ; les milliers de prisonniers ; (32)les entraves à l’accès à l’enseignement supérieur sur place et à l’étranger ; la répression des étudiants ; … .

Par un de ses aspects essentiels – accaparer le maximum de terres en y laissant le moins de Palestiniens possible -, la politique israélienne n’a pas changé depuis 1948. Elle s’est simplement adaptée : « Dans une région suivie avec autant d’attention qu’Israël-Palestine, écrit Tanya Reinhart, le nettoyage ethnique ne peut pas prendre la forme de massacres de masse ni de grands transferts de population.

C’est un processus lent, quotidien, qui vise à briser la société et à conduire le plus de gens possible à disparaître ou à s’enfuir. »(33) D’autres composantes de cette politique, telles l’enfermement des Palestiniens dans des enclaves délibérément paupérisées et la désarticulation de leur communauté, sont beaucoup plus sévères dans les territoires occupés qu’en Israël.

Au début de la guerre de 1948, les Palestiniens étaient propriétaires d’environ 93% du territoire de la Palestine mandataire. Aujourd’hui, alors qu’ils constituent au moins 48% de la population qui vit sur ce territoire ,(34) ils ne sont propriétaires que d’environ 11% (35) et d’un pourcentage bien inférieur encore – sans doute moins de 5% – des terres cultivables.

Au début de la guerre de 1948, la quasi totalité des Palestiniens vivaient sur le territoire de la Palestine mandataire. Fin 2008, on estimait à 10.600.000 le nombre de Palestiniens dans le monde. Au moins 7.100.000 d’entre eux – soit les 2/3 – étaient des personnes déplacées. 6.600.000 – soit 62% – s’étaient réfugiés à l’étranger et 427.000 étaient des déplacés de l’intérieur. (36)

Aujourd’hui, dans leur propre pays, une grande majorité des Palestiniens vivent dans des enclaves surpeuplées, strictement contrôlées et largement dépouillées de leurs ressources. Il n’est donc nullement exagéré de parler d’une désintégration probablement irréversible des communautés palestiniennes en Israël-Palestine et cela d’autant moins que les confiscations et le harcèlement « légaux » sont toujours en cours.

Notes

1) Badil, Survey of Palestinian Refugees and Internally Displaced Persons, 2008-2009, P.11. Le cas de Lydda (aujourd’hui, Lod où se trouve l’Aéroport international Ben Gourion), à l’époque ville de quelque 20.000 habitants située à l’intérieur de l’État attribué aux Arabes par l’ONU en 1947, est exemplaire à plus d’un titre. La ville qui ne disposait que de quelques vieux fusils, était pratiquement sans défense. Après avoir subi un bombardement, elle est attaquée, le 13 juillet 1948, par des forces de l’armée régulière commandées par le Colonel Yitzhak Rabin, futur Général, Chef d’état-major, Ministre de la Défense, Premier Ministre et Prix Nobel de la Paix. La résistance ne dure que quelques heures. Le jour même, 456 personnes – hommes, femmes et enfants – sont massacrées dont 176 à l’intérieur d’une mosquée. Le lendemain, quelque 50.000 Palestiniens terrorisés dont plus de la moitié étaient des réfugiés qui avaient fui les villages environnants, sont expulsés sur ordre direct de Ben Gourion. Seules quelques centaines de personnes ont été autorisées à rester. Ilan Pappe, Le nettoyage ethnique de la Palestine, Fayard, 2008, p.218-222.

2) Badil, Survey …, p.10.

3) Palestine Monitor 2009 Factbook, p.23.

4) Badil, Survey …, p.11.

5) Badil, Survey …, p.3.

6) « La Loi sur les Biens des Absents (également connue comme la Loi sur les Propriétés abandonnées) a été promulguée en 1950. …. La Loi stipule que les biens d’un Absent seront transférés sous la juridiction de l’Administrateur des Biens des Absents, sans possibilité de faire appel ou de compensation. » Meron Rappaport, « Les maîtres de la terre », Haaretz Magazine, 20 janvier 2005. Cette loi s’applique également aux « déplacés de l’intérieur » qui ont été dépouillés de leurs biens. Ce sont les fameux citoyens arabes israéliens « absents présents ». Par la Loi fondamentale 1960 : Terres d’Israël (1960 Basic Law : Israel Lands ), toutes ces terres deviennent propriété inaliénable du Peuple juif et ne peuvent être vendues qu’à des Juifs et donc pas aux Palestiniens. Badil, Survey … p.15.

7) Voir Jeff Halper, « Ramadan kareem from the Netanyahu and Obama administrations« , 17 août 2010 (www.icahduk.org).

8)Un exemple récent parmi beaucoup d’autres : « Le soir du 29 juillet 2010, à leur retour d’une cérémonie de mariage, neuf familles, habitant le quartier musulman de la Vieille Ville de Jérusalem, se sont retrouvées expulsées de leurs maison s par des colons et empêchées d’y rentrer par la police. Les Palestiniens n’ont évidemment aucun recours légal contre la confiscation, en 1948 et après, de leurs propriétés, villages entiers, villes et quartiers urbains, fermes, usines ou immeubles commerciaux ». Jeff Halper, « Ramadan … .

9) Badil, Survey …, p.27.

10) Palestine Monitor factsheet, Checkpoints. (www.palestinemonitor.org)

11) Crime de guerre aux termes de la 4ème Convention de Genève Art. 55 : « …, la Puissance occupante a le devoir d’assurer l’approvisionnement de la population en vivres et en produits médicaux. »

12) Selon les estimations de l’ICAHD (Israeli Commitee Against House Demolitions) – mise à jour du 28 juillet 2010 -, au moins 24.813 maisons ont été détruites depuis 1967 en Cisjordanie, à Jérusalem Est et à Gaza. « Statistiques des Démolitions de Maisons (1967-2010) ». (www.icahd.org). Crime de guerre aux termes de la 4ème Convention de Genève Art. 53 : « Il est interdit à la Puissance occupante de détruire des biens mobiliers ou immobiliers, appartenant individuellement ou collectivement à des personnes privées, à l’État ou à des collectivités publiques, à des organisations sociales ou coopératives, sauf dans les cas où ces destructions seraient rendues absolument nécessaires par les opérations militaires. »

13) Selon les statistiques (octobre 2010) du PCHR (Palestinan Center for Human Rights) (www.pchrgaza.org)

14) Environ 1 an avant le déclenchement de la 2ème Intifada à la fin septembre 2000, à l’initiative et sous le contrôle direct du Premier Ministre et Ministre de la Défense de l’époque E. Barak, « l’armée a formé 4 bataillons spécialement destinés à faire face à l’agitation en Cisjordanie. … . Dans ces unités spéciales, on apprend à viser et à tirer de façon calculée : mutiler, mais sans trop augmenter le chiffre des morts (dont, d’après l’armée, les Palestiniens ont besoin pour gagner l’appui international). (De là,) les balles qui frappent si souvent et de façon si précise aux yeux, à la tête ou aux genoux ». Tanya Reinhart, Détruire la Palestine ou comment terminer la guerre de 1948, La Fabrique, 2002, p.85-88.

15) Crime de guerre aux termes de la 4ème Convention de Genève Art. 49.6 : « La Puissance occupante ne pourra procéder … au transfert d’une partie de sa propre population civile dans le territoire occupé par elle. »

16) By Hook and by Crook : Israel’s Settlement Policy in the West Bank, Rapport B’tselem (The Israeli Information Center for Human Rihgts in the Occupied Territories), Juillet 2010. www.btselem.org

17) Badil, Survey …, p.17. 4ème Conv. Art. 49.1 : « Les transferts forcés, en masse ou individuels, ainsi que les déportations de personnes protégées hors du territoire occupé dans le territoire … de tout autre État, occupé ou non, sont interdits, quel qu’en soit le motif. »

18)Badil, Survey …, p.57.

19) Le taux annuel d’émigration atteint les 2%. Badil, Survey …, p.39.

20) Il s’agit des habitants de localités enclavées dans des zones confisquées, notamment dans la Vallée du Jourdain.

21) Badil, Survey …, p.24.

22) Tanya Reinhart, L’héritage de Sharon, La Fabrique, 2006, P.190.

23) A l’instar de tant d’autres puissances occupantes, l’État d’Israël déshumanise ceux qu’il opprime en les qualifiant de « terroristes ».

24) Farming without Land, Fishing without Water : Gaza agriculture struggle for survival, Rapport de l’ONU (OCHAopt), Mai 2010 (www.ochaopt.org)

25) ICAHD, « Statistiques des démolitions de maisons à Gaza pendant l’opération Cast Lead« , (www.icahd.org).

26) Voir Gaza Strip, Initial health needs assessment. Rapport de l’ONU (OCHAopt) du 16 février 2009. L’évaluation de Badil, plus récente, fait état de 1.414 morts dont 313 enfants et 116 femmes. Badil, Survey …, p.19. Du côté Israéliens, 3 civils et 10 militaires dont 4 par « feu ami », ont été tués. (www.btselem.org/english/gaza_strip)

27)Richard Falk, Professeur émérite de droit international à l’Université de Princeton et Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, considère que l’attaque militaire « non défensive » de décembre 2008 visant à « punir » Gaza ainsi que le blocus imposé à ce territoire, constituent des crimes contre l’humanité. Richard Falk, « Nécessaire inculpation des responsables de l’agression contre Gaza », Le Monde diplomatique, mars 2009.

28) Jeff Halper, « Ramadan … .

29) Entre le 20 janvier 2009 (fin de Plomb durci) et le 30 septembre 2010, soit quelque 600 jours, il y a eu 420 attaques israéliennes dans la zone tampon qui encercle la Bande de Gaza. Outre les destructions du peu qui reste à détruire, ces attaques ont fait 84 morts et 183 blessés. Voir PCHR Fact Sheet (buffer zone) de décembre 2009 et d’octobre 2010. (www.pchrgaza.org). Et les attaques israéliennes ne se limitent pas à la zone tampon.

30) Amira Hass, « Like a plane without a pilot« , Haaretz du 04.05.2010.

31) Depuis 1968, quelque 2000 Palestiniens ont été déportés parmi lesquels des résistants, des activistes politiques, des directeurs d’école et des inspecteurs de l’enseignement qui protestaient contre la censure des manuels scolaires, des enseignants et des étudiants qui avaient organisé un boycott, des avocats qui avaient organisé une grève. Badil, Survey …, p.20

32) Fin juillet 2009, il y avait 743O détenus palestiniens – y compris 333 mineurs – dans les prisons israéliennes. On comptait, en outre, 387 détentions administratives sans jugement. On estime qu’au moins 40% des hommes sont passés par les prisons israéliennes. Badil, Survey …, p.20. C’est dire que très peu de familles palestiniennes n’ont pas été touchées par l’arrestation d’un de leurs membres.

33) Tanya Reinhart, Détruire … , p.88.

34) Selon le Bureau central israélien de statistiques, il y a aujourd’hui 5.770.9OO Juifs et 1.559.100 Arabes en Israël. Selon le Recensement de la population 2007 de l’UNRWA, il y avait 3.767.126 Palestiniens dans les territoires occupés. Ce qui donne 52% de Juifs et 48% d’Arabes sur le territoire de l’ancienne Palestine mandataire. Le pourcentage de Juifs est probablement surestimé et celui des Arabes, sous-estimé. Apparemment, les statistiques israéliennes prennent en compte tous les Juifs de nationalité israélienne, y compris de double nationalité. Or, un grand nombre d’entre eux – sans doute des centaines de milliers – ne résident pas en Israël. D’autre part, étant donné que le recensement de l’UNRWA date de 2007, la croissance des 3 dernières années – environ 3% par an – de la population palestinienne des territoires occupés, n’est pas prise en compte.

35) En 1947, les membres de la Communauté juive étaient propriétaires d’environ 7% du territoire de la Palestine mandataire. Entre 1947 et 2009, les autorités israéliennes ont confisqué 82% de ce territoire. Ainsi, sur 89% du territoire de la Palestine mandataire, seuls des Juifs peuvent devenir propriétaires. Badil, Survey …, p.3.

36) Badil, Survey …, p.56.

P.S Ce texte est – à quelques modifications mineures près – la première partie d’un article paru dans le numéro de mars 2011 de La Revue nouvelle de Bruxelles sous le titre « L’appel au dialogue de paix occulte la Destruction de la communauté palestinienne ».

Jacques Bude est Professeur émérite de psychologie sociale de l’Université libre de Bruxelles. Mère et père morts en déportation. « Enfant caché » sauvé par des gens merveilleux du pays de Liège.

Arrêté, avec 3 autres, après avoir réussi à gagner Jaffa via le Golan


Deux des quatre Palestiniens entrés dimanche en territoire occupé en 1948 en provenance du territoire syrien, durant l’anniversaire de la « Nakba » palestinienne, ont été renvoyés mardi en Syrie, a indiqué une porte-parole de l’armée d’occupation israélienne. Selon la radio militaire, il s’agit d’un homme et d’une femme.

Lundi, le porte-parole de la police d’occupation israélienne avait annoncé l’arrestation de quatre Palestiniens. « Nous avons arrêté aujourd’hui trois Palestiniens venus de Syrie, dont deux lors de perquisitions à Majdal Chams », dans le plateau du Golan occupé depuis 1967, a dit Micky Rosenfeld.

« Un quatrième Palestinien est parvenu à gagner la région de Tel-Aviv, où il s’est constitué prisonnier. Comme les autres, nous l’interrogeons. Nous verrons ultérieurement ce que nous ferons d’eux », a-t-il ajouté.

Fier d’être revenu à Jaffa
Brièvement interviewé lundi soir par la Chaîne Dix privée de la télévision israélienne, ce dernier a exprimé sa « fierté » d’être revenu à Jaffa, sa ville
d’origine proche de « Tel-Aviv ».

« Ici, ce n’est pas Israël, c’est mon pays (…). Je veux rester ici, là où mon père et mon grand-père sont nés, et faire venir ma famille », a déclaré aux journalistes ce Palestinien, Hassan Hijazi, 28 ans, un fonctionnaire du ministère syrien de l’Education, selon le journal en
ligne Ynet.
Il raconte comment il a réussi à regagner Jaffa. Hassan a demandé à des pacifistes arabes et français, dont un juif, de l’aider à réaliser son rêve et de l’accompagner vers sa ville natale.
Au total, une centaine de manifestants venus de Syrie s’étaient infiltrés dimanche dans la partie du plateau du Golan occupée par « Israël », près de Majdal Chams, avant de repartir pour la plupart en Syrie quelques heures plus tard.
La « Nakba » (catastrophe) s’est traduite par l’exode de quelque 760.000 Palestiniens, point de départ de la question des réfugiés, actuellement au nombre de 4,8 millions avec leurs descendants, répartis pour l’essentiel entre la Jordanie, la Syrie, le Liban et les territoires palestiniens.

source

Commémoration de la Nekba


à la demande du peuple palestinien, à travers le monde, des rassemblements seront organisés devant les ambassades d’Israël. A 2 pas du bois de la Cambre, une heure de notre temps pour manifester notre soutien au peuple Palestinien.

C’est l’apothéose du WE, ALLONS Y NOMBREUX.

DIFFUSER L’INFORMATION SVP.

A DEMAIN, TOUS ENSEMBLE DERRIERE LE PEUPLE PALESTINIEN

❂ DEMONSTRATION DE SOLIDARITE AVEC LA TROISIEME
INTIFADA
๑ de 14h à 15h devant l’ambassade d’Israël Avenue de
‘Observatoire 40 1180 Brussel (UCCLE)
–> »En réponse à l’appel du peuple palestinien à une
journéede soulèvement populaire le 15 mai, nous appelons
les Belges à manifester devant l’ambassade d’Israël à
Bruxelles le même jour, pour demander l’expulsion de
l’ambassadrice au vu des perpétuelles violations des lois
nternationales commises par Israël. »
EVENT FB : https://www.facebook.com/event.php?eid=200013603371184

Via Laurence Blesin (merci) : « Le 15 mai, c’est la commémoration de la Nakba, la « catastrophe » : en 1948, l’Etat d’Israël fut établi en dépossédant les Palestiniens de leurs terres, en expulsant 800 000 personnes dont la plupart vivent toujours dans des camps de réfugiés, ceux qui ont pu rester vivent sous occupation… depuis 63 ans… A la lueur des soulèvements des peuples arabes, soutenons l’Intifada palestinienne ! Free Palestine ! »