« La Deuxième Intifada palestinienne » de Ramzy Baroud


– Éditeur : Scribest Publications

Il vient d’être publié en français !!!
A commander à l’éditeur :

SCRIBEST PUBLICATIONS
BP 10077 – F-67802 BISCHHEIM CEDEX

20 €

LA DEUXIEME INTIFADA PALESTINIENNE
de Ramzy Baroud

Scribest et CCIFP

Un livre qui fait autorité au sein du monde anglophone – et dont voici [enfin] la version française, préfacée par Alain Gresh du Monde diplomatique et illustrée par les photos de Joss Dray réalisées en Palestine entre 2001 et 2004.

Traduction assurée par l’équipe du site http://www.Info-Palestine.net

UN LIVRE POUR MIEUX COMPRENDRE LE CONFLIT ISRAÉLO-PALESTINIEN

« […] Ce livre se veut un moyen de construire une position palestinienne indépendante, sans aucune allégeance vis-à-vis d’aucun parti politique ou individu, ni aucune organisation officielle. En cela, il se veut simplement une tentative de se référer aux mêmes principes que ceux des innombrables réfugiés vivant dans des camps confinés et surpeuplés où avec fierté la liberté est chérie plus que la vie. » RAMZY BAROUD

Voici ce qu’écrit Ramzy Baroud en introduction de son livre : « La Deuxième Intifada palestinienne restera durablemnent gravée dans l’Histoire comme l’époque où les règles du jeu ont été profondément transformées. Cette période a connu le choc des nombreux jeunes qui se faisaient volontairement exploser ainsi que la honte de l’érection d’un des plus grands murs dans l’Histoire pour créer ainsi une séparation permanente entre deux peuples… »

Dans son Introduction, il nous présente l’ouvrage : « […]. Le premier chapitre, intitulé L’Intifada éclate, couvre la fin de 2000 et l’année 2001 […] Le chapitre 2 intitulé Une Intifada internationale, traite des événements de 2002 […] de la solidarité internationale toujours croissante […] Le troisième chapitre, Appel à des réformes, traite […] de la corruption au sein de l’Autorité Palestinienne […] et comment une telle corruption a été instrumentalisée par Israël et les États-Unis […]. Le chapitre 4, De profonds changements, d’insurmontables défis, rappelle les nombreux événements […] de l’année 2004, depuis le rejet par Israël de l’avis rendu par la Cour internationale de Justice sur l’illégalité du Mur israélien de séparation, jusqu’à la mort du dirigeant palestinien Yasser Arafat. En conclusion, le chapitre 5, La fin de l’Intifada ?, aborde les nombreuses questions de 2005 qui ont conduit à la fin du soulèvement.  »
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Ramzy BAROUD, journaliste et écrivain américano-palestinien connu au niveau international, est également rédacteur en chef du site Internet The Palestine Chronicle, une source irremplaçable d’informations et d’analyses sur le conflit israélo-palestinien. Il a enseigné la communication à la Curtin University of Technology australienne, Campus de Malaisie.
Ramzy Baroud est également ancien responsable du département de recherches et d’études d’Aljazeera.net en version anglaise. Il est l’auteur de plusieurs livres, son dernier volume étant My Father Was a Freedom Fighter : Gaza’s Untold Story (Pluto Press, Londres, 2010).
Ses livres ont été traduits en plusieurs langues. Il réside actuellement aux Etats-Unis.
Pour en savoir plus sur Ramzy Baroud : consulter le site Web http://www.ramzybaroud.net

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Joss DRAY, photographe et écrivaine française, est l’auteure des photos illustrant cet ouvrage, extraites de son travail pendant la Campagne des missions civiles pour la protection du peuple palestinien, de 2001 à 2004 en pleine Seconde Intifada.
Ses multiples reportages, dont ceux sur la destruction du camp de réfugiés de Jénine par l’armée israélienne en 2002, ont servi à plusieurs expositions photographiques dont Mémoires de Jénine, 1989-2002, sur les traces d’Arna Mer, résistante israélienne ayant créé un théâtre pour enfants à l’intérieur du camp de réfugiés.
Elle a participé à plusieurs ouvrages, dont Femmes aux mille portes (avec Leïla Houari, éd. EPO-Syros, 1996), La guerre israélienne de l’information, Désinformation et fausses symétries dans le conflit israélo-palestinien (avec Denis Sieffert, éd. La Découverte, 2002), Le coeur en friche, éd. La Dispute 2004.
Plus sur Joss Dray : http://hoka.free.fr/HOKA_CUEILLEUR_…

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Alain GRESH, qui signe la préface de ce livre, est l’actuel directeur adjoint du mensuel Le Monde diplomatique après avoir occupé le poste de rédacteur en chef jusqu’en 2005.
Spécialiste reconnu des questions du Proche-Orient, il est l’auteur et coauteur de nombreux ouvrages : Palestine 47, un partage avorté (avec D. Vidal, éd. Complexe, 1994), Les 100 portes du Proche-Orient (avec D. Vidal, éditions de l’Atelier, 1996, rééd. Hachette Les 100 clés du Proche- Orient, 2006), L’islam en questions (avec T. Ramadan, Actes Sud, 2000),Israël, Palestine : Vérités sur un conflit (Fayard, 2001, rééd. actualisée, 2010), L’Islam, la République et le Monde (Fayard, 2004), 1905-2005 : les enjeux de la laïcité (L’Harmattan, 2005), De quoi la Palestine est-elle le nom ? (éd. Les Liens qui libèrent, 2010). Le blog d’Alain Gresh : http://blog.mondediplo.net/-Nouvell…


DESCRIPTIF DU LIVRE :

-  Format 14 x 21 cm, 256 pages, 5 chapitres annotés (avec citation des sources), broché.
-  Couverture quadri avec rabats de protection.
-  Préface et présentation par Alain Gresh du Monde diplomatique (voir ci-contre).
-  Photographies N/B de Joss Dray réalisées durant la Seconde Intifada, de 2001 à 2004.
-  Index chronologique des événements, avec les relevés statistiques des victimes, repères bibliographiques.
-  ISBN 978-2-9534496-6-2.
-  Prix de vente public : 20 euros.

Asira al-Qibliya : Les vidéos qui accablent l’armée israélienne d’occupation


mardi 22 mai 2012, par La Rédaction

Accès aux 2 vidéos :
www.Assawra.Info/video1.htm
www.Assawra.Info/video2.htm

***

C’est une scène qui fait couler beaucoup d’encre. Une vidéo publiée par l’ONG israélienne des droits de l’homme B’Tselem montre des colons israéliens de Cisjordanie en train de tirer sur des manifestants palestiniens, sans que les forces de sécurité israéliennes présentes n’interviennent pour les en empêcher. D’après B’Tselem, l’incident s’est produit samedi après-midi, lorsqu’un important groupe de colons ultraradicaux de la colonie de Yitzhar s’est approché du village palestinien d’Asira al-Qibliya.

Masqués et armés, certains colons extrémistes deviennent violents. D’après l’ONG, ils se mettent à lancer des pierres en direction de maisons palestiniennes, tout en faisant feu. Parmi eux, B’Tselem remarque un colon masqué, armé d’un fusil « Tavor ». Cette arme, équipant uniquement les soldats d’infanterie, suggère que son porteur serait un soldat en permission. Très vite, les jeunes Palestiniens du village arrivent sur les lieux et jettent des pierres en retour. La scène s’embrase. Alertés par l’incident, les soldats et les officiers de la police israélienne des frontières font leur apparition. Mais ils ne s’interposent pas, malgré leur fonction, qui est d’assurer le contrôle exclusif des territoires palestiniens en zone C. Plusieurs tirs à balles réelles sont entendus, sans que l’on sache exactement d’où ils proviennent, indique l’organisation.

La première vidéo montre un groupe de trois colons accompagnés d’un soldat, ciblés par des jets de pierres. Derrière eux surgit la fumée d’un brasier. D’après B’Tselem, deux des colons sont armés d’un fusil M4, tandis qu’un troisième possède un pistolet. Les trois hommes tiennent les Palestiniens en joue, avant de faire feu. L’un des villageois, Fathi Asayira, âgé de 24 ans, s’effondre. Touché au visage, il est évacué par une groupe de jeunes. Hospitalisé à Napouse, il demeure dans un état stable.

La seconde vidéo, prise d’un autre angle, illustre encore mieux la passivité des soldats israéliens, qui sont au nombre de trois. « La vidéo lève de graves soupçons sur le fait que les soldats présents n’ont pas agi pour empêcher les colons de jeter des pierres et tirer à balles réelles sur les Palestiniens », affirme B’Tselem. « Non seulement, les soldats n’ont pas essayé de renvoyer les colons, mais ils se sont en fait tenus à leurs côtés alors qu’ils tiraient et jetaient des pierres. » Une opinion que partage l’Autorité palestinienne.

« La gravité de la séquence ne tient pas seulement dans les provocations des colons et les tirs à balles réelles à l’égard des résidents non armés, mais aussi dans l’irresponsabilité des soldats israéliens qui se trouvaient là à regarder les événements », a déclaré un communiqué du bureau du Premier ministre, Mahmoud Abbas, qui a réclamé une action de la communauté internationale pour mettre fin aux « attaques et provocations » des colons.

De son côté, l’armée israélienne, qui a annoncé l’ouverture d’une enquête sur l’incident, a expliqué que les forces de sécurité étaient arrivées sur place dans le but de séparer les deux camps qui se lançaient des pierres. « Il y a eu des tirs au cours de l’incident et la question est sous investigation », ajoute l’armée israélienne, selon le Guardian. « Mais au premier abord, la vidéo qui a été publiée ne paraît pas relater l’incident dans sa totalité. » Pour Avraham Binyamin, le porte-parole des colons, une de ses équipes de sécurité est arrivée sous une pluie de pierres alors qu’elle tentait d’éteindre un incendie allumé par les Palestiniens. « Il est clair que l’utilisation d’armes par les forces armées israéliennes ou l’équipe de sécurité a été effectuée dans un contexte de danger de mort », précise le porte-parole.

Les attaques de colons israéliens extrémistes se sont multipliées ces derniers mois, les jeunes ultras mettant en application leur théorie du « prix à payer » aux Palestiniens. À chaque décision gouvernementale israélienne considérée comme défavorable, ils exercent des actes de représailles contre des mosquées ou des champs d’oliviers appartenant à des Palestiniens. D’après le Guardian, le ministère israélien de l’Éducation a fermé en novembre une yeshiva (école religieuse) après que les agents du Shin Beth (services secrets intérieurs) ont eu la preuve que ses étudiants se rendaient coupables d’actes de violence contre les villageois palestiniens.

Toutefois, les condamnations juridiques restent rares. Sur 642 plaintes déposées par des Palestiniens contre des colons depuis 2005, 91 % ont été classées sans suite, faute de preuves ou en raison de l’impossibilité d’identifier les délinquants.

(22 mai 2012 – Par Armin Arefi)

LA DEUXIEME INTIFADA PALESTINIENNE – de Ramzy Baroud


UN LIVRE POUR MIEUX COMPRENDRE LE CONFLIT ISRAÉLO-PALESTINIEN

« […] Ce livre se veut un moyen de construire une position palestinienne indépendante, sans aucune allégeance vis-à-vis d’aucun parti politique ou individu, ni aucune organisation officielle. En cela, il se veut simplement une tentative de se référer aux mêmes principes que ceux des innombrables réfugiés vivant dans des camps confinés et surpeuplés où avec fierté la liberté est chérie plus que la vie. » RAMZY BAROUD

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Voici ce qu’écrit Ramzy Baroud en introduction de son livre : « La Deuxième Intifada palestinienne restera durablemnent gravée dans l’Histoire comme l’époque où les règles du jeu ont été profondément transformées. Cette période a connu le choc des nombreux jeunes qui se faisaient volontairement exploser ainsi que la honte de l’érection d’un des plus grands murs dans l’Histoire pour créer ainsi une séparation permanente entre deux peuples… »

Dans son Introduction, il nous présente l’ouvrage : « […]. Le premier chapitre, intitulé L’Intifada éclate, couvre la fin de 2000 et l’année 2001 […] Le chapitre 2 intitulé Une Intifada internationale, traite des événements de 2002 […] de la solidarité internationale toujours croissante […] Le troisième chapitre, Appel à des réformes, traite […] de la corruption au sein de l’Autorité Palestinienne […] et comment une telle corruption a été instrumentalisée par Israël et les États-Unis […]. Le chapitre 4, De profonds changements, d’insurmontables défis, rappelle les nombreux événements […] de l’année 2004, depuis le rejet par Israël de l’avis rendu par la Cour internationale de Justice sur l’illégalité du Mur israélien de séparation, jusqu’à la mort du dirigeant palestinien Yasser Arafat. En conclusion, le chapitre 5, La fin de l’Intifada ?, aborde les nombreuses questions de 2005 qui ont conduit à la fin du soulèvement.  »

COURTS EXTRAITS

[…] J’étais un lycéen adolescent lorsque la Première Intifada palestinienne a éclaté en décembre 1987. Pendant que les médias dans le […] J’étais étudiant aux États-Unis lorsque la Deuxième Intifada palestinienne a éclaté en septembre 2000. Les médias se sont à nouveau fait concurrence pour interpréter, bien ou mal, les causes de la violence. Les Palestiniens furent dûment critiqués et condamnés. Chaque média crachait un discours haineux et venimeux, ramenant les Palestiniens au rôle qui leur était attribué par le récit officiel israélien – c’étaient des délinquants, violents par nature, politiquement complices et manipulateurs, retors et avant tout des terroristes. C’était une tâche difficile que de contrer ces interprétations malhonnêtes mais universellement reprises. Aux yeux de la majorité des Américains, si ce n’est aux yeux du monde, les Palestiniens avaient été criminalisés par des décennies d’une propagande implacable élaborée de façon si minutieuse que sa remise en question semblait un effort tout à fait futile. […]

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Ramzy BAROUD, journaliste et écrivain américano-palestinien connu au niveau international, est également rédacteur en chef du site Internet The Palestine Chronicle, une source irremplaçable d’informations et d’analyses sur le conflit israélo-palestinien. Il a enseigné la communication à la Curtin University of Technology australienne, Campus de Malaisie.

Ramzy Baroud est également ancien responsable du département de recherches et d’études d’Aljazeera.net en version anglaise. Il est l’auteur de plusieurs livres, son dernier volume étant My Father Was a Freedom Fighter : Gaza’s Untold Story (Pluto Press, Londres, 2010).

Ses livres ont été traduits en plusieurs langues. Il réside actuellement aux Etats-Unis.

Pour en savoir plus sur Ramzy Baroud : consulter le site Web http://www.ramzybaroud.net

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Joss DRAY, photographe et écrivaine française, est l’auteure des photos illustrant cet ouvrage, extraites de son travail pendant la Campagne des missions civiles pour la protection du peuple palestinien, de 2001 à 2004 en pleine Seconde Intifada.

Ses multiples reportages, dont ceux sur la destruction du camp de réfugiés de Jénine par l’armée israélienne en 2002, ont servi à plusieurs expositions photographiques dont Mémoires de Jénine, 1989-2002, sur les traces d’Arna Mer, résistante israélienne ayant créé un théâtre pour enfants à l’intérieur du camp de réfugiés.

Elle a participé à plusieurs ouvrages, dont Femmes aux mille portes (avec Leïla Houari, éd. EPO-Syros, 1996), La guerre israélienne de l’information, Désinformation et fausses symétries dans le conflit israélo-palestinien (avec Denis Sieffert, éd. La Découverte, 2002), Le coeur en friche, éd. La Dispute 2004.

Plus sur Joss Dray : http://hoka.free.fr/HOKA_CUEILLEUR_…

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Alain GRESH, qui signe la préface de ce livre, est l’actuel directeur adjoint du mensuel Le Monde diplomatique après avoir occupé le poste de rédacteur en chef jusqu’en 2005.

Spécialiste reconnu des questions du Proche-Orient, il est l’auteur et coauteur de nombreux ouvrages : Palestine 47, un partage avorté (avec D. Vidal, éd. Complexe, 1994), Les 100 portes du Proche-Orient (avec D. Vidal, éditions de l’Atelier, 1996, rééd. Hachette Les 100 clés du Proche- Orient, 2006), L’islam en questions (avec T. Ramadan, Actes Sud, 2000),Israël, Palestine : Vérités sur un conflit (Fayard, 2001, rééd. actualisée, 2010), L’Islam, la République et le Monde (Fayard, 2004), 1905-2005 : les enjeux de la laïcité (L’Harmattan, 2005), De quoi la Palestine est-elle le nom ? (éd. Les Liens qui libèrent, 2010).

Le blog d’Alain Gresh : http://blog.mondediplo.net/-Nouvell…

DESCRIPTIF DU LIVRE :

-  Format 14 x 21 cm, 256 pages, 5 chapitres annotés (avec citation des sources), broché.
-  Couverture quadri avec rabats de protection.
-  Préface et présentation par Alain Gresh du Monde diplomatique (voir ci-contre).
-  Photographies N/B de Joss Dray réalisées durant la Seconde Intifada, de 2001 à 2004.
-  Index chronologique des événements, avec les relevés statistiques des victimes, repères bibliographiques.
-  ISBN 978-2-9534496-6-2.
-  Prix de vente public : 20 euros.

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SCRIBEST PUBLICATIONS – BP 10077 – F-67802 BISCHHEIM CEDEX

Mazin Qumsyieh au sujet de la Nakba


Mazin Qumsyieh : « En ce 64ème anniversaire de la Nakba, nous portons le deuil du nettoyage ethnique qui a débuté en 1948 et qui continue aujourd’hui par des transferts subreptices, des démolitions de maisons, la confiscation de terres, etc. Mais nous célébrons aussi une résilience et une réussite étonnantes du peuple palestinien autochtone, dans des conditions incroyablement défavorables ».

Militant palestinien et propagandiste de la résistance populaire non violente, Mazin Qumsyieh, basé à Bethléem, nous rappelle qu’il ne faut pas voir le verre uniquement « à moitié vide », quand il est question de la Palestine.

Il énumère les succès enregistrés grâce à cette résistance extraordinaire et multiformes comme vient de le montrer l’action exemplaire de grève de la faim des prisonniers palestiniens.

« Nous venons tout juste de fêter le succès d’une grève de la faim menée par plus de 1 600 prisonniers politiques, en dépit de tentatives pour étouffer cette histoire dans les médias occidentaux sous domination sioniste. Les captifs ont réussi à obtenir une partie de leurs droits fondamentaux, parmi lesquels celui de recevoir des visites de leur famille et qu’il soit mis fin à l’incarcération en isolement.

- Nous sommes 11,5 millions, et alors que la plupart d’entre nous sommes des personnes réfugiées et déplacées, nous demeurons fermes, pleins d’espoir, et reliés entre nous. Grâce à cette persévérance, et maintenant à internet et aux moyens modernes de communication, même les débiles tentatives pour nous isoler les uns des autres ont échoué. Des milliers de Palestiniens continuent à se rendre à leur capitale Jérusalem sans autorisation israélienne. Des milliers sont en connexion avec les zones occupées depuis 1948, de part et d’autre de la Ligne Verte.

- Nous continuons à être la population la plus éduquée du Moyen-Orient, avec le taux le plus élevé de diplômés de l’enseignement supérieur. Nous possédons désormais 12 universités en Palestine occupée. Samedi dernier, nous avons tenu à Bethléem le second congrès international de recherche biomédicale, mettant en évidence une activité scientifique qui rivalise avec celle que mènent des pays dotés d’une longue tradition de recherche. Ce qui est miraculeux, compte tenu des conditions qu’impose l’occupation.

- Nous restons le peuple qui a contribué à développer le monde arabe et même qui lui rappelle son unité et sa destinée commune. Mais plus encore, c’est notre résistance qui a protégé nos frères arabes des plans sionistes initiaux d’un empire s’étendant du Nil à l’Euphrate. Nous restons l’obstacle majeur à la victoire du projet sioniste et raciste.

- Nous avons une étonnante histoire de 130 années de lutte contre le projet colonial (concocté par les sionistes et leurs appuis occidentaux) qui dans l’histoire a été le mieux financé, le plus organisé et le plus soutenu.

- Nous avons, dans l’histoire des luttes anticoloniales, les campagnes les plus dynamiques, de boycotts, désinvestissements et sanctions (BDS). En moins de 7 ans, nous avons réalisé beaucoup plus que ce qui a été accompli par BDS en aucun autre endroit (y compris durant 25 années en Afrique du Sud).

- La Palestine reste le lieu où des gens de religions différentes ont vécu ensemble et sans ségrégation dans le même voisinage, jusqu’à l’arrivée de sionistes européens, qui ont recréé des ghettos pour les Palestiniens (musulmans et chrétiens), et pour les Juifs, un vaste ghetto nommé Israël. Les cloches des églises et l’appel du muezzin à la prière continuent à pénétrer profondément dans nos âmes, en dépit des tentatives sionistes de les réduire au silence (par exemple par le nettoyage ethnique et la destruction de 530 villages et villes).

- Nous enseignons à nos enfants que le racisme et les notions de peuple élu sont aberrants, et ils grandissent dans la croyance que nous pouvons encore avoir une nouvelle Palestine qui sera comme l’ancienne : multiethnique, multireligieuse, multiculturelle et belle.

- Les Palestiniens ont inspiré des militants à travers le monde entier. Les sondages révèlent une grande sympathie pour notre cause parmi les gens ordinaires. La Palestine est maintenant une cause célèbre pour ceux qui luttent contre l’oppression. Nelson Mandela lui-même a déclaré que l’Afrique du Sud ne sera pas pleinement libre avant que la Palestine soit libérée. Selon les enquêtes d’opinion, une majorité en Europe occidentale perçoit à juste titre Israël et les USA comme les deux dangers majeurs pour la paix dans le monde. Des milliers d’internationalistes nous ont rejoints localement dans la lutte. Israël en est devenu paranoïaque à l’égard de toute visite de solidarité avec les Palestiniens, mettant du même coup en évidence sa nature d’apartheid raciste.

Nous sommes reconnaissants envers tous ceux qui contribuent à façonner un meilleur avenir pour tous. Je suis sûr à 100% que notre Nakba prendra fin, que les réfugiés reviendront, qu’adviendront la liberté et l’égalité, et que les Israéliens seront eux aussi libérés de leur rôle d’oppresseurs et de colonisateurs, pour s’intégrer dans le tissu d’une nouvelle et meilleure Palestine. Nous pourrons dès lors devenir une « lumière parmi les peuples ».

Mazin Qumsiyeh, PhD

A bedouin in cyberspace, a villager at home

http://qumsiyeh.org

(Traduit de l’anglais par Anne-Marie PERRIN pour CAPJPO-EuroPalestine)

Source : http://popular-resistance.blogspot….

CAPJPO-EuroPalestine

Grève de la faim et bras de fer


voir le p.s. en bas de l’article

LOOS,BAUDOUIN dans LeSoir de lundi

Page 10

Lundi 14 mai 2012

Proche-Orient Quelque 1.550 prisonniers palestiniens jeûnent volontairement

Un bras de fer. Inégal puisqu’il oppose des prisonniers à un État. Un drame national en Palestine. L’indifférence, ou presque, en Israël et dans le reste du monde. Quelque 1.550 détenus palestiniens – soit environ un tiers du total – sont en grève de la faim pour réclamer la fin des incarcérations en isolement, la fin des détentions administratives, et l’autorisation des visites de proches pour les prisonniers originaires de Gaza.

Le sort des prisonniers affecte tout le monde chez les Palestiniens. Car tout le monde a ou a eu un ou des prisonniers dans sa famille. Les deux prisonniers qui ont lancé le dernier mouvement de grève de la faim le 29 février en sont à leur 76e jour de jeûne volontaire. Leur santé – leur vie – est clairement en danger. Bilal Diab et Thaer Halahla, membres de l’organisation radicale du Jihad islamique, sont en détention administrative. Un statut hérité de l’occupation britannique de la Palestine (1917-1948). C’est-à-dire qu’ils ont été initialement incarcérés pour six mois sans connaître les charges retenues contre eux et sans savoir pour combien de temps : les six mois sont renouvelables indéfiniment.

Alain Gresh, le directeur adjoint du Monde diplomatique, citait le 8 mai sur son blog une déclaration à propos de la détention administrative datant de 1946. Elle émane d’un juriste, Moshe Dunkelblum, qui allait siéger plus tard à la Cour suprême d’Israël : « Ces ordonnances constituent une menace constante contre les citoyens. Nous, juristes, voyons en elles une violation flagrante des principes fondamentaux de la légalité, de la justice, de la discipline. Elles légalisent le plus parfait arbitraire des autorités militaires et administratives. Elles dépouillent les citoyens de leurs droits et confèrent aux autorités des pouvoirs illimités ».

Après sa création, Israël a pourtant continué à utiliser ces lois d’exception ; des dizaines de milliers de Palestiniens les ont subies. Actuellement, il y a environ trois cents Palestiniens embastillés selon cette méthode dite de la détention administrative.

Des protestations commencent à fleurir ci et là. Même Tony Blair, l’inconsistant envoyé spécial du Quartet (USA, UE, ONU et Russie) au Proche-Orient s’est dit « de plus en plus inquiet de la dégradation de l’état de santé des prisonniers en grève de la faim ». Les chefs de mission diplomatiques de l’Union européenne à Jérusalem ont émis un communiqué disant la même chose, rappelant aussi que l’UE estime que « les prisonniers ont les droits d’être informés des motifs de leur détention et ont droit à un procès sans retards indus ».

L’un des initiateurs du mouvement, Thaer Halahla, a écrit à sa fille de deux ans une lettre dont voici un extrait : « Quand tu seras plus grande, tu comprendras l’injustice qui a frappé ton père et les milliers de Palestiniens que les occupants ont jetés dans des camps et dans des cellules, réduisant en miettes leur existence et leur avenir uniquement parce qu’ils voulaient la liberté, la dignité et l’indépendance. Tu sauras que ton père n’acceptait pas l’injustice et la soumission, qu’il n’acceptait pas l’humiliation et le compromis et qu’il s’était engagé dans une grève de la faim pour protester contre les tentatives de l’État juif de faire de nous des esclaves, un peuple humilié, sans la moindre dignité nationale ».

Une médiation égyptienne pourrait donner des résultats. Le temps presse.

p.s.

Proche-Orient Les prisonniers palestiniens en Israël et l’administration pénitentiaire ont signé hier un accord sous médiation égyptienne pour lever la grève de la faim de plus d’un millier de détenus palestiniens, un mouvement inédit dont la prolongation risquait de dégénérer en violences. Au moins un tiers des quelque 4 700 détenus palestiniens en Israël (dont près de 310 en détention administrative) étaient en grève de la faim à la suite d’un mouvement collectif lancé le 17 avril, sept autres ayant cessé de s’alimenter depuis un mois et demi à deux mois et demi. Israël a accédé aux trois principales revendications des grévistes : levée de la détention administrative, de l’isolement carcéral et autorisation des visites pour les prisonniers originaires de Gaza, en échange d’un engagement signé à « s’abstenir de tout acte de terrorisme » ainsi que de toute nouvelle grève de la faim.
« Tous les mouvements palestiniens ont signé un accord dans la prison d’Ashkelon (sud d’Israël) pour arrêter la grève de la faim », a déclaré le président du Club des prisonniers palestiniens, Qaddoura Farès. « Les principales divergences portaient sur la détention administrative, l’isolement carcéral et les visites de Gaza », a-t-il rappelé, précisant qu’un « haut responsable militaire égyptien avait participé » aux négociations. Une source palestinienne proche du dossier avait indiqué dimanche soir qu’un accord avait été conclu au Caire, précisant qu’il devait encore être ratifié par les détenus. La porte-parole de l’administration pénitentiaire israélienne, Sivan Weizman, a confirmé la conclusion d’un accord « à la suite d’ententes formulées ces derniers jours ». Le service de sécurité intérieure, le Shin Beth, a affirmé dans un communiqué que « tous les détenus administratifs seront libérés à l’issue de leur période de détention en cours, à moins que de nouvelles preuves ne soient présentées contre eux ».
« En réponse à la demande du président palestinien Mahmoud Abbas, Israël a négocié l’arrêt de la grève de la faim », a déclaré Mark Regev, porte-parole du Premier ministre israélien, disant « espérer que ce geste servira à établir la confiance entre les parties et conduire à la paix ».
(Source : AFP)

« Dans les prisons israéliennes, je n’ai pas vu la lumière du jour pendant trois mois et demi… »


Entretien avec A., incarcéré pendant deux ans et demi
dans les prisons israéliennes

Mai 2012 : A l’occasion de la grève de la faim de près de 2000 prisonniers palestiniens, j’ai choisi de publier un entretien réalisé en 2008 avec un jeune militant palestinien incarcéré pendant deux ans et demi dans les prisons israéliennes. Il donne une idée des conditions d’arrestation et de détention des prisonniers palestiniens. Cet entretien a été publié dans mon livre A la recherche de la Palestine.

Une arrestation ordinaire

Le texte qui suit est issu d’une longue conversation que j’ai eue le 19 avril 2008 au soir avec A, jeune militant palestinien récemment relâché après deux ans et demi de détention dans les prisons israéliennes. Notre discussion a été riche, elle a duré plusieurs heures et j’ai fait le choix, plutôt que de la résumer, de me focaliser sur un moment particulier de son incarcération, la période d’interrogatoire.

Comme souvent lorsque l’on parle de la prison avec d’anciens détenus, notre conversation a été assez chaotique, mon interlocuteur s’interrompant brusquement à de nombreuses reprises, changeant totalement de sujet pour revenir ensuite au cœur de la discussion, se murant dans le silence pendant de longues minutes, perdu dans de désagréables souvenirs, choisissant ceux qu’il allait me raconter et ceux qu’il garderait pour lui. D’après mon expérience, il est assez rare que d’anciens détenus se confient de la sorte. Souvent ils se contentent de dire qu’ils ont été en prison, le nombre de fois où ils y sont allés, le temps qu’ils y ont passé, mais ils entrent rarement dans les détails, notamment ceux des premiers mois.

Les informations relatives aux lieux et aux dates ne seront pas mentionnées dans le texte, pas plus que le nom de mon interlocuteur ou l’organisation à laquelle il appartient. Il s’agit de protéger l’interviewé, qui est de toute évidence loin d’en avoir fini avec les autorités israéliennes. Récemment, plusieurs de ses proches, y compris des membres de sa famille, ont été arrêtés et d’autres convoqués par les services israéliens qui leur ont posé des questions sur les activités de A. depuis qu’il est sorti de prison. Je me contente juste du strict minimum : A. a entre 20 et 30 ans, il vit dans un camp de réfugiés de Cisjordanie, reconnaît avoir appartenu à une organisation armée considérée comme terroriste par l’Etat d’Israël, et affirme ne plus avoir exercé d’activité en son sein depuis sa libération. La conversation a eu lieu à son domicile, dans la nuit du 19 au 20 avril. Nous n’étions que tous les deux.

Comment s’est déroulée ton arrestation ?

Il faisait nuit. J’étais chez moi. J’ai entendu beaucoup de bruit dehors et j’ai compris que les soldats israéliens étaient en train d’encercler le quartier où j’habite. Lorsque j’ai entendu du bruit à la porte, j’ai immédiatement su qu’ils étaient venus pour me chercher. Je me suis rendu tout de suite, sans opposer de résistance, car il était trop tard pour essayer de m’enfuir. Ils étaient plusieurs dizaines. Ils m’ont attaché les mains, bandé les yeux et jeté dans un véhicule. Ils m’ont directement conduit à la prison de …, un lieu réservé aux Palestiniens qui viennent d’être arrêtés et dans lequel se déroulent les interrogatoires, sous la responsabilité du Shabak [acronyme de Shine Beit Klali, « Service Général de la Sûreté » en Hébreu, connu aussi sous le nom de Shin Beit].

Combien de temps es-tu resté là-bas et dans quelles conditions étais-tu détenu ?

J’ai passé trois mois et demi dans cette prison. J’ai été détenu, seul, pendant quatre semaines, dans une cellule minuscule, dans laquelle je ne pouvais même pas m’allonger, ou alors en pliant les jambes. Puis j’ai passé trois semaines, toujours seul, dans une cellule de la même taille, mais avec des murs moins épais, ce qui me permettait d’entendre les détenus des cellules d’à côté et de communiquer avec eux. Enfin je suis resté près de deux mois dans une cellule d’environ 9 m2, dans laquelle nous étions en général 5 ou 6 prisonniers. Dans les cellules il n’y avait rien. Les toilettes, c’était un trou dans le sol avec une arrivée d’eau au-dessus pour nettoyer. C’est tout. Et ce sont des cellules hermétiquement fermées. Il n’y a pas de barreaux, juste une porte avec deux trappes, une pour observer à l’intérieur et l’autre pour faire passer la nourriture.

Durant ces trois mois et demi je ne suis pas sorti une seule fois, même pour une « promenade ». Et comme il n’y avait pas de fenêtre aux cellules, je n’ai pas vu la lumière du soleil pendant toute cette longue période. Je n’ai en fait rien vu d’autre que les cellules, la douche et la salle d’interrogatoire. En effet à chaque fois qu’ils me déplaçaient j’étais menotté et il me bandaient les yeux. En revanche j’ai vu beaucoup de lumière artificielle ! Les lampes sont en effet allumées 24/24h. Parfois j’en avais tellement marre que je mettais du papier toilette imbibé d’eau sur l’ampoule afin de réduire l’intensité de l’éclairage… Mais à chaque fois, très vite, ils me disaient de l’enlever.

Quand je suis arrivé ils m’ont laissé plus d’une semaine sans prendre de douche. Après j’avais le droit à une douche chaque jour, mais en général vers 1 ou 2 heures du matin, quand je dormais. Et pas plus de 5 minutes ! Ils ne m’ont pas donné de vêtements de rechange pendant 3 semaines. Et lorsqu’ils m’en ont apporté, je me suis vite aperçu qu’ils n’étaient pas propres et qu’ils avaient été portés par quelqu’un d’autre : ils sentaient mauvais ! Les serviettes, pour la douche, sentaient très mauvais elles aussi : il y en avait trois ou quatre, par terre, à côté de la douche, qui servaient à tous les détenus de la prison, soit près d’une centaine. Et le savon, lui aussi, sentait horriblement mauvais… Alors je préférais garder les morceaux de savon qu’ils nous distribuaient pour sculpter des petits objets, comme des dominos ou des pièces de jeu d’échecs, et me laver à l’eau.

Que vous distribuaient-ils à part du savon ?

De la nourriture, 3 fois par jour, dégoûtante et en très petite quantité. En général on avait le droit, le matin, à 5 olives et un petit morceau de pain, le midi à de la soupe et l’après-midi une bouillie bizarre au goût atroce. Et puis des œufs. Beaucoup d’œufs. Dégoûtants. Je ne peux plus manger d’œufs aujourd’hui, c’est un trop mauvais souvenir. Les repas étaient distribués vers 6 heures du matin, vers 11 heures puis vers 14 heures. Et après plus rien. Donc en général, on ne mangeait pas le repas du matin et on le mettait de côté pour le soir. Pas de sel, pas de sucre. Nous avons entamé une grève de la faim pour obtenir le droit d’avoir du sucre. Et ce que nous avons obtenu, c’est un petit morceau de mauvais chocolat, un samedi sur deux en général… J’ai passé trois mois et demi dans cette prison : quand je suis entré, je pesais 60 kilos, et quand je suis sorti, 48 kilos. Mieux qu’un régime !

On avait aussi droit à 4 cigarettes chaque jour, qu’ils distribuaient le matin. Pour moi, qui à l’extérieur fumais entre 30 et 40 cigarettes par jour, ça a été très difficile, surtout au début. Mais quand ils m’ont transféré dans la deuxième cellule, celle depuis laquelle je pouvais communiquer avec mes voisins, j’ai réussi à convaincre des prisonniers non-fumeurs de me donner leurs cigarettes. Ce qu’ils faisaient c’est qu’ils les cachaient dans les serviettes, au moment de la douche. Et quand je passais juste après eux, je pouvais les récupérer… On n’avait pas le droit d’avoir du feu pour allumer les cigarettes et donc on devait le demander aux soldats, qui mettaient parfois plus d’une heure avant d’en donner. Mais au bout d’un moment j’ai eu une idée : je roulais du papier toilette très serré pour fabriquer de longes tiges, je l’humidifiais légèrement pour qu’il se consume moins vite et je l’allumais, au bout, avec ma cigarette. Comme ça je pouvais avoir du feu quand je le souhaitais.

Evidemment on n’avait pas le droit aux visites et donc personne ne pouvait rien transmettre de l’extérieur.

Tu dis qu’au bout de quatre semaines tu as été transféré dans une deuxième cellule depuis laquelle tu pouvais communiquer avec tes co-détenus… Comment communiquiez-vous ?

En criant, le plus souvent. Mais généralement les soldats arrivaient et nous disaient de nous taire. Alors on communiquait en tapant sur les murs. Il y a des codes, que l’on apprend très vite car on n’a que ça à faire… Donc on discutait beaucoup, on se racontait nos vies, mais pas trop, car même dans ces cellules il y a des collaborateurs. On discutait de politique, ou d’autre chose…

Durant la période où j’étais dans ma « deuxième cellule », parfois, pour s’amuser et pour passer le temps, on organisait de petits « événements ». Par exemple on se mettait tous, en même temps, à taper du genou contre la porte des cellules, le plus fort possible. Au bout d’un moment les soldats arrivaient et on arrêtait. Ils criaient « Qui a tapé contre sa porte ? ». Et personne ne répondait.

Parfois on jouait au marché. C’était très drôle [sourires]. Comme les cellules étaient alignées, on faisait comme si on tenait chacun un stand. Il y en a un qui criait « Qui veut mes tomates ? », un autre « Qui veut mes pommes de terre ? », un autre « Qui veut mes falafels ? », on marchandait pour échanger nos produits… Tout ça sans se voir, évidemment. Les soldats arrivaient et hurlaient « Silence ! ». Un jour, alors que les soldats étaient là, un détenu a crié « Qui veut mes kalachnikovs ? » [éclats de rire]…  Les soldats n’ont pas trouvé ça drôle du tout et ils l’ont immédiatement envoyé dans une cellule isolée. Mais on a quand même beaucoup ri ce jour-là…

Si je comprends bien, les seules personnes que tu as vues pendant un mois et demi ce sont les soldats qui gardent les cellules et les membres du Shabak qui mènent les interrogatoires. Tu n’as pas vu un médecin, un avocat ?

Tant qu’on est sous la responsabilité du Shabak et à l’isolement, on n’a pas le droit d’être vu par un avocat. Pendant un mois et demi je n’ai donc pas pu en rencontrer. C’est la loi, en Israël. Mes proches avaient contacté un avocat pour s’occuper de mon cas mais il n’a rien pu faire pendant 3 mois et demi. En effet, bien que la loi impose que l’on passe devant un juge, tous les mois, pour que soit reconduite la période d’interrogatoire, c’est par une cour militaire que l’on est jugé. Trois gradés, assis derrière une table, qui se contentent de dire : « Vous appartenez à une organisation illégale, l’enquête vous concernant n’est pas finie, en conséquence nous renouvelons votre détention pour un mois ». Il y a un avocat, commis d’office, mais lui aussi appartient à l’armée israélienne. Autant dire qu’il ne fait rien pour nous défendre… Cela dure quelques minutes et hop, on retourne en cellule pour un mois.

Un médecin ? Oui, on a le droit de voir un médecin. Mais c’est le médecin de la prison et autant dire que la santé des prisonniers de l’intéresse pas. En raison de la mauvaise qualité de l’eau et à cause de mes vêtements sales, j’ai développé une maladie de la peau. J’avais des plaques blanches un peu partout. Donc j’ai demandé à le voir. Il m’a reçu, m’a examiné et m’a dit en souriant que j’étais en bonne santé et que mon problème venait probablement du fait que ma peau était trop exposée au soleil… Le soleil ! Que je n’avais pas vu depuis des semaines… Il m’a juste donné un comprimé d’Acamol [Paracétamol] et m’a renvoyé en cellule. Quand un détenu allait chez le médecin, il avait le droit à un verre d’eau et, s’il semblait vraiment souffrir, à un comprimé d’Acamol. Et rien d’autre. Certains détenus atteints de maladies graves, comme des infections ou des problèmes au foie ou aux reins, ont parfois attendu des semaines avant d’être envoyés à l’hôpital.

Comment se déroulaient les interrogatoires ? Et que voulaient-ils savoir exactement ?

Ils venaient me chercher à deux dans ma cellule, me menottaient, me bandaient les yeux et m’emmenaient dans la salle d’interrogatoire. Là ils me faisaient asseoir et me menottaient les mains et les pieds à la chaise. Puis ils m’enlevaient le bandeau des yeux et il y avait un homme du Shabak, pas toujours le même, avec un dossier, qui me posait des questions. C’était toujours les mêmes questions qui revenaient :

« Etes-vous membre de … ? »
« Comment avez-vous été recruté ? »
« Qui vous a recruté ? »
« Quel est le nom des gens qui faisaient partie de notre groupe ? »
« Avez-vous recruté des gens dans votre groupe ? »
« Connaissez-vous untel ? Et untel ? »
« Avez-vous participé à telle ou telle opération ? »
« Par qui a-t-elle été préparée ? Où ? Quand ? Comment ? … »

Enfin voilà, ce genre de questions. Parfois il leur arrivait de ne pas m’emmener en salle d’interrogatoire pendant des jours et des jours. Je crois que le plus long ça a été deux semaines. Deux longues semaines pendant lesquelles ils ne m’ont rien demandé. Je pensais qu’ils n’avaient plus de questions à me poser… Et peu de temps après j’ai passé 3 jours consécutifs dans la salle d’interrogatoire, pendant lesquels ils n’ont pas arrêté de me poser les mêmes questions. Pendant trois jours j’ai eu les pieds et les mains menottés à une chaise, je n’avais le droit de me lever que pour aller à la douche (5 minutes) et aux toilettes (2 fois par jour).

Alors ils peuvent toujours dire qu’ils ne m’ont pas frappé pour me faire parler. Mais ce genre de méthodes, moi, j’appelle cela de la torture.

Tu n’as jamais été frappé pendant ces trois mois et demi ?

Si tu entends par « être frappé » recevoir des gifles, des coups de poing ou des coups de pied, non. J’ai eu de la chance car ce n’est pas le cas de tout le monde. Mais en revanche, c’est sûr que pendant les transferts, vers la douche ou vers la salle d’interrogatoire, ils étaient assez brutaux avec moi, en serrant les menottes au maximum, et en me poussant alors que j’avais les yeux bandés.

Et surtout plusieurs fois j’ai été « puni ». Par exemple, ils ne supportaient pas que je fabrique des dominos et des pièces de jeu d’échecs avec le savon. Et comme ils nous fouillaient et qu’ils inspectaient la cellule tous les trois jours, plusieurs fois ils en ont trouvé. Quand j’étais dans la cellule à 6, ils m’ont renvoyé plusieurs fois dans la cellule d’isolement. Pendant une heure, deux heures, parfois plus. Une fois j’ai passé 6 ou 7 heures à genoux, avec les pieds et les poings liés, et c’était vraiment très douloureux. Ils voulaient me dissuader d’essayer de trouver des moyens de passer le temps. Mais je préférais être parfois surpris et puni que de ne rien pouvoir faire dans ma cellule.

Et comment faisais-tu pour passer le temps ?

Le temps, c’est étrange en prison. On n’a évidemment pas de montre, et comme il n’y a pas de fenêtre par laquelle on pourrait voir la lumière du jour, il est difficile de savoir l’heure qu’il est. Le seul moyen qu’on avait pour le savoir, c’est lorsqu’ils apportaient les repas. On savait alors qu’il était à peu près 6 heures, 11 heures ou 14 heures. Quand on n’a rien à faire et qu’on ne sait pas l’heure qu’il est, tout semble tellement long… C’est pour ça que je prenais le risque de fabriquer ces petites choses, pour me distraire.

Prison israélienne

Pendant les deux derniers mois, quand j’étais avec des co-détenus, les choses étaient plus faciles. À plusieurs on s’ennuie moins. On discute, on essaie de trouver des occupations ensemble. Mais à la fin j’en avais tellement marre que j’essayais de dormir le plus possible. Le jour, la nuit, j’essayais de dormir. Mais on avait un problème car la cellule était trop petite pour que l’on dorme tous en même temps : au maximum, en se serrant, seules quatre personnes pouvaient s’allonger et dormir. Donc on se relayait : deux qui discutaient ensemble et quatre qui dormaient. Quand on n’était que cinq, seuls trois dormaient, pour ne pas laisser le cinquième seul.

Mais ces trois mois et demi ont vraiment été très, très longs. Et très durs. Lorsque j’ai fini par voir mon avocat qui m’a dit que j’allais être très bientôt jugé et condamné à deux ans et demi de prison, j’étais heureux de savoir que j’allais quitter cet endroit. Après être passé devant le juge, j’ai été envoyé dans la prison de…, puis dans celle de… J’ai également passé plusieurs mois dans la prison du Négev, dans le désert, où les détenus sont sous la tente et où il fait une chaleur insupportable. Partout les conditions de vie étaient très difficiles. Mais ces trois mois et demi resteront les pires.

A m’a donné bien d’autres détails et raconté de nombreuses autres histoires concernant la suite de sa détention. Puis il s’est brusquement interrompu et m’a montré une vidéo tournée le jour de son retour à la maison, après deux ans et demi d’emprisonnement. A la fin du film il m’a dit : « Il faut que je dorme, maintenant ». Il était alors plus de quatre heures du matin. Cela faisait donc plus de trois heures que nous discutions. Nous nous sommes installés sur des matelas de fortune et il s’est immédiatement assoupi. Juste après m’avoir précisé qu’il préférait dormir la lumière allumée…

source

Mardi 15 mai 2012, 64 ans de Nakba


A l’occasion du 64e anniversaire de la Nakba, l’Association Belgo-Palestinienne

vous convie à une rencontre avec

Jaber Suleiman

Sur le thème des

La situation des réfugiés palestiniens au Liban

64 ans après la Nakba

(en anglais)

Mardi 15 mai 2012 à 18h30

9 Quai du Commerce, 1000 Bruxelles

Une vie en suspens : à l’intérieur des camps de réfugiés du Liban

Jaber Suleiman est un réfugié palestinien du Liban, chercheur & consultant indépendant. Il a été consultant pour le programme palestinien de l’UNICEF dans les camps de réfugiés palestiniens au Liban et a été boursier d’études invité au Refugee Studies Programme de l’Université d’Oxford. Il est un militant du mouvement pour le droit au retour, ainsi que le coordinateur du Centre Aidoun pour les droits des réfugiés. Il  a écrit plusieurs études portant sur les réfugiés palestiniens et le droit au retour.

Infos et réservation : abp.eccp@skynet.be – 02 223 07 56

 

A l’occasion de la 64ème année de la NAKBA du Peuple palestinien

INVITATION

A tout les amis de la PALESTINE

Notre Communauté Palestinienne  vous invite cordialement  à participer à son rassemblement pacifique

 le Mardi 15 mai entre 12H30 et 14H au Rond- point Schumann à Bruxelles.

Nous exigeons l’application de toutes les résolutions des Nations Unies et demandons aux pays européens d’assumer  leur responsabilité historique.

la Communauté Palestinienne en Belgique et au Luxembourg

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