Les mouvements du Hamas et du Jihad islamique se félicitent du vote des Nations Unies


dimanche 2 décembre 2012 – 07h:13

Ma’an News


Les principaux dirigeants du Hamas et du Jihad islamique ont fait bon accueil à la reconnaissance de la Palestine comme pays observateur aux Nations Unies, suite à l’initiative du Fatah, leur rival politique.

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Ramadan Shalah (à gauche sur la photo), dirigeant du Jihad islamique et Khaled Meshaal, dirigeant du Hamas

Depuis que l’agression militaire d’Israël sur Gaza s’est interrompue la semaine dernière, les organisations palestiniennes depuis longtemps antagonistes ont fait un certain nombre de concessions, suscitant des espoirs d’une réconciliation entre la Cisjordanie et Gaza.

Le mouvement Hamas, qui dirige Gaza, avait d’abord rejeté l’initiative à l’ONU, qui est une partie fondamentale de la stratégie diplomatique de l’ex-président Mahmoud Abbas, le chef du Fatah.

Comme le mouvement du Jihad Islamique, le Hamas a révisé sa position après la guerre de Gaza, qui a été considérée comme un succès pour les ailes militaires des deux organisations.

Le Premier Ministre du Hamas à Gaza, Ismaël Haniyeh, a déclaré vendredi que le vote était un point culminant de la victoire et une affirmation de l’immuabilité palestinienne.

S’adressant dans Gaza à un rassemblement de solidarité avec les prisonniers en grève de la faim, Haniyeh a dit qu’il avait suivi le déroulement du vote, et il a remercié les 138 pays qui ont voté en faveur de l’adhésion de la Palestine.

Il a déclaré également que son mouvement faisait bon accueil à l’initiative, tout en continuant sa politique consistant à ne pas reconnaître Israël et « de ne pas abandonner un seul pouce de terre palestinienne. »

Haniyeh a aussi déclaré que ce vote contribuera à faire en sorte que la Palestine retourne à ses véritables propriétaires.

Le secrétaire général de Jihad islamique, Ramadan Shalah, a fait écho aux commentaires de Haniyeh, qualifiant le vote de « moment historique. »

Mais le mouvement a également ajouté son avertissement, Shalah disant que le vote ne devrait pas « priver les Palestiniens d’une partie de leurs droits sous la bannière des négociations et de la légitimité internationale. »

Le Jihad Islamique et le Hamas accusent l’Autorité Palestinienne en Cisjordanie, dirigée par le Fatah, d’abandonner le droit au retour des réfugiés Palestiniens, ceux-ci ayant été expulsés dans les mois qui ont précédé la guerre de 1948.

Les deux parties se rapportent à ’Israël en tant qu’occupant illégal de la Palestine, bien que certains dirigeants du Hamas, dont Khaled Meshaal, le responsable du bureau politique déclarent vouloir un État Palestinien basé sur les frontières d’armistice de 1949, en conformité avec la politique d’Abbas.

Mashaal a dit que le vote de l’ONU « contribuera à unifier les efforts des Palestiniens au niveau national » en tant qu’élément du processus de réconciliation avec le mouvement d’Abbas.

« J’ai dit à Abu Mazen (Abbas) que nous voulions que cette initiative (aux Nations Unies] fasse partie d’une stratégie nationale palestinienne, » a déclaré Mashaal dans une entrevue avec l’agence Reuters.

1e décembre 2012 – Ma’an-News – Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.maannews.net/eng/ViewDet…
Traduction : Info-Palestine.eu

Palestine à l’infini


Les Halles de Schaerbeek

les halles

Palestine réside dans nos coeurs, elle a marqué les halles au cours de ces 7 années comme un moment inoubliable de l’histoire engagée du lieu – et l’oeuvre de l’artiste Joëlle Tüerlinckx, Monument pour les art et cultures non-intégrés,
installée face aux halles en ce mois de décembre, restera comme le mat témoin de cette histoire.
Palestine à l’Infini parce que rien n’est fini, tant que la Palestine ne sera cet Etat dont rêve son peuple et auquel il a droit. Parce que la Palestine nous a menés vers tant d’« ailleurs », à Beyrouth notamment, et ailleurs encore dans ces « mondes arabes » dont nous avons invité de nombreux artistes et intellectuels.

voir site

Palestine, la Belgique s’abstient


Grosse déception pour les partisans du droit international: alors que la Belgique avait voté pour l’admission de la Palestine à l’Unesco l’an dernier, elle s’abstiendra jeudi à l’Assemblée général de l’ONU quand Mahmoud Abbas y demandera la reconnaissance de la Palestine comme Etat non-membre. Cette information m’a été communiquée entre les lignes par le porte-parole des Affaires étrangères belge en fin d’après-midi. Les explications sont peu convaincantes et n’évoquent pas l’incohérence entre le vote à l’Unesco et celui de jeudi.
Principal argument, texto:
« La question centrale est la suivante: L’initiative palestinienne à l’ONU est-elle de nature à ramener Israéliens et Palestiniens à la table des négociations ? Elle constitue certainement un fait accompli qui n’est pas le résultat d’une négociation. Elle peut avoir de sérieuses conséquences sur les positions israélienne et américaine, ainsi que pour les finances publiques de l’Autorité Palestinienne. »
Il s’agit donc d’un alignement pur et simple sur les positions israélo-américaines et le constat cynique que Washington et Tel-Aviv pourraient bien passer aux représailles économiques comme ils l’ont suggéré, et que ce serait bien dommage.
Pas fier d’être belge, pour le coup.

Baudouin Loos

Article dans LeSoir de ce matin 

MEMENTO pour la PALESTINE (2) par Rudi Barnet


suite de la première partie

« Les Palestiniens sont des bêtes qui marchent sur deux pattes »

mercredi 5 décembre 2012 – 06h:51

Rudi Barnet

A peine des hommes, je vous dis !

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Ismaïl Haniyeh, Premier ministre de Gaza, accompagné de Rafik Abdessalem, Ministre tunisien des affaires étrangères, s’est rendu à l’hôpital Shifa au plus fort des bombardements israéliens. Qui sont les civilisés ? Ceux qui tuent des enfants palestiniens, sans une once de regret ? Ou ceux qui résistent depuis des dizaines d’années à toutes les tentatives de les faire disparaître ?

Quand, en 1982, Menahem Begin[2] prononça ces fortes paroles à la Knesset, ses collègues députés applaudirent chaleureusement la clairvoyance de son jugement.
Il n’était pas, loin de là, le premier à afficher ainsi son mépris pour les êtres humains originaires du pays conquis.
Il y avait déjà une bonne cinquantaine d’années que les leaders sionistes considéraient les Palestiniens comme des sous-hommes :

Chaim Weizmann[3] , premier président d’Israël, n’avait pas hésité, par exemple, à déclarer « Les Britanniques nous ont dit qu’il y a là quelques centaines de milliers de nègres et qu’ils n’ont aucune valeur »[4]
Yizhak Shamir[5] , premier ministre, proclamait également sa haute considération de l’être humain : « Les Palestiniens seront écrasés comme des sauterelles… leurs têtes éclatées contre les rochers et les murs. »[6]
De son côté, Ehud Barak prévenait déjà, il y a plus de dix ans, la population israélienne que « Les Palestiniens sont comme les crocodiles, plus vous leur donnez de viande, plus ils en veulent » (Jerusalem Post du 30/8/2000)[7]
Le grand rabbin Yossef Ovadia y va aussi de son exhortation (12/4/2001) : « Puisse le Nom Divin répandre le châtiment sur les têtes arabes, et faire égarer leur semence et les annihiler ! Il est interdit d’avoir pitié d’eux !
Nous devons leur lancer des missiles avec joie et les exterminer. Ils sont malfaisants et damnés ! »
Un autre rabbin, Yitzhak Ginsburg, affirme que « Le sang juif et le sang des goys (non-juifs) ne sont pas les mêmes, » et que « tuer n’est pas un crime si les victimes ne sont pas juives. » [8]
… Sans oublier Avigdor Lieberman[9], ministre des Affaires étrangères, qui proposait, en 2009, d’appliquer à Gaza « Ce que les Etats-Unis ont fait au Japon à la fin de la seconde guerre mondiale. »… Autrement dit, d’y envoyer une bombe atomique.
Quant à Eli Yishai, ministre de l’intérieur du gouvernement actuel, qui mène une véritable chasse aux émigrés africains, il déclare en juin 2012 : « J’utiliserai tous les moyens pour expulser les étrangers car Israël appartient à l’homme blanc !  » [10]
Ce discours sur la pureté de la race ne vous rappelle rien ?

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T-shirt de l’unité de snipers du bataillon Shaked de la Brigade Golani

Il serait illusoire de croire que cette xénophobie se limite à quelques leaders politiques ou religieux fanatiques.
Comme en témoigne un sondage publié en octobre 2012 par le quotidien israélien « Haaretz », c’est à tous les étages de l’Etat que le mal s’est installé.[11]

42 % refusent d’habiter dans le même immeuble que des arabes israéliens et ne veulent pas que leurs enfants naillent à l’école avec des enfants d’origine arabe.
33% voudraient que l’Etat instaure une loi interdisant aux citoyens arabes de voter aux élections législatives
69 % sont opposés à l’idée du droit de vote pour les Palestiniens si Israël annexe la Cisjordanie.
74 % sont favorables à des routes séparées pour Israéliens et Palestiniens en Cisjordanie
58 % sont conscients du régime d’apartheid en vigueur à l’encontre des Arabes, mais l’approuvent.[12]

… Rien d’étonnant quand on sait que, dès la petite enfance, le système éducatif israélien tend à favoriser la ségrégation et à convaincre le citoyen qu’il appartient à un « peuple élu », victime permanente de l’antisémitisme, mais protégé par « l’armée la plus morale du monde ».[13]

Militarisation de l’Education…

« Les manuels scolaires israéliens correspondent à toutes les catégories du discours raciste, à la fois verbal et visuel »
Accusation antisémite ?
Non, c’est l’avis de Nurit Peled-Elhanan, professeure israélienne spécialisée dans l’éducation à l’Université hébraïque de Jérusalem.[14]
Dans son dernier ouvrage « La Palestine dans les manuels scolaires israéliens : Idéologie et Propagande dans l’Education »[15] elle précise que la quasi-totalité des sujets contenus dans les programmes israéliens d’enseignement sont imprégnés d’un nationalisme exacerbé.

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Dessin utilisé au jardin d’enfants pour apprendre à compter

Exemples de règles à suivre dans un nouveau guide pour la préparation aux examens en éducation civique dans les université israéliennes : les filles israéliennes doivent rester à l’écart des Palestiniens, parce que « les jeunes arabes constituent une menace pour la vie des jeunes filles » et que « les relations entre les jeunes hommes arabes et les jeunes femmes juives représentent une menace pour la majorité juive dans le pays ».

Un nouveau programme, « Derekh Erekh » (Chemin des Valeurs) va être mis en pratique en 2012 afin d’inculquer le sens du devoir et de l’allégeance à lʼEtat. Il vise, en priorité, à renforcer les liens entre les écoles israéliennes et lʼarmée.
« Les enseignants sont des appelés tout au long de leur vie ! » a déclaré le ministre de lʼEducation, Gideon Saar, en présentant ce programme.

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Formation militaire d’enfants dans une colonie

Pour tenter d’amenuiser la mauvaise image qu’engendre cette politique pédagogique, les officines occidentales de propagande publient journellement des articles scandalisés sur la militarisation des jeunes Palestiniens.

Quelle est la réalité ?

Faute d’argent, l’UNRWA (ONU) a renoncé en 2012 à l’organisation des camps de vacances pour les jeunes de Gaza. Le Hamas a tenté de suppléer à cette défaillance et a mis sur pied des camps qui offrent une occupation à une minorité d’enfants et d’adolescents.
Ces camps ont indéniablement certains aspects militaristes (exercices de type commando, notamment) et la formation politique à la résistance contre Israël y est présente au travers de slogans comme « Une main tient un stylo et l’autre un fusil » ou « Une main étudie et l’autre lutte contre Israël ».[16]
Même limitée à quelques camps de Gaza, cette initiative est sans aucun doute attristante… Mais elle est sans commune mesure avec l’ampleur de la politique militariste de l’Etat d’Israël, générale et bien plus dangereuse : les armes ne sont pas en plastic dans les formations des petits israéliens… et les balles sont bien réelles.

… Et enseignement de la haine

L’étude de Nurit Peled-Elhanan fait ressortir le véritable lavage de cerveau qui est pratiqué dans les écoles israéliennes.[17]
Jamais les Palestiniens n’y sont présentés comme des êtres humains… mais comme un « problème » – le mot « palestiniens » n’est même jamais utilisé – et sont qualifiés d’êtres primitifs aux pratiques tribales et archaïques, toujours « hostiles », « agresseurs » ou « terroristes ».
La glorification du régime est permanente : « Personne ne peut comprendre notre situation mieux que nous » est l’argument avancé pour expliquer aux élèves pourquoi le Droit International nʼest pas applicable à lʼEtat dʼIsraël.
… Etc.
Comment s’étonner que, avec une telle « pédagogie », les jeunes soldats israéliens se comportent ensuite comme des dresseurs de fauves aux « check-points » ou que les jeunes colons « cassent de l’Arabe » sans état d’âme et tirent sur les villageois palestiniens comme au joyeux temps du Far West ?

Le texte qui suit suffit largement à toucher du doigt cette réalité qui fait frémir tout humaniste.
Zvi Ba’rel, journaliste senior au quotidien « Haaretz » l’a écrit après le lynchage à Jérusalem de Jamal Julani, un jeune Palestinien, par une bande d’adolescents israéliens dont l’un déclara qu’il « pouvait bien mourir, cela m’est égal, puisque c’est un Arabe » pendant que des dizaines de badauds et les policiers regardaient la scène sans réagir.[18]

La « littérature » israélienne incitant à la haine des Arabes date de bien avant l’occupation.
La série de livres enfantins « Danidin », de Shraga Gafni est truffée d’illustrations et d’expressions qui balisent le terrain pour le développement de la haine anti-Arabe.
La collection « Mikraot Yisrael » (« Lecteurs israéliens »), qui a servi à l’apprentissage de centaines de milliers d’enfants israéliens, est elle aussi bourrée de termes incitant à la haine.
Nous avons des gens qui passent pas mal de temps à surveiller le contenu des ouvrages scolaires publiés par l’Autorité Palestinienne. Mais on ne ressent pas la nécessité de lister toutes les recettes visant à développer la haine de l’anti-Arabe dont on nous a nourris, et qui ont fait ensuite leur propre chemin en nous.
Alors, on est tenté de venir en défense de ces criminels de Jérusalem, dont le « seul crime », si l’on y réfléchit, a été de mettre en pratique la pédagogie israélienne et son éthos de « Mort aux Arabes » qui leur ont été enseignés.
Cette mentalité continuera d’être partie intégrante de l’identité nationale juive-israélienne, quand bien même l’occupation cesserait demain matin.
Et cela, parce que notre « Mort aux Arabes » n’est pas cette haine « classique » vis-à-vis de quelqu’un qui est différent, il n’est pas non plus l’infâme mot d’ordre des gangs adeptes de ce qu’ils appellent les « représailles ». Ce n’est pas non plus la même chose que la xénophobie ou la crainte du musulman, qui se retrouvent dans le racisme européen.
Chez nous, la haine de l’Arabe fait partie des manifestations de la loyauté et de son identité qu’un citoyen juif doit apporter à l’Etat.
Un Israélien loyal est un Israélien qui laissera mourir un Arabe, parce que ce dernier « est un Arabe ».
Et si une personne n’est pas comme cela, c’est bien connu, « c’est parce qu’elle couche avec les Arabes ».

Que répondre à ce vieux journaliste patriote ?
Quand un système éducatif conduit des citoyens à lyncher d’autres citoyens parce qu’ils sont physiquement différents, sans susciter de protestation ni de condamnation unanimes, il faut bien reconnaître que l’on se trouve en face d’un système fasciste !
… Et inutile d’essayer de se voiler la face, ce qui se passe en Israël n’est en rien un racisme circonstanciel ou limité à une minorité, tel qu’on peut le subir dans la plupart des pays occidentaux. Il résulte de l’application méthodique d’une idéologie propagée par les leaders sionistes et est consubstantielle de tout le système politique et éducatif.[19]

Comme en témoigne les observations de la sociologue Eva Illouz, professeur de sociologie à l’Université hébraïque de Jérusalem, même les institutions judiciaires n’échappent pas à la xénophobie : « Les Arabes d’Israël (20% !) sont certes des citoyens, mais leur citoyenneté est un simple fait administratif, pas une forme de participation active à la culture, à la politique et à l’économie d’Israël » [20]

Les Sionistes rabiques auront beau pousser des cris d’orfraie[21] , le terrible constat est là : la société israélienne actuelle est gangrénée par « la bête » !

Une démocratie… Très particulière

La “Loi Fondamentale“ – comme on le sait, Israël n’a pas de Constitution, ce qui aurait, notamment, impliqué de fixer une limite territoriale – proclame qu’il s’agit d’un Etat juif.
La nouvelle loi que Netanyahu et Lieberman veulent instaurer obligera chaque citoyen, qu’il soit laïc, chrétien ou musulman, à faire serment d’allégeance à l’identité juive de l’Etat… sous peine d’expulsion !
Théocratie mariée à Démocratie ! Union de la carpe et du lapin, non ?

De nombreuses voix se sont heureusement élevées contre ce projet qui « en se définissant sur une base ethnique ou religieuse, instaure des discriminations institutionnelles entre ses citoyens fondées sur l’origine ou la religion (…) La reconnaissance d’Israël en tant qu’ « Etat juif  » par un Etat tendrait à conforter la prétention d’Israël à représenter les citoyens juifs d’autres Etats, et à valider pour longtemps différents types de discrimination pour les citoyens israéliens non reconnus comme « Juifs ».
On peut craindre aussi que la reconnaissance d’Israël comme « Etat juif  » ne donne des bases internationales légales à un régime d’apartheid, au cas où Israël continuerait et étendrait sa politique de colonisation de toute la Cisjordanie, en niant les droits nationaux du peuple palestinien. » [22]

Quelques particularités de ce régime prétendument démocratique :

La carte d’identité israélienne comporte des mentions différentes selon que vous êtes Juif ou Arabe.
Seul le mariage religieux juif a valeur d’Etat Civil (celui d’une autre religion, est seulement “reconnu“).
La population des territoires “annexés » en 1967 n’a pas de statut de nationalité et les civils non-juifs peuvent être “jugés“ par des tribunaux militaires.
La discrimination ethnique à l’embauche est générale pour le 1,2 million de Palestiniens de nationalité israélienne.
Justice est discriminatoire. Un Israélo/palestinien est systématiquement condamné à une peine plus lourde qu’un citoyen catalogué comme juif. [23]
Les terres ancestrales des Bédouins du Néguev ont été confisquées. Israël les a parqués dans une petite région, le triangle du Siyag (Beersheva, Dimona, Arad) et confinés dans des townships.[24]
Seulement 2% des terres peuvent être achetées par les “israélo-palestiniens“ car une loi autorise l’Agence juive à s’opposer à la vente aux non-juifs. [25] … Etc.

Apartheid ? Mais de quoi parlez-vous ?

Toutes ces pratiques discriminatoires et servitudes appartiennent bien plus à un régime autoritaire et raciste qu’à ce que nous appelons la démocratie, non ?
Comment peut-on accepter de cet État ce que nous condamnons pour d’autres pays et trouverions inacceptable dans le nôtre ?
Comme l’écrit l’Israélien Amnon Be’eri-Sulitzeanu, Directeur adjoint des « Abraham Fund Initiatives » : « En 2010, la ségrégation entre juifs et Arabes en Israël est presque absolue. Pour ceux d’entre nous qui vivent ici, c’est quelque chose qui va de soi « .[26]

Le « Tribunal Russell pour la Palestine » (Cape Town, novembre 2011), qui réunissait d’éminents juristes internationaux pour juger de l’existence, ou non, d’un régime d’apartheid en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, a conclu que « Israël soumet le peuple palestinien à un régime institutionnalisé de domination considéré comme apartheid en vertu du droit international. Ce régime discriminatoire se manifeste sous une intensité et des formes variables à l’encontre de différentes catégories de Palestiniens selon le lieu de résidence.
Les citoyens palestiniens d’Israël, bien que jouissant du droit de vote, ne font pas partie de la nation juive en vertu du droit israélien et sont dès lors privés des avantages découlant de la nationalité juive et soumis à une discrimination systématique touchant une vaste gamme de droits de l’homme reconnus… etc. [27]
S’il y en a qui doutent encore de l’existence du régime d’apartheid, il n’y a qu’à entendre Bentzi Gopstein, président de l’association Lehava qui a lancé une campagne choc pour sensibiliser les parents israéliens aux dangers des mariages mixtes : « Il faut mettre en garde les parents contre les dangers d’envoyer leurs filles au service militaire avec les arabes ou de les laisser travailler avec eux (…) Travailler avec des Arabes crée un véritable risque d’assimilation, c’est pourquoi nous encourageons le travail juif (…) Nous continuons la tradition de Ben Gourion, et nous sommes décidés à renforcer ceux qui n’emploient que des juifs »[28] .
… Un certain Anders Breivik a tué 77 jeunes Norvégiens qui avaient le tort, selon lui, de préconiser l’assimilation.

Comme le stigmatisait, une fois de plus, le rapport de « Human Rights Watch » de décembre 2010 : « Les Palestiniens sont victimes de discrimination systématique en raison de leur race, de leur origine ethnique et nationale, en conséquence de quoi ils sont privés d’électricité, d’eau, d’écoles et de routes, alors que les colons juifs de leur voisinage bénéficient de tous ces services publics ».

D’autres discriminations encore :

Emprisonnement illégal, selon le Droit international et la loi israélienne, d’enfants de – de 14 ans accusés de jets de pierre.[29]

“Loi de l’absence“ qui permet de s’approprier la maison du non-juif que l’on a fait fuir
Privation de l’eau dans les territoires palestiniens (70 litres/jour contre 300 litres/jour pour les Israéliens !)
Routes interdites aux non-juifs. L’exemple le plus connu est celui de la Route 60 qui, du nord au sud, cisaille la Cisjordanie en deux !

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Restrictions à la circulation par des contrôles humiliants (En 2008 déjà, selon un rapport publié par le centre d’information israélien B’Tselem, on recensait déjà 459 barrages et 66 check-points en Cisjordanie).
« Filtrage » des étudiants arabo/israéliens par la sûreté israélienne (Shabak) pour les exclure des universités
Loi « anti-boycott » de 2011 qui interdit toute liberté d’expression, même non-violente, contre la politique israélienne.[30]
… Etc

… Et des collaborations bien particulières

Déjà, avant la création d’Israël, les leaders sionistes avaient collaboré avec le régime nazi.[31]
Depuis, l’État d’Israël n’a cessé d’apporter son soutien actif à divers régimes bien connus pour leur autoritarisme et a été agissant dans certaines opérations peu glorieuses pour les États qui les ont perpétrés.

Quelques exemples, pour mémoire :

Collaboration militaire avec le régime raciste d’Afrique du Sud, notamment pour le développement de l’arme nucléaire. Accueillant John Vorster[32], premier Ministre dans les années 1975, Yitzakh Rabin[33] portera un toast « aux idéaux communs à Israël et à l’Afrique du Sud, deux pays qui affrontent une brutalité et une instabilité inspirées par l’étranger « .
Collaboration du Mossad[34] dans le meurtre de Ben Barka sous la dictature de Hassan II[35]
Assistance à la fondation de la « Savak » (police politique du Shah d’Iran) et soutien technique du Mossad dans la formation des « interrogateurs ».
Collaboration avec diverses dictatures latino-américaines (Pinochet au Chili, Stroessner au Paraguay…)
… Etc

Ces corruptions et collaborations avec des pouvoirs autoritaires ne sont pas à classer aux archives.
Elles n’ont jamais cessé et se développent toujours comme en témoigne, entre autres, Richard Wagman, Président d’Honneur de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix)[36]

Pas un régime fasciste ?

C’est pourtant ainsi que les quelques trente intellectuels juifs, dont Hanna Arendt et Albert Einstein, citoyens des Etats-Unis, qualifièrent le Sionisme dans le célèbre article du New-York Times de 1948.[37]
Les trois principales caractéristiques du fascisme, nationalisme, autoritarisme et ethnocentrisme, correspondent bien au régime israélien actuel qui prône un État “ethniquement pur“.
La déclaration de Lieberman “nous allons faire d’Israël un Etat ethniquement homogène ! » [38] ne laisse aucun doute sur ses intentions.
Il revendique implicitement son droit d’opprimer les israéliens/arabes et les habitants des territoires occupés, de pratiquer l’apartheid et affirme son élitisme de “peuple élu“ !
Dans cette perspective, certaines colonies israéliennes organisent des activités qui ressemblent furieusement aux méthodes d’endoctrinement de la jeunesse mussolinienne.
Manque plus que la chemise noire et le foulard bleu.
Une des plus connues est le centre « Caliber3 » (colonie de Gush Etzion en Cisjordanie occupée), dirigé par d’anciens militaires. Depuis plusieurs années il offre une « expérience touristique unique et excitante » : apprendre à tirer « comme de vrais soldats, connaître les techniques terroristes et apprendre à y faire face » [39]

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Le stand de tir de Gush Etzion

Selon le quotidien « Yediot Ahranot » des centaines de touristes, la plupart venant des Etats-Unis, affluent chaque année vers Gush Etzion pour suivre des cours sur la liquidation de Palestiniens en carton.
Comme le déclare un des dirigeants de « Caliber3″ : “Nous combinons ainsi les valeurs du sionisme avec l’excitation et la jouissance du tir, qui rend l’activité plus significative » [40]

Nurit Peled-Elhanan[41] témoigne (extrait du discours du 9/6/2012)[42] :

« Vingt-cinq projets de lois racistes ont été soumis et plus de dix lois racistes ont été votées cette année, et à peine une poignée de citoyens juifs sont descendus dans la rue.
Plus de 300 personnes emprisonnées sans procès ont entamé une grève de la faim absolue pendant deux mois et plus, et à peine une poignée de citoyens juifs sont descendus dans la rue.
Des milliers d’enfants ne vont pas à l’école à Jérusalem-Est parce que le ministre juif de l’éducation n’ouvre pas les classes et parce que la loi raciste de citoyenneté fait d’eux des citoyens de nulle part et personne ne descend dans les rues.
La séparation des familles, l’expulsion des habitants, la confiscation des terres, les enfants tirés de leur lit et interrogés cruellement, les familles expulsées de leurs maisons et jetées à la rue, les fermiers torturés par des brutes portant Kippa agissant sous la protection de l’armée et sous les ordres du gouvernement – et à peine quelques-uns descendent dans la rue.
Voilà le sommet de la réussite du mouvement sioniste.
L’Etat d’Israël qui a été déclaré officiellement comme un Etat d’Apartheid se distingue par ce qui a toujours été la méthode la plus typique et la plus aboutie du racisme : la classification des êtres humains »

Les trois petits singes

Tous les témoignages et analyses le démontrent : Israël est bien un Etat gangréné par le racisme et pratiquant une politique d’apartheid envers les citoyens d’origine palestinienne.

Les médias sionistes occidentaux les plus à droite tentent évidemment d’occulter cette réalité nauséabonde (« c’est seulement une forte minorité » ou « une majorité d’Américains le sont aussi. Comme tous les peuples du monde, en fait »), ou essayent de détourner la critique vers une autre ethnie (« Et que dire du sort que les Arabes réservent à leurs minorités ethniques ou religieuses »). D’autres medias, également sionistes, accusent les partis israéliens de droite d’être les seuls responsables de cette dérive, tout en la minimisant et excluant toute dénonciation du régime.

Par ailleurs, il faut bien constater l’apathie de trop d’organisations occidentales sympathisantes de la paix.
Si elles organisent volontiers des manifestations locales contre le racisme et l’antisémitisme – Et on ne peut que soutenir ces initiatives – la mise en accusation claire du régime actuel d’Israël pour propagation de doctrines racistes et pratiques ségrégationnistes n’est pas à la « Une » de leurs activités.

Il est désolant aussi de voir certains progressistes de culture juive s’offusquer dès qu’on aborde de front le thème du racisme imprégnant le mouvement Sioniste depuis les années 30 jusqu’à la création d’Israël et la politique de nettoyage ethnique toujours en vigueur.
Il leur est difficile d’admettre que le racisme est si profondément enraciné dans la société civile israélienne qu’il la rend complice des pratiques xénophobes de ses dirigeants.
Ils s’arc-boutent souvent aux dogmes et aux mythe[43] et les accusations pleuvent alors (antisémite, négationniste…) sur des gens dont le seul crime est de militer pour les droits de l’homme, la justice.
Heureusement, outre les milliers de protestataires de par le monde, de plus en plus de journalistes et de citoyens israéliens rejettent une telle idéologie et tentent de conscientiser leurs concitoyens pour rejeter un régime qui a une telle vision de l’humanité.
S’ils sont minoritaires actuellement, ils portent l’espoir

Qu’on ne s’y trompe pas, il n’est en aucune façon question d’accuser l’ensemble des Israéliens de racisme… pas plus qu’il n’était question d’accuser l’ensemble des Sud-Africains, Allemands, Belges ou Français à d’autres époques.
Seuls les dirigeants politiques et religieux qui propagent cette idéologie et qui enseignent le mépris de l’être humain doivent être dénoncés et jugés.
C’est cette machine de « décervelage » qui doit être extirpée !

Il y a déjà plus de dix ans, Nelson Mandela écrivait « La discrimination raciale d’Israël est la vie quotidienne de la plupart des Palestiniens (…) L’Apartheid est un crime contre l’humanité. Israël a privé des millions de Palestiniens de leur liberté et de leur propriété.
Il perpétue un système de discrimination raciale et d’inégalité. Il a systématiquement incarcéré et torturé des milliers de Palestiniens, en violation du droit international. Il a déclenché une guerre contre une population civile et en particulier contre des enfants. » [44]

Les paroles de Madiba sont malheureusement, toujours d’actualité.

Quand donc les responsables politiques européens cesseront-ils d’imiter les trois petits singes ?
Quand oseront-ils affronter la réalité ?
Croient-ils vraiment qu’à force de ne rien vouloir voir, ne rien vouloir entendre et ne rien vouloir dire, ils ne collaborent pas avec l’oppresseur ?
Croient-ils vraiment qu’en protégeant et commerçant avec un pays raciste pratiquant le nettoyage ethnique, ils aideront à le rendre démocratique ?

Il n’est pas correct de parler de « conflit israélo-palestinien ».
La conquête de l’ouest américain était-elle un « conflit européo-indien » ?
La colonisation du Congo un « conflit belgo-africain » ?

Notes :

[1] Discours à la Knesset (25/6/1982), cité par Amnon Kapeliouk dans « Begin et les bêtes » (New Statesman).
[2] Bielorusse d’origine, il émigra en Palestine en 1943. En 1946, comme chef de l’Irgoun, il coordonna l’attentat de l’hôtel King David (92 morts). Premier ministre d’Israël de 1977 à 1983
[3] Biélorusse émigré en Angleterre (sujet britannique en 1910). A la tête de l’Organisation Sioniste Mondiale en 1920, il s’installa en Palestine en 1937
[4] Cité par Arthur Rupin (The Central Zionist Archives in Jerusalem http://www.zionistarchives.org.il/ , Office of Arthur Ruppin (S55), Personal papers (A107)
[5] Natif de Biélorussie (son nom d’origine : Yezernistky) collabora avec le régime nazi, responsable de la mort d’un grand nombre de civils et de Bernadotte, médiateur de l’ONU.
[6] Discours aux Colons, cité dans le « New York Times » du 1/4/1988
[7] Général d’armée et Premier Ministre de 1999 à 2001, principal responsable de l’accroissement des implantations de colonies en Cisjordanie
[8] « Jerusalem Post » du 19/6/1989
[9] Moldave d’origine (Evik Lvovitch Liberman), fondateur et dirigeant d’un parti d’extrême-droite, arrivé en Israël en 1978
[10] Dans une entrevue au quotidien « Maariv » du 3/6/2012
[11] Résultats d’un sondage pour « Yisraela Goldblum Fund » (Gidéon Lévy dans « Haaretz » du 23/10/2012)
[12] Les officines sionistes n’ont pas manqué de tout faire pour décrédibiliser « Haaretz » (voir « JSS News » du 31/10/2012)
[13] Voir la vidéo israélienne  » Un samedi au Musée »
http://www.youtube.com/watch?v=Lr1N…
[14] Fille de Général et mère d’une adolescente de 14 ans morte dans un attentat suicide palestinien. Prix Sakharov 2001 et une des promotrices du « Tribunal Russell Palestine »
[15] « Palestine in Israeli School Books : Ideology and Propaganda in Education (Library of Modern Middle East Studies, 2012)
[16]  » Les jolies colonies de vacances du Hamas » sur « JForum » (9/8/2012)
[17] Par contre, pas de racisme dans les manuels scolaires financés par l’Union européenne pour les enfants palestiniens.
[18] Dans http://www.haaretz.com/opinion/a-go… et « Israël secoué pare un lynchage… » par Hélène Sallon (« Le Monde » du 31/8/2012)
[19] « Palestine in Israeli School Books » de Nurit Peled-Elhanan, professeur à l’université hébraïque de Jérusalem
[20] « Israël : Justice ou tribalisme » dans « Le Monde » du 4/11/2012
[21] « Le Monde accuse Israël et Israéliens de n’être pas régis par les normes morales universelles » dans « www.europe-israel.org »
[22] Pascal Lederer, Une Autre Voix Juive http://uavj.free.fr/UAVJtxt47.htm &… Voir le cas (Haaretz du 12/7/2012) de l’assassinat de Hussam Rawidi dont le meurtrier a écopé d’une peine légère alors que « Si le meurtrier avait été arabe et la victime juive, il aurait été condamné à la prison à vie. Il n’y a que dans les tribunaux israéliens que la vie d’un Arabe ne vaut que 5000 shekels. » (Yariv Oppenheimer, Peace Now)
[24] Le plan « Prawer » (du nom d’Ehud Prawer, directeur de la Division des politiques de planification de Benjamin Netanyahu) prévoit le déplacement forcé de 70.000 citoyens Bédouins de leur terre héréditaire et la destruction de 35 villages anciens qu’Israël a décidé de classer « illégaux ».
[25] The Inequality Report (Katie Hesketh, Adalah, mars 2011)
[26] Ha’aretz du 20/10/2010
[27] Texte complet et lcommentaires peuvent être trouvés sur les divers sites web du « Tribunal Russell pour la Palestine » http://www.france-palestine.org & http://www.russelltribunalonpalesti…
[28] Interview dans « Israël Magazine du 22/7/2012
[29] Rapport de B’tselem de juillet 2011
[30] « Demain on interdira les appels à la fin de l’occupation ou en faveur de la fraternité entre juifs et Arabes » (Gideon Levy dans « Haaretz » )
[31] Lire « Mémento 1 : Le génocide nazi n’est pas mon affaire »
[32] Chef local d’une organisation afrikaner pro-nazie http://fr.wikipedia.org/wiki/Nazisme , il fut emprisonné par les Britanniques pendant la guerre 40/45
[33] Général et Premier Ministre, assassiné en1973 par un extrémiste sioniste. Il est un des responsables du massacre de 250civils et de l’expulsion des 19.000 habitants de Lydda en 1948 (« Palestine 1948 de Yoav Gelber). Conjointement avec Shimon Peres et Yasser Arafat… Prix Nobel de la Paix 1994
[34] Agence de renseignement http://fr.wikipedia.org/wiki/Rensei… , correspondant à la CIA des USA, dépendant directement du premier Ministre. Responsable d’un grand nombre d’assassinats et d’actes terroristes.
[35] Shmouel Seguev Le lien marocain , Editions Matar (Israël)
[36] « Le Gouvernement israélien, de la corruption à la guerre » dans « Rue 89 » du 28/4/2010
[37] New York Times du 2/12/1948
[38] « Le Monde » du 19/9/2010
[39] Lire « Et si on jouait à la guerre ? » de Caroline Grimberghs (« La Libre Belgique » du 13/7/2012)
[40] « Le Monde » du 20/6/2012
[41] Professeur de littérature comparée à l’université hébraïque de Jérusalem , fille de Général et mère d’une adolescente de 14 ans morte dans un attentat suicide palestinien. Prix Sakharov 2001 et une des promotrices du « Tribunal Russell Palestine »
[42] Texte complet sur « Euro Palestine » www.europalestine.com/spip.php?arti…
[43] Lire « Les 10 mythes d’Israël » de Ilan Pappé, publié par « CJPMO (Canadiens pour la Justice et la Paix au Moyen-Orient) » http://www.cjpmo.org
[44] Lettre à Thomas L. Friedman, éditorialiste au « New York Times » (28/3/2001)

Du même auteur :

- Le génocide nazi n’est pas mon affaire /spip.php?article12768 – 22 octobre 2012
- Un nettoyage ethnique entamé en 1948 et qui n’a jamais cessé ! – 3 octobre 2012
- Tout va bien ! – 9 février 2012
- La Dernière Colonie de Peuplement – 2 décembre 2011
- Pour garder mémoire 5/5 – 22 août 2011
- Pour garder mémoire 4/5 – 18 août 2011
- Pour garder mémoire 3/5 – 14 août 2011
- Pour garder mémoire ! 2/5 – 12 août 2011
- Pour garder mémoire ! 1/5 – 9 août 2011
- Comment écrire un article sur la « réalité » israélo-palestinienne – 17 juin 2011

Novembre 2012 – Transmis par l’auteur

 

Palestiniens et Syriens, nous sommes le même peuple


Une petite histoire par Iyad

Ce vendredi en fin de journée, mon épouse était à Chatelet quand un homme (de Lutte ouvrière selon ses souvenirs) avança vers elle pour lui donner un tract appelant à la manifestation de ce samedi. Mon épouse lui demande pourquoi ils ne font pas pareil pour la Syrie ? L’homme lui dit que manifester pour Gaza c’est aussi manifester pour la Syrie. Elle lui demande alors pourquoi ils ne parlent pas de la Syrie dans le tract ? L’homme s’irrite et lui dit : écoutez madame, c’est que le peuple de la Syrie est manipulé par les Occidentaux, vous ne croyez pas ? Elle lui répond : Non pas du tout. Alors l’homme tire le tract de sa main et s’en va !!!

Cette petite histoire vraie montre, mais on s’en doutait,  que la cause de la Palestine est instrumentalisée par certaines forces en France et ailleurs, des courants qui y retrouvent un moyen de régler leurs comptes avec leurs ennemis « impérialistes » ou « sionistes », bien plus que ça soit une vraie adhésion de leur part aux droits des peuples de disposer d’eux-mêmes et de leurs terres, car de toute façon, pour ces courants là, le peuple syrien n’est que par son « dirigeant éternel » « anti-impérialiste » et « antisioniste ».

Mais les « peuples » de la Palestine et de la Syrie, sans oublier ceux de la Jordanie et du Liban, ne sont en vérité qu’un seul et même peuple morcelé depuis Sykes-Picot et dont l’occupation de la Palestine n’est que l’une des conséquences, et c’est ce peuple dans sa globalité qui est visé, et à travers lui ce sont les mondes arabe et musulman qui sont atteints, car il en est le coeur. C’est le peuple du Châm, le peuple de la Grande Syrie ou le peuple de Canaan, un peuple « maudit » et « ennemi » des israélites depuis plus de trois mils ans selon leurs mythes.

Palestiniens et Syriens, nous sommes le même peuple et nous menons le même combat de libération, bien qu’avant ces révolutions arabes, on ne voyait que l’ennemi venant de l’extérieur, alors que celui de l’intérieur nous traitait comme ses esclaves et nous tuait à huis clos, ce qui rend un grand service vital à l’ennemi extérieur, car la Palestine ne peut être libérée par des peuples opprimés cherchant à survivre sous des dictatures mafieuses.

Le combat continue et le peuple vaincra, n’en déplaise à ses fossoyeurs.

Mahmoud Darwish : Passants parmi des paroles passagères


[youtube https://youtu.be/2rs0kCK5JIs?]

Texte en arabe

Passants parmi des paroles passagères

1.
Vous qui passez parmi les paroles passagères
portez vos noms et partez
Retirez vos heures de notre temps, partez
Extorquez ce que vous voulez
du bleu du ciel et du sable de la mémoire
Prenez les photos que vous voulez, pour savoir
que vous ne saurez pas
comment les pierres de notre terre
bâtissent le toit du ciel

2.
Vous qui passez parmi les paroles passagères
Vous fournissez l’épée, nous fournissons le sang
vous fournissez l’acier et le feu, nous fournissons la chair
vous fournissez un autre char, nous fournissons les pierres
vous fournissez la bombe lacrymogène, nous fournissons la pluie
Mais le ciel et l’air
sont les mêmes pour vous et pour nous
Alors prenez votre lot de notre sang, et partez
allez dîner, festoyer et danser, puis partez
A nous de garder les roses des martyrs
à nous de vivre comme nous le voulons.

3.
Vous qui passez parmi les paroles passagères
comme la poussière amère, passez où vous voulez
mais ne passez pas parmi nous comme les insectes volants
Nous avons à faire dans notre terre
nous avons à cultiver le blé
à l’abreuver de la rosée de nos corps
Nous avons ce qui ne vous agrée pas ici
pierres et perdrix
Alors, portez le passé, si vous le voulez
au marché des antiquités
et restituez le squelette à la huppe
sur un plateau de porcelaine
Nous avons ce qui ne vous agrée pas
nous avons l’avenir
et nous avons à faire dans notre pays

4.
Vous qui passez parmi les paroles passagères
entassez vos illusions dans une fosse abandonnée, et partez
rendez les aiguilles du temps à la légitimité du veau d’or
ou au battement musical du revolver
Nous avons ce qui ne vous agrée pas ici, partez
Nous avons ce qui n’est pas à vous :
une patrie qui saigne, un peuple qui saigne
une patrie utile à l’oubli et au souvenir

5.
Vous qui passez parmi les paroles passagères
il est temps que vous partiez
et que vous vous fixiez où bon vous semble
mais ne vous fixez pas parmi nous
Il est temps que vous partiez
que vous mouriez où bon vous semble
mais ne mourez pas parmi nous
Nous avons à faire dans notre terre
ici, nous avons le passé
la voix inaugurale de la vie
et nous y avons le présent, le présent et l’avenir
nous y avons l’ici-bas et l’au-delà
Alors, sortez de notre terre
de notre terre ferme, de notre mer
de notre blé, de notre sel, de notre blessure
de toute chose, sortez
des souvenirs de la mémoire
ô vous qui passez parmi les paroles passagères

Ils tuent les Palestiniens pour le bien de la Palestine !!


lundi 12 novembre 2012 – 06h:44

Khalid Amayreh – CPI


La dernière chose dont la juste cause palestinienne a besoin, c’est de l’appui d’un régime manifestement meurtrier et néfaste, qui formerait une camaraderie harmonieuse avec des gens comme Ariel Sharon, Adolph Hitler et Joseph Staline.
(JPG)

Camp de réfugiés de Yarmouk, à Damas.

La fermeture le lundi 5 novembre des bureaux du Hamas à Damas doit être considérée comme une marque d’honneur pour le mouvement islamique palestinien de libération.

Elle montre que le Hamas se place aux côtés du peuple syrien qui se bat pour se libérer et libérer son pays profondément tourmenté par l’un des régimes les plus meurtriers et les plus voyous sous le soleil.

Elle montre également que le Hamas a finalement décidé d’écarter certaines considérations politiques de clocher, au profit d’une position moralement crédible débarrassée d’un opportunisme bon marché, d’une ambiguïté morale et d’un deux poids deux mesures déraisonnable.

Certains Palestiniens peu clairvoyants pourraient arguer que le Hamas aurait dû rechercher un certain modus vivendi avec le régime sectaire de Damas, lequel repose sur une petite secte ésotérique alaouite.

Toutefois, une telle mesure, si elle aurait pu être temporairement opportune d’un point de vue machiavélique, serait extrêmement coûteuse d’un point de vue moral et islamique.

De plus, elle imprimerait sur le Hamas une marque indélébile de honte, pour s’être, Dieu nous en préserve, mis aux côtés d’un régime meurtrier et contre les millions de Syriens qui se battent pour la liberté et la dignité.

Les vrais musulmans ne seront jamais aux côtés des oppresseurs contre les opprimés, ou des criminels contre leurs victimes.

Le Hamas est un mouvement de libération par excellence. En tant que tel, il se doit de toujours prendre les bonnes décisions et faire les bons choix, écartant les petits calculs politiques sans grand intérêt ici ou là.

Le Jour du Jugement, il sera demandé à chacun de nous pourquoi nous avons permis que se produise le génocide syrien. Il nous sera demandé pourquoi nous n’avons pratiquement rien fait pour l’arrêter. Et ceux parmi nous qui auront aidé le régime voyou de Bashar al-Assad dans sa guerre d’extermination contre le peuple syrien se verront imprimer sur le front la phrase suivante : « Aucun espoir de recevoir la miséricorde d’Allah ».

Les laïcs et les athées peuvent se moquer de nous pour parler ainsi. Oui, mais la plupart de ces personnes ne croient ni en Dieu, ni dans l’au-delà, ni dans le Jour du Jugement.

Mais nous sommes musulmans, et nous ne devons pas nous livrer à des actes ou des comportements qui nous feraient penser ou nous comporter d’une manière incompatible avec notre foi et nos valeurs islamiques.

En attendant, le régime assassin de Bashar el Assad continue de tuer les réfugiés palestiniens dans toute la Syrie, soit parce qu’ils sont suspectés de sympathie avec la révolution, soit parce qu’ils refusent d’exécuter les ordres de massacrer leurs frères et voisins syriens. Au fond, nous parlons d’un régime satanique qui combine nazisme et stalinisme, un régime qui ne recule devant rien pour garder sa secte et sa famille au pouvoir.

Le cycle ininterrompu des atrocités commises contre les réfugiés palestiniens en Syrie, aux mains de la milice Shabbiha d’Assad ou de voyous et autres égorgeurs, ne doit aucunement nous étonner. En fin de compte, un régime qui n’hésite pas à bombarder et à détruire ses propres villes et villages, à massacrer ses propres citoyens, de surcroît massivement, n’hésitera pas de faire de même et plus encore aux réfugiés palestiniens qui vivent en Syrie.

Ce régime criminel n’arrête jamais de tonitruer et bafouiller à propos de sa prétendue résistance aux conspirations israéliennes et américaines. Heureusement, ces mensonges indécents ne trompent plus la plus grande partie des Arabes et musulmans qui ont finalement découvert la véritable nature du régime.

Ce régime maléfique peut continuer à délirer sans fin sur sa résistance mythique. Mais la vérité frappante, qu’aucune personne de bonne foi sous le soleil ne peut nier, est que le régime a utilisé, et utilise encore, l’énorme stock d’armes, acquises dans le but de combattre Israël et libérer le plateau du Golan, pour détruire Damas, Alep, Hama, Homs, Diraa et les autres villes syriennes.

En effet, au lieu de résister à Israël, le régime est en train de massacrer son propre peuple afin de rester au pouvoir et de garder les bottes de ses voyous sectaires et des assassins pressés sans fin contre la gorge et le cou des hommes, femmes et enfants syriens. Et je ne m’exprime pas par métaphores.

En outre, la dernière chose dont la juste cause palestinienne a besoin, c’est de l’appui d’un régime manifestement meurtrier et néfaste, qui formerait une camaraderie harmonieuse avec des gens comme Ariel Sharon, Adolph Hitler et Joseph Staline.

Nous, Palestiniens, n’avons nul besoin, et nous ne le demandons pas, du soutien d’un régime qui nage dans une mer de sang, du sang de son propre peuple.

Notre sort et destinée (kismet) reposent toujours sur le peuple, pas sur des régimes et surtout des régimes tyranniques qui survivent grâce aux assassinats et se complaisent dans les effusions de sang. Par conséquent, le Hamas doit être félicité pour avoir pris la décision moralement correcte de rompre les liens avec le régime hitlérien de Bashar el-Assad.

Il y a probablement des opportunistes ici ou là qui essaient de tirer avantage de la rupture des relations entre le Hamas et ce régime alaouite méprisable, afin de servir leurs propres agendas contestables.

Eh bien, les aboiements des chiens, de l’étranger ou de notre propre territoire, ne doivent pas nous empêcher de prendre les bonnes décisions et de faire les bons choix.

Il n’est pas exigé ou requis du Hamas qu’il prenne une part active dans la révolution syrienne. Le Hamas mène son propre combat contre la mère de tous les régimes terroristes, Israël.

Aujourd’hui, le régime syrien rejoint Israël comme un ennemi de plus du peuple palestinien. Inutile de dire que les exécutions et les assassinats quotidiens des réfugiés palestiniens au camp d’al-Yarmouk, et ailleurs en Syrie, doivent donner à la junte alaouite un authentique certificat de bonne conduite, surtout aux yeux des cercles sionistes, tant à Tel Aviv qu’à Washington.

C’est alors que le régime virulent entretient le mensonge pornographique, qu’il tue les Palestiniens pour le bien de la Palestine.

(JPG)

Du même auteur :

-  N’y a-t-il aucune limite à l’impudence d’Abbas ?
-  La représentation de l’OLP n’est pas un texte sacré – 29 octobre 2012
-  La malveillance des colons juifs – 13 octobre 2012
-  Les Palestiniens ne devraient-ils pas revoir leurs priorités ? – 26 juillet 2012
-  Contre vents et marées, la cause palestinienne avance sur la bonne voie – 21 juillet 2012
-  L’Autorité de Ramallah est-elle un protectorat israélien ? – 4 juillet 2012

[…]

Massacre de Palestiniens au camp de Yarmouk :

6 novembre 2011 – Centre palestinien d’informations – Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.palestine-info.co.uk/en/…traduction : Info-Palestine/JPP

La France attribue son Prix des Droits de l’homme à l’Alternative Information Center


lundi 12 novembre 2012 – 07h:38


Le prix sera remis dans une cérémonie à Paris, le 10 décembre 2012, au cofondateur de l’AIC, Michael (Mikado) Warschawski.
(JPG)

Michel Warschawski, cofondateur de l’AIC (Centre d’information alternative)

Le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, va remettre le Prix des Droits de l’homme de la République française à l’Alternative Information Center, organisation mixte palestino-israélienne, basée en Cisjordanie et à Jérusalem. Le prix reconnaît l’action d’AIC visant à montrer l’impunité israélienne dans les territoires palestiniens occupés et à promouvoir la responsabilisation de l’armée israélienne et la violence des colons. Le prix sera remis dans une cérémonie à Paris, le 10 décembre 2012, au cofondateur de l’AIC, Michael (Mikado) Warschawski.

Warschawski est de longue date un militant israélien pour les droits de l’homme, analyste et écrivain. Son livre, Sur la Frontière, a récemment été traduit en hébreu.

« L’AIC n’a jamais mené son action dans le but de recevoir des prix », déclare Warschawski. « Mais cette reconnaissance institutionnelle prestigieuse de l’action de l’AIC est certainement la bienvenue pour mettre en évidence la nécessité d’une responsabilisation de l’État. C’est dans cette période critique que la France fait preuve d’une compréhension de la nécessité de mettre fin à l’occupation par Israël du territoire palestinien, conformément au droit international ».

Le prix sera décerné à l’AIC et à quatre autres organisations internationales pour leur action dans le domaine des droits de l’homme.

9 novembre 2012 – Alternative Information Center – traduction : Info-Palestine/JPP

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