Qui avait intérêt à empoisonner Yasser Arafat ?


jeudi 5 juillet 2012, par La Rédaction

Et si Yasser Arafat avait été empoisonné ? Voici l’étonnante assertion d’une enquête de neuf mois réalisée par Al Jazeera et diffusée mardi soir. D’après la chaîne qatarie, l’ancien président de l’Autorité palestinienne aurait succombé le 11 novembre 2004 des suites d’un empoisonnement au plutonium. Pour étayer leurs propos, les journalistes se sont procuré ses derniers effets personnels – ses vêtements, sa brosse à dents et même son emblématique keffieh – toujours imbibés du sang, de la sueur, de la salive et de l’urine du raïs palestinien. Ces éléments ont ensuite été soumis à l’Institut de radiophysique de Lausanne, en Suisse. Et les résultats obtenus sont édifiants.

« Je peux vous confirmer avoir mesuré une quantité élevée, et inexpliquée, de polonium 210 dans les biens de Yasser Arafat qui contenaient les taches de fluides biologiques », affirme à Al Jazeera le docteur François Bochud, directeur de l’Institut. Soit une substance invisible mais ultra-toxique qui, selon lui, ne serait accessible qu’à « des gens qui s’intéressent ou construisent des armes nucléaires ». Cette découverte pourrait expliquer, selon Al Jazeera, pourquoi Arafat serait soudainement tombé malade le 12 octobre 2004, avant de rendre l’âme, un mois plus tard, à l’hôpital Percy de Clamart.

Un syndrome qui rappelle celui de l’agent double russe Alexander Litvinenko, décédé en 2006 à Londres, après avoir lui aussi été empoisonné au polonium. Or « même dans le cas d’un empoisonnement similaire à celui (…) de Litvinenko, estime l’Institut suisse, seules des traces de l’ordre de quelques millibecquerels auraient été trouvées en 2012 ». Or, d’après le rapport, la brosse à dents de Yasser Arafat contenait 54 mBq de polonium, la tache d’urine sur ses sous-vêtements, 180 mBq.

Pour conforter leurs conclusions, les scientifiques de Lausanne ont souhaité comparer leurs résultats aux échantillons de sang et d’urine de l’ex-raïs, que possède l’hôpital Percy. Or, selon l’établissement français, ils auraient tous été détruits. De même, ajoute Al Jazeera, plusieurs des médecins qui ont suivi Yasser Arafat ont refusé de parler, arguant que le cas de leur patient était un « secret militaire ». Enfin, aucune autopsie n’a été pratiquée sur le corps de l’ancien dirigeant. Les révélations ont fait sortir de son silence Suha Arafat, qui a demandé à l’Autorité palestinienne d’exhumer le corps enterré à Ramallah, en Cisjordanie.

La veuve du président en a profité pour livrer à la chaîne qatarie l’original du dossier médical de son mari. Selon elle, celui-ci indique que la cause de la mort de Yasser Arafat est la « destruction de ses globules rouges, sans en mentionner la raison ». Or les médecins suisses sont formels. L’ex-président palestinien n’est pas mort de cirrhose, de cancer ou même du sida, comme l’ont suggéré de nombreuses rumeurs après sa mort. « Au moins, j’ai fait quelque chose pour expliquer au peuple palestinien (…) que ce n’était pas une mort naturelle, mais un crime », conclut Suha Arafat.

« Il paraît évident que c’est l’État d’Israël qui est accusé par ce reportage », explique au Point.fr Denis Charbit, professeur en sciences politiques à l’université ouverte d’Israël. D’après ce politologue, si l’État hébreu s’est effectivement livré par le passé à des assassinats ciblés contre tous ceux qui s’en prenaient à ses intérêts, il n’aurait eu, en revanche, aucun intérêt à supprimer Yasser Arafat. En 2004, quatre ans après le début de la seconde Intifada, le président de l’Autorité palestinienne paraît considérablement affaibli. Il vit retranché dans sa Mouqata’a de Ramallah, encerclée par l’armée israélienne qui le juge responsable des violences.

Marginalisé sur la scène internationale, le dirigeant palestinien n’est plus considéré comme un interlocuteur légitime. Ainsi, Tel-Aviv et Washington ont imposé en 2003 à Yasser Arafat un Premier ministre, en la personne de Mahmoud Abbas, futur président de l’Autorité. Pendant ce temps, Ariel Sharon (plongé depuis 2006 dans un profond coma, NDLR) peut se targuer d’avoir fait un pas vers la paix en annonçant, fin 2003, le retrait israélien de la bande de Gaza, qui prendra effet en 2005. « Si Ariel Sharon a voulu éliminer Yasser Arafat, c’était durant la guerre du Liban de 1982 », souligne pour sa part Jean-François Legrain, chercheur au CNRS-Gremmo (Groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient).

« En 2004, le maintien au pouvoir d’un Yasser Arafat prisonnier de son QG servait plutôt les intérêts israéliens », renchérit le spécialiste du Proche-Orient. « Ainsi, les difficultés entre les deux parties pouvaient être imputées par Israël au raïs, quand Mahmoud Abbas, en tant que Premier ministre, et Salam Fayyad, aux Finances, se devaient d’entretenir sur la durée une Autorité palestinienne, qui n’avait plus d’intérimaire que le nom. Et la perspective d’un État souverain s’en trouvait d’autant plus éloignée », ajoute Jean-François Legrain.

La disparition du raïs fin 2004 a favorisé l’entrée du Hamas sur le devant de la scène politique. Une nouvelle donne qui a débouché sur une véritable guerre fratricide avec le Fatah, après la victoire des islamistes aux législatives de 2006. Peut-on dès lors penser que l’organisation, désormais au pouvoir à Gaza, aurait précipité la fin d’Arafat ? Une hypothèse que rejette Jean-François Legrain : « Le Hamas n’a jamais eu recours à des assassinats de membres du Fatah », note le spécialiste. « De tels actes ont uniquement été perpétrés par des membres du Fatah entre eux, mais l’empoisonnement ne fait pas partie de leurs pratiques, la kalach étant privilégiée. »

Ainsi, Jean-Pierre Legrain voit plutôt dans cette affaire, revenant périodiquement à la une des médias, un « règlement de comptes personnel entre la veuve Arafat et l’Autorité palestinienne ». « La seule réponse se trouve dans le dossier médical, que possèdent Suha Arafat et le neveu du raïs, Nasser al-Qidwa », rappelle le chercheur. « Or il est impensable que l’hôpital Percy, par ailleurs spécialisé sur la radiographie, n’ait pas mentionné de traces du polonium s’il en existe réellement. » D’où la question : pourquoi la veuve Arafat demande-t-elle seulement aujourd’hui, plus de sept ans après la mort de son mari, d’analyser son corps ?

La réponse ne devrait pas tarder. Après s’être tout d’abord contentée de réclamer la formation d’une commission d’enquête internationale, l’Autorité palestinienne vient finalement d’accepter d’exhumer la dépouille. L’Institut radiophonique de Lausanne devrait être contacté dans les prochains jours pour venir collecter les échantillons dont il a besoin.

(05 juillet 2012 – Armin Arefi)

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Asmaa, une Belge parmi les enfants de Gaza


BAUDOUIN LOOS
jeudi 21 juin 2012, 10:34

Asmaa Seba est une photographe belge qui se trouve actuellement dans la bande de Gaza. Son interview

Asmaa, une Belge parmi les enfants de GazaAsmaa Seba

Pourquoi vous trouvez-vous actuellement à Gaza ?

En 2010, une délégation de citoyens belges ralliant un convoi humanitaire m’avait confié le travail de couverture photographique de leur expédition. Sur place, les images de destructions de maisons, des écoles, des hôpitaux et surtout les regards terrifiés des enfants m’ont terriblement marquée et interpellée. J’ai donc décidé d’y revenir et d’user de l’expression photographique pour mettre la lumière sur le vécu quotidien de ces enfants peu couvert, voire pas du tout, par les médias. Je suis à Gaza dans le cadre d’un projet artistique et photographique qui s’intitule « Gaza vue par ses enfants » et qui a pour but de donner la possibilité à 6 enfants âgés de 6 à 11 ans du camp de réfugiés de Khan Younès de s’exprimer à travers l’image. Chaque enfant a reçu du matériel de photographie ainsi qu’un appareil photo qu’il gardera pendant 2 mois. Parmi ces enfants, certains sont devenus orphelins après la guerre de 2008, d’autres ont subi des traumatismes en voyant des membres de leur famille tués devant leurs yeux, et tous continuent de vivre dans des conditions précaires et dans un environnement très oppressant. Chaque semaine, je leur donne pour les guider un sujet à exprimer à travers l’objectif, cette méthode permet à l’enfant d’exprimer en image ce qu’il ne peut faire au moyen de la parole. Les photos donneront lieu à une exposition urbaine dans le camp, ainsi qu’à une exposition au Parlement européen qui permettra aux enfants belges de se rendre compte de la vie d’un enfant à Gaza.

Que disent les gens que vous rencontrez ? De quels besoins vous parlent-ils ? Des problèmes de la vie quotidienne ou des questions politiques plus larges ?

Depuis mon arrivée il y a trois semaines, il y a eu de nombreux bombardements au nord de la ville et à l’est, plus d’une quinzaine de morts et de nombreux blessés, je peux entendre les bombardements depuis Gaza City, des drones et des F16 sont passés régulièrement au-dessus de ma tête. Il faut ajouter à cela la précarité des familles vivant à l’étroit du fait de la densité, entassées dans 30 mètres carrés à 12 personnes avec un seul salaire qui ne dépasse pas les 150 dollars, les coupures quotidiennes d’électricité, le manque de fuel, de certains médicaments… En dépit de ces conditions de vie épouvantables, je sens une énergie incroyable, des gens avec beaucoup d’humour et un sens du recyclage pour tout. Les gens se plaignent beaucoup des coupures quotidiennes d’électricité, du prix du fuel qui a doublé depuis 2 mois, il est passé de 2 shekels à 4 shekels et c’est un vrai problème, du manque de logement, les camps ne suffisent plus à la population, ce sont des tracas quotidiens. Les jeunes eux se plaignent du manque de travail, de débouchés après l’université, du manque d’infrastructures pour des activités culturelles comme soupapes face au blocus. Ils affirment que leur futur est lié aux relations avec Israël car sans la levée du blocus sur Gaza, l’arrêt de la colonisation en Cisjordanie et une paix véritable et juste, leur avenir et celui de leurs enfants sera incertain.

Est-il toujours impossible pour un Gazaoui de se rendre en Cisjordanie ? Et qu’en est-il de la sortie par Rafah, la frontière égyptienne ?

Je confirme qu’il est quasi impossible pour un Gazaoui de passer la frontière israélienne et se rendre en Cisjordanie. Ainsi, une famille d’un des enfants du projet a voulu se rendre à Ramallah afin de participer aux obsèques du patriarche de la famille, elle n’a pas pu passer. Il m’a été confirmé qu’il est plus facile d’emprunter le passage de Rafah depuis quelques mois, les Égyptiens ayant ouvert le point de passage plus régulièrement mais cela concerne surtout ceux qui ont obtenu un visa afin d’aller dans un pays européen, des malades devant se faire soigner en Egypte ou les internationaux comme moi qui ont fait une demande de visa auprès des ambassades d’Egypte de leur pays respectif.

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Mahmoud al-Sarsak a fait plier ses tortionnaires ! Il sera libre le 10 juillet prochain !


mardi 19 juin 2012 –

Ma’an News


Mahmoud al-Sarsak, en grève de la faim dans une prison israélienne depuis 92 jours, a accepté de recommencer à manger, suite à un accord qui verra sa libération le 10 juillet, a déclaré lundi son avocat.

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Mahmoud al-Sarsak a réussi à faire plier ses geôliers sionistes. Les dirigeants du football palestiniens ont exhorté l’UEFA à éliminer Israël en tant que pays hôte de la coupe de l’UEFA en 2013, pour cause d’emprisonnement sans procès ni accusation de joueurs de l’équipe nationale palestinienne.

Mohammad Jaberein, a annoncé que al-Sarsak a signé un accord lors de sa visite au prisonnier ce lundi. Les autorités carcérales israéliennes ont demandé à al-Sarsak de manger quelque chose en leur présence pour ratifier l’accord, après quoi Mahmoud a pris un morceau de chocolat donné par son avocat, a encore dit Jaberein.

Une porte-parole israélien de l’administration pénitentiaire n’a pas pu être joint pour un commentaire.

Selon l’accord, Al-Sarsak se rendra dans un hôpital civil pour y être soigné ce mardi, mais le même jour, il retournera à la clinique de la prison de Ramle pour y rester jusqu’à sa libération qui interviendra le 10 Juillet, toujours selon l’avocat.

L’organisation Physicians for Human Rights – Israel estime cependant que la clinique n’est pas équipée pour traiter les grévistes de la faim à long terme ou pour gérer les risques pour la santé quand ils se remettent à manger, et elle a demandé le transfert des grévistes de la faim vers des installations civiles.

Le joueur de football, âgé de 25 ans et originaire de la bande de Gaza, est emprisonné par Israël sans inculpation ni jugement depuis juillet 2009.

Selon l’organisation de défense des prisonniers Addameer, al-Sarsak s’était d’abord vu proposer une libération au 22 août. Une offre faite plus tôt pour le libérer le 1° juillet en échange de la fin de sa grève de la faim a été retirée quand il a exigé que la transaction se fasse par écrit, a indiqué l’organisation.

Mahmoud al-Sarsak est la seule personne emprisonnée en vertu d’une « loi » israélienne sur les combattants illégaux, qui fait que les Palestiniens de Gaza peuvent être kidnappés et détenus pour une durée illimitée, sans inculpation ni jugement.

Al-Sarsak avait rejoint l’équipe de football locale dans son camp de réfugiés de Rafah au sud de Gaza à 14 ans, devenant à ce moment-là le plus jeune footballeur à jouer dans la Ligue A de la Palestine. Le milieu de terrain a attiré l’attention d’un entraîneur allemand alors qu’il jouait pour l’équipe nationale de Palestine en Norvège.

La première étape dans la progression de sa carrière était de jouer pour une équipe en Cisjordanie. Mais les forces israéliennes d’occupation l’ont kidnappé le 22 juillet 2009 au passage d’Erez à la frontière de la bande de Gaza assiégée, seule voie vers la Cisjordanie sous occupation.

Lire également :

-  Pas de coupe de l’UEFA au pays de l’Apartheid ! – 14 juillet 2012
-  La FIFA intervient en faveur de Mahmoud al-Sarsak – 13 juin 2012
-  Mahmoud al-Sarsak entre la vie et la mort – 13 juin 2012
-  Mahmoud Al-Sarsak peut mourir d’un instant à l’autre – 7 juin 2012
-  Liberté pour Mahmoud Sarsak, victime de la guerre que livre Israël au football palestinien – 5 juin 2012
-  Israël interdit à des médecins indépendants de visiter les grévistes de la faim – 1e juin 2012
-  Il faut sauver la vie de Mahmoud al-Sarsak, en grève de la faim depuis 73 jours – 31 mai 2012
-  Appel du père et des frères de Mahmoud Sarsak pour sauver sa vie ! – 29 mai 2012

18 juin 2012 – Ma’an News – Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.maannews.net/eng/ViewDet…
Traduction : Info-Palestine.net

Torture blanche


lundi 18 juin 2012 01:24 GMT

de Squarzoni (Delcourt)

Un épisode sur la guerre israélo-palestinienne. Le constat est dur et sans appel, mais constitue une belle prise de conscience et un appel à la paix : indispensable.

L’histoire : En décembre 2002, Philippe Squarzoni et des amis du groupe pacifique altermondialiste ATAC se rendent en Israël. Objectif : appréhender le conflit israélo-palestinien de l’intérieur et tenter de trouver ensuite des solutions à mettre en œuvre, par l’intermédiaire de l’association. Ce qu’ils découvrent là-bas est terrible : la colonisation menée par les Juifs est désastreuse et cisaille la Palestine. Beaucoup de palestiniens vivent dans une souffrance sans nom. L’occupation israélienne aboutit à des situations ubuesques : les villes sont désertes le soir à cause des couvre-feux ; des palestiniens sont petit à petit expulsés des villes stratégiques, tandis que d’autres sont forcés de rester dans des villes ghettos ; la volonté d’élever un immense mur de séparation entre les deux peuples ; le danger de marcher dans la rue (surtout quand on a les cheveux bruns)… Sans compter les nombreux morts que l’on compte chaque jour à cause du conflit. Squarzoni tente de trouver une explication à ce conflit terrible : la haine et la violence sont encore dues à la puissance du libéralisme mondiale. Même si la Palestine utilise l’arme terroriste, elle n’est qu’une défense contre les attaques incessantes d’Israël. Cette violence au quotidien est inimaginable, si on ne se donne pas la peine de s’y intéresser : c’est la torture blanche…

Ce qu’en pense planète BD : Nouvel éclairage politique et social pour Philippe Squarzoni : il s’attaque cette fois à un sujet sensible et délicat… le conflit israélo-palestinien. Comme à son habitude, l’auteur ne cache pas ces convictions et accuse frontalement les juifs d’être responsables de cette situation. En effet, ils ont instauré un rapport de maître à esclave et tous les moyens sont bons pour asseoir leur domination : répression militaire, blocus, ghettos, exclusion raciale, extermination, humiliation. Squarzoni donne de nombreux détails qui font froid dans le dos et augmentent le malaise. Au gré de son périple dans l’état Israélien, le groupe ATTAC découvre avec horreur une situation terrifiante et révoltante. Le monde entier ferme les yeux sur la souffrance arabe : les Israéliens comme les organisations mondiales… ATTAC tente bien de trouver des solutions sur place et d’organise une manifestation pour la paix. Mais ils ne sont que 12 à oser contester la terreur menée par les Israéliens. Après des exemples précis et détaillés sur les conditions de vie en Palestine, Squarzoni termine son ouvrage par un constat encore plus implacable : à l’appui de chiffres et de témoignages concrets, l’auteur dresse un portrait global du conflit avec une comptabilité vertigineuse des morts, chômeurs et pauvres… Les statistiques sont alarmantes et mettent mal à l’aise tant la situation est désastreuse depuis plus de 30 ans. Profondément engagé, Squarzoni n’a jamais caché ses opinions dans ses ouvrages et condamne fermement la politique Juive. Cependant, il prend aussi du recul sur l’ensemble et offre ainsi une vision objective du conflit. Même s’il comprend les attentats-suicides du Jihad et du Hamas, il les condamne également. Il lance également un vibrant appel aux juifs qui ont déjà beaucoup souffert dans leur histoire. Conscient que beaucoup d’Israéliens sont aussi pour la paix, Squarzoni tente de leur faire prendre conscience qu’ils sont les seuls à pouvoir faire changer les choses. Comme à son habitude, Squarzoni conçoit la bande dessinée comme un reportage vivant et moderne. Avec un mélange de style iconographique et des tons souvent décalés pour mieux mettre en avant l’absurdité du conflit, ses travaux sont des témoignages précieux sur les graves problèmes du monde. Sa production est une résistance, une forme d’action utile au service d’ATTAC, contre la misère et la guerre. Ce tome est plus sombre que les précédents, car il aborde un sujet vraiment difficile (à l’image de ces fins de chapitre qui martèlent le nombre de morts de la journée), mais il le fait avec humanisme et intelligence. « J’ai ressenti ça comme une injustice […] de l’injustice et de la culpabilité ».

Note générale: 3/4
Scénario: 3/4
Dessin: 3/4

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Guillaume Clavières

Contrecoups imprévus de la guerre livrée aux Palestiniens David et Goliath ou le mythe historique inversé


mardi 12 juin 2012, par Shlomo Sand

Depuis l’origine de son entreprise de colonisation, il y a à peu près un siècle, le mouvement sioniste, et l’Etat d’Israël par la suite, s’est vu comme une minorité persécutée et faible, aspirant à se faire une place au soleil. Brandissant la Bible comme droit de propriété et portant en bandoulière le terrible capital de souffrance des pogroms et des massacres nazis, le projet sioniste a réussi au-delà de tout pronostic : il a fondé un « petit Etat juif » au cœur et aux dépens d’une population arabe infiniment supérieure en nombre.

De nos jours, les historiens savent que, dès la guerre de 1948, le rapport des forces militaires penchait déjà en faveur du jeune Etat, bien au-delà de la représentation que s’en firent les premiers Israéliens. Lors des trois guerres suivantes : 1956, 1967 et 1973, la puissance des forces armées israéliennes s’était encore notablement accrue et, à l’aide d’armements fournis par la France puis par les Etats-Unis, elle s’imposa face aux forces arabes qui lui étaient opposées.

Toutefois, depuis la guerre de Kippour, en 1973, l’armée israélienne n’est manifestement plus confrontée à une menace militaire sérieuse ; et de même, depuis lors, l’existence d’Israël ne s’est plus trouvée en danger. Les pilotes de l’armée israélienne ont cessé, depuis longtemps, d’accomplir des missions de combat ; à l’instar de la majorité des soldats, ils effectuent essentiellement des tâches de police. Force est de reconnaître que les principales missions dévolues à l’armée d’Israël, dotée des armes américaines les plus sophistiquées (chasseurs-bombardiers, drones, fusées guidées, tanks, gilets pare balles…) consistent à réprimer la population des territoires occupés qui de temps à autre tente, de façon désespérée et violente, de se révolter contre son triste sort.

« Tout Etat normal a le droit de défendre ses frontières et de répliquer lorsqu’il subit des bombardements de roquettes », affirment les porte-parole d’Israël dans leurs vibrantes justifications de l’agression brutale contre Gaza. « Certes », pourrait répondre le premier contradicteur venu, « mais tout Etat normal sait aussi où sont ses frontières ! ». Or, Israël ne satisfait pas à ce critère de logique politique de base. Depuis 1967, il n’a pas cessé d’implanter des colonies dans des territoires qui ne sont pas reconnus comme lui appartenant, tout en se gardant, par ailleurs, de les annexer juridiquement afin de ne pas devoir accorder l’égalité civique à leurs habitants.

Si, jusqu’en 2002, Israël a pu justifier l’occupation de ces territoires au motif que le monde arabe n’est pas disposé à reconnaître son existence, cette ligne de défense rhétorique est tombée lorsque la Ligue arabe, incluant l’Organisation de la libération de la Palestine (OLP), a déclaré reconnaître Israël dans les frontières de 1967. L’Etat d’Israël n’a aucunement relevé ce défi diplomatique que tous ses dirigeants ont superbement ignoré. Il s’est retranché derrière une haute muraille de béton, tout en continuant de mordre dans les terres palestiniennes, d’élargir ses colonies et de maintenir son contrôle et sa présence militaires sur toute la Cisjordanie

« Nous sommes sortis de Gaza », affirme Israël. « Alors, pourquoi les Palestiniens continuent-ils de nous attaquer à partir de là ? ». En fait, le retrait israélien de Gaza n’a constitué ni un geste envers les Palestiniens ni un premier pas vers la paix. Bien au contraire ! Tout comme M. Ehoud Barak a effectué le retrait du Liban sans accord afin de se soustraire à toute discussion sur l’évacuation du plateau du Golan, M. Ariel Sharon est sorti de la bande de Gaza pour ne pas avoir à conclure avec les Palestiniens un accord de paix qui aurait également comporté l’évacuation complète de la Cisjordanie et la renonciation à la partie arabe de Jérusalem. En fin de compte, les habitants du sud d’Israël qui subissent les bombardements de roquettes paient le prix fort pour préserver l’intégralité et la tranquillité des colonies.

En vérité, Israël n’a jamais réellement quitté Gaza et n’a jamais accordé aux Palestiniens qui y résident ne serait-ce qu’un semblant de souveraineté. Dès l’origine, l’intention était de créer une vaste « réserve indienne » enclose, préfigurant l’instauration d’autres « réserves » similaires en Cisjordanie ; au cœur d’Eretz Israël. Si les Palestiniens disposaient au moins d’une authentique poignée de souveraineté sur une parcelle de territoire, ils ne se verraient pas accusés d’introduire en contrebande des armes dans une zone relevant officiellement de leur autorité ; ils le feraient en pleine légalité et Israël serait obligé de reconnaître la légitimité de leur Etat. En fait, Israël récuse toute notion d’égalité, même fictive, entre elle-même et les Palestiniens : elle leur dénie tout droit de se défendre. Le droit de se défendre doit demeurer un privilège israélien exclusif. C’est ainsi qu’Israël a catégoriquement rejeté la proposition faite par le Hamas d’une accalmie générale, incluant la Cisjordanie, où l’Etat hébreu continuait de pratiquer sans retenue les « assassinats ciblés » de Palestiniens armés. Il est donc reconnu et admis que le droit d’Israël « de se défendre » implique la neutralisation totale de toute force de résistance palestinienne.

Ce fut pour Israël une véritable aubaine de voir le Hamas remporter à Gaza les élections dont le caractère légal et régulier a été reconnu. Le refus de l’OLP d’accepter le verdict des urnes entraîna la scission du camp national palestinien et la création de deux zones d’influences distinctes. Gaza s’en trouva plus isolée, plus étranglée, plus violente et, surtout, plus ostracisée aux yeux du monde occidental. En Cisjordanie, où l’on souriait encore à Israël, des pourparlers de paix s’ouvrirent avec les Palestiniens « modérés ». L’humiliation et l’absence de contenu effectif des interminables discussions avec l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas ne suscitèrent pas la moindre tendance au compromis et eurent pour seul effet de conforter le Hamas intransigeant. Tout Palestinien raisonnable est à nouveau porté à se dire qu’Israël n’a cessé de duper l’Autorité palestinienne, administrant la preuve que le seul langage qu’il entende est bien celui de la force.

« Le pouvoir corrompt, et le pouvoir absolu corrompt absolument », a déclaré, en son temps, Lord Acton. Israël dispose d’un pouvoir absolu comme vient de l’illustrer sa récente agression contre Gaza. Israël a également montré que, pour économiser la vie des « soldats juifs », elle est prête à sacrifier plusieurs centaines de civils « non juifs ». La majorité des victimes à Gaza ont été des femmes, des enfants, des vieillards. La plupart des combattants Palestiniens ont été tués dans les bombardements aériens, par des tirs d’hélicoptères ou d’artillerie effectués depuis les tanks ou les navires de guerre, bien avant l’entrée en lice des forces d’infanterie terrestres. Ce type d’affrontement n’a pas empêché les communicants israéliens de magnifier avec fierté la « victoire sans précédent ! ».

Non loin des lieux mêmes où la mythologie biblique en avait fait le récit, le géant Goliath est revenu, équipé, cette fois-ci, d’une énorme panoplie militaire. Mais les rôles sont désormais inversés : Goliath est devenu « juif » et il est le « vainqueur ». Le petit David est maintenant un « musulman », réprouvé et piétiné lors d’affrontements interminables. Il faut bien, hélas, le reconnaître : c’est précisément cet énorme déséquilibre des forces entre Israël et les Palestiniens qui perpétue l’occupation de la Cisjordanie et rend la paix impossible.

Le dernier massacre à Gaza, qui répondait, entre autres, à des objectifs électoraux, n’aura aucunement fait évoluer la situation dans le bon sens et, a fortiori, n’aura pas conforté le droit d’existence d’Israël au Moyen-Orient. Tant que les Israéliens ne voudront pas se souvenir que les tireurs de roquettes artisanales sur la ville d’Ashkélon sont aussi les fils et les petits-fils de ceux qui en furent expulsés vers Gaza en 1950, il n’y aura pas d’avancée dans la solution du conflit. Celle-ci implique, en effet, de mieux comprendre la profonde colère de ceux qui subissent l’occupation, depuis au moins quarante et un ans !

Peut-on au moins espérer que ce massacre obligera enfin les Etats-Unis et l’Europe à se départir de leur indifférence afin d’obliger les réfractaires à la paix, héritiers des victimes juives d’hier, à un compromis plus équitable avec les victimes de la tragédie palestinienne qui dure encore aujourd’hui ?

Shlomo Sand
Historien, professeur à l’université de Tel-Aviv, auteur de Comment le peuple juif fut inventé, Fayard, Paris, 2008.
(Le Monde diplomatique – Février 2009)

Traduit de l’hébreu par Michel Bilis.

source

Ne laissez pas mourir Mahmoud dans les geôles israéliennes


Pour la pétition allez sur :
http://www.avaaz.org/fr/petition/Ne_laissez_pas_mourir_Mahmoud_dans_les_geoles_israeliennes/?fxKoFab&pv=4

Cette pétition doit être validée par la Communauté Avaaz avant publication
Ne laissez pas mourir Mahmoud dans les geôles israéliennes
2,000
786

786 signatures. Atteignons 2,000

Pourquoi c’est important

Mahmoud Sarsak était capitaine de l’équipe nationale palestinienne de football. Capturé par Israeliens, il est depuis 3 ans en prison alors qu’il n’est poursuivi pour AUCUN délit (il est en « rétention administrative »). Le but : briser sa carrière et le moral de son peuple.
Après 80 jours de grève de la faim, il va mourir..La Fédération Française de football, à laquelle les membres d’Europalestine se sont adressés, a donné une fin de non-recevoir et conseillé de nous adresser au Ministre des Affaires étrangères, qui peut faire pression sur ses homologues Israélien, pour qu’ils sauvent ce jeune homme innocent.Signez et diffusez cette pétition à tous vos proches avant qu’il ne soit trop tard! Demandons à Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères d’exiger du gouvernement israélien qu’il mobilise sa diplomatie et sauve ce footballeur de 25 ans.

Appel urgent ! Mahmoud Sarsak est mourant !
LIBEREZ-LE DES MAINTENANT !!

Hèlène

La vidéo de l’interpellation de la FFF par Europalestine: http://www.europalestine.com/spip.php?article7328

La deuxième intifada palestinienne Ramzy Baroud


Disponible à la FNAC

  • Essai (broché). Paru en 05/2012
  • Expédié sous 4 à 8 jours
«[…] Ce livre se veut un moyen de construire une position palestinienne indépendante, sans aucune allégeance vis-à-vis d’aucun parti politique ou individu, ni aucune organisation officielle. En cela, il se veut simplement une tentative de se référer aux mêmes principes que ceux des innombrables…

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Le Mot de l’éditeur : La deuxième intifada palestinienne

«[…] Ce livre se veut un moyen de construire une position palestinienne indépendante, sans aucune allégeance vis-à-vis d’aucun parti politique ou individu, ni aucune organisation officielle. En cela, il se veut simplement une tentative de se référer aux mêmes principes que ceux des innombrables réfugiés vivant dans des camps confinés et surpeuplés où avec fierté la liberté est chérie plus que la vie.»
Ramzy Baroud– Courts extraits – […] J’étais un lycéen adolescent lorsque la Première Intifada palestinienne a éclaté en décembre 1987. Pendant que les médias dans le monde se disputaient sur une interprétion, correcte ou non, des causes réelles de la violence dans l’ensemble des Territoires occupés, les habitants de mon camp de réfugiés de Gaza, constamment frappés de toutes les afflictions, étaient accaparés par des problèmes autrement plus immédiats : que mangeraient-ils aujourd’hui, trouveront-ils de l’eau potable, quand auraient-ils enfin droit à la liberté tant attendue ? […][…] J’étais étudiant aux ÉtatsUnis lorsque la Deuxième Intifada palestinienne éclata en septembre 2000. Les médias se sont à nouveau fait concurrence pour interpréter, bien ou mal, les causes de la violence. Les Palestiniens furent dûment critiqués et condamnés. Partout et par chaque média était craché un discours haineux et venimeux, ramenant les Palestiniens au rôle qui leur était attribué par le récit officiel israélien – ils étaient des délinquants, violents par nature, politiquement de connivence et manipulateurs, et avant tout des terroristes. C’était une tâche difficile que de contrer ces interprétations malhonnêtes mais universellement reprises. Aux yeux de la majorité des Américains, si ce n’était aux yeux du monde, les Palestiniens avaient été criminalisés par des décennies d’une propagande implacable élaborée de façon si minutieuse que sa remise en question semblait un effort tout à fait futile. […]Ramzy Baroud est né à Gaza en 1972. Journaliste et écrivain américano-palestinien connu au niveau international, il est également rédacteur en chef du site Internet The Palestine Chronicle, une source irremplaçable d’informations et d’analyses sur le conflit israélo-palestinien. Ses articles sont publiés par les journaux du monde entier, tels le Christian Science Monitor, l’International Herald Tribune, le Washington Post (USA), Al Quds (Palestine), le Jerusalem Post (Israël), le Guardian (Grande-Bretagne), Le Monde (France).
Il est l’auteur de plusieurs livres. Le présent titre est son premier ouvrage traduit et adapté en langue française.source

« N’attendez pas que nous soyons dans notre linceul »


le « dernier appel de détresse » de deux Palestiniens en grève de la faim
Par Mahmoud Sarsak et Akram Rikhawi

3 juin 2012 – Mahmoud Sarsak et Akram Rikhawi, qui sont en grève de la faim depuis 78 et 59 jours respectivement, ont envoyé aujourd’hui un appel de détresse urgent depuis la prison Ramle d’Israël. Il a été publié par Addameer sur sa page Facebook en Arabe (1) et traduit à la hâte par Electronic Intifada :
Message des prisonniers Mahmoud Sarsak et Akram Rikhawi depuis la prison
(النص بالعربي)

'N'attendez pas que nous soyons dans des sacs mortuaires' : le 'dernier appel de détresse' de deux Palestiniens en grève de la faim

Au nom de Dieu Compatissant et Miséricordieux,

Aux masses de Palestine, qui s’accrochent à la terre, qui s’en saisissent comme à des charbons ardents, à tous les révolutionnaires et à tous les gens épris de liberté de par le monde, qui soutiennent notre cause et notre victoire à travers l’histoire ; à ceux qui nous ont toujours prodigué leur fermeté et leur courage dans l’adversité, nos compagnons arabes et musulmans, et les gens épris de liberté du monde ;

Au président de l’Autorité palestinienne, M. Mahmoud Abbas (Abu Mazin), et au frère ministre des Prisonniers et des Ex-Prisonniers M. Issa Qaraqe, et à l’honorable combattant de la liberté Qaddoura Faris, président du Club des Prisonniers, et aux partis et mouvements nationaux et islamiques :

Ceci est un dernier appel de détresse urgent depuis la captivité, la mort lente et programmée dans les cellules du soi-disant hôpital de la prison Ramle, pour que vous sachiez que vos fils et frères luttent toujours contre la mort, et vous ne leur prêtez aucune attention et vous oubliez leur cause – comme si, après la fin de la grève générale, toutes les revendications des prisonniers avaient été satisfaites.

Nous sommes toujours ici, continuant notre grève de la faim illimitée et cette bataille continue depuis 78 jours de grève pour l’un d’entre nous, et 59 jours pour l’autre.

Nous pensions que vous nous soutiendriez dans notre grève de la faim, mais au contraire, vous vous êtes tenus inertes sur nos blessures et notre douleur.

Depuis ici, nous vous interpellons, vous, nos frères, les gens dignes de respect, pour que vous preniez vos responsabilités, car après Dieu, nous n’avons que vous et les gens épris de liberté du monde pour que notre cause soit victorieuse.

Deux : Tandis que la grève de la faim continue de miner nos corps et de saper ce qui nous reste de force, nous vous interpellons pour que vous nous aidiez dans notre bataille à tous niveaux et domaines, locaux, régionaux et internationaux, surtout dans les médias, et en particulier à la télévision palestinienne qui représente le peuple palestinien.

Et également dans les journaux, dans les médias radiophoniques et électroniques, pour que nos voix parviennent aux gens épris de liberté dans le monde et dénonce cette entité, et pour la victoire de notre cause.

Nous disons : il est encore temps et il vaut mieux que le soutien vienne tard que pas du tout. Il vaut mieux que vous nous receviez vivants et victorieux plutôt que comme corps sans vie dans des sacs noirs.

C’est pourquoi, nous deux grévistes de la faim, nous restons en grève, Mahmoud Sarsak depuis 78 jours, et Sheikh Akram Rikhawi depuis 59 jours et qui était déjà malade, après avoir passé 8 ans, malade, à la clinique de la prison Ramle, et qui lutte aujourd’hui contre la mort.

Nous vous informons que nous resterons en grève jusqu’à la satisfaction de nos revendications et que nous ne nous soumettrons pas aux exigences du service pénitentiaire, indépendamment du fait que nous souffrons de restrictions, de provocations et de marchandages, et nous n’accepterons les promesses et les demi-mesures malgré la détérioration de notre santé et notre entrée dans un phase difficile et dangereuse, en particulier après avoir perdu plus de 25 et 18 kg.

Notre peuple, nos dirigeants à Gaza, en Cisjordanie et à l’extérieur, et les gens épris de liberté dans le monde, nous vous appelons, ainsi que tous les peuples du monde qui croient en la justice de notre cause : ne nous abandonnez pas dans les mains vindicatives des geôliers qui prennent ce qu’ils veulent de nos corps fragiles.

C’est vous qui êtes en mesure de nous soutenir pour la victoire de notre bataille.

Vos frères qui restent en grève de la faim jusqu’à la victoire ou le martyre,

source

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