Une invention appelée « le peuple juif »


L’original anglais de cet article a été publié dans Haaretz ici.

mardi 11 mars 2008

Tom Segev

segev

La Déclaration d’Indépendance d’Israël énonce que le peuple juif est apparu en Terre d’Israël, puis qu’il aurait a été exilé de sa patrie natale. Tout élève israélien apprend, à l’école primaire, que ce que cela se serait produit durant la domination romaine, en l’an 70 après J.C. Après quoi, la nation juive serait restée fidèle à sa terre, dans laquelle elle aurait commencé à retourner, après deux millénaires d’exil.

« Faux », dit l’historien Shlomo Zand, dans un des ouvrages les plus fascinants – et les plus dérangeants – à avoir été publiés, ici (en Israël), depuis bien longtemps. « Il n’y a jamais eu de « peuple juif », mais seulement une religion juive, et l’exil, lui non plus, ne s’est jamais produit – par conséquent, comment parler de « retour » » ?? Zand rejette la plupart de ces histoires autour de la formation d’une identité nationale, dans la Bible, et notamment l’exode d’Egypte, ainsi (on ne s’en plaindra pas) que les horreurs de la conquête (de Canaan, la Palestine, ndt) sous les ordres de Josué. « Tout ça, c’est de la fiction, c’est une mythologie qui a servi de prétexte à la création de l’Etat d’Israël », affirme-t-il.

LA SUITE ICI


« Nous ne célébrerons pas l’anniversaire d’Israël », proclame la lettre publiée par le Guardian mercredi. Parmi ceux qui affirment qu’Israël a forcé 70 000 Palestiniens à une Marche de la Mort en 1948, il y a le professeur Haim Bresheeth, professeur à l’université de Londres-Est, qui a organisé l’appel au boycott universitaire d’Israël, il y a le dramaturge Harold Pinter, l’avocat Daniel Machover, qui a intenté un procès contre le major-général Doron Almog, et Stephen Fry.

« Nous ne pouvons pas célébrer l’anniversaire d’un Etat fondé sur le terrorisme, les massacres et la dépossession d’un autre peuple de sa propre terre » disent les auteurs de la lettre. « Nous ne pouvons pas célébrer l’anniversaire d’un Etat qui, même actuellement, se livre à une épuration ethnique, viole les lois internationales, un Etat qui est en train d’infliger une punition collective monstrueuse à la population civile de Gaza et qui continue de dénier aux Palestiniens leurs droits humains et leurs aspirations nationales. Nous commémorerons quand Arabes et Juifs vivront à égalité dans un Moyen-Orient pacifique. »

LA SUITE ICI

Nous, filles et fils de résistants


jeudi 1er mai 2008.

Filles et fils de Marek Edelman, d’Henri Curiel, de Schmerke Kaczerginski, de Lucien David Fayman, de Jacov Stambul, de Dvoira Vainberg…

A 65 ans du soulèvement du Ghetto de Varsovie, nous rendons hommage a tous ceux, modestes héros et héroïnes qui ont engagé leur vie dans une bataille face à l’armée d’un pouvoir qui contrôlait presque toute l’Europe.

Face à l’oppression, il y a toujours résistance : Contre le nazisme en France, a Vilnius, en Allemagne même et, des années après, en Egypte et en Algérie contre le pouvoir colonial aussi bien qu’en Afrique du Sud contre l’apartheid.

Il en est de même aujourd’hui : Les masques changent mais c’est toujours le même combat.
Nous, filles et fils de résistants au nazisme, affirmons notre soutien a la résistance palestinienne, car le pouvoir sioniste en Israël, a usurpé notre nom collectif (juifs), pour en notre nom disent-ils, mener une politique de répression coloniale féroce et d’apartheid.

L’hommage à nos parents, martyrs ou survivants, est à l’unisson de l’hommage aux résistants du peuple palestinien dont les droits fondamentaux, humains et nationaux sont bafoués, jour après jour depuis 60 ans

Signatures :

Lililane Cordova Kaczerginski,
fille de Schmerke Kaczerginski qui a participé à la création de la F.P.O., Fareinigte Partizaner Organizatie (Organization Unifiée des Partisans) dans le ghetto de Vilnius en 1941. Après le départ du ghetto par les égouts, Schmerke Kaczerginski a combattu dans les rangs de la Guérilla Lituanienne en Biélorussie sous commandement soviétique ; a participé à l’explosion des 50 trains de l’armée nazie ; décédé en Argentine.

Sonia Fayman,
fille de Lucien David Fayman, membre de la Sixième, réseau de résistance des Eclaireurs israélites de France (cache d’enfants) et du réseau Buckmaster (parachutage d’armes et attentats contre l’occupant nazi), arrêté par la Gestapo à Toulouse, torturé, emprisonné à Fresnes puis à Compiègne. Déporté à Buchenwald, Dora, Hartzungen jusqu’à la libération. Lucien David Fayman a consacré sa retraite à décorer les Justes qui ont caché des enfants au péril de leur vie. Décédé en 2007.

Pierre Stambul,
fils de Jacov Stambul (Bessarabien), membre de la MOI et du groupe Manouchian (« triangle » de Boczor). Arrêté en novembre 1943. Torturé par la police française (simulacre d’exécution). Déporté à Buchenwald, libéré en mai 1945. Jacov Stambul est décédé en 1989. Et fils de Dvoira Vainberg (Bessarabienne), membre de la MOI à Paris, décédée en 1997.

Source

Comment lire les nouvelles sur le Proche-Orient


Voici, en exclusivité, ces règles que tout le monde doit avoir à l’esprit
lorsqu’il regarde le JT le soir, ou quand il lit son journal le matin.
Ensuite, tout deviendra simple.

. Règle numéro 1 : Au Proche-Orient, ce sont toujours les Arabes qui
attaquent les premiers, et c’est toujours Israël qui se défend. Cela
s’appelle alors des représailles.

. Règle numéro 2 : Les Arabes, Palestiniens ou Libanais n’ont pas le droit
de tuer des civils de l’autre camp. Cela s’appelle du terrorisme.

. Règle numéro 3 : Israël a le droit de tuer les civils arabes. Cela
s’appelle de la légitime défense.

. Règle numéro 4 : Quand Israël tue trop de civils, les puissances
occidentales l’appellent à la retenue. Cela s’appelle la réaction de la
communauté internationale.

. Règle numéro 5 : Les Palestiniens et les Libanais n’ont pas le droit de
capturer des militaires israéliens, même si leur nombre est très limité et
ne dépasse pas trois soldats.

. Règle numéro 6 : Les Israéliens ont le droit d’enlever autant de
Palestiniens qu’ils le souhaitent (environ 10 000 prisonniers à ce jour,
dont près de 300 enfants). Il n’y a aucune limite et ils n’ont besoin
d’apporter aucune preuve de la culpabilité des personnes enlevées. Il
suffit juste de dire le mot magique « terroriste ».

. Règle numéro 7 : Quand vous dites « Hezbollah », il faut toujours rajouter
l’expression « soutenu par la Syrie et l’Iran ».

. Règle numéro 8 : Quand vous dites « Israël », il ne faut surtout pas
rajouter après : « soutenu par les États-Unis, la France et l’Europe », car
on pourrait croire qu’il s’agit d’un conflit déséquilibré.

. Règle numéro 9 : Ne jamais parler de « Territoires occupés », ni de
résolutions de l’ONU, ni de violations du droit international, ni des
conventions de Genève. Cela risque de perturber le téléspectateur et
l’auditeur de France Info.

. Règle numéro 10 : Les Israéliens parlent mieux le français que les
Arabes. C’est ce qui explique qu’on leur donne, ainsi qu’à leurs
partisans, aussi souvent que possible la parole. Ainsi, ils peuvent nous
expliquer les règles précédentes (de 1 à 9). Cela s’appelle de la
neutralité journalistique

Le nettoyage ethnique de la Palestine – Ilan Pappe


Nettoyage ethnique- Ilan Pappé

A la fin de 1947, la Palestine compte près de 2 millions d’habitants : un tiers de Juifs, deux tiers d’Arabes. La résolution 181 des Nations unies décide sa partition en deux Etats : l’un doit être presque exclusivement peuplé d’Arabes ; dans l’autre, les Juifs seraient légèrement majoritaires.

Un an plus tard, c’est un Etat à très forte majorité juive, Israël, qui occupe 78 % de la Palestine. Plus de 500 villages ont été rasés, de nombreuses villes ont presque entièrement perdu leur population arabe. Et 800 000 Arabes palestiniens originaires des territoires qui font désormais partie d’Israël peuplent des camps de réfugiés hors de ses frontières.

A en croire l’historiographie israélienne traditionnelle, cette situation serait la résultante imprévisible, involontaire, des aléas d’un conflit armé : la « première guerre israélo-arabe ».

Mais Ilan Pappe en donne ici une explication bien différente. A l’aide de documents d’archives, de journaux personnels, de témoignages directs, il reconstitue en détail ce qui s’est vraiment passé à la fin de 1947 et en 1948, ville par ville, village par village. Apparaît alors une entreprise délibérée, systématique, d’expulsion et de destruction : un « nettoyage ethnique » de la Palestine.

En quelques mois, forts de leur supériorité militaire, de leur accord secret avec le roi de Jordanie, de la passivité complice des soldats britanniques et de l’impéritie de l’ONU, les dirigeants du mouvement sioniste ont organisé le « transfert », par la violence et l’intimidation, d’une population arabe plutôt pacifique, sans défense, abandonnée de tous.

A la veille du soixantième anniversaire de la création de l’Etat d’Israël, ce livre passionnant vient rappeler que la résolution du problème des réfugiés doit être la pierre angulaire de toute tentative de paix dans la région.

* Ilan Pappe est l’un des « nouveaux historiens » israéliens, connu pour sa critique des politiques d’Israël à l’égard des Palestiniens. Parmi ses ouvrages traduits en français : La Guerre de 1948 en Palestine. Aux origines du conflit israélo-arabe (La Fabrique, 2000), et Une terre pour deux peuples. Histoire de la Palestine moderne (Fayard, 2004).

Traduit de l’anglais par Paul Chemla. Fayard, 2008 396 p.
ISBN : 9782213633961

9 avril 1948 : Deir Yassin


Il y a soixante ans se produisit le massacre de Deir Yassin. C’est le seul que l’entité sioniste ait jamais avoué, mais grâce aux nouveaux historiens, tant palestiniens qu’israéliens, la lumière se fait sur les massacres qui ont entouré la naissance d’Israël. Voir Illan Pappé, le nettoyage ethnique de Palestine chez Fayard et d’autres dont je vous parlerai plus tard.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑