Colloque: “Israël-Palestine: un ou deux états ?”


L’Autorité nationale palestinienne souhaite un état palestinien indépendant à côté de l’état d’Israël. Quelle est la meilleure solution au conflit israélo-palestinien selon l’avis des experts: un ou deux états?

L’asbl Palestina Solidariteit organise un colloque où des spécialistes présentent leur point de vue sur la question:

Ali Abunimah: journaliste palestino-américain, cofondateur de ‘The Electronic Intifada’, auteur de ‘One Country: A bold Proposal to end the Israeli-Palestinian Impasse’

Leila Shahid: déléguée générale de la Palestine auprès de l’Union européenne, de la Belgique et du Luxembourg

Lucas Catherine: auteur des plusieurs ouvrages sur la question : ‘De Israëllobby’, ‘Gaza: Geschiedenis van de Palestijnse Tragedie’, ‘Palestina: De laatste kolonie?’

Brigitte Herremans: collaboratirce Moyen-Orient de Broederlijk Delen et de Pax Christi Vlaanderen

Henri Wajnblum: ancien président de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB)

Ludo De Brabander de Vrede vzw préside le colloque.

Je vous inclus l’intervention de Ali Abunimah (en anglais) ; les autres contributions suivront ultérieurement


« On ne peut pas lutter contre l’occupation en servant l’occupation » (Interview au quotidien libanais Al Balad).


Entretien avec Julien Salingue publié le 15 novembre 2011

1.Beaucoup d’analyses imputent l’échec du projet d’un Etat Palestinien indépendant à la violation des accords d’Oslo par la partie israélienne. Pour votre part, vous considérez que cet échec est la résultante de la logique d’Oslo et de la volonté de construire un appareil d’Etat sans Etat malgré la réalité de l’occupation. Pourriez-vous étayer ?

Il ne s’agit bien évidemment pas de nier les responsabilités israéliennes dans l’échec de ce que certains osent encore appeler « processus de paix ». Après la signature des accords d’Oslo, la colonisation s’est accélérée, les checkpoints se sont multipliés, et la partie israélienne n’a cessé de différer les « redéploiements », c’est-à-dire l’évacuation des zones occupées par l’armée israélienne et confiées à l’Autorité palestinienne.

Mais il ne s’agit pas non plus de prendre les accords d’Oslo pour ce qu’ils n’étaient pas ! Il ne s’agissait pas d’accords de « paix », ni dans leur esprit ni dans leur contenu. La logique d’Oslo était en réalité la suivante : confier le responsabilité des zones palestiniennes les plus densément peuplées (villes et camps de réfugiés) à un « appareil d’Etat sans Etat », l’Autorité palestinienne (AP), tout en maintenant la structure même de l’occupation. En d’autres termes, l’AP était intégrée au dispositif d’occupation et toute extension de sa juridiction était soumise à sa capacité à maintenir l’ordre dans les zones qui lui étaient confiées. Le règlement des questions essentielles (Jérusalem, les colonies, les réfugiés) était reporté à d’hypothétiques « négociations sur le statut final », qui n’ont jamais eu lieu. Au final, l’Etat d’Israël s’est contenté de se décharger des tâches de maintien de l’ordre et de services à la population, tout en maintenant son emprise sur l’ensemble de la Palestine. Or, on ne peut pas lutter contre l’occupation en servant l’occupation !

2..Comment expliquez-vous l’initiative de l’AP de présenter un projet de reconnaissance à l’ONU aujourd’hui ?

La direction de l’AP, du moins Abbas et ses proches, ont décidé d’en appeler à l’ONU en raison de l’impossibilité de négocier avec le gouvernement Netanyahu. Mais pour eux, il ne s’agissait pas de rompre avec la logique du « processus de paix », bien au contraire. Leur principal objectif était d’internationaliser la question palestinienne pour améliorer le rapport de forces en vue d’une reprise des négociations avec Israël, sous l’égide des Etats-Unis. L’ensemble de la stratégie d’Abbas repose sur la reprise des négociations. Si celles-ci sont « en panne », il n’a aucune perspective à offrir aux Palestiniens…

Par ailleurs, Abbas et son équipe sont identifiés au projet d’Etat palestinien indépendant. Or, de plus en plus de dirigeants et d’intellectuels palestiniens posent la question de la viabilité même de ce projet : avec, d’une part, la colonisation et l’annexion de facto de la Cisjordanie et de Jérusalem et, d’autre part, les exigences de l’Etat d’Israël (conserver le contrôle sur les colonies et sur la vallée du Jourdain), ce sont les bases matérielles de l’Etat palestinien qui ont disparu. Il s’agit donc, pour Abbas et les siens, de sauver l’idée même de l’Etat indépendant.

3.Pourquoi l’AP après 23 ans de négociations contre productives, tout en décidant de présenter unilatéralement un projet de reconnaissance, continue à faire du processus de paix une priorité politique ?

C’est, tout simplement, parce que leur survie en dépend. L’AP a été conçue comme une structure intérimaire, chargée de poser les bases du futur « Etat ». La période intérimaire aurait dû durer 5 ans. Mais nous en sommes aujourd’hui à plus de 17 ans ! Et, avec le temps, l’AP a trouvé sa propre raison d’être : un appareil d’Etat s’est constitué, avec des hauts fonctionnaires, des Ministres, des conseillers divers, des responsables des forces de sécurité… tandis que l’industrie de la négociation produisait elle aussi son lot de spécialistes, conseillers et autres. C’est une couche sociale qui s’est ainsi formée, dont l’avenir, à court terme, dépend du maintien de la structure AP (et donc du projet d’Etat indépendant) et de la survie du « processus de paix » (et donc des négociations), et non de la satisfaction des droits nationaux des Palestiniens. Si la perspective de l’Etat indépendant s’écroule, ou s’il y a un changement radical dans l’appréhension des relations avec Israël et, par exemple, une rupture assumée des négociations, quel est l’avenir de cette couche sociale ? Ils n’en ont pas ! Il leur faut donc, par tous les moyens, tenter de ranimer le processus d’Oslo : leur survie politique et économique en dépend.

InterviewAlbalad

4..Ce projet de reconnaissance pourrait-il faire évoluer le rapport de force à la faveur de la partie Palestinienne ?

Je ne crois pas qu’il va modifier substantiellement le rapport de forces. Il va plutôt enregistrer l’état du rapport de forces à l’échelle internationale, et on va une fois de plus vérifier qu’une très grande majorité de pays soutient, du moins à l’ONU, le droit des Palestiniens à avoir un Etat. On va pouvoir, une fois de plus, mesurer l’isolement grandissant de l’Etat d’Israël dans le monde, qui s’est particulièrement développé ces dernières années suite, entre autres, aux bombardements sur Gaza à l’hiver 2008-2009, à l’assaut sanglant contre la Flottille de la Liberté en mai 2010 et aux provocations répétées du gouvernement Netanyahu, notamment en ce qui concerne la politique de colonisation. Si l’on y ajoute les premiers effets des processus révolutionnaires en cours dans le monde arabe, qu’ils soient directs (« refroidissement » des relations avec l’Egypte) ou indirects (tensions avec la Turquie), Israël est, incontestablement, de plus en plus isolé. Mais il ne faudrait pas non plus exagérer cet isolement, comme les débats de l’ONU nous le montrent : les Etats-Unis continuent de soutenir quasi-inconditionnellement Israël, tandis que l’Union européenne, incapable de parler d’une même voix, n’exerce aucune pression réelle sur Netanyahu.

Certains avancent que la direction palestinienne pourrait, une fois que la Palestine sera reconnue comme Etat non-membre, saisir la justice internationale pour engager des poursuites contres les dirigeants israéliens qui se seraient rendus coupables de crimes de guerre. Cet argument me laisse rêveur : image-t-on sérieusement cette direction palestinienne, qui cherche à tout prix à reprendre les négociations avec Israël, engager des poursuites judiciaires contre les dirigeants israéliens ? A-t-on déjà oublié qu’il y a deux ans, sous pression des Etats-Unis et d’Israël, Mahmoud Abbas avait demandé le report de l’adoption du rapport Goldstone par l’ONU ?

5. Que se passera-t-il pour l’AP si après le premier succès diplomatique de la Palestine à l’UNESCO, l’Etat palestinien n’est pas admis à l’ONU ? Risque-t-on d’assister à l’implosion de l’AP ?

L’Etat palestinien ne sera pas admis à l’ONU comme Etat membre, car les Etats-Unis y opposeront leur veto. Il est même peu probable que les Palestiniens obtiennent la majorité qualifiée des 9 voix au Conseil de Sécurité… Au mieux, l’Assemblée générale se prononcera (à une très forte majorité) pour l’admission de la Palestine comme Etat non-membre, comme Etat observateur.

L’AP va-t-elle pour autant « imploser » ? Un certain nombre de voix se font entendre pour demander la dissolution pure et simple de l’Autorité, arguant qu’elle n’a plus de raison d’être avec la faillite du « processus de paix » et qu’elle sert surtout de commode moyen pour l’Etat d’Israël pour prétendre qu’il n’occupe pas toute la Palestine. En d’autres termes, les partisans de la dissolution disent : il n’y a pas d’autonomie, donc il ne doit pas y avoir de pseudo-« autorité d’autonomie ».

Mais la dissolution ne semble pas être la voie choisie par la direction de l’AP. Et pour cause ! Comme on l’a vu, une telle décision équivaudrait à un suicide politique… Le plus probable est donc que l’on assiste à une discussion d’ampleur quant à l’avenir de l’AP, quant à une éventuelle modification de ses attributions et de ses fonctions. Et nul doute que ce débat sera vif !

6. Qu’adviendra-t-il dans ce cas du mouvement national palestinien ?

Il est très probable que l’on assiste à une accélération du débat quant à la nécessité de la refonte stratégique et organisationnelle du mouvement national palestinien. Ce dernier traverse en effet depuis de longues années une crise, qui ne manquera pas de s’approfondir après l’échec programmé de la demande d’admission à l’ONU. J’entends ici « crise » au sens où la définissait Gramsci : « La crise consiste précisément dans le fait que l’ancien meurt et que le nouveau ne peut pas encore naître ; durant cet entredeux, une grande variété de symptômes morbides se font jour ». Nous sommes aujourd’hui dans cet entredeux, où l’ancien (la vieille OLP) n’est pas encore tout à fait mort, et où le nouveau n’a pas encore pris sa place. Que se passera-t-il exactement ? Nul ne le sait. Mais il est certain que la majorité des Palestiniens ont conscience qu’une page s’est tournée et que la reconstruction sera nécessaire, autour notamment des questions suivantes :

– Que signifie aujourd’hui la revendication de l’Etat palestinien indépendant aux côtés d’Israël, même à titre transitoire ?

– Quelle articulation entre la résistance populaire, impliquant l’ensemble de la société palestinienne, le mouvement syndical et associatif, les forces politiques… et la résistance armée ?

– Comment réunifier l’ensemble du peuple palestinien ? Le peuple palestinien est en effet fortement divisé : Palestiniens d’Israël, Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, Palestiniens de Jérusalem et Palestiniens exilés.

– Quel cadre politique pour le Mouvement de libération nationale ? La division du mouvement affaiblit considérablement la lutte et la constitution d’un cadre commun, au-delà de la vieille OLP, posant la question de la résistance et du combat pour l’émancipation, et pas celui de la gestion des Zones autonomes allouées par Israël est, même si ce n’est qu’à un stade relativement peu avancé, ouvertement posée.

– Quels liens développer avec le mouvement de solidarité internationale, afin que cette solidarité soit politique et non caritative, efficace et pas seulement symbolique ?

7.Selon vous le contexte socio politique a considérablement évolué et la revendication d’un Etat indépendant semble aujourd’hui dépassée et à contre courant des bouleversements régionaux. Quelle solution pour la Palestine aujourd’hui sachant que les bases matérielles de l’Etat palestinien sont en train de disparaitre et que l’hypothèse d’un Etat démocratique unifiée ne peut coexister avec l’idéologie suprématiste sioniste ?

 

Je me garderai bien de prôner une quelconque « solution » à la place des Palestiniens eux-mêmes. Mais une chose est certaine : la direction « historique » de l’OLP, tout comme le projet d’Etat palestinien indépendant, apparaissent de plus en plus en décalage avec les nouvelles générations politiques émergentes et les revendications d’indépendance et de souverainetés économique et politique réelles qui bouleversent la région.

Au-delà de la disparition des bases matérielles de l’Etat palestinien et des échecs manifestes de la construction d’une « indépendance » malgré la poursuite de l’occupation, c’est donc la question de l’adaptation du mot d’ordre lui-même qui est posée, tant il est à contretemps des évolutions régionales. Il est aujourd’hui plus que probable, à la lumière des récents événements, que la société palestinienne ne soit pas épargnée par le vent de révolte qui balaie les sociétés arabes.

 

source

Des panneaux solaires palestiniens menacés par l’armée israélienne


Depuis l’installation des panneaux solaires, les familles ont installé des ampoules dans leur tente ou leurs habitations de fortune

le 18 Novembre 2011

Les 34 habitants du petit village Imneizil en Cisjordanie ont accès à la modernité depuis qu’une ONG espagnole a installé des panneaux solaires, mais l’armée israélienne veut les démolir arguant qu’ils avaient été installés sans autorisation.

Il y a deux ans, l’organisation espagnole Seba s’est associée à l’Université Al-Najah de Naplouse pour installer deux panneaux solaires à Imneizil, à l’extrême sud de la Cisjordanie, afin de remplacer les générateurs qui constituaient jusqu’alors l’unique source d’électricité du village. Depuis, les 34 familles d’Imneizil sont entrées de plain-pied dans le 21e siècle: elles ont installé des ampoules dans leur tente ou leurs habitations de fortune, se sont acheté télévisions et appareils ménagers. L’installation solaire permet également d’activer une pompe pour alimenter le village en eau. Mais le mois dernier, l’armée israélienne, qui gère les affaires civiles dans ce village en zone sous contrôle total israélien, a ordonné la destruction des panneaux solaires, arguant qu’ils avaient été installés sans autorisation. Leur sort est depuis suspendu à la décision de l’armée israélienne d’annuler ou non son arrêté de démolition.

Des ONG israéliennes ainsi que l’agence ONU-Habitat ont pressé l’armée de geler sa décision, qui a pris de court les habitants du village. Le gouvernement espagnol a tenté d’intervenir par les canaux diplomatiques pour empêcher la destruction de l’infrastructure, dont le coût -365.000 euros- a été financé en majorité par Seba. « Nous sommes entre le paradis et l’enfer. Les panneaux solaires représentaient une lueur d’espoir pour nous« , se désole le chef du village, Ali Mohammad Ihrizat. « Nous habitons ici depuis 1948 et nous n’avons nulle part où aller« .

Pour le chef du village, demander une autorisation pour l’installation n’aurait pas eu de sens, étant donné qu’Israël ne reconnaît pas le village et qu’aucune de ses infrastructures n’a jamais reçu de permis de construire. Selon un responsable espagnol du projet, un permis a été demandé après la mise en place des panneaux solaires, mais le département militaire en charge de la délivrance de ces permis n’a jamais répondu.

Dans la tente où elle vit avec son mari et ses trois enfants, Nihad Nour ne comprend pas pourquoi l’armée insiste sur la destruction de l’installation solaire, pourtant « hautement écologique, installée sur notre terre et qui ne dérange personne ». Mais pour l’administration militaire israélienne, qui se dit « sensible » et « favorable » aux projets des organisations internationales, le « respect de la loi doit prévaloir sur tout ». « L’installation a été construite sans permis ni coordination, c’est pourquoi l’arrêté d’interruption des travaux et de démolition a été émis. Les organisations avaient le droit de le contester devant une commission, mais leurs membres ont refusé d’y assister », a-t-elle affirmé dans un communiqué.

Toutefois, après une contestation espagnole, le chef de l’administation militaire, le général Eitan Dangot, a décidé de « geler le processus de démolition » et a demandé que Seba présente les détails du plan de l’installation. Mercredi, un porte-parole militaire a fait part de son espoir de légaliser rétroactivement l’infrastructure. « Notre objectif est d’autoriser l’installation. Mais cela doit être fait dans le cadre de la loi », a-t-il insisté.

Source

Colloque: “Israël-Palestine: un ou deux Etats ?”


Ce samedi

L’Autorité nationale palestinienne souhaite un Etat palestinien indépendant à côté de l’Etat d’Israël. Quelle est la meilleure solution au conflit israélo-palestinien selon l’avis des experts: un ou deux états?

L’asbl Palestina Solidariteit organise un colloque où des spécialistes présentent leur point de vue sur la question:

Ali Abunimah: journaliste palestino-américain, cofondateur de ‘The Electronic Intifada’, auteur de ‘One Country: A bold Proposal to end the Israeli-Palestinian Impasse’

Leila Shahid: déléguée générale de la Palestine auprès de l’Union européenne, de la Belgique et du Luxembourg

Lucas Catherine: auteur des plusieurs ouvrages sur la question : ‘De Israëllobby’,  ‘Gaza: Geschiedenis van de Palestijnse Tragedie’, ‘Palestina: De laatste kolonie?’

Brigitte Herremans: collaboratirce Moyen-Orient de Broederlijk Delen et de Pax Christi Vlaanderen

Michel Staszewski: professeur d’histoire dans le secondaire et membre de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB)

Ludo De Brabander de Vrede vzw préside le colloque.

Après les exposés, la parole sera donnée au public qui pourra pour poser des questions aux orateurs. Le colloque se conclura par un drink.

Quand: Samedi 19/11/2011, 13h30-18h30

Où : Centre Pôle Nord

Adresse : Helihavenlaan 39 – 1000 Bruxelles

Prix et réduction : 6 euros, 4 euros (étudiants et en chômeurs)
Langues utilisées: NL, FR, ANGL

Palestina Solidariteit:
Website : http://www.palestinasolidariteit.be
E-mail : secretariaat@palestinasolidariteit.be

Des « Freedom Riders » palestiniens vont défier la ségrégation israélienne en voyageant dans des bus de colons vers Jérusalem


8 novembre 2011

ISM

Le mardi 15 novembre 2011, des militants palestiniens vont rééditer les Freedom Rides(voyages de la liberté) du mouvement des Droits civiques aux États-Unis vers le sud de l’Amérique en montant à bord de transports publics réservés aux Israéliens en Cisjordanie pour se rendre à Jérusalem-Est occupée.

Des soldats de l’occupation ont monté un « check-point volant » à l’extérieur de Ramallah, près du village de Surda.

Mardi prochain, des militants palestiniens vont tenter de monter à bord de transports publics réservés aux Israéliens pour se rendre de l’intérieur de la Cisjordanie jusqu’à Jérusalem-Est occupée dans un acte de désobéissance civile inspiré des Freedom Riders (Voyageurs de la liberté) du mouvement des Droits civiques aux USA, dans les années soixante.

Cinquante ans après que les Freedom Riders des USA aient organisé leurs voyages dans des bus qu’ils avaient ouverts à toutes les races sur les routes des États ségrégationnistes du sud états-unien, des Freedom Riders palestiniens vont réaffirmer leur droit à la liberté et à la dignité en perturbant le régime militaire de l’occupation par une désobéissance civile pacifique.

Ce que veulent les Freedom Riders, c’est mettre en évidence les tentatives d’Israël de couper illégalement Jérusalem-Est occupée du reste de la Cisjordanie et le système d’apartheid qu’Israël impose aux Palestiniens dans les territoires occupés.

Plusieurs compagnies israéliennes, dont Egged et Veolia, exploitent des dizaines de lignes qui courent à travers la Cisjordanie occupée et Jérusalem-Est, et beaucoup avec des subventions de l’État. Elles relient les différentes colonies israéliennes entre elles et à d’autres villes de l’intérieur d’Israël. Certaines lignes qui relient Jérusalem à des villes de l’intérieur d’Israël, comme Eilat et Beit She’han, doivent aussi traverser la Cisjordanie.

Les Israéliens ne souffrent quasiment d’aucune limite à leur liberté de déplacements dans les territoires palestiniens occupés, et ils sont même autorisés à s’y installer, en violation du droit international ; les Palestiniens, en revanche, ne sont autorisés à entrer en Israël qu’après s’être procurés une autorisation spéciale auprès des autorités israéliennes. Les déplacements des Palestiniens, même à l’intérieur des territoires occupés, sont lourdement restreints, avec un accès à Jérusalem-Est occupée et à quelque 8 % de la Cisjordanie dans la zone frontalière également autorisé uniquement avec une autorisation similaire.

Même s’il n’est pas officiellement interdit aux Palestiniens d’utiliser les transports publics israéliens en Cisjordanie, ces lignes sont de fait réservées aux Israéliens puisque beaucoup d’entre elles traversent des colonies exclusivement juives dont l’entrée est interdite aux Palestiniens par décret militaire.
Sur les restrictions aux déplacements des Palestiniens dans les territoires sous occupation israélienne, voir les rapports hebdomadaires successifs du Centre palestinien des Droits de l’homme (PCHR)

8 novembre 2011 – PalSolidarity – traduction : Info-Palestine.net

http://palsolidarity.org/2011/11/palestinian-freedom-riders-to-challenge-segregation-by-riding-settler-buses-to-jerusalem/

NPA : Solidarité avec les opposants syriens !


lundi 7 novembre 2011

Alors qu’une répression féroce s’abat sur le peuple syrien, et a déjà fait plus de 3 000 morts, le gouvernement illégitime de Bachar Al-Assad avait dépêché jeudi 27 octobre son vice-ministre de la Culture afin d’animer une conférence, au centre culturel syrien avenue de Tourville à Paris, intitulée, ironie de l’histoire, « Vestiges de la civilisation byzantine, les villes mortes de Syrie ».

Devant une telle provocation, une trentaine d’opposants à la dictature, aidés de quelques membres de l’intercollectif de soutien aux luttes des peuples du monde arabe, décidaient d’occuper pacifiquement les locaux. Le quartier était immédiatement quadrillé, un dispositif policier démesuré mis en place, Il fût même fait appel à l’armée sous la forme de soldats munis de fusils mitrailleurs, agissant dans le cadre du plan Vigipirate !

Mais le zèle des autorités françaises ne s’arrête pas là. Après avoir délogé les occupants, la police procédait à leur arrestation, suivie d’une garde à vue humiliante et exceptionnelle en pareil cas. Pendant ce temps, un groupe de manifestants agressif et injurieux, soutenant la dictature, pouvait continuer de parader en toute tranquillité ! La complicité avérée de la police de Sarkozy avec la dictature syrienne s’était déjà manifestée le 26 août dernier lors de l’agression d’un rassemblement pacifique d’opposants au boucher de Damas par des nervis de l’ambassade. Après avoir blessé plusieurs manifestants, ils étaient tardivement interpellés par la police… puis relâchés immédiatement après avoir exhibé leurs passeports diplomatiques.

La riposte unitaire s’organise : rapidement mobilisés, des militants du NPA et de l’intercollectif se sont rassemblés avec leurs amis syriens devant le commissariat où étaient gardés à vue la trentaine d’occupants, exigeant de rencontrer le commissaire, organisant une pression médiatique qui s’avéra fructueuse, rédigeant un communiqué unitaire signé par les organisations suivantes :
« …Nous, signataires de ce communiqué, solidaires du peuple syrien, soutenons l’action entreprise par les jeunes syriens et exigeons leur libération immédiate ! »1
Bien que les gardes à vue aient été levées, un jeune Syrien reste inculpé pour « dégradations de matériel ». Une vitre aurait été cassée ! Ayant refusé une comparution immédiate, son procès devrait se tenir début novembre. Il n’est pas question de laisser criminaliser la juste lutte des opposants à la dictature syrienne. Un seul procès est à tenir, celui de Bachar Al-Assad et de sa bande d’assassins ! Le NPA et l’ensemble des organisations constituant l’Intercollectif appellent dès aujourd’hui à se rendre nombreux au tribunal pour soutenir notre camarade. Tout est à nous ! se fera l’écho des préparatifs de la mobilisation.

Alain Pojolat

1. Comité de coordination de Paris pour le soutien à la révolution syrienne – Comité syrien de solidarité avec l’appel de Damas – Intercollectif des luttes des peuples du monde arabe – Forum Palestine citoyenneté – PCF – PG – NPA – PCOT – Collectif algérien pour le changement et la démocratie (ACDA) – Mouvement Rachad Algérie – Collectif de soutien aux luttes du peuple égyptien – PIR – Association des Marocains de France (AMF) – Congrès mondial Amazigh (CMA) – Association des jeunes Égyptiens du 25 Janvier – Mouvement marocain du 20 Février.

10 questions sur l’admission de la Palestine à l’Unesco


Blog de Pascal Boniface

02 novembre 2011

1. En quoi l’admission de la Palestine à l’Unesco met-elle en danger la sécurité de l’État d’Israël ?

2. Comment expliquer que le recours à l’ONU, puis à l’Unesco, par les Palestiniens soit considéré comme des gestes unilatéraux, alors que ces organisations internationales sont l’essence même du multilatéralisme ?

3. En quoi la poursuite de la colonisation israélienne à Jérusalem Est et en Cisjordanie peut être considérée comme moins compromettante pour le processus de paix que les demandes d’admission dans des organisations internationales ?

4. Les États-Unis ne donnent-ils pas l’impression de se déterminer en fonction des demandes du gouvernement israélien ?

5. N’est-il pas paradoxal, vu l’aide que les États-Unis fournissent à Israël, que le gouvernement de ce pays semble exercer plus d’influence sur le président américain que l’inverse ?

6. Les États-Unis vont cesser le versement de leur part à l’Unesco, qui représente 22 % du budget de cette organisation. Peut-on à la fois critiquer l’unilatéralisme dont les Palestiniens auraient fait preuve en demandant d’être admis dans cette organisation et cesser toute contribution parce que l’immense majorité des autres pays n’a pas voté dans le sens souhaité par Washington ?

7. En quoi l’arrêt du financement du système d’alerte du tsunami à Haïti, d’écoles professionnelles en Afghanistan ou d’un programme mondial d’alphabétisation, entre autres programmes prévus par l’Unesco cette année, contribuera au processus de paix au Proche-Orient ?

8. Les États-Unis ont-ils calculé le coût diplomatique, la dégradation de leur image, la perception d’un isolement croissant que va leur coûter cette décision ?

9. N’est-ce pas pour le moins paradoxal de savoir que les États-Unis vont sous Obama cesser de contribuer financièrement à l’Unesco, alors que c’est George Bush qui, en 2003, avait décidé de leur réintégration dans cette organisation dont Reagan avait claqué la porte en 1984 ?

10. Le vote français en faveur de l’admission de la Palestine constitue-t-il un changement stratégique pour Nicolas Sarkozy ou est-il avant tout lié au fait que la France soit le pays où siège l’Unesco ?

http://www.iris-france.org/informez-vous/blog_pascal_boniface_article.php?numero=115

Israël furieux contre l’Etat belge


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Israël furieux contre l’Etat belge; réactions variées au sein de la communauté juive de Belgique

Le gouvernement israélien est furieux que la Belgique ait voté en faveur de l’adhésion de l’Etat palestinien à l’Unesco. En termes diplomatiques, cela donne  » L’Ambassade d’Israël en Belgique exprime son étonnement suite au vote favorable de la Belgique sur la demande palestinienne d’adhésion à l’UNESCO. La Belgique, par voie de communiqué du SPF Affaires Etrangères, justifie ce vote qui « reflète le fait que l’Autorité Palestinienne a considérablement progressé sur la voie de la constitution d’un Etat ». La Belgique reconnaît donc elle-même que les Palestiniens ne remplissent pas encore les critères nécessaires à l’adhésion d’un Etat à l’UNESCO. Par cette contradiction, la Belgique ne renforce-t-elle pas la politisation des agences spécialisées de l’ONU, entravant ainsi le dialogue et le processus de paix, tels que prônés par le Quartette ? »

Le CCOJB , sous la signature de son président Maurice Sosnowski, se contente de prendre acte « du vote du gouvernement belge en faveur de l’octroi du statut d’état membre de l’Unesco à l’Autorité palestinienne.

A cette occasion, le CCOJB rappelle que l’Unesco politise systématiquement les matières qu’elle a dans ses compétences. Ainsi, la déjudaïsation des sites proposée par l’Autorité palestinienne est inquiétante.Le CCOJB demande à notre gouvernement de veiller à la préservation de l’histoire juive au Moyen Orient et espère la plus grande vigilence de sa part ».

Le ton est un peu plus critique au Cercle Ben Gourion. On y entonne le même air que le gouvernement israélien: le CBG « déplore le vote de notre Gouvernement en faveur de l’octroi du statut d’Etat membre de l’UNESCO à l’Autorité palestinienne. (…) Le CBG,bien que partisan de la solution dite « à deux Etats » – un Etat palestinien démilitarisé à côté d’un Etat juif dans des frontières sûres et reconnues -, constate qu’il n’y a pas encore, en droit, d’Etat palestinien. Notre Ministère des Affaires Etrangères ne s’y est pas trompé en indiquant dans un communiqué que le vote de notre pays « reflète le fait que l’Autorité Palestinienne a considérablement progressé sur la voie de la constitution d’un Etat . Le CBG considère donc que le vote intervenu au sein de l’UNESCO est une fiction trompeuse, dangereuse et intervenant mal à propos.  »

Le Forum der Joodse Organisaties, l’association anversoise qui regroupe les quelques associations juives flamandes attentives à la politique belge est sur la même longueur d’onde: Le FJO déplore également et souligne que l’Etat belge se distingue au sein de l’Union Européenne, où « la plupart des pays se sont abstenus; Les Pays-Bas, la Suède et l’Allemagne ayant voté contre. Le FJO indique que l’UNESCO a pour tâche entre autres de protéger héritage culturel. Sur la rive occidentale du Jourdain se trouvent les racines du judaïsme et d’innombrables lieux saints juifs. Jusqu’à la guerre en 1967, la Jordanie au pouvoir à ce moment-là sur ce territoire n’avait pas donné  aux Juifs accès aux lieux saints juifs. A ce moment-là, d’innombrables lieux saints ont été ravagés. Ainsi p.ex.dans l’Est de Jérusalem des  tombes juives séculaires. Selon le FJO, l’attribution de l’adhésion à part entière de l’autorité palestinienne à l’UNESCO est uniquement une décision politiquement motivée à l’appui de sa demande d’être admise pour en tant que membre à part entière de l’ONU. »

L’UPJB n’a pas encore commenté la situation alors que le CCLJ ricanne, sous la plume d’Henri Wésoly » La suite est tout aussi prévisible : ce 11 novembre, au conseil de Sécurité, les Etats-Unis opposeront leur véto à la demande palestinienne d’adhésion à l’ONU. Après cette victoire à la Pyrrhus, Israël verra la Palestine obtenir un écrasant succès à l’Assemblée Générale. Cela aura donc été, une fois encore, Israël et les Etats-Unis contre tous. Jusqu’au  jour, où Washington se lassera d’une politique de plus en plus contraire à ses intérêts. Ce sera alors Israël seul contre le reste du monde. Un match équilibré, semblent penser  les fins stratèges de l’actuel  gouvernement israélien… »

Auteur: ADI

Colloque: “Israël-Palestine: un ou deux états ?”



L’Autorité nationale palestinienne souhaite un état palestinien indépendant à côté de l’état d’Israël. Quelle est la meilleure solution au conflit israélo-palestinien selon l’avis des experts: un ou deux états?

L’asbl Palestina Solidariteit organise un colloque où des spécialistes présentent leur point de vue sur la question:

Ali Abunimah: journaliste palestino-américain, cofondateur de ‘The Electronic Intifada’, auteur de ‘One Country: A bold Proposal to end the Israeli-Palestinian Impasse’

Leila Shahid: déléguée générale de la Palestine auprès de l’Union européenne, de la Belgique et du Luxembourg

Lucas Catherine: auteur des plusieurs ouvrages sur la question : ‘De Israëllobby’, ‘Gaza: Geschiedenis van de Palestijnse Tragedie’, ‘Palestina: De laatste kolonie?’

Brigitte Herremans: collaboratirce Moyen-Orient de Broederlijk Delen et de Pax Christi Vlaanderen

Henri Wajnblum: ancien président de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB)

Ludo De Brabander de Vrede vzw préside le colloque.

Après les exposés, la parole sera donnée au public qui pourra pour poser des questions aux orateurs. Le colloque se conclura par un drink.

Quand: Samedi 19/11/2011, 13h30-18h30

Où : Centre Pôle Nord

Adresse : Helihavenlaan 39 – 1000 Bruxelles

Prix et réduction : 6 euros, 4 euros (étudiants et en chômeurs)


Langues utilisées: NL, FR, ANGL

Palestina Solidariteit: Jan Dreezen

Website : http://www.palestinasolidariteit.be
E-mail :
secretariaat@palestinasolidariteit.be

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