Israël : risque d’éruption de violence en cas de mort de détenus palestiniens


Un Palestinien frappe un pneu lors d'échaufourrées avec les soldats israéliens à Ramallah le 7 mai 2012

Un Palestinien frappe un pneu lors d’échaufourrées avec les soldats israéliens à Ramallah le 7 mai 2012

Les pressions s’intensifient sur Israël pour préserver la santé de détenus palestiniens en grève de la faim, certains depuis plus de deux mois, dont la mort risquerait de déclencher une éruption de violence.

Après l’Union européenne et le Comité international de la Croix-Rouge, qui ont réclamé un suivi médical constant pour la demi-douzaine de détenus en grève de la faim depuis un mois et demi à 71 jours, la France a demandé mercredi « à titre humanitaire » à Israël d' »être sensible au risque d’une issue tragique et à prendre d’urgence les mesures appropriées ».

Au moins un tiers des quelque 4.700 détenus palestiniens d’Israël (dont près de 310 en détention administrative) sont en grève de la faim, à la suite d’un mouvement collectif lancé le 17 avril, selon l’administration pénitentiaire, des sources officielles palestiniennes et des associations humanitaires.

« Ce qu’on dit publiquement, ça ne veut pas dire que l’on ne l’a pas dit avant, bilatéralement, aux autorités israéliennes. Mais la gravité de la situation a fait qu’on a senti que c’était important de le dire publiquement également parce qu’il y a un risque de mort », a expliqué à l’AFP une porte-parole du CICR, Nadia Dibsy.

« Quand il y a un grand nombre de personnes qui lancent une grève de la faim toutes ensemble, ce n’est pas évident pour le CICR de suivre tout le monde individuellement, comme on arrive à le faire avec les personnes malheureusement qui se trouvent dans un état de santé critique », a-t-elle souligné.

Selon Mme Dibsy, la priorité est « les détenus qui sont en grève de la faim depuis plus de 48 jours jusqu’à plus de 72 jours ».

Cinq d’entre eux « refusent depuis hier (mardi) d’être nourris par voie intraveineuse et d’être suivis par l’administration pénitentiaire », a indiqué à l’AFP un de leurs avocats, Jamil al-Khatib, qui leur a rendu visite à l’hôpital de la prison de Ramleh, près de Tel-Aviv.

A bout de patience, des dizaines de manifestants palestiniens ont bloqué dans l’après-midi l’accès aux bureaux de l’ONU à Ramallah en Cisjordanie, pour presser le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon de sortir de son « silence » sur cette question.

« Nous vous exhortons à prendre une position ferme et forte contre la violation par Israël des droits des prisonniers », ont écrit les organisateurs du rassemblement dans une lettre ouverte à M. Ban.

En soirée, ce dernier a appelé à « éviter une détérioration de leur état de santé » et indiqué qu’il « continue de suivre avec inquiétude cette grève de la faim (…) particulièrement en ce qui concerne ceux qui sont en détention administrative », selon son porte-parole à New York.

L’ambassadeur palestinien à l’ONU Riyad Mansour avait saisi le 4 mai dans une lettre la présidence azerbaïdjanaise du Conseil de sécurité du sort des dix grévistes de la faim de plus longue durée. « Israël est responsable du bien-être de ces prisonniers » et le Conseil de sécurité doit lui rappeler ses « obligations légales en la matière », a-t-il affirmé.

La veille, le coordinateur de l’ONU pour le processus de paix, Robert Serry, s’était déclaré « très inquiet » en raison de « l’état critique d’au moins deux prisonniers palestiniens » grévistes et avait appelé « Israël à se conformer à ses obligations en matière de droit international ».

Les mouvements islamistes palestiniens Hamas et Jihad islamique ont menacé Israël de représailles en cas de décès d’un des grévistes. « Si cela se produit, attendez-vous à tout de notre part », a déclaré un dirigeant du Hamas, Khalil al-Haya, évoquant « les moyens de la mobilisation populaire et du combat ».

Selon les médias israéliens, les services de sécurité se préparent à cette éventualité, à l’approche des manifestations annuelles de la « Nakba » (« catastrophe » en arabe), terme par lequel les Palestiniens désignent la création d’Israël en 1948, le 15 mai.

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Israël : l’inquiétude croît pour les détenus palestiniens en grève de la faim


mardi 8 mai 2012, par La Rédaction

La Croix-Rouge, l’Union européenne (UE) et le gouvernement palestinien ont exprimé mardi leur inquiétude pour les détenus palestiniens d’Israël en grève de la faim, certains depuis plus de deux mois, l’UE appelant à leur fournir l’assistance médicale nécessaire.

« Les missions de l’UE à Jérusalem et Ramallah sont préoccupées par la détérioration de l’état de santé des Palestiniens en détention administrative en grève de la faim depuis plus de deux mois. L’UE demande au gouvernement d’Israël de mettre à leur disposition toute l’assistance médicale nécessaire et d’autoriser les familles à leur rendre visite, à titre d’urgence », selon un communiqué.

L’UE réaffirme son opposition à la pratique des détentions administratives en Israël : « les détenus ont le droit d’être informés des raisons de leur détention et d’avoir un procès équitable sans délai injustifié ».

A Genève, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s’est déclaré « extrêmement préoccupé » par la détérioration de l’état de santé de six détenus palestiniens en « danger de mort imminent » après une grève de la faim qui dure depuis 45 à 71 jours selon les cas.

« Nous demandons instamment aux autorités pénitentiaires de transférer les six détenus dans un hôpital correct de telle sorte que leur état puisse être constamment surveillé et qu’ils puissent recevoir les soins médicaux et infirmiers spécialisés, adaptés à leur état », a insisté Juan Pedro Schaerer, chef de la délégation du CICR en Israël et dans les Territoires occupés.

L’ONG palestinienne de soutien aux prisonniers Addameer a souligné dans un communiqué que Thaër Halahla et Bilal Diab, soupçonnés d’appartenance au mouvement radical Jihad islamique, étaient entrés mardi dans leur 71ème jour de grève de la faim.

L’organisation cite aussi les cas de Hassan Safadi (65ème jour), Omar Abou Chalal (63ème), Mohammad Taj (52ème), Mahmoud Sarsak (51ème) et Jaafar Ezzeddine (48ème).

Le CICR a aussi « regretté que les autorités israéliennes aient suspendu les visites des familles auprès des grévistes de la faim ».

Mardi, l’ONG Médecins pour les droits de l’Homme-Israël (PHR-Israël) a précisé à l’AFP que les autorités pénitentiaires refusait tout visite à la famille Diab sous prétexte que son état n’était « pas si grave que cela ».

« En vertu du droit international et de la législation israélienne, tout patient a le droit de voir sa famille », a protesté l’ONG.

De son côté, le gouvernement du Premier ministre palestinien Salam Fayyad a affirmé mardi « tenir Israël pour pleinement responsable de la sécurité des prisonniers en grève de la faim dans les prisons de l’occupation ».

Dans un communiqué, il a appelé à une intervention internationale « immédiate pour sauver les prisonniers de l’occupation et forcer le gouvernement israélien à répondre à leurs revendications légitimes », citant « la fin des punitions collectives, des fouilles au corps humiliantes et de l’isolement carcéral », ainsi que la privation de visites, en particulier pour les prisonniers originaires de la bande de Gaza.

Le Hamas, qui gouverne Gaza, a jugé l’appel de l’UE « insuffisant » et réclamé des « mesures concrètes et sérieuses pour assurer la sauvegarde de nos prisonniers dans les prisons de l’occupation, répondre à leurs revendications justes et humanitaires et mettre fin à leurs souffrances, compte tenu de la gravité de leur état de santé ».

(08 mai 2012 – Avec les agences de presse)

Solidarité et Réalpolitique : Ma réponse à Jeff Halper


Palestine – 6 mai 2012

Par Susan Abulhawa

Susan Abulhawa est l’auteure de « Les Matins de Jénine » (éditions Buchet-Chastel, 2008) et la fondatrice de « Playgrounds for Palestine« . Elle a écrit cet article pour The Palestine Chronicle.

Il y a quelques années, j’ai participé à une table-ronde avec trois hommes, dont Jeff Halper, lors de la conférence Sabeel en Pennsylvanie. Chaque intervenant devait donner sa vision d’une solution au « conflit israélo-palestinien ». Placée où j’étais, j’ai pris la parole en dernier. J’ai écouté chacun de mes collègues présenter différentes versions d’une solution à deux Etats, toutes plus déprimantes les unes que les autres, chacune avec des nuances hors propos (toutes exprimées auparavant par Israël, au fait !) sur la manière de faire disparaître le problème des réfugiés. Ils ont repris la discussion rebattue sur des échanges de terre, des compromis, plusieurs boulevards surréalistes qui contournent l’humain et nombre d’autres solutions créatives destinées à éviter l’application des droits de l’homme des Palestiniens.

Solidarité et Réalpolitique : Ma réponse à Jeff Halper

Lorsque ce fut mon tour, j’ai parlé d’accorder aux Palestiniens les mêmes droits fondamentaux qui s’appliquent au reste de l’humanité, y compris le droit au retour chez soi après avoir fui un conflit. J’ai parlé d’égalité devant la loi, indépendamment de la religion. J’ai parlé d’une construction qui empêcherait un groupe d’en opprimer systématiquement un autre. J’ai parlé du droit universel à la dignité humaine. J’ai parlé d’un accès égal aux ressources, dont l’eau, indépendamment de la religion.

Je n’oublierai jamais la réponse de Jeff Halper, qu’il s’est empressé d’exprimer avant même que j’ai fini de parler. Il a commencé avec un sourire, de ce sourire qu’un adulte adopte devant les remarques naïves d’un enfant. Il fallait qu’il me donne une leçon et il a commencé à me dire, de la manière condescendante de celui qui sait mieux que vous, que ma vision manquait de « comment pourrais-je dire… réalpolitique. »

Je n’ai pas renoncé alors, pas plus que je ne l’ai fait depuis, à ma position : les Palestiniens ne sont pas une espèce inférieure à qui on pourrait demander d’aspirer à un compromis de dignité humaine pour tenir compte des conceptions racistes de quelqu’un d’autre qui serait d’essence divine.

Ceci dit, je ne considère pas Jeff Halper comme un raciste et je reconnais l’impact plutôt positif qu’il a eu en attirant l’attention sur une des cruautés immuables d’Israël, à savoir la démolition systématique des maisons palestiniennes comme outil de nettoyage ethnique de la population indigène non juive. Mais à mon avis, cela ne lui donne pas le droit de parler de ce que les Palestiniens devraient ou ne devraient pas faire. Je ne pense pas non plus qu’on puisse le qualifier d’anti-sioniste lorsqu’il accepte clairement les privilèges accordés exclusivement aux juifs. Après tout, Jeff Halper est un États-unien du Minnesota qui a fait son aliyah (le programme officiel d’Israël qui autorise les Juifs du monde entier à venir s’installer dans ma patrie, finalement à la place des autochtones expulsés). Peut-être est-ce dû à mon manque de réalpolitique, mais je ne peux pas concilier le fait d’embrasser le fondement même du sionisme d’un côté, et parler d’anti-sionisme de l’autre.

Dans un interview récent avec Frank Barar sur Al-Jazeera (1), c’est exactement ce qu’il fait. Il esquisse également un scénario lugubre sur l’avenir des Palestiniens, basé sur ce qu’Israël est très vraisemblablement en train de comploter, à savoir l’annexion de la Zone C et la pacification de l’Autorité palestinienne (également probable) avec des avantages économiques et des mini-bantoustans qu’ils peuvent appeler un Etat. Mais il est complètement dans l’erreur, à plusieurs reprises, lorsqu’il s’agit des Palestiniens eux-mêmes, comme s’il nous évaluait tous d’un coup d’œil et décidait qu’il n’est pas impressionné. Malgré la résistance palestinienne non violente en résurgence dans toute la Palestine, sous diverses formes allant de manifestations à d’importantes campagnes de solidarité, grèves de la faim, et autres, il dit que « la résistance [palestinienne] est impossible » aujourd’hui. Au mieux il banalise le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), premier mouvement palestinien non violent coordonné à l’intérieur et à l’extérieur de la Palestine qui a aussi réussi à inspirer et à captiver l’imaginaire d’individus et d’organisations dans le monde entier en solidarité avec la lutte palestinienne pour la liberté. C’est encore mon manque de réalpolitique, mais pour moi, créer une situation où il est possible de forcer l’application des droits de l’homme et de restaurer sa dignité à la société palestinienne est une fin en soi. Jeff Halper semble incapable d’envisager que la fin soit autre chose qu’un accord négocié.

Il énumère tout ce qui ne va pas dans les affaires internes palestiniens. Bien sûr qu’il y a des problèmes. Nous savons que nos dirigeants ne font pas grand chose d’autre que de ramasser les ordures et de maintenir les gens au garde-à-vous pendant qu’Israël vole toujours plus de notre terre. Cela ne nous fait pas plaisir non plus. Mais il semble suggérer que lui, avec d’autres Israéliens je présume, porte le fardeau de la résolution de ce conflit. A un moment, il dit :

« Nous avons [les Israéliens de gauche, je suppose ?] alerter nos gouvernements, nous avons sensibilisé l’opinion publique, nous avons mené des campagnes, vous avons fait ça pendant des décennies, nous l’avons fait collectivement, un des deux ou trois problèmes réellement mondiaux. Mais sans les Palestiniens, nous ne pouvons pas aller plus loin. »

Puis il ajoute :

« J’essaie de provoquer un peu mes homologues palestiniens. Où êtes-vous, les gars ? »

Si je comprends bien [et je veux bien lui accorder le bénéfice du doute et que ce n’est pas cela qu’il veut dire], il se voit clairement comme étant à la pointe de la lutte palestinienne où ses homologues palestiniens sont désorganisés, brouillons, ou absents. Il suggère même que dans cette période cruciale, « les Palestiniens doivent prendre le relai, » continuant à soutenir l’idée que les Palestiniens ne sont pas aux commandes de la résistance.

Il affirme aussi qu’importer des Juifs du monde entier pour vivre dans des colonies construites sur des terres confisquées à des propriétaires privés palestiniens « n’est pas du colonialisme de peuplement« . Qu’est-ce que c’est, alors ?

Mais pour revenir à cette étrange affirmation que les Palestiniens « doivent prendre le relai » [de qui ?], il décrit le cas où il a refusé de participer à la Marche mondiale à Jérusalem parce que les organisateurs palestiniens [qui avaient pris le relai ?] ne voulaient pas inclure le mot « Israël« , le nom du pays qui nie notre existence même et cherche tous les moyens pour nous éradiquer. Cela veut-il dire que Jeff Halper veut « que les Palestiniens prennent le relai » tant qu’ils le font d’une manière qui ne heurte pas les sensibilités de ceux qui les privent de leurs privilèges, pour leur propre compte ? Ce n’est pas comme cela que fonctionne la solidarité.

Je ne prétends pas dire aux Israéliens ce qu’ils devraient ou ne devraient pas faire, mais j’aimerais voir les Israéliens se concentrer davantage sur leurs propres échecs que sur les nôtres. J’aimerais vraiment entendre ceux qui ont fait leur aliyah reconnaître qu’ils n’avaient pas le droit de le faire ; que faire son aliyah est un crime contre la population indigène qui a été et continue d’être expulsée de force pour faire de la place à ceux qui font leur aliyah. J’aimerais entendre des excuses. Le traumatisme que ressentent les Palestiniens fait partie intégrante de la réalpolitique et il n’est pas sans rappeler le traumatisme du psychisme juive. Il vient de la même humiliation, de la même souffrance de ne pas être considéré comme pleinement humain. Ou d’être traité comme de la vermine par ceux qui ont les fusils. Si Halper comprenait vraiment cela, peut-être que laisser tomber le mot « Israël » – un mot qui plane sur les décombres de nos maisons détruites et inonde de douleur l’âme de notre collectivité – aurait été un signe de solidarité facile.

(1) « We’gone way beyond Apartheid« , Jeff Halper, Al-Jazeera, 02.05.2012. Extraits en français sur Info-Palestine.net
Photo
Susan Abulhawa pendant une conférence sur BDS à l’Université de Pennsylvanie, le 4 février 2012Source : The Palestine Chronicle

Traduction : MR pour ISM

Dix prisonniers palestiniens en grève de la faim hospitalisés


samedi 5 mai 2012, par La Rédaction

L’ambassadeur palestinien à l’ONU a attiré vendredi l’attention du Conseil de sécurité sur le sort de dix prisonniers palestiniens en grève de la faim dans des prisons israéliennes et qui ont été selon lui hospitalisés dans un état grave.
« La vie de plusieurs prisonniers palestiniens en grève de la faim depuis 59 à 67 jours est désormais en danger », affirme Riyad Mansour dans une lettre adressée au président en exercice du Conseil, l’ambassadeur d’Azerbaïdjan Agshin Mehdiyev.
M. Mansour mentionne dix prisonniers détenus à la « prison Ramleh », dont « l’état de santé grave » a nécessité le transfert à l’hôpital de la prison. Il souligne en particulier que deux d’entre eux, Bilal Diab, et Thaer Halahla, sont en grève de la faim depuis le 29 février. Ils souffrent notamment de « perte de poids importante, atteinte nerveuse, déshydratation et baisse de la tension artérielle », selon la lettre.
« Israël est responsable du bien-être de ces prisonniers » et le Conseil de sécurité doit lui rappeler ses « obligations légales en la matière », affirme M. Mansour.
Au moins un tiers des quelque 4.700 détenus palestiniens d’Israël sont actuellement en grève de la faim, selon l’administration pénitentiaire israélienne et des sources officielles palestiniennes.
Thaër Halahla, 34 ans, et Bilal Diab, 27 ans ont comparu jeudi devant la Cour suprême israélienne, qui a renvoyé sa décision sur leur demande de remise en liberté. Ils sont détenus sans inculpation sous l’accusation d’appartenance au mouvement radical Jihad islamique.
Le coordinateur de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Serry, s’était déclaré jeudi « très inquiet des informations concernant (leur) condition critique ». Dans un communiqué, il avait appelé « Israël à se conformer à ses obligations en matière de droit international et de faire tout ce qui est en son pouvoir pour protéger la santé des prisonniers ».

(05 mai 2012 – Avec les agences de presse)

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Voir aussi cet autre article sur le même site : Le Hamas met en garde Israël contre le décès de détenus en grève de la faim

Soutien aux prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes


Le Mouvement Citoyen Palestine et EGALITE s’associent à cette manifestation

Ce vendredi 4 mai de 17 à 18h à la Bourse

Rassemblement spécial en soutien aux prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes

2000 prisonniers politiques palestiniens dans les prisons israéliennes mènent une grève de la faim jusqu’au finish.  Plusieurs grévistes ont déjà dépassé les 60 jours!

Les prisonniers politiques palestiniens exigent la fin de la détention administrative, la politique de l’arbitraire, de l’isolement, le droit de recevoir des visites, un traitement digne.

Les autorités israéliennes réagissent par la terreur: déplacement et séparation des grévistes, fin des visites, confiscation des effets personnels, traitements humiliants, etc.

Nous exigeons :

  •  –  Le respect des conventions internationales dans les prisons!
  •  – La libération de tous les les détenus emprisonnés sans jugement!
  •  –  La libération de tous les enfants détenus !
  •  –  Une commission d’observation internationale des droits humains
  •  – Une protestation de l’Etat Belge auprès des autorités israéliennes et les instances internationales.
  •  – Une politique de boycott, de désinvestissement et de sanction pour le non respect des conventions internationales.

Appel lancé par: COCAB, PTB – PVDA ,  Intal, Mouvement Citoyen Palestine , Egalité,  Association Belgo-Palestinienne, Communauté Palestinienne en Belgique et au Luxembourg,…

La femme au drapeau, Rana Hamadeh.


Soutien aux grévistes de la faim en face de la prison d’Ofer; les militants ont été vaporisés au poivre dans la figure (alors qu’ils sont inactifs) et aspergés d’eau sale (l’eau du camion).

La dimension stratégique de la bataille des prisonniers politiques palestiniens


La dimension stratégique de la bataille des prisonniers politiques palestiniens,
et les tâches du mouvement de solidarité internationaliste.

(JPG) Dans le dernier paragraphe (Notre combat) de son article « Pour quoi se battent les prisonniers politiques Palestiniens ?« , Ameer Makhoul qui est un dirigeant de la société civile palestinienne, prisonnier politique actuellement enfermé à la prison de Gilboa, énonce clairement les raisons du combat des prisonniers.

« La véritable préoccupation pour le peuple sous occupation n’est pas de savoir si la détention de leurs fils ou de leurs filles relève d’un ordre administratif israélien ou d’un ordre de tribunal militaire ou civil. L’oppression, la répression et le pillage sont identiques, quel que soit l’outil que l’occupation utilise. La bataille d’Adnan est un combat contre le projet colonialiste dans son ensemble et pas seulement contre l’un de ses outils.

« Mais quand des dirigeants palestiniens et des militants des droits de l’homme déclarent que la prochaine étape consiste à intensifier la campagne contre les ordres de détention administrative, cela montre une faiblesse et une vision erronée.

« La bataille contre les lois d’urgence israéliennes est une bataille qui regarde les Israéliens, pas le peuple palestinien. La bataille pour les Palestiniens, et pour toutes celles et ceux dans le monde qui s’opposent à l’occupation et au colonialisme, est contre l’occupation et l’État occupant, et pour la libération nationale, pour le rétablissement de la patrie et le retour de ses habitants aujourd’hui réfugiés et exilés.« (souligné par JLM)

Dans une interview récente, Khader Adnan, à qui on demandait les raisons de sa grève de la faim le jour de son arrestation, réaffirmait lui aussi les objectifs stratégiques du combat des prisonniers et de son action. En se mettant en grève de la faim le jour de son arrestation il affirmait ainsi ne pas se battre seulement contre les mauvaises conditions de détention, et contre la « détention administrative » mais contre l’injustice de l’arrestation elle -même : « Ma réjection de la détention administrative est le complément direct de ma réjection de l’occupation elle-même et de ma quête pour retrouver la dignité qui nous a été volée par les Israéliens. »

La réaffirmation des revendications fondamentales :

L’un et l’autre affirment que l’objectif stratégique de la bataille engagée est la fin de l’occupation, de la colonisation, le retour des réfugiés et la libération nationale. Qu’ils ne refusent pas seulement les mauvaises conditions, la torture, l’arbitraire illégal de la détention administrative mais le fait des arrestations elles-mêmes. Même si Israël cessait les détentions administratives et respectait les droits des prisonniers, il faudrait combattre les arrestations et exiger la libération de tous les prisonniers. Ce qui ne saurait advenir sans la fin de l’occupation, de la colonisation et de l’apartheid.

Ce retour aux revendications fondamentales et cette volonté de lier les objectifs tactiques aux objectifs stratégiques est énoncé avec fermeté dans l’Appel BDS Palestinien de 2005 et réaffirmé sans cesse. Il semble que, au delà des partis impliqués, l’ esprit qui anime la bataille actuelle des prisonniers palestiniens est celui de l’écrasante majorité de la société civile palestinienne aujourd’hui et que nous connaissons mieux depuis et à travers l’Appel BDS. Rien de surprenant à cela puisque la quasi-totalité des associations de prisonniers et des familles sont signataires de l’Appel BDS. A l’occasion de la journée internationale des prisonniers, 12 organisations palestiniennes de prisonniers et de familles des prisonniers ont signé aux côtés du BNC Palestinien (Comité National Palestinien pour le BDS) un appel adressé aux sociétés civiles et aux organisations des droits de l’Homme demandant de boycotter l’entreprise israélienne G4S qui exporte dans le monde son « savoir faire »( !) en matière de surveillance et de répression dans les prisons.

L’appel des organisations de prisonniers au mouvement de solidarité : Inclure la question des prisonniers dans le BDS

Sans doute, sur le plan tactique faut-il dénoncer les violations du droit international et des conventions qui régissent les droits des prisonniers, sans doute faut-il dénoncer la « détention administrative » parce qu’elle est illégale au regard du droit actuel et aussi parce qu’elle est une forme de torture psychologique. Mais rien ne serait plus dommageable que d’isoler la lutte tactique pour le respect des droits des prisonniers et contre la détention administrative de l’objectif stratégique qui est la libération nationale du peuple Palestinien et le retour des Réfugiés.

Que les ONG humanitaires et des droits humains s’en tiennent à réclamer l’application des conventions de Genève en matière du droit des prisonniers et exigent l’interdiction de la détention administrative, cela relève de leur registre d’intervention et c’est tout à leur honneur. Le mouvement de solidarité à la Palestine se tient et se tiendra sans conteste à leurs côtés dans ce travail incontournable et indispensable.

Il appartient au mouvement de solidarité, non seulement de faire connaître et de porter l’ensemble des objectifs (tactiques et stratégiques) de la bataille engagée par les prisonniers palestiniens, mais aussi et surtout d’inventer les actions et les modalités d’un rapport de force qui fasse reculer Israël.

En liant la lutte actuelle des prisonniers à la campagne BDS internationale, les 12 organisations palestiniennes de défense des prisonniers ont clairement fait entendre leur choix et nous appellent explicitement à inclure la question des prisonniers politiques palestiniens dans la Campagne internationale BDS.


José Luis Moraguès

CCIPPP- BDS France


(JPG)

* José-Luis Moraguès est militant CCIPPP et BDS France

Du même auteur :

-  Trois ans du mouvement BDS en France – 2 février 2012
-  Comment Mehadrin incarne l’imaginaire sioniste au 21e siècle néo-libéral – 31 janvier 2012
-  Mettre l’Apartheid israélien au coeur de la cible de la campagne BDS européenne – 10 décembre 2011
-  UNESCO : Les peuples et les États disent NON à Israël-USA – 7 novembre 2011
-  Ceux qui sortent et ceux qui sont encore en prison – 20 octobre 2011
-  Agrexco en faillite ! – 15 août 2011
-  La stratégie du BDS : une arme pour la « reconnaissance » et l’édification d’un État pour le peuple palestinien – 5 juin 2011

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Festival Eye on Palestine


Le festival qui met la Palestine sous les projecteurs.

10.04 > 06.05.2012

Pour sa troisième édition, le festival Eye on Palestine vous propose une fois de plus un programme riche et très varié à découvrir du 10 avril au 6 mai à Gand, Bruxelles, Malines, Louvain et Anvers.
Un large éventail de films et de documentaires permettent d’apporter un regard différent sur la vie quotidienne des Palestiniens et le contexte dans lequel elle s’inscrit.
L’occasion d’avoir accès à des images uniques et même d’obtenir l’éclairage des réalisateurs après la projection. À côté de ces films et documentaires, des tables rondes, une exposition, des conférences et de la musique constituent l’essentiel du festival Eye on Palestine.

Des événements à ne pas rater:

  • Lancement à Gand le 10 avril avec une conférence de Dries Van Agt, ancien premier-ministre des Pays-Bas et ardent défenseur d’une politique juste et durable au Moyen-Orient.
  • Tant à Gand (le 24 avril) qu’à Bruxelles (le 4 mai) et à Anvers (le 25 avril), vous pourrez découvrir en primeur le documentaire Roadmap to Apartheid, qui explore les parallèles entre le système d’Apartheid en Afrique du Sud et la situation dan le Territoire palestinien occupé.
  • L’exposition Visible Absent met en lumière les résistants du quotidien.  Les œuvres de Yazan Khalili, Rich Wiles, Tilde De Wandel, Sander Buyck, Malkit shoshan, Basel Abbas et Rouanne Abou-Rahme sont à l’affiche. L’expo se tient du 28 Avril au 26 mai à « Daarkom », la maison des cultures maroco-flamande.

Restez au courant des dernières nouvelles avec la newsletter et la page facebook.
Le dépliant du programme avec affiche et cartes postales seront bientôt disponibles partout.

Restez informé des dernières nouvelles, abonnez-vous à la newsletter via www.eyeonpalestine.be

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Prisonniers palestiniens : au-delà des statistiques


vendredi 20 avril 2012, par La Rédaction

Le département des statistiques de l’Autorité palestinienne à Ramallah a publié, à l’occasion de la journée nationale des prisonniers, le 17 avril 2012, les chiffres récents concernant les prisonniers détenus dans les geôles de l’occupation.

Les forces de l’occupation ont arrêté, depuis 1967, jusqu’au mois de mars 2012, 800.000 Palestiniens. Depuis le début de l’Intifada al-Aqsa, plus de 70.000 Palestiniens ont été arrêtés. Depuis la date du 18 octobre 2011, jour de l’échange entre les prisonniers palestiniens et le soldat sioniste Shalit, 2000 Palestiniens ont été arrêtés, soit l’arrestation de 10 Palestiniens par jour.

124 prisonniers sont détenus avant la signature des accords d’Oslo, 50 sont détenus depuis plus de 20 ans et 23 prisonniers sont détenus depuis plus de 25 ans.

Selon le département, 4700 prisonniers palestiniens et arabes sont détenus dans 17 prisons et centres de détention, dont six prisonnières, 185 enfants, 27 membres du conseil législatif.

Plus de 20.000 Palestiniens ont subi la détention administrative depuis 2002, dont 320 toujours détenus.

527 prisonniers sont condamnés à la prison à vie, voire à plusieurs perpétuités, et 822 Palestiniens sont en état d’arrestation, en attente de « jugement ».

Le nombre des prisonniers décédés en prison s’élève à 201 martyrs, depuis 1967, à cause de la torture, de l’assassinat ciblé ou de la négligence médicale, ou suite à des coups violents ou des tirs de balles, ayant entraîné la mort. 76 prisonniers sont décédés depuis 2000.

L’année 2007 fut la plus meurtrière à l’intérieur des prisons, avec le décès de 7 martyrs, à cause de la négligence médicale.

Au-delà de ces statistiques qui démontrent le vrai visage de l’Etat sioniste et de ses prisons, les nouvelles en provenance des prisons indiquent que les prisonniers palestiniens et arabes (les prisonniers égyptiens et jordaniens notamment) poursuivent la grève de la faim commencée le 17 avril dans un climat de terreur : en effet, les autorités carcérales sionistes ont procédé à des transferts collectifs, touchant toutes les prisons, afin de punir les grévistes. Des centaines de prisonniers ont été transférés d’une prison à l’autre dans une tentative de déstabiliser les grévistes de la faim, mais en vain. Ceux-ci ont poursuivi le mouvement. D’autre part, les autorités carcérales ont voulu casser le mouvement en dépêchant, à la veille du 17 avril, un comité pour rencontrer les prisonniers et écouter leurs demandes. Mais les prisonniers ont refusé de répondre à cette manœuvre sioniste de dernière minute.

La répression des prisonniers grévistes prend de plus en plus d’ampleur. Le commandant de la région sud les a menacés disant qu’il utiliserait tous les moyens pour faire cesser la grève. D’après le représentant des prisonniers dans la prison de Ascalan, Nasser Abou Hamid, les forces spéciales ont investi les cellules et confisqué tous les objets personnels, y compris les vêtements et les couvertures. De plus, elles ont coupé l’arrivée d’eau chaude et retiré les appareils électriques, les ustensiles de cuisine, les cahiers et crayons. Dix prisonniers ont été transférés dont le frère de Nasser, Mohammad Nawara, Shadi Barghouty, Wael Abou Dalal, ces derniers n’ont même pas été autorisés à prendre leurs vêtements.

Par ailleurs, les prisonniers Thaer Halahla et Bilal Diab, du mouvement du Jihad islamique, en grève de la faim depuis plus de 50 jours maintenant, ont refusé la proposition sioniste consistant à les libérer contre leur déportation à Gaza. Leur état de santé s’est gravement détérioré. Les autres prisonniers grévistes depuis plusieurs jours, que ce soit plus de 30 jours comme sheikh Jaafar Izzidine, Hassan Safadi, Omar Abou Shalal, ou depuis une semaine, comme Abdallah Barghouty, réclament leur libération immédiate (pour les détenus administratifs) ou la fin de leur isolement et la possibilité de voir leurs familles.

Du côté de la solidarité populaire avec le mouvement des prisonniers, la région de Jénine poursuit les manifestations et les rassemblements de solidarité, en présence du prisonnier libéré sheikh Khodr Adnan, et plusieurs rassemblements ont eu lieu en Cisjordanie et notamment dans al-Qods. Dans Gaza, le comité des déportés de l’Eglise de la nativité, ont déclenché une grève de la faim devant les bureaux du CICR, en signe de solidarité avec les prisonniers grévistes.

A Jénine, le prisonnier libéré Khodr Adnane, qui a mené la plus longue grève de la faim pour réclamer la fin de sa détention administrative, a déclaré que tous les prisonniers grévistes sont unis et déterminés pour poursuivre leur mouvement, ils ont uniquement besoin de la solidarité et du soutien de la part des peuples libres dans le monde, car les prisonniers palestiniens luttent pour la dignité de tous les peuples, et notamment des peuples arabes et musulmans.

(20 avril 2012 – « Baladi »)

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